Hollande pollue la COP21

Hollande pollue la COP21 et le climat des négociations

conf clim2015_Attac

28 mai 2015 | Par Maxime Combes

En proposant à des champions de la pollution de financer la conférence de l’ONU sur le changement climatique, le gouvernement offre sur un plateau, et à très bon prix, la possibilité à ces multinationales climaticides d’opérer de véritables opérations de greenwashing : aucune entreprise ne débloque des financements sans obtenir un retour sur investissement, notamment en termes d’image. Contre quelques euros, et avec l’onction de François Hollande et du gouvernement, voilà quelques champions de la pollution en mesure de faire croire qu’ils agissent pour le climat alors que tout montre le contraire. Pourtant, cela ne viendrait à l’idée de personne de sensé de faire financer une conférence internationale sur le tabagisme à des cigarettiers, pas plus que de confier le respect du code de la route à des chauffard.

Pas besoin de fonds privés !

Le gouvernement justifie ce choix en affirmant qu’il fallait « réduire le plus possible l’addition pour le contribuable ». Les données montrent le contraire : l’organisation de la COP21 doit coûter 170 millions d’euros. Le gouvernement veut que 20 % de ce budget, soit 34 millions d’euros proviennent d’entreprises privées. A titre de comparaison, le budget du prochain Euro2016 de football en France est de 1,7 milliard d’euros, dont environ 700 millions d’euros – 40 % du budget – proviennent de fonds publics. Pour l’Euro2016, le contribuable paiera donc 4 fois le budget de la COP21, et près de 20 fois le montant que le gouvernement voudrait récupérer pour la COP21 via les champions de la pollution.

Article intégral à lire ici (accès gratuit) : http://blogs.mediapart.fr/blog/maxime-combes/280515/hollande-pollue-la-cop21-et-le-climat-des-negociations

3031Mai

Ces monstres qui nous gouvernent

par Nolwenn Neveu

4 500 000 000 000 euros. C’est le montant déboursé par les États européens après la crise de 2008 pour éviter l’effondrement du système bancaire (1). Sur la seule année 2008, la France a mobilisé 360 milliards d’euros pour aider ses banques, un montant supérieur à son budget annuel.

Plus visible que d’autres, la crise de 2008 n’est pourtant que l’une des nombreuses crises bancaires et financières qui ont secoué l’économie mondiale depuis 1970. Outre les coûts directs du refinancement des banques dont les montants sont stratosphériques, ces crises à répétition ont des coûts indirects en raison de leurs répercussions sur l’économie réelle. Le FMI évalue les pertes à hauteur de 23% du PIB pour la zone euro depuis 1970, sur la même période les dettes publiques ont augmenté de 20%. Les contribuables d’hier ont payé, ceux d’aujourd’hui payent et, sans réforme, ceux de demain paieront eux aussi pour les banques.

Des aides publiques qui servent la spéculation

Après le cataclysme financier de 2008, le bon sens démocratique aurait exigé que l’on sonne la fin de la récréation pour les banques. D’aucuns se déclaraient d’ailleurs ennemis de la finance, d’autres exigeaient une ferme supervision des activités bancaires. Pourtant, le sauvetage des banques s’est fait sans conditions et les Etats européens n’ont pas saisi l’occasion qui leur était donnée de reprendre le contrôle sur l’oligarchie bancaire. Comble : l’État français via sa société de prise de participation, a englouti des milliards d’euros pour soutenir les banques en souscrivant des actions dites « de préférence », c’est-à-dire… sans droit de vote ! Pour seule contrepartie aux aides colossales apportées, les États ont timidement demandé aux banques de bien vouloir continuer à assurer leur fonction traditionnelle de financement de l’économie en accordant des prêts aux ménages et aux entreprises. Mais dans un contexte de crise économique, les ménages ne consommaient pas et les banques ont préféré durcir les conditions d’accès aux prêts pour les PME. Les milliards concédés aux banques ont alors servi à la spéculation sur les titres de dettes publiques dont on connait les conséquences dramatiques pour les populations.
Les accords de Bâle III, ou la loi bancaire de 2013 en France n’ont en rien modifié les structures, le fonctionnement ou la supervision des banques, toujours libres d’utiliser à leur guise l’argent des déposants pour leurs activités de financement à haut risque et de se débarrasser des créances douteuses via des produits dérivés ou la titrisation.

Dérégulation organisée par les pouvoirs publics Lire la suite

Maïs, armée et globalisation

Maïs, armée et globalisation: c’est le barrage du Testet, dans le Tarn

09 septembre 2014 |  Par Genevieve Azam

L’agriculture industrielle – ici à Sivens, dans le Tarn, celle du maïs – ne nécessite plus seulement de l’eau, des tracteurs, des engrais et pesticides. Elle doit éradiquer d’autres « nuisibles », des citoyens engagés, des « zadistes », des grévistes de la faim, certains enterrés, qui résistent face à une armada de machines guerrières hallucinantes, broyeuses géantes et bulldozers, encadrés de garnisons de gardes mobiles.

Gazez ! Voilà ce qui résonne des ordres de la police, à intervalles réguliers, pour supprimer les nuisibles et assurer la marche en avant des monstres lancés sur la forêt et ses occupants. Ici au Testet, il suffit de se poster tout près des garnisons en action pour voir défiler en condensé les promesses de l’agriculture productiviste.

Je voudrais revenir sur les bûcherons employés pour ouvrir le chemin des machines. Car oui, il n’y a pas seulement du gaz et des machines, il y a aussi des humains engagés dans cette guerre. Ce sont tous des ouvriers immigrés qui pénètrent la tête basse dans des véhicules immatriculés en Espagne, encadrés par la police et les gardes mobiles. On apprend sur le site que les congés maladie sont arrivés en nombre, vite remplacés par de la main d’œuvre en quasi-esclavage. Miracle de la globalisation et des sous-traitances, qui permettent à l’entreprise Sepso, certifiée développement durable, d’œuvrer en toute impunité. On peut d’ailleurs lire sur son site sa description du travail des bûcherons, un travail quasiment bucolique ! Ils devraient rajouter les risques du métier : dans la forêt du Testet, les bûcherons sont eux-mêmes sacrifiés et régulièrement gazés pour permettre la marche du progrès.

