le fil du 15 juin

La vérité des petites mains : libérer la parole

Oui des assistant.e.s parlementaires payé.e.s par le Parlement européen travaillaient pour le parti de l’UDF. Je le sais car j’ai été l’une d’entre elles. Payée d’abord à mi-temps, puis à temps plein, j’étais trop heureuse de servir à 27 ans, ce que je pensais être l’intérêt général. Je n’avais évidemment aucunement conscience que ça n’était pas dans les clous.

Sans jamais compter mes heures, journées, soirées, week-end, bosser, bosser, bosser. Corvéable à merci. Comme toutes les autres petites mains. Emplois fictifs pas vraiment ;-)… J’ai commencé par travailler sur la campagne du traité constitutionnel en 2005, donc sur l’Europe. Et puis, j’ai contribué à la pré-campagne, puis à la campagne présidentielle de 2007. Je faisais de la mobilisation, de l’animation, de la préparation de colloques. J’ai adoré faire cela. Passionnément. Avec des salarié.e.s, des militant.e.s. Je n’avais pas encore conscience de la grande violence de ce milieu.

Est-ce que c’est très grave ?
Il y a une échelle. A chacun de juger et d’ailleurs, il y a des gens dont c’est le métier de juger s’il y a préjudice, de quelle nature et d’en fixer la réparation éventuelle. Je ne suis pas compétente.
Je sais simplement que notre époque crève de la corruption. La corruption de notre État, des compromissions, des pots de vin, des marchés publics, des détournements, des distributions d’argent public clientéliste, de l’achat de voix, de Bygmalion, de Karachi, des frégates, de Clearstream 1 et 2, des industriels qui nous empoisonnent sciemment, des corruptions des laboratoires pharmaceutiques, des industriels qui se foutent qu’une usine s’effondre en écrasant 1138 ouvrières et ouvriers, du désastre du nucléaire, du financement du terrorisme par des entreprises françaises, de la surveillance de masse, des menaces des annonceurs pour ne pas publier telle ou telle révélation, les conflits d’intérêt, les lobbies installés dans les lieux de pouvoir…

Le grand jeu de l’époque : planquer ses errements, ses fautes, ses responsabilités, son argent, ses adjuvants, ses polluants, ses déchets toxiques, ses pesticides. Nier toujours. Ne demander pardon jamais.
L’ère du mensonge. Un système entier basé sur la fraude, la dissimulation.
On ne peut pas continuer à avancer comme ça.

Le corollaire de ces innombrables arrangements avec la vérité est le complotisme, tant décrié par les élites, tout étant attisé par elles quand ça les arrange. Mais comment se forger un avis éclairé dans cette boue du mensonge ? Comment arriver à construire une société alors que les paroles impeccables sont rares ? A quoi nous fier ? Quelle donnée ? La parole d’untel ou d’untel ? Quels sont les repères pour éclairer nos routes ?
Dans le champ politique, en tous les cas, c’est le néant. Ses acteurs tous bouffés par le fameux la fin justifie les moyens. Ca ne veut pas dire tous pourris. Ca veut dire, toutes et tous témoins silencieux de pratiques qui ne devraient plus exister depuis un bon moment. Et donc un peu complices.

Revenons au sujet. Qu’est-ce qui est grave dans cette histoire d’assistants parlementaires de l’UDF comparée à ces milliards, et ces millions, ces impacts sur la planète à 100 000 ans, sur les gens ?
Ce qui est grave, c’est de nier. D’essayer de décrédibiliser la parole de celles et ceux qui parlent. Et d’essayer d’empêcher cette parole en faisant pression sur la presse.

J’ai quitté il y a 8 ans la politique partisane. Je ne supportais pas sa violence, ses faux semblants, ses trahisons, ses luttes de pouvoir, ces salles fermées, ces histoires de fichiers, de cartes d’adhérents, ces chuchotements, ces règles par claires, la souffrance de celles et ceux qui font en bas de l’échelle, leur humiliation trop fréquente, la violence de celles et ceux qui bénéficient toujours de ces mêmes règles, cette ambiance mortifère une fois les spotlights éteints. Est-ce que l’UDF ou le Modem étaient pires que les autres partis, je ne crois pas. Mais est-ce que c’était mieux, je ne sais pas.

La parole doit se libérer. Partout, tout le temps.
Sur les petites compromissions comme les grandes, sur le harcèlement, sexuel ou moral, sur les secrets des États, des collectivités et des entreprises. Sortir de cette ère de la dissimulation me semble nécessaire pour avancer, construire le monde qui vient sur des fondations solides.

Si chacune et chacun, où qu’il se trouve, dit ce qu’il voit, ce qu’il vit, sans peur, alors, peut être notre époque pourra se relever.

Les non-dits sont en nous. Les scandales à répétition ne sont que la résultante de nos renoncements à parler, et de notre laisser faire.
Alors un peu de courage.

Si quelques uns parlent seuls ils se feront massacrer. À plusieurs, dans tous les secteurs, la pression sur chacun.e diminue et nos vérités se confortent les unes les autres permettant d’espérer aboutir à la vérité.

