Le danger d’Amazon

Noël approche et certains seront tentés d’offrir des livres, on ne peut que les en féliciter… mais pas sans mise en garde à l’attention de qui seront tentés de le faire en pensant que le top c’est Amazon.

Répétons-le : un livre s’achète ou se commande chez votre libraire le plus proche de chez vous.

Nous enfoncerions une porte déjà grandement ouverte en rappelant qu’acheter sur Amazon c’est favoriser l’évasion fiscale (votre argent part directement au Luxembourg), c’est cautionner, et particulièrement en cette période de Noël, des emplois précaires et des méthodes de management proches de l’esclavage, c’est contribuer à la disparition des librairies indépendantes, c’est favoriser la destruction programmée de la « chaîne du livre » qui va de l’éditeur à l’auteur en passant par le diffuseur, le commercial, le libraire, le bibliothécaire… L’entreprise Amazon se propose d’être tout ça à elle seule, d’ouvrir prochainement des librairies physiques en plus des virtuelles, domaine où elle compte bien être le symbole même du livre, si possible pour toute la planète.

Amazon, désormais propriétaire incontestable du LIVRE sur Internet

La course aux enchères aura été âprement jouée, mais dans la dernière ligne droite, c’est donc Amazon qui remporte le gros lot. En lice, différentes extensions de noms de domaine, pour lesquelles huit sociétés, y compris Bowker et Google, s’étaient lancées. Si le montant de la transaction n’a pas été dévoilé, les spéculations oscillent entre 5 et 10 millions de dollars. À présent, l’extension .BOOK appartient donc pleinement à Amazon.

Les concurrents n’étaient pas vraiment éditeurs, ni libraires, mais plutôt des sociétés high-tech, dont l’activité est de squatter des extensions, et de revendre ensuite des noms de domaine à des firmes qui avaient oublié de les réserver. À l’exception évidente de Bowker, société dérivée de Proquest, firme spécialisée dans la numérisation.

Il avait d’ailleurs été question de remettre en cause la vente de l’extension .BOOK : une société peut-elle acquérir un nom de domaine qui soit un terme générique ? Russel Pangborn, avocat général adjoint du commerce des marques chez Microsoft, était perplexe : selon lui, « cette situation menace l’ouverture et la liberté de l’Internet et pourrait avoir des conséquences nuisibles pour les utilisateurs du monde entier ».

Il n’y avait rien à faire. Rien ? Rien !

Concurrence déloyale, mais surtout, une démarche particulièrement coûteuse, pour faire partie de la petite liste des éligibles. Et plus chères encore sont les procédures de dépôts de dossier, pour s’opposer à la vente. « Il faut poser 5000 $ sur la table pour commencer la procédure, et présenter son dossier, qui est alors examiné par des experts. » Mais ces experts sont assez difficiles à identifier, et leurs honoraires défient l’imagination. « Mais quand bien même nous serions venus à bout des ces contraintes financières, un dossier ne permet pas de faire jurisprudence sur l’ensemble des autres termes. Déposer un dossier pour le terme BOOK, pourrait coûter plus de 20.000 $ et finalement, il faudrait recommencer avec READ, AUTHOR, etc. », nous expliquait la directrice de l’EIBF.

Il est donc possible que, prochainement, on voit apparaître sur la toile des incongruités comme www.fnac.book, ou www.sne.book, voire plus excitant encore, www.gallimard.book – sachant que toutes ces extensions découleront de la propriété d’Amazon. Les marques, pour éviter le cybersquatting, seront contraintes de verser leur écot à la société américaine.

Pour mémoire, Amazon avait dépensé 4,6 millions $ pour l’achat du .BUY, ce qui laisse envisager une fourchette très haute pour le .BOOK, bien plus désirable encore.

Article intégral à lire ici : https://www.actualitte.com/economie/amazon-desormais-proprietaire-incontestable-du-livre-sur-internet-53733.htm

Par ailleurs…

Nous convions tous les auteurs et illustrateurs pour la jeunesse à se fédérer autour des actions proposées par La Charte à l’occasion du Salon du livre et de la Presse Jeunesse de Montreuil, dès le soir de l’inauguration, le 26 novembre. Nous distribuerons des tee- shirts manifestes, qui reprendront le mot d’ordre lancé par le CPE en mars dernier, lors du Salon du Livre de Paris : « Les auteurs, bientôt tous à poil?». Deux tables rondes se tiendront le 1er décembre : l’une entre 12h et 13h pour faire le point sur la situation sociale des auteurs, et l’autre entre 15h30 et 16h30 pour présenter la Trousse de secours juridique pour auteurs en détresse, élaborée avec la SAIF.

article à lire ici : « À part quelques élus, la plupart des auteurs n’arrivent plus à vivre de leur métier »