racisme ordinaire_suite

Le 6 Août dernier à Aigues-Mortes, un couple, armé d’un fusil agresse des jeunes en proférant des propos racistes. Des victimes racontent l’agression et débattent de l’attitude à adopter face au racisme.

Un reportage audio d’Olivier Minot, réalisé par Philippe Baudouin.

Le 06 septembre 2012, un tract intitulé “On se calme !” signé « des habitants de Sumène et de ses environs » conviait à un pot de l’amitié « dans un esprit de vivre ensemble et de respect mutuel ». Après avoir rappelé les incidents (insultes et coups) dus à l’extrême-droite locale pendant la dernière campagne électorale, le tract mentionnait également que fin août, « suite à une altercation entre un membre de la Ligue du Midi et des clients sortis de la pizzeria, la situation a dégénéré en une véritable chasse à l’homme dans le village et ses environs : agression d’un touriste et de ses enfants sur le plan par quatre personnes armées de battes de base-ball et de barres de fer ; puis, prise en embuscade d’une famille à son domicile par une bande de dix personnes, armées elles aussi, se réclamant du Front National ou de la Ligue du Midi. ».

On a moins su que la Ligue du Midi s’est autorisé ce même mois d’août une descente au Grau du Roi en soutien aux détracteurs du train à 1 euro. Nous-mêmes à Sémaphores avions choisi de ne pas ajouter de l’huile sur le feu, avec le souci, il est vrai, de ne pas faire de pub aux fachos. Mais à l’heure des divers débats lancés dans la région pour comprendre et enrayer la montée de l’extrême-droite, nous revenons sur notre autocensure en mettant au partage une vidéo de ces virées de la Ligue. Ignorer l’ennemi ne servirait pas le combat, surtout lorsque les protagonistes ont des noms et des visages qu’il est toujours bon de connaître. Par delà la pub éventuelle à de tristes sires, il s’agit avant tout d’information. Une info qui ne sera sans doute pas une découverte pour bon nombre d’électeurs de Petite Camargue, mais qui vient clairement confirmer de quel côté de la démocratie a choisi de se positionner le maire du Grau du Roi, Etienne Mourrut. Lorsque la ligue fasciste vient déployer ses banderoles identitaires et racistes sous le fronton de la mairie, l’ex-député ne trouve rien de mieux que descendre leur serrer la main et saluer leur action.

Pour notre part nous pensons que la République ne peut accepter de tels gestes. Comment un maire se permet-il d’outrepasser la loi républicaine ? Comment un ex-député peut-il ignorer qu’il est interdit de manifester publiquement des opinions racistes ? C’est néanmoins un fait, la preuve en images. (note: la vidéo étant particulièrement mal filmée, vous pouvez avancer jusqu’à la 8ème minute. Mourrut en guest star se trouve là).

SALINS DU MIDI OPINION DU FRONT DE GAUCHE

SALINS DU MIDI, OPINION DU FRONT DE GAUCHE

  • Ø Nous défendons les Salins du midi, l’emploi, l’activité industrielle qui est la condition du maintien des équilibres de ce milieu apparemment naturel.
  • Ø Nous demandons l’arrêt du saccage systématique entrepris par la direction des Salins :
    • Casse de l’emploi et des acquis sociaux
    • Transfert d’activités à l’étranger
    • Vente de terrain pour une chasse de luxe en réduisant l’approvisionnement en eau saline pour la production
  • Ø Nous demandons à la mairie d’Aigues-Mortes la révision de l’implantation d’un centre d’allo thérapie afin qu’il ne porte pas atteinte à la pérennité du site.
  • Ø Nous exigeons du gouvernement des actes mettant « au pas » la direction de l’entreprise, faisant respecter les droits des salariés et l’emploi

Pour ce faire, il faut interdire les licenciements boursiers, classer le site et empêcher toute activité détruisant l’activité salinière, élément essentiel de l’équilibre écologique du site.

  • Ø Nous demandons aux collectivités territoriales d’étudier, si nécessaire, la préemption du site et sa mise en régie.

Il faut faire cesser le « bal des hypocrites » qui font semblant de ne pas connaître la finalité du projet de la direction et qui l’accompagnent.

  • Ø Nous ne sommes pas opposés à un tourisme, à un centre d’allo thérapie, mais pas au détriment des salins et de l’emploi industriel.
  • Ø Nous refusons un site touristique avec une activité salinière à minima, un « parc d’attraction salinier » avec des salariés « intermittents du spectacle »

Nous proposons :

  • D’organiser un grand débat public contradictoire avec toutes les parties concernées, en particulier les salariés et la population.
  • La mise en place d’un comité de vigilance et de défense de l’activité salinière en soutien à l’action des salariés.

L’été de la colère

Un pan de notre histoire de Petite Camargue va s’éclairer davantage à la fin de ce mois de septembre avec la sortie d’un ouvrage sur le massacre des Italiens en 1893. Souvenons-nous, car cela reste un devoir de mémoire, c’était un mois d’août, lors de la récolte du sel.
Sous le titre L’été de la colère, le nouvel ouvrage est dû à Luc MARTIN qui, outre d’être un fervent d’histoire, est aussi employé au Salin d’Aigues-Mortes et se trouve être l’arrière petit-fils de Madame FONTAINE, la boulangère chez qui des Italiens trouvèrent refuge quand ça bardait par trop pour eux.
Par ailleurs le livre est préfacé par Sodol COLOMBINI, maire d’Aigues-Mortes de 1977 à 1989, et fils de Iago COLOMBINI qui fut à l’initiative de cette très poignante et édifiante affiche parue en 1938 que nous publions ci-après et que vous retrouverez comme page 114 de L’été de la colère.
En attendant cette sortie dont nous reparlerons, voici déjà la préface et les lecteurs de Sémaphores qui découvriraient tout de ce sombre événement peuvent se reporter à notre article précédent sur le sujet.