Le barrage de Sivens est le premier de la liste. Il est entièrement dédié à la culture du maïs dans une région, au sud de la France, où l’eau doit être gérée avec la plus grande sagesse, intelligence et ingéniosité, et ceci d’autant plus avec le changement climatique, comme l’indique le volume 4 du rapport récemment remis à la ministre de l’écologie, « Le climat de la France au 21è siècle, scénarios régionalisés », dirigé par Jean Jouzel.   Voir plus récemment l’article de Matthieu Schmitz : https://www.fournisseur-energie.com/actualites/changements-climatiques-enjeux/

Intérêts, opportunisme politique et bêtise se conjuguent dans un scénario insoutenable. Le barrage du Testet n’est pas seulement une cause locale, elle est une cause nationale et globale, à laquelle nous devons, partout où nous sommes et en mobilisant notre ingéniosité, opposer une résistance sans faille.

Geneviève Azam, porte-parole d’Attac-France

Sites à consulter : http://www.collectif-testet.org/ ; http://tantquilyauradesbouilles.wordpress.com/

 

Boycotter Unilever pour que vive Fralib

08 novembre 2013 |  Par ATTAC FRANCE

Nous, personnalités représentatives de diverses sensibilités, organisations et réseaux du mouvement social, politique et intellectuel, avons décidé, en accord avec les salariés de Fralib, de lancer un appel à la mobilisation citoyenne le samedi 7 décembre prochain. Nous proposons à toutes celles et ceux qui le veulent d’organiser localement ce jour-là des actions symboliques dans les supermarchés visant à populariser le boycott d’Unilever. Une page Facebook https://www.facebook.com/liberezelephant  est mise en place pour faciliter la coordination des actions au plan local. Merci à toutes et tous, et que vive l’Eléphant !

Une bonne idée d’action ? : cgt.fralibvivra.over-blog.com/pages/les-salaries-de-fralib-lancent-une-nouvelle-operation-boycott-de-lipton-4708808.html

Toutes les marques du Groupe UNILEVER sont identifiables avec ce logo :

L’appel 

Une entreprise industrielle ancrée dans son territoire, la Provence. Relançant par ses commandes une production locale et écologique de plantes– tilleul, verveine, menthe…- jusqu’alors en déshérence. Liée à ses fournisseurs et à ses clients par des relations commerciales équitables et durables, avec des prix justes. Fondée sur la démocratie interne et la participation de toutes et tous aux décisions.

Tel est le projet des travailleurs de Fralib à Géménos, près de Marseille, qui veulent relancer leur entreprise sous forme de coopérative. Depuis trois ans, elles et ils luttent pour obtenir de leur ancien employeur, la multinationale Unilever, le soutien minimum dont ils ont besoin pour se lancer : la cession du nom de marque « Éléphant », qu’Unilever a décidé de faire disparaitre au profit de LIPTON marque milliardaire du Groupe, et un certain volume de commandes pendant la période de démarrage.

Mais Unilever ne veut rien savoir. Lire la suite

L’ignoble politique de Valls

mise à jour jeudi 17 octobre_17 h

L’impunité de Manuel Valls au gouvernement vient de prendre fin. Mercredi, le premier ministre Jean-Marc Ayrault l’a clairement démenti en annonçant qu’en cas de « faute », l’arrêté de reconduite à la frontière de la famille de Léonarda sera « annulé ». Un signe de la fracture provoquée par la politique de Manuel Valls au sein du gouvernement.

mise à jour mercredi 16 octobre_18 h

Mercredi 9 octobre dans le Doubs, Léonarda Dibrani, une élève de 15 ans a été interpelée dans le cadre d’une sortie scolaire avant d’être expulsée du territoire. Elle était Rom.

Ainsi ne suffit-il pas à Manuel Valls de décréter que les Roms ne veulent pas s’intégrer. S’il en trouve qui le sont, alors il les pourchasse jusque dans les écoles. Pour les désintégrer ?

Cette politique inhumaine est une honte pour la France et salit la République. Elle renvoie à des pratiques qui rappellent les heures les plus tragiques de notre histoire. Décidément, la lepénisation des esprits a pris ses quartiers place Beauvau. Car ne nous y trompons pas,derrière les expulsions, il s’agit bien de chasse aux pauvres et de contamination brune.

Il aura fallu 24 heures pour qu’on puisse lire dans Libé les premières réactions outragées de responsables socialistes. «C’est en contradiction totale avec les instructions données», s’élève Sandrine Mazetier, chargée des questions d’immigration au PS. «J’ai dit qu’il fallait se rapprocher très vite du ministre de l’Intérieur, de voir ce qui pourrait être fait pour rattraper cet excès de zèle, explique Laurence Rossignol, porte-parole du PS. Au BN, tout le monde était d’accord pour dire qu’il y a eu une bavure.»

Ah bon ? Il n’y a qu’une bavure qui fasse réfléchir les guignols solfériniens ? Le reste des démantèlements de campements est devenu une routine assumée, une possible politique dite de gauche…

D’Anne Hidalgo, pour qui « Paris ne doit pas devenir un campement géant de Roms », jusqu’à NKM qui déclare que les Roms font du harcèlement de Parisiens », c’est la même musique, une escalade de petites phrases qui voudrait installer progressivement l’idée qu’il y a un problème Roms en France. Mais il suffit d’échanger le terme « Roms » par celui de « juifs » ou d’ »arabes » et peut-être mesurerons-nous mieux la gravité de la vague brune qui menace l’idéal républicain.

