le fil du 14 avril

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La chorale de la haine contre Mélenchon : laissons la peur du rouge aux bêtes à cornes

Mélenchon « ami des dictateurs » ? Désintox en 9 minutes

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Le programme de Jean-Luc Mélenchon comporte une série d’engagements qui font écho à plusieurs de nos recommandations notamment dans le domaine de la protection de la vie privée et de la révision des lois adoptées dans le cadre de la lutte anti-terroriste.

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L’évasion fiscale a coûté à la France près de 80 milliards en 2016, soit environ 150 000 €* par minute, et les pays en voie de développement sont encore plus touchés. Ces montants qui disparaissent illégalement permettraient pourtant d’augmenter la qualité des services publics, de faire émerger une société plus juste et de lutter contre l’insécurité alimentaire – qui touche aujourd’hui 2 milliards de personnes dans le monde.

Attention, le panneau ci-dessus ne peut pas être exact, pour la bonne raison qu’il s’y ajoute 150 000 par minute. Le chiffre actualisé se trouve sur : https://www.monpari2017.org/defis/compteur-fiscal

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Du côté de Fillon…

Pas de réponse ? Pas grave, il y a les questions ! Le quotidien La Dépêche du Midi, propriété de l’ex-femme du ministre Jean-Michel Baylet, a publié, en marge d’un entretien avec François Fillon, un encadré contenant les quatre questions auxquelles le candidat LR n’a pas répondu.

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Dossier Macron

Apprenez à parler le Macron

Macron, le spasme du système

par Frédéric Lordon, 12 avril 2017

extraits

« Entre le flou et le rien, continuez de baigner », voilà ce qu’il faut entendre en fait à chacune de ses promesses de clarté. À sa décharge, on admettra que déférer à l’obligation de parler quand on a surtout l’intention de ne rien dire est l’un de ces fléaux de la « démocratie » contre lequel on n’a pas encore trouvé d’antidote satisfaisant.

Il est vrai qu’on est d’abord frappé par ce sentiment vertigineux de vide intérieur, que le candidat devrait d’ailleurs renoncer à pathétiquement combler, soit en s’affublant de postures christiques gênantes — jouer les habités quand on est déserté, ou bien les inspirés quand on sort de l’ENA, compte parmi ces spectacles terriblement embarrassants —, soit dans un registre davantage profane en récitant (de travers) du IAM pour faire jeune, en invoquant les Tontons flingueurs pour faire proche, ou en se faisant passer pour philosophe pour faire intellectuel. Mais quelle idée de se donner autant de mal et de s’imposer autant de ridicule quand sa vacuité souriante demeure, à tout prendre, la surface idéale de projection pour tous les fantasmes de ses suiveurs, start-upers en attente d’un manager pour la start-up France, avant de devenir à leur tour les Mark Zuckerberg de demain.

Macron est le spasme d’un système qui repousse son trépas, sa dernière solution, l’unique moyen de déguiser une continuité devenue intolérable au reste de la société

Macron est, par agrégation du pire, la personnification même du système, livrant par-là d’ailleurs sa vérité ultime : l’ensemble des différences coutumières dont les fausses alternances tiraient leur dernier argument et les éditorialistes leur fourrage — « gauche » et « droite », « PS » et « LR », « Hollande » et « Sarkozy » —, n’était qu’une comédie. Preuve en est la rapidité déconcertante avec laquelle le bloc réel en consent l’aveu au moment où, menacé pour de bon, l’urgence vitale lui commande de se fondre d’un seul tenant — et l’on se demande si le rassemblement, plutôt qu’« En marche », ne devrait pas s’appeler « En tas ».

Des milliardaires possèdent la presse et entreprennent de porter un banquier d’affaire à la présidence de la République. Voilà.

Accordons qu’au moment où Emmanuel Macron annonce ses intentions de transformer le code du travail par ordonnances, renvoyant incidemment Valls et son 49-3 à des pudeurs de rosière, c’est bien le plein qui fait inopinément résurgence au milieu du vide. La croix du candidat du vide, c’est que le devoir de reparler quand le reproche de vacuité se fait trop pressant ne lui laisse pas d’autre choix que de dire ce qui devrait être tu. Il est vrai qu’entre le mot de « pénibilité » qu’il « n’aime pas » (6), son désir de « ne plus entendre qu’il est plus intéressant de faire autre chose que travailler » (7), et son mouvement d’empathie comparée pour l’éleveur attristé de ses animaux malades et l’employeur obligé de licencier (8), le candidat, croyant pourtant rester dans le registre du vide, en avait déjà beaucoup dit.