Préface

« A Théo MARTIN »

L’essai de Luc MARTIN reconstitue minutieusement la tragédie survenue les 16 et 17 aout 1893 dans notre cité. Des ouvriers italiens, venus participer, comme chaque année, à la récolte du sel, ont tout simplement été lynchés par une foule en furie… Et, sans le courage et la dignité du curé et d’Aigues-Mortais comme Adélaïde FONTAINE, les victimes se seraient comptées par dizaines.

Luc a fait un immense travail de recherche. Il narre avec précision et quasiment minute par minute, ces deux jours sombres qui marquent à jamais notre histoire. Il décrit, aussi avec une grande hauteur de vue, le contexte historique de l’époque. Les conditions socioéconomiques et politiques qui expliquent le pourquoi de l’intérêt pour la Cie des Salins du Midi d’avoir recours à cette main d’œuvre transalpine.

Il rappelle aussi pourquoi l’eau potable était, à l’époque, un bien précieux pour les populations locales. Beaucoup de lecteurs apprendront (et c’est mon cas) ce que représente pour la vie locale le 12 avril.

La lecture de cet essai m’a personnellement interpellé. En effet, ne serait-il pas temps (et c’est une critique que je me fais à moi-même, ayant eu l’honneur d’être le premier magistrat de notre cité de 1977 à 1989), de marquer officiellement cette tragédie ?

Pourquoi ne pas donner le nom de « Chemin des Italiens » au chemin bas de Péccais ? Et pourquoi ne pas donner le nom d’Adélaïde FONTAINE à une rue ? Ou poser une plaque à son nom sur le lieu où demeurait sa boulangerie dans laquelle se réfugièrent des italiens ?

Enfin, non seulement cet essai nous instruit sur notre histoire, mais il nous rappelle également que la Fraternité et la Solidarité doivent demeurer les biens les plus sacrés de l’humanité.

Sodol COLOMBINI

Fils de Iago COLOMBINI, ouvrier agricole italien venu, à plusieurs reprises, avec son équipe transalpine, faire la récolte du sel à Aigues-Mortes, ainsi que dans les autres salins de nos régions…Et qui fut à l’initiative de l’affiche parue le 28 septembre 1938, sur l’appel des émigrés italiens à défendre la France.

Aigues-Mortes, 23 juin 2012

Ceux qui agissent… et les autres

Si l’Huma n’en parle pas… c’est le grand vide, et bien sûr toujours le boycott du Front de Gauche par les chiens de garde de la presse locale comme nationale. Le changement, maintenant on le sait, c’est pour plus tard. Mais la solidarité en regard des valeurs républicaines c’est pour quand ?

Qu’on ne nous dise pas, à Sémaphores, que c’est hurler avec les loups que de pointer avec le Front de Gauche et les Verts l’absence de réaction des élus. Nous attendons toujours les réactions du député Collard (FN non encarté) et celles des maires des communes concernées, Bonato (PS) à Aigues-mortes et Mourrut (UMP) au Grau du Roi. Si nous citons aussi ce dernier c’est parce que nous avions déjà mentionnés les commentaires haineux et inacceptables qui fleurissent tant sur les forums de Midi Libre que sur Facebook. Dans ces propos racistes ou fascisants libérés on peut notamment relever cet avertissement d’un graulen (parmi d’autres, certes) qui annonce que pendant la prochaine fête du Grau « On verra qui sont les français ! ». C’est ainsi qu’aux sombres événements qui ont déjà eu lieu on laisse s’ajouter des menaces pour les jours à venir. Messieurs les élus, vous attendez quoi ? Ces propos sont signés ! Même lorsqu’il s’agit d’un pseudonyme, rien n’est plus facile que de remonter aux sources. Et si, comme le dit notre ministre de l’Intérieur Manuel Valls, le racisme est une forme de délinquance, qu’attend-on pour la sanctionner à sa juste mesure ?

Retour sur un racisme « ordinaire »

Ouf ! Ils ont fini par en parler. Il aura quand même fallu dix jours pour que nous puissions commencer cette revue de presse tant les vacances sont démobilisatrices pour les élus de tous crins, dans un pays où 42 % des citoyens n’ont pas les moyens de s’en offrir et où, parmi ceux qui le peuvent, bon nombre avoue ne pouvoir le faire que tous les deux ou trois ans. Puisse ce petit préambule nous inciter, et les politiques en particulier, à organiser pour l’avenir des tours de vigie.

Car la bêtise et la pensée crasse, elles, ne désarment jamais ni ne s’offrent de vacances. Mais elles savent s’entendre pour pourrir la tranquillité de ceux qui n’aspirent qu’à un « mieux vivre ensemble », pour reprendre ces mots de Damien Alary, vice président de notre région Languedoc-Roussillon, édition Midi Libre du 15 août.

Le 15 août, c’est précisément dix jours après les tristes événements qui ont fini par alerter la presse nationale et s’avèrent être le reflet de ce qui divise la population bien au-delà d’Aigues Mortes et du Cailar : un racisme de plus en plus banalisé, au point que cette banalité fait titre pour le journal Le Monde.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/08/16/le-racisme-anti-arabes-se-banalise-dans-le-gard_1746745_3224.html

Nous n’allons pas reprendre ici le détail des faits, l’article sus-cité les livre à sa manière, ainsi que celui paru dans Libération :

http://www.liberation.fr/societe/2012/08/16/c-est-pas-les-arabes-qui-vont-nous_840188.