À Sémaphores, nous préférons penser comme Éric Coquerel qu’« Il y a plus de délinquants dans les 500 plus grandes fortunes que dans n’importe quel camp de Roms »

photo extraite du film La rafle

Daniel Schneidermann a titré sa chronique matinale de ce 16 octobre :  Leonarda, la politique du chiffre a un prénom

 « Deux récits. Un récit du terrain, diffusé par Internet, hors des médias établis (lesquels ont pris l’affaire en marche avec quelques cahots, le journal matinal de France Inter s’étant par exemple ouvert sur un « Et revoilà le dossier des Roms »). Et la version officielle de l’administration, lénifiante comme toutes les versions officielles. Diffusé le premier, contraignant le second à la défensive, le récit de RESF a gagné la bataille du storytelling, forçant les socialistes à la position impossible de se dresser contre l’exécution de décisions de justice, et de feindre de se réveiller contre les conséquences d’une politique du chiffre en matière d’expulsions, la même que sous Sarkozy, qu’ils endossent sans broncher depuis un an.

Cette politique a maintenant un prénom. Valls a désormais sur les bras l’expulsion de Leonarda, comme Hortefeux avait été éclaboussé du sang du petit Ivan, défenestré en 2007 pour échapper à la police. C’est moins grave ? Léonarda est toujours vivante ? Valls va peut-être devoir annuler l’expulsion ? Peut-être. Mais ce pouvoir, comme le précédent, n’est pas à l’abri d’une nouvelle affaire Ivan. On frémit en tout cas à l’idée que la version Valls aurait pu être la seule (ou même la première) disponible. »

Lire le récit très détaillé du Réseau Éducation Sans Frontières : http://www.educationsansfrontieres.org/article47712.html

Sur Médiapart, le récit d’une enseignante parmi d’autres…

Les Roms, invisibles de l’école

Dans chacune de mes classes, depuis 5 ou 6 ans, il y a 3 ou 4 élèves silencieux, assis tout au fond, sages et perdus. Quel que soit le niveau, de la 6è à la 3è, ils me regardent et m’écoutent sagement. Fidèles, ils sont là, chaque année mais toujours aussi perdus. Ils peuvent aussi disparaître du jour au lendemain… Parfois, l’un d’entre eux dit quelques mots, semble comprendre de petites choses. Mais le plus souvent, ils savent à peine dire bonjour, se font tout petits et ne demandent jamais rien. Des cibles idéales, en somme.

Ils sont parfois en France depuis longtemps, mais ne sont scolarisés que depuis peu : c’est la condition pour que leurs parents aient un logement. Éparpillés dans toutes les classes, ils se retrouvent à la récré, à la cantine, et, surtout, dehors. Là, si on habite dans le quartier, on aperçoit les filles qui portent de gros bidons et marchent jusqu’à un campement. Pendant que d’autres traînent dans la cité, jouent à la console ou au ballon, elles marchent, portent l’eau si précieuse sur des kilomètres. Elles ont 8, 10, 14 ans. Et quand elles m’aperçoivent, elles me saluent en riant, un peu étonnées.  Lire la suite

l’AyrautPort et Notre Drame d’holLandes

Répression en cours à Notre Dame des Landes… Silence radio ou presque des grands médias censés nous informer…

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Aéroport Notre-Dame des Landes : la violence doit cesser

Communiqué EELV du 30 octobre 2012

Alors que l’État poursuit avec violence ce qu’il appelle une opération de « nettoyage » sur le site de Notre-Dame-des-Landes, Europe Écologie Les Verts exige l’arrêt immédiat des opérations de destructions en cours et appelle au retour à la raison. L’avis de la commission d’enquête paru vendredi dernier est en fait un véritable coup d’arrêt au projet.

EELV condamne l’évacuation de personnes, la destruction de maisons, la dégradation de cultures et les atteintes à l’environnement. L’entêtement irraisonné du gouvernement à poursuivre cette démonstration de force ne pouvait que produire l’escalade de violence à laquelle nous assistons et qui a ce matin encore provoqué des blessés.

La Commission d’enquête interdit le démarrage des travaux

Pour qui sait le lire, l’« avis favorable » de la Commission d’enquête en charge de l’examen des dossiers d’autorisation relatifs à la Loi sur l’Eau porte en fait un véritable coup d’arrêt au projet de nouvel aéroport. La Commission a en effet émis deux réserves de taille à la poursuite des procédures, et demande expressément que les travaux ne commencent pas avant que celles-ci n’aient été levées.

La première réserve concerne la méthodologie proposée pour compenser les préjudices écologiques générés par la construction du nouvel aéroport. La Commission d’enquête souligne son caractère « très expérimental » et demande qu’un comité scientifique puisse étudier de près ce qui est proposé par le maître d’ouvrage.

La seconde réserve met le doigt sur l’absence de maîtrise foncière des porteurs de projet : sans un accord clair avec la profession agricole, elle souligne qu’aucune garantie n’est apportée à la mise en œuvre des mesures compensatoires annoncées.

Et la Commission d’enquête insiste sur l’urgence de lever ces deux réserves avant le début des travaux, qui entraineraient des dommages irréversibles.

Un passage en force

Pour Europe Écologie Les Verts, l’avis de la Commission d’enquête doit ouvrir les yeux aux porteurs du projet. L’État doit cesser immédiatement les destructions en cours, qui créent la situation irréversible que craint la Commission d’enquête, dans un processus de passage en force mis au service d’un projet inacceptable.

Assuré que les réserves émises par la Commission d’enquête ne pourront être levées dans la situation actuelle, Europe Écologie Les Verts lance un appel à la raison et à la réflexion collective sur un projet alternatif et sensé !
Appel à une grande mobilisation de terrain

D’ores et déjà, Europe Écologie Les Verts appelle à la poursuite de la mobilisation contre ce projet inutile sur le terrain et invite toutes les organisations associatives, syndicales et partis politiques à s’unir pour une action de plus grande ampleur.

Elise LOWY, Jean-Philippe MAGNEN, Porte-parole EELV

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Notre Dame des Landes : c’est « l’Ayraultport » qu’il faut expulser !

