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Pour partie, ce troisième volet ne se rattache qu’indirectement au transhumanisme mais il se propose de faire le point sur d’autres aspects de la politique googolienne, vue à travers la presse française récente. Mais auparavant, faisons un petit retour en arrière pour comprendre quelle est précisément la position française vis-à-vis du géant.

Le 29 octobre 2012, le président de Google Éric Schmidt débarque en France pour évaluer la situation. Il est reçu à l’Élysée par François Hollande. L’un des objectifs est d’instaurer un « droit voisin » au droit d’auteur, qui permettrait aux éditeurs de presse de réclamer une rémunération aux moteurs reprenant leurs articles. Cette « lex Google », telle qu’elle est surnommée par ses adversaires, bénéficie du soutien de la ministre de la culture de l’époque, Aurélie Filippetti.


Conférence de presse avec M. Eric SCHMIDT… par elysee

Nous n’allons pas reprendre le long article de Dan Israel (Mediapart, Comment la presse française a fondu face à Google), plus particulièrement axé sur l’immixtion de Google dans la presse (et pas seulement française), mais y relever tout de même quelques éléments qui devraient susciter plus d’inquiétude que de béatitude.

« Lors d’une rencontre spécialisée, le Forum de Tokyo le 2 décembre 2014, la secrétaire d’État au numérique (Axelle Lemaire), a appelé à passer du siècle du dadaïsme à celui du « dataïsme ». A l’image de cette formule plutôt incompréhensible, les pouvoirs publics ne savent pour l’heure pas sur quel pied danser face à cette immixtion du géant numérique dans tous les secteurs de la société. Ce n’est pas l’omniprésence brutale et despotique de Big Brother, non. Mais comme dans la fable prophétique de George Orwell, le triomphe du soft power de Google n’est envisageable que grâce à l’acceptation tacite de ses règles par ceux à qui il s’impose. Voire à leur franche et volontaire soumission à ce si doux règne.

A l’aune de ce cas d’école, il est nécessaire de lire l’ouvrage écrit par Eric Schmidt, le patron de Google, et Jared Cohen, le directeur de Google Ideas, intitulé The New Digital Age. Cet ouvrage, presque intégralement écrit au futur, décrit, dixit les auteurs des États-Unis de Google, « une utopie politique qui se distingue de presque toutes les autres utopies politiques jusqu’alors connues en ce qu’elle est prétendument apolitique. L’État, le gouvernement, le Parlement ? Ils ne jouent, dans cette utopie, qu’un tout petit rôle. Remplacés par quelque chose qui, d’après les deux hommes, est plus puissant, plus fiable, plus rapide – quelque chose de mieux, en somme, que la politique telle qu’on la connaît. Ils sont remplacés par la technique ».

Pourtant, comme l’écrivent les auteurs de United States of Google : « Aujourd’hui déjà, Google est plus puissante que tous les autres groupements industriels de la planète. C’est une puissance mondiale. Une puissance mondiale qui n’est représentée sur aucun atlas. Une puissance mondiale sans frontières. Une puissance mondiale à laquelle nous sommes pourtant déjà liés avec de grandes angoisses et de grands espoirs. Assurément, Google ne possède ni porte-avions, ni police, ni tribunaux, ni prisons. Seuls les États traditionnels ont ce genre de choses. Google n’écrit aucune loi. Et pourtant Google a du pouvoir, beaucoup de pouvoir. Car Google formule d’autres règles, qui régissent nos vies : du code informatique. »

Ajoutons à l’article de Dan Israel que si Google formule en effet d’autres règles, il le fait avec une force de frappe financière capable d’apaiser les voix les plus discordantes.

Signalons aussi, pour rester sur le sujet, cet autre texte (accès gratuit) d’Adrienne Charmet-Alix : Google, le rêve de vivre sans État
« l’entreprise met en cause les mécanismes politiques traditionnels – et se différencie aussitôt de la plupart des autres entreprises en ce qu’elle ne veut pas simplement voir grimper son chiffre d’affaire, accroître la valeur de ses actions, maximiser ses profits. Google veut bien plus que cela. Google veut diffuser une idéologie. »
« Google et de manière plus générale les grands services de l’Internet (le plus souvent californiens) sont en train de prendre, sans qu’on s’en rende compte, la place de l’État, des États, dans la gestion quotidienne de nos droits et libertés. Cette évolution quasiment invisible s’est faite avec l’assentiment tacite (parce que l’enjeu est incompris) des citoyens-internautes-clients, et avec la complicité aveugle des gouvernements qui, par manque de vision politique, ont cédé chaque jour davantage de terrain en croyant y trouver leur intérêt. Si, en moins de vingt ans, une entreprise comme Google a pu prendre une place aussi gigantesque dans le cœur même des usages et des infrastructures numériques, c’est qu’elle a su maîtriser son développement sur tous les fronts.

À lire ici : http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/300715/google-le-reve-de-vivre-sans etat?utm_campaign=2868127&utm_medium=email&utm_source=Emailvision

google deleteEnfin ce volet ne serait pas complet sans rendre compte du litige actuel qui oppose la CNIL à Google sur le sujet du droit à l’oubli. En effet, le moteur de recherche refuse l’injonction de la Commission nationale de l’informatique et des libertés d’étendre le «droit à l’oubli» à l’extension .com.

Google dit non à la Cnil. Le moteur de recherche a annoncé qu’il refusait de se mettre totalement en conformité, arguant que l’instance française n’était pas compétente «pour contrôler» les informations accessibles à travers le monde.
«Nous respectons la position de la CNIL mais nous contestons par principe l’idée qu’une agence nationale de protection des données personnelles revendique une autorité à l’échelle mondiale pour contrôler les informations auxquelles ont accès les internautes à travers le monde», indique Google dans son billet. Article AFP à lire dans Libé : http://www.liberation.fr/societe/2015/07/30/google-refuse-le-droit-a-l-oubli-impose-par-la-cnil_1356543

Rappel pour qui aurait manqué le début : depuis le mois de mai 2014, et la publication d’un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), les internautes européens peuvent faire jouer leur « droit à l’oubli », ou plutôt droit au déréférencement.
En juin 2015, la Cnil avait mis en demeure Google de déréférencer les contenus sur toutes les versions du site, et pas uniquement sur les versions européennes, sous peine d’une amende pouvant aller jusqu’à 1,5 millions d’euros, rappelle Next Inpact. Pour la Cnil, les différentes extensions ne représentent que des « chemins d’accès » différents à un seul et même « traitement » des données. Le fait que des informations supprimées de certaines versions du moteur de recherche soient toujours accessibles sur d’autres est donc un manquement à la jurisprudence européenne, selon la commission.

La CNIL menace aujourd’hui d’une amende de 150 000 euros. On est sérieux, là ?

google341M

Mais on peut savoir par ailleurs que le droit à l’oubli ne fait pas l’unanimité même en France, l’occasion de glaner l’avis du même Laurent Alexandre présenté dans les volets précédents et de revenir à ce transhumanisme qui n’est pas la branche la plus glorieuse soutenue par la firme de Mountain View.

Comment l’innovation numérique va contrôler l’humanité

Interview par Stéphane SOUMIER, journaliste BFM

Bonus sémaphorien. Pour la petite histoire, ce dossier consacré à Google et au transhumanisme est né de la vision d’un documentaire coproduit par Arte et Cinétévé en 2012, réalisé par Philippe Borrel sur une idée originale de Noël Mamère. Ce film de 52 mn, « Un monde sans humains », n’est plus rediffusé et Arte ne propose qu’un lien pour se procurer le DVD (http://www.arte.tv/fr/un-monde-sans-humains/6968786,CmC=6968904.html ). Nous ne pouvons le diffuser dans ces pages pour des questions de droits mais nous ne doutons pas qu’il soit régulièrement visible sur Youtube sous le même titre « Un monde sans humains ».

Pour notre part, nous préférons conclure avec cette vidéo de notre ami et écrivain Alain Damasio, lors de son passage à Ted-X Paris, c’était le 6 octobre 2014. Avec un titre tel que« Très humain plutôt que transhumain », pas de doute, ça nous ressemble plus.

 

dossier TRANSHUMANISME_volet 1/3

Sémaphores va aussi réduire ses mises à jour durant cette période vacancière d’août, mais il est certains fers qu’il faut battre tandis qu’ils sont encore chauds, et voici donc le premier volet de notre dossier consacré à cette idéologie transhumaniste que certains nous annoncent inévitable.