Rendons grâce cependant à ceux qui furent les premiers à s’insurger, Jean-Paul Boré, conseiller régional PCF, et Danielle Floutier, candidate FDG aux législative pour notre 2ème circonscription. Pour JP Boré, il est temps que le monde politique prenne conscience de la situation.

« L’imbécillité ou l’enivrement de quelques individus est une explication bien courte. Tout simplement parce l’imbécillité ou l’enivrement expriment toujours ce qui sommeille et se libère dès qu’il y a un sentiment d’impunité. Nous ne pouvons laisser souiller l’image de notre département par une petite minorité provocatrice quelles qu’en soient les motivations. Le rôle des élus n’est pas d’utiliser les oppositions entre communautés et encore moins de faire le dos rond devant de tels événements mais de tout faire pour que la cohésion sociale respectueuse des intérêts de chacun soit recherchée. »

Tout autant « effarée et inquiète » des incidents qui se sont produits à Aigues Mortes et au Cailar, Danielle Floutier va plus loin en pointant qu’ « il est difficile de ne pas faire le lien entre ces deux événements et les propos xénophobes et racistes développés durant la campagne des élections législatives ». Elle poursuit : « Banaliser ces incidents, c’est laisser se développer dans nos villages un climat délétère de tension lié à l’intolérance, au rejet de l’autre. »

Midi Libre ayant choisi de réduire ce communiqué de presse à ces seules deux phrases, nous invitons le lecteur à lire l’intégralité du communiqué de Danielle Floutier, en fin d’article après la balise lire plus.

Bien sûr, il ne fallait pas attendre de Midi Libre la moindre phrase qui fasse le lien avec les dernières élections et le rôle de Gilbert Collard dans tout cela. C’est néanmoins un lien qu’établit aussi l’élu écologiste Didier Caire et conseiller municipal d’Aigues Mortes, ne serait-ce que dans un simple souci d’établir une chronologie des faits qui se produisent depuis un certain temps dans notre région, et qu’on ne saurait tenir pour isolés les uns des autres.

Après avoir noté que le FN se maintient depuis 25 ans à un niveau très élevé en Camargue gardoise et qu’il est devenu une force dominante en 2012, Didier Caire analyse que « cette position légitime soudain tous les discours déjà présents mais intériorisés comme minoritaires ou opprimés. Depuis l’élection de G. Collard la «République», pour une part, est aussi devenue «anti-arabe». La position de rejet, déjà peut-être majoritaire dans les têtes, le devient dans le droit sanctionné par la légitimité du suffrage démocratique : l’inhibition n’est plus de mise, le passage à l’acte est permis. D’autres forces politiques se sont désormais compromises et le cordon sanitaire – déjà bien fragile – qui entourait le FN a été rompu. En hésitant à se retirer entre les deux tours des législatives Etienne Mourrut (UMP) a clairement affiché sa préférence pour G. Collard. Et le silence assourdissant depuis 15 jours de C. Bonato (PS), maire d’Aigues-Mortes, ne peut se comprendre que comme une concession à la puissance électorale du FN et donc à l’idéologie extrémiste. »

A la liste des faits (et méfaits) proposée par l’élu EELV (lien ci-après vers son blog), nous pourrions ajouter également l’agression dont a été victime la suppléante d’Etienne Mourrut (ex-député mais toujours maire du Grau du Roi) en pleine campagne électorale. Et puis cet autre silence assourdissant du député Collard que nous invitons à mesurer sa propre responsabilité vis-à-vis de ce fascisme décomplexé.

http://camargue.europe-ecologie.net/2012/08/20/comprendre-et-reagir-aux-evenements-du-sud-gardois/

Additif Sémaphores : Pour notre part, désolé, nous ne reportons pas les propos lénifiants (ou tout simplement langue de bois) de notre ministre Valls, récemment en visite privée à la fête de Vauvert. Certes nous défendrons comme lui les « valeurs de la République », mais sans oublier que nous n’aspirons qu’à en changer le caractère institutionnel bonapartiste (et par trop libéral) qu’on ne peut plus croire innocent pour ce qui est de l’effondrement des valeurs.

Car reporter cette dégradation sur les dix années de sarkosysme en matière de sécurité n’expliquera pas le comportement du PS au long des deux campagnes présidentielle et législatives envers le Front de Gauche et EELV qui, à travers Jean-Luc Mélenchon et Eva Joly, se sont retrouvés bien seuls pour affronter les thèses racialistes du FN. Et qu’en est-il encore à ce jour ? Si, comme le dit M. Valls « le racisme est une forme de délinquance » alors qu’attend-on pour le sanctionner au même titre que les autres formes de déviances ?

Qu’au moins à gauche il soit temps d’en finir avec ces nauséabondes stratégies électorales qui ont amené le FN à la place qu’il occupe aujourd’hui. Et, oui, la responsabilité des socialistes y est très grande, de la même manière qu’elle le restera tant que ne sera pas acquise cette vérité populaire qui veut que même les chevaux se battent lorsqu’il n’y a plus de picotin. L’argent ne résout pas tout mais il ne faut pas s’étonner que son absence génère des mouvements imprévisibles. Et de l’argent, tout le monde sait maintenant qu’il n’y en a jamais eu autant qu’aujourd’hui, des sommes fabuleuses qui attendent d’être réparties autrement que par une toute aussi fabuleuse augmentation du SMIC de 0,46 % ! Pour que le peuple ne se trompe pas de colère, encore faudrait-il que ses élus ne se trompent pas de combat. Ce monde est ce que nous en avons fait ou avons laissé faire. Mais il serait vain d’attendre de la dignité de la part de peuples dont les conditions de vie ne leur permettent plus de vivre dignement de leur travail, de se nourrir et de se soigner correctement, de pouvoir développer leur conscience et leur esprit critique autrement qu’à travers un gavage d’oie mesuré en temps de cerveau disponible.

