humour… ou pas_les derniers glanes

Parait qu’il y a eu barouf dans le clan des Montretout. On peut vous dire que ça s’est calmé, les protagonistes ont rejoint chacun leur siège.

On a quand même appris que ça ne s’est pas passé sans mal…

Le dénuement est à suivre prochainement sur les écrans

Toute la vérité explosera enfin…

 

Le chat qui monte ou descend

Quand l’humour s’allie à une féroce mais saine critique des médias… ce n’est pas souvent dans le Figaro mais on peut compter sur le Gorafi.

Buzz : Nous avons demandé à un réfugié syrien si le chat montait ou descendait l’escalier

Turquie – Depuis quelques heures, la photo de ce chat montant ou descendant les marches d’un escalier agite l’Internet. Pour enfin savoir si le chat monte ou descend, nous avons demandé à Ali, jeune réfugié syrien, qui vit avec les membres survivants de sa famille dans un grand camp de réfugiés, à la frontière turque.

Quand on lui montre la photo, il a une première réaction, très humaine. « Il me rappelle Pepe, mon petit chat, mort dans un bombardement il y a un an ». Puis il pleure et nous rend la photo, affirmant qu’il n’a pas vraiment le cœur de répondre à nos questions. Nous la lui reposons, lui promettant en échange quelques bonbons en chocolat et 5 dollars. Il accepte alors de regarder à nouveau la photo et indique l’escalier, peut-être va-t-il nous indiquer un élément essentiel à la résolution de l’énigme ? Nous retenons notre souffle. « Cet escalier me rappelle celui de chez ma grand-mère, il y avait un très joli escalier en marbre. Mais les miliciens l’ont détruit. Ils sont arrivés une nuit et ont tout brûlé. Ma grand-mère et ma petite sœur n’ont pas pu sortir à temps ».

Nous l’interrompons brièvement, par une petite tape amicale sur la tête, soulignant que ceci n’a rien à voir avec le sujet de l’article, et que cette anecdote, bien que touchante au demeurant, n’explique en rien si le chat descend ou monte les escaliers. Il pleure à nouveau, nous lui demandons avec plus d’insistance de répondre précisément. Nous lui promettons, à lui et au reste de sa famille, une bouteille d’eau minérale neuve.

Il se remet au travail, et regarde la photo. « Pepe jouait souvent avec mes frères, surtout Mohammed. Il est mort de dysenterie le mois dernier » lâche-t-il avant de se reprendre après qu’on a vidé la bouteille d’eau promise. « Le chat descend, le chat descend !!! » affirme-t-il, tendant les bras vers la bouteille d’eau aux deux tiers vide. Une analyse qui vient donc conforter certains qui affirment que le chat descend bien les escaliers et qui devrait enfin clarifier cette passionnante énigme !

Et dès que Ali se sera remis de son infection liée à un éclat d’obus, il devrait aussi donner son avis sur la couleur blanche ou bleue de la fameuse robe rouge.

La rédaction

http://www.legorafi.fr/2015/04/10/buzz-nous-avons-demande-a-un-refugie-syrien-si-le-chat-montait-ou-descendait-lescalier/

Si vous n’avez pas lu Madame Bovary… résumé

Une vidéo qui buzze bien, du moins à regarder le compteur qui affiche près de 1 800 000 vues en une quinzaine de jours. A l’heure d’un retour annoncé vers les fondamentaux et autres classiques tels que La princesse de Clèves ou La recherche du temps perdu, on appréciera ce petit coup de jeune que l’acteur Jean Rochefort s’autorise avec la Madame Bovary de Flaubert.

 

« Poussée » du FN : 32 ans déjà !

La chronique de Daniel Schneidermann du 30 mars. « Je constate un effet, et je tente un bilan d’étape. » dit-il.

 Bilan ? Une bonne grosse alternance départementale gauche-droite, en attendant la future alternance droite-gauche, toutes deux typiques des « élections intermédiaires », dans toutes les démocraties du monde. Et le FN, le fameux FN ? Aucun conseil départemental conquis, donc, mais une « poussée », une « consolidation », une « implantation » : le FN a remporté entre 43 et 47 cantons. Après que toute la campagne électorale a tourné autour du FN, le résultat -abstention massive, et « poussée » du FN- est grosso modo identique à celui de la plupart des élections, depuis…depuis combien de temps, au fait ?

Quand ai-je commencé à entendre parler de « poussée » du FN ? En 1983, lors de la Municipale partielle de Dreux. Je m’en souviens : l’événement coïncide avec mon embauche en CDI au Monde. Coup de tonnerre : la mairie est emportée par une liste d’union entre la droite et le FN. Yves Montand, Simone Signoret et Simone de Beauvoir s’indignent. Jacques Chirac, lui, n’est pas spécialement choqué. Depuis, rien n’a changé. 32 ans qu’ils poussent, la fille après le père, en attendant demain la nièce et petite fille. Ils ont conquis des villes, les ont perdues, en ont conquis d’autres. Ils ont dérapé, de point de détail en Durafour crématoire, ont été condamnés, ont redérapé.

La presse écrite a multiplié les scoops sur le passé de tortionnaire du père, les conditions d’acquisition du château de Saint Cloud, les finances du parti, tandis que la télé multiplie depuis 32 ans les invitations, génératrices de bonnes audiences. Mille reportages ont tenté de distinguer au scalpel les électeurs (sauvables) des dirigeants. La « poussée » du FN structure depuis une bonne grosse génération la vie politique et le journalisme politique français. Un électeur de moins de cinquante ans aura passé toute sa vie de citoyen à redouter (ou espérer, pour quelques uns) le grand soir du FN. Et 32 ans plus tard, le FN reste désespérément pauvre en cadres locaux, au point de devoir recruter des candidats nonagénaires à l’insu de leur plein gré, et des débiles qui se lâchent sur Facebook, pour prétendre ensuite que leur compte a été piraté.

Mais il faut bien constater que le FN est utile. 32 ans, que cette « poussée » sert à la gauche classique à disqualifier à la fois la droite classique et, aujourd’hui, la gauche radicale, renvoyée dans l’enfer des « extrêmes ». 32 ans, que cette « poussée » sert aux deux grands partis à entonner le couplet du « vote utile », pour écraser les petits. 32 ans, que cette « poussée » étouffe / hystérise les débats sur la sécurité, la laïcité, ou l’identité nationale. Et s’il n’y avait que ceux-là !  Une bonne dizaine d’années déjà, depuis le référendum de 2005, que cette « poussée » sert aussi à interdire, sur le mode Quatremer, tout débat sur l’UE, ou même sur le libre-échange et la mondialisation (on ne va quand même pas « faire le jeu du FN »).

