Dossier Grèce_le suivi

Compil de quelques articles que vous auriez pu manquer. (Sauf mention contraire toutes les illustrations sont un choix de Sémaphores)

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L’éditorial de Patrick Apel-Muller dans l’Humanité :

La France doit se mouiller

Ils avaient fini par se croire. Lancés dans une intense et violente propagande pour renverser Tsipras et imposer l’austérité, les dirigeants européens, relayés par les principaux médias, pensaient bien que l’occasion du référendum serait la bonne. Ce lundi matin avait pour eux la lourdeur d’une gueule de bois. Un peuple venait en effet, muni de son seul bulletin de vote, de bousculer les lignes blanches que l’ordre libéral interdit de franchir. La défaite est amère pour la cohorte qui défile derrière Angela Merkel. La politique reprend des droits face au catéchisme financier ; elle peut permettre de s’évader de la camisole de l’austérité qui enserre le continent. (…)

La France ne peut plus se réduire au rôle d’aide de camp de la chancelière. Elle doit peser de tout son poids pour qu’une solution l’emporte, garantissant le caractère soutenable de la dette, des carburants pour la croissance et des conditions de vie allégées pour tout un peuple. François Hollande ne peut croire passer au travers des gouttes. Il doit se mouiller et en répondre devant l’opinion.

http://www.humanite.fr/la-france-doit-se-mouiller-578791

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Un texte un peu long mais édifiant et très documenté pour comprendre les manœuvres économico-politiques qui ont préparé de longue date un Grexit.

Le secret des banques derrière la tragédie grecque

02 juillet 2015
Maria Lucia Fatorelli, membre de la Commission Vérité sur la Dette Publique Grecque et coordinatrice de l’audit citoyen de la dette du Brésil, analyse les faits pour révéler la supercherie du bailout grec de 2010.

Paris le 30 septembre 2012. Marionnettes BCE et FMI

Paris le 30 septembre 2012. Marionnettes BCE et FMI

« La Grèce est confrontée à l’énorme problème de la dette et à une crise humanitaire. La situation est maintenant pire que ce qu’elle a connue en 2010, lorsque la troïka – le FMI, la Commission européenne et la BCE – a imposé son « plan de sauvetage », justifié par la nécessité de soutenir la Grèce. En fait, ce plan a été un désastre complet pour la Grèce, qui n’a tiré aucun avantage des conventions d’emprunt douteuses mises en œuvre depuis.
Ce dont personne ne parle est qu’un autre plan de sauvetage réussi a effectivement eu lieu à ce moment-là en 2010, mais pas au bénéfice de la Grèce, mais au profit des banques privées. Derrière la crise grecque, il y a un énorme plan de sauvetage illégal pour les banques privées. Et la façon dont il est mené représente un risque immense pour l’Europe. »

À lire ici : http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/020715/le-secret-des-banques-derriere-la-tragedie-grecque

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grece_auteriteEt sur Mediapart, sous la plume de Christian Salmon…

Un insider raconte: comment l’Europe a étranglé la Grèce

Quelques jours avant le référendum, un conseiller important du gouvernement grec, au cœur des négociations avec Bruxelles, a reçu Mediapart. Il raconte les cinq mois du gouvernement de Syriza, les discussions avec les Européens, la situation catastrophique de la Grèce. Il détaille surtout la stratégie d’étouffement mise en place méthodiquement par l’Eurogroupe et l’asphyxie financière qui a détruit l’économie grecque. Voici le texte de cet entretien au long cours.
Où l’on apprend que…

« Les fonds publics (caisses de retraite, fonds de sécurité sociale, etc.) ont subi des pertes presque aussi importantes que les banques, si ce n’est plus, qui ont touché leurs réserves. Parce qu’ils ont été forcés, selon la loi, d’apporter leurs réserves à la banque centrale de Grèce et que la Banque centrale avait le droit d’utiliser ces fonds pour acheter des obligations en leur nom.