Publié le 30 octobre 2012 – 17:43 communiqué d’ ATTAC France

Ce matin, depuis 8 h, des centaines de gardes mobiles tentent d’expulser les habitants du lieu-dit La Saulce à Notre Dame des Landes et continuent de détruire des maisons occupées. Ils rencontrent une résistance déterminée de la part des habitants et des citoyens venus les soutenir. Attac France condamne la répression employée face à cette résistance légitime. Elle soutient la lutte des opposants face aux appétits dévastateurs de la multinationale Vinci et exige l’arrêt immédiat des expulsions et des destructions.

Les forces de l’ordre mobilisées sont disproportionnées et n’hésitent pas à utiliser la violence, en témoigne ce qui est arrivé à Geneviève Coiffard-Grosdoy militante d’Attac, dangereuse « anarchiste » de 65 ans pour 1m50 ! Le 24 octobre dernier elle tentait de filmer la destruction du toit de la maison de la Gaîté. Elle s’est fait « maîtriser », puis violemment arracher son caméscope au prix d’une fracture du doigt et de 21 jours d’ITT (interruption totale de travail).

Malgré cette violence, les opposants à l’aéroport sont de plus en plus nombreux à se mobiliser. La solidarité s’organise : depuis plusieurs jours, des centaines de personnes apportent nourriture, vêtements, et matériel, pour participer à cette lutte. Des gens du coin, mais également des gens venus de loin, car la mobilisation face à ce projet d’aéroport, écologiquement désastreux, budgétairement stupide et socialement injuste prend une dimension nationale.

Cette lutte exemplaire, vieille de plusieurs dizaines d’années, devient jour après jour un symbole de la résistance à un modèle de développement destructeur de la nature et des liens sociaux. Un modèle au service de la rentabilité des capitaux, puisque c’est pour installer « l’Ayraultport de Vinci » que des centaines de personnes vont être expulsées, des paysans mis sur la paille et des milliers d’hectares de bocage massacrés.

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Voici le témoignage de Geneviève, militante d’Attac citée dans leur communiqué :

Chers amis
vers 16h sur la zone, un couple de paysans chez qui j’envoyais des mails a reçu un appel d’un voisin : il a été témoin du fait que les gendarmes avaient cisaillé des barbelés et barrières, et dispersé des génisses (ils font volontairement des dégâts pour en accuser ensuite les ’squatters’) J’y suis allée avec les copains pour regrouper les bêtes et prendre des images.

Je fais court sur les circonstances, mais je me suis fait arracher mon caméscope, et fracturé la main gauche (je ne voulais pas lâcher l’appareil). Nous avons, non sans mal, récupéré le caméscope. Je suis ensuite allée voir le toubib pour constatations (il était alors presque 19h), avec des radios à faire ensuite.

Étonnant tout de même que ces gros ‘poulets’ aux hormones, soi-disant formés au maintien de l’ordre et à assurer notre ’sécurité’, soient incapables de maîtriser sans dégâts une nana de 65 ans, 1,53 m de haut et parfaitement non-violente…

En attendant, je ne suis plus sur la zone, et je tape avec la main droite et un doigt de la gauche.
Je vais bien… dans ma tête et mes pompes… ni héroïne…, ni martyre… juste (très légère) victime conjoncturelle de la répression policière.

La solidarité continue.

PS. j’ai une fracture, et 21 jours d’interruption temporaire de travail, et bien sur je vais porter plainte, à 21 jours, ils auront du mal à classer sans suite ; la nouvelle peut circuler.

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Pour rappel : Une vidéo du 7 septembre 2012, à NDDL, avec la participation de Pascal Durand.


Pascal Durand NDDL 7 septembre 2012 V2 par JeanMichelBraud

Quelques éléments économiques, par Jean Gadrey, professeur émérite d’économie à l’Université Lille :

L’AyrautPort de NDDL ou la destructrice folie des grandeurs des barons locaux

Tout est à jeter dans ce projet démesuré et destructeur, qui a débuté en… 1963, à l’époque du Concorde. Un projet auquel Jean-Marc Ayrault entend, depuis les années 1990, voir son nom attaché. Veut-il entrer dans l’histoire à reculons en imposant par une occupation policière un projet largement rejeté, sauf par le « business as usual » ? Il existe d’autres façons de marquer son temps.

1) L’avenir du transport aérien dans un contexte de pic du pétrole et de montée inéluctable de politiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre est sombre, ce que veulent ignorer les avocats du projet, qui croient à l’avenir radieux du low cost (des champions du travail low quality) en fermant les yeux sur ces arguments.

Pour être à la hauteur des données du GIEC, ce qui n’éviterait pas un réchauffement déjà très marqué, mais pourrait permettre de ne pas franchir des seuils catastrophiques pour l’humanité, la France et l’Europe devraient diminuer leurs émissions de GES de 40 % d’ici 2020 et de 90 % d’ici 2050. Il faudra donc planifier une décroissance nette du transport aérien, énorme émetteur par kilomètre et par passager : en gros, un kilomètre en avion émet, par passager, autant qu’un kilomètre en voiture si vous êtes seul à bord.

2) Les aéroports surdimensionnés qui fonctionnent avec un trafic insuffisant sont légion en Espagne et dans les pays du Maghreb. Mais il en existe en France aussi, par exemple celui d’Angers, qui fonctionne à 15 % de sa capacité, à 36 minutes de Nantes en TGV. Quant à l’aéroport actuel, il n’est pas saturé. Oui, il engendre des nuisances sonores. Mais les opposants au projet proposent une très raisonnable réorientation de la piste de l’aéroport actuel, supprimant le survol de Nantes. Et puis il y aura de moins en moins de vols aériens dans les décennies qui viennent… si on mène une vraie politique de transition écologique et sociale, réductrice d’innombrables autres nuisances.