Je ne dis pas que c’est fait pour, c’est évidemment plus compliqué -même s’il a été établi que Mitterrand, dans les années 80, a fait pression sur la télé pour qu’on y invite Le Pen père plus souvent. Je ne dis pas non plus que le danger n’est pas réel. Ce n’est pas parce qu’on crie au loup depuis 32 ans, que le loup ne finira pas un jour par arriver. Je constate un effet, et je tente un bilan d’étape.

 

 Bonus sémaphorien : une des vidéos contenues dans l’article de Slate (lien dans l’article précédent), mais on conseille plutôt de lire l’article entier à ceux qui n’ont pas connu cette époque.

En mars 1983, pour la première fois, une liste commune RPR-FN est donc constituée.

 Plus une belle photo glanée sur Internet.
Il nous a semblé qu’elle parlait toute seule de ce qu’est la famille Le Pen…

« Kaput le FN ! »

Résultats du premier tour des départementales 2015, les chiffres officiels de la France des binômes. (source : http://elections.interieur.gouv.fr/departementales-2015/FE.html )

Pour les non abonnés à Médiapart, voici une des analyses de la progression du vote FN.

Entretien avec Nonna Mayer, 26 mn   – Nonna Mayer, directrice de recherche émérite au CNRS, rattachée au Centre d’études européennes de Sciences Po, présidente de l’Association française de science politique, spécialiste du Front national.


Nonna Mayer sur l’électorat FN par Mediapart

Mais le FN monte-t-il vraiment ? Ou sait-il simplement mieux mobiliser son électorat ? La réalité est tout autre dès lors qu’on rapporte les pourcentages obtenus au nombre d’inscrits. La progression est loin d’être fulgurante. Petit récapitulatif :

Ainsi le premier parti reste celui de l’abstention, ce qui n’élimine pas tout danger pour des présidentielles à venir si la gauche (la vraie, c’est-à-dire hors PS) ne parvient pas à mieux mobiliser ses troupes. N’empêche que Didier porte, à qui nous empruntons le titre de l’article, a raison de pointer combien il en faut peu pour que le FN demeure à jamais le Poulidor des élections. Il suffit que la droite dite classique vienne chasser sur ses plates-bandes pour lui siphonner des voix. De quoi mieux comprendre le sourire forcé de Marine Le Pen avant de faire sa déclaration face à la gamelle.


Didier Porte : « Kaput le FN ! » par Mediapart

Sois jeune et tais-toi !

mise à jour le 04 mars

Répétons-leur en attendant.

Qu’ensemble on les emmerde

Entre quatorze et quarante ans

(Maxime Leforestier)

Le nouvel hymne des Enfoirés 2015, largement diffusé sur le Web, a déchaîné moqueries et quolibets des internautes. Et pour cause : le morceau, signé Jean-Jacques Goldman – visiblement devenu un peu réac’ – met en scène un dialogue chanté entre une bande de jeunes anonymes en mal d’avenir, et des stars du show-biz qui leur font la leçon sur le mode « vieux cons soixante-huitard ».
« Vous avez tout, l’amour et la lumière », chante le groupe des jeunes, s’adressant aux chanteurs professionnels. Réponse du groupe des « vieux » : « On s’est battu, on n’a rien volé ». Les jeunes : « Vous aviez tout, paix, liberté, plein emploi. Nous c’est chômage, violence et sida ». Réponse des « vieux » : « Tout ce qu’on a, il a fallu le gagner. À vous de jouer, mais faudrait vous bouger. » À croire que le chômage, le sida et la violence, on l’a bien mérité ! Plus loin, reprise du couplet. Les jeunes : « Vous avez raté, dépensé pollué. » Réponse des « vieux » : « Je rêve ou tu es en train de fumer ? » (sic !).

Les Enfoirés convertis à la doctrine anti-assistés de l’ultralibéralisme décomplexé… C’est Coluche qui doit se retourner dans sa tombe.

Lire sur Politis : http://www.politis.fr/Les-enfoires-anti-jeunes-et-anti,30259.html

Le sujet vu par Didier Porte


Didier Porte : « Salopards d’Enfoirés » par Mediapart

Enfoirés : Jean-Jacques Goldman répond à la polémique et se plante. Il n’a rien compris. A lire sur le nouvel Obs : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1332134-enfoires-jean-jacques-goldman-repond-a-la-polemique-et-se-plante-il-n-a-rien-compris.html

Coluche avait lancé un mouvement d’urgence et de révolte, les enfoirés vont communier dans son église et versent à la corbeille un peu de leur notoriété. Cela ne remet pas en cause l’utilité objective de l’association, animée par des gens formidables, mais change progressivement le sens politique de l’engagement des artistes.

A lire sur Mediapart : http://blogs.mediapart.fr/blog/olivier-beuvelet/030315/enfoires-un-acte-manque-parfaitement-reussi

Si même Attali s’en mêle…

L’écrivain Jacques Attali a violemment réagi sur Twitter, déclarant que «leur dernier clip est un monument de vulgarité et de haine des jeunes.»

Aussitôt relayé par des nombreux twittos, ce message a suscité l’indignation qui lui ont instamment demandé des comptes, et voulant savoir ce que lui faisait pour les personnes vivant dans la précarité. Jacques Attali ne s’est pas laissé démonter: «Le meilleur don est anonyme. Si des chanteurs veulent donner aux Restos du cœur, ils feraient mieux de donner 10% des recettes de leurs concerts», a-t-il répondu.

Oui, c’est bien ce qu’on appelle une fracture générationnelle.

Le vrai réalisme

Une vidéo pour le plaisir et pour rappel, parce que ça fait toujours du bien d’entendre ceux qui ne pratiquent pas la langue de bois. C’était à la Maison des Métallos, pour un des premiers 7-9 Neuf de Daniel Mermet sur Internet après son licenciement de la radio.

Ici on goûtera une petite analyse sur les gouvernances Gauche/Droite, Droite/Gauche et sur ce Pouvoir qui nous dégoûte. On notera aussi l’interrogation pertinente sur ce qu’avait été le rassemblement en mémoire de Rémi Fraisse.

Frédéric Lordon est un économiste et philosophe français né le 15 janvier 1962. Il est directeur de recherche au CNRS et chercheur au Centre de sociologie européenne (CSE).

