Vaches et lait pour vaches à lait

Quand le dernier arbre sera abattu,
la dernière rivière empoisonnée,
le dernier poisson pêché,
alors vous découvrirez que l’argent ne se mange pas.
(Proverbe indien Cree)

« Depuis des mois, les éleveurs n’arrivent plus à vivre de leur production. La chute des cours et la pression de la grande distribution sont les dernières manifestations d’une crise structurelle. Le modèle d’élevage défendu depuis les années 60 reposant sur l’endettement, la course au volume, la mécanisation à outrance, est à bout de souffle. Le gouvernement n’a aucune réponse réelle à donner. »

Ainsi Martine Orange (Mediapart) introduit-elle son dernier article consacré à ce qu’il faudrait appeler la « crise » de l’élevage. Pour autant qu’il n’est pas possible de nier la réalité économique de ce secteur effectivement en danger, la solution ne saurait résider dans la seule répartition d’aides et de subventions, ni de quotas de production. Vouloir que chacun puisse vivre dignement de son travail part certes d’un bon sentiment. Mais cela ne peut plus éluder la question « En quoi consiste ce travail ? ».

Car qui produit quoi ? Et de quelle qualité ? S’il faut sans cesse gagner plus pour n’acheter et ne plus manger que de la merde… quel est le gain ? Le fric qu’on va redonner tous les mois au toubib ou en soins divers ?

C’est pour ne pas mettre la charrue avant les bœufs que Sémaphores préfère renvoyer vers les articles suivants de Bastamag et de Reporterre. Avant que de retoucher la PAC pour une énième fois, il nous semble plus urgent de comprendre pourquoi il est urgent de réviser nos modes alimentaires.

vache numérotée

Pourquoi le lait de mauvaise qualité, néfaste pour la santé, risque de se généraliser

Déguster trois à cinq produits laitiers par jour : c’est ce que recommandent les politiques de santé. Mais savez-vous quel type de lait vous buvez ? Car tous les laits ne se valent pas. Leurs qualités nutritionnelles dépendent, en partie, de ce que mangent les ruminants. Plus elles passent de temps dans les champs, meilleure est la qualité de leur lait et moins elles contribuent à la pollution. Au contraire, si les vaches sont nourries en étables avec du maïs ou du soja, parfois sans jamais voir une prairie, la qualité du lait se dégrade, contribuant aux maladies cardiovasculaires et à l’obésité. Or, ce mode d’alimentation néfaste est favorisé par la dérégulation, l’intensification de la production et les aides publiques européennes ! Enquête.

La suite ici : http://www.bastamag.net/Le-lait-de-vache-que-produit-l-elevage-intensif-est-il-bon-pour-la-sante

Science et climat : pour sauver la planète, il faut manger autrement

http://reporterre.net/Science-et-climat-pour-sauver-la-planete-il-faut-manger-autrement

vacherbe

Balade avec Claude Bourguignon

 Sémaphores a déjà présenté Claude Bourguignon et son combat contre les OGM, pesticides et engrais chimiques (http://semaphores.info/2013/08/combattre-les-ogm/). Un combat de longue date pour ce « médecin de la terre », et donc un discours maintenant très rodé. Cette nouvelle balade en sa compagnie est une sacrée leçon d’écologie, pas seulement à l’usage des agriculteurs et exploitants, mais pleine de bons conseils récupérables pour de simples jardiniers.

Interview (écrite) complémentaire ici : http://www.bioalaune.com/fr/actualite-bio/13112/decouvrez-medecins-de-terre-qui-aident-agriculteurs-produits-bio-claude-bourguignon

 

Soutenir Emmanuel Giboulot

Madame, Monsieur,

Comme vous l’avez sans doute entendu à la radio ou à la télévision, le viticulteur Emmanuel Giboulot, poursuivi pour avoir refusé un dangereux pesticide, est passé hier au tribunal correctionnel de Dijon, comme prévu.

Nous étions plus de mille personnes à ses côtés. De nombreuses associations, locales et nationales, étaient présentes. Nous lui avons remis près de 500 000 pétitions de soutien, dans une atmosphère d’enthousiasme extraordinaire. Grâce à vous, je peux témoigner que cette épreuve a été transformée pour Emmanuel et sa compagne en un grand moment de chaleur et de convivialité.