Kézaco ?

Julian Huxley

Julian Huxley

Pour la petite histoire, on doit le terme «transhumanisme» à Julian Huxley, frère d’Aldous Huxley (L’auteur en 1932 du roman de science-fiction Le meilleur des mondes). Julian était biologiste et théoricien de l’eugénisme dans les années 1930.

Pour ce qui est de notre époque, force est de constater que, seulement dix ans en arrière, le sujet était quasiment tabou et les premiers alerteurs traités de «complotistes» ou «catastrophistes». En 2015, un journal comme Les Échos peut annoncer que «L’ère de l’homme augmenté a débuté» sans heurter personne.
De son côté, Le Monde offre à cette idéologie une chronique hebdomadaire signée Laurent Alexandre –sans que cela émeuve quiconque (enfin presque). Le transhumanisme ne semble plus aujourd’hui qu’une option à discuter parmi d’autres. Quant à la population… que chacun interroge son entourage pour savoir ce qu’il pense du transhumanisme, c’est la meilleure façon de mesurer le vide sidéral sur le sujet, à un moment où il est plus qu’urgent de s’y intéresser si l’on souhaite arrêter les ennemis de l’humain.

Or, cette dernière semaine de juillet, voilà que de gros titres pleuvent comme autant de sonnettes d’alarme, depuis l’Humanité qui nous invite à voir de plus près « Le futur que Google nous prépare », jusqu’à Mediapart qui se fend d’un long article (nous y reviendrons) où l’on découvre à quel point la presse française ne doit plus qu’à son financement par Google d’être encore debout. Peut-être faut-il dire merci au géant américain (plutôt géant planétaire), mais sans doute faut-il y réfléchir par deux fois avant d’applaudir.

Bienvenue à Gattaca

schmidt google À lire dans l’article de l’Huma, découvrons d’abord que « Éric Schmidt, le PDG de Google, ne se présente pas comme dirigeant d’entreprise. Il ne parle pas business, mais révolution et vision du monde. Son avant-dernier livre, The New Digital Age, se conclut ainsi : « Notre ambition est de créer le meilleur des mondes. » Et Google ne se contente pas de paraphraser Aldous Huxley. Il se donne aussi les moyens de sa puissance. Avec, tout d’abord, une assise économique phénoménale. Un trésor de guerre de près de 60 milliards de dollars, placés bien au chaud aux Bermudes, et des ressources abyssales issues de son quasi-monopole de la publicité sur Internet avec ses régies Adword et Adsense. Mais ce n’est là qu’une partie de son activité. L’entreprise est perpétuellement dans une logique de création et de conquête. Grossir toujours. Alors Google crée et détruit à coups d’innovation technologique. Ces dernières années, l’entreprise a investi massivement dans la santé, la robotique, l’intelligence artificielle, la culture et même l’automobile… »

Chez Mediapart, on conclura pareillement que « Google ne cherche pas à dominer le monde, il veut en créer un nouveau ». « Aux yeux de Google, les États sont dépassés et incapables d’affronter les défis du XXIe siècle, que ce soit le réchauffement climatique ou l’accès à la santé. Les algorithmes de Google en seraient, eux, capables. Et le géant américain a déjà commencé à organiser son propre approvisionnement en énergie renouvelable, à tirer ses propres câbles de communication sous les océans ou à tester une voiture sans conducteur qui nous débarrasserait des fléaux des accidents de la route et des insuffisantes régulations étatiques en matière de sécurité routière. »

En effet, chez les libertariens et chez Google en particulier, domine la croyance que l’humain est fondamentalement imparfait. Trop déterminés par les impulsions et les passions, les hommes ne sont pas objectifs. Il faut ainsi compter sur la science et la technologie pour les améliorer. Par le transhumanisme d’un côté et la volonté de combattre la mort, mais aussi en faisant mieux que l’humain, grâce à la technologie. « Quel que soit le problème rencontré, que ce soit un grand challenge pour l’humanité ou un problème très personnel, il y a une idée, une technologie qui attend d’être découverte pour le résoudre », assurait au Time Magazine Ray Kurzweil, l’ingénieur en chef de Google. Le principe de la Google Car, voiture automatisée qui circule déjà aux États-Unis, est, par exemple, de remplacer le principal facteur de risque d’accidents de voiture – le conducteur – par une machine, supposée bien plus fiable. Éric Schmidt le confirme : « Votre voiture doit se conduire toute seule, il est impensable de laisser des humains conduire. C’est un “bug” que les voitures aient été inventées avant les ordinateurs.»

Mais il faut bien voir que le champ d’application de Google ne s’arrête pas, et tant s’en faut, à de bons sentiments en matière de circulation routière et d’aide à la presse pour maintenir sa pluralité. Il est donc l’heure de parler des NBIC, en tout cas, pour commencer dans ce vaste sujet, d’écouter Laurent Alexandre. C’était en 2012, lors de sa présentation à Ted-X-Paris, le sujet était « Le recul de la mort – l’immortalité à brève échéance ? »

L’année dernière (2014) sur Europe 1, dans les grands débats d’Europe Soir, le même Laurent Alexandre était reçu par Nicolas Poincaré, ainsi qu’Ariel Kyrou et Jean-François Lemoine, pour apporter ou pas la contradiction.

 

À suivre…
Prochain épisode : La révolte des chimpanzés du futur.

Tu le veux à quoi, ton cancer ?

C’est un très long article, très documenté comme tout ce que fait Olivier Berruyer que nous ne présentons plus dans ces pages… Le Canard Enchaîné en a parlé aussi, mais on ne peut pas dire que l’info ait fait grand bruit.

Des échanges de mails révèlent comment l’industrie chimique a torpillé l’interdiction des perturbateurs endocriniens. Un récit perturbant…

Ce n’est plus du lobbying, c’est de l’art… A Bruxelles, l’industrie chimique a réussi à saboter l’interdiction des perturbateurs endocriniens. Ces composés chimiques que l’on retrouve partout, dans les plastiques, les tapis, les dentifrices, les cosmétiques, les pesticides, et qui sont soupçonnés d’être responsables, même à très faible dose, de cancers, de troubles de la croissance et autres menus dégâts sur la santé.

perturbateurs-endocriniens-salle-de-bainsAvec une maestria qui laisse baba, les lobbies ont reporté l’échéance d’au moins quatre ans. Dans un rapport rédigé en anglais et publié le 20 mai, une organisation indépendante, Corporate Europe Observatory, dévoile les coulisses de ce feuilleton. Des coulisses pas faciles à visiter : il a fallu deux ans à la journaliste française Stéphane Horel, co-auteure du rapport, pour obtenir des milliers de pages de documents et plusieurs courriels croquignolets…

Tous les détails sont ici : http://www.les-crises.fr/lhistoire-secrete-dune-victoire-des-lobbies-a-bruxelles-contre-la-sante-publique/

et https://www.facebook.com/les.crises/

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Grèce_le suivi

par Arrêt sur Image_28 juillet 2015

Après Varoufakis ministre et économiste, Varoufakis hacker ?

Dans un échange avec des membres de fonds d’investissement, l’ancien ministre grec de l’économie Yanis Varoufakis précisait il y a deux semaines les contours de son « plan B » en cas d’échec des négociations avec les créanciers. Des propos, retranscrits par le quotidien grec Ekathimerini (distribué avec l’édition internationale du New York Times), jugés « surprenants », « incroyables » voire « explosifs » par la presse française.

Varouf_la tribuneLors de l’échange téléphonique avec ces membres de fonds d’investissements, qui a eu lieu le 16 juillet – soit une semaine après sa démission -, Varoufakis décrit en effet un plan qui aurait impliqué de « pirater » le système de l’administration fiscale pour mettre en place un « système bancaire parallèle ». « Ce plan aurait consisté à créer un système permettant de transférer des fonds directement des contribuables aux organisations ou entreprises créancières de l’Etat en cas de tarissement des fonds voire de fermeture des banques », explique la Tribune. Un système basé sur une sorte de monnaie provisoire donc, aussi appelée « IOUs ».

Ce système serait revenu à « créer un système bancaire parallèle au moment où les banques étaient fermées à cause de l’action agressive de la Banque centrale européenne visant à nous étrangler (…) C’était particulièrement bien développé et nous aurions pu faire une grosse différence, estime Varoufakis, puisque très vite on aurait pu l’étendre, en utilisant des applis pour smartphones. Bien sûr ce serait formulé en euro mais en un clin d’œil il pourrait être converti en nouvelles drachmes ».

