De Carmen à Gaza

Coups de cœur rapprochés cette semaine, mais on ne pouvait zapper ce nouveau clip de Stromae, surtout quand plus d’un million d’internautes le plébiscitent dès le premier jour de sa mise en ligne. Et décidément, depuis que Bizet est tombé dans le domaine public, Carmen n’a pas fini d’inspirer les artistes, tant mieux pour les jeunes générations.

Music video by Stromae performing carmen. (C) 2015 Mosaert

Mais après le chat de Banksy (voir article précédent), il n’était pas davantage question de zapper ce retour à Gaza, pour une très émouvante « installation » de l’artiste palestinien Iyad Sabbah.

« Il n’y a plus grand monde qui vive dans le quartier de Shuja’iyya de Gaza. Et pour cause, à la suite des bombardements et des combats qui ont eu lieu dans cette partie de la ville, il n’y pas plus vraiment de bâtiment qui tienne debout. Plus vraiment d’habitat pour ceux qui y avaient élu domicile.

Comme un clin d’œil cinglant à cette réalité, l’artiste palestinien Iyad Sabbah a choisi l’endroit – sorte de “no man’s land” où ne reste que la dévastation – pour y poser sa dernière installation, résolument politique. »

Article intégral et autres photos ici : http://www.konbini.com/fr/inspiration-2/gaza-iyad-sabbah-sculpture-palestine/

Et l’occasion de signaler la dernière campagne d’action de BDS

 

Palestine : la solidarité est un droit, pas un délit

Cinéastes, écrivain-e-s, philosophes, sociologues, universitaires, artistes, musicien-ne-s, femmes et hommes politiques lancent un appel en faveur de l’abandon des poursuites contre Alain Pojolat et l’ensemble des militants incriminés pour les manifestations de soutien à Gaza, cet été à Paris, et pour l’abrogation de la circulaire Alliot-Marie qui criminalise le boycott d’Israël.

Cet été, l’État d’Israël a conduit une nouvelle offensive meurtrière contre la bande de Gaza. Le bilan de 50 jours de bombardements et d’opérations terrestres est édifiant : près de 2 200 morts, 11 000 blessés, des dizaines de milliers de bâtiments partiellement ou totalement détruits, plus de 500 000 personnes déplacées (soit 30% de la population), etc.

Révoltés par cette agression, mais aussi par la position des autorités françaises qui ont, dans les premiers jours de l’offensive, déclaré leur soutien à l’État d’Israël avant d’essayer en vain de corriger le tir en dénonçant timidement la violence des bombardements, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté, à de multiples reprises, dans de nombreuses villes de France.

Le gouvernement Hollande-Valls, soucieux de ne pas fâcher le pouvoir israélien et inquiet de constater le développement de la mobilisation malgré la période estivale, a alors entrepris de s’attaquer frontalement à celle-ci. Il n’a pas hésité à pratiquer de scandaleux amalgames et à laisser entendre que la solidarité avec les Palestiniens portait en elle l’antisémitisme. Puis, comme cela ne suffisait pas, les autorités ont décidé d’interdire certaines manifestations, notamment à Paris.

Nous avons été nombreux à protester contre ces interdictions, une atteinte grave, au nom de prétextes fallacieux, aux droits élémentaires et aux libertés fondamentales. Nous avons été d’autant plus révoltés d’apprendre qu’Alain Pojolat, membre du NPA, qui était en contact, au nom de nombreuses organisations, avec la Préfecture pour les manifestations parisiennes, était convoqué par la justice le 22 octobre prochain sous prétexte d’avoir organisé des « manifestations illégales ».

Nous exigeons que les poursuites contre Alain Pojolat soient immédiatement levées : manifester est un droit et même, dans certaines circonstances, un devoir, et il est scandaleux que quiconque puisse être condamné pour avoir voulu exercer ce droit.

Nous demandons en outre que les poursuites contre celles et ceux qui ont participé ou organisé les manifestations de cet été, ou qui s’investissent dans la campagne de boycott d’Israël, soient abandonnées, et exigeons l’abrogation de la circulaire Alliot-Marie qui criminalise le boycott.

La solidarité est un droit, pas un délit !

Signer l’appel : http://www.petitions24.net/solidarite_avec_les_palestiniens

Liste des premiers signataires après la balise Lire la suite

Palestine/Israël_le suivi

Cette annonce était parue dans Politis le 5 juillet dernier, mais comme rien n’a bougé…

France 2 et France 3 attribuent en cadeau des produits Sodastream dans des émissions de divertissement, telles que « Questions pour un champion », « Slam » et « Motus ». Or Sodastream est une entreprise israélienne implantée dans la colonie Ma’ale Adumim en Palestine occupée, en violation du droit international.

Quand France Télé fait la promo des colonies israéliennes

Le syndicat Sud France Télévisions a interpellé la direction de France Télé qui offre dans certaines de ses émissions des « cadeaux » de l’entreprise, très contestée, Sodastream, dont le siège est, selon l’ONG israélienne « Whosprofits », situé dans une colonie israélienne, illégal au regard du droit international.

« Il est immoral, estime ce syndicat, mais aussi contraire à la charte éthique des antennes, que France Télévisions fasse quasi quotidiennement de la publicité pour cette entreprise implantée dans les colonies, colonies dont on sait qu’elles sont l’un des principaux obstacles à toute paix juste et durable au Proche-Orient ». Le syndicat Sud Média Télévision demande au groupe public de cesser de servir de vitrine à un produit fabriqué dans une colonie implantée sur un territoire occupé.

Une pétition est en ligne par Wesignit : http://stopsodastreamfrancetv.wesign.it/fr

 

BDS, on continue !

