le fil du 26 avril

Communiqué de presse des insoumis concernant leur vote au 2ème tour de l’élection présidentielle 2017

« Aucun d’entre nous ne votera pour l’extrême droite. Pour autant, doit-on donner une consigne de vote ? Nous étions convenus depuis le début de notre campagne que les votes du premier tour ne seraient pas récupérés pour quelqu’un d’autre au second tour. Notre candidat, Jean-Luc Mélenchon, a loyalement respecté son engagement à ce sujet. Donc, comme cela avait été indiqué depuis le lancement de la campagne présidentielle du mouvement de la France insoumise, nous organisons ce jour la prise de parole des insoumis à propos de la position qu’ils adoptent personnellement sur le second tour de l’élection présidentielle. Il ne s’agit pas de donner une consigne de vote mais de faire connaître la position des insoumis. Nous vous invitons donc à nous faire part de votre choix à ce sujet parmi les différentes possibilités ci-dessous. Cette consultation sera close ce mardi 2 mai à 12 h 00 et est réservée aux signataires de la France insoumise enregistrés avant le dimanche 23 avril à 22 h. Ce choix est secret. Nous n’en publierons que le résultat et la liste des participants sera détruite. Comme chacun le sait, le mouvement de la France insoumise est, par définition, lié aux principes de notre devise républicaine “Liberté, égalité, fraternité”. Le vote pour la candidate d’extrême droite ne saurait donc représenter une option.

Je dis mon choix :
Choix 1 : Je vote blanc ou nul
Choix 2 : Je vote Emmanuel Macron
Choix 3 : Je m’abstiens.

Note : Seules les personnes inscrites avant le 23 avril à 22h ont le droit de participer.

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Deux positions pour aider certains à réfléchir, la troisième voie étant celle d’un vote blanc de combat…

Face au FN : lettre aux Insoumis tentés par l’abstention

  • 25 avr. 2017
  • Par Olivier Tonneau  Enseignant-chercheur à l’Université de Cambridge, UK
    Cambridge – Royaume Uni Chers Insoumis,

J’ai été surpris par la vitesse à laquelle mon précédent billet a circulé sur les réseaux sociaux. Je ne m’attendais pas non plus à ce qu’il soit compris comme une justification de l’abstention. Je l’ai écrit avec l’intention de lui donner une suite, dans quelques jours, mais devant ces réactions je le fais dès maintenant. Beaucoup m’ont remercié d’avoir mis des mots sur leur colère. J’en suis heureux : cette colère est réelle, légitime, il fallait qu’elle s’exprime. Mais après avoir dit leur fait aux arrogants vainqueurs du jour, c’est entre nous que nous devons parler.

Lors du Brexit, j’ai déjà vécu la frustration terrible que nous ressentons aujourd’hui. Jamais Jeremy Corbyn, dont les positions étaient proches de celles de Mélenchon, n’a pu se faire entendre et la campagne s’est réduite, dans les médias, à un face-à-face : il y avait d’un côté les libéraux pervers maniant savamment moralisme et cynisme, affirmant tantôt que « l’Europe c’est la paix », tantôt que les marchés sauraient punir les récalcitrants ; de l’autre, les racistes les plus vils. Cette représentation binaire excluait une très large part de l’électorat anglais : les partisans du « lexit », c’est-à-dire la « sortie de gauche ». Contrairement à ce qu’on croit, tous les Anglais qui ont voté pour sortir de l’Europe n’étaient pas d’extrême-droite : l’année précédente UKIP avait obtenu quatre millions de voix aux élections générales, mais treize millions de personnes ont voté pour quitter l’UE. L’occultation du « lexit » eut pour conséquence que le brexit fut vécu par les racistes comme un triomphe. Ils se sont cru la majorité ; grâce aux médias, ils étaient hégémoniques ; ils se sont sentis tout permis. La suite fut atroce.