 

Apologie et brouhaha

Rythm&News n°4. Apologie et brouhaha

Au milieu du brouhaha national, la Parisienne Libérée questionne son piano : quelle est cette idéologie guerrière qui n’en finit pas de prendre de l’importance ?

extraits

Je vous signale qu’au lendemain des assassinats de Charlie HebdoJean-François Chazerans, professeur de philosophie, a été suspendu pour des propos pédagogiques jugés « inadéquats » par sa hiérarchie. Je vous signale que dans la foulée de cette sanction disciplinaire, une plainte a été déposée contre lui pour «apologie du terrorisme». Je vous signale que tout cela se déroule dans la belle académie de Poitiers, en pointe dans les nouvelles méthodologies de repérage des élèves radicalisés par détection de leur habillement musulman. Je vous signale que Jean-François Chazerans, très soutenu localement, a un parcours philosophique et social et militant tout à fait digne d’intérêt, certes plus engagé et anticonformiste que celui de son zélé recteur Jacques Moret. Je vous signale que l’avocat de l’enseignant a pu consulter le dossier avant la commission disciplinaire qui se déroulera le 13 mars et n’y a pas trouvé d’élément concluant. Je vous signale, sur un plan plus théorique, que la construction d’un propos philosophique nécessite de pouvoir énoncer sans crainte des positions diverses et de formuler des hypothèses, éventuellement inadéquates, pour les confronter, y adhérer un temps et les contredire au besoin ensuite, ou l’inverse. Bref, philosopher implique de pouvoir s’exprimer librement afin d’élaborer une pensée complexe. Je vous signale que la traque obsessionnelle de l’apologie (du terrorisme ou de toute autre chose, d’ailleurs) implique logiquement l’interdiction pure et simple de philosopher. C’est une mesure envisageable, mais qu’il faudrait assumer plus clairement.

Je vous signale que la ministre de l’éducation nationale soutient qu’un petit garçon n’a pas été entendu au « poliçariat » pour apologie du terrorisme, tandis que son avocat dit avoir signé le PV de sa propre main. Je vous signale que celui des deux qui ment devra mettre fin à sa carrière rapidement. Je vous signale qu’un autre petit garçon a été dénoncé à tort par une responsable de cantine et je vous encourage à écouter le témoignage de son père. Je vous signale que la cantine en question est gérée par une municipalité Front national. Je vous signale aussi qu’une petite fille a été convoquée à la gendarmerie pour une phrase écrite dans une rédaction suite au signalement fait par une employée municipale. Je vous signale que cette municipalité est gérée par le Parti socialiste. Je vous signale qu’on a passé des menottes à un petit poisson de 14 ans pour une phrase qu’il avait prononcée en classe lors d’un débat. Je vous signale que dans le cadre de ce débat, l’enseignante aurait déclaré « Si tu penses ça, tu sors de la classe ». Je vous signale que tout cela corrobore ce que je disais plus haut : la traque de l’expression apologétique est contraire à la notion même de débat.

Comme je l’ai déjà signalé, on poursuit aussi des personnes dont les troubles psychiques sont avérés. C’est particulièrement dégueulasse.

Je vous signale que pendant ce temps, la France vend des avions militaires au régime répressif en Égypte et que des musclés se baladent sur la Zad de Sivens et aux alentours, armés de barres de fer et de manches de pioche, sans être inquiétés par la gendarmerie, dont ils prétendent être un club de soutien.

Je vous signale que selon un sondage du ministère de l’intérieur (réalisé par téléphone auprès d’un échantillon représentatif de terroristes ?) 90 % des personnes qui basculent dans des activités terroristes le font après avoir fréquenté internet. Je vous signale que si vous lisez ces lignes, vous êtes déjà sur la mauvaise pente.

Je vous signale que le blocage administratif du web, c’est-à-dire la censure de contenus sans recours au juge, vient d’entrer en vigueur en France. Je vous signale que vous pouvez écouter l’audition de Jérémie Zimmermann au Sénat ici et . Je vous signale que ce qu’il dit est exact, car je l’ai moi-même testé : le navigateur Tor s’installe effectivement en un clic, ce qui signifie concrètement que le contournement de la censure est à la portée de tout le monde (sauf peut-être de Bernard Cazeneuve, qui devra d’abord consulter ce tutoriel).

Je vous signale qu’Amnesty International trouve la définition de l’infraction d’apologie du terrorisme « vague ».  Je vous signale que ce sont des modifications très récentes de la loi qui permettent de multiplier ainsi les poursuites pour « apologie du terrorisme » et de recourir à des comparutions immédiates. Je vous signale que le Syndicat de la magistrature évoque à ce propos une « désastreuse justice, produite par la loi du 13 novembre 2014 ». Je vous signale que la notion même de terrorisme n’est pas particulièrement claire et que son usage concernant l’attaque de Charlie Hebdo est parfois jugé discutable. Je vous signale que cette nouvelle lubie politique et juridique qui consiste à poursuivre les « apologues » dissimule mal une incapacité manifeste à assurer la sécurité des personnes menacées, ainsi qu’une grave et déjà ancienne dérive de la France dans l’intolérance. Je vous signale que tout cela rentre en résonance de façon paradoxale avec les grands-messes nationales sur la liberté d’expression.

Je vous signale que la très néolibérale loi d’Emmanuel Macron, ce faux prodige jamais élu, est en passe d’être adoptée sans vote au parlement. Vous me direz peut-être que cela n’a rien à voir : détrompez-vous, je vous signale que c’est lié.

Soucieuse de participer à l’effort national, je terminerai cette introduction sur une note constructive et, je l’espère, conforme à l’esprit de mon époque, en signalant à l’attention de mes lecteurs une lettre modèle qui peut être recopiée et adaptée aux circonstances, puis envoyée directement au premier ministre. Si ce modèle policier et quelque peu daté ne vous convient pas, vous pouvez utiliser celui-ci ou celui-là qui sont très bien aussi.

Le Désordre des Familles. Lettres de cachet des Archives de la Bastille. A. Farge et M. Foucault (p. 265)

 

Chronique entière ici : http://www.mediapart.fr/journal/france/180215/rythmnews-n-4-apologie-et-brouhaha

 

Au fil de Charlie_n°1

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Mise à jour jeudi 15 janvier


Mediaporte : « Tous des charlots ! » par Mediapart

mise à jour mercredi 14 janvier

Sémaphores espérait bien afficher la Une du jour de Charlie mais un sombre individu du nom de Nicolas Sarkozy s’introduit partout et pourrit même nos pages. Nous espérons que vous ne nous en tiendrez pas rigueur, le temps de régler le problème.