La plus haute délinquance n’est pas celle qu’on désigne à la vindicte publique mais celle pratiquée en toute légalité par les véritables assistés, pontes, banksters et autres patrons-voyous. Dire que la finance n’a pas de visage est une tromperie éhontée. Elle a des visages et nous connaissons les noms. Alors c’est quand, le changement ?

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TER_bis, ter,tetra…

Tout le monde en parle. Qui en bien, qui en mal, c’est néanmoins bon signe et on va peut-être arriver à quelque chose, et transformer le peut-être en sans doute si on s’y met tous.

Nous regrettons que l’association Rassemblement des Démocrates, qui se veulent libres, égaux et solidaires, ne fasse pas davantage preuve de solidarité en se bornant à hurler avec les loups et désigner pour coupable le conseil Régional à travers son élu local d’opposition. Rien ne nous étonne cependant de leur part depuis qu’ils voient en maître et député Collard un interlocuteur acceptable. Libre à eux évidemment, chacun choisi son camp.

Relevons tout de même sur leur site qu’il leur semble «  indispensable que les mêmes forces de l’ordre soient présentes sur tout le territoire de la commune et sur le centre ville et ses plages en particulier. »

Signalons en écho l’intervention dudit Collard à l’Assemblée, du moins sa conclusion : «  M. Gilbert Collard remercie le ministre de l’intérieur, sans doute déjà averti par la Préfecture du Gard, de bien vouloir lui indiquer s’il compte renforcer rapidement les effectifs des forces de l’ordre et prendre toutes mesures administratives ressortant de sa compétence. »

Nous ne pensons pas que cela sera suffisant (supprimer le symptôme ne permet pas de comprendre la cause de la maladie), mais il semble clair que dans un premier temps cette présence sécuritaire serait à même d’enrayer une grande part des incivilités, et qu’elle est partagée par bon nombre de citoyens, quelles que soient leur appartenance politique.

Mais ne rêvons pas, nous ne sommes qu’à l’aube d’un véritable travail de fond à effectuer si nous ne voulons pas que cette situation dramatique se perpétue voire s’amplifie dans l’avenir. D’où la nécessité de se poser les bonnes questions, de rester en concertation et ne pas avoir peur de faire part de toutes les idées qui nous sembleraient bienvenues. On dit toujours que lorsqu’une question est bien posée on tient la moitié de la réponse.

« Je discute de ça avec mon fils qui me dit : «Ils se servent à boire ? On pourrait déjà mettre une fontaine…» Ah, une fontaine. Ce n’est sûrement pas LA solution mais ce n’est pas bête quand même. »

Cette phrase est extraite d’un autre article sur le train à 1€, sur le blog de Didier Caire (Élu EELV-les Verts à Aigues Mortes) et nous ne pouvons que vous inviter à aller lire cette autre réflexion de ceux qui se posent des questions et les partagent.

Une fontaine où l’on peut boire, c’est une idée parmi tant d’autres. Les vieux graulens se souviendront qu’il fut un temps où il y avait deux fontaines sur chaque quai, et une sur la place du marché, et une sur le front de mer, et une près de la gare… Ça permettait à une bande de jeunes assoiffés au sortir de la baignade de se désaltérer, plutôt qu’entrer à la queue leu leu dans un bistrot pour réclamer un verre d’eau, parfois à un moment pas favorable pour le patron ou les serveurs.Un exemple, rien qu’un exemple; une idée parmi tant d’autres. Regroupons-les ! Nous saurons bien faire le tri, non ?

http://camargue.europe-ecologie.net/2012/07/08/ter-1e-et-si-lon-posait-les-bonnes-questions/

Aigues-Mortes_le problème de la Salle Demessieux

L’élu municipal Didier Caire adresse un courrier aux responsables associatifs d’Aigues-Mortes. A Sémaphores nous pensons que la réflexion engagée par ce courrier ne se limite pas au microcosme aigues-mortais, ne serait-ce que parce que la CC Terre de Camargue se trouve concernée par le projet, sauf abandon de sa part en faveur de la seule municipalité d’Aigues-Mortes. Auquel cas le projet visiblement peu réfléchi et malgré tout coûteux d’une simple restauration de la salle Demessieux laisserait intacte la question : Bonato est-il le bon atout et peut-on être bon à tout ? Nous avons déjà noté dans un précédent article l’omni-présidence du maire des remparts dans les commissions concernant le budget, le tourisme, la culture… Mais lorsqu’en conseil municipal on peut entendre par la bouche d’un adjoint : «Nous, on ne travaille pas pour trois personnes qui lisent des livres…», on peut légitimement douter de ce que la polyvalence réclamée soit fort éloignée d’une poly-compétence. Sans nous étonner vraiment, ce n’est pas d’aujourd’hui que certains sortent leur révolver lorsqu’ils entendent le mot culture.

« Madame, Monsieur,

Je sollicite par la présente les président(e)s et principaux responsables associatifs d’Aigues-Mortes quant à l’affaire qui concerne l’avenir de la salle Jeanne Demessieux (ancienne halle de sports vis-à-vis de l’école Charles Gros).

Cette salle, propriété de la commune, était gérée jusqu’à ce jour par la Communauté de communes Terre de Camargue (CCTC). Elle vient de faire l’objet d’un arrêté préfectoral de fermeture administrative pour raison de sécurité en date du 31 mai 2012.

Son avenir fait l’objet d’un long contentieux entre la commune et la CCTC, la première demandant la remise à l’état initial, la seconde jugeant plus pertinent d’envisager une construction nouvelle.

