Petite revue de p(a)resse

revo===========
Comme chaque 15 août, l’aéroport de Nantes Atlantique a été sursaturé, ainsi qu’en témoigne la photo ci-après.

aeroNantes Une telle foule à l’embarquement est bien la preuve de la nécessité d’un deuxième aéroport, pourquoi pas à Notre Dame des Landes, par exemple ?

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Sans commentaire (mais ça sent très fort le sapin)

Sapin croissance===========
Le mauvais coup de l’été : l’État évacue la ferme des Bouillons et la cède à des proches du groupe Auchan.
À lire d’urgence sur Reporterre : http://reporterre.net/Le-mauvais-coup-de-l-ete-l-Etat-evacue-la-ferme-des-Bouillons-et-la-cede-a-des

Par ailleurs une pétition est en cours. Pour en savoir plus sur le pourquoi du comment c’est ici : http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/sauvons-ferme-bouillons-1008.html

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En une seule journée, les équatoriens ont planté près de 600 000 arbres sur tout le territoire. Des dizaines de milliers de volontaires étaient mobilisés.

Forêt en Équateur © Maxppp

Forêt en Équateur © Maxppp

580.000 arbres, 200 espèces différentes : c’est tout simplement du jamais vu en moins de 24 heures ! Pour participer, il suffisait de planter un arbre, de prendre une photo et d’envoyer un tweet avec le hashtag de l’opération. Les volontaires avaient été convoqués par le ministère équatorien de l’Environnement, mais aussi les autorités locales, les entreprises privées, et même… l’armée ! Des soldats se sont mobilisés, munis de pelles et de pioches.
Les autorités équatoriennes veulent en faire le symbole d’une « politique d’État permanente » en faveur de la reforestation. La ministre de l’Environnement a rappelé que le pays y a consacré 74 millions de dollars depuis 2008, ce qui a permis le reboisement d’un peu plus de 4% de la superficie totale du territoire. L’objectif des autorités est maintenant d’atteindre un niveau de déforestation zéro en 2017, à la fin du deuxième mandat du président Correa.

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L’inénarrable Daniel Cohn-Bendit s’attire bien des foudres depuis son virage libéral. Loin de vouloir défendre ses positions actuelles (et hollandistes) au sujet d’un éventuel ministère de l’économie européenne, on ne pourra retirer à Dany ses quelques coups de gueule bien placés au conseil de l’Europe. Preuve en image et son…


Greece spendings – Daniel Cohn-Bendit (english… par corruptscotch

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goodnews===========

chassé-croiséOGM migrant===========

Bienvenue dans le Disneyland post-apocalyptique

C’est officiel : le premier parc d’attractions de Banksy vient d’ouvrir ses portes.

Depuis le mercredi 19 août se trame un drame au Royaume-Uni, dans un parc d’attractions pas comme les autres. On croise une sirène au physique trouble baignant dans un plan d’eau au moins aussi propre que la Seine, un château décrépit, un mannequin se faisant agresser par des oiseaux façon Hitchcock, un manège dont l’aspect sinistre est appuyé par un homme grimé en scientifique-boucher ou encore un orque sortant d’un chiotte. Le tout, sous un ciel gris et pesant.

disma-9-810x1040Vous l’aurez compris : il s’agit du Disneyland post-apocalyptique de Banksy, aka Dismaland. Le street-artist britannique a installé un parc dystopique à Weston-super-Mare, une petite ville située à une demi-heure de Bristol. particularité est de rassembler les œuvres de 50 artistes venant du monde entier

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À noter que le parc sera ouvert du 22 août au 27 septembre. Et surprise, ce sera l’occasion de voir une bonne flopée de groupes et artistes dont Massive Attack, Run The Jewels, Savages et les Pussy Riot. Les spectateurs pourront aussi écouter DJ Yoda, Peanut Butter Wolf and Breakbeat Lou, Sleaford Mods et Kate Tempest.

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Les lecteurs informent…

La nouvelle coalition alternative au ps est en marche
Le Discours de Liêm Hoang Ngoc au congrès du PG :

Un rassemblement différent du PS est possible.
Prochaine réunion de la Nouvelle Gauche Socialiste dans le Gard
le mercredi 2 septembre 2015 à 18 heures
au Foyer Socio Éducatif
5 rue du Monument aux morts   Montpezat
log_NGS*=*=*=*=*=*=*

Tous les signataires de l’appel du Rassemblement Citoyen et Politique (RCP) sont invités à participer à
UNE RENCONTRE DÉPARTEMENTALE POUR LES ÉLECTIONS RÉGIONALES  AUTOUR DU PROJET EN COMMUN
CETTE ASSEMBLÉE DE CITOYENS ET MILITANTS SE TIENDRA
LE DIMANCHE 6 SEPTEMBRE DE 9H À 13H
PAR BEAU TEMPS SUR LE TERRAIN DE LÉZAN, PAR TEMPS DE PLUIE DANS LE FOYER DE MASSILLARGUES-ATTUECH A CÔTÉ DE LA MAIRIE.
(repas tiré du sac à 13h)

Cette rencontre du 6/9 est co-organisée par :
– Les citoyens signataires (qui comprend des personnes de l’Union Régionale de Objecteurs de Croissance)
– des organisations et mouvements politiques cités par ordre alphabétique : EELV, Ensemble, Nouvelle Gauche socialiste, Régions et Peuples Solidaires, Parti Communiste Français, Parti de Gauche, Parti Occitan.

(Une réunion préparatoire aura lieu le 24 août qui permettra d’en définir les modalités précises de travail en commun. Trois co-organisateurs volontaires du RCP y participeront : Bruno BOTTO, Serge ROUVIERE, Gilles QUINIOU.)
Référence du site pour les contribution au projet régional : http://leprojetencommun.net/

Pour toute demande d’informations supplémentaire, une adresse :
Orga30 RassCitoyen et politiqueMPLR <wlmailhtml:orga30@listes.rassemblementcitoyen.fr

Nous vous rappelons :
la réunion de coordination du Rassemblement citoyen et politique du Gard le 26 à 18h30 au foyer de Massillargues-Attuech à côté de la mairie.
Y seront débattus les points suivants :

  • Charte éthique à soumettre aux partenaires politiques le 6/9
  • Les orientations du projet en commun pour la Région dont des synthèses de consensus vont être mises en ligne le 24/8. Points forts qui n’auraient pas été développés dans le site interactif  et que le RCP souhaite rajouter
  • Etat des contacts en cours et à développer avec les collectifs et associations.

