PSA : et en plus, ils volent l’État !

Ce billet a été posté par CAC35 dans le Club Mediapart et ailleurs. Il est indispensable d’en connaître les principaux arguments afin de ne plus rapporter n’importe quoi, rapport Sartorius ou pas, sur le groupe Peugeot.

Au vu des derniers dividendes réservés aux actionnaires, il est clair que les raisons invoquées pour les suppressions d’emplois à venir ne sont que mensonges. Et puis il faut cesser cette novlangue qui voudrait faire passer pour des « plans sociaux » ce qui n’est que licenciements économiques, doublés ici de licenciements boursiers. Tant qu’une loi (pourtant déjà prête) ne viendra pas les sanctionner sévèrement, on ne voit pas comment le redressement pourrait être productif. Et si l’on tient à ce qu’il le soit un jour, de préférence proche, il est temps de lancer le débat sur la nationalisation ou la renationalisation de ce qui a été confisqué au nom de politiques économiques qui ont maintenant montré leurs limites. Aucun patron, nulle part sur la planète, n’est irremplaçable, à plus forte raison lorsqu’il rejoint le clan des voyous.

Voici donc quelques données selon le groupe Cac-35, dont on ne peut que se demander si elles sont arrivées entre les mains de notre ministre redresseur et pour le moment improductif Montebourg. Si oui, on peut vraiment s’inquiéter de la suite, Florange et Gandrange inclus.

« Le projet de fermeture des sites d’Aulnay sous Bois et d’Hordain, ainsi que les menaces de fermeture sur celui de La Janais à Rennes sont inacceptables et injustifiés. Qui peut sérieusement croire à la farce du recul d’activité due à la faiblesse du marché alors que la baisse globale des ventes résulte essentiellement de son retrait du marché iranien décidé par les financiers américains liés au groupe Général Motors ? Accepter ce plan « social » serait une catastrophe pour la survie du groupe, pour les sous traitants locaux et pour les ressources des collectivités locales.
La direction avance comme argument des pertes financières importantes alors que chacun sait qu’il n’en est rien et que de l’argent, il y en a et même énormément. Il s’agit uniquement d’une stratégie financière à court terme, à l’image des orientations du capitalisme qui a choisi la financiarisation plutôt que la production, et qui a mené la société toute entière à la crise mondiale la plus importante depuis 1929.
Nous affirmons d’autant plus notre solidarité pleine et entière avec les salarié(e)s de PSA que la direction et les actionnaires de cet empire industriel et financier volent, avec la complicité des gouvernements successifs depuis 30 ans, l’État français et donc les contribuables que nous sommes.

PSA, c’est aussi (et d’abord ?) une banque !

Il faut savoir que PSA Peugeot-Citroën n’est pas qu’un groupe industriel, c’est aussi un empire financier présent avec son groupe Société foncière, financière et de participations, la FFP, et sa « Banque PSA Finance », active dans une trentaine de pays dont plusieurs paradis fiscaux (Malte, Suisse, etc.). Ses activités d’assurance sont toutes concentrées à Malte où elles côtoient le recyclage de l’argent dissimulé des armateurs grecs et l’argent illégal de la mafia russe, entre autres…
Cette banque, détenue majoritairement par divers biais par la famille Peugeot, est la « pompe à fric » du groupe et le support de sa financiarisation.

Dividendes versés par Banque PSA au groupe Peugeot et à ses principaux actionnaires (en millions d’ euros)

2006

2007

2008

2009

2010

2011

30/06/2012

Dividendes versés

161

157

167

143

140

155

532

Source : rapport semestriel de Banque PSA Finances au 30/06/2012

Cela signifie qu’au moment où le groupe annonçait 8000 suppressions d’emplois, les principaux actionnaires s’empressaient de passer à la caisse tout en disant qu’ils perdaient de l’argent !

Des milliards d’euros de l’État pour spéculer !

Lorsque la crise a explosé en 2008 et 2009, le secteur automobile a appelé au secours l’État, soit disant pour garantir des prêts que le groupe avait en cours. Ce fut d’autant plus facile à obtenir que l’État, était dirigé par la bande à Sarkozy, tous amis et de la même coterie que les héritiers de la famille Peugeot. L’État n’a alors pris aucune garantie ni participation en contrepartie de son apport de plus de 3 Milliards d’€ d’argent frais.

Le groupe n’avait pas besoin de cet argent public !

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