Pour moi, cela a été un énorme scandale. Il semble que beaucoup d’hommes politiques, des banquiers, de nombreuses personnes averties, qui détenaient des obligations qu’ils avaient achetées à 20 % de leur valeur nominale, sont allés les apporter à la banque de Grèce. Et celle-ci les a remboursés sur la base de 100 % de la valeur. Ils ont eu leur argent et tout le fardeau de la décote a été transféré au public. (…)

J’ai dit à Varoufakis : « Nous devons faire savoir qu’ils sont en train de commettre un crime équivalent à un crime contre l’humanité. Toute l’économie du pays est détruite. Les gens sont pauvres et sans logis, y compris les enfants. C’est cela la situation. Ces faits ont été conduits de façon intensive pour conduire à une forme de chantage qui est un crime par rapport aux lois internationales, aux traités européens. Nous ne pouvons continuer comme cela car cela reviendrait à ce que nous légitimions ce crime. » Pour moi, c’est abominable. Ce n’est pas une négociation, c’est un acte de torture, comme s’ils nous demandaient de donner les noms des partisans. (…)

Faire savoir au monde entier que l’Eurozone est en train de commettre un crime contre l’humanité

Au début de février, Dijsselbloem a dit à Varoufakis : « Soit vous signez le mémorandum, soit votre économie va s’effondrer. Comment ? Nous allons faire tomber vos banques. » Le président de l’Eurogroupe a dit cela.

L’Eurogroupe n’est pas un organe qui fonctionne de façon démocratique. Ils [le gouvernement grec] l’ont découvert à nouveau trop tard quand les Européens ont voulu exclure Varoufakis après l’annonce du référendum. Il y avait une volonté d’humiliation. Varoufakis a demandé : « Qui a décidé cela ? » Dijsselbloem lui a répondu : « J’ai décidé. » N’y aurait-il pas dû y avoir un vote ? Cette décision n’aurait-elle pas dû être prise à l’unanimité ? Dans un fonctionnement normal, bien sûr. Mais à l’Eurogroupe, ce n’est pas nécessaire, parce qu’il n’y a aucun compte-rendu écrit. Aussi, il n’y a rien de formel. Quand un responsable sort de l’Eurogroupe, il peut raconter ce qu’il veut. Personne ne peut dire : « Avez-vous vraiment dit cela ? Regardons le compte-rendu. » Il n’y a pas de minutes des débats. (…)

Varoufakis a dit qu’il avait enregistré les réunions, parce qu’il devait rapporter au premier ministre et aux autres membres du gouvernement ce qu’il s’y disait. Les autres ont crié. Il a décrit des incidents qui prouvent que l’Eurozone est totalement non démocratique, presque néofasciste. Trop discuter avec Schäuble peut être dangereux, parce que vous risquez de ne pas obtenir les financements. Les banques allemandes veulent leur argent. C’est une organisation où vous ne pouvez pas faire entendre votre voix. Personne d’autre que Varoufakis n’a parlé ouvertement. Schäuble a dit : « Combien voulez-vous pour quitter l’euro ? » Il ne veut pas de la Grèce dans l’euro. Il a été le premier à parler de la sortie de la Grèce en 2011.

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La plateforme We Sign it a lancé une pétition.

NO GREXIT

Appel à l’attention de Jean-Claude Junker président de la Commission Européenne, Martin Schultz président du parlement Européen, Christine Lagarde directrice du FMI, Mario Draghi président de la Banque Centrale Européenne, ainsi qu’à tous les chefs d’États de la zone euro.

No Grexit

Dimanche 5 juillet le peuple grec a massivement voté non au plan d’austérité proposé par la Troïka.
Certains d’entre vous voudraient manipuler l’opinion en disant que les grecs se sont exprimés pour une sortie de la zone euro.
Il n’en est rien, le gouvernement grec a été on ne plus clair sur sa volonté de rester : « Notre appartenance n’est pas négociable » (Yannis Varoufakis)

Certains d’entre vous voudraient utiliser ce prétexte pour exclure la Grèce de la zone euro.
Comme l’exprime Thomas Piketty, économiste auteur du livre le Capital au XXIème siècle : « ceux qui cherchent le Grexit « sont de dangereux apprentis-sorciers  »
Nous citoyens de toute l’Europe, vous interpellons afin que vous respectiez la volonté du peuple grec.

Ensemble nous disons « Non au Grexit », ensemble nous signons et faisons signer cet appel.

Signer l’appel

http://nogrexit.wesign.it/fr

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Petit bonus sémaphorien pour rappel :
Alors que depuis 2009 le taux de refinancement (emprunts) des banques auprès de la BCE est de 1% et même de 0,05% depuis 2014, voici les taux appliqués à la Grèce :

2009 : 5,17
2010 : 9,09
2011 : 15,75
2012 : 22,50 avec un pic à 30% en février 2012
2013 : 10,05
2014 : 6,93
2015 : 9,91
Source : http://ec.europa.eu/eurostat/web/government-finance-statistics/data/main-tables

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