Nous y rajoutons un sujet abordé dans les groupes de travail qui se sont réunis cet été après la réunion du 1er juillet :

  • Débats autour des différents scénarios à l’issue du premier tour des élections
  • Ainsi que l’ouverture de propositions de  candidatures pour la liste de la convergence qui est entrain de se construire et dont la rencontre du 6/9 sera la première étape.

Bien cordialement à tous.

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Sans titre-2*=*=*=*=*=*=*

Grèce_le suivi

Suite à la démission d’Alexis Tsipras et à l’annonce d’élections législatives anticipées en Grèce le 20 septembre prochain, la plateforme de gauche de Syriza a publié la réponse suivante.

stop austeritéLa plateforme de gauche répond à Alexis Tsipras

Lors de son discours annonçant des élections anticipées, Alexis Tsipras est apparu avec un autre visage, complètement et radicalement opposé à ce qu’étaient jusqu’alors les engagements et les combats de Syriza.
La première et principale promesse d’Alexis Tsipras a été l’acquiescement au troisième Mémorandum d’austérité et de dure servitude du pays, un Mémorandum qu’il a accepté de signer sans consulter les membres et cadres exécutifs de Syriza.

Les élections décidées par Alexis Tsipras constituent un refus complet du « NON » fier lors du référendum. Elles sont une pierre tombale des luttes contre le mémorandum et les attentes anti-austéritaires du peuple. L’objectif de ces élections anticipées annoncées au milieu de l’été est non seulement de se débarrasser des engagements anti-Mémorandum de Syriza, mais aussi de demander au peuple grec de se mettre une corde autour du cou et d’approuver un nouveau Mémorandum en votant en faveur de Tsipras ou de Nouvelle démocratie ou du PASO ou de To Potami, les partis constituant le nouveau consensus pro-austéritaire.

Fidèle aux engagements de Syriza, en accord avec le « non » du peuple grec, la plateforme de gauche soulève haut la bannière de la lutte pour une alternative à la crise, pour la reconstruction productive et progressiste du pays.

La plateforme de gauche va contribuer immédiatement à la création d’un large front démocratique, progressiste et anti-Mémorandum qui se présentera aux élections afin de se battre pour l’annulation de toutes les Mémorandums et pour l’annulation de la majeure partie de la dette. Pour défendre le « NON » combatif du peuple grec lors du référendum du 5 juillet. Pour en finir avec l’austérité dans les salaires, les retraites et les dépenses sociales. Pour arrêter la liquidation des biens publics et des actifs de la Grèce. Pour orienter le pays dans une nouvelle voie d’indépendance nationale, de souveraineté, de reconstruction et dans une nouvelle trajectoire progressiste.  »
Jeudi 20 août 2015

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Lors d’une conférence organisée le 13 août 2015 à Lasalle par le Collectif cévenol de solidarité avec le peuple grec, Éric Toussaint a présenté son témoignage sur ce qui a amené le gouvernement Tsipras à capituler. 130 personnes étaient présentes.
Voici une vidéo de 37 minutes réalisée par Jean-Claude Carcenac qui reprend des extraits de la conférence qui a duré deux heures. La version complète de la conférence est également visible.

Dans la foulée de cette conférence, le cinéaste Philippe Menut, auteur de la Tourmente grecque, prépare avec Éric Toussaint une vidéo consacrée à l’explication de la capitulation. La conférence présentée à Lassalle constitue en quelque sorte une préparation de cette nouvelle vidéo.
À noter qu’au cours de cette conférence 800 euros ont été récoltés en soutien au dispensaire de santé d’Hellinikon à Athènes.

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Pour mémoire, le mercredi 8 juillet, le premier ministre grec Alexis Tsipras s’exprimait face au Parlement Européen ; on retrouvera la retranscription intégrale de son intervention en suivant le lien : http://blogs.mediapart.fr/blog/manon-t-aubry/080715/discours-dalexis-tsipras-face-au-parlement-europeen

TSIPRASPEI_8 juillet2015*=*=*=*=*=*

Et toujours pour mémoire, un petit panneau récapitulatif de la vraie question que tout citoyen et contribuable devrait se poser : comment peut-on accepter de continuer à discuter avec les têtes ci-après (pour ne citer que celles-là) ?

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Et si on parlait du plan B ?

POUR UN SOMMET INTERNATIONALISTE DU PLAN B

DR Crédit Stéphane Burlot

DR Crédit Stéphane Burlot

L’heure de la résignation n’a pas sonné pour l’autre gauche grecque. On suivra donc attentivement son congrès en septembre. Et il serait étonnant que la magnifique résistance du peuple grec contre la Troïka tout au long de ces six mois se soit évaporée. Difficile d’en dire plus aujourd’hui mais incontestablement la question grecque n’est pas derrière mais devant nous. L’irresponsabilité économique du 3ème mémorandum laisse de toutes façons le problème entier.(…)

C’est pourquoi nous mettons aujourd’hui sur la table un sommet du plan B.

