Le problème de l’Islam avec le blasphème

LU Sur le blog du dessinateur Caza

Je traduis ici un article lu en anglais dans le New York Times. Traduc sans doute un peu maladroite faute de travail, mais le sens y est.

Est-ce que les « musulmans modérés » vont finir par élever la voix contre leurs coreligionnaires militants ? Dans le monde entier, on a posé la question, mais, comme par le passé, sans l’examiner sérieusement.

Certes, les hommes d’État, membres du clergé et intellectuels musulmans ont ajouté leurs voix aux condamnations du terrorisme par les dirigeants du monde entier. Mais ils doivent soulever une autre question essentielle : la discussion et la réinterprétation de la position traditionnelle de l’islam à propos du « blasphème » ou de l’insulte envers le sacré.

Les terroristes de Paris étaient apparemment animés par le zèle de punir le blasphème, et la ferveur envers la même cause a produit ce genre de militance au nom de l’islam dans diverses affaires (fatwa contre Salman Rushdie, manifs contre le Jylland-Posten et ses caricatures de Mahomet en 2005).

Les moqueries sur Mahomet, réelles ou perçues comme telles, sont au cœur de presque toutes ces controverses sur le blasphème.

À première vue, ça peut sembler sans importance, mais il y a quelque chose d’étrange là dedans, car le prophète Mahomet n’est pas l’unique figure sacrée de l’islam. Le Coran loue d’autres prophètes – comme Abraham, Moïse et Jésus – et dit même aux musulmans de « ne pas faire de distinctions » entre ces messagers de Dieu. Pourtant, pour quelque raison, les islamistes extrémistes semblent seulement obsédés par le prophète Mahomet. Lire la suite

Spécial blasphème

En complément de l’excellente chronique de Sophia Aram (que vous pouvez retrouver ici)

Sur son blog, Jean-Louis Legalery nous rappelle la définition suivante :

Depuis la semaine dernière un terme s’est répandu de façon regrettable et est en voie d’être honteusement banalisé, blasphème, banalisation qu’il convient d’enrayer sans tarder. Ce nom commun, qui, en fait, ne l’est guère, apparaît, selon le dictionnaire étymologique Bloch& Wartburg, au XIIème siècle dans le latin écclésiastique, blasphemia, avec le sens de parole impie, parole qui outrage la divinité, la religion, voilà bien là un premier détournement sémantique de taille, puisque le sens initial issu du grec blasphêmein apparaît dans le dictionnaire latin-français Gaffiot avec le sens général et non connoté de parole outrageante, calomnie.

Blasphème est donc issu d’une période où le dogme régnait en maître, où la vérité était imposée aux plus faibles par les plus forts, aux plus pauvres par les plus riches, aux non-instruits par les détenteurs du savoir, et quiconque la contestait ou la refusait cette vérité imposée était considéré comme une menace à l’ordre établi, « le blasphème étant un péché, un crime contre Dieu » (le Grand Robert). Le mot blasphème est le fruit du dogme, c’est-à-dire « un point de doctrine établi comme une vérité incontestable dans une religion ». L’utilisation de ce mot est incompatible avec le concept de laïcité. Dans une République laïque, chacun peut, dans le cadre de sa sphère privée, croire en un dieu ou n’y pas croire, pratiquer ou non une religion, mais personne n’a le droit, selon ses choix religieux ou philosophiques, de décider ce que son voisin doit faire ou ne pas faire. C’est le chemin du fascisme et de la barbarie. Et les apprentis-sorciers de certains media qui banalisent ce terme d’un autre âge devraient réfléchir, réfléchir un bien grand mot bien sûr, car, quelle sera la prochaine étape ? L’apparition du mot péché dans le vocabulaire journalistique ?…

 

Lu sur Arrêt sur image

Le hasard est parfois étonnant. La veille de l’attentat contre Charlie Hebdo, des représentants des cultes catholique, protestant, juif et musulman ont demandé la suppression du délit de blasphème, hérité du droit allemand, et toujours en vigueur dans trois départements de l’Est de la France. Toujours en vigueur mais jamais appliqué : en 2013, une association avait tenté de faire condamner Charlie Hebdo pour blasphème, sans succès. Retour sur une spécificité méconnue.