Relancer les négociations pour la paix et l’indépendance de la Palestine

On apprend (Le Monde_1er septembre) que les États-Unis ont exhorté Israël à annuler sa décision de s’approprier 400 hectares de terres en Cisjordanie, à Gva’ot, dans les environs de Bethléem. C’est bien mais loin d’être suffisant, et ce n’est pas le moment de lâcher. Dans ce sens, que nous rejoignons volontiers, le Parti de Gauche a annoncé sa solidarité avec la campagne de boycott BDS. (voir nos articles ici, ici, ici et ).

Un nouvel accord de cessez-le-feu permanent est intervenu à Gaza. Le bilan du conflit – le troisième survenu entre Israël et le Hamas en six ans- est effroyable pour la population de Gaza déjà soumise depuis 2009 à un impitoyable blocus : 2143 morts, dont la moitié sont des femmes et des enfants, près de 15000 blessés, 40000 logements endommagés dont la moitié totalement détruits (1), plus de 400000 déplacés sur une population de 1,8 millions d’habitants dans ce territoire surpeuplé. Du côté israélien, 64 militaires de la force d’intervention israélienne ont été tués, ainsi que quatre civils dont un enfant.

Ces chiffres reflètent le déséquilibre absolu des forces en présence. Nous avons assisté au massacre d’une population civile sans défense, et à des crimes de guerre, qui appellent la ferme condamnation des instances internationales et des sanctions.

Au final, une nouvelle fois la démonstration a été faite qu’il n’existe pas de solution militaire à la question palestinienne.

Le Parti de Gauche appelle donc à donner une impulsion nouvelle à la campagne « Boycott-Désinvestissement-Sanctions » à travers le monde et d’abord en Europe, qui doit peser sur Israël pour obtenir :

  • la levée totale du blocus de Gaza
  • la reprise de négociations sérieuses aboutissant à la création d’un État palestinien indépendant et souverain vivant en paix à côté d’Israël
  • – la reconnaissance du droit au retour de tous les Palestiniens

(1)  Voir la visite virtuelle des quartiers de Gaza les plus touchés que nous avions proposé ici.

Boycott Desinvestissement Sanctions

Une des meilleures manières de manifester à distance et quotidiennement pour que l’État d’Israël infléchisse sa politique de colonisation en Palestine est de répondre à l’appel du BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions) et d’éviter d’acheter les produits exportés par ce pays dans le monde entier, à plus forte raison ceux fabriqués ou cultivés dans les territoires amputés régulièrement aux palestiniens par les colons. Les informations sur le site officiel de BDS sont éloquentes :

http://www.bdsfrance.org/

le fil sémaphorien_février2014_n°1

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photo Reuters

Le 22 janvier dernier, nous apprenions que la Commission des financements politiques venait de déclarer « non conformes » les comptes de Cotelec, le micro parti de Jean-Marie Le Pen. Ainsi se voyait-il perdre le droit de financer toute campagne électorale, ce qui impliquait que ses prochains donateurs seraient privés de déduction fiscale.

Fin de Cotelec ? Bienvenue à Promelec ! On ne perd pas de temps chez les Le Pen. Au Journal officiel du 25 janvier, ce nouveau micro-parti fait son apparition, avec des statuts qui ne laissent pas de doute sur son objet : « promouvoir l’image de marque et l’action de Jean-Marie Le Pen et de Marine Le Pen ».

Après ça, Marine peut toujours courir pour nous faire croire que sa ligne bleue se distingue du F-Haine. En tout cas pas côté finances. Par ailleurs, on peut aussi savoir que le micro-parti « Jeanne », plus spécifiquement consacré aux dépenses de la Marine, se trouve également sous la lorgnette de la commission des finances. Le nombre de millions d’euros qui transitent par là est sans commune mesure avec le nombre de ses adhérents. À suivre.

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Les utilisateurs de Google auront pu découvrir le « doodle » du jour, une bien particulière manière de célébrer les Jeux olympiques de Sotchi. C’est en effet les couleurs du drapeau arc-en-ciel des lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels (LGBT), accompagnées d’un article issu de la Charte olympique qu’il est bon de rappeler à Poutine et aux homophobes.

Indépendamment de ça et n’en déplaise aux sémaphoriens sportifs, il est clair que nous ne ferons aucun écho à ces Jeux car nous les boycottons totalement, comme nous boycottons par avance ceux du Qatar. S’il nous fallait en développer les raisons, nous ne saurions le faire mieux que par l’article suivant, certes long mais ô combien édifiant –et surtout très documenté–, que nous recommandons à nos lecteurs :

Médaille d’or du grand projet inutile et imposé

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Il n’y aura pas de sanction pour Philippe Courroye, pour avoir enfreint la loi sur la protection des sources des journalistes en tentant d’identifier les auteurs de fuites dans l’affaire Bettencourt. La ministre de la Justice Christiane Taubira a annoncé ce mardi qu’elle n’irait pas à l’encontre de l’avis du Conseil supérieur de la magistrature. « Depuis que nous sommes aux responsabilités, nous respectons les avis du CSM (…), je n’irai pas à l’encontre de cet avis » a-t-elle dit, soulignant toutefois « un hiatus entre l’analyse que fait le CSM de la faute et la décision de ne pas sanctionner, de ne pas prononcer de mesure disciplinaire« . En effet, le CSM a considéré qu’il n’y avait « pas lieu à sanctions disciplinaires » tout en se montrant très critique envers le magistrat Courroye, estimant qu’il « ne disposait pas des qualités requises pour diriger un parquet« .

Des poids et des mesures. Et dire qu’on commençait à croire en Christiane Taubira !

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