L’heure est venue pourtant de tourner la page. Depuis plusieurs années le PG travaille sur un scénario « plan A/plan B » (à savoir l’action d’un gouvernement mixant désobéissance/négociation avec les traités pour transformer radicalement l’UE, le plan A, avec celui de sortie de l’Euro en cas d’intransigeance en face, le plan B). Depuis les conclusions de notre forum de juin 2010 animé par Jacques Généreux (« gouverner face aux banques) qui en traçaient déjà les perspectives sans le nommer jusqu’à la plateforme de notre congrès d’août dernier précisant encore davantage ce que pourrait être ce scénario en passant par les différentes déclarations de Jean-Luc Mélenchon et les travaux de notre commission économie animée par Guillaume Etiévant, le PG a largement contribué à le populariser. Aujourd’hui des responsables politiques européens l’évoquent clairement (tels Yanis Varoufakis ou Oskar Lafontaine). Il faut donc travailler à le crédibiliser toujours plus. Mais on ne peut le faire chacun dans notre coin. Notre vision du plan B est internationaliste. Il ne s’agit pas de s’en tirer au mieux dans chacun de nos pays en comptant sur les marges de manœuvre plus ou moins fortes que sa puissance économique, son poids démographique lui donnent. Bien sûr, il est plus aisé de concevoir un plan B en France en sachant que le chantage qui a été exercé sur la Grèce serait moins efficace vis-à-vis de la 2ème puissance économique de l’UE. Mais à l’inverse, il sera beaucoup moins facile aux partisans de ce scénario que nous sommes d’accéder au pouvoir pour le réaliser si un à un nos partenaires de l’autre gauche en capacité de gouverner finissent par accepter les diktats de Bruxelles et Berlin. Voilà pourquoi, dès maintenant, en prévision de ce qui peut se passer en Espagne, en Irlande et pourquoi pas de nouveau en Grèce selon l’évolution de la situation politique, il faut travailler concrètement tous ensemble à un plan B tenant compte des caractéristiques de chaque pays.

C’est là notre proposition : un sommet internationaliste du plan B dès le dernier trimestre 2015. Il réunirait toutes les forces de l’autre gauche de l’UE acceptant de travailler et de réfléchir concrètement à ce scénario, des personnalités, des économistes, des syndicalistes, des militant associatifs, altermondialistes… Il pourrait évidemment voir associer des forces de pays non membres de l’UE mais voisins, y compris de l’autre côté de la Méditerranée, intéressés par cette internationalisme concret. Il faut aller vite. Nous allons donc soumettre cette idée dans les jours à venir à des personnalités politiques de premier plan de nos différents pays afin qu’ils la fassent leur et appellent à ce sommet. Ce qui vient de se passer en Grèce ne sera pas vain, et même utile, si nous sommes ainsi capable de réagir. Il est plus que temps de franchir un cap.

Article intégral ici : http://www.eric-coquerel.fr/node/299

 

L’Islande pour rappel

L’Islande, l’une des nations les plus touchées par la crise bancaire, semble avoir complètement surmonté ses problèmes, et cette année, elle devrait être le premier pays du monde frappé par la crise de 2008 à dépasser le PIB le plus élevé qu’il avait atteint avant cette crise, rapporte ZeroHedge. Le pays est parvenu à ce résultat sans sacrifier son système social et les dépenses du gouvernement. Il y a encore quelques années, l’Islande est arrivée au bord de la faillite lorsque ses banques, qui au fil des ans s’étaient montrées bien trop audacieuses, se sont trouvées en situation de quasi-effondrement.

Selon le Fonds monétaire international (FMI) l’Islande a réussi à se remettre totalement de la crise, sans avoir compromis son modèle social qui prévoit la gratuité des frais de santé et d’éducation. Le pays, qui ne fait pas partie de l’Union européenne, n’a pu compter que sur lui-même pour se relever, et pour se faire, il a opté pour une approche très originale mais efficace.

Source : http://www.businessbourse.com/2015/06/23/lislande-a-laisse-ses-banques-faire-faillite-et-jete-des-banquiers-en-prison-et-voici-ce-qui-sest-produit/

Remue méninges du PG

remue meninges2015Le Remue-Méninges du Parti de Gauche a lieu les 28, 29 et 30 août 2015 à l’Université de Toulouse Jean Jaurès (5 Allée Antonio Machado – 31000 TOULOUSE).

En savoir plus sur l’organisation des journées : https://remuemeninges2015.lepartidegauche.fr/

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Lettre ouverte aux organisations du Front de Gauche, d’EELV, Nouvelle Donne et NGS

Cher-e-s ami-e-s, cher-e-s camarades,

Alors que s’avance la rentrée scolaire, la situation de notre pays ne s’est pas améliorée. Le gouvernement continue sa politique économique austéritaire qui aggrave la crise sociale et empêche la mise en oeuvre d’une véritable politique écologique digne de ce nom. Les discours sur la nécessité de réorienter l’économie pour plus d’écologie sont régulièrement contredits par les faits et ce alors que la France va accueillir la COP21. La crise démocratique s’approfondit et nombreux sont celles et ceux qui n’ont plus aucune espérance dans leur représentation politique. Le parti socialiste continue tel un bateau ivre. La droite et l’extrême-droite sont en embuscade. Lire la suite

de la balkanysation à Levallois-Perret

J’invite instamment tous les lecteurs de Médiapart (et nous ceux de Sémaphores) à visiter le site consacré aux œuvres du merveilleux peintre et dessinateur que fut Boris Taslitzky (http://www.boris-taslitzky.fr/accueil.htm) et à signer la pétition en ligne contre cette atteinte insupportable aux droits de l’art, des artistes et du public.
Pierre Bancel, fils de Louis Bancel, résistant du Vercors, sculpteur, ami de Boris et auteur du monument aux déportés de Buchenwald (cimetière du Père-Lachaise, Paris)

Le 17 août 2015 par Antoine Perraud (extraits)

P_Balkany« On ne lui connaissait pas encore ce petit côté taliban : Patrick Balkany est sur le point de faire détruire une œuvre d’art dans son fief de Levallois-Perret (92). Cinq panneaux de ciment gravé décorant une crèche collective, signés Boris Taslitzky (1911-2005). Visite guidée…

Levallois-Perret, dans les Hauts-de-Seine, les fonctionnaires municipaux ne se risquent pas à prendre leur courage à deux mains. Ils exsudent la peur. Comme s’ils avaient un canon de revolver braqué sur la tempe. Patrick Balkany, le maire du cru, n’aime pas la presse. Il a dû donner des consignes : son personnel oppose un motus et bouche cousue paniqué au journaliste de Mediapart venu aux renseignements. L’affaire s’avère pourtant culturelle, donc anodine, en cette ville où la figure de Néron semble plus proche de nous que celle de Malraux…