3) La population régionale n’en veut pas. Avec toutes les limites des sondages en ligne, Presse Océan a obtenu récemment 60 % de contre et 37 % de pour, sur 4000 votants, chiffres arrêtés au 17 octobre 2012. D’autres sondages d’années précédentes indiquent une semblable opposition. Par ailleurs, au niveau national, un sondage BVA du début 2010 montrait qu’une large majorité de Français (71%) estimait en général « inopportun » de construire de nouveaux aéroports en France. Quant au défunt Grenelle de l’environnement, ses conclusions prévoyaient de ne pas augmenter les capacités aéroportuaires en France.

4) Le coût du projet est notoirement sous-estimé. Si l’on y met vraiment tout, les dessertes et autres infrastructures (ferroviaires, etc.), c’est peut-être à l’arrivée un projet coûtant entre 2 et 3 milliards d’euros (4 milliards selon le Canard enchaîné), dans un contexte d’endettement à risque des collectivités. N’ont-elles pas mieux à faire de que financer de grands projets largement nuisibles ?

5) Ce sera, dit-on un aéroport écologique ! Cela me fait penser à Rama Yade, alors Secrétaire d’État aux sports, qui voulait promouvoir un circuit de Formule 1 « vert »…

Les Amis de la Terre ont décerné les 4ème Prix Pinocchio du développement durable le 17 novembre 2011. Près de 13 000 internautes se sont exprimés. Vinci a obtenu 43 % des votes pour ses efforts de « verdissement » du projet d’aéroport de NDDL. Afin de compenser la destruction massive de terres agricoles, Vinci se contente de créer un observatoire agricole, une ferme de démonstration en face des parkings et une AMAP afin d’« encourager l’agriculture durable » …

6) En fait, plus de 2000 ha de terrains agricoles seraient sacrifiés, au moment où il faudrait rapprocher les zones de production maraîchère des grands centres urbains.

7) Un collectif d’élu-e-s opposé-e-s au projet a été créé en juin 2009. Il réunit actuellement près de 1000 élu-e-s de familles politiques diverses. Ce collectif a financé une étude économique réalisée par un cabinet d’étude indépendant dont la conclusion est sans appel : le projet ne se justifie pas non plus économiquement.

Voici juste quelques extraits (vous pouvez télécharger le fichier pdf via ce lien etudenddl.pdf, il fait 50 pages) :

« Tous les scénarios sur lesquels les projections sont fondées supposent que les coûts de l’aviation vont continuer à décroître dans les prochaines décennies. »

« Une analyse des données de trafic des aéroports européens montre que le nombre de passagers par vol à Nantes Atlantique est plutôt faible pour un aéroport de cette taille. »

« En corrigeant la valeur extrêmement élevée donnée au temps et en tenant compte des projections sur le prix du pétrole et de l’introduction de l’aviation dans le marché européen des quotas d’émissions (ETS), LES COUTS D’UN NOUVEL AEROPORT A NOTRE DAME DES LANDES SONT SUPERIEURS AUX BENEFICES… Si, en outre, les coûts de construction sont 40 % plus élevés que prévu, ce qui est la moyenne des dépassements de coûts pour ces travaux d’infrastructures importantes, les coûts excèdent très largement les bénéfices. »

« En résumé, sur la base de cette étude, l’optimisation de Nantes Atlantique apparaît plus génératrice de richesses pour la France que la construction d’un nouvel aéroport à Notre Dame des Landes. »

8) Preuve de plus du déni de démocratie, il y a quelques jours, plus de 1 000 gendarmes et CRS ont été déployés pour expulser violemment quelques dizaines de personnes, détruire quelques maisons occupées, saccageant bocage et zones humides.

9) Et pourtant, sur place, ce ne sont pas les « petits projets utiles » qui manquent, ni les bras et les têtes pour les faire vivre : agroécologie, AMAP, circuits courts, relocalisation d’activités économiques et sociales, monnaies locales, expérimentations et transitions énergétiques, habitats groupés et écologiques, préservation des semences paysannes…

Source : http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/ayrautport-de-nddl-ou-la-destructrice-folie-des-grandeurs-des-barons-locaux/

Autre blog intéressant et documenté : http://www.superno.com/blog/2012/10/assourdissant-silence-mediatique-sur-la-guerre-civile-contre-lecologie-a-layraultport-de-notre-dame-des-landes/

le Nobel de l’humour noir

On aura tout entendu ! L’ Union Européenne se voit décerner le prix Nobel de la Paix ! Commençons par noter que le prix du père dynamite est particulièrement incongru pour récompenser la paix. Ce n’est pas la première fois qu’il est décerné n’importe comment, souvenons-nous qu’Obama le reçut en son tour avant d’avoir rien fait, rien dit, juste accédé à la présidence du pays le plus guerrier du monde ! Ce Nobel devient ignoble, il a à peu près la même valeur que la légion d’honneur française : il vaut mieux ne plus mériter ces hochets des fausses républiques. Non, l’UE n’est pas une force de paix internationale, elle a même été, avec ses pays membres et l’OTAN, actrice des conflits internationaux majeurs de la période récompensée.

Parmi les premières réactions, Jean-Luc Mélenchon a décerné « le prix de l’humour noir » au comité Nobel.  » On comprend qu’elle n’ait pas reçu le prix Nobel d’économie tant sa politique aggrave la crise et le chômage. Certes, l’Union européenne a garanti la paix aux marchés financiers, aux spéculateurs et aux profits bancaires. Mais ne mène-t-elle pas une guerre contre les peuples qui la composent et leurs droits sociaux ? Dans ces conditions, autant lui accorder aussi le prix Nobel de littérature pour la qualité littéraire de ses traités. Le comité Nobel mérite quant à lui, le prix Nobel de l’humour noir ! « 

La réaction d’Attac-France et international :

Comment donner le prix Nobel de la paix à une Union européenne forteresse qui mène une politique de fermeture de ses frontières faisant des milliers de victimes ? Une Union qui s’engage à « améliorer progressivement ses capacités militaires (art. 42.3 du TUE) et qui reconnaît la suprématie de l’OTAN ? Qu’en pensent les peuples qui subissent sa stratégie d’exportation commerciale agressive par la signature d’Accords de partenariat économique qui laminent, par la libéralisation des marchés, des secteurs économiques entiers dans les pays du Sud ?

