29 projets de «fermes usines» !

La Confédération paysanne recense vingt-neuf projets de «fermes usines»

20 février 2015 |  Par La rédaction de Mediapart

Le syndicat agricole publie une carte de vingt-neuf grands projets et dénonce cette « agriculture industrielle destructrice ».

Vingt-neuf projets de « fermes usines » sont à l’étude ou déjà à l’œuvre, à l’instar de la « ferme des 1 000 vaches » en Picardie, selon la Confédération paysanne, syndicat agricole, qui en publie vendredi une carte. Deux mille deux cents animaux sur une exploitation laitière à Monts (Indre-et-Loire), 23 000 porcelets à Trébrivan (Côtes-d’Armor) et à Poirou (Vendée), 250 000 poules dans la Somme… Le syndicat fondé par José Bové a recensé pendant un an des projets qu’il considère comme de l’« agriculture industrielle ».

Ces exploitations sont situées en majorité dans le Grand Ouest et au nord de Paris. « Nous nous sommes aperçus qu’il y avait aussi des fermes usines végétales », comme ce projet de serres de tomates hors sol sur 40 hectares en Charente-Maritime, a expliqué à l’AFP Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération.

Ainsi, un centre d’engraissement de mille taurillons prévu dans le Limousin « risque de détruire de la main-d’œuvre», en empêchant d’autres petites fermes de pratiquer cette activité, alors que « le marché n’est pas infini », analyse-t-il. M. Pinatel dénonce « l’ultra-spécialisation » de ce type d’agriculture et les conséquences en termes de transport routier « alors que l’on est en pleine année sur le climat ».

Selon lui, nombre de fermes géantes, bien que portées par des agriculteurs, font appel à des investisseurs extérieurs. Sont cités entre autres Sofiprotéol (rebaptisé récemment Avril), le poids lourd des huiles et protéines végétales qui détient les marques Lesieur et Puget, SVA Jean Rozé (filiale d’Intermarché), ou le groupe de gestion de l’eau, des déchets et de l’énergie Veolia.

La bataille des mille vaches

Par Anne-Sophie Jacques


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Disons-le d’une traite : l’implantation de la ferme-usine des mille vaches, à quelques kilomètres d’Abbeville (Somme) sonne la victoire de Michel Ramery, entrepreneur local qui impose son modèle d’industrialisation de la production de lait, sous couvert de rester compétitif dans notre économie mondialisée. Trois ans de lutte contre les riverains regroupés dans l’association Novissen – Nos villages se soucient de leur environnement – et la Confédération paysanne qui s’est engagée à bras le corps contre le projet n’auront pas empêché la mise en route de cette ferme géante et très controversée. En un sens, la mondialisation a gagné.

Aujourd’hui 450 vaches laitières sont installées dans cette exploitation qui ressemble davantage à une usine qu’à une ferme. Les vaches ne vont pas à la prairie et donnent leur lait trois fois par jour – contre deux dans les exploitations traditionnelles – sur un carrousel digne des chaînes de production automobile. Sont-elles malheureuses pour autant ? Non ! répond cette responsable de traite devant les caméras de France 3 invitées à une visite guidée. Même son de cloche (de vache) pour le responsable de l’établissement, Michel Welter, qui assure avoir créé des conditions optimales de la traite, « la plus douce et la plus stable » possible :


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Un long article, et très récapitulatif du problème, est en ligne sur le site d’Arrêt sur Image. Il est accessible gratuitement pendant 24 h, Profitez-en !

http://www.arretsurimages.net/chroniques/2014-10-25/En-Picardie-la-bataille-des-mille-vaches-bat-son-plein-id7171

Vaches en colère !

La mobilisation contre le projet des 1000 vaches bat son plein, toutes les Conf’ départementales sont sur le pont et les soutiens affluent en nombre au siège de la Confédération paysanne. C’est l’heure de vérité pour les 1000 vaches.
Au delà de ce projet de fou, c’est de notre agriculture et de notre alimentation qu’il s’agit, de notre santé, environnement, nos territoires, paysages, etc. La lutte des 1000 vaches est une lutte emblématique pour enrayer l’industrialisation et la financiarisation de l’agriculture. C’est aussi une lutte emblématique au regard du combat contre TAFTA. Faisons Bloc ! Lire la suite