M. Balkany veut raser une crèche (sans doute dans son esprit le symbole du collectivisme nord-coréen), édifiée en 1968 (annus horribilis), située rue Vergniaud (affreux révolutionnaire de 1789), au numéro 13 (un malheur n’arrivant jamais seul) et portant le nom fort encombrant de Louise Michel. À Levallois, Louise Michel a sa station de métro et sa rue afférente, que viennent tempérer une place du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny et les rondes incessantes de la police municipale. Louise Michel est enterrée au cimetière local. (…)

Hic de taille : la crèche Louise Michel de la rue Vergniaud à Levallois est ornée de panneaux en ciment gravé de l’artiste Boris Taslitzky (1911-2005). Ces œuvres sont, de toute évidence, promises à la démolition, comme en témoigne le permis de construire sauvagement vissé à même la création : elle a quatre trous rogues au côté droit. (…)
Résistant pendant l’occupation, caché dans le Lot par Jean Lurçat, Boris Taslitzky, traqué, arrêté, fut déporté à Buchenwald (voir sous l’onglet “Prolonger” son travail sur l’univers concentrationnaire). Après la guerre, revenu des camps, il continua de jouer un rôle dont nous n’avons plus idée aujourd’hui : artiste organique au service du parti communiste français.

IMG_0013En 1968, longtemps après que Staline – sinon le stalinisme – a disparu, Boris Taslitzky compose un hommage à Louise Michel pour la crèche qui porte son nom, aux allures de post-Gauguin syncrétique : la militante de la Commune, bannie en Nouvelle-Calédonie, apparaît telle une madone républicaine ouvrant les bras à la différence kanak, aimée, respectée. Voilà ce qui décore la façade et qui risque de disparaître, telle une revanche des pires colons caldoches, à l’heure où le référendum promis à la Kanaky sur son avenir est menacé.

Pétition en ligne : « Sauvegarder les œuvres de Boris Taslitzky à Levallois-Perret »
http://www.petitions24.net/sauvegarder_les_uvres_de_boris_taslitzky_a_levallois-perret

article intégral sur Mediapart : http://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/170815/levallois-patrick-balkany-met-lart-la-casse?onglet=full

 

APPRENEZ LA LANGUE DE BOIS !

Proposé le 29 juillet 2015 par L’équipe de Là-bas

Grâce à Là-bas, devenez énarque en trois minutes. Avec un peu d’effort, vous parviendrez très vite à parler comme un vrai homme politique.

Commencez par la case en haut à gauche, puis enchaînez avec n’importe quelle case en colonne 2, puis avec n’importe laquelle en 3, puis n’importe laquelle en 4 et revenez ensuite où bon vous semble en colonne 1 pour enchaîner au hasard…
Mais surtout, n’oubliez pas d’y mettre l’intonation et la force de conviction !

Ndlr : Pour infos cette grille vient du livre de Georges Charpak et Henri Broch « Devenez sorciers, Devenez savants ». A lire et à relire pour l’autodéfense intellectuelle !

langue_de_bois-9a732

Par Dumont et par veaux…

slogansComme elle le fait chaque année, l’ONG Global Footprint Network a annoncé jeudi 13 août que l’humanité vit désormais à crédit pour sa fourniture en énergie. Un crédit « contracté » auprès de la planète en épuisant des ressources fossiles non renouvelables ou en détruisant des zones au potentiel environnemental important. Ce qui confirme que cette date intervient chaque année un peu plus tôt.

marquesMesurons les progrès accomplis…

C’était en 1974, René Dumont était candidat à la présidentielle. Son idée d’une croissance raisonnée n’était pas dans l’air du temps, les temples de la consommation poussaient comme des champignons, voilà ce que voulait le bon peuple, qui accordera finalement 1% des suffrages à cet homme au pull-over rouge sans cravate et sans langue de bois. Mais le pire au fond restait encore à venir : une humanité de plus en plus destructrice de son écosystème, des aveugles fils d’aveugles qui, encore en 2015, répètent comme des perroquets qu’ « On ne va quand même pas revenir à la bougie » chaque fois qu’on leur parle de sortir du nucléaire. À se demander si 1974 appartient vraiment au passé. Et quand on sait qu’on se dirige allègrement vers 1984…

 

Tel-Aviv sur Seine !

Tel aviv sur SeineJeudi 13 août, Paris-Plages prendra des faux airs de plage de Tel-Aviv, grande ville côtière israélienne et haut lieu de la fête à travers le monde. Cette opération de partenariat entre la capitale française et la capitale économique d’Israël a pris le nom de «Tel-Aviv Sur Seine».

Quelques jours après la mort d’un bébé palestinien brûlé vif par des terroristes israéliens dans le nord de la Cisjordanie, le partenariat organisé par Paris Plages, le 13 août, avec la station balnéaire israélienne de Tel-Aviv déchaîne la colère de nombreux internautes.

une pétition d’indignation et de boycott circule : https://secure.avaaz.org/fr/petition/La_maire_de_Paris_Anne_Hidalgo_Annulation_de_Tel_Aviv_Sur_Seine/?preview=live

Pour la prochaine opération Paris-Plages nous suggérons à Anne Hidalgo de fêter une journée spéciale Gaza-Plage

Gaza plageet lui rappelons qu’il n’y a qu’une manière d’aider les colons israéliens à recouvrer la raison…

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Et pour ne pas mourir idiot, ces quelques rappel d’un internaute sur Mediapart

L’idée bizarre la plus en vogue sur Tel-Aviv est qu’elle est innocente. Ce n’est pas une terre occupée (elle aurait été construite sur des dunes). Elle n’a rien à voir avec le fanatisme qui meut la violence de l’occupation. Elle est laïque, jeune, hédoniste, mondiale et diverse. Peut-être est-elle un brin trop matérialiste. Mais lorsque l’alternative est la spiritualité d’un Baruch Goldstein, même le matérialisme le plus crasse semble merveilleusement bénin.

