Grèce_le suivi

Suite à la démission d’Alexis Tsipras et à l’annonce d’élections législatives anticipées en Grèce le 20 septembre prochain, la plateforme de gauche de Syriza a publié la réponse suivante.

stop austeritéLa plateforme de gauche répond à Alexis Tsipras

Lors de son discours annonçant des élections anticipées, Alexis Tsipras est apparu avec un autre visage, complètement et radicalement opposé à ce qu’étaient jusqu’alors les engagements et les combats de Syriza.
La première et principale promesse d’Alexis Tsipras a été l’acquiescement au troisième Mémorandum d’austérité et de dure servitude du pays, un Mémorandum qu’il a accepté de signer sans consulter les membres et cadres exécutifs de Syriza.

Les élections décidées par Alexis Tsipras constituent un refus complet du « NON » fier lors du référendum. Elles sont une pierre tombale des luttes contre le mémorandum et les attentes anti-austéritaires du peuple. L’objectif de ces élections anticipées annoncées au milieu de l’été est non seulement de se débarrasser des engagements anti-Mémorandum de Syriza, mais aussi de demander au peuple grec de se mettre une corde autour du cou et d’approuver un nouveau Mémorandum en votant en faveur de Tsipras ou de Nouvelle démocratie ou du PASO ou de To Potami, les partis constituant le nouveau consensus pro-austéritaire.

Fidèle aux engagements de Syriza, en accord avec le « non » du peuple grec, la plateforme de gauche soulève haut la bannière de la lutte pour une alternative à la crise, pour la reconstruction productive et progressiste du pays.

La plateforme de gauche va contribuer immédiatement à la création d’un large front démocratique, progressiste et anti-Mémorandum qui se présentera aux élections afin de se battre pour l’annulation de toutes les Mémorandums et pour l’annulation de la majeure partie de la dette. Pour défendre le « NON » combatif du peuple grec lors du référendum du 5 juillet. Pour en finir avec l’austérité dans les salaires, les retraites et les dépenses sociales. Pour arrêter la liquidation des biens publics et des actifs de la Grèce. Pour orienter le pays dans une nouvelle voie d’indépendance nationale, de souveraineté, de reconstruction et dans une nouvelle trajectoire progressiste.  »
Jeudi 20 août 2015

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Lors d’une conférence organisée le 13 août 2015 à Lasalle par le Collectif cévenol de solidarité avec le peuple grec, Éric Toussaint a présenté son témoignage sur ce qui a amené le gouvernement Tsipras à capituler. 130 personnes étaient présentes.
Voici une vidéo de 37 minutes réalisée par Jean-Claude Carcenac qui reprend des extraits de la conférence qui a duré deux heures. La version complète de la conférence est également visible.

Dans la foulée de cette conférence, le cinéaste Philippe Menut, auteur de la Tourmente grecque, prépare avec Éric Toussaint une vidéo consacrée à l’explication de la capitulation. La conférence présentée à Lassalle constitue en quelque sorte une préparation de cette nouvelle vidéo.
À noter qu’au cours de cette conférence 800 euros ont été récoltés en soutien au dispensaire de santé d’Hellinikon à Athènes.

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Pour mémoire, le mercredi 8 juillet, le premier ministre grec Alexis Tsipras s’exprimait face au Parlement Européen ; on retrouvera la retranscription intégrale de son intervention en suivant le lien : http://blogs.mediapart.fr/blog/manon-t-aubry/080715/discours-dalexis-tsipras-face-au-parlement-europeen

TSIPRASPEI_8 juillet2015*=*=*=*=*=*

Et toujours pour mémoire, un petit panneau récapitulatif de la vraie question que tout citoyen et contribuable devrait se poser : comment peut-on accepter de continuer à discuter avec les têtes ci-après (pour ne citer que celles-là) ?