D’autres sites subissent les mêmes infiltrations, le Sarkofou frappe partout, suivez le lien pour vous faire une idée : http://www.bfmtv.com/diaporama/jesuisnico-les-internautes-collent-nicolas-sarkozy-partout-1778/sur-la-chapelle-sixtine-20/

Pour ceux qui veulent en voir beaucoup plus c’est ici : http://je-suis-nico.tumblr.com/

Et pour ceux qui ont raté le début de la sarkoinfiltration c’est là :

http://blogs.mediapart.fr/blog/avp/130115/un-detour-propos-de-la-liberte-de-la-presse-et-une-video-positive-franco-allemande

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Parce qu’on entend répéter à l’envi sur les ondes qu’il y aura eu un avant et un après Charlie, comme il y avait eu un avant et un après 11 septembre 2011, Sémaphores ouvre ce fil intitulé « Au fil de Charlie », alimenté de nos glanes et ceux signalés par nos lecteurs-trices habituels. Car l’après attentat est forcément commencé. Le sursaut républicain dont le peuple français a témoigné à la face du monde entier ne signifierait plus grand chose si chacun rentrait maintenant chez soi pour reprendre sa petite routine, ses petites habitudes, son petit entre-soi. La question est :

On fait quoi, maintenant ?

Et si on commençait par ces petits détails qui nous empoisonnent la vie ? Le droit au blasphème, par exemple. Pourquoi ne tiendrait-on pas compte que les athées et les agnostiques représentent plus que les bigots de tous poils. Cela éviterait peut-être que certaines bouches empuanties rabâchent à longueur de micros de prétendues « racines chrétiennes de la France ». Oui, la France est multiconfessionnelle. Et c’est bien l’une de ses multiples richesses. Mais la foi est un outil personnel dont chacun peut user pour sa propre édification. La religion est tout autre chose et nous n’en connaissons aucune qui se serait fait sa place au soleil sans passer par les armes ou devoir les subir. Sur ce sujet, l’Histoire est une corne d’abondance et les exemples sont légions.

C’est pourquoi, si nous voulons avancer, un premier pas consiste peut-être à nous saisir de cette question du blasphème qui entrave la liberté d’expression. Ce droit doit s’inscrire dans la Constitution, rejoindre une fois pour toutes les valeurs de la République et la déclaration universelle des droits de l’homme de 1789. Dans l’immédiat, chapeau à Sophia Aram pour sa chronique du 12 janvier :

 Le blasphème c’est sacré


Le Billet de Sophia Aram : Le blasphème c’est… par franceinter

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Une photo qualifiée d’historique, mais qui doit nous faire réfléchir.

D’un côté les chefs barricadés, de l’autre le peuple républicain sans peur. Les uns sont le problème, les autres la solution.

Dans l’esprit de Charlie…

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L’après Charlie, c’est aussi dans les élections à venir qu’il va falloir le mesurer, les charlots !

Vous toutes et tous qui avez osé vous dresser avec votre ridicule slogan « Je suis Charlie », sachez que vous n’êtes que des « charlots ». Ce n’est bien sur pas Sémaphores qui vous le dit, mais le FN par la voix de son créateur et président d’honneur (?), et nous espérons que les millions de charlots qui n’étaient pas à Beaucaire le 11 janvier sauront s’en souvenir le moment venu.

Pour ceux qui auraient manqué cette étape :

Le président d’honneur du FN a qualifié dimanche de « charlots » les soutiens de « Charlie Hebdo« . Après avoir dit « Je ne suis pas Charlie ». Après avoir appelé à voter pour sa fille pendant les prises d’otages.

Mais où va-t-il s’arrêter ? Après avoir appelé à voter pour sa fille en pleine prises d’otages vendredi. Après avoir avoir lancé fièrement « Je ne suis pas Charlie » samedi. Le président d’honneur du FN Jean-Marie Le Pen a de nouveau créé la polémique dimanche 11 janvier en annonçant, sans vergogne, sa candidature aux élections régionales en Paca en pleine journée d’hommage aux victimes des attentats qui ont frappé la France cette semaine.

Non content de rompre l’unité nationale autour de cet hommage, il a qualifié de « charlots » les personnes qui manifestaient ce dimanche et en particulier les responsables politiques français.

Tous ces gens marchent avec la pancarte ‘Je suis Charlie’ alors qu’en fait ce sont des ‘charlots’ qui sont responsables de la décadence de la France », a-t-il lâché lors d’une conférence de presse à Tarascon dans les Bouches-du-Rhône.

« Depuis longtemps, non seulement l’assimilation et même l’intégration ont été abandonnées par différents gouvernements qui se sont succédé », a par ailleurs lancé l’ancien président du FN.

« Je suis… candidat »

Un peu plus tôt, il avait annoncé à Tarascon qu’il conduirait la liste du Front national aux élections régionales en Paca en décembre, en ce jour d’hommage national.

« J’ai pour ma part accepté selon le voeu unanime de nos élus d’être candidat en tête de liste et d’accepter de prendre cette responsabilité » pour le scrutin prévu fin 2015, a assuré Jean-Marie Le Pen.

Nous sommes ici dans une des régions que les sondages accordent du bout des lèvres au FN avec celles du Nord-Pas- de-Calais et Picardie. »

Évoquant le Nord-Pas-de-Calais et la (…) Lire la suite sur Le Nouvel Observateur

à suivre

 

Qu’ont-ils fait pour éradiquer la Bête ?

8 janvier 2015

Charlie Hebdo. Je ne veux pas partager mon deuil et ma douleur avec eux (Suivi de : Dimanche : la manifestation « historique », « consensuelle » et les tireurs de ficelle)

par Jean ORTIZ

> Les monstres qui ont commis ce crime inqualifiable au siège de Charlie Hebdo, l’hebdo insoumis, provocateur, antiraciste, humaniste (mais qui fut injuste envers ce site où j’écris), sont des hommes formatés par des courants religieux fascisants, par des Etats théocratiques « fondamentalistes », « amis de la France », pour faire taire l’esprit critique, l’humour, l’anticonformisme, la pensée libre, la laïcité, la création sans rivages… Ils n’ont aucune excuse.

> J’ai du mal à concevoir que des hommes aient pu à ce point s’aliéner, s’avilir, se fanatiser, se laisser manipuler, s’animaliser, pour produire une telle barbarie.