Plus surprenant : pour arriver à ses fins, Varoufakis explique avoir fait appel à un ami d’enfance spécialisé en sécurité informatique à l’université de Columbia, pour pirater les installations de sa propre administration. Ce dernier n’aurait cependant pas réussi à pirater certains logiciels, alors sous contrôle de la Troika.

« Schauble a un plan »

Interrogé par le Telegraph sur ces échanges, Varoufakis a reconnu leur authenticité mais regrette « la récupération » qui en est faite en Grèce. « Ils veulent me faire passer pour un escroc et me faire tomber pour trahison. C’est une tentative d’annuler les cinq premiers mois de ce gouvernement et de les mettre dans la poubelle de l’Histoire », avance-t-il, rappelant qu’il a toujours été opposé à la sortie de son pays de l’euro. L’économiste fait référence à l’opposition, qui demande une enquête du gouvernement, et à certains élus qui l’ont accusé de trahison. Dans le même article, on apprend enfin que c’est le refus de Tsipras de mettre en place le plan Varoufakis le soir du « non » grec au référendum qui a causé la démission du ministre.

En dehors de ce plan B, un autre passage (moins repris) de la retranscription d’Ekathimerini donne une idée de la position allemande et française vue par Varoufakis et évoque un autre plan plus ou moins secret, mais allemand cette fois. « Schaüble [le ministre allemand des finances] a un plan. […] Il pense que l’eurozone n’est pas viable comme elle est. Il pense qu’il faut des transferts fiscaux, et un certain degré d’union politique. Mais il pense que pour cette union fonctionne sans fédéralisme, sans la légitimité d’un parlement fédéral élu, il faut mettre en place une discipline stricte pour y arriver. Et il m’a dit explicitement que le Grexit lui donnerait ce pouvoir de négociation, un pouvoir de la terreur suffisant pour imposer aux Français une idée à laquelle Paris résistait. Laquelle ? Transférer une partie du pouvoir de décision budgétaire de Paris à Bruxelles. »

Capture_decran_Wolfgang SchäubleLa réponse de Bruxelles…

28-07-2015 13:59:27
Pays : BEL

BRUXELLES, 28 juil 2015 (AFP)

« Allégations sans fondement », « théorie du complot »… La Commission européenne a accusé mardi l’ex-ministre grec des Finances Yanis Varoufakis de mentir sur le contrôle exercé par les créanciers sur les comptes du pays, en réagissant aux révélations de ce dernier sur un plan B de sortie de crise.

Le Secrétariat général aux recettes publiques, qui a la main sur les numéros fiscaux des contribuables grecs, « est une entité indépendante, qui fait partie du ministère des Finances », a affirmé mardi Mina Andreeva, une porte-parole de la Commission européenne.

« Les allégations selon lesquelles la troïka contrôlait le Secrétariat général aux recettes publiques sont fausses et sans fondement », a-t-elle déclaré. « Ce n’est tout simplement pas vrai », a-t-elle insisté.

Yanis Varoufakis a dévoilé mi-juillet qu’il avait travaillé durant des semaines, dans le plus grand secret mais avec le feu vert du Premier ministre, à la mise en place d' »un système bancaire parallèle » impliquant un piratage du logiciel de l’administration fiscale grecque.

Il a justifié ce piratage par le fait que selon lui, le Secrétariat général aux recettes publiques était sous contrôle des créanciers du pays, ce qui aurait rendu impossible de tester le système parallèle sans les alerter.

La Commission ne veut pas « s’aventurer » à commenter ces « théories du complot », et préfère se concentrer sur l’avenir plutôt que le passé, a souligné Mme Andreeva.

AFP 281359 JUL 15

..Selon la Commission, Varoufakis aurait donc inventé cette histoire…Ce démenti de la Commission apparait moins crédible que le propos de varoufakis : on voit mal quel intérêt ce dernier poursuivrait en inventant une histoire pareille.

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En attendant nous aimons bien cet autre coup de gueule de Jean Ortiz dans l’Huma de mardi 28 Juillet, car il y a malheureusement une réalité criante….

grece_saleGrèce : soldes géantes !
A vendre Prix fracassés !!!

aéroports
autoroutes
ports
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acropole
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poèmes de Yannis Ritsos
Zorba le Grec
sirtakis
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œuvre de Theodorakis
cigales
filmographie de Costa Gavras
ciel bleu
îles
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philosophie
statues (tout format)
fables
dette
dette
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Joindre :
BCE
UE
TROIKA
MERKEL (si absence, appeler François HOLLANDE)
Appels non surtaxés : 00 00 00 00 00
Prix imbattables, donc « non à débattre », sans négociation !

 

Vaches et lait pour vaches à lait

Quand le dernier arbre sera abattu,
la dernière rivière empoisonnée,
le dernier poisson pêché,
alors vous découvrirez que l’argent ne se mange pas.
(Proverbe indien Cree)

« Depuis des mois, les éleveurs n’arrivent plus à vivre de leur production. La chute des cours et la pression de la grande distribution sont les dernières manifestations d’une crise structurelle. Le modèle d’élevage défendu depuis les années 60 reposant sur l’endettement, la course au volume, la mécanisation à outrance, est à bout de souffle. Le gouvernement n’a aucune réponse réelle à donner. »

Ainsi Martine Orange (Mediapart) introduit-elle son dernier article consacré à ce qu’il faudrait appeler la « crise » de l’élevage. Pour autant qu’il n’est pas possible de nier la réalité économique de ce secteur effectivement en danger, la solution ne saurait résider dans la seule répartition d’aides et de subventions, ni de quotas de production. Vouloir que chacun puisse vivre dignement de son travail part certes d’un bon sentiment. Mais cela ne peut plus éluder la question « En quoi consiste ce travail ? ».

Car qui produit quoi ? Et de quelle qualité ? S’il faut sans cesse gagner plus pour n’acheter et ne plus manger que de la merde… quel est le gain ? Le fric qu’on va redonner tous les mois au toubib ou en soins divers ?

C’est pour ne pas mettre la charrue avant les bœufs que Sémaphores préfère renvoyer vers les articles suivants de Bastamag et de Reporterre. Avant que de retoucher la PAC pour une énième fois, il nous semble plus urgent de comprendre pourquoi il est urgent de réviser nos modes alimentaires.

vache numérotée

Pourquoi le lait de mauvaise qualité, néfaste pour la santé, risque de se généraliser

Déguster trois à cinq produits laitiers par jour : c’est ce que recommandent les politiques de santé. Mais savez-vous quel type de lait vous buvez ? Car tous les laits ne se valent pas. Leurs qualités nutritionnelles dépendent, en partie, de ce que mangent les ruminants. Plus elles passent de temps dans les champs, meilleure est la qualité de leur lait et moins elles contribuent à la pollution. Au contraire, si les vaches sont nourries en étables avec du maïs ou du soja, parfois sans jamais voir une prairie, la qualité du lait se dégrade, contribuant aux maladies cardiovasculaires et à l’obésité. Or, ce mode d’alimentation néfaste est favorisé par la dérégulation, l’intensification de la production et les aides publiques européennes ! Enquête.

La suite ici : http://www.bastamag.net/Le-lait-de-vache-que-produit-l-elevage-intensif-est-il-bon-pour-la-sante

Science et climat : pour sauver la planète, il faut manger autrement

http://reporterre.net/Science-et-climat-pour-sauver-la-planete-il-faut-manger-autrement

vacherbe

Grèce_ le suivi

=================mise à jour du 18 juillet

Alexis Tsipras dans l’humanité :
« J’ai cru que cette Europe pouvait être changée, que le droit pouvait primer sur les intérêts des banques. Nous étions seuls, face à tout le système financier mondial. La vérité, c’est que cet accord a été imposé de manière cruelle, a expliqué le premier ministre grec. Mais c’est pour eux une victoire à la Pyrrhus, qui finira par se retourner contre eux. Durant cinq mois, nous avons semé des graines de démocratie et de dignité, elles finiront par fleurir. Les fissures dans le mur de l’austérité sont là, il ne résistera pas. »

 

Varoufakis_log================
Eric Toussaint : « La BCE a déstabilisé l’économie pour soumettre la Grèce aux exigences des créanciers »

toussaint1707Éric Toussaint est universitaire 
et porte-parole du CADTM
Maître de conférences à l’université de Liège, porte-parole du Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde (CADTM), Éric Toussaint est le coordinateur scientifique de la Commission pour la vérité sur la dette grecque.