Dans la ville de Peterborough, à quelques dizaines de kilomètres de Cambridge, des tracts où l’on lisait « go home, Polish vermin » furent glissés dans toutes les boites aux lettres. Des Indiens et des Pakistanais furent tabassés ; il y eut des morts. Encore aujourd’hui, et qui sait pour combien de temps, les racailles se pavanent et les minorités rasent les murs. Vous me comprenez. Je déteste les muscadins qui paradent avec leurs mines sucrées de premiers de la classe, mais ils ne me font pas peur. Par contre, les skinheads font très peur – non pas pour l’avenir mais pour demain. C’est-à-dire pour aujourd’hui. Si j’étais convaincu que Macron allait battre Le Pen, je n’irais pas voter. Je me contrefiche d’envoyer je ne sais quel message d’unité républicaine : un fort taux d’abstention reflèterait parfaitement ma position. Mais, je l’ai écrit ailleurs, je ne suis pas du tout certain que Macron l’emporte et je ne prendrai pas le risque, pour des enjeux symboliques, d’une victoire de Le Pen.

Je disais dans mon billet d’hier soir que le Front National puise à deux sources : l’une, c’est la politique antisociale menée par Macron et ses avatars. Mais l’autre, c’est le racisme bien réel, qui n’est rien d’autre que la pulsion de haine qui existe en tout homme et donc en toute société, pulsion dont les effets doivent être inlassablement refoulés. J’irai voter contre Marine Le Pen comme j’en ai fait la promesse à une amie juive que la perspective de skinheads déboutonnés mettant les pieds sur la table terrifie. Cette amie, qui appartient à la classe moyenne et aurait payé plus d’impôts si nous avions gagné, a voté pour Jean-Luc Mélenchon. La campagne a été, pour elle comme pour moi, un moment merveilleux, un éveil collectif à la possibilité – je ne me lasserai jamais d’écrire ces mots – d’un avenir en commun. Rien ne doit mettre en péril cette complicité, cette intimité qui s’est nouée.

La campagne qui s’achève fut pour moi un moment d’une formidable intensité. Un moment d’espoir et de joie entre nous, d’exaspération envers les muscadins, mais aussi de haine franche et sans mélange envers les gardiens du temple. Quand Le Monde a publié, à quelques heures de la clôture de la campagne, la chronique infamante de Joann Sfar et m’a refusé un droit de réponse ; quand, après que Gérard Miller eût réfuté les accusation d’antisémitisme portées contre Mélenchon par le sinistre professeur Heilbronn, Laurent Joffrin a offert un droit de réponse à ce dernier, étalant ainsi dans son journal, à quelques heures du vote, un article diffamant Mélenchon de la plus basse des manières ; quand mon compte facebook a été bloqué parce que je postais ma réponse à Joann Sfar ; j’ai eu, pour reprendre une expression lumineuse de Todd, un flash totalitaire. C’est clair : entre ces salauds-là et nous, c’est la guerre.

Mais justement parce que c’est la guerre, nous devons rompre avec eux toute communication. Ce qu’ils disent ne nous concerne pas. Ce que nous faisons ne les regarde pas. J’irai voter Macron contre Le Pen et les éditorialistes écriront : « Nous les avons convaincus. Grâce au ciel, nous avons su leur faire entendre raison. » Grand bien leur fasse. Depuis dimanche soir, je n’ai écouté aucune radio, aucune télé, parcouru la Une d’aucun journal. Je ne les entends pas et ne leur réponds pas, sinon pour leur dire : nous nous retrouverons. Ceci posé, je reviens à nos affaires et je commence par faire ce que nous avons toujours fait : entre deux campagnes, on remet la maison en ordre en commençant par sortir les poubelles, c’est-à-dire virer les fachos. Parce que c’est dans nos rangs que sont ceux qui auront à souffrir de leur victoire ; parce que nous n’aimons pas que les nôtres se fassent tabasser au coin des rues ; parce que nous ne voulons voir fleurir les croix gammées ni sur les synagogues, ni sur les mosquées. Protégeons les nôtres ; nous aurons besoin d’eux. La lutte commence à peine et nous ne serons jamais trop nombreux.

Insoumis, cette lettre n’est adressée qu’à vous. Aux autres, je n’ai qu’une chose à dire : en aucun cas les Insoumis n’endosseront la culpabilité de l’arrivée des fascistes au pouvoir, et ce quoi qu’ils votent. Elle n’incombe qu’aux libéraux qui sèment le désespoir et bien sûr aux fascistes eux-mêmes. Que nous nous trouvions face à un choix très difficile ne change rien au fait que les seuls responsables sont ceux qui nous ont mis face à ce choix.

