Big Brother is déjà watching you_3

C’est confirmé, la France adopte la surveillance de masse

« Pendant que vous dormiez hier soir, discrètement, 30 députés ont décidé pour nous, que ce serait bien que TOUT ce qu’on fait sur le net soit surveillé. (25 ont voté pour / 5 ont voté contre)

Je vous passe toutes les subtilités, mais en gros, on va avoir le droit aux boites noires. Cazeneuve a utilisé tout ce qu’il connait de la langue de bois pour dire que « non ce n’est pas de la surveillance de masse » mais faut pas être un génie pour comprendre que si on fait passer TOUT le trafic Internet des Français dans des boites noires, c’est de la surveillance de masse. (…) scoop relevé par Numérama, la vie privée n’est pas une liberté. Donc, les Français ne verront pas d’objection à ce qu’on la retire ? N’est-ce pas ? »

« Bref, sur ces 30 gus dans l’Assemblée, seuls 5 courageux ont voté contre. BRAVO ET MERCI à eux !

Pour info : les copains de la Quadrature s’étaient rassemblés devant l’Assemblée Nationale lundi midi et ils ont eu le bonheur de voir que leurs téléphones étaient surveillés par au moins 2 IMSI Catcher, vous savez, ces valises qui permettent de capter tout ce qui entre et sort de votre téléphone portable. J’imagine que ça leur était destiné comme une démonstration de force, un cadeau de bienvenue dans ce nouveau monde Orwellien. À moins que ce soit les députés proches de là qui étaient surveillés… »

Note de Sémaphore : L’article intégral est à lire (et à faire tourner) en suivant le lien ci-après. Mais attention, ce site s’adresse plus particulièrement aux internautes aguerris à l’informatique, bien évidemment pas les derniers à s’inquiéter de la loi renseignement. Le site est bourré de conseils pour se protéger. Et si on n’est pas des plus à l’aise avec certains logiciels, on peut toujours se faire aider par quelqu’un de son entourage qui s’y entend. Ça aussi c’est de la résistance.

http://korben.info/cest-confirme-la-france-adopte-la-surveillance-de-masse.html?utm_content=buffer73ef0&utm_medium=social&utm_source=facebook.com&utm_campaign=buffer

 

À savoir par ailleurs :

Le FDN, French Data Network, dépose une question prioritaire de constitutionnalité sur l’article 20 de la Loi de Programmation Militaire.

Par Benjamin Bayart le mercredi 15 avril 2015, 22:28 – Lien permanent

Pendant les discussions parlementaires sur la loi de programmation militaire (LPM) quelques trop rares députés indiquaient que l’accès aux données de connexion organisé par l’article 20 était trop large, mal construit, mal formulé, et probablement anti-constitutionnel. Mais il ne s’est pas trouvé 60 braves parmi nos parlementaires (députés ou sénateurs) pour poser le texte sur le bureau du Conseil Constitutionnel.

Nous avions annoncé que ça ne nous allait pas. Nous étant FDN, bien sur, mais plus largement les défenseurs des libertés numériques et de la vie privée sur Internet. Nous, FDN, la Quadrature du Net et la Fédération FDN, avons déjà déposé un recours contre le décret d’application de cet article 20 de la LPM. Dans le cadre de cette procédure contre le décret, nous déposons une QPC contre la loi elle-même. C’est le texte de cette QPC que nous publions ici, avec le mémoire complémentaire déposé en même temps devant le Conseil d’État.

Si les parlementaires et le gouvernement refusent de faire le contrôle de constitutionnalité de leur texte, les citoyens le feront.

http://blog.fdn.fr/?post/2015/04/15/Depot-d-une-QPC-sur-l-article-20-de-la-LPM

 

Informatique et numérique : le retard français

À l’heure des virus informatiques de plus en plus sophistiqués et d’une cybercriminalité galopante, à l’heure aussi d’une dépendance, y compris pécuniaire, aux systèmes d’exploitation tels que Windows ou MacIntosh, on peut se demander pourquoi la France forme si peu de développeurs informatiques. Dans une récente émission vers laquelle nous renvoyons ci-après, Arrêt sur Image se demandait si les obstacles sont d’ordres culturels, économiques ou sociaux ? Sans doute faut-il répondre qu’ils participent un peu des trois, en notant toutefois l’impact des habitudes culturelles bien françaises (Ah, la fameuse exception…). Petite mise en bouche avec cet extrait par lequel Kwame Yamgnane, directeur adjoint de l’Ecole 42 fondée par Xavier Niel, taille en pièce ce qu’est un baccalauréat en 2014.

Pour tenter de mesurer le fossé culturel entre l’Éducation Nationale et les quelques initiatives privées qui ont commencé à éclore, Arrêt sur Image avait aussi invité Roxana Rugina, 26 ans, Roumaine, issue de la pub, élève de Simplon.co, et qui va aller ouvrir à Cluj l’antenne roumaine de Simplon. On comprendra que plus d’un enseignant soit dérouté face à la « philosophie », par exemple, de l’école 42 : pas d’enseignants, pas de programmes, pas de rentrée scolaire, pas d’horaires, mais des journées de travail de dix ou quinze heures.

Sans prétendre que ces écoles atypiques sont la seule solution, ne reste pas moins la question de savoir si l’Éducation Nationale sera capable un jour, et dès le primaire, d’apprendre aux élèves à pénétrer dans un code.

L’émission intégrale dure une quarantaine de minutes.


14h42-ecole-dev par asi

De son côté, Slate a proposé à plusieurs personnalités du numérique de décliner quelques-unes de leurs propositions, selon la désormais célèbre anaphore « Moi, ministre du numérique, je… ». Sémaphores a choisi l’incontournable Benjamin Bayart, mais ce lien conduira aux autres personnalités ceux qui veulent aller plus loin.
http://www.slate.fr/tribune/85725/benjamin-bayart-moi-ministre-du-numerique-tribune

Et dans le même ordre d’idée (non sur l’informatique seule mais l’enseignement en général), cet article du Nouvel Obs : « Pour l’historienne Mona Ozouf, l’école de Jules Ferry, c’est fini »

Incompatibilité entre l’école de Ferry et l’internet

(…) surtout, l’école de Ferry était « la principale, sinon l’unique institutrice de la nation ». Aujourd’hui, elle ne peut plus prétendre à cette situation dominante : le savoir vient aux jeunes par bien d’autres canaux. La révolution numérique met à disposition tous les savoirs immédiatement et sans contrainte, « même pas l’obligation de retenir ». Voilà qui « déboulonne la figure du maître et du professeur. Et cela conduit même à se demander si entre ce type d’acquisition des savoirs et celui de l’école républicaine, qui véhiculait des valeurs d’effort et de patience, il n’y a pas une incompatibilité radicale  »

Article ici : http://tempsreel.nouvelobs.com/education/20140407.OBS2972/pour-l-historienne-mona-ozouf-l-ecole-de-jules-ferry-c-est-fini.html