Athènes, envoyée spéciale.

Avons-nous assisté ces dernières semaines, à Athènes, à un coup d’État financier, comme l’affirment nombreux observateurs, en Grèce et à l’étranger ?

Éric Toussaint Oui et non. Ce qui était décisif ici tenait à des décisions politiques, prises par des instances politiques complices, bien sûr, des intérêts financiers. Ce n’est pas un coup d’État mené directement par la finance, mais par les institutions, la Commission européenne, les chefs d’État et de gouvernement des pays de la zone euro. L’Allemagne n’est pas seule impliquée. Il est clair que l’Espagnol Mariano Rajoy ou le Portugais Pedro Passos Coelho, sans parler des gouvernements finlandais ou letton, dévoués aux politiques néolibérales, tenaient à démontrer à leurs peuples respectifs que l’option présentée aux Grecs et aux peuples d’Europe par Syriza ne pouvait pas fonctionner. Il s’agit donc bien de décisions d’abord politiques. Il est clair que les grandes banques privées, les multinationales voulaient aussi obtenir la démonstration qu’il est impossible de tourner le dos à l’austérité. Mais il faut rappeler que les principaux créanciers de la Grèce sont aujourd’hui des créanciers publics. Les banques ne sont plus aux premières loges, elles l’étaient jusqu’en 2012, avant de se défaire des créances qu’elles détenaient. La restructuration de la dette en 2012 leur a permis de s’en tirer à bon compte. Aujourd’hui, la Commission européenne, la Banque centrale européenne et les États de la zone euro veulent absolument, en dépit de l’échec des politiques économiques imposées à la Grèce, que le pays reste sur les rails du néolibéralisme. Le FMI aussi, bien entendu, qui est aussi une instance politique.

Alexis Tsipras espérait, en contrepartie de sa capitulation sur les politiques d’austérité, obtenir des engagements sur un allégement de la dette. Les créanciers, eux, concèdent tout juste l’ouverture en 2015 d’une discussion sur un éventuel réaménagement de la dette à partir de 2022. Pourquoi cette intransigeance, alors que le FMI lui-même juge désormais la dette insoutenable ?

Éric Toussaint À mon avis, il pourrait y avoir une restructuration de la dette avant 2022. Les créanciers disent « pas avant 2022 » parce qu’ils savent que ce plan ne va pas fonctionner, que le paiement de la dette sera insoutenable. Ils la restructureront, cette dette. Mais en conditionnant cette restructuration à la poursuite de réformes néolibérales. La dette est un moyen de chantage, un instrument de domination. Fondamentalement, dans le cas grec, ce n’est pas tellement la rentabilité qui compte pour les créanciers, même si elle existe. Ce qui les motive, c’est de démontrer à leurs propres peuples et à ceux des autres pays périphériques qu’il n’est pas question de dévier du modèle. 
Pour Hollande, pouvoir dire : « Regardez, même Tsipras, même la gauche radicale ne peut sortir du carcan ! », c’est a posteriori et dans le débat français la justification de sa propre abdication, en 2012, sur la promesse de renégocier le traité européen sur la stabilité budgétaire.

Devant la violence de l’offensive des créanciers, Tsipras avait-il d’autres choix ? L’alternative se résumait-elle à la sortie de l’euro ?

Éric Toussaint Non, je ne le crois pas. Le choix n’est pas entre le Grexit et le maintien dans la zone euro assorti d’un nouveau plan d’austérité, en continuant à payer la dette. Il était possible de rester dans la zone euro en désobéissant aux créanciers par l’invocation du droit. Des violations de droits humains sont en jeu, ici. Il fallait suspendre le paiement de la dette ; prendre le contrôle de la Banque de Grèce dont le gouverneur, nommé par Antonis Samaras, joue contre les intérêts du pays et peut-être, aussi, lancer une monnaie électronique complémentaire qui aurait pu aider à faire face à l’assèchement organisé des liquidités, tout en restant dans la zone euro.

La BCE, instrument du coup d’État, inonde les marchés financiers de liquidités, dopant la machine à spéculer. Peut-on mettre la création monétaire au service de l’économie réelle, des besoins sociaux, du développement humain ?

Éric Toussaint Bien sûr ! Mario Draghi n’est pas « indépendant ». Il est l’interface entre les grandes banques privées et les gouvernements de la zone euro. La BCE a déstabilisé l’économie grecque de façon délibérée, pour soumettre la Grèce à ses exigences et à celle des autres créanciers.
Entretien réalisé par 
Rosa Moussaoui Vendredi, 17 Juillet, 2015
L’Humanité http://www.humanite.fr/

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Dossier Grèce_le suivi

Compil de quelques articles que vous auriez pu manquer. (Sauf mention contraire toutes les illustrations sont un choix de Sémaphores)

rapt demo
L’éditorial de Patrick Apel-Muller dans l’Humanité :

La France doit se mouiller

Ils avaient fini par se croire. Lancés dans une intense et violente propagande pour renverser Tsipras et imposer l’austérité, les dirigeants européens, relayés par les principaux médias, pensaient bien que l’occasion du référendum serait la bonne. Ce lundi matin avait pour eux la lourdeur d’une gueule de bois. Un peuple venait en effet, muni de son seul bulletin de vote, de bousculer les lignes blanches que l’ordre libéral interdit de franchir. La défaite est amère pour la cohorte qui défile derrière Angela Merkel. La politique reprend des droits face au catéchisme financier ; elle peut permettre de s’évader de la camisole de l’austérité qui enserre le continent. (…)

La France ne peut plus se réduire au rôle d’aide de camp de la chancelière. Elle doit peser de tout son poids pour qu’une solution l’emporte, garantissant le caractère soutenable de la dette, des carburants pour la croissance et des conditions de vie allégées pour tout un peuple. François Hollande ne peut croire passer au travers des gouttes. Il doit se mouiller et en répondre devant l’opinion.

http://www.humanite.fr/la-france-doit-se-mouiller-578791

demogrec

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Un texte un peu long mais édifiant et très documenté pour comprendre les manœuvres économico-politiques qui ont préparé de longue date un Grexit.

Le secret des banques derrière la tragédie grecque

02 juillet 2015
Maria Lucia Fatorelli, membre de la Commission Vérité sur la Dette Publique Grecque et coordinatrice de l’audit citoyen de la dette du Brésil, analyse les faits pour révéler la supercherie du bailout grec de 2010.

Paris le 30 septembre 2012. Marionnettes BCE et FMI

Paris le 30 septembre 2012. Marionnettes BCE et FMI

« La Grèce est confrontée à l’énorme problème de la dette et à une crise humanitaire. La situation est maintenant pire que ce qu’elle a connue en 2010, lorsque la troïka – le FMI, la Commission européenne et la BCE – a imposé son « plan de sauvetage », justifié par la nécessité de soutenir la Grèce. En fait, ce plan a été un désastre complet pour la Grèce, qui n’a tiré aucun avantage des conventions d’emprunt douteuses mises en œuvre depuis.
Ce dont personne ne parle est qu’un autre plan de sauvetage réussi a effectivement eu lieu à ce moment-là en 2010, mais pas au bénéfice de la Grèce, mais au profit des banques privées. Derrière la crise grecque, il y a un énorme plan de sauvetage illégal pour les banques privées. Et la façon dont il est mené représente un risque immense pour l’Europe. »

À lire ici : http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/020715/le-secret-des-banques-derriere-la-tragedie-grecque

*=*=*=*=*=*

grece_auteriteEt sur Mediapart, sous la plume de Christian Salmon…

Un insider raconte: comment l’Europe a étranglé la Grèce

Quelques jours avant le référendum, un conseiller important du gouvernement grec, au cœur des négociations avec Bruxelles, a reçu Mediapart. Il raconte les cinq mois du gouvernement de Syriza, les discussions avec les Européens, la situation catastrophique de la Grèce. Il détaille surtout la stratégie d’étouffement mise en place méthodiquement par l’Eurogroupe et l’asphyxie financière qui a détruit l’économie grecque. Voici le texte de cet entretien au long cours.
Où l’on apprend que… Lire la suite

Greenwashing à Fessenheim

Un coup de peinture verte qui cache mal les problèmes

EDF cherche à cacher les dysfonctionnements récurrents à Fessenheim d’un coup de peinture verte, par la publication d’une infographie publicitaire présentant sa production d’électricité comme « durable ». Le Réseau “Sortir du nucléaire“ et quatre associations antinucléaires alsaciennes ont porté plainte devant le Jury de Déontologie Publicitaire.
Afin de lutter contre la désinformation, le Réseau “Sortir du nucléaire“ publie également une infographie fournissant quelques chiffres peu connus sur le bilan environnemental et social peu glorieux de Fessenheim.

contre-infographie4-f71e9http://www.sortirdunucleaire.org/Greenwashing-Fessenheim?origine_sujet=LI201506

 

Grèce_le suivi

 Quoi ? Un référendum en Grèce ?