Dans Andromaque, Pyrrhus menace Andromaque de tuer son enfant si elle refuse de l’épouser. Celle-ci tient bon et Pyrrhus l’accuse : comment pouvez-vous condamner votre enfant à mort ? Andromaque décide d’épouser Pyrrhus pour sauver son enfant mais de se suicider aussitôt après. Fort heureusement, alors qu’ils marchent à l’autel, la foule se jette sur Pyrrhus, le massacre, et Andromaque est couronnée reine. Puisse la littérature éclairer le réel.

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Voter Macron: impossible! Voter Le Pen: impensable

25 avr. 2017 Par RAOUL MARC JENNAR (https://blogs.mediapart.fr/raoul-marc-jennar/blog/250417/voter-macron-impossible-voter-le-pen-impensable)

20140408PM ; Luxembourg ; conf. Raoul Marc Jennar

 Je ne peux renier 20 ans de combats, sans doute près de 500 conférences pour combattre ce que Macron défend et propose, et ensuite voter pour lui. Je ne peux renier l’engagement d’une vie contre le racisme et la xénophobie et voter Le Pen.

Les deux sont porteurs de maux d’une intensité égale. Je m’abstiendrai.

Petit rappel à ceux qui ont combattu, au nom de la démocratie, de la justice sociale et de la protection de notre cadre de vie,

– les accords de l’OMC organisateurs de la mondialisation néo-libérale la plus débridée et en particulier l’AGCS (qui privatise à terme les services publics) et les accords sur la propriété intellectuelle (qui limitent la possibilité de fabriquer des médicaments génériques et permettent les OGM),
– le traité constitutionnel européen de 2005
– le traité de Lisbonne
– les accords de partenariat de l’UE avec l’Afrique qui la mettent sous la tutelle des multinationales européennes
– le traité budgétaire Merkel-Sarkozy-Hollande (TSCG)
– le MES (mécanisme européen de stabilité)
– la fausse loi de séparation bancaire de Moscovici-Hollande
– les cadeaux de Hollande au MEDEF
– la loi Macron
– la loi EL Komri
– le TAFTA
– le CETA
– l’ACS (aggravation de l’AGCS).
comment donner sa voix à Macron qui a défendu et défend tout cela,  qui creuse les inégalités, accroît l’injustice sociale, n’enrichit que les riches et met la planète en danger  ?

Pour moi, cela reviendrait à renier 20 ans d’engagement militant. Impossible.

Même si la rigueur intellectuelle interdit de qualifier de « fasciste » le programme nationaliste et xénophobe de Mme Le Pen, le FN plonge ses racines dans Vichy et l’OAS. Et  je suis, depuis toujours, un adversaire des régimes fascistes que ma génération a connus puisque, après la Deuxième guerre mondiale, nous avons eu trois régimes fascistes en Europe (Espagne, Portugal, Grèce), tous protégés par l’OTAN (au nom de la démocratie) contre lesquels j’ai milité (interdit de séjour par la Grèce des Colonels). Toute ma vie j’ai combattu le racisme et la xénophobie. Voter Le Pen est donc impensable.

Macron et Le Pen sont tous deux porteurs de politiques profondément néfastes et extrêmement dangereuses pour nos libertés, pour le bien être du plus grand nombre, pour la préservation de la planète.

Je n’invite personne à partager mon point de vue. Je me contente de l’exposer.  Car j’ai toujours combattu le principe du mot d’ordre électoral que je considère comme une insulte à l’intelligence des gens et une arrogance insupportable des partis qui s’arrogent la propriété des votes dont ils ont bénéficié. Il y a d’ailleurs de mon point de vue une contradiction fondamentale entre prôner la révocabilité de l’élu et le fait de lancer des mots d’ordre de vote. C’est opposer un acte de liberté citoyenne à un acte de servitude citoyenne.

Alors que chacun fasse en conscience ce qu’il estime devoir faire, mais le faire en conscience cela suppose de bien s’informer.