Article 166 du code pénal… local

Mais d’où vient ce délit de blasphème ? Comme le rappelait Le Monde lors de la plainte contre Charlie, ce délit a été supprimé dans le droit français en 1789, notamment avec l’article 11 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, qui précise que « la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi ». Rétabli sous la Restauration, ce délit de blasphème a définitivement été supprimé par la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse.

Alors pourquoi en reparle-t-on encore en 2015 ? Tout simplement parce que le délit de blasphème a été maintenu… dans le droit local d’Alsace-Moselle, dénomination juridique qui regroupe les trois départements de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, qui étaient sous domination allemande entre 1870 et 1919. Oui, en 2015, il existe encore un droit local spécifique (voir la notice Wikipedia) qui recouvre différents domaines : droit du travail, sécurité sociale et liberté de culte (le Concordat fait partie du droit local).

Ce droit local est composé d’un ensemble de textes disparates, hérités notamment du droit allemand, qui n’ont pas été publiés au Journal officiel (certains textes n’ont même pas été traduits). Le délit de blasphème figure dans l’article 166 du code pénal local, lequel mentionne que « celui qui aura causé un scandale en blasphémant publiquement contre Dieu par des propos outrageants, ou aura publiquement outragé un des cultes chrétiens ou une communauté religieuse établie sur le territoire de la Confédération […] sera puni d’un emprisonnement de trois ans au plus ».

Droit cultuel local : l’Observatoire s’est auto-saisi du sujet en novembre 2014

La proposition des représentants des cultes a été faite dans le cadre des consultations lancées par l’Observatoire de la laïcité. Créé en 2007 mais véritablement actif depuis 2013, cet organisme, présidé par Jean-Louis Bianco et dépendant du Premier ministre, a pour objectif de conseiller le gouvernement sur toutes les questions qui touchent la laïcité.

En novembre 2014, l’Observatoire s’est auto-saisi de la question du droit cultuel local. « La loi de 1905 ne s’applique pas partout, il y a sept régimes cultuels différents en Alsace, en Moselle et dans l’Outre-mer », nous explique le rapporteur général de l’Observatoire, Nicolas Cadène. L’organisme a donc lancé toute une série de consultations pour la préparation d’un rapport proposant des simplifications de ces régimes, qui doit être rendu au Premier ministre au mois d’avril. C’est dans le cadre de ces auditions que les représentants des cultes d’Alsace-Moselle ont suggéré d’abroger le délit de blasphème. « Ce qui nous importe, c’est la liberté d’expression », a déclaré Abdellaq Nabaoui, le vice-président du Conseil régional du culte musulman (CRCM) d’Alsace. Même avis de l’archevêque de Strasbourg, Jean-Pierre Grallet, qui a qualifié ce délit d’« obsolète ».

 

Au fil de Charlie_n°1

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Mise à jour jeudi 15 janvier


Mediaporte : « Tous des charlots ! » par Mediapart

mise à jour mercredi 14 janvier

Sémaphores espérait bien afficher la Une du jour de Charlie mais un sombre individu du nom de Nicolas Sarkozy s’introduit partout et pourrit même nos pages. Nous espérons que vous ne nous en tiendrez pas rigueur, le temps de régler le problème.

D’autres sites subissent les mêmes infiltrations, le Sarkofou frappe partout, suivez le lien pour vous faire une idée : http://www.bfmtv.com/diaporama/jesuisnico-les-internautes-collent-nicolas-sarkozy-partout-1778/sur-la-chapelle-sixtine-20/

Pour ceux qui veulent en voir beaucoup plus c’est ici : http://je-suis-nico.tumblr.com/

Et pour ceux qui ont raté le début de la sarkoinfiltration c’est là :

http://blogs.mediapart.fr/blog/avp/130115/un-detour-propos-de-la-liberte-de-la-presse-et-une-video-positive-franco-allemande

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Parce qu’on entend répéter à l’envi sur les ondes qu’il y aura eu un avant et un après Charlie, comme il y avait eu un avant et un après 11 septembre 2011, Sémaphores ouvre ce fil intitulé « Au fil de Charlie », alimenté de nos glanes et ceux signalés par nos lecteurs-trices habituels. Car l’après attentat est forcément commencé. Le sursaut républicain dont le peuple français a témoigné à la face du monde entier ne signifierait plus grand chose si chacun rentrait maintenant chez soi pour reprendre sa petite routine, ses petites habitudes, son petit entre-soi. La question est :

On fait quoi, maintenant ?