Enfin, qu’en pensent les millions de citoyens qui se mobilisent depuis deux ans, sur les places publiques en Grèce, en Espagne ou au Portugal, contre la destruction de leurs droits sociaux et les décisions de la Troïka, Commission et Banque centrale en tête ? Attac Norvège rappelle qu’actuellement « ceux qui manifestent contre les politiques néolibérales de l’Union européenne et les plans d’austérité subissent une répression policière brutale« .

Plutôt qu’un prix Nobel de la paix, nous proposons de décerner à l’Union européenne un prix Nobel de l’austérité. Les politiques d’austérité mises en œuvre depuis deux ans n’ont fait qu’aggraver la situation des pays qui les subissent. Elles creusent ainsi l’écart entre les pays « du centre » et ceux « de la périphérie ». Elles renforcent les nationalismes ambiants et accentuent la guerre économique, en mettant grandement en danger la construction d’une Europe de solidarité et de coopération, qu’Attac France défend, avec tous les autres Attac d’Europe.

Attac France, le 12 octobre 2012.

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et pendant ce temps là… réaction d’un ami grec :

« Cela fait maintenant 37 jours que des députés néonazis de l’Aube Dorée ont tabassé des vendeurs étrangers sur les marchés de Rafina et Missolonghi. Ces évènements ont été enregistrés sur des vidéos. Mais il ne se passe rien.

Un quatrième sondage place le groupuscule néonazi en 3ème position, devant le PASOK. Et il ne se passe rien.

Un ami chômeur en formation informatique dans un bureau pour l’emploi m’a dit dernièrement : « Il y a un bureau de l’Aube Dorée à côté du bureau pour l’emploi. Nous sommes 20 dans la formation. 18 sont pour l’Aube Dorée ». Et il ne se passe rien.

Ah si ! L’ Union Européenne vient de recevoir le prix Nobel de la paix! »

Et dire qu’en France les socialistes commencent à peine à s’inquiéter de la montée de l’extrême droite et se demandent pourquoi ! Doivent pas se souvenir de la stratégie irresponsable de Tonton Mitterrand… et z’ont déjà oublié l’odieux chantage que le présiflan Hollande a soumis au peuple grec au moment de leurs dernières élections. Le seul souci des socialos était qu’Alexis Tsipras et le mouvement Syriza ne l’emportent pas, ce qui, dans la situation actuelle de la Grèce, revenait une fois de plus à dire « Plutôt Hitler que le Front Populaire ! ».

Et toujours pendant ce temps-là… heureusement que certains se bougent !

Quelques images à l’attention de qui les aurait ratées : Discours de Jean-Pierre Mercier devant le mondial de l’automobile à Paris mardi 9 octobre 2012

Et non loin de notre belle France : Les manifestants espagnols font reculer les forces de répression__ © Indignés d’Europe


Les manifestants espagnols font reculer la… par Super_Resistence

Comment ça va, l’Europe ?

 Espagne

 Malgré de fortes réticences, bon nombre de médias ont dû se résoudre à parler de la manif du 25 septembre en Espagne. C’est que l’analyse de l’événement oblige à réaliser qu’il ne s’agit plus de simples manifestations mais que les mouvements des peuples européens prennent l’allure d’une insurrection. Sur les banderoles dressées à Madrid les revendications témoignent de l’exaspération et de la colère. « Ras-le-bol », « Assez », « Gouvernement, démission ! », « Non au 4e Reich !».

Certains observateurs considèrent que ce 25-S marque une radicalisation du mouvement, même si pour l’instant c’est plutôt la répression policière qui vient de franchir une nouvelle étape, voir la vidéo ci-après. Qui plus est, on apprend que les débordements ont été provoqués par des policiers infiltrés, habillés en simples civils manifestants et faisant mine d’arborer des drapeaux rouges, les vidéos accablantes circulent sur le net (liens plus bas). On peut parier que s’il n’y avait pas eu tant de blessés, nos télés nationales n’auraient pas concédé la moindre image, comme ce fut le cas pour la manifestation au Portugal où plus d’un million de personnes sont descendues dans la rue le 15 septembre, bel exemple pour un pays qui compte 10 millions d’habitants, soit 10 % de la population.

Une très belle photo qui prouve qu’il y a force et force ! Avis aux robocops !

Un site où retrouver la journée du 25 en détails : http://actualutte.com/25s-le-direct/

Et pour les hispanisants : http://www.tercerainformacion.es/spip.php?article41808

Grèce

Alexis Tsipras, leader du parti grec anti-austérité Syriza, a plaidé jeudi au Parlement européen, à Bruxelles, pour la tenue d’une « conférence européenne sur la dette (…) en vue de déprécier une grande partie de la dette, comme cela a été fait pour l’Allemagne en 1953 ».

En amont d’une rencontre avec le président du Parlement, l’Allemand Martin Schulz, Tsipras a insisté : « Nous avons un problème commun, nous devons trouver des solutions communes ».

Interrogé sur les manifestations en Grèce il a remis les pendules à l’heure : « Les télévisions ont retenu ces incidents isolés. (…) La population grecque est restée contenue dans son comportement, en dépit des attaques qu’elle subit. Les images que vous avez vues, on les a vues aussi en Espagne aux portes du Parlement, on les verra peut-être à Paris dimanche (lors de manifestation contre le nouveau traité européen – ndlr), ou dans d’autres pays. »

source Mediapart

Allemagne

Blockupy 2012, Ce n’était qu’un début, nous revoilà !

« Les journées d’action de Blockupy de Mai 2012 ont représenté un tournant en Allemagne. Lors de ces manifestations qui dénonçaient la gestion de la crise en Europe, Blockupy a lancé des actions massives et internationales de désobéissance au cœur même du monde de la finance, à Francfort sur le Main.