> Je suis en deuil. Le crime de ces assassins vise notre République, celle des Lumières, du contrat social, des droits de l’homme, de l’égalité entre eux, de la liberté pleine et entière… Cette « gueuse » que sociaux et néolibéraux n’ont de cesse, depuis plus de trente ans, de dépecer, de démonter, d’affaiblir par l’explosion des inégalités, le communautarisme, l’instrumentalisation du racisme, la concurrence à tout crin, par le rabougrissement de l’État, la multiplication des brisures sociales, la ruée contre les services publics et les biens communs, la casse de l’ascenseur social scolaire, jadis intégrateur, la pratique de l’amalgame délétère « Islam = terrorisme » , le « no future » pour des millions de jeunes Français, quelle que soit leur origine.

> Et on voudrait aujourd’hui que je défende, au nom de la douleur, ma République sociale et démocratique bras-dessus bras-dessous avec ses fossoyeurs, avec ceux qui, à force de déifier le marché, de le débrider toujours plus, de tout marchandiser, de dépolitiser, ont laissé le champ libre aux intégrismes de toutes sortes ?

> Oui, je crois à la nécessaire, à l’urgente unité populaire et républicaine, mais avec tous les Républicains sincères, tous ceux qui partagent ces valeur de base, la tolérance, l’ouverture à l’autre, la justice sociale, le débat sans corsets, la liberté sans demi-mesure, et notamment celle des médias ; oui, je crois à l’unité avec tous ceux qui défendent le pluralisme de l’information… pas avec les hypocrites qui pleurent aujourd’hui sur la République menacée et qui n’ont cessé d’attiser les haines raciales, les vieilles peurs, de stigmatiser l’autre, de détruire toute espérance progressiste…

> Qu’ont-ils fait pour éradiquer la Bête ?

> Que viennent-ils pleurnicher aujourd’hui sur la liberté de la presse alors que Charlie Hebdo était sur le point de déposer le bilan, que le pouvoir rend chaque jour la vie plus difficile, par des dispositions mortifères à « l’Humanité », au « Monde Diplomatique » ? De quelle liberté d’information parle-t-on ? De celle sous la coupe des marchands d’armes, des bétonneurs, des chiens de garde de l’oligarchie, du latifundium médiatique désinformateur, de la pensée unique et cynique. Lire la suite

Affaire Piketty : histoire d’une amnésie collective

Pour ceux qui l’auraient raté sur Mediapart, le dernier billet de Hubert Huertas, qui remet quelques pendules à l’heure et des médailles à leur place.

« Des artistes, des savants, des acteurs publics qui refusent la légion d’honneur, il y en a des dizaines, pour des motifs les plus divers. L’indépendance, comme Edmond Maire l’ancien patron de la CFDT ; la protestation, comme la chercheuse Annie Thébaud-Mony en 2012 ; la colère, comme Hector Berlioz à qui l’État devait de l’argent ; le haussement d’épaules comme le dessinateur Jacques Tardi en 2013 ; Georges Brassens en son temps, se moquant du « fatal insigne qui ne pardonne pas », ou Léo Ferré dénonçant « ce ruban malheureux et rouge comme la honte ». Claude Monet, Georges Bernanos, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Albert Camus, Georges Sand, Pierre Curie, à chaque refus son anecdote et son bon mot.

La différence avec Piketty, c’est que l’État n’a pas écrit de roman avec Georges Sand, n’a pas cherché avec Pierre Curie, n’a pas chanté avec Brassens ou Ferré, ni dessiné avec Tardi, alors que le candidat François Hollande n’avait à la bouche que « la grande réforme fiscale » inspirée par un économiste en vue, dont le nom circulait sur toutes les lèvres.

Thomas Piketty, dans la campagne victorieuse de François Hollande, de l’automne 2011 au printemps 2012, ce n’était pas un conseiller parmi tant d’autres, c’était l’inspirateur, et la caution. La preuve que les quelques hardiesses économiques du candidat n’étaient pas improvisées. Si l’équipe entourant le futur président, et si le candidat lui-même promettaient d’agir sur la relance en pleine période de crise, c’est qu’une répartition plus juste de l’argent public recueilli par l’impôt allait créer un choc de confiance. À chaque question sur le déficit, ou sur la faisabilité de telle ou telle mesure, François Hollande répondait par « la grande réforme fiscale », et cette grande réforme fiscale, avec, entre autre, la fusion de la CSG et de l’Impôt sur le revenu, était issue des travaux de Thomas Piketty…

“Piketty”, c’était le Sésame, un mélange de magie et de science… La réponse globale et la réponse à tout.

Après les élections, la réponse globale s’est transformée en une succession d’ajustements qui ne répondaient qu’aux exigences de la droite et des organisations patronales, et le Sésame fut renvoyé à ses chères études, ses conférences, ses critiques, puis son best-seller mondial, tandis que le nouveau Président se consacrait aux 20 milliards d’allègements de charge du CICE, puis aux 40 milliards du pacte de responsabilité.

La grande réforme fiscale fut vaguement évoquée par Jean-Marc Ayrault en décembre 2013 avant d’être définitivement enterrée par la nomination de Manuel Valls au printemps 2014.

Si bien que l’attribution de cette Légion d’honneur apparaît, au seuil de 2015, comme une brassée de fleurs et de couronnes jetées sur la tombe d’une promesse, plutôt que l’aboutissement d’une carrière au service de la Nation… Geneviève Fioraso, la secrétaire d’État chargée de l’enseignement supérieur, à l’origine de cette proposition, aurait pu deviner que cette “récompense” ne chatouillerait pas la vanité du bouillant Piketty, mais l’agacerait plutôt.

Elle n’a pas réalisé. Elle n’a pas mesuré la dimension symbolique de cette décision a priori anecdotique, et elle n’est pas la seule. Quand l’affaire a éclaté, c’est tout le gouvernement qui a semblé frappé d’amnésie. Piketty n’était plus l’homme qui avait travaillé avec les ministres d’aujourd’hui, autour du candidat devenu Président, il était un intello, une espèce d’allumé, une star de l’édition dont on moquait les caprices…

Pour l’excellent Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement, il y a d’un côté quelqu’un « qui a des idées intéressantes mais qui est un chercheur dans son bureau, qui fait des calculs », et de l’autre « la politique, qui est confrontée à la réalité ». Ah bon… Donc, François Hollande ne faisait pas de politique pendant sa campagne présidentielle !