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Épandages médiatiques

Avec ses « épandages médiatiques », la plateforme de production d’informations Nada pointe du doigt le quotidien de la mal-info. Elle a publié une compilation d’éditoriaux et interviews diffusés par de grands médias qui ne semblent avoir qu’un but : flinguer Alexis Tsipras, le Premier ministre grec « d’extrême gauche », incarnation vivante du laxisme de l’État grec et des archaïsmes de son peuple. Voici les tontons flingueurs en action.

 

Gauche interdite

arton31973-df490_PolitisL’édito de Denis Sieffert du 16 juillet, Politis n°1362. (ndlr: le choix des illustrations est de Sémaphores)
La Grèce, ces jours-ci, c’est un peu la chèvre de Monsieur Seguin. Cette pauvrette qui, pour avoir voulu rester libre dans les pâturages, fut attaquée par le loup avec lequel elle batailla toute la nuit, avant de succomber, au petit matin, sous les crocs du carnassier. L’histoire d’Alexis Tsipras rappelle l’héroïsme vain de la chèvre du conte provençal. L’ennemi était féroce et le combat déséquilibré. Ce petit détour littéraire pour nous éviter deux écueils : le déni et le dépit. Il faut d’abord voir les choses en face : le Premier ministre grec a cédé sous les coups. Mais faut-il, de dépit, instruire son procès en trahison ? Évidemment, non. Alexis Tsipras s’est battu courageusement. Sans doute a-t-il commis des erreurs. Peut-être a-t-il sous-estimé la froide détermination de l’armada politico-financière qu’il avait face à lui. Peut-être a-t-il imaginé qu’un vague sentiment humanitaire ou démocratique arrêterait à un moment donné le rouleau compresseur. On sait qu’il n’en a rien été.

welcomeGAu bout de la nuit, il a dû faire un choix : défier l’implacable ministre allemand des Finances, Wolfgang Schaüble, grand ordonnateur du désastre grec, ou plier, en s’efforçant de sauver ce qui pouvait encore l’être, l’appartenance de la Grèce à la zone euro. Dans le premier cas, il faisait prévaloir son ego, mais entraînait son peuple dans une crise sociale et sanitaire dont il était impossible de mesurer les conséquences. Il a choisi la seconde voie, limitant un peu – très peu – la casse à court terme, mais essuyant une défaite qu’on ne manque pas de lui reprocher sur sa gauche. Et ne faisant peut-être que retarder le fameux « Grexit ». L’histoire jugera. Mais le vrai bilan de cet interminable conflit n’est pas pour demain. Surtout que nous avons tous été ballottés par les événements depuis un mois. J’évoquais voici deux semaines ce que j’appelais « la bataille d’interprétation ». Qui a gagné ? Qui a perdu ? Nous y sommes.

Et la presse et les politiques de droite s’en donnent à cœur joie. Ils ne se privent pas d’encaisser les dividendes du succès. L’intention est transparente : il s’agit de décourager les peuples européens de porter à leur tête un autre Tsipras. Ce n’était d’ailleurs pas loin d’être l’enjeu principal de la bataille. Électeurs espagnols, irlandais, français, à bon entendeur… Le message est clair. Si vous ne pliez pas, on vous brisera.
La violence des dirigeants allemands a sans aucun doute marqué les esprits. Mais dans quel sens ? Les futurs électeurs européens vont-ils être terrorisés ? Ou bien, au contraire, vont-ils se dire que tout cela est insupportable, et que l’Union européenne a révélé dans cette affaire son pire visage, et peut-être son vrai visage ?

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En tout cas, les leçons politiques de cette crise vont bien au-delà de la Grèce. C’est un peu comme si on venait de nous dire que, désormais, toute politique de gauche est interdite. Prohibée par un mystérieux décret. Et que nous sommes enfermés dans une prison idéologique qui n’autorise plus aucun choix. Mais, en vérité, tout ça n’est pas si nouveau. Les dirigeants allemands ont agi dans la grande tradition coloniale.