Un des mots d’ordre : « Résistance contre l’austérité de la Troïka et du gouvernement – pour une solidarité internationale et une démocratisation de tout domaine de la vie ».

 Le défi que représente ce mouvement pour les responsables du gouvernement du land de la Hesse – et pour la police – fut tel qu’ils ont interdit pratiquement toute manifestation et ont instauré un état d’urgence préventif à Francfort afin d’imposer ces interdictions absurdes. Or voilà qu’aujourd’hui la ville de Frankfort bloque à nouveau Blockupy. Le service du maintien de l’ordre de Francfort interdit l’érection d’une tente d’information dans le centre ville.

Nouvel avis d’action est lancé : le 20 octobre 2012 à partir de 12 heures, prenons la ville !

En savoir plus :  http://blockupy-frankfurt.org

France

Le grand rendez-vous de solidarité avec les autres peuples européens aura lieu le 30 septembre, essentiellement à Paris mais aussi partout ailleurs où ce sera possible. Nous avons déjà fait mention des appels en provenance des partis composant le Front de Gauche, en voici d’autres qui témoignent de l’ampleur de la mobilisation.

D’abord quelques mots du président d’ATTAC-France à l’attention de ceux qui se demanderaient encore pourquoi manifester.


Pourquoi manifester le 30 septembre, 2012 par BTrenaissance

Communiqué des organisations CGT, FSU, Solidaires, UNEF

Les organisations CGT, FSU, Solidaires et UNEF réaffirment ensemble leur opposition à la ratification du Traité européen sur la stabilité, la coordination et la gouvernance qu’elles jugent économiquement inefficace et socialement injuste.

Si ce Traité devait être ratifié, il institutionnaliserait de fait l’austérité et enfoncerait les États dans une crise durable. Ce Traité pèserait de manière négative sur leurs politiques et leurs programmations budgétaires. Il aurait des conséquences lourdes sur l’emploi, le pouvoir d’achat, les services publics… pour l’ensemble des salariés, des jeunes, des retraités et privés d’emploi, et particulièrement pour les femmes.

Le Traité continuerait et accentuerait la logique des indicateurs absurdes hérités du Pacte de stabilité et de croissance de 1997 (limitation à 3% du déficit et 60% de la dette) sans tenir compte des cycles économiques et de la crise actuelle.

L’austérité n’est pas la solution face à la crise. Il faut sortir de la logique de réduction des dépenses publiques et trouver de nouvelles recettes pour des investissements productifs et socialement utiles. L’alternative à ce TSCG repose donc notamment sur la redistribution des richesses et une réforme fiscale d’ampleur.

A l’opposé de ce Traité, l’Europe a besoin d’une nouvelle politique économique et sociale, créatrice d’emplois de qualité et favorisant le pouvoir d’achat. Une Europe fondée sur la démocratie, les solidarités, la justice sociale et le souci de la transition écologique.

Aucun débat démocratique n’a eu lieu avec les citoyens.

Les organisations CGT, FSU, Solidaires, UNEF demandent aux parlementaires de ne pas voter ce Traité. Elles poursuivront la campagne, et notamment celle initiée par le Collectif audit citoyen de la dette, pour alerter et mobiliser sur les dangers de ce Traité et porter d’autres alternatives.

L’Appel des 100 écologistes contre le traité austéritaire

Des militants écologistes proches du Front de gauche et d’EELV s’associent pour prendre position contre la ratification du traité de stabilité budgétaire européen et appeler à la manifestation nationale du 30 septembre. Selon eux, le texte rendra impossibles toutes propositions et investissements publics en faveur d’une politique d’écologie sociale.

Pour nous, militant(es) écologistes, la transition écologique et sociale ne peut en aucun cas passer par l’austérité et la réduction des acquis sociaux, pas plus que la répartition des richesses ne peut attendre une improbable et destructrice croissance du PIB. Il y a urgence !

Comment mener la transition écologique et parvenir à 60% de réduction des gaz à effet de serre en 2040 en se contentant de « réguler » le marché européen des quotas carbone, en poursuivant les grands projets inutiles et imposés, ou en laissant les choix d’intérêt général aux mains des multinationales de l’agro-business, de l’eau et de l’énergie ?

Une véritable politique d’écologie sociale a, au contraire, besoin d’une intervention publique déterminée et d’investissements forts, de services publics de l’eau, du rail et de l’énergie renforcés ! Or ces propositions deviendraient impossibles à mettre en œuvre dans le cadre du TSCG qui impose la limitation des dépenses publiques.

Or, ces dépenses, dès lors qu’elles sont réalisées au nom de l’intérêt général, devraient être considérées comme des investissements : parce que nous n’avons pas de planète de rechange, la « solidarité » avec les générations futures réside en réalité dans des investissements publics forts au service de la bifurcation écologique de la société.

La relocalisation de l’activité, la reconversion industrielle, le maintien des emplois et la création de nouveaux, le plus grand gisement de « redressement productif » enfin, passe aujourd’hui par la transition énergétique et la révolution écologique de notre société. Elle est incompatible avec l’austérité qu’implique le TSCG.

Pour toutes ces raisons, nous, militant(es) écologistes, 
Appelons toutes celles et ceux qui comprennent l’extrême urgence de la transition écologique et sociale, à rejoindre la grande manifestation nationale du 30 septembre contre le TSCG à Paris
 et appelons l’ensemble des parlementaires français à voter contre cette ratification.

Voir la liste des signataires après la balise Lire la suite

Communiqué d’Attac France

Union européenne-Grèce : 1-0

Les grands médias, les dirigeants européens ont ouvertement menacé le peuple grec du chaos pour promouvoir la « Nouvelle Démocratie », qui remporte de peu les élections législatives en Grèce. Le parti conservateur pourrait former une coalition avec le Pasok, d’orientation social-libérale, pour continuer à imposer le mémorandum et ses plans d’austérité drastiques qui ont mené le pays à une récession inédite et à une situation proche de la catastrophe humanitaire.

