RIFIFI autour de la loi ALARY

Quelques rappels pour ceux qui ont raté le début des polémiques à venir…

alaryDC’est l’histoire d’un accord électoral qui fait des mécontents au plan local et qui aura donc d’étonnantes conséquences au plan national. On vous refait le film de cette ubuesque « loi Alary » (nom officieux), qui va créer ex nihilo un poste de « numéro 1 bis » dans chaque nouvelle région, pour ménager les ambitions d’un baron du PS en Languedoc-Roussillon.

À l’origine, était un accord électoral entre le Parti socialiste et le Parti radical de gauche en vue des régionales de décembre. Ne pouvant se passer de son dernier allié, le PS a fait de grosses concessions au parti de Jean-Michel Baylet en ce qui concerne la future région Midi-Pyrénées – Languedoc Roussillon. Outre l’augmentation discutable du nombre de postes dévolus au PRG en cas de (probable) victoire de la gauche, il y a l’épineuse question de la direction de cette grande région.
Le poste de présidente incomberait à la socialiste Carole Delga, ex-secrétaire d’État. Celui de vice-présidente est promis à Sylvia Pinel (PRG), ministre du Logement. Mais cette répartition des tâches fait un malheureux : Damien Alary, l’actuel président (PS) de la région Languedoc-Roussillon. Avec la fusion des deux régions et le deal conclu entre les deux partis, Damien Alary se retrouverait… sans rien.
Inacceptable pour lui. Il a donc réussi un joli coup de lobbying auprès de Solférino et de Matignon et obtenu la création d’un poste de « président délégué », en réalité un « président bis », au-dessus du poste de numéro 2.

Polémique
Évidemment, cet « accord dans l’accord » ne va pas sans provoquer quelques remous. Auprès du JDD, le candidat écolo Gérard Onesta s’étranglait : « Il crée un poste et une loi pour lui. C’est hallucinant. » Philippe Saurel, ex-socialiste exclu pour dissidence et lui aussi candidat aux régionales, ajoutait : « C’est la bonne petite cuisine au beurre de Solferino. C’est ce type d’attitude qui fait monter le FN. »

Source : Etienne Baldit Le Lab D’Europe 1

De son côté, Dominique Reynié, candidat de la droite et du centre dans la région concernée, a fait le calcul suivant :
« Si l’on prend comme base de calcul la présidence actuelle de Midi-Pyrénées, on compte au moins 32 membres salariés. Sur la base du salaire médian de la fonction publique territoriale, autour de 2 900 euros brut, en intégrant l’indemnité du président, 66 145,56 euros brut annuel, on obtient un total situé autour de 1,2 million d’euros par an », explique-t-il dans le quotidien, ajoutant que le tout « multiplié par le nombre futur de régions (16) et par la durée du mandat (6 ans), on atteint donc 114 millions d’euros. »
Source : http://www.lepoint.fr/politique/regionales-un-accord-ps-prg-pourrait-couter-tres-cher-aux-contribuables-05-08-2015-1955042_20.php#xtor=CS2-238

Des présidents bis ? Sans doute le choc de simplification…

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