Ce régime, les pays africains l’ont enduré pendant un demi-siècle, et aujourd’hui encore : pillage, plans du FMI, réformes « structurelles »… On connaît la mécanique ! À cette différence près qu’en Afrique les puissances se sont toujours débrouillées pour mettre en place des potentats locaux aussi dociles que corrompus. Alors que le « petit » Tsipras, même vaincu, n’est pas leur homme lige (sa chute serait d’ailleurs leur ultime victoire). Ce retour à un colonialisme primaire au cœur de l’Europe doit nous inspirer quelques réflexions. Par exemple, celle-ci. L’un des arguments qui ont plaidé en faveur de la construction européenne, au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, c’est la lutte contre les nationalismes. C’est l’Europe, facteur de paix.

Or, que voit-on aujourd’hui ? Que livrée au libéralisme, elle est au contraire redevenue le théâtre de tous les nationalismes. Tantôt au nom de l’Europe, tantôt contre elle. L’Allemagne de M. Schaüble et du social-démocrate Sigmar Gabriel n’en est pas exempte. Et que dire de ses alliés finlandais, de droite et d’extrême droite, pour qui les Grecs méritent la même considération que les migrants érythréens ? Bref, la haine de classe, le mépris pour les peuples et le racisme font bon ménage. Où allons-nous de ce pas ?

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Synthèseman

Quant à François Hollande, il s’en tire bien. Il va glaner ici ou là quelques points dans les sondages. Il a admirablement joué les « go-between » et a su le faire savoir. Mais sur le fond ? Comme il l’a reconnu lors de son entretien du 14-Juillet (« J’ai dit à Alexis Tsipras : “aide-moi à t’aider” »), c’est sur la Grèce qu’il n’a cessé de faire pression afin qu’elle accepte les conditions qui lui étaient imposées. Peut-être a-t-il convaincu Tsipras de ne pas se lancer dans l’aventure de la sortie de l’euro. Mais, peut-être que Tsipras n’avait besoin de personne pour le comprendre… C’est en tout cas très insuffisant pour nous faire croire que la France a résisté à l’Allemagne, et qu’il s’agit là d’une grande victoire. Quoi qu’il en soit, la crise grecque marque un tournant. Toutes les forces de gauche – réellement de gauche – vont devoir d’urgence en tirer les leçons.

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Grèce_le suivi

 Quoi ? Un référendum en Grèce ?

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Mais plus sérieusement, voici une petite revue des articles que vous avez peut-être manqués ce lundi 29 juin 2015.

Le spectre de la démocratie dans les couloirs de Bruxelles

Blog de Jacques Sapir dans Marianne

« On ne peut, et on ne doit, préjuger du résultat de ce référendum. Il est même possible que, devenu sans objet, il ne se tienne pas. Mais on doit souligner qu’il représente le retour de la démocratie dans un espace européen dont elle était absente. De ce point de vue, l’initiative prise par Alexis Tsipras représentait la dernière chance d’introduire de la démocratie dans le système européen.

Il est aussi probable que les partis d’opposition, que ce soit Nouvelle Démocratie ainsi que le Parti de centre-gauche La Rivière (To Potami) protestent et cherchent à empêcher par divers recours légaux ce référendum d’avoir lieu. On ne peut plus exclure le fait que ces partis, avec l’aide des nervis fascistes d’Aube Dorée, ne tentent de déstabiliser le gouvernement grec. Ces réactions sont exemplaires des comportements antidémocratiques qui s’épanouissent aujourd’hui en Europe. Ils apportent de l’eau au moulin d’Alexis Tsipras. On sent comment les acteurs européistes de ce drame sont aujourd’hui terrorisés par le spectre de la démocratie.
(…)
Tsipras ne doit ainsi pas s’attendre à un quelconque soutien de la part de François Hollande, renvoyé sans ménagement à sa propre médiocrité et à ses basses compromissions, ni de celle d’Angela Merkel dont la politique est la véritable cause de cette crise. Mais il peut s’attendre au soutien de tous ceux qui, en Europe, se battent pour la démocratie et la souveraineté. »
Lire la suite sur le blog de Jacques Sapir

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Politis a choisi la bonne photo, accompagnée d’une aussi bonne question :

Voulez-vous vraiment être gouverné par ces gens ?