En l’occurrence, c’est pas super marrant d’ouvrir sa bouche en ce qui concerne plusieurs ministres d’un gouvernement tout puissant. Rien à gagner. Tout à perdre. Mon confort était d’être partie en laissant un monde violent, en 2008 mon avenir politique était bien parti, mais je n’arrivais plus à m’accommoder des règles du jeu imposées. Je suis partie il y a 8 ans. J’ai changé de vie. Trouver le goût de la vie claire, simple. J’avais tourné la page. Je suis heureuse dans la vie. J’explore, j’expérimente, j’apprends. Et aujourd’hui, je sais que je dois parler.

Le déni d’aujourd’hui m’oblige à réouvrir cette page qui n’est pas un bon souvenir.

Je ne laisserai pas quelques un.e.s parler seul.e.s et se faire fracasser. Je ne sais pas dans quel état d’esprit ils et elles sont. Je ne sais pas ce qui les anime. Mais je sais que ce qu’ils et elles disent est vrai. Elles et ils se font traiter de traîtres. Traîtres à quoi ? A la vérité ? Pourquoi ne pas dire cette vérité ? Que l’UDF était exsangue. Que les financements des partis majoritaires ont tué les plus petits partis comme EELV, l’UDF ou d’autres. Dire ce qui est. Dire pardon.

Ma parole est libre. Elle est calme et sereine.

Aucune commune mesure avec les charges prises par Denis Robert, Assange, Snowden, Aaron Swaartz, Irène Frachon, la revue Prescrire, Reflets, Cash Investigation, Marie Maurice, Fabrice Arfi, Quentin Beaulier, Mediapart, les lanceurs et lanceuses d’alerte, mais si chacun fait un petit bout pour révéler les choses plus ou moins importantes dont il est témoin, alors le monde pourra avancer.
En cela, ces femmes et ces hommes, qui ont pris des risques vitaux parfois, étaient isolé.e.s, plié.e.s sous le poids des huissiers, qu’on a voulu faire taire par l’épuisement des procédures, nous appellent à faire notre part. Même infime. Même sur des sujets de moindre importance.

C’est simple. Ce n’est pas drôle. Il peut y avoir des conséquences. Mais je crois que c’est nécessaire.

Alors aujourd’hui, je fais ma part. Une petite part. Mais si je ne la fais pas, qui la fera ?

Demain, c’est à vous. Quel que soit le sujet. Libérons la parole.

 

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Ne pas aller voter, s’en désintéresser, c’est comme donner les clés de sa maison à un inconnu et lui donner tout pouvoir sur sa vie.

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ARRÊTEZ DE VOUS ABSTENIR …!

1°)-Brigitte Pascall : Aujourd’hui, je reposte un article du 2 mars 2017, reprenant ‘introduction de l’ouvrage de Jacques Généreux : « Les bonnes raisons de voter Mélenchon », édition « Les liens qui libèrent », 2017, que l’on pourrait intituler : « arrêtez de voter n’importe quoi !  » Mais je crois qu’après l’abstention record de dimanche dernier, il conviendrait d’intituler ce texte : « arrêtez de vous abstenir n’importe comment ! » L’élection de nos députés n’est pas un divertissement de bal populaire. Ni un concours de sous préfecture. Mais une chose bien trop grave, pour que la démotivation d’un jour nous oblige à supporter pendant 5 ans des dirigeants anti sociaux, pratiquant cyniquement le gel des intérêts populaires. Semant le dégout et la désespérance dans une société française paupérisée.

Comme écrit Dominique, « Il y a, dans ces élections, le premier tour des législatives de 2017, une étrange absence dont personne ne se soucie et qui devient une terrible présence accusatrice : LE PEUPLE …..! » En effet, les catégories populaires se sont largement abstenues au profit des classes moyennes urbanisées : c’est ce qui explique la vague macroniste en trompe l’œil à laquelle on a assisté dimanche soir. La France insoumise défend activement les intérêts des plus faibles, en promettant une vie décente à chacun, soit par un emploi correctement rémunéré, soit par un minima social qui ne sera pas inférieur à 1000 euros par mois.

Voilà pourquoi il faut construire un acteur collectif national de résistance contre l’ogre capitaliste : dans la rue avec le nouveau front social contre la casse du code du travail. Sur les réseaux sociaux, afin d’élaborer une contre hégémonie au macronisme, à parti notamment de notre programme « L’avenir en commun ». A l’Assemblée, grâce à un groupe parlementaire se battant avec pugnacité contre les ordonnances programmées. Encore un effort camarade, si nous voulons atteindre et gagner ces trois objectifs…!

2°)- Article : Aujourd’hui, je publie l’introduction de l’ouvrage de Jacques Généreux : « Les bonnes raisons de voter Mélenchon », édition « Les liens qui libèrent », 2017. Sur recommandation de Vincent Christophe Le Roux, que je remercie pour ce très bon conseil. En effet, les premières pages de l’ouvrage de J Généreux sont excellentes. On retrouve la verve de l’auteur de la Dissociété (2006). Qui nous demande d’ARRETER DE VOTER N’IMPORTE COMMENT…!