Ce sont pourtant ces deux partis, avec la complicité des dirigeants européens – français y compris – qui ont mené la Grèce dans le gouffre : corruption d’État, cadeaux fiscaux, travaux pharaoniques, explosion du budget militaire, maquillage des comptes…

On a voulu faire croire que la gauche alternative grecque, représentée par Syriza, était hostile à l’euro. Bien au contraire, ses propositions sont les seules à même de sortir la Grèce et la zone euro de la crise : rompre avec l’austérité, réaliser un audit de la dette pour permettre son annulation partielle (avec mise à contribution des banques et des plus riches), refonder la zone euro pour qu’elle ne soit plus soumise aux marchés financiers.

La probable coalition pro-austérité ne pourra qu’enfoncer la Grèce un peu plus dans la crise. Partout en Europe, l’austérité donne des résultats catastrophiques : l’Irlande et le Royaume-Uni, « bons élèves » de la rigueur, sont en train de sombrer. L’Espagne, attaquée par les marchés financiers, est au bord du gouffre, et l’Italie s’en rapproche. Pourtant, les dirigeants européens s’obstinent à promouvoir des politiques injustes et absurdes, tout en volant au secours des banques privées par tous les moyens.

En apparence plus nuancé, le gouvernement français se refuse lui aussi à remettre en cause l’austérité : il s’est réjoui de la défaite de la gauche alternative en Grèce, et promet lui aussi de « tenir ses engagements » de réduction à marche forcée des déficits [1]. C’est suicidaire en période de récession, et ce n’est pas le « Pacte pour la croissance » que s’apprête à proposer François Hollande qui pourra y changer grand-chose : il se borne à des mesures en faveur de l’investissement privé, pour des montants inférieurs à 1% du PIB de la zone euro.

En Grèce, la montée rapide de Syriza témoigne de la vivacité de la résistance. Partout en Europe, les voix s’élèvent pour dénoncer l’escroquerie de l’austérité portée par la Troïka, au nom d’une autre solidarité européenne : celle des citoyens et des mouvements sociaux.

A Paris, le 23 juin – à l’occasion des assises des collectifs pour un audit citoyen de la dette – se tiendra un grand apéritif-meeting festif contre l’austérité et en solidarité avec le peuple grec, à 18h place Stalingrad. Les syndicats, associations, réseaux citoyens et forces politiques qui seront présents discuteront des initiatives à prendre : il est urgent d’organiser la résistance, au plan national et européen, contre le rouleau compresseur de l’austérité. Une autre Europe est possible !

Attac France,

Le 18 juin 2012

[1] Le gouvernement français s’est félicité de la victoire de la droite en Grèce, par la voix de sa porte-parole  Najat Vallaud-Belkacem (ce matin à France Inter), et a répété que la Grèce doit « tenir ses engagements » et appliquer le mémorandum.

Liens :

 

Le gouvernement français s’est félicité de la victoire de la droite en Grèce, par la voix de sa porte-parole  Najat Vallaud-Belkacem (ce matin à France Inter), et a répété que la Grèce doit « tenir ses engagements » et appliquer le mémorandum.

NON à la règle d’or !
NON à la ratification du nouveau traité européen TSCG!

RASSEMBLEMENT à AVIGNON
Samedi 23 juin – 14 heures
devant la Préfecture de Vaucluse
Ancienne caserne Chabran, boulevard Limbert

 

communiqué d’Attac

Après la défaite de Sarkozy : vers un juin 1936 européen

Attac se réjouit de la défaite de Nicolas Sarkozy, qui pourrait représenter la première défaite politique en Europe pour les tenants de l’hyperaustérité.  Elle sanctionne l’arrogance d’un président au service d’une oligarchie insatiable. Elle exprime la résistance populaire aux politiques d’austérité, qui s’est manifestée en France par le grand mouvement de 2010 contre la réforme des retraites. Elle suscite l’espoir des peuples d’Europe du Sud, confrontés aux terribles ravages des politiques de la « Troïka », Commission européenne, BCE et FMI. Surtout qu’au même moment se dessine une percée historique de la gauche de résistance aux élections législatives en Grèce, avec une chute des deux partis de gouvernement qui ont mené aux plans d’austérité et à la débâcle du pays.

Mais si le soulagement est grand, l’espoir est fragile. La pression des marchés financiers va monter dans les semaines qui viennent pour contraindre François Hollande à ratifier le Pacte budgétaire imposé par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, avec en guise de « renégociation » quelques vagues déclarations et mesurettes européennes sur la croissance. Ce nouveau traité qui interdit les déficits publics et impose une austérité sans limite, doublée d’un productivisme aveugle qui met à mal la nature, le travail et le travailleur, va pourtant enfoncer l’Europe dans la dépression.

La social-démocratie française et européenne n’a pas encore pris la mesure des ruptures nécessaires pour inverser la tendance. Pourtant les forces progressistes n’ont aucun droit à l’erreur. En cas d’échec en France, la droite et l’extrême droite, dont les convergences xénophobes et autoritaires s’affirment aujourd’hui sans ambigüité, ramasseront la mise de la déception et du désespoir.

Il y a un moyen, et un seul, pour les citoyens d’empêcher cela : la mobilisation sociale, l’intervention directe dans les affaires de la cité. A l’image de juin 1936, mais dans une dynamique d’emblée européenne, nous pouvons imposer nos exigences pour répondre aux urgences sociales, écologiques et démocratiques mises à mal par les politiques actuelles. Renforçons nos syndicats, nos associations, nos partis progressistes ; occupons les places, les espaces publics ; imposons un débat démocratique sur les politiques économiques et sociales, en particulier au plan européen, avec un référendum sur le Pacte budgétaire. Les 18 et 19 mai nous serons des dizaines de milliers à Francfort, à l’appel des mouvements sociaux allemands, pour dire à la Banque centrale européenne : stop à l’austérité, oui à la solidarité !

Attac France, le 6 mai 2012