59575894-600x393-97aac_by Politis
« Il aura suffi d’une pichenette grecque, d’un simple bon vieux croche-patte à l’ancienne sous forme de référendum, pour que l’Europe laisse tomber ses derniers oripeaux de bienséance démocratique.
En témoigne cette réunion tragi-comique des ministres des Finances réunis en catastrophe le samedi 27 juin à Bruxelles, et qui vit la meute perdre totalement les pédales, désemparée et déchirée, ne sachant plus à quel saint financier se vouer, et allant jusqu’à exclure stupidement et par dépit, en toute illégalité, le mouton noir Varoufakis de sa très glauque cour de récré. »

« Une bande de petits dictateurs amateurs »

La suite sur Politis : http://www.politis.fr/Grece-quand-l-UE-perd-les-pedales,31726.html

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Du côté de Mediapart, c’est le philosophe Étienne Balibar qui a initié un appel de solidarité. Il n’est pas en concurrence avec ceux déjà existants mais vise prioritairement le champ « culturel ».
« Le peuple grec n’a pas un problème avec l’Europe. Lui et nous avons un problème avec ce pouvoir « européen » qui asservit et détruit l’Europe !
Nous ne croyons pas que le peuple grec soit coupable du doublement de sa dette publique en moins de dix ans (1). Ni qu’il doive payer cette dette artificiellement gonflée du saccage de ses droits sociaux, du naufrage de sa démocratie.

Depuis des années les pouvoirs nationaux et supranationaux qui contrôlent l’Union Européenne lui infligent une austérité assortie de « réformes structurelles » qui ruinent son économie et l’enfoncent dans une misère croissante.
Aujourd’hui, le peuple grec dans un sursaut de dignité et de lucidité a donné une majorité électorale à une gauche radicale étrangère aux corruptions et aux compromissions d’hier, qui a formé un gouvernement dont le mandat est de repousser les diktats de la « Troïka » (FMI, BCE, Commission européenne) et d’appliquer une politique de rupture avec cette austérité criminelle.

L’objectif des classes dirigeantes européennes est, non pas d’obliger à rembourser une dette dont tout le monde sait qu’elle ne peut l’être, qui n’a pour fonction que de drainer les fonds publics vers les banques, mais de contraindre le gouvernement d’Alexis Tsipras et de Syriza à la capitulation. Cela afin de pouvoir continuer à étrangler le peuple grec, condamné à mendier indéfiniment des prêts de plus en plus onéreux, et de faire la démonstration aux yeux de toute l’Europe qu’il est impossible de s’attaquer aux banques, de contester le pouvoir absolu des classes dirigeantes, d’ouvrir une alternative à l’austérité…

Lire ici : http://blogs.mediapart.fr/edition/que-vive-la-grece/article/290615/la-grece-au-coeur-de-l-europe

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Alexis Tsipras

Spécial Grèce_le suivi

Publié le juin 15, 2015 par Vangelis Goulas dans http://syriza-fr.org Traduction : Vassiliki Papadaki

A. Tsipras répond aux créanciers par une déclaration au Journal des Rédacteurs

a-tsipras1« Seul l’opportunisme politique apparaît derrière l’insistance des institutions sur de nouvelles coupes dans les retraites, après cinq ans de pillage par des mémorandums.
Le gouvernement grec arrive aux négociations avec un projet et des contre propositions bien étayées. Nous allons attendre patiemment jusqu’à ce que les institutions se rallient au réalisme.
Mais si certains perçoivent comme une faiblesse notre volonté sincère pour trouver une solution et les pas que nous avons fait pour couvrir les différends, qu’ils méditent:
Nous ne sommes pas seulement chargés d’une longue histoire de luttes. Nous portons aussi sur nos épaules la dignité d’un peuple et l’espoir des peuples d’Europe.
La charge est trop lourde pour être ignorée.
Il ne s’agit pas d’une obsession idéologique. C’est une question de démocratie.
Nous n’avons pas le droit d’enterrer la démocratie européenne au lieu de sa naissance ».