Quelles sont les positions :

  • pour la commune : cette salle qui n’a plus d’utilité pour la CCTC (les élèves du collège vont à la salle Camargue) doit être rendue à la commune en bon état, elle est utile aux associations locales et c’est une question de principe;
  • pour la CCTC : cette salle est ancienne, elle fait partiellement double-emploi avec la salle Camargue, le coût de remise en état sera élevé. Il est préférable de s’engager dans un projet nouveau.

M. Rosso, président de la CCTC, écrit au maire d’Aigues-Mortes le 16 janvier 2012 pour préciser sa proposition :

«Aujourd’hui la salle Demessieux fait l’objet d’un avis défavorable d’exploitation et donc sa réouverture conditionne la réalisation de travaux qui ont été estimés pour un montant proche des 400 000 euros. Malgré ces travaux, il ne demeurera qu’un bâtiment dépassé architecturalement et dont sa fin de vie ne sera que repoussée. Face à ce constat, cette structure pourrait être démolie et repensée en lieu de vie, avec une bibliothèque, des salles qui pourraient accueillir un certain nombre d’associations locales, une salle d’exposition, de conférence, un kiosque multimédia par exemple, ou revêtir d’autres formes en fonction des motivations et de l’ambition portées par les élus.

En effet vous évoquiez dernièrement aux associations aigues-mortaises, le «déficit rencontré dans l’offre d’utilisation de salles», ce projet pourrait constituer une réponse à vos préoccupations.

De nos jours, les médiathèques/bibliothèques ne sont plus pensées comme des lieux exclusivement réservés aux livres, mais comme des lieux modulables, sociaux, ouverts sur la cité où le brassage des différentes composantes de la population s’exerce, avec des activités multiples et diverses. Cette conception engendre une nouvelle génération d’équipements mutualisés, à la recherche d’une transversalité et traduit une vision rénovée de l’éducation populaire. Lire la suite

Maitre Collard sur FN perché…

Courriel reçu de la part d’Auguste Victoria, candidat aux législatives sur notre 2ème circonscription.

« Bonsoir, quelques nouvelles du monde des législatives:
J’ai depuis près d’une semaine invité personnellement Monsieur Gilbert COLLARD à un débat public médiatisé pour développer et confronter nos programmes respectifs (le mien est celui des verts bien sûr) avec la grille d’analyse si chère à Marine LE PEN, à savoir « les valeurs humaines ».
N’ayant pas de réponse , je me suis permis de l’interpeller lui et sa remplaçante (à qui j’ai
aussi envoyé un courriel) samedi à 19h15 devant la salle Nicolas LASSERRE à AIGUES-MORTES.
Ils m’ont répondu en chœur  » je n’ai pas reçu le « mail », pas au courant !

A noter qu’il y avait 50 spectateurs dans la salle , c’est assez peu non ? à moins que ceux qui votent FN aient toujours peur de se montrer et de le montrer ? ça voudrait dire que le FN n’est pas un parti comme les autres…
Je doute qu’ils m’aient dit la vérité, aussi ai-je demandé à Monsieur COLLARD s’il avait été
comme moi invité à TV SUD pour un débat dans les conditions du direct, diffusé en différé, la semaine prochaine. Il m’a répondu « je ne sais pas, on est en train de voir, de s’organiser… »
J’ai le pressentiment qu’il va esquiver le débat (ça doit être une valeur du FN non ?) on
verra… en attendant la lutte continue !
J’ai été questionné par une journaliste de Mediapart sur EELV, le FN et le programme, puis elle est allée voir Monsieur MOURUT(UMP) qui était arrivé entre temps et qui lui, assistera au débat TV SUD.(on devrait être 6 je crois).

à suivre donc.
en attendant le débat, Auguste Victoria a aussi relayé et développé l’info sur son blog à Mediapart.
http://blogs.mediapart.fr/blog/auguste-victoria/280512/legislatives-2-eme-circonscription-du-gard-maitre-collard-sur-le-f

Et pour maintenir le Collard au chaud vous pouvez aussi vous rendre sur :
http://camargue.europe-ecologie.net/2012/05/25/collard-au-grand-coeur/
en prime vous y trouverez le lien vers une vidéo du maître-Collard-chanteur à l’époque où il se présentait à Vichy et préférait dire sa passion en chanson. Ne vous attendez pas à ce que le tube gagne l’Eurovision mais vous aurez au moins la preuve que le ridicule ne tue pas.

1893, l’Affaire d’Aigues Mortes

Claude Mazauric et Danielle Floutier

Le 29 mars à Vauvert, à l’occasion d’une réunion du Front de Gauche spécialement consacrée à la lutte contre le FN et le parachutage de Me Gilbert Collard sur notre 2ème circonscription, l’historien Claude Mazauric a rappelé brillamment et fort à propos cette « Affaire d’Aigues-Mortes » survenue il y a 120 ans, en 1893.

À Sémaphores, nous nous en étions faits les rapporteurs dès notre deuxième numéro de juin 1990 (voir fac-similé en fin d’article). Claude Mazauric nous donne l’occasion de le faire à nouveau à l’attention des jeunes générations et des nouveaux arrivants sur notre Terre de Camargue. Nous dédions particulièrement cette (re-) mise en pages à Étienne Mourrut, enfant du pays, qui n’a jamais raté une occasion de faire valoir les origines italiennes de bon nombre de graulens. Nous souhaitons à tous, y compris au parachuté Collard, la meilleure réflexion possible sur ce double thème de l’immigration et de l’intégration.

survol des Salins dans les années 30 (Les remparts sont en haut à droite)

« Rappelons le contexte économique :

Depuis 1891, l’économie française était engagée dans ce que les économistes appelaient la « grande dépression ». (…) Cela signifiait : mévente pour les agriculteurs, chômage pour les ouvriers, baisse coordonnée des salaires et des revenus populaires, donc tendance à la concurrence entre les travailleurs pour tenter de survivre en courant après l’emploi, même médiocre, en une époque où le syndicalisme libre n’avait que sept ans d’existence et la République était à peine consolidée.