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Mais plus sérieusement, voici une petite revue des articles que vous avez peut-être manqués ce lundi 29 juin 2015.

Le spectre de la démocratie dans les couloirs de Bruxelles

Blog de Jacques Sapir dans Marianne

« On ne peut, et on ne doit, préjuger du résultat de ce référendum. Il est même possible que, devenu sans objet, il ne se tienne pas. Mais on doit souligner qu’il représente le retour de la démocratie dans un espace européen dont elle était absente. De ce point de vue, l’initiative prise par Alexis Tsipras représentait la dernière chance d’introduire de la démocratie dans le système européen.

Il est aussi probable que les partis d’opposition, que ce soit Nouvelle Démocratie ainsi que le Parti de centre-gauche La Rivière (To Potami) protestent et cherchent à empêcher par divers recours légaux ce référendum d’avoir lieu. On ne peut plus exclure le fait que ces partis, avec l’aide des nervis fascistes d’Aube Dorée, ne tentent de déstabiliser le gouvernement grec. Ces réactions sont exemplaires des comportements antidémocratiques qui s’épanouissent aujourd’hui en Europe. Ils apportent de l’eau au moulin d’Alexis Tsipras. On sent comment les acteurs européistes de ce drame sont aujourd’hui terrorisés par le spectre de la démocratie.
(…)
Tsipras ne doit ainsi pas s’attendre à un quelconque soutien de la part de François Hollande, renvoyé sans ménagement à sa propre médiocrité et à ses basses compromissions, ni de celle d’Angela Merkel dont la politique est la véritable cause de cette crise. Mais il peut s’attendre au soutien de tous ceux qui, en Europe, se battent pour la démocratie et la souveraineté. »
Lire la suite sur le blog de Jacques Sapir

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Politis a choisi la bonne photo, accompagnée d’une aussi bonne question :

Voulez-vous vraiment être gouverné par ces gens ?

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« Il aura suffi d’une pichenette grecque, d’un simple bon vieux croche-patte à l’ancienne sous forme de référendum, pour que l’Europe laisse tomber ses derniers oripeaux de bienséance démocratique.
En témoigne cette réunion tragi-comique des ministres des Finances réunis en catastrophe le samedi 27 juin à Bruxelles, et qui vit la meute perdre totalement les pédales, désemparée et déchirée, ne sachant plus à quel saint financier se vouer, et allant jusqu’à exclure stupidement et par dépit, en toute illégalité, le mouton noir Varoufakis de sa très glauque cour de récré. »

« Une bande de petits dictateurs amateurs »

La suite sur Politis : http://www.politis.fr/Grece-quand-l-UE-perd-les-pedales,31726.html

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Du côté de Mediapart, c’est le philosophe Étienne Balibar qui a initié un appel de solidarité. Il n’est pas en concurrence avec ceux déjà existants mais vise prioritairement le champ « culturel ».
« Le peuple grec n’a pas un problème avec l’Europe. Lui et nous avons un problème avec ce pouvoir « européen » qui asservit et détruit l’Europe !
Nous ne croyons pas que le peuple grec soit coupable du doublement de sa dette publique en moins de dix ans (1). Ni qu’il doive payer cette dette artificiellement gonflée du saccage de ses droits sociaux, du naufrage de sa démocratie.

Depuis des années les pouvoirs nationaux et supranationaux qui contrôlent l’Union Européenne lui infligent une austérité assortie de « réformes structurelles » qui ruinent son économie et l’enfoncent dans une misère croissante.
Aujourd’hui, le peuple grec dans un sursaut de dignité et de lucidité a donné une majorité électorale à une gauche radicale étrangère aux corruptions et aux compromissions d’hier, qui a formé un gouvernement dont le mandat est de repousser les diktats de la « Troïka » (FMI, BCE, Commission européenne) et d’appliquer une politique de rupture avec cette austérité criminelle.

L’objectif des classes dirigeantes européennes est, non pas d’obliger à rembourser une dette dont tout le monde sait qu’elle ne peut l’être, qui n’a pour fonction que de drainer les fonds publics vers les banques, mais de contraindre le gouvernement d’Alexis Tsipras et de Syriza à la capitulation. Cela afin de pouvoir continuer à étrangler le peuple grec, condamné à mendier indéfiniment des prêts de plus en plus onéreux, et de faire la démonstration aux yeux de toute l’Europe qu’il est impossible de s’attaquer aux banques, de contester le pouvoir absolu des classes dirigeantes, d’ouvrir une alternative à l’austérité…

Lire ici : http://blogs.mediapart.fr/edition/que-vive-la-grece/article/290615/la-grece-au-coeur-de-l-europe

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Alexis Tsipras

Tafta, RoundUp, même combat

André Chassaigne, président du groupe Front de gauche à l’Assemblée nationale appelle à cesser les négociations sur le traité transatlantique. « Les nouvelles révélations d’espionnage à grande échelle des États-Unis sont un élément supplémentaire prouvant que ces négociations sont de fait antidémocratiques, et excluent toute relation de confiance. A l’image de l’économie libérale qu’ils souhaitent nous imposer, les négociateurs font régner la loi du plus fort entre eux-mêmes ».
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La semaine dernière, Madame Royal, ministre de l’écologie a décidé d’interdire à la vente en libre-service l’herbicide Roundup commercialisé par Monsanto ainsi que tous les « génériques » du glyphosate. Cette interdiction ne sera pas possible demain si le traité transatlantique aboutit sous peine de voir la France assignée en justice.

Dès lors, l’ambition affichée de s’attaquer à la multinationale très controversée Monsanto, notamment pour ses cultures OGM, apparaît totalement incohérente lorsque l’on sait que le gouvernement est favorable au traité transatlantique. En effet, nul n’ignore que Monsanto est très présente dans le lobbying et pèse donc dans les négociations du TAFTA, dans l’espoir d’inonder le marché européen avec ses produits OGM qui mèneront nos petits exploitants à leur perte.

La suite ici : http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/260615/tafta-roundup-meme-combat

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Loi renseignement : #Occupy_Dgsi !

La Ligue des droits de l’homme, le Syndicat de la magistrature, le Syndicat des avocats de France, le Syndicat national des journalistes, la Confédération paysanne, Sud Solidaires, le Parti de gauche, la Fédération anarchiste et Alternative libertaire lancent un appel à une mobilisation inédite contre la loi sur le renseignement qui porte atteinte à nos libertés. Ces organisations invitent à une assemblée populaire au pied du siège de la DGSI, le service de renseignement intérieur, dimanche 21 juin, jour de la fête de la musique, à Levallois-Perret.
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Pourtant, les rapports de force commencent à changer.
Nous assistons à l’émergence d’une génération post-terreur,
qui rejette une vision du monde définie par une tragédie particulière.

Edward Snowden

Après l’Assemblée nationale, la loi sur le renseignement a donc été validée par le Sénat à une forte majorité. Les lois scélérates sont toujours votées à de « larges majorités ». C’est quelques années plus tard que l’on s’avise de l’erreur commise. Quand il est trop tard. Quand le mal est fait, et entré dans les mœurs.

La loi sur le renseignement, c’est malgré tous les dénis gouvernementaux le coup du Patriot Act, avec quatorze ans de retard. Fort heureusement, nous avons pu voir ce que cela donnait, depuis le temps. Nous sommes déjà plus d’une décennie après la « loi sur le renseignement ».

Donner aux services de renseignement le pouvoir d’intercepter tout ce que bon leur semble, cela donne la NSA et donc Snowden, la NSA et le scandale de la NSA. C’est un fait désormais établi : les milliards d’interceptions du programme PRISM ont permis en tout et pour tout de déjouer « peut-être un » attentat, et en réalité aucun. C’est donc que le but de la surveillance de masse n’est pas de déjouer des « attentats terroristes », mais la surveillance de masse elle-même ; le « terrorisme » sert de prétexte à une tout autre politique.
Lire la suite

Stop à la Directive Secret des Affaires !