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MANIFESTATION À PARIS LE 20 JUIN

SEMAINE EUROPÉENNE DE SOUTIEN AU PEUPLE GREC DU 20 AU 27 JUIN

La tourmente grecque

Je lutteLa bande annonce de « Je lutte donc je suis », de Yannis Youlountas

Enfin, manière de lutter contre l’intox des médias dominants, le collectif audit-citoyen.org publie une « Réfutation argumentée des 8 idées reçues relatives à la dette grecque qui circulent dans les médias dominants afin de formater les esprits naïfs pas capables de prendre le recul indispensable et la distance critique. En la matière, Macron, Hollande et Sapin sont de grands spécialistes en matière de mauvaise foi bien que leurs arguments aient toute l’apparence de la vérité mais sont en réalité des mensonges) :
1. Idée reçue n°1 : Annuler la dette grecque: 636 € par Français ?
2. Idée reçue n°2 : Quand on doit, on rembourse ?
3. Idée reçue n°3 : Les Grecs se sont goinfrés, ils doivent payer ?
4. Idée reçue n°4 : On a aidé les Grecs, ils doivent nous remercier?
5. Idée reçue n°5 : La Grèce doit poursuivre les réformes engagées ?
6. Idée reçue n°6 : L’austérité, c’est dur mais ça finit par marcher ?
7. Idée reçue n°7 : Une cure d’austérité, c’est pas la mort ?
8. Idée reçue n°8 : De toutes façons la Grèce a déjà capitulé ?

A lire ici : http://www.audit-citoyen.org/?p=6374

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Discours d’Alexis Tsipras

Discours d’Alexis Tsipras devant l’Assemblée nationale grecque (5 juin 2015)

Débat parlementaire tenu à la demande du Premier ministre grec Alexis Tsipras, conformément à l’article 124Α du règlement de l’Assemblée nationale grecque, dans le but d’informer les membres du Parlement sur les négociations en cours.

Le discours intégral (traduit en français) est à lire ici : http://blogs.mediapart.fr/blog/dimitris-alexakis/080615/discours-d-alexis-tsipras-premier-ministre-grec-devant-l-assemblee-nationale-grecque-athenes

La vidéo (en grec, 28 mn) est ici : https://www.youtube.com/watch?v=J2P6r222n2I

 

Des nouvelles de la colonie grecque…

Il n’est plus tolérable que certains se comportent comme s’ils considéraient la Grèce comme une colonie.

« Il n’est plus tolérable que certains se comportent comme s’ils considéraient la Grèce comme une colonie, et les Grecs comme les parias de l’Europe, » a déclaré le Premier ministre Alexis Tsipras, dans son discours devant le groupe parlementaire de SYRIZA avant d’annoncer la candidature de Pr. Pavlopoulos à la présidence de la République.

Un jour après l’échec de l’Eurogroupe, A. Tsipras a réaffirmé les positions du gouvernement grec : «Nous travaillons dur pour aboutir à un accord loyal, mais qui exclut l’austérité, le mémorandum qui a ruiné la Grèce, la présence toxique de la troïka.[…] Toute autre solution équivaudrait à achever notre pays. Nous ne sommes pas les mandataires du passé, nous ne sommes pas des gestionnaires des mémorandums, le salut ne vient pas en persévérant dans l’erreur» a t-il déclaré en soulignant : «Nous recherchons une solution, et non l’affrontement pour l’affrontement. Notre seul objectif est de parvenir à une solution viable».