C’est une bonne fable aux traits séduisants. Mais elle est fausse. Prenons d’abord la question de la diversité. Bien que 20% des citoyens israéliens soient palestiniens, ils ne représentent que 4,2% des habitants de Tel-Aviv. Pour une grande ville, c’est un manque de diversité impressionnant. De plus, la grande majorité de ces Palestiniens vivent dans quelques quartiers séparés au fin fond de Jaffa, principalement à Ajame.
A l’exclusion de ces quartiers marginalisés et pauvres aux confins de la ville, il n’y a pratiquement aucun arabe à Tel-Aviv. Ce seul fait constitue sans aucun doute un «miracle démographique». Ce pourcentage d’Arabes inférieur à la marge d’erreur de cette métropole méditerranéenne «diverse» et grouillante est plus bas qu’à Paris, Genève, Londres ou Brooklyn.

Cette « diversité » fait de Tel-Aviv un exemple rare de nettoyage ethnique réussi. Jusqu’à sa destruction, Jaffa était un centre urbain important de la Méditerranée arabe. Aujourd’hui, elle abrite moins d’1% de Palestiniens à la citoyenneté israélienne, elle est une communauté marginale et isolée.

Jaffa a été conquise par les organisations paramilitaires juives en 1948 et plus de 60.000 de ses habitants ont été obligés de partir à cause des bombardements. Ils ont été littéralement «jetés à la mer» et la plupart d’entre eux ont accosté à Gaza.
Les conquérants ont alors détruit au bulldozer 75% de la ville. Seuls les quartiers Ajame et Jebaliah ont été épargnés, avec moins de 4.000 Palestiniens autorisés à y rester, des quartiers laissés à l’abandon, transformés par la municipalité en décharges publiques et qui sont devenus des zones de crimes et de trafic de drogues.

De plus, les maisons ont été confisquées et les Palestiniens sont devenus les locataires de l’agence immobilière de l’Etat, Amidar, qui a négligé les propriétés et a même refusé de laisser les habitants procéder aux réparations sur leurs propres deniers. Le dernier tour de vis de cette histoire cruelle est arrivé avec le nouveau millénaire. Alors que Tel-Aviv jouissait d’un boom immobilier spéculatif, Ajame a commencé à intéresser le secteur immobilier. L’obstacle était bien sûr de comment se débarrasser des locataires.

La solution ingénieuse d’Amidar fut d’imposer des amendes aux locataires pour avoir amélioré leur habitat, et de leur proposer ensuite d’oublier ces amendes en échange de leur évacuation. (Lire, de Jonathan Cook : Le « projet de rénovation » de Jaffa vise l’expulsion des Palestiniens).

Une autre partie de la ville, la Vieille Ville, qui a subi un nettoyage ethnique total, et où la plupart des espaces urbains ont été détruits, à la seule exception du Mur extérieur et de quelques sites chrétiens, a été transformée en attraction touristique et de vie nocturne.

Les noms originaux arabes des rues ont été effacés, et la municipalité de Tel-Aviv est heureuse de vous informer que « les ruelles de l’Ancienne Jaffa sont nommées selon les signes du Zodiaque et qu’on peut y trouver des galeries d’art et des magasins juifs, des ateliers de bijoutiers et d’art d’artistes de renom.»

http://www.ism-france.org/analyses/Tel-Aviv-la-coloniale-article-12668

 

 

 

Ce que cache le port de Marseille : la vidéo choc de Sea Shepherd

OMN
La nouvelle campagne de Sea Shepherd a été lancée ce début juillet. Elle s’intéresse à la pollution marine en Méditerranée. Entre le plastique, les déchets, la pollution chimique et le trafic maritime, la Méditerranée est devenue l’une des mers les plus polluées au monde, mais également la plus dangereuse pour les mammifères marins. C’est ce que nous explique l’ONG qui nous ramène une première vidéo choc des fonds marins aux abords de Marseille…

Vidéo à voir ici : https://www.youtube.com/watch?v=q4eDWACR3RM

article à lire ici : https://mrmondialisation.org/ce-que-cache-le-port-de-marseille-la-video-choc-de-sea-shepherd/

RIFIFI autour de la loi ALARY

Quelques rappels pour ceux qui ont raté le début des polémiques à venir…

alaryDC’est l’histoire d’un accord électoral qui fait des mécontents au plan local et qui aura donc d’étonnantes conséquences au plan national. On vous refait le film de cette ubuesque « loi Alary » (nom officieux), qui va créer ex nihilo un poste de « numéro 1 bis » dans chaque nouvelle région, pour ménager les ambitions d’un baron du PS en Languedoc-Roussillon.

À l’origine, était un accord électoral entre le Parti socialiste et le Parti radical de gauche en vue des régionales de décembre. Ne pouvant se passer de son dernier allié, le PS a fait de grosses concessions au parti de Jean-Michel Baylet en ce qui concerne la future région Midi-Pyrénées – Languedoc Roussillon. Outre l’augmentation discutable du nombre de postes dévolus au PRG en cas de (probable) victoire de la gauche, il y a l’épineuse question de la direction de cette grande région.
Le poste de présidente incomberait à la socialiste Carole Delga, ex-secrétaire d’État. Celui de vice-présidente est promis à Sylvia Pinel (PRG), ministre du Logement. Mais cette répartition des tâches fait un malheureux : Damien Alary, l’actuel président (PS) de la région Languedoc-Roussillon. Avec la fusion des deux régions et le deal conclu entre les deux partis, Damien Alary se retrouverait… sans rien.
Inacceptable pour lui. Il a donc réussi un joli coup de lobbying auprès de Solférino et de Matignon et obtenu la création d’un poste de « président délégué », en réalité un « président bis », au-dessus du poste de numéro 2.