F2_20h_Viticulteur

Vous pouvez consulter sur la page Facebook de soutien nos photos du pique-nique festif organisé devant le tribunal, et de la remise de notre pétition, juste avant l’audience. (1)

Mais malgré cette mobilisation, la Procureure a insisté sur sa culpabilité. Elle a requis 1000 euros d’amende, dont la moitié avec sursis, avec inscription à son casier judiciaire.

Le jugement sera rendu le 7 avril.

Nul ne sait aujourd’hui de quel côté pencheront les juges. Mais une condamnation, même symbolique, serait un terrible désaveu envoyé au monde de l’agriculture bio, et une très mauvaise nouvelle pour l’environnement.

Car, ne l’oublions pas, Emmanuel Giboulot entrerait alors juridiquement dans la catégorie des délinquants. Un homme qui mériterait au contraire d’être décoré pour son courage !

Cette condamnation, si elle a lieu, contribuera de façon grave à amplifier le climat de peur, et à décourager les bonnes volontés parmi les personnes tentées par l’approche biologique.

Elle confirmera les agriculteurs biologiques dans l’idée que, quelles que soient leurs convictions personnelles, c’est au bout du compte les autorités administratives et leurs méthodes chimiques qui s’imposent sur leur propre terrain !

La décision du tribunal n’a pas encore été prise. Mais si notre mouvement s’essouffle maintenant, cela pourrait être considéré par les juges comme le signe que l’opinion publique se désintéresse du problème !

Ne commettons pas cette erreur stratégique. Poussons maintenant notre mobilisation encore plus loin. Nous avons encore 5 semaines et nous pouvons atteindre un million de signatures !

Je compte donc sur vous pour continuer à récolter des pétitions de soutien autour de vous en transférant l’appel d’Emmanuel Giboulot (à voir ici).

Parmi bien d’autres, la radio Europe 1 a relevé l’exceptionnel mouvement de soutien autour d’Emmanuel, et indiqué que « cette mobilisation pourrait jouer en la faveur du vigneron lundi ». (2)

C’est certainement vrai car, sans cela, la Procureure aurait très probablement requis une peine beaucoup plus grave.

Mais en continuant à récolter des pétitions, nous pouvons obtenir qu’Emmanuel Giboulot soit relaxé et sorte du tribunal sans la moindre condamnation le 7 avril. Et c’est ça qui est, de très loin, le plus important.

Face à nous, de puissants réseaux se mobilisent. Certains accusent Emmanuel Giboulot d’être un « intégriste du bio ». Il a pourtant déclaré lui-même à l’audience qu’il aurait accepté de traiter sa vigne si la menace de le maladie avait été réelle. Mais la maladie, la flavescence dorée, n’est même pas présente dans son département, la Côte-d’Or ! Il n’y en a pas à l’heure actuelle à des kilomètres autour de ses vignes. Traiter avec un pesticide ne servirait strictement à rien.

D’autres font courir le bruit un peu partout sur Internet que le traitement par pesticide est indispensable et bénéfique. Ceci alors que l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA), a lui-même publié un rapport sur cette maladie, expliquant que les traitements actuels imposés aux agriculteurs sont :

« polluants, coûteux, et contrecarrent la démarche de réduction de pesticides de la filière viticole. Ces plans de lutte obligatoire posent en outre d’énormes problèmes aux viticulteurs engagés en Agriculture Biologique ou en processus de conversion vers celle-ci. » (3)


Encore une fois, nul ne sait aujourd’hui de quel côté pencheront les juges. Mais après tout ce que nous avons fait jusqu’à présent, n’abandonnons pas Emmanuel maintenant, alors que le danger d’une condamnation pèse plus que jamais sur sa tête.

Continuez à rassembler des signatures de soutien autour de vous.

Transférez la pétition à toutes les personnes que vous connaissez, en leur indiquant qu’elles ont encore jusqu’au 7 avril pour signer !


Lien ici.


Un grand merci,

Augustin de Livois
Président de l’Institut pour la Protection de la Santé Naturelle

Sources :

1 Notre page Facebook
2 Europe 1, Un agriculteur bio poursuivi pour avoir dit non aux pesticides
3 INRA, Flavescence dorée de la vigne

Pour aller plus loin, par exemple en savoir plus sur cet Institut (IPSN) peu connu du public qui a pris en charge la pétition, Sémaphores propose après la balise Lire plus un extrait que Anne-Sophie Jacques a publié le 25 février 2014 dans sa chronique à Arrêt sur Image. Quelques éléments pour couper court aux ragots distillés par les lobbies des pesticides à tout prix. Lire la suite