Faisant suite aux déclarations du ministre allemand des Finances, – qui a exprimé la peine qu’il éprouvait à savoir les grecs aux mains d’un gouvernement “irresponsable” – le Premier Ministre a estimé que les propos de Wolfgang Schäuble, marque d’une regrettable perte de son sang froid, ne sont pas seulement irrespectueux envers le gouvernement grec mais le sont surtout envers le peuple grec. «En toute amitié, ajoute-t-il, je voudrais lui conseiller de garder sa peine pour les peuples qui marchent courbés, et non pas pour ceux qui lèvent dignement la tête.

En dénonçant les manœuvres de certains milieux européens qui préfèrent mettre en danger la construction européenne en torpillant la négociation du gouvernement grec, il a évoqué le «curieux» remplacement du texte préparé par le commissaire aux finances Pierre Moscovici, 15 minutes avant l’ouverture de la réunion…. »

la suite ici : http://syriza-fr.org/2015/02/18/il-nest-plus-tolerable-que-certains-se-comportent-comme-sils-consideraient-la-grece-comme-une-colonie/

 

Le peuple grec ne cèdera pas

La commission de Bruxelles tente de bafouer la souveraineté et le libre choix du peuple grec

Le Parlement européen doit se saisir de son droit de contrôle et protester contre cette immixtion de la Commission européenne dans la vie intérieure d’un pays européen quelques jours avant une importante élection.

Alexis Tsipras : Le peuple grec ne cèdera pas au chantage et ne se laissera pas intimider

« Nous savons qu’une victoire de SYRIZA transformera la Grèce.

Ce sera aussi le début du changement en Europe.

Elle fera de notre pays un interlocuteur crédible.

Elle posera comme condition préalable à toute négociation à toute confrontation, à tout accord, la survie du pays et du peuple.

Que les milieux conservateurs de l’Europe, qui ont recommencé à mettre la main sur notre pays et notre démocratie ne se fassent pas d’illusions.

Nous, nous sommes des durs à cuire.
Mais le peuple grec non plus ne cède pas facilement au chantage et ne se laisse pas intimider.
Au contraire. Il s’obstine.

Qu’ils n’essaient plus, donc, de nous faire des chantages ou de nous intimider. Cela aurait l’effet contraire.
Ils pensent qu’ainsi ils vont limiter la victoire de SYRIZA.
C’est prendre leurs rêves pour des réalités.

Si les directoires européens continuent ainsi, loin de briser notre élan, ils vont accroître le mouvement de soutien populaire à notre faveur.
Qu’ils disent encore une fois qu’ils préfèrent les gens qui leur sont dociles et utiles plutôt que SYRIZA et ils déclencheront un véritable raz de marée pour notre parti.

Parce que les gens ne voteront pas simplement pour SYRIZA.
Ils voteront pour la Grèce
Ils voteront pour leur dignité.
Ils voteront pour l’espoir et l’avenir !

Et d’ici, depuis la Crète je veux faire une fois de plus faire passer le message à nos partenaires européens que la Grèce n’est pas un simple locataire dans notre grande maison commune qu’est l’Union européenne.
Non! Ils ne sont pas, eux, les propriétaires et nous les locataires.
Les gouvernements grecs ne joueront plus le rôle de sbires qui collectent pour eux des redevances.
Qu’ils se gardent de provoquer un peuple fier.

[…]

Car nous ne sommes pas seuls et nous ne serons pas seuls non plus quand il s’agira de négocier la dette ni quand il s’agira des démarches pour redresser le pays.

Le vent tourne en Europe. Les peuples redressent la tête, et demain les équilibres seront différents et plus encore après la victoire de SYRIZA. »

Traduction: Vassiliki Papadaki

L’Europe des assassins

Ndlr_sémaphores : cet article a été publié dans left.gr et a été traduit par Frédérique Bouvier. Aucun titre français n’y ayant fait écho (pas même Mediapart), c’est Pierre Magne qui a relayé l’info sur son blog. Nous en faisons suivre ces quelques extraits par une lettre qu’Alexis Tsipras (président du parti grec Syriza) adresse à Hermann Van Rompuy, président du Conseil Européen.