Polémique
Évidemment, cet « accord dans l’accord » ne va pas sans provoquer quelques remous. Auprès du JDD, le candidat écolo Gérard Onesta s’étranglait : « Il crée un poste et une loi pour lui. C’est hallucinant. » Philippe Saurel, ex-socialiste exclu pour dissidence et lui aussi candidat aux régionales, ajoutait : « C’est la bonne petite cuisine au beurre de Solferino. C’est ce type d’attitude qui fait monter le FN. »

Source : Etienne Baldit Le Lab D’Europe 1

De son côté, Dominique Reynié, candidat de la droite et du centre dans la région concernée, a fait le calcul suivant :
« Si l’on prend comme base de calcul la présidence actuelle de Midi-Pyrénées, on compte au moins 32 membres salariés. Sur la base du salaire médian de la fonction publique territoriale, autour de 2 900 euros brut, en intégrant l’indemnité du président, 66 145,56 euros brut annuel, on obtient un total situé autour de 1,2 million d’euros par an », explique-t-il dans le quotidien, ajoutant que le tout « multiplié par le nombre futur de régions (16) et par la durée du mandat (6 ans), on atteint donc 114 millions d’euros. »
Source : http://www.lepoint.fr/politique/regionales-un-accord-ps-prg-pourrait-couter-tres-cher-aux-contribuables-05-08-2015-1955042_20.php#xtor=CS2-238

Des présidents bis ? Sans doute le choc de simplification…

Les lecteurs informent…

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SGN#300

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un peu d’humour avec cette déesse Heuro pour laquelle un internaute a proposé le texte suivant à Wikipédia, section mythologie.

Heuro, fille de Jean Monnaie et Jacques Delors, bébé GPA porté par une mère allemande, elle fut élue déesse du malheur en 2015. Elle tua tous les partis de gauche en Europe, puis fut tuée par les peuples grecs et espagnols dans les années 2020 : elle mourut dans des convulsions atroces. Sa sœur Tina fut exécutée deux ans plus tard.

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rappel

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COMMUNIQUE DE PRESSE de Jacques MYARD
Député de la Nation
Le 26 Juillet 2015
Retour de Crimée, retour de Sébastopol.

Une affiche appelle à voter contre le fascisme lors du référendum sur le rattachement de la Crimée à la Russie, à Sébastopol. A gauche, la Crimée décorée d'une croix gammée, à droite, la Crimée aux couleurs de son drapeau. REUTERS/Baz Ratne

Une affiche appelle à voter contre le fascisme lors du référendum sur le rattachement de la Crimée à la Russie, à Sébastopol. A gauche, la Crimée décorée d’une croix gammée, à droite, la Crimée aux couleurs de son drapeau. REUTERS/Baz Ratne

A l’initiative de mon collègue Thierry Mariani j’ai effectué avec sept autres députés et un sénateur un voyage en Russie du mercredi 22 Juillet au samedi 25 Juillet 2015, qui nous a permis de nous rendre en Crimée et à Sébastopol.

Nous avons été les invités des autorités russes, ce voyage a fait l’objet d’une déclaration au déontologue de l’Assemblée Nationale conformément au règlement. Lire la suite

dossier TRANSHUMANISME_volet 3/3

Pour partie, ce troisième volet ne se rattache qu’indirectement au transhumanisme mais il se propose de faire le point sur d’autres aspects de la politique googolienne, vue à travers la presse française récente. Mais auparavant, faisons un petit retour en arrière pour comprendre quelle est précisément la position française vis-à-vis du géant.

Le 29 octobre 2012, le président de Google Éric Schmidt débarque en France pour évaluer la situation. Il est reçu à l’Élysée par François Hollande. L’un des objectifs est d’instaurer un « droit voisin » au droit d’auteur, qui permettrait aux éditeurs de presse de réclamer une rémunération aux moteurs reprenant leurs articles. Cette « lex Google », telle qu’elle est surnommée par ses adversaires, bénéficie du soutien de la ministre de la culture de l’époque, Aurélie Filippetti.


Conférence de presse avec M. Eric SCHMIDT… par elysee

Nous n’allons pas reprendre le long article de Dan Israel (Mediapart, Comment la presse française a fondu face à Google), plus particulièrement axé sur l’immixtion de Google dans la presse (et pas seulement française), mais y relever tout de même quelques éléments qui devraient susciter plus d’inquiétude que de béatitude.

« Lors d’une rencontre spécialisée, le Forum de Tokyo le 2 décembre 2014, la secrétaire d’État au numérique (Axelle Lemaire), a appelé à passer du siècle du dadaïsme à celui du « dataïsme ». A l’image de cette formule plutôt incompréhensible, les pouvoirs publics ne savent pour l’heure pas sur quel pied danser face à cette immixtion du géant numérique dans tous les secteurs de la société. Ce n’est pas l’omniprésence brutale et despotique de Big Brother, non. Mais comme dans la fable prophétique de George Orwell, le triomphe du soft power de Google n’est envisageable que grâce à l’acceptation tacite de ses règles par ceux à qui il s’impose. Voire à leur franche et volontaire soumission à ce si doux règne.

A l’aune de ce cas d’école, il est nécessaire de lire l’ouvrage écrit par Eric Schmidt, le patron de Google, et Jared Cohen, le directeur de Google Ideas, intitulé The New Digital Age. Cet ouvrage, presque intégralement écrit au futur, décrit, dixit les auteurs des États-Unis de Google, « une utopie politique qui se distingue de presque toutes les autres utopies politiques jusqu’alors connues en ce qu’elle est prétendument apolitique. L’État, le gouvernement, le Parlement ? Ils ne jouent, dans cette utopie, qu’un tout petit rôle. Remplacés par quelque chose qui, d’après les deux hommes, est plus puissant, plus fiable, plus rapide – quelque chose de mieux, en somme, que la politique telle qu’on la connaît. Ils sont remplacés par la technique ».

Pourtant, comme l’écrivent les auteurs de United States of Google : « Aujourd’hui déjà, Google est plus puissante que tous les autres groupements industriels de la planète. C’est une puissance mondiale. Une puissance mondiale qui n’est représentée sur aucun atlas. Une puissance mondiale sans frontières. Une puissance mondiale à laquelle nous sommes pourtant déjà liés avec de grandes angoisses et de grands espoirs. Assurément, Google ne possède ni porte-avions, ni police, ni tribunaux, ni prisons. Seuls les États traditionnels ont ce genre de choses. Google n’écrit aucune loi. Et pourtant Google a du pouvoir, beaucoup de pouvoir. Car Google formule d’autres règles, qui régissent nos vies : du code informatique. »

Ajoutons à l’article de Dan Israel que si Google formule en effet d’autres règles, il le fait avec une force de frappe financière capable d’apaiser les voix les plus discordantes.