On exploitait ici les salines de Petite Camargue dont l’industrie, l’élevage et la consommation urbaine avaient grand besoin. La Compagnie (privée) des Salins du Midi jouait de la concurrence entre les travailleurs susceptibles d’embauche pour le battage et le levage du sel.

Dès 1892, la préparation de la campagne de récolte du sel pour 1893 alla bon train. La Compagnie cherchait à peser sur la masse salariale en s’ingéniant à mettre en compétition les ouvriers saliniers de manière à les diviser et à réduire les salaires à la journée ou au forfait. Comment ? En recrutant des saliniers ne se connaissant pas et ne parlant pas la même langue, en favorisant l’enfermement dans les identités ethno-culturelles, voire religieuses, en mettant en compétition le coût salarial entre les divers groupes réunis autour de chefs redistributeurs du pactole espéré.

Trois catégories d’ouvriers des salines se mirent ainsi en place : les « ardéchois » (paysans pauvres du Gard, de l’Ardèche et de la Drôme, parlant souvent occitan et natifs du pays proche), les « piémontais » (Italiens de Ligurie et de Campanie, en réalité recrutés en « colle » au pays sous contrat oral temporaire et placés sous la houlette de chefs d’équipe, véritables rabatteurs au service des patrons), enfin des « trimards » semi-vagabonds de tous âges, ouvriers agricoles errants et désespérés, embauchés au jour pour la journée, envoyés au travail en complément des équipes précédentes… Lire la suite

Aigues Mortes, procédure irrégulière au vote du budget

 Groupe Local Camargue Gardoise

Communiqué de presse du 26 mars 2012

 

Le budget 2011 de la commune d’Aigues-Mortes annulé : les écologistes toujours vigilants sur les enjeux de la démocratie locale

Suite à une requête déposée par Didier Caire, élu EELV d’Aigues-Mortes, le Tribunal administratif de Nîmes vient d’annuler par un jugement du 22 mars 2012 le Budget Primitif de la commune d’Aigues-Mortes pour l’année écoulée.

C’est une décision rare qui sanctionne un manquement répété aux règles légales d’information et de participation des élus notamment minoritaires.

Il est prévu par la loi que dans les deux mois qui précèdent le vote du budget les élus sont convoqués pour un «débat sur les orientations budgétaires». L’élu écologiste estimait qu’une information insuffisante avait été fournie, sans aucune valeur ni chiffre ni élément d’analyse qui permette de débattre utilement. Il a été suivi par le juge qui estime «qu’ainsi, l’adoption du budget primitif de l’exercice 2011 est intervenue à l’issue d’une procédure irrégulière».

Le maire se voit donc contraint de proposer au conseil municipal de revoter un budget déjà exécuté. C’est une sanction qui affecte l’acte politique essentiel du conseil municipal, celui qui organise et planifie l’ensemble des dépenses et recettes pour toutes les actions et projets de l’année en cours. C’est au cœur de la gestion municipale actuelle qu’apparaissent des problèmes démocratiques majeurs.

Le plus inquiétant est que le maire a répondu à cette condamnation lors du conseil municipal du 15 mars dernier par un déni de réalité : il persiste dans son erreur, parle d’un jugement de « pure forme », pense qu’on lui fait un faux procès, et «que l’on perd du temps à ce petit jeu». Bref, il ne comprend pas.

Or il ne s’agit pas que d’une histoire de chiffres, mais des enjeux qui sont au cœur de la démocratie locale. Le débat d’orientation budgétaire est, en principe, un moment-clef dans la vie du conseil, celui où tous les élus, minoritaires et majoritaires, échangent et argumentent sur les grands axes du projet communal dans un esprit animé par l’intérêt général. Ce n’est clairement pas l’esprit qui prévaut dans la majorité actuelle.

Europe Ecologie Les Verts – Camargue gardoise

Pour plus d’informations, le site de l’élu : http://camargue.europe-ecologie.net/accueil/

 

 

Un projet de thalasso au cœur des salins

Le nom d’halothérapie pourrait induire en erreur : il ne s’agit pas ici d’un centre de soin et d’enjeux de santé publique. Mais de bien-être ou relaxation, de «zénitude» (!) nous dit-on, et d’investissements privés sur le créneau du tourisme de luxe. Aucun intérêt général ici sinon l’habituel chantage à l’emploi ; par contre des intérêts politiques et privés très évidents.

Tout ce qu’on devait craindre de la désindustrialisation progressive des Salins du Midi est ici à l’œuvre : de grands espaces devenus soi-disant «inutiles», l’appétit des promoteurs, l’alibi touristique et le chantage à l’emploi. Dans un contexte politique sans âme et sans projet, tout devient possible.

Le groupe Salins va-t-il arriver à faire à Aigues-Mortes, avec la complicité des élus locaux, ce qu’il n’est pas parvenu à faire dans le Var ou à Salin-de-Giraud : un grand complexe hôtelier, première étape, la plus difficile, avant d’autres à venir, parce qu’un tabou sera tombé.

Pour des raisons d’opportunité Salins vient de racheter 13 (treize) hectares aux domaines du Bosquet-Listel, 13 hectares de vignes productives, c’est à peu près la surface d’Aigues-Mortes intramuros : on peut en faire des projets…

Est-ce cela que nous voulons ? La Camargue du luxe et des riches oisifs à la place des vignes, des étangs et des salins ? Pour des intérêts privés nous sacrifierions nos paysages, notre identité ? On peut donc tout acheter avec un peu de poudre aux yeux ?

Et passez pour cela sur les petits et gros arrangements des élus, architecte et patrons ?