Pour le secrétaire d’État Thierry Mandon, la réforme fiscale de Thomas Piketty est simplement inapplicable. Ah bon… Une réforme peut donc être inapplicable et promise à la fois !

Pour Axelle Lemaire, secrétaire d’État chargée du numérique, Thomas Piketty « confond peut-être le fait qu’une légion d’honneur est une récompense pour un mérite reconnu par la Nation, et pas une adhésion à une politique économique »… Ah bon. Donc, François Hollande n’adhérait pas au discours de sa campagne.

De bout en bout, de l’attribution de la médaille aux éléments de langage distillés dans les médias, le gouvernement et le Président se retrouvent confrontés à eux-mêmes, dans une sorte d’amnésie collective, et c’est ce face-à-face avec soi-même qui donne son côté accablant à cette affaire au départ insignifiante.

Pire encore. En opposant le mauvais coucheur Piketty au bon récipiendaire Jean Tirole, prix Nobel d’Économie, qui a accepté la médaille, les ministres confirment leur virage politique, c’est-à-dire la “trahison” que leur reproche le Front de gauche, la plupart des écologistes, et les frondeurs du PS. Car Tirole, pour Nobelisé qu’il soit, n’est pas un homme de gauche. Il a dû frémir au discours du Bourget (« mon ennemi, c’est la finance ») inspiré par Piketty. Jean Tirolle, le nouveau compagnon de route, est d’abord un libéral, et c’est lui le bon élève.

Pour compléter le tableau, notons encore ce “détail” de l’histoire… L’année éditoriale de la France a été marquée par deux livres. La vengeance de Valerie Trierweiller, et les errances d’Éric Zemmour. Tout le monde en parle parce qu’ils se sont beaucoup vendus. Le succès de Zemmour serait même un symptôme de l’extrême droitisation de la société française. Or Piketty, dans un pavé de 900 pages, publié en 2013, un ouvrage exigeant qui démonte les excès d’un libéralisme tout puissant en Europe, a vendu trois fois plus, et que trouve à déclarer le gouvernement PS, vexé : que cet économiste ferait mieux de retourner à ses chères études.

Si ce n’est pas un divorce, c’est carrément une fracture.

 

En bonus sémaphorien, cette vidéo qu’il est de bon ton de ressusciter pour mieux comprendre le billet précédent. Nous sommes en 2011, avant l’élection de François Hollande et le discours du Bourget. On pouvait encore y croire, même si on devine en filigrane au fil de cet entretien Piketty-Hollande combien était déjà contenue la trahison qui allait venir. La révolution fiscale n’aura pas lieu sous ce gouvernement, maintenant on en est sûr.

Hollande – Piketty et la révolution fiscale


Hollande – Piketty et la révolution fiscale 1-2 par Mediapart

 

JE HAIS LES INDIFFÉRENTS

par Antonio Gramsci. 11 février 1917

Je hais les indifférents. Je crois comme Friedrich Hebbel que « vivre signifie être partisans ». Il ne peut exister seulement des hommes, des étrangers à la cité. Celui qui vit vraiment ne peut qu’être citoyen, et prendre parti. L’indifférence c’est l’aboulie, le parasitisme, la lâcheté, ce n’est pas la vie. C’est pourquoi je hais les indifférents.

L’indifférence est le poids mort de l’histoire.  C’est le boulet de plomb pour le novateur, c’est la matière inerte où se noient souvent les enthousiasmes les plus resplendissants, c’est l’étang qui entoure la vieille ville et la défend mieux que les murs les plus solides, mieux que les poitrines de ses guerriers, parce qu’elle engloutit dans ses remous limoneux les assaillants, les décime et les décourage et quelquefois les fait renoncer à l’entreprise héroïque. Lire la suite

Cette peur qui rassemble

Le terrorisme et cette peur qui rassemble autour des chefs

Le billet du 24 décembre 2014 de Hubert Huertas

Ce n’est pas alarmant mais c’est très alarmant, tel est le diagnostic au sujet des trois drames de Joué-lès-Tours, Dijon et Nantes, si l’on s’en tient aux messages du gouvernement. Une étrange communication : elle dément toute dimension terroriste tout en mettant en marche la machine à faire peur.

Trois faits divers et la machine s’est mise en route. Une machine à faire peur, et qui fonctionne aux raccourcis, comme si tout était relié, de l’islam de France à l’islamisme de « Daech » (organisation de l’État islamique), de la Syrie au commissariat de Joué-lès-Tours, de Joué à Dijon, de Dijon à Glasgow, où un camion-poubelle s’est encastré dans un magasin parce que son chauffeur a eu une crise cardiaque, et de Glasgow en Bretagne. La menace globale. La « guerre », a même diagnostiqué le délicieux Jean d’Ormesson.

Quant à Manuel Valls, il a carrément devancé la série noire en lançant une alerte rouge, quelques heures avant qu’un automobiliste ne fonce sur des passants à Nantes. « Jamais nous n’avons connu un aussi grand danger en matière de terrorisme », s’est-il écrié lundi après-midi, au cours d’un déplacement à Montpellier.

Bigre ! Jamais ? Mohammed Merah, c’était donc moins radical ? Le 11 Septembre était une petite bière ? La rue Copernic en 1980, et ses quatre morts, une anecdote ? La rue des Rosiers et ses 6 morts et 22 blessés en 1982, une simple contrariété ? Le train le Capitole, ses 5 morts de mars 1982, une tracasserie ? La station de métro Saint-Michel en 1995, ses 8 morts et 117 blessés un mauvais souvenir ? Les bombes des Champs-Élysées, du Pub Renault, de la rue de Rennes, et la liste n’est pas close, cette permanence du terrorisme pour des motifs les plus divers, ne serait donc qu’une musique douce par rapport à ce que nous vivons aujourd’hui, sous l’œil des télés tout info ?

New York, le 11 septembre 2001. © Reuters

Ce type qui attaque un commissariat avec un couteau serait dangereux comme un Boeing fonçant sur le World Trade Center ? Cet homme répertorié comme dérangé mental à Dijon serait affilié à un complot mondial parce qu’il aurait crié Allah Akbar en jetant sa voiture sur des passants ? Et cet autre marginal, marqué par le malheur et l’alcoolisme, et qui ne s’appelle pas Mohammed mais Sébastien, renforcerait la certitude d’un péril absolu parce qu’il a foncé sur une foule avant de s’auto-poignarder de plusieurs coups de couteaux ?