Une pétition initiée par Élise Lucet

Bientôt, les journalistes et leurs sources pourraient être attaqués en justice par les entreprises s’ils révèlent ce que ces mêmes entreprises veulent garder secret. A moins que nous ne réagissions pour défendre le travail d’enquête des journalistes et, par ricochet, l’information éclairée du citoyen.

LucetSous couvert de lutte contre l’espionnage industriel, le législateur européen prépare une nouvelle arme de dissuasion massive contre le journalisme, le « secret des affaires », dont la définition autorise ni plus ni moins une censure inédite en Europe.
Avec la directive qui sera bientôt discutée au Parlement, toute entreprise pourra arbitrairement décider si une information ayant pour elle une valeur économique pourra ou non être divulguée. Autrement dit, avec la directive « Secret des Affaires », vous n’auriez jamais entendu parler du scandale financier de Luxleaks, des pesticides de Monsanto, du scandale du vaccin Gardasil… Et j’en passe.

Notre métier consistant à révéler des informations d’intérêt public, il nous sera désormais impossible de vous informer sur des pans entiers de la vie économique, sociale et politique de nos pays. Les reportages de « Cash Investigation », mais aussi d’autres émissions d’enquête, ne pourraient certainement plus être diffusés.
Avec ce texte, un juge saisi par l’entreprise sera appelé à devenir le rédacteur en chef de la Nation qui décide de l’intérêt ou non d’une information. Au prétexte de protéger les intérêts économiques des entreprises, c’est une véritable légitimation de l’opacité qui s’organise.

Si une source ou un journaliste « viole » ce « secret des affaires », des sommes colossales pourraient lui être réclamées, pouvant atteindre des millions voire des milliards d’euros, puisqu’il faudra que les « dommages-intérêts correspond(ent) au préjudice que celui-ci a réellement subi ». On pourrait même assister à des peines de prison dans certains pays.
Face à une telle menace financière et judiciaire, qui acceptera de prendre de tels risques ? Quel employé – comme Antoine Deltour à l’origine des révélations sur le le scandale Luxleaks – osera dénoncer les malversations d’une entreprise? Les sources seront les premières victimes d’un tel système, mais pas un mot ne figure dans le texte pour assurer leur protection.

Les défenseurs du texte nous affirment vouloir défendre les intérêts économiques des entreprises européennes, principalement des « PME ». Étonnamment, parmi celles qui ont été en contact très tôt avec la Commission, on ne relève pas beaucoup de petites PME, mais plutôt des multinationales rôdées au lobbying : Air Liquide, Alstom, DuPont, General Electric, Intel, Michelin, Nestlé et Safran, entre autres.
Ces entreprises vont utiliser ce nouveau moyen offert sur un plateau pour faire pression et nous empêcher de sortir des affaires …

Vu l’actualité Luxleaks, nous ne tolérons pas que nos élus se prononcent sur un texte aussi grave pour la liberté d’expression sans la moindre concertation avec les représentants de la presse, les lanceurs d’alertes et les ONG. Seuls les lobbies industriels ont été consultés.
Nous, journalistes, refusons de nous contenter de recopier des communiqués de presse pour que vous, citoyens, restiez informés. Et comme disait George Orwell :

« Le journalisme consiste à publier ce que d’autres ne voudraient pas voir publié : tout le reste n’est que relations publiques ».

C’est pourquoi je demande, avec l’ensemble des signataires ci-dessous, la suppression de cette directive liberticide.
Le 16 juin prochain, une commission de députés européens, la commission JURI, se réunira pour valider ou non ce texte. C’est le moment de nous mobiliser pour dire non à la censure en Europe.

signer la pétition, c’est par là

Dossier Kerviel_ le suivi

mise à jour 25 mai 2015

« Affaire Kerviel ». Un scandale d’État

Dominique Sicot Vendredi, 22 Mai, 2015 Humanité Dimanche

kerviel-societe-generale-plainteQui peut encore croire que Jérôme Kerviel est un trader fou qui a engagé 50 milliards d’euros sur les marchés – soit l’équivalent des fonds propres de la Société générale – à l’insu de ses supérieurs hiérarchiques ? Le témoignage de la commandante de police de la brigade financière chargée de l’affaire, en 2008 puis en 2012, révélé par Mediapart, dynamite le récit servi par la banque et complaisamment gobé tant par la justice que par les gouvernements qui se sont succédé depuis sept ans.

Cette commission avait constaté par exemple qu’en 2007 les « appels de marge » (sorte de dépôts de garantie) payés par la banque en contrepartie des paris pris par Jérôme Kerviel avaient engendré 25 milliards d’euros de flux de trésorerie – des sommes colossales qui ne pouvaient passer inaperçues. Ou encore qu’entre 2005 et 2007, l’activité de Jérôme Kerviel avait suscité 74 alertes internes, sans compter celles de partenaires extérieurs. À l’évidence, beaucoup « savaient » mais se taisaient, car jusqu’à la fin 2007 Jérôme Kerviel a fait gagner beaucoup d’argent à son employeur.

À lire sur l’Huma : http://www.humanite.fr/affaire-kerviel-un-scandale-detat-574812

mise à jour 20 mai 2015

D’abord quelques mots du principal intéressé…


Interview exclusive de Jérôme Kerviel: « Ce… par LEXPRESS

Ensuite cet entretien d’Eva Joly sur Mediapart, où l’on est bien obligé de noter ces mots qui font froid dans le dos :

« La justice est totalement démunie face aux banques. (…) Et ce n’est qu’un début. Avec le secret des affaires, il ne sera peut-être même plus possible de parler des banques du tout. »

L’ancienne juge d’instruction et ancienne candidate EELV à la présidentielle, Eva Joly, qui a dénoncé depuis longtemps les dysfonctionnements intervenus dans l’affaire Kerviel, revient sur les révélations de Mediapart. Tout comme l’avocat de l’ancien trader, elle demande elle aussi une révision du procès. Selon Eva Joly, la justice devrait prendre elle-même l’initiative de cette demande, afin de restaurer son honneur.

Le témoignage de la principale enquêtrice de l’affaire Kerviel est sans précédent dans l’histoire judiciaire. Que pensez-vous de ces révélations ?

Eva Joly. Entendre un enquêteur n’est pas exceptionnel. Il arrive même que ceux-ci soient appelés à témoigner à l’audience. Mais ce témoignage, il est vrai, est hors norme. Il faut le prendre très au sérieux. Nathalie Le Roy est une personne très professionnelle, très respectée. Elle ne comptait pas son temps quand je l’ai connue à la brigade financière. Elle incarne l’intégrité, l’honnêteté, le sens du service public. Il faut faire en sorte que cette parole soit entendue.
Il n’y a pas eu de procès équitable dans cette affaire. Ce n’est pas la faute des juges. Mais l’instruction a été orientée. Les enquêteurs ne peuvent pas tout connaître dans tous les domaines. Consciente qu’elle n’avait pas les moyens et les effectifs nécessaires, Nathalie Le Roy a choisi de faire confiance à une partie civile [la Société générale – ndlr] qui lui semblait coopérante. Ce n’est que plus tard, quand elle s’est rendu compte qu’elle n’obtenait pas les éléments qu’elle demandait, qu’elle a commencé à avoir des doutes.
L’enjeu était énorme pour la Société générale : il y avait 1,7 milliard d’euros d’avoir fiscal. Mais celui-ci n’existe plus, car il est probablement prescrit. Auparavant, il était possible de revenir pendant dix ans sur un crédit fiscal, si des faits délictueux étaient découverts. Mais cette procédure a été modifiée du temps de Nicolas Sarkozy. Maintenant, il y a prescription au bout de quatre ans, quelles que soient les circonstances. Lire la suite

Valls est Charlie mais pas Coupat

« Nous autres, révolutionnaires, sommes comme retenus par les fils invisibles d’une tradition que nous craignons continuellement de trahir. […] Mais y a-t-il de plus grand risque, dans la situation actuelle, que de ne pas prendre de risque ? »

Près de sept ans après l’interpellation, au petit matin du 11 novembre 2008, de 15 membres du groupe de Tarnac (Corrèze), le parquet de Paris a rendu le 6 mai son réquisitoire définitif et demande le renvoi devant le tribunal correctionnel de trois militants pour terrorisme dont Julien Coupat.