La crise politique qui point rend cependant aléatoire l’issue de ce « putsch démocratique » de l’oligarchie. C’est qu’un peu partout le « gros animal » se réveille et, de l’Amérique de Trump à la Grande-Bretagne du Brexit, commence à avoir de sérieuses envies de tout envoyer paître. La société française s’est, depuis longtemps déjà, engagée sur cette même trajectoire, et n’est plus qu’en attente de la matérialisation de son propre accident. Seul l’aveuglement de la classe, dont Marx rappelait qu’elle n’a jamais été capable de voir au-delà de « ses intérêts malpropres et bornés (15», l’empêche de voir combien le candidat qu’elle est obsédée de porter au pouvoir accélère le désastre — il est vrai qu’elle s’entendrait probablement très bien à redéployer ses intérêts au sein du désastre…

D’opportuns sondages de second tour donnent Macron triomphant de Marine Le Pen à 60-40. Il n’y a pas spécialement lieu de s’en gargariser, plutôt de s’en inquiéter même, quand la simple comparaison avec les 80-20 du père Chirac donne une idée de la déperdition en quinze ans. Et permet d’anticiper ce qui ne manquera pas d’arriver le coup d’après, une fois élu le candidat-qui-fait barrage — mais accélère le remplissage du bassin.

Frédéric Lordon

Article intégral : http://blog.mondediplo.net/2017-04-12-Macron-le-spasme-du-systeme

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Qu’est ce que « l’alliance bolivarienne » que veut rejoindre Mélenchon ?

Pour comprendre, regarder du côté de la Guyane…

L’article de Manuel Vicuña (Arrêt sur Image) étant réservé aux abonnés, en voici quelques extraits.

« S’arrimer à l’Amérique latine ? C’est un point du programme de Jean-Luc Mélenchon qui suscite l’effroi de certains éditorialistes. Un point, jusque là passé inaperçu, désormais agité par ses adversaires comme un repoussoir depuis qu’il a été mis en lumière il y a quelques jours sur le plateau de C à Vous.

L’Alba, une réponse à la politique de washington

Mais qu’est-ce au juste que cette alliance ? L' »Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique », Alba selon son acronyme espagnol, est un groupement économique et géopolitique régional fondé au début des années 2000 dans le sillage de l’arrivée au pouvoir en Amérique latine des gauches radicales. Créé en 2004, à l’initiative d’Hugo Chavez et de Fidel Castro elle a été conçue comme une réponse alternative à la zone de libre-échange des Amériques (ZLEA) que les Etats-Unis de Georges W. Bush cherchaient alors à instaurer sur l’ensemble du continent américain. (…)

L’Alba a pour ambition de promouvoir l’autonomie et la souveraineté des pays latino-américains et de contrecarrer la politique d’influence nord-américaine. Elle compte aujourd’hui parmi ses membres le Vénézuela, Cuba, l’Equateur, la Bolivie, le Nicaragua et plusieurs petits Etats insulaires dont Sainte Lucie, la Dominique, Antigua et Barbuda.

L’Alba compte également trois pays observateurs : l’Iran, la Syrie et Haïti. Quant à la Russie ? Elle fut invitée à titre d’observateur, lors du sommet de l’Alliance en 2009 en Bolivie. « Pour dissiper tout malentendu : ces pays dit «observateurs» sont en réalité des pays qui ont envoyé des représentants à des sommets pléniers de l’Alba, mais en aucun cas, ces pays ne siègent ou n’ont de représentation organique dans les instances de l’Alba », explique Christophe Ventura, membre de la France insoumise, chercheur spécialiste de la géopolitique de l’Amérique latine et auteur du livre L’éveil d’un continent (Armand Colin). il poursuit : « Vu de France ça choque. Mais, il faut savoir que pour des raisons géostratégiques, quels que soient les régimes politiques, les gouvernements latino-américains ont toujours entretenu des liens de coopération historiques avec l’Iran et la Syrie autour d’intérêts communs : leurs intérêts pétroliers et leur rejet d’une certaine politique américaine notamment ».