Jeudi 23 janvier à 10h20 du matin, sont arrivés au port du Pirée -porte E1 à bord du navire « Diagoras » – les rescapés du naufrage de Farmakonisi. En tout 12 personnes ont perdu la vie, tous des femmes et des enfants. Les dépouilles d’un enfant de 11 ans et d’une femme de 38 ans, qui étaient parmi les 12 migrants disparus au large de Farmakonisi, ont été repérées sur des plages turques.

« Ils ont vu les femmes et les enfants se noyer et ils n’ont rien fait « 

Les témoignages de ces réfugiés qui ont survécu donnent à la tragédie de Farmakonisi la dimension d’un crime abominable. Dans un témoignage bouleversant, un homme, qui a perdu sa femme et ses trois enfants, souligne que « la police portuaire les a délibérément jetés à la mer ». Comme il le dénonce, ils se sont efforcés de les noyer. Les survivants, en évoquant les victimes, demandent que les corps de leurs proches soient retrouvés. « Alors qu’il restait 100 mètres avant les côtes grecques, la police portuaire les a remorqués à grande vitesse et à un moment ils sont tombés à la mer. Encore, les hommes de la police portuaire les ont insultés, menacés avec leurs armes et les ont frappés », rapportent les survivants en décrivant la brutalité.

« Les hommes de la police portuaire ont frappé la barque des réfugiés avec leurs pieds en s’efforçant de la faire chavirer » témoignent avec effroi les survivants, parlant de menaces de la part du chef de la police portuaire. En effet, un homme de la police portuaire a empêché un enfant d’attraper un morceau de bois et d’être ainsi sauvé, a déclaré un des réfugiés. Les hommes de la police portuaire ont filmé les faits en vidéo et ont refusé de jeter des bouées de sauvetage à ceux qui noyaient. « Ils pouvaient sauver les nôtres et ils ne l’ont pas fait », déclare, accablé, un des naufragés sauvé.

 » Ils les ont repoussés et ne les ont pas laissé monter à bord du bateau de la police. Une femme dit que, alors qu’elle s’agrippait au pied d’un des policiers pour monter à bord, celui-ci l’a jetée à la mer d’un coup de pied et a même jeté à la mer son bébé de l’autre côté. » Les hommes de la police portuaire ont éteint le projecteur qui était alors allumé pour qu’on ne voit pas depuis les côtes turques ce qui se passait en mer »

Article entier ici  : http://blogs.mediapart.fr/blog/pierre-magne/260114/l-europe-des-assassins-l-europe-forteresse-12-migrants-assassines-noyes-au-large-de-la-mer-egee

 Lettre d’Alexis Tsipras à Herman van Rompuy : Il faut changer de politique migratoire européenne.

Monsieur le Président du Conseil Européen,

La disparition de centaines de migrants dans les mers de l’Europe du Sud continue de se produire à un rythme inquiétant. Après le drame de Lampedusa, neuf enfants et trois mères ont perdu de façon tragique la vie il y a quelques jours, au nord de la mer Égée.

Jusqu’à présent, les initiatives de l’Union Européenne destinées à la régulation du problème de la migration au niveau des pays de provenance n’ont eu aucune influence déterminante. Les projets de mise en application de la Déclaration de Barcelone ont été dans les faits abandonnés, sans atteindre aucun de leurs objectifs. A l’évidence, le dessein d’une aide aux pays de l’Afrique du Nord et du Moyen Orient destinée à l’amélioration de leurs économies et à la réduction de leurs chiffres de chômage, n’a pas atteint sa cible. C’était pourtant un moyen qui aurait pu abaisser le nombre de leurs citoyens, ayant pour seul recours l’émigration légale ou illégale vers l’Union européenne.

De surcroît, les guerres, qui constituent des facteurs déterminants de déclenchement des mouvements migratoires, ont été intensifiées autour de la Méditerranée et du Moyen Orient, en augmentant les flux et en multipliant le nombre de morts tragiques dans la mer Méditerranée. Lire la suite