Tel-Aviv sur Seine !

Tel aviv sur SeineJeudi 13 août, Paris-Plages prendra des faux airs de plage de Tel-Aviv, grande ville côtière israélienne et haut lieu de la fête à travers le monde. Cette opération de partenariat entre la capitale française et la capitale économique d’Israël a pris le nom de «Tel-Aviv Sur Seine».

Quelques jours après la mort d’un bébé palestinien brûlé vif par des terroristes israéliens dans le nord de la Cisjordanie, le partenariat organisé par Paris Plages, le 13 août, avec la station balnéaire israélienne de Tel-Aviv déchaîne la colère de nombreux internautes.

une pétition d’indignation et de boycott circule : https://secure.avaaz.org/fr/petition/La_maire_de_Paris_Anne_Hidalgo_Annulation_de_Tel_Aviv_Sur_Seine/?preview=live

Pour la prochaine opération Paris-Plages nous suggérons à Anne Hidalgo de fêter une journée spéciale Gaza-Plage

Gaza plageet lui rappelons qu’il n’y a qu’une manière d’aider les colons israéliens à recouvrer la raison…

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Et pour ne pas mourir idiot, ces quelques rappel d’un internaute sur Mediapart

L’idée bizarre la plus en vogue sur Tel-Aviv est qu’elle est innocente. Ce n’est pas une terre occupée (elle aurait été construite sur des dunes). Elle n’a rien à voir avec le fanatisme qui meut la violence de l’occupation. Elle est laïque, jeune, hédoniste, mondiale et diverse. Peut-être est-elle un brin trop matérialiste. Mais lorsque l’alternative est la spiritualité d’un Baruch Goldstein, même le matérialisme le plus crasse semble merveilleusement bénin.

C’est une bonne fable aux traits séduisants. Mais elle est fausse. Prenons d’abord la question de la diversité. Bien que 20% des citoyens israéliens soient palestiniens, ils ne représentent que 4,2% des habitants de Tel-Aviv. Pour une grande ville, c’est un manque de diversité impressionnant. De plus, la grande majorité de ces Palestiniens vivent dans quelques quartiers séparés au fin fond de Jaffa, principalement à Ajame.
A l’exclusion de ces quartiers marginalisés et pauvres aux confins de la ville, il n’y a pratiquement aucun arabe à Tel-Aviv. Ce seul fait constitue sans aucun doute un «miracle démographique». Ce pourcentage d’Arabes inférieur à la marge d’erreur de cette métropole méditerranéenne «diverse» et grouillante est plus bas qu’à Paris, Genève, Londres ou Brooklyn.

Cette « diversité » fait de Tel-Aviv un exemple rare de nettoyage ethnique réussi. Jusqu’à sa destruction, Jaffa était un centre urbain important de la Méditerranée arabe. Aujourd’hui, elle abrite moins d’1% de Palestiniens à la citoyenneté israélienne, elle est une communauté marginale et isolée.

Jaffa a été conquise par les organisations paramilitaires juives en 1948 et plus de 60.000 de ses habitants ont été obligés de partir à cause des bombardements. Ils ont été littéralement «jetés à la mer» et la plupart d’entre eux ont accosté à Gaza.
Les conquérants ont alors détruit au bulldozer 75% de la ville. Seuls les quartiers Ajame et Jebaliah ont été épargnés, avec moins de 4.000 Palestiniens autorisés à y rester, des quartiers laissés à l’abandon, transformés par la municipalité en décharges publiques et qui sont devenus des zones de crimes et de trafic de drogues.

De plus, les maisons ont été confisquées et les Palestiniens sont devenus les locataires de l’agence immobilière de l’Etat, Amidar, qui a négligé les propriétés et a même refusé de laisser les habitants procéder aux réparations sur leurs propres deniers. Le dernier tour de vis de cette histoire cruelle est arrivé avec le nouveau millénaire. Alors que Tel-Aviv jouissait d’un boom immobilier spéculatif, Ajame a commencé à intéresser le secteur immobilier. L’obstacle était bien sûr de comment se débarrasser des locataires.

La solution ingénieuse d’Amidar fut d’imposer des amendes aux locataires pour avoir amélioré leur habitat, et de leur proposer ensuite d’oublier ces amendes en échange de leur évacuation. (Lire, de Jonathan Cook : Le « projet de rénovation » de Jaffa vise l’expulsion des Palestiniens).

Une autre partie de la ville, la Vieille Ville, qui a subi un nettoyage ethnique total, et où la plupart des espaces urbains ont été détruits, à la seule exception du Mur extérieur et de quelques sites chrétiens, a été transformée en attraction touristique et de vie nocturne.

Les noms originaux arabes des rues ont été effacés, et la municipalité de Tel-Aviv est heureuse de vous informer que « les ruelles de l’Ancienne Jaffa sont nommées selon les signes du Zodiaque et qu’on peut y trouver des galeries d’art et des magasins juifs, des ateliers de bijoutiers et d’art d’artistes de renom.»

http://www.ism-france.org/analyses/Tel-Aviv-la-coloniale-article-12668

 

 

 

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