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Au premier tour de la Présidentielle, les électeurs de Montpellier ont placé Jean-Luc Mélenchon en tête avec plus de 30 % des suffrages. 31,56 %. Emmanuel Macron obtient 24,61 % . L’effet Saurel n’a pas permis de porter la dynamique nationale d’Emmanuel Macron.

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RUFFIN – « MÉLENCHON À 19,5 %, UN TREMPLIN POUR DEMAIN ! »

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«Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes?»

Difficile de mieux résumer l’impression délétère de cette soirée du 23 avril qu’en citant ce vers de Racine (Andromaque, acte V, scène 5), qui est une réplique d’Oreste à Pylade alors qu’Hermione vient de se suicider sur le corps de Pyrrhus. L’allitération est belle mais aussi menaçante…

En effet, que nous réserve l’avenir avec ce passage obligé entre Charybde et Scylla ? Entre un libéralisme à tous crins qui va encore accentuer la fracture inégalitaire de la société française et un imbécile repliement à la vichyssoise ?

Car il s’agit bien de cela puisque l’offre finale de la compétition présidentielle se résume à un duel entre un « Lancelot des beaux quartiers » et une Walkyrie qui se prend pour Jeanne d’Arc !

Un « Similing Cobra » opposé à une vipère …

Je comprends parfaitement la réaction de Jean-Luc Mélenchon qui, sommé d’apporter la caution morale de la « France insoumise », a refusé de prendre immédiatement position en ajoutant son propre hurlement aux grognements de tous les loups frustrés afin de jouer le jeu des règles de cette république bourgeoise qui a cru bon de mettre à l’index les moutons noirs de sa famille…

En effet, je partage tout à fait le point de vue de Michel Onfray qui s’étonne que l’on continue à prétendre diaboliser le FN alors que l’on a rien fait pour le combattre réellement, tant sur le plan économique qu’avec la réfutation pédagogique de son nationalisme obsolète.*

Dans cette finale faussement démocratique – dont vont être exclus des millions de Françaises et de Français – le peuple va assister, médusé et impuissant, à des joutes meurtrières pour ses acquis sociaux, son pouvoir d’achat et ses libertés, même si le pancrace politicien est en mesure de l’amuser et de le séduire, au moins quelques secondes.

Ainsi, après les quinquennats calamiteux et désolants de Chirac, Sarkozy et Hollande, ce qui reste de la « République française » va poursuivre sa marche cahoteuse en s’aidant de la canne d’un jeune gandin technocrate et branché, adoubé par les « honnêtes gens ».

Mais ce parcours risque d’être contrôlé voire contrarié par un vent puissant (et vivifiant) qui vient de se lever…

Ne nous soumettons plus !

* « le parti de Marine Le Pen est moins combattu qu’utilisé comme épouvantail pour que rien ne change ».

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Extrait du dernier livre en direct de Tarnac, Maintenant.

Ne plus attendre.

Ne plus espérer.

Ne plus se laisser distraire, désarçonner.

Faire effraction.

Renvoyer le mensonge dans les cordes.

Croire à ce que nous sentons.

Agir en conséquence.

Forcer la porte du présent.

Essayer. Rater. Essayer encore. Rater mieux.

S’acharner. Attaquer. Bâtir.

Vaincre peut-être.

En tous cas, surmonter.

Aller son chemin.

Vivre, donc.

Maintenant.

 

Petit bonus sémaphorien, en direct de nos amis grecs qui ont quelque idée de ce que Résistance veut dire

 

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C’est toujours bon à savoir…

Axel Loustau, trésorier du microparti de Marine Le Pen et conseiller régional FN, poursuivait en diffamation le directeur de Mediapart, Edwy Plenel, à propos de violences de proches du Front national à l’encontre de notre journaliste Marine Turchi. La Cour d’appel de Paris lui a donné tort, confirmant le jugement de première instance. M. Loustau se pourvoit en cassation.

 

[LÀ-BAS SI J’Y SUIS] Macron vu par son ancien directeur à la banque Rothschild © Là-bas si j’y suis

Mélenchon joue t il avec le feu ? C à vous

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« La désobéissance est pour celui qui connait l’Histoire, la véritable vertu de l’être humain. C’est de la désobéissance et l’insoumission que nait le progrès »   Oscar Wilde

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