Pourtant… Comme le rappelait Le Monde du 30mai 2009,  » François Hollande, alors président du conseil général de Corrèze, où se situe Tarnac, prenait position dans une tribune publiée sur Slate. Il estimait alors que « la qualification de terrorisme a été utilisée bien imprudemment » avant d’évoquer un « ratage policier » et une « palinodie judiciaire. »


MediaPorte : « Valls, il est Charlie mais pas… par Mediapart

à lire sur le sujet : http://www.mediapart.fr/journal/france/080515/tarnac-le-parquet-colle-la-version-policiere-et-veut-un-proces-pour-terrorisme

À rapprocher également du dernier article de Michel Deléan « La justice a peur de son ombre », où l’on apprend que « Avocats et journalistes n’auront aucun moyen de communication dans les salles d’audience du futur palais de justice de Paris, à cause d’un dispositif de brouillage.»
http://blogs.mediapart.fr/blog/michel-delean/110515/la-justice-peur-de-son-ombre

Lu sur l’Humanité dimanche 10 mai

La maire de Tarnac dénonce « l’acharnement » judiciaire

« Cette soi-disant affaire tourne à l’acharnement ! » écrit dans un communiqué l’élue corrézienne du Front de Gauche. « On peut s’interroger sur la concordance entre cette annonce et la succession de lois sécuritaires depuis un an », ajoute-t-elle en les jugeant « dangereuses ». « Il ne faudrait pas que certains utilisent ce climat sécuritaire pour tenter de masquer les difficultés accumulées dans la procédure« , estime l’élue corrézienne.
Elle rappelle que deux des cinq personnes mises en examen et résidant à Tarnac, sur les huit militants, « sont des élus municipaux et font un travail sérieux au sein de notre équipe municipale pour le bien de tous les habitants ». Et d’ajouter que Tarnac, « depuis cette affaire, a repris son développement et porte aujourd’hui des projets utiles à tous ». Et « c’est bien cette image, qu’il faut retenir de notre commune, conclut-t-elle.

Par ailleurs, Julien Coupat était l’invité de Léa Salamé mardi 12 mai sur France Inter. Il a accepté pour la première fois de s’exprimer à la radio, sept ans après le début de l’affaire dite de Tarnac.


Julien Coupat : « Le 11 janvier c’est d’abord… par franceinter

Le fascisme à visage humain

On ne partage pas toujours les analyses de Quatremer (correspondant de Libé en Belgique), mais celle-ci mérite d’autant plus attention que Libération n’a pas été le dernier à consacrer des unes et de pleines pages au FN ces deux dernières années, à l’instar de nombreux autres titres. Ci-après nous reprenons de larges extraits de l’article de Jean Quatremer. Le lien vers l’article intégral est en bas de page.

photo Reuters

photo Reuters

(…) On oublie un peu vite que les partis fascistes d’avant-guerre ne sont pas arrivés au pouvoir en Italie et en Allemagne (l’Espagne est un cas à part, puisque Franco est le produit d’une sanglante guerre civile) en promettant la suppression des libertés civiles, la déportation de leurs opposants ou des «races inférieures», le génocide et une guerre mondiale ! Ils se sont imposés sur des thèmes souvent empruntés à la gauche à la fois sociaux, étatistes et souverainistes (ce qui englobe le sujet identitaire). Le fascisme italien se voulait avant tout social et populaire, tout comme le nazisme qui signifie, ne l’oublions pas, «national-socialisme». À l’époque, les contemporains des fascismes allemand et italien se sont totalement trompés sur la véritable nature de ces partis. Neville Chamberlain, le Premier ministre britannique, n’affirmait-il pas, au lendemain des accords de Munich qui signaient la capitulation des démocraties occidentales, que «Herr Hitler est un gentleman» et que c’était «un homme à qui on pouvait se fier quand il avait donné sa parole» ?
Le refus de qualifier de fascistes des mouvements qui en présentent pourtant les traits caractéristiques (par exemple le culte du chef, la famille Le Pen en offrant un bon exemple, le pouvoir absolu donné à l’État, la volonté de «purger» la communauté nationale de ses éléments étrangers ou politiquement adverses [ramenés au statut d’ennemis de la nation]) date des années 80. Il trouve son origine dans la diabolisation extrême du nazisme, et par contrecoup du fascisme, qui est l’incarnation du mal absolu, un mal incompréhensible par sa singularité et donc pas susceptible de se répéter. Or, résumer le fascisme à sa dimension impériale, raciste et antisémite, c’est cela qui interdit aujourd’hui de penser la percée de leurs équivalents modernes.

Dans un entretien au Soir, l’historien allemand Thomas Weber, auteur de «La première guerre d’Hitler», estime très justement qu’en «réduisant Hitler à cette incarnation du mal absolu, ultra-antisémite et raciste, nous omettons de voir où est le vrai danger. Si nous prenons «l’autre» Hitler, celui qui est farouchement antilibéral et anticapitaliste, alors c’est peut-être encore plus inquiétant pour l’Europe, car ces idées pullulent de nouveau, sous la forme des mouvements de contestation populistes, comme Pegida en Allemagne, le FN en France, le Vlaams Belang en Belgique, le FPÖ en Autriche ou le Fidesz en Hongrie. Les dirigeants de ces partis affichent un pragmatisme comparable, teinté d’antilibéralisme. Nous devrions reconnaître ces similitudes : lors de son ascension initiale, Hitler ne s’est pas imposé avec un discours raciste et xénophobe, mais antiaméricain, anticapitaliste et antilibéral. Ces nouveaux leaders sont plus dangereux, car ils sont plus modérés et usent d’un langage moins antagonisant, à l’instar de Marine Le Pen en France».

pere et fille
(…) Prenons l’exemple du FN. Sur le plan intérieur, les incidents du 1er mai ont donné une idée précise de ses conceptions en matière de libertés publiques : plusieurs journalistes ont été tabassés par un élu et des militants FN et la milice du parti (le DPS –département protection et sécurité-dont la devise est «honneur et fidélité») a pénétré dans un lieu privé (une chambre d’hôtel) pour arrêter violemment des manifestantes (les Femens) pacifistes : atteinte à la liberté de la presse, viol de domicile, coups et blessures, arrestation arbitraire, tout cela en quelques minutes… Un comportement qui est en phase avec le parti «réel» : il suffit de lire la «fachosphère» pour se rendre compte des haines et de la violence qui travaillent ses militants et électeurs.
Le FN ne cache pas sa volonté de remettre en cause les libertés civiles (droits des femmes avec, par exemple, la remise en cause de l’avortement, droits des homosexuels avec l’abrogation du mariage, etc.) et économiques («protectionnisme intelligent», interventionnisme de l’État). Les libertés politiques sont elles aussi menacées, même si pour le coup, ça n’est pas assumé publiquement. Mais il est clair que toute opposition sera perçue comme une atteinte aux intérêts nationaux : ainsi, comme l’a tweeté après les incidents du 1er mai, dans un bel acte manqué, Florian Phillipot, le numéro 2 du FN : «défendre d’une façon ou d’une autre les Femens, c’est de fait avouer sa haine de la France». En clair, on n’appartient plus à la communauté nationale si on n’est pas avec le FN. La liberté de la presse et plus généralement de pensée sera sans aucun doute remise en cause afin d’assurer au parti le contrôle du pays : pas d’argent public pour ceux qui déplaisent, contrôle de l’audiovisuel public (Nicolas Sarkozy a montré l’exemple), intimidations (la liste des journalistes tabassés par le FN commence à être longue)…
(…) Ceux qui en France estiment qu’il faudrait que le FN puisse gouverner pour le normaliser font exactement la même erreur stratégique tragique que les partis démocratiques allemands au début des années 30.
Procès d’intentions que tout cela ? Que nenni : il suffit d’observer ce qui se passe en Hongrie avec le Fidesz pour avoir un avant-goût de ce qui attend la France «bleu marine». Et ce pays appartient, lui, à l’Union, ce qui freine –un peu- l’autoritarisme de Viktor Orban… Ça ne sera pas le cas d’une France FN qui quittera l’euro et l’Union afin de remettre à l’honneur les frontières nationales (pour mieux contrôler) et avoir les mains libres en matière de libertés publiques et d’économie. L’explosion du projet européen sera sans doute la conséquence géopolitique la plus grave pour le vieux continent : 70 ans de paix seraient rayés d’un trait de plume et on en reviendrait aux bons vieux rapports d’État à État qui ont fait leurs preuves dans un passé récent. Quand on voit que la Grèce en est à réclamer des dommages de guerre à l’Allemagne, cela donne un avant-goût du retour des vieilles haines recuites, toujours présentes, qui nous attend. D’autant que l’Allemagne et plus généralement les pays étrangers fourniront un excellent bouc émissaire aux difficultés que ne manquerait pas de rencontrer le FN. Un ennemi extérieur, c’est l’idéal pour se maintenir au pouvoir…
(…) Collectivement, nous sous-estimons le danger qu’incarnent ces partis dits «populistes». On s’habitue, petit à petit, à l’idée qu’ils accéderont un jour au pouvoir. La douceur des mots qu’on emploie pour les désigner cache leur brutalité. Il est temps de faire tomber les masques et de combattre sans état d’âme ces fascismes à visage humain avant qu’il ne soit trop tard.
N.B.: version remaniée d’une chronique pour le site de la Libre.be (écrite avant les incidents du 1er mai…)
Lire l’article intégral : http://bruxelles.blogs.liberation.fr/2015/05/06/le-fascisme-visage-humain/