Qui est à la manœuvre ? Georges Frêche d’abord en 2008 qui dans un déclaration provocatrice annonce que «le sel c’est fini», puis son appareil politique qui suit, Bourquin (CR-LR) et Alary (CG30) qui accompagnent l’électoralisme de Bonato, qui en a fait son cheval de bataille. Puis nous avons les salins qui n’y croyaient même pas mais qui finissent par se dire que ça va peut-être être possible ! Et l’architecte François Fontès (celui de Port du Roy) est au cœur de ce jeu d’intérêts croisés : il rachète d’une main la moitié du Lairan, fournit de l’autre les plans du centre de bien-être et érige en toute illégalité des tentes luxueuses dans les dunes littorales de Brasinvert.

Nous disons qu’il faut arrêter, que ce petit monde déraille et déraisonne. Ce projet ne se fera pas parce que la loi ne le permet pas et que ces terrains sont et resteront inconstructibles. Mais comment, par quelle dérive, l’équipe municipale actuelle qui s’est présentée aux électeurs comme la plus hostile à l’urbanisation est-elle devenue une municipalité bétonneuse ?

ndlr: nous en profitons pour rappeler ici un article que nous avions mis en ligne le 16 octobre 2011  la camargue des riches

 

L’hyper-maire d’Aigues-Mortes

Il n’y a pas qu’au Grau que la tenue des conseils municipaux est parfois houleuse. A croire que, Vidourle oblige, il arrive que la houle remonte jusqu’aux remparts d’Aigues-Mortes. Il est temps que certains élus revisitent leur conception de la démocratie.

La récente disparition de Jean-Pierre Spiéro ayant laissé vacante la délégation à la culture, le maire Cédric BONATO a décidé de l’exercer lui-même. Si nous avions la certitude qu’il en ait la compétence, après tout pourquoi pas ? Mais de la même manière que nous avons vu naître un omni-président à la tête de la république allons-nous assister à la naissance d’hyper-maires ?

Au CM d’Aigues-Mortes, outre que l’adjoint à l’environnement, à l’économie et à l’emploi n’assume plus ses fonctions et n’est pas remplacé non plus, voilà que le jeune maire se retrouve à vouloir administrer directement les grandes questions stratégiques d’urbanisme, de finances, de culture, d’environnement, d’économie et d’emploi ! A quoi s’ajoute qu’il assure aussi une vice-présidence à la CCTC (Communauté de communes Terre de Camargue),à laquelle aucun élu aigues-mortais d’opposition n’est invité à siéger, malgré le siège là encore laissé vacant par J-P Spiéro, et malgré le fait que, selon Didier Caire, élu d’opposition EELV,  » sur les 14 conseillers communautaires aigues-mortais certains soient toujours absents et que la plupart des autres n’y font pas grand chose« , ce que nous avons pu vérifier d’après les comptes-rendus.

Tous les détails sur http://camargue.europe-ecologie.net/2012/03/18/reorganisation-de-lequipe-municipale-cm-du-15-03-12/

VENTE DES SALINS DU MIDI

Danielle FLOUTIER, candidate du Front de Gauche sur la 2ème circonscription du Gard, fait part de son intérêt autant que des soucis que nous partageons à propos du morcellement avant liquidation des Salins du Midi. Voici sa dernière lettre.

« Je voudrais réagir vivement à l’annonce de la mise à la vente des Salins du Midi. Lors de ma rencontre le 26 janvier avec les syndicats des Salins du Midi d’Aigues-Mortes, nous avons fait le constat qu’un plan de liquidation du site salinier était en place. Aujourd’hui, les propos apaisants de la municipalité et de la direction de l’entreprise ne peuvent plus masquer cette réalité.

La mise en vente des Salins du Midi s’inscrit dans un projet mûrement prémédité de liquidation de l’exploitation salinière et de livraison de ce site naturel exceptionnel à la spéculation financière et immobilière. C’est liquider plus de 150 emplois directs. Il faut arrêter l’hypocrisie et les vœux pieux, on ne peut pas parler de défense de l’exploitation salinière et accompagner les projets qui la détruisent. Chacun est placé devant ses responsabilités, la direction des Salins, la municipalité d’Aigues Mortes et le député de la circonscription.

Il faut empêcher ce mauvais coup contre l’emploi, l’industrie, et protéger l’activité des salins qui conditionne la préservation de ce site naturel exceptionnel. Les pouvoirs publics, les collectivités territoriales concernées ne doivent pas permettre la liquidation des salins et de ce patrimoine naturel. Ils doivent reprendre la maitrise publique de ce territoire et si nécessaire le préempter. Cela permettrait la poursuite, le développement et la diversification des activités sur le site, dans des conditions nouvelles. Préserver le statut social des salariés, l’activité salinière et le milieu naturel fragile, en respectant son unicité est essentiel. Déjà le conseil régional a fait connaître qu’il n’apporterait pas des fonds publics s’ils devaient servir à la suppression de l’activité salinière

Il faut maintenant aller plus vite et plus loin, geler la vente du site consulter les salariés de l’entreprise et la population et, avec toutes les parties concernées, mettre en place un véritable plan de développement et une commission d’enquête sur la gestion des fonds publics ainsi que sur l’utilisation des actifs des salins d’Aigues Mortes..

Protéger ce site salinier millénaire, patrimoines écologiques et économiques de la Camargue, est un enjeu humain, culturel et social. »  Danielle Floutier 1er Mars 2012.

Parmi les dangers immédiats (car des réalisations sont déjà en route), nous appelons nos lecteurs à découvrir ou se rafraîchir la mémoire avec l’article que nous avions publié le 16  octobre 2011 sous le titre « La Camargue des riches ».