Signalons aussi, pour rester sur le sujet, cet autre texte (accès gratuit) d’Adrienne Charmet-Alix : Google, le rêve de vivre sans État
« l’entreprise met en cause les mécanismes politiques traditionnels – et se différencie aussitôt de la plupart des autres entreprises en ce qu’elle ne veut pas simplement voir grimper son chiffre d’affaire, accroître la valeur de ses actions, maximiser ses profits. Google veut bien plus que cela. Google veut diffuser une idéologie. »
« Google et de manière plus générale les grands services de l’Internet (le plus souvent californiens) sont en train de prendre, sans qu’on s’en rende compte, la place de l’État, des États, dans la gestion quotidienne de nos droits et libertés. Cette évolution quasiment invisible s’est faite avec l’assentiment tacite (parce que l’enjeu est incompris) des citoyens-internautes-clients, et avec la complicité aveugle des gouvernements qui, par manque de vision politique, ont cédé chaque jour davantage de terrain en croyant y trouver leur intérêt. Si, en moins de vingt ans, une entreprise comme Google a pu prendre une place aussi gigantesque dans le cœur même des usages et des infrastructures numériques, c’est qu’elle a su maîtriser son développement sur tous les fronts.

À lire ici : http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/300715/google-le-reve-de-vivre-sans etat?utm_campaign=2868127&utm_medium=email&utm_source=Emailvision

google deleteEnfin ce volet ne serait pas complet sans rendre compte du litige actuel qui oppose la CNIL à Google sur le sujet du droit à l’oubli. En effet, le moteur de recherche refuse l’injonction de la Commission nationale de l’informatique et des libertés d’étendre le «droit à l’oubli» à l’extension .com.

Google dit non à la Cnil. Le moteur de recherche a annoncé qu’il refusait de se mettre totalement en conformité, arguant que l’instance française n’était pas compétente «pour contrôler» les informations accessibles à travers le monde.
«Nous respectons la position de la CNIL mais nous contestons par principe l’idée qu’une agence nationale de protection des données personnelles revendique une autorité à l’échelle mondiale pour contrôler les informations auxquelles ont accès les internautes à travers le monde», indique Google dans son billet. Article AFP à lire dans Libé : http://www.liberation.fr/societe/2015/07/30/google-refuse-le-droit-a-l-oubli-impose-par-la-cnil_1356543

Rappel pour qui aurait manqué le début : depuis le mois de mai 2014, et la publication d’un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), les internautes européens peuvent faire jouer leur « droit à l’oubli », ou plutôt droit au déréférencement.
En juin 2015, la Cnil avait mis en demeure Google de déréférencer les contenus sur toutes les versions du site, et pas uniquement sur les versions européennes, sous peine d’une amende pouvant aller jusqu’à 1,5 millions d’euros, rappelle Next Inpact. Pour la Cnil, les différentes extensions ne représentent que des « chemins d’accès » différents à un seul et même « traitement » des données. Le fait que des informations supprimées de certaines versions du moteur de recherche soient toujours accessibles sur d’autres est donc un manquement à la jurisprudence européenne, selon la commission.

La CNIL menace aujourd’hui d’une amende de 150 000 euros. On est sérieux, là ?

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Mais on peut savoir par ailleurs que le droit à l’oubli ne fait pas l’unanimité même en France, l’occasion de glaner l’avis du même Laurent Alexandre présenté dans les volets précédents et de revenir à ce transhumanisme qui n’est pas la branche la plus glorieuse soutenue par la firme de Mountain View.

Comment l’innovation numérique va contrôler l’humanité

Interview par Stéphane SOUMIER, journaliste BFM

Bonus sémaphorien. Pour la petite histoire, ce dossier consacré à Google et au transhumanisme est né de la vision d’un documentaire coproduit par Arte et Cinétévé en 2012, réalisé par Philippe Borrel sur une idée originale de Noël Mamère. Ce film de 52 mn, « Un monde sans humains », n’est plus rediffusé et Arte ne propose qu’un lien pour se procurer le DVD (http://www.arte.tv/fr/un-monde-sans-humains/6968786,CmC=6968904.html ). Nous ne pouvons le diffuser dans ces pages pour des questions de droits mais nous ne doutons pas qu’il soit régulièrement visible sur Youtube sous le même titre « Un monde sans humains ».

Pour notre part, nous préférons conclure avec cette vidéo de notre ami et écrivain Alain Damasio, lors de son passage à Ted-X Paris, c’était le 6 octobre 2014. Avec un titre tel que« Très humain plutôt que transhumain », pas de doute, ça nous ressemble plus.

 

Hayao Miyazaki

Repéré par Léo Moser (les Inrocks), l’internaute Dono est un animateur de talent et suscite notre coup de cœur visuel de la semaine. Il s’agit d’un court mais remarquable hommage à l’œuvre d’Hayao Miyazaki, qu’on peut considérer comme le maître japonais de l’animation. Le voyage de Chihiro, Princesse Mononoké, Porco Rosso, Le Château ambulant, Mon voisin Totoro… tous les chefs-d’œuvre de Miyazaki sont mis à l’honneur dans ce court, sur la musique de Joe Hisaishi qui a signé la plupart des BO du cinéaste.

chihiroPour qui n’aurait vu aucun film de Miyazaki, rappelons par exemple que Le voyage de Chihiro avait obtenu l’Ours d’Argent à Berlin en 2002. C’était la première fois qu’un dessin animé soufflait le prix à des films d’acteurs. En 2003 il fut nominé aux Césars comme meilleur film étranger et remporta l’Oscar du meilleur film d’animation.

Alors, comme c’est les vacances et qu’il peut arriver qu’une journée par trop pluvieuse donne envie de se faire une toile à la maison, n’hésitez pas à vous programmer une « spéciale Miyazaki », surtout si vous avez des enfants, ça les changera vraiment des disniaiseries et même de la plupart des japoniaiseries. Et s’ils n’aiment pas ? Ben… là on ne peut plus rien pour vous, vous avez vraiment raté une draille dans leur éducation.

Un univers de haute magie et de poésie mêlées. On en redemanderait bien si Miyazaki n’avait pas annoncé qu’il prend sa retraite. Resteront quelques chefs d’œuvre.