« Soyez sérieux cette fois : arrêtez de voter n’importe quoi ! Faites le choix qui vous plaira, mais pour de bonnes raisons. L’élection n’est pas un concours de beauté, et l’isoloir n’est pas un lieu d’aisance. Ce qui est en jeu est bien trop grave pour nous laisser aller à la paresse qui nous pousse souvent à voter comme d’habitude, au dégout qui nourrit l’abstention, ou encore au défoulement protestataire qui peut nous faire passer à côté d’une bifurcation progressiste et raisonnable.

C’est pourquoi je ne vais pas ici vous réciter un programme ni vous faire l’éloge d’un candidat, car il ne s’agit pas de valider un catalogue de mesures, décerner un prix d’excellence. En votant, vous allez décider du progrès ou de la régression. En votant, vous déterminerez la logique et les finalités essentielles qui guideront l’action publique, et c’est d’abord à l’essentiel que je veux vous inviter à réfléchir, quel que soit votre positionnement politique. Je crois que par delà la gauche, la droite et « le juste milieu », nous avons tous de bonnes raisons de déplorer la gouvernance de ce pays au cours des deux quinquennats précédents. Nous pouvons tous percevoir une crise protéiforme, économique, écologique, politique et morale, face à laquelle il est temps de reconsidérer notre avenir en commun.

Notre système économique et social est en pleine dégénérescence. Il épuise notre terre et les hommes, et nous a plongés dans une grande crise que les gouvernements Sarkozy-Fillon et Hollande se sont révélés incapables de combattre. En 10 ans, depuis 2007, rien n’aura été réellement entrepris pour nous mettre à l’abri de la prochaine crise financière qui s’annonce, pour engager une plus qu’urgente transition écologique, pour faire reculer les accidents au travail et le sous-emploi de masse. Durant ces mêmes dix années, la gauche et la droite au pouvoir se sont entendues pour soutenir le traitement absurde et criminel impose par l’Union européenne aux Etats les plus durement touchés par la crise. Elles ont bafoué le suffrage universel, en ratifiant sous un autre nom (le traite de Lisbonne) le projet de constitution européenne rejeté par le Peuple français en 2005, puis en signant le pacte budgétaire européen, que François Hollande, durant sa campagne, s’était pourtant engagé à renégocier.(…)

C’est de cela que vous décidez avec votre bulletin de vote ! Il ne s’agit pas d’arbitrer entre la jeunesse attrayante de celui-ci et la maturité rassurante de celui-là, entre un peu moins ou un peu plus de social, de baisse des charges, de hausse du smic…L’enjeu est d’une toute autre envergure, et c’est la première chose dont j’espère vous convaincre ici. Allons-nous poursuivre sur la voie d’une société de marché consumériste fondée sur le gaspillage, le saccage de nos écosystèmes, la rivalité, la performance individuelle, la concurrence des uns contre les autres, avec un filet de sécurité sociale minimal pour les perdants ? Une société où la maximisation de la rentabilité financière prime toutes les autres finalités économiques, sociales ou écologiques ? Ou bien voulons-nous le chemin d’un progrès partagé et repensé pour préserver une planète vivable pour nos enfants et nos petits enfants ? (Sic)

https://blogs.mediapart.fr/brigitte-pascall/blog/130617/arretez-de-vous-abstenir?utm_source=facebook&utm_medium=social&utm_campaign=Sharing&xtor=CS3-66

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On rigole, on rigole…

Manuel Valls a le soutien du PCF local !!!???

Valls déclare sur la page Facebook : « Je remercie les élu.e.s communistes d’Évry pour leur soutien à ma candidature sur la 1ère circonscription de l’Essonne. »

ici : https://www.facebook.com/manuelvall…

confirmé par son communiqué presse ici https://www.facebook.com/manuelvall…

Source : http://bellaciao.org/fr/spip.php?article154791

Ailleurs, mais pas glop (comme dirait Pif le chien)

En difficulté dans sa circonscription, Najat Vallaud-Belkacem peut compter sur le soutien du Parti communiste. Pierre Laurent, secrétaire national du parti, a appelé mardi à voter pour la candidate PS dans la sixième circonscription du Rhône, face au « candidat de la finance » de La République en marche, Bruno Bonnell.

« Mon conseil aux électrices et électeurs de gauche est clair : utiliser plutôt le bulletin de vote Najat Vallaud-Belkacem pour écarter [le] candidat de la finance » Bruno Bonnell, a écrit Pierre Laurent dans un message publié mardi sur le site de la candidate PS. 

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Suffrage et enfumage, Michel Onfray commente le 1er tour des législatives

Suite au premier tour des élections législatives, les médias parlent d’un raz-de-marée, pour la République En Marche, mais qu’en est-il vraiment ? Michel Onfray revient sur ces résultats.

Certes c’est du Onfray, l’homme qui a une idée sur tout et chaque chose, qui fait partie du clan de ceux qui ne votent pas (depuis longtemps ou toujours, comme Yann Moix ou Emmanuel Todd), il n’empêche qu’il soulève quelque vérités. A vous de trier.

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Rappel

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