Non à la surveillance de masse !

sur ecoute4 mai : Mediapart organise les «Six heures contre la surveillance»

Ce sera le lundi 4 mai, sur Mediapart, diffusé en direct de 16 h à 22 h : débats, interpellations, chroniques, chansons, duplex pour une opération exceptionnelle «Six heures contre la surveillance». A la veille du vote solennel des députés sur le projet de loi sur le renseignement, il s’agit de fédérer et relayer toutes les initiatives, de donner la parole à tous ceux qui s’inquiètent ou refusent un texte qui menace nos libertés individuelles et collectives.
Un nouvel acteur de poids vient de rejoindre le mouvement de refus de ce projet de loi du gouvernement sur la surveillance : il s’agit de la Fondation Mozilla, qui développe le navigateur Firefox. Près de 800 acteurs du numérique, parmi lesquels OVH, le plus grand hébergeur français, mais aussi Mediapart, ont signé un appel intitulé « Ni pigeons, ni espions ».
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Les organisations qui appellent au rassemblement le 4 mai à 18h30, Place des Invalides.

Les organisations qui appellent au rassemblement le 4 mai à 18h30, Place des Invalides.

Petits bonus en attendant :

La résistance s’organise…

Comment faire rougir les futures sondes et autres boîtes noires du projet de loi sur le renseignement ? Tout simplement en les noyant avec une pluie de mots clefs étudiés pour exciter leurs jauges.
« Si les boîtes noires du gouvernement analysent tout ce que l’on écrit, on va leur donner de quoi analyser ! » Voilà comment Geoffrey Dorne et Cahnory introduisent leur petit plug-in pour Firefox ou Chrome. L’idée est simple : après installation, il rajoutera automatiquement des mots clefs « sensibles » à vos tweets et messages Facebook.
Sur-écoute est une extension pour navigateur dont le but est de lutter contre la surveillance de masse mise en place par la Loi Renseignement.

surecouteAinsi, chaque fois que vous écrirez sur Twitter ou Facebook, Sur-écoute publiera des mots-clefs considérés comme suspects pour les boîtes noires du Gouvernement 😉
« Le fonctionnement de cette extension est simple : les milliards de données citoyennes collectées chaque jour par les services de renseignement sont analysées notamment en fonction des mots que vous employez. Ainsi, si vous êtes allés en « Hollande » avec votre ami « Charlie » qui est un passionné de « drones » mais que vous êtes rentrés en « catastrophe » à cause du « virus » de la grippe, vous serez certainement analysé par l’algorithme comme une personne vraiment très dangereuse. Ainsi, l’extension sur-ecoute démontre l’absurdité de ce système en ajoutant des mots clefs « pertinents » à chacune de vos phrases. Si nous sommes tous surveillés, alors renseignons les renseignements ! »
Plus d’info et vidéo sur le site NextInpact, c’est ici : http://www.nextinpact.com/news/93935-loi-renseignement-extension-pour-faire-fumer-boites-noires.htm
Pour télécharger et installer l’extention « Sur-écoute ! » pour Chrome ou Firefox, c’est par là : http://sur-ecoute.org/

non_a_la_surveillance_de_masse

Nous sommes républicains_le suivi

petition ripoublique

INFORMATIONS SUR L’ACTION EN JUSTICE
Le 5 mai prochain sera délivrée l’assignation en nullité de la marque.
Le tribunal compétent est le tribunal de grande instance de Paris.
Il s’agit d’une affaire civile et non pas d’une affaire pénale.
Cette procédure ne peut pas rapporter d’argent aux requérants (tel n’est pas son but), tout au plus, elle peut permettre d’obtenir le remboursement total ou partiel des frais de justice engagés par chaque requérant.
L’objet principal de la procédure est simple : il est demandé au Tribunal de grande instance de Paris de déclarer nulles les trois marques semi-figuratives déposées à l’INPI en 2014.
Comme cela les mots et les expressions « les républicains » resteront dans le domaine public, seront libres de droit et personne n’aura à payer pour utiliser ces expressions communes et personne ne pourra interdire à quiconque de revendiquer la qualité d’être républicain (à défaut d’en avoir la vertu).
C’est du sérieux
Une procédure judiciaire est une affaire sérieuse et le militantisme ne doit pas aveugler.
Il faut réfléchir à deux fois avant de participer.
Lire ici : http://noussommeslesrepublicains.org/informations/

Tchernobyl day

Tchernobyl day 2015Ce dimanche 26 avril 2015, la catastrophe de Tchernobyl entre dans sa 29ème année. À cette occasion, le Réseau « Sortir du nucléaire » appelle à l’organisation d’actions partout en France, en hommage aux milliers de victimes de la plus grande catastrophe environnementale et sanitaire en Europe.

Tchernobyl a 29 ans… la catastrophe se poursuit.
Tant qu’il y aura des centrales en fonctionnement dans le monde,
le risque d’accident nucléaire ne sera pas écarté.
Mobilisons-nous pour refuser de vivre avec ce danger et pour exiger la sortie urgente du nucléaire civil et militaire.

Pour retrouver toutes les actions près de chez vous, ou pour inscrire une action, rendez-vous sur la page agenda du Réseau :
http://www.sortirdunucleaire.org/Agenda
Pour tout le matériel militant, rendez-vous sur la boutique du Réseau : http://boutique.sortirdunucleaire.org/
Pensez aussi à nous envoyer vos comptes-rendus d’actions ainsi que vos photos à cette adresse : mobilisations@sortirdunucleaire.org
Pour rappel :
A 1h23 le matin du 26 avril 1986, le réacteur n° 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl, situé en Ukraine soviétique au nord de Kiev, explose au cours d’un essai de fonctionnement à faible puissance. Cette explosion va libérer d’importantes quantités d’éléments radioactifs dans l’atmosphère.
Début juillet 2013, une enquête italienne indépendante a jeté un nouveau pavé dans la mare. Cette étude met clairement en lien la forte augmentation des maladies thyroïdiennes en Corse, et le passage du nuage radioactif de Tchernobyl.
Selon ce document, le nombre de cancers de la thyroïde a augmenté de 28,29 % chez les hommes en Corse, après le passage du nuage radioactif.
L’augmentation du pourcentage de thyroïdites a été de 55,33 % chez les femmes et de 78,28 % chez les hommes. Concernant les enfants, selon l’enquête, « le risque de thyroïdites chez les moins de 18 ans vivant en Corse et exposés au nuage de Tchernobyl est augmenté de 62,5 % par rapport aux enfants n’ayant pas été exposés ».

Note Sémaf : un fichier pdf de l’étude épidémiologique Corse est disponible ici : http://www.sortirdunucleaire.org/Tchernobyl-retombees-France

Le passage du nuage de Tchernobyl en France
Quatre jours après l’explosion du réacteur, le 30 avril 1986, le nuage de Tchernobyl arrive en France. Le Sud-Est et la Corse sont les premiers touchés. Le 1er mai, les trois quarts de la France se trouvent sous le nuage. Le 2 mai, une dépression repoussera le nuage vers l’intérieur du continent.

Animation de l’IRSN qui montre le déplacement du panache radioactif par la représentation de l’activité volumique du césium 137 au dessus de l’Europe entre le 26 avril et le 6 mai 1986