Par ailleurs, sur ce sujet brûlant de la vente des Salins, lire cet autre article sur le blog de Didier Caire, élu municipal EELV d’Aigues Mortes : http://camargue.europe-ecologie.net/2012/03/04/les-salins-vendus-ou-mecenes/

Nous aurons l’occasion d’y revenir.

Saison des épinglages pour Étienne Mourrut

Il n’y a pas que la Cour des comptes qui prend note des retards de l’équipe Mourrut quant à la mise en conformité de la commune ou de la communauté de communes selon les lois en vigueur. Dans une longue lettre adressée au député-maire, l’élu Didier Caire (conseiller municipal à Aigues Mortes) pointe avec pertinence et forte argumentation quelques traits de laxisme de la part de la CCTC (communauté de communes Terre de Camargue) en matière de gestion de l’eau, qu’il s’agisse de l’eau potable, des eaux pluviales ou des eaux usées.

Concernant la première, il est regrettable de constater la lenteur de mise en place des normes pourtant en vigueur en matière de santé. « Des pesticides, écrit l’élu, – notamment l’atrazine – sont présents dans la nappe de la Vistrenque : la prise en compte de cette pollution a été très tardive par la CCTC malgré l’alerte constante des analyses. Ce n’est qu’après des dépassements répétés des normes admises que des décisions sont intervenues. Il a fallu solliciter une période dérogatoire de trois ans pour mettre en place en 2008 les premiers dispositifs de filtration à charbons actifs que nous venons de renouveler en 2011 pour un montant de 300 000 € sans solution pérenne. Le coût de ces traitements impacte le prix de l’eau. »

Est abordée également la question de la suppression des branchements en plomb : « Depuis des années cette action figure dans les rapports annuels SDEI / Lyonnaise des eaux comme projet, sans cesse remis, pour l’année suivante. Pourquoi ce retard à agir de la CCTC, pourquoi toujours attendre la contrainte ultime des échéances légales ? »

Concernant la gestion des eaux usées, Didier Caire rappelle que « le lagunage de St Laurent d’Aigouze était dimensionné pour 1500 équivalent/habitant, c’est-à-dire qu’il est saturé depuis plus de 15 ans. L’ignorance là-dessus était telle que l’ancien maire lui-même de la commune pensait que ses eaux usées étaient acheminées au Grau-du-Roi ! Encore une fois la CCTC agit le dos au mur avec un retard inquiétant. » Et d’ajouter : « Les problèmes de refoulement d’eaux usées dans l’étang de la Marette dont vous me dites qu’ils sont « faciles à résoudre » « dans les meilleurs délais » sont récurrents depuis le premier jour du raccordement des eaux d’Aigues-Mortes à la STEP il y a 11 ans. »

Le Vistre, comme le Vidourle, sont des cours d’eau parmi les plus pollué du sud de la France, à tel point que monsieur Mourrut a lui-même, ainsi que les maires de toutes les communes depuis Sommières, signé en 2011 un arrêté d’interdiction de toute pêche ou baignade sur ce cours d’eau suite à une pollution encore inexpliquée qui a causé la mort de plusieurs tonnes de poissons. Il en découle, mentionne l’élu Aigues-Mortais, que « la qualité des étangs littoraux, ressource halieutique, écologique et touristique, se dégrade également : les phénomènes de dysfonctionnement et d’eutrophisation se généralisent (Marette, Médard, Ponant, Rhône de St Roman). »

Enfin, concernant les eaux usées et la capacité épuratoire de la STEP du Grau-du-Roi, Didier Caire propose à juste titre de « passer au crible de l’esprit de précaution et d’anticipation » les rapports des techniciens qui soutiennent qu’une station prévue pour 100 000 équivalent/habitant peut en réalité traiter les effluents de 150 000 habitants. « Les élus ont-ils en main les éléments leur permettant de décider en connaissance de cause ? »

C’est effectivement une question qu’on peut se poser lorsque, venant sur la gestion de la Lyonnaise des Eaux (Véolia), l’élu se dit très inquiet lorsqu’au cours des débats « censés accompagner le vote sur le Rapport annuel sur le prix et la qualité du service il apparaît évident que la très grande majorité des élus n’ont pas lu le rapport. »

Outre le pointage de ces dysfonctionnements, cette lettre à monsieur Mourrut contient des propositions et des pistes de réflexion que la CCTC ferait bien de porter rapidement au débat. Nous ne pouvons que vous inciter vivement à la lire dans son intégralité : http://camargue.europe-ecologie.net/2012/02/24/reponse-a-e-mourrut-sur-la-communaute-de-communes/

 

Les salins d’Aigues Mortes sont-ils à vendre ?

Le projet de musée présenté à Aigues-Mortes par le Pdg de Salins, M. Pierre Lévi (cf ML 7-01-2012), s’inscrit dans un contexte, celui de graves inquiétudes sur l’avenir industriel du site.
La chronologie des faits est éloquente :

  • fermeture progressive depuis 25 ans de tous les salins de Méditerranée française, après les salins de l’Hérault, d’Hyères, de l’Aude
  • réduction volontaire de production des grands salins de Giraud et d’Aigues-Mortes
  •  vente du patrimoine productif : 6 000 ha à Giraud, 2 500 ha en 2011 à Aigues-Mortes
  •  suppression des emplois : malgré l’annulation judiciaire du plan social, 35 personnes sont déjà parties
  • délocalisation de la production : pour la première fois cet été du sel La Baleine a été conditionné en Italie avec du sel de Tunisie
  • absence d’investissement, développement de la sous-traitance, remise en cause permanente des accords sociaux

Lire l’article entier sur : http://camargue.europe-ecologie.net/2012/01/07/les-salins-daigues-mortes-sont-ils-a-vendre/