Et si on commençait par ces petits détails qui nous empoisonnent la vie ? Le droit au blasphème, par exemple. Pourquoi ne tiendrait-on pas compte que les athées et les agnostiques représentent plus que les bigots de tous poils. Cela éviterait peut-être que certaines bouches empuanties rabâchent à longueur de micros de prétendues « racines chrétiennes de la France ». Oui, la France est multiconfessionnelle. Et c’est bien l’une de ses multiples richesses. Mais la foi est un outil personnel dont chacun peut user pour sa propre édification. La religion est tout autre chose et nous n’en connaissons aucune qui se serait fait sa place au soleil sans passer par les armes ou devoir les subir. Sur ce sujet, l’Histoire est une corne d’abondance et les exemples sont légions.

C’est pourquoi, si nous voulons avancer, un premier pas consiste peut-être à nous saisir de cette question du blasphème qui entrave la liberté d’expression. Ce droit doit s’inscrire dans la Constitution, rejoindre une fois pour toutes les valeurs de la République et la déclaration universelle des droits de l’homme de 1789. Dans l’immédiat, chapeau à Sophia Aram pour sa chronique du 12 janvier :

 Le blasphème c’est sacré


Le Billet de Sophia Aram : Le blasphème c’est… par franceinter

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Une photo qualifiée d’historique, mais qui doit nous faire réfléchir.

D’un côté les chefs barricadés, de l’autre le peuple républicain sans peur. Les uns sont le problème, les autres la solution.

Dans l’esprit de Charlie…

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L’après Charlie, c’est aussi dans les élections à venir qu’il va falloir le mesurer, les charlots !

Vous toutes et tous qui avez osé vous dresser avec votre ridicule slogan « Je suis Charlie », sachez que vous n’êtes que des « charlots ». Ce n’est bien sur pas Sémaphores qui vous le dit, mais le FN par la voix de son créateur et président d’honneur (?), et nous espérons que les millions de charlots qui n’étaient pas à Beaucaire le 11 janvier sauront s’en souvenir le moment venu.

Pour ceux qui auraient manqué cette étape :

Le président d’honneur du FN a qualifié dimanche de « charlots » les soutiens de « Charlie Hebdo« . Après avoir dit « Je ne suis pas Charlie ». Après avoir appelé à voter pour sa fille pendant les prises d’otages.

Mais où va-t-il s’arrêter ? Après avoir appelé à voter pour sa fille en pleine prises d’otages vendredi. Après avoir avoir lancé fièrement « Je ne suis pas Charlie » samedi. Le président d’honneur du FN Jean-Marie Le Pen a de nouveau créé la polémique dimanche 11 janvier en annonçant, sans vergogne, sa candidature aux élections régionales en Paca en pleine journée d’hommage aux victimes des attentats qui ont frappé la France cette semaine.

Non content de rompre l’unité nationale autour de cet hommage, il a qualifié de « charlots » les personnes qui manifestaient ce dimanche et en particulier les responsables politiques français.

Tous ces gens marchent avec la pancarte ‘Je suis Charlie’ alors qu’en fait ce sont des ‘charlots’ qui sont responsables de la décadence de la France », a-t-il lâché lors d’une conférence de presse à Tarascon dans les Bouches-du-Rhône.

« Depuis longtemps, non seulement l’assimilation et même l’intégration ont été abandonnées par différents gouvernements qui se sont succédé », a par ailleurs lancé l’ancien président du FN.

« Je suis… candidat »

Un peu plus tôt, il avait annoncé à Tarascon qu’il conduirait la liste du Front national aux élections régionales en Paca en décembre, en ce jour d’hommage national.

« J’ai pour ma part accepté selon le voeu unanime de nos élus d’être candidat en tête de liste et d’accepter de prendre cette responsabilité » pour le scrutin prévu fin 2015, a assuré Jean-Marie Le Pen.

Nous sommes ici dans une des régions que les sondages accordent du bout des lèvres au FN avec celles du Nord-Pas- de-Calais et Picardie. »

Évoquant le Nord-Pas-de-Calais et la (…) Lire la suite sur Le Nouvel Observateur

à suivre