 

Revenu de base inconditionnel_le suivi

habitatLe seuil de pauvreté (SP) est établi à 50 ou 60 % du revenu médian (l’Observatoire des inégalités rappelle régulièrement qu’il ne s’agit là que d’une convention : on pourrait aussi bien dire que la grande pauvreté c’est 30 ou 40%). Lorsque le revenu médian diminue, mathématiquement le seuil de pauvreté s’abaisse (c’est ce qui s’est passé entre 2011 et 2012). Sur la base d’un SP à 60 %, on comptait, en 2012, 8,6 millions de pauvres. On n’a pas les chiffres actualisés, mais on sait qu’en décembre 2014 le nombre de bénéficiaires du RSA socle se situait à 1,9 millions de foyers (soit une hausse de 12 % entre 2012 et 2014). Donc, si on affecte ce pourcentage au nombre de pauvres, on approche vraisemblablement les 10 millions de pauvres en France aujourd’hui.
On peut compléter ce triste tableau ainsi :

– 700 000 personnes sans domicile personnel, dont 400 000 obligées d’habiter chez des tiers et 140 000 SDF (dont 10 000 dormant dans la rue),
– 4 millions de personnes vivent avec de très faibles revenus (bien en dessous du seuil de pauvreté) dans l’un des pays les plus riches du monde,
– mais 6 millions de personnes vivent dans des foyers avec plus de 39200 € par an (3200 pour un célibataire, 4800 pour un couple),
– 15 900 avec 500 000 € par an (chiffre qui a doublé depuis 2004),
– le revenu annuel d’un grand patron : entre 400 et 1110 années de Smic,
– la fortune des 500 plus riches s’élève à 390 Mds€ (+ 15 % en un an) : 67 milliardaires (soit 12 de plus en un an).

Ce qui conduit les rapporteurs à écrire : « Visiblement, ni la crise, ni la politique fiscale n’entament la progression des grandes fortunes. »

GeluckC’est pourquoi nous relançons le dossier-débat sur le revenu de base (ou salaire universel, selon les défenseurs). Car il ne faut pas rêver : l’inversion de la courbe du chômage est une de ces promesses qui n’engagent que ceux qui y croient. Outre une étude qui démontre que 40% des jobs actuels sont parfaitement inutiles à une société efficace, l’avancée fulgurante des technologies et de l’intelligence artificielle promet bien d’autres suppressions d’emplois à très court terme. Du boulot pour tous, c’est terminé, sauf à taxer et imposer proportionnellement toute machine ou robot qui remplace un humain, ou sauf à considérer qu’il y a mille et une manières pour tout un chacun d’apporter sa pierre de plus-value à la société, et que cela nécessite de reconsidérer la notion même de travail. Peut-on vivre, par exemple et pour ne citer que ceux-là, sans les artistes de tous crins, sans les millions de bénévoles qui œuvrent au quotidien via des associations de secours humanitaire, d’entraide, d’alphabétisation, etc. ? Pourquoi ceux qui aident au maintien de la dignité humaine n’auraient-ils pas le droit de vivre dignement de leur apport ? C’est en tout cas un des éléments qui doit permettre de maintenir le débat ouvert.

Où en sommes-nous sur le sujet ? Derniers points relevés dans la presse :

Une somme fixe d’argent, versée à chaque citoyen, salarié ou pas, de manière automatique, pour mieux accompagner les mutations du monde du travail ? Des expérimentations – encore floues – sont annoncées en Finlande ou aux Pays-Bas. L’Aquitaine veut y réfléchir. Le vieux débat sur le revenu de base reprend de plus belle.

En Suisse, un référendum est censé avoir lieu sur le sujet, sans doute en 2016, après le dépôt à Berne de 126 000 signatures exigeant la tenue de cette consultation. En Espagne, la promesse figure, parfois, parmi les revendications du mouvement anti-austérité Podemos. Aux Pays-Bas, la ville d’Utrecht va lancer une expérimentation à partir de janvier 2016, sur un groupe d’environ 300 personnes (on parle d’un forfait de 900 euros par mois pour un adulte, 1 300 pour un couple).

logo-ubi-2Les défenseurs du revenu de base avaient déjà fait parler d’eux en janvier 2014. Ils avaient alors récolté, à travers toute l’Europe, 285 000 signatures de citoyens qui s’étaient déclarés favorables à un « revenu de base inconditionnel ». L’opération n’avait pas suffi à enclencher une dynamique au sein de l’Union. Il aurait fallu beaucoup plus – rassembler un million de noms en l’espace d’un an – pour contraindre la commission de Bruxelles à s’emparer de ce dossier, souvent qualifié de totalement utopique par ses adversaires.

De quoi parle-t-on ? Voilà l’idée générale, qui a rarement dépassé le stade de la micro-expérimentation à travers le monde (sauf quelques exceptions comme l’Alaska) : un revenu fixe, versé à n’importe quel citoyen jusqu’à sa mort, sans aucune condition ou contrepartie (« inconditionnel, universel et forfaitaire », disent les économistes). Qu’on soit riche ou pauvre, avec ou sans emploi, seul ou en ménage, tout le monde touche la même somme. Dans la pratique, il existe des dizaines de manières d’imaginer et de financer cette garantie, théorisée par des économistes de droite (Milton Friedman et son « impôt négatif ») comme des penseurs de gauche (André Gorz et son « revenu d’existence »), des néolibéraux comme des anticapitalistes, et défendue, chez les politiques français, tout à la fois par José Bové et Christine Boutin.

Articles précédents proposés par Sémaphores pour un tour plus exhaustif du sujet (on peut notamment y retrouver le lien vers la pétition européenne, celle qui n’a recueilli à ce jour que 285 000 signatures, soit seulement le quart du million nécessaire pour qu’elle puisse être débattue par le conseil européen) :
http://semaphores.info/2014/01/dossier-revenu-de-base-inconditionnel/

http://semaphores.info/2013/08/revenu-de-base-inconditionnel-et-monnaies-complementaires/

http://semaphores.info/2013/06/reseau-salariat-yes-we-can/