Grèce_le suivi

Intervention d’Alexis Tsipras :

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« Dire « Non » ce dimanche est notre devoir historique »

« Le référendum de dimanche ne pose pas la question de l’appartenance de la Grèce à la zone euro. Après l’annonce du référendum, de meilleures propositions ont été formulées à propos de la restructuration de la dette. Lundi prochain, le gouvernement grec sera à la table des négociations, avec un meilleur mandat du peuple grec. Le verdict populaire est bien plus fort que la volonté d’un gouvernement.

Il est inacceptable que dans une Europe solidaire, on soit contraint de fermer les banques du fait d’avoir appelé le peuple à voter. Cela a gêné des milliers de personnes âgées, mais malgré l’asphyxie financière, le gouvernement garantit leurs retraites. Ces derniers mois, nous avons négocié avec acharnement pour défendre vos retraites, protéger votre droit à une retraite décente. Vous avez fait l’objet d’un chantage au vote « Oui » à l’ensemble des mesures des « Institutions » qui ne comportent aucune solution de sortie de crise.

Le « Non » n’est pas juste un slogan. C’est un pas décisif pour un meilleur accord.
Le « Non » ne signifie pas rompre avec l’Europe, mais au contraire revenir aux valeurs européennes.
Le « Non » signifie une forte pression. Pour un accord socialement juste qui met la charge sur ceux qui peuvent l’assumer et non, encore une fois, sur les retraités et les travailleurs.
Il y a ceux qui disent que j’ai un plan caché, qu’avec un vote « Non », je vais faire sortir la Grèce de l’euro. Ils vous mentent. Ceux qui font ces déclarations aujourd’hui faisaient les mêmes hier. Ils ne servent pas le peuple européen. Ils voient l’Europe comme une union superficielle dont le FMI est le garrot. Ils ne sont pas les visionnaires dont l’Europe a besoin.

Je fais part de ma gratitude sincère au peuple grec pour son calme et sa retenue. Les salaires et les retraites sont garantis. Les dépôts bancaires des citoyens qui ne retirent pas leur argent sont garantis.
Tournons la page, maintenons la démocratie et nos convictions pour un meilleur accord. Nous le devons à nos parents, à nos enfants, à nous-mêmes. Dire « Non » ce dimanche est notre devoir historique. »

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lagarde_montageYannis Youlountas
Jeudi 2 juillet 2015, à 14h30. Contre-information vs désinformation.

L’ANNONCE DU DÉFAUT DE PAIEMENT DE LA GRÈCE AU FMI PAR CHRISTINE LAGARDE POURRAIT NE PAS ÊTRE VALIDÉE

Pour l’instant, la Grèce est classé en incident de paiement, mais Christine Lagarde a clairement annoncé que très bientôt serait officielle sa validation par l’institution en défaut technique, sans la moindre carence : « il n’y a pas de délai de grâce » a-t-elle répété.
Cependant, depuis mardi matin, Yanis Varoufakis insiste pour que soit appliquée une clause de la charte fondatrice du FMI (la provision G, section 7, article 5) qui autorise un pays emprunteur à demander le report d’un remboursement pour faire face à « une épreuve exceptionnelle« . Cette clause n’a été utilisée qu’à deux reprises dans l’histoire du FMI, simultanément par le Nicaragua et le Guyana en 1982.
Mieux encore, Yanis Varoufakis s’appuie sur la Charte des Nations-Unies qui, d’une part, rappelle à ses états membres leur devoir de préserver les droits humains fondamentaux et, d’autre part, stipule qu’en cas de conflit entre ce devoir et des engagements pris à travers un autre accord international, c’est la préservation des droits humains fondamentaux qui prime.
Voici l’article qui stipule précisément ce deuxième point :
« Article 103
En cas de conflit entre les obligations des Membres des Nations Unies en vertu de la présente Charte et leurs obligations en vertu de tout autre accord international, les premières prévaudront. »
http://www.un.org/fr/documents/charter/pdf/charter.pdf

Actuellement, ni Christine Lagarde ni un autre représentant du FMI n’a officiellement répondu à cette demande doublement justifiée de Yanis Varoufakis. Sans doute attendent-ils une livraison massive de cachets d’aspirine et de nouvelles lunettes pour examiner leurs propres textes et la charte de l’ONU.
Encore un cheval de Troie qui patiente, cette fois, sur le parking du FMI à Washington
Y.Y.

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