Une banque et une monnaie virtuelle

Anti-atlantiste, à rebours des préceptes de concurrence et de néolibéralisme, cette coalition régionale, vise à multiplier les projets de coopération en matière de commerce, de transfert de technologies, d’alphabétisation, de culture mais aussi de lutte contre la pauvreté et l’exclusion socialeC’est dans ce cadre que Cuba s’est par exemple engagé à envoyer plusieurs milliers de médecins au Venezuela. C’est aussi dans le cadre de l’Alba que, sous le nom d’ »opération miracle », ont été ouverts des centres de santé en Bolivie, ont été attribuées des bourses à des étudiants en médecine et que la Havane a pris en charge les soins ophtalmiques de milliers de Boliviens pauvres. « L’un des pays a besoin de quelque chose ? Un autre pays va lui fournir dans des conditions qui ne sont pas celles du marché », explique l’auteur de L’éveil d’un continent, géopolitique de l’Amérique latine et de la Caraïbe. Il précise : « C’est ainsi que le Venezuela a fourni en pétrole nombre de pays à des cours en-deça du marché. La Bolivie a fait de même avec son gaz. »

Mais outre les échanges énergétiques, les programmes de santé, d’alphabétisation et de lutte contre les inégalités, l’Alba s’est également dotée d’instruments visant à œuvrer au rapprochement économique des pays de l’Alliance. C’est ainsi qu’elle a lancé en 2008 sa propre banque de coopération pour financer ses projets de développement (une cinquantaine à ce jour) en matière d’infrastructures, d’environnement, d’industrie ou encore de communication. C’est notamment ainsi qu’a été lancée la chaîne de télévision panaméricaine Telesur qui vise à contrecarrer le soft power américain de CNN.

L’Alba dispose également depuis 2010 d’une monnaie commune virtuelle, le SUCRE. Une devise qui ne remplace pas les monnaies nationales, mais vise à renforcer les échanges entre les pays de l’Alba en s’affranchissant des transactions en dollars américains. S’opposer à l’impérialisme, défendre un socialisme de rupture, s’affranchir de l’atlantisme… voilà qui trouve un écho favorable depuis longtemps déjà auprès Mélenchon. Le candidat de la France insoumise n’a jamais caché sa sympathie pour les expériences de la gauche radicale sud américaine. Celles-ci lui ont d’ailleurs largement valu d’être taxé de complaisance vis-à-vis de l’autoritarisme du pouvoir vénézuélien, entre autre. (…)

« En réalité c’est un projet que nous portions déjà en 2012 », nous explique Jennifer Léonie Bellay, co-auteure du livret de la France insoumise sur l’Outre-mer. « L’idée d’intégrer la Guyane, mais aussi la Guadeloupe et la Martinique dans l’Alba, c’est d’encourager un développement endogène des Outre-mer françaises et de sortir ces territoires de l’économie de comptoir, et des logiques de mercantilisme héritées de l’époque coloniale » Concrètement ? « En Guyane la France dispose de technologies en matière d’aérospatial dont elle pourrait faire profiter les pays frontaliers, via des transferts de technologies ». En échange de quoi ? « Par exemple, on sait à quel point les Antilles paient un prix faramineux pour le carburant distribué par Total. Intégrer l’Alba leur permettrait de bénéficier du pétrole vénézuélien à moindre coût. Il ne faut pas non plus minimiser par exemple, ce que pourrait apporter dans les Outre-mer le programme cubain contre l’illetrisme. »

Note Sémaf de dernière minute

* ATTENTION : dans un souci de manipulation évidente, la fiche Wikipédia francophone de l’ALBA a été modifiée entre le 13 et le 14 avril 2017 : l’Iran, la Russie et la Syrie ont été ajoutés à la liste des pays observateurs, alors qu’ils n’y figuraient pas la veille (constat fait par moi-même pendant la rédaction de ce billet). Et qu’ils ne figurent, ni sur la fiche Wikipedia anglophone, ni sur le site officiel de l’ALBA.

la suite ici : http://yetiblog.org/index.php?post%2F2377

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Et le bonus sémaphorien, pour qui dispose de 45 minutes. (Z’avez qu’à zapper un JT et ses pubs). Très clair et édifiant.

Comprendre les phénomènes d’effondrement de sociétés. Quel avenir pour la nôtre ?

Avons nous à faire à une combinaison passagère de crises liée à une redistribution globale des cartes ou sommes nous face à des phénomènes encore plus profonds comme un effondrement de société ?

Par Emmanuel Prados, Chercheur à l’INRIA, Equipe STEEP (Soutenabilité, Territoires, Environnement, Économie et Politique).

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