A priori, aucun rapport entre ces faits tragiques mais une angoisse collective, qui les relie comme une toile d’araignée, et que le monde médiatique et politique amplifie en voulant la balayer, à moins qu’il ne l’entretienne pour se protéger lui-même, ou s’en nourrir.

Ainsi le Front national décide-t-il en tapant du pied que ces malheurs sont le fruit du terrorisme et de rien d’autre, comme jadis Jean-Marie Le Pen soutenait que le sida se transmettait par les larmes ou les moustiques. Le gouvernement tient un conseil de crise, tout en précisant que la crise n’a pas frappé. Ainsi Manuel Valls finit-il par rassurer la France en annonçant que ces violences n’ont rien à voir entre elles, mais en annonçant un durcissement du plan Vigipirate.

Ainsi François Hollande déclare-t-il depuis Saint-Pierre-et-Miquelon : « Même si tous les événements de ces derniers jours ne peuvent pas se rapporter à cette seule cause, il n’y a qu’un événement qui peut être regardé clairement comme un acte terroriste, c’est celui de Joué-lès-Tours, mais nous sommes pleinement dans l’action et en même temps nous voulons montrer que la vie continue. »

Quel cadeau font au pays ces pères noël ? Est-ce le réconfort de se sentir à l’abri pour profiter de la trêve des confiseurs, ou la peur qui rassemble autour des chefs en leur donnant de l’importance, et de l’audimat ?
À vous de choisir, et joyeuses fêtes à vous tous…

Le peuple grec ne cèdera pas

La commission de Bruxelles tente de bafouer la souveraineté et le libre choix du peuple grec

Le Parlement européen doit se saisir de son droit de contrôle et protester contre cette immixtion de la Commission européenne dans la vie intérieure d’un pays européen quelques jours avant une importante élection.

Alexis Tsipras : Le peuple grec ne cèdera pas au chantage et ne se laissera pas intimider

« Nous savons qu’une victoire de SYRIZA transformera la Grèce.

Ce sera aussi le début du changement en Europe.

Elle fera de notre pays un interlocuteur crédible.

Elle posera comme condition préalable à toute négociation à toute confrontation, à tout accord, la survie du pays et du peuple.

Que les milieux conservateurs de l’Europe, qui ont recommencé à mettre la main sur notre pays et notre démocratie ne se fassent pas d’illusions.

Nous, nous sommes des durs à cuire.
Mais le peuple grec non plus ne cède pas facilement au chantage et ne se laisse pas intimider.
Au contraire. Il s’obstine.

Qu’ils n’essaient plus, donc, de nous faire des chantages ou de nous intimider. Cela aurait l’effet contraire.
Ils pensent qu’ainsi ils vont limiter la victoire de SYRIZA.
C’est prendre leurs rêves pour des réalités.

Si les directoires européens continuent ainsi, loin de briser notre élan, ils vont accroître le mouvement de soutien populaire à notre faveur.
Qu’ils disent encore une fois qu’ils préfèrent les gens qui leur sont dociles et utiles plutôt que SYRIZA et ils déclencheront un véritable raz de marée pour notre parti.

Parce que les gens ne voteront pas simplement pour SYRIZA.
Ils voteront pour la Grèce
Ils voteront pour leur dignité.
Ils voteront pour l’espoir et l’avenir !

Et d’ici, depuis la Crète je veux faire une fois de plus faire passer le message à nos partenaires européens que la Grèce n’est pas un simple locataire dans notre grande maison commune qu’est l’Union européenne.
Non! Ils ne sont pas, eux, les propriétaires et nous les locataires.
Les gouvernements grecs ne joueront plus le rôle de sbires qui collectent pour eux des redevances.
Qu’ils se gardent de provoquer un peuple fier.

[…]

Car nous ne sommes pas seuls et nous ne serons pas seuls non plus quand il s’agira de négocier la dette ni quand il s’agira des démarches pour redresser le pays.

Le vent tourne en Europe. Les peuples redressent la tête, et demain les équilibres seront différents et plus encore après la victoire de SYRIZA. »

Traduction: Vassiliki Papadaki

Boycott et changements

Consommer de saison et de préférence local demande moins de consommation d’énergie pour les cultures, nécessite moins (ou pas) de traitements chimiques, favorise le travail des producteurs locaux et limite l’empreinte carbone (moins de transports).

Consommer éthique, c’est déjà changer le monde !

Dans le tableau ci-dessous, ne cherchez pas la tomate, ça ne pousse pas en hiver, pas plus que la courgette ou l’aubergine. Et si vous avez vraiment envie de fraises, n’hésitez pas à consulter, vous avez vraiment un grain !

 

et puis n’oubliez pas que…

Suite papale n°2

Le pape François était en visite officielle à Strasbourg ce 25 novembre au siège du Parlement européen.
Il a évoqué les racines chrétiennes de l’Europe et appelé à une « Europe qui soit capable de faire un trésor de ses propres racines religieuses », car ainsi elle resterait plus facilement « exempte de tous les extrémismes qui se répandent dans le monde moderne, à cause, entre autres, du grand vide auquel nous assistons en Occident. (…) C’est l’oubli de Dieu et non sa glorification qui génère la violence. »


Mélenchon : « Un Parlement n’est pas le lieu d… par lepartidegauche

Suite, par Mario, apostat et cependant chrétien :

C’est très bien que le pape François veille à bien nous rappeler les prétendues « racines chrétiennes » de l’Europe, tout comme Marine Le Pen nous rappelle à celles de la France. Reste à savoir de quelle France on parle, de quelle chrétienté, et à quelle Histoire on se réfère.

Avant que de devoir son nom à un certain Clovis qu’on voudrait roi des Francs, il convient de rappeler qu’il était avant toute chose un Mérovingien et que, comme tous les dignes descendants de Mérovée, ses dévotions allaient à un paganisme que l’Église naissante n’avait de cesse de voir disparaître. La trahison fatale viendra avec la fameuse « donation de Constantin » (document qui s’avèrera faux, ou pour le moins antidaté) par lequel l’empereur Constantin 1er donnera l’imperium sur l’Occident au pape Sylvestre.

À partir de là, très loin de toute spiritualité qui eut été véritablement chrétienne, l’Église sera de toutes les magouilles politiques, sans cesse présente à la cour de ceux qu’elle fait et défait à sa guise, à la table de tous les puissants mais pas celle des gueux à qui elle fermera maintes fois ses portes, pour atteindre des sommets d’horreur et de barbarie lors de la « Sainte Inquisition » (fallait oser l’adjectif !). Doit-on oublier que plus de 400 000 femmes, pour la seule Europe, finiront sur le bûcher pour soupçon de sorcellerie ? Doit-on oublier les accords signés entre le Vatican et les régimes mussolinien et hitlérien ?

