de la « transparence »…

Rappel :

C’est quand, la crise profonde ?

Blogueur et ancien attaché parlementaire, Autheuil est un observateur avisé de la scène politique. Son cri du cœur, jeudi soir, après la démission de l’éphémère Secrétaire d’État au commerce extérieur qui ne payait pas ses impôts, résume un sentiment de stupéfaction et d’écœurement bien partagé…

« Après neuf jours au gouvernement, Thomas Thévenoud, secrétaire d’État au Commerce extérieur, au Tourisme et aux Français de l’étranger vient d’être contraint de démissionner. Celui qui a été membre de la commission d’enquête sur l’affaire Cahuzac avait tout simplement oublié, pendant plusieurs années, de déclarer ses impôts, et donc au passage, de les payer.

Ce monsieur est vice-président du Conseil général de Saône-et-Loire depuis 2008 et député depuis 2012. Son épouse est la chef de cabinet du président du Sénat. Ce sont donc des gens à priori intelligents et au courant des procédures. Mais, en plus, se faire avoir pour ça un an après l’affaire Cahuzac, je ne sais plus quoi dire. Soit c’est de la négligence, et ça relève du pathologique tellement c’est de l’inconscience, voire du suicide politique. Soit c’est parfaitement conscient, et là, c’est gravissime… »

Tout cela pose d’évidence soit (c’est la version gentille…) l’incompétence aux plus hauts niveaux des services de l’État, soit (et c’est la version la plus probable) l’organisation d’une bande de mafieux, peu ou prou les mêmes que ceux que la justice n’a pas hésité à qualifier de « bande organisée » en référence à Sarkozy, Guéant, Hortefeux, Bazire, Gaubert, Tapie, Lagarde, on en passe et des pires. (voir en fin d’article une vidéo de rappel de Mediapart concernant la transparence des députés et les affaires Sarkozy)

Où est-elle, cette république irréprochable des promesses électorales ? De Cahuzac à Thévenou en passant par Morelle, on ne va quand même pas féliciter Hollande pour le choix de ses collaborateurs. Comment est-il possible qu’on doive démissionner un secrétaire d’État au terme de seulement neuf jours de fonction ? Pourquoi l’hidalgo Manuelito ne sait-il rien alors que Mediapart (sans toutefois disposer d’éléments suffisamment probants pour écrire quoi que ce soit) avait été alerté dès la fin du mois de juillet sur la situation fiscale de l’intéressé… ? Lire la suite

Le fil sémaphorien_mai2014_n°1

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Affaire Karachi_le suivi

Source Mediapart. Les procureurs confirment l’existence de rétrocommissions sur des marchés militaires de l’État dans le but de « rétribuer de façon occulte des politiques français ». Le réseau Takieddine est qualifié de « véritable imposture ».

Au fil d’un réquisitoire de 145 pages signé lundi 5 mai, le parquet de Paris accable les principaux collaborateurs d’Édouard Balladur, François Léotard et Nicolas Sarkozy, au sein du gouvernement français entre 1993 et 1995, dans le volet non-ministériel de l’affaire Karachi.
Sont respectivement visés :

  • Nicolas Bazire, ancien directeur de cabinet de Balladur à Matignon et aujourd’hui n°2 du groupe LVMH, par ailleurs intime de Sarkozy ;
  • L’ancien ministre Renaud Donnedieu de Vabres, conseiller spécial de Léotard à la défense à l’époque des faits ;
  • Et Thierry Gaubert, conseiller de Sarkozy au budget et ami personnel de l’ancien président.

Ziad Takieddine, Dominique Desseigne (patron du Fouquet’s) et Thierry Gaubert sur le yacht du marchand d’armes.

Il est indéniable que Nicolas Sarkozy a été un rouage du système incriminé, en validant la création d’une société-écran de la DCN au Luxembourg par laquelle ont transité les commissions occultes du réseau K avec le Pakistan ou en autorisant, contre l’avis de son administration, le versement anticipé de commissions indues sur un marché saoudien, baptisé Mouette. Mais dans les deux cas, les magistrats du parquet comme les juges d’instruction semblent s’accorder pour dire qu’il manque la preuve d’un élément intentionnel (essentiel en droit pénal) pour justifier une mise en examen.

Petit rappel de l’agité du bocal qui va encore échapper à la justice :


Sarkozy: affaire Karachi par gill68

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GMT : Attention enfumage

L’Étude « indépendante » de la Commission Européenne sur l’impact du futur Grand Marché Transatlantique a été dirigée par un ancien conseiller de Goldman Sachs !

Cette étude a été réalisée en septembre 2013 par le Center for Economic Policy Research (CEPR). Or le chef du cabinet qui a rédigé cette étude est juge et partie ! Le directeur du CEPR, Guillermo de la Dehesa, est en effet conseiller de la banque d’affaires étatsunienne Goldman Sachs depuis 1988 ! Le conflit d’intérêt est évident !

Membre du PS espagnol, il est également membre du comité exécutif de la banque Santander, conseiller du laboratoire pharmaceutique Lily, président des Assurances Aviva depuis 2000. Il était aussi un des dirigeants de la branche Europe de Coca Cola de 2004 à 2006.