Quand l’Église aurait-elle cessé de flatter les pires dictateurs, ou dans le moindre des cas de les couvrir par son silence ? On n’a pas entendu s’élever la voix de l’Argentin et futur pape François lorsqu’il était aumônier des brigades qui torturaient les prisonniers dans les geôles de Videla ! Et l’on voudrait venir donner des leçons de conduite en 2014 jusque dans les parlements ? Plus de cent ans après la séparation de l’Église et de l’État ? Ce n’est pas acceptable !

Qu’attendre d’une église qui n’a reconnu qu’en 1995 que la Terre et ronde et qu’elle tourne ? (clôture du procès Galilée). Qu’elle nous considère comme des brebis égarées lorsque nous déclarons que notre corps nous appartient, lorsque notre amour est homosexuel, lorsque nous voulons avorter parce que nous estimons que c’est dans l’intérêt de l’enfant qui naîtrait, lorsque nous voulons éteindre la lumière de notre propre vie plutôt que d’imposer de la souffrance à nos proches ? Dans quel obscurantisme voudrait-on nous maintenir encore plus longtemps ?

Non, le pape n’est pas un chef d’État mais un chef religieux et le Vatican ne saurait être considéré comme un État !

Et non, monsieur le Pape, les religions ne sont pas le remède à la guerre et à la violence, elles en sont la cause profonde, ce siècle comme les précédents en est une preuve éclatante.

« Les religions sont le soupir de la créature affligée, l’esprit d’un monde sans esprit, le cœur d’un monde sans cœur ; elles sont l’opium des peuples. » Karl Marx

 

Humour…ou pas_les derniers glanes

Cette semaine on a aimé… les manifestations

On a été ravis d’apprendre que…

Par contre on a été un peu déçu d’apprendre qu’un des plus grands sages de la planète a eu des débuts difficiles

On a retrouvé une vieille affiche du PS (c’était en 1974) et là ça nous a vraiment beaucoup fait rire…

Et pour finir ce glane de la semaine, en sachant que le temps se gâte, on a pensé que ce vieux bulletin météo ferait plaisir à ceux qui ne le connaissent pas et sont toujours inquiets de savoir quel temps il fera demain… (note : si le cadre vidéo n’apparaît pas dans votre navigateur, cliquez sur le mot « Publication » ci après)

Oh my gode !

De l’art ou du cochon ?

Il aura été impossible d’y échapper et la langue française s’est enrichie d’une assertion supplémentaire au mot “plug”, que la plupart des français informatisés ne connaissaient guère que par l’expression “plug and play”. Mais certains n’ont plus eu envie de jouer, il est des érections qui ne font pas bander tout le monde, l’artiste Paul McCarthy vient de le vérifier à ses dépends.

Faut dire que ses défenseurs n’ont guère été à la hauteur en voulant nous présenter ce qui était à l’évidence un plug anal en simple sapin qui devrait même faire plaisir aux enfants de la place Vendôme à l’approche de Noël. C’est vrai qu’il aurait pourtant pu nous évoquer un Sapin…

Ou nous rappeler avec plus d’humour à ceci :

Mais, mise à part la couleur, il s’approchait par trop de ceci pour prendre les gens pour des imbéciles :

Alors, bien sûr, les cultureux défenseurs de l’œuvre ont tenté de nier l’intentionnalité de l’artiste. L’art doit déranger, l’artiste doit être un provocateur… Que n’a-t-on pas entendu, comme à chaque fois qu’une œuvre vient nous bousculer ?

En 2008, l’exposition de l’art aux influences pop, kitsch et avant-gardistes de Jeff Koons a hérissé le poil de plusieurs amoureux de Versailles. « Le château de Versailles est unique. Nous ne voulons pas que Jeff Koons utilise l’environnement et la beauté de l’art classique du château de Versailles pour vendre son non-art », avaient indiqué à l’époque les membres du Collectif de défense du patrimoine de Versailles. Sans succès, puisque l’exposition, qui contenait notamment un homard géant en aluminium suspendu au plafond d’un des salons Louis XIV a été prolongée.

Le JDD y a consacré une page de rappel : http://www.lejdd.fr/Culture/Avant-Tree-de-Paul-McCarthy-six-oeuvres-d-art-contemporain-qui-ont-defraye-la-chronique-694986

Reste que ce sont bien les limites de l’art et la valeur artistique d’une œuvre qui posent le problème. Ne voir dans le plug anal de Mc Carthy qu’une obscénité juste propre à faire hérisser le poil des adhérents de « la manif pour tous » revient toujours à occulter le vrai problème de l’art, celui de ses accointances avec l’idéologie capitaliste. Dans nos sociétés où il est de bon ton de subventionner (pour combien de temps encore ?) la culture sous prétexte qu’elle ne serait pas rentable, qui fait vraiment le compte de ce qu’elle génère comme masse d’argent ? Sans parler des œuvres « classiques » qui atteignent parfois des sommes astronomiques, comment expliquer, par exemple, que l’œuvre ci-après du même Mc Carthy ait pu atteindre 4 562 500 $ en 2011 !?

Dans l’émission de Daniel Mermet Là-bas si j’y suis, enregistrée lors de la FIAC 2013, Frank Lepage en rajoute une couche : « Qu’est-ce qu’il faut pour avoir un marché de l’art? Trois choses : des millionnaires, des œuvres à profusion, et puis une institution. Il faut de l’argent public, une institution qui garantisse la valeur de ces œuvres, qui se porte garant. Ce qui fait que François Pinault, il ne va pas mettre 80 000 euros sur deux bouts de moquette s’il n’est pas certain que l’État est là derrière pour garantir ses bouts de moquette, il n’est pas idiot« .


LePageArtcontemp

Article à signaler : http://laplumedaliocha.wordpress.com/2014/10/20/a-lere-du-rien/

Ainsi que celui d’Olivier Berruyer à qui nous empruntons quelques photos des œuvres de Mc Carthy. Que ceux qui veulent en voir d’autres se rendent ici : http://www.les-crises.fr/godemiche-vendome/

Euh… c’est pas un peu obsessionnel, tout ça ? Mais non, puisqu’on vous dit que c’est de l’art, bande de cochons !