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La fin du Monde ?

« L’idée avait déjà circulé dans leurs rangs, ils l’ont mise en application. Sept membres de la rédaction en chef du Monde ont démissionné ce mardi 6 mai à midi. »

Bof ! Quand bien même ce canard (jadis de référence mais aujourd’hui de révérence) disparaîtrait, la perte ne serait pas grande pour le vrai journalisme. Un chien de garde en moins, c’est toujours de la liberté d’expression en plus, et de l’info plutôt que de la propagande. À ce stade de pourrissement du canard, le mieux est qu’ils s’en aillent tous !

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mise à jour 7 mai

 

Le 14 avril 2014, à la tombée du jour, des hommes armés ont capturé 230 lycéennes, selon des chiffres donnés par la directrice du pensionnat. Certaines seraient parvenues à s’échapper, sautant des camions. L’enlèvement a été attribué au groupe islamiste Boko Haram. Ce groupe créé en 2002 porte un nom qui s’adresse à nous directement (si j’en crois Wilkipédia). Boko Haram veut dire littéralement, en langue haoussa, l’éducation occidentale est un pêché. Je ne sais rien de ce groupe. Je n’ai pas fait d’enquête sur ceux-ci dont j’entends dire qu’ils sont un dangereux groupe terroriste. Si les gouvernements occidentaux étaient un tant soit peu en accord avec leur discours, la communauté entière aurait adopté ces jeunes filles pour les sauver. Au temps de lutte si intense contre les groupes extrémistes musulmans, pas le moindre satellite ? Drone ? Espion ? Pas le moindre satellite espion pour retrouver des camions remplis de jeunes femmes ? Pas d’analyse de photos satellite pour signaler ces convois importants ?  Pas un homme politique pour parler de victimes innocentes ? Pas de devoir d’ingérence ? Pas même de discours sur l’impuissance du régime nigérian à protéger ses enfants ? Pas de mots ? Rien.

Article entier ici : http://blogs.mediapart.fr/blog/pol/050514/contre-loubli

Une pétition est en ligne qui a déjà recueilli plus de 200 000 signatures.

mise à jour du 7 mai 2014:

Le secrétaire d’État américain John Kerry s’est entretenu par téléphone aujourd’hui avec le président nigérian Goodluck Jonathan, lui assurant que les États-Unis étaient « prêts à envoyer une équipe au Nigeria pour discuter de la façon dont ils pouvaient au mieux apporter de l’aide » afin de retrouver les jeunes filles, a expliqué la porte-parole du département d’Etat.

Dans une vidéo obtenue par l’AFP, le chef du groupe islamiste armé a revendiqué l’enlèvement de plus de 200 adolescentes le 14 avril dans un lycée de Chibok, une autre ville de l’État de Borno. Il a menacé de les vendre comme esclaves. Et mardi, huit autres adolescentes ont été kidnappées dans le nord-est du Nigeria.

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Jacques Génereux: « le plan Valls est une ânerie économique »



Jacques Génereux: « le plan Valls est une anerie… par lepartidegauche

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Affaire Cahuzac_le suivi

L’émission « L’Atelier des médias », sur RFI, a diffusé le 3 mai, journée internationale de la liberté de la presse, une conférence sur l’affaire Cahuzac, donnée il y a quelques mois à Tunis par Fabrice Arfi. Il s’agit d’un retour détaillé sur la façon dont lui et la rédaction de Mediapart ont travaillé sur l’affaire du compte suisse caché de l’ancien ministre du budget. Petite leçon de journalisme digne de ce nom.

Après la première minute et aux environs de la trentième minute, vous pouvez entendre l’enregistrement de la rencontre qu’ont eue Fabrice Arfi et François Bonnet avec Jérôme Cahuzac, au ministère du budget, le 4 décembre 2012, avant la publication du premier article.

Concernant plus particulièrement Le Canard enchaîné et l’affaire Cahuzac, France 5 a passé le deuxième volet du documentaire Jeu d’influences, de Luc Hermann et Gilles Bovon, ce 6 mai à 20h30.

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Autogestion : un exemple italien parmi d’autres.

Dans la banlieue industrielle de Milan, des ouvriers tentent de relancer une activité dans leur ancienne usine de pièces automobiles. Ateliers et chaînes de production accueillent désormais un centre de recyclage, une vente de produits locaux équitables, un studio de musique ou une fabrique de liqueur de citron. Le tout en autogestion. Un pari qui commence à payer, mais qui montre les difficultés de construire un projet coopératif parti de rien, et sans aucun soutien institutionnel. Reportage au sein de « Ri-maflow ».

[Lire la suite sur Bastamag : Dans leur usine occupée, des ouvriers aspirent à bâtir une « citadelle de l’autre économie »]

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Affaire Cahuzac et au-delà : le suspense continue

photo Reuters

« Ambiance surréaliste », digne d’un « roman d’espionnage ». C’est en ces termes que Challenges.fr a rapporté l’audition de Pierre Condamin-Gerbier, un banquier de Genève, par la commission d’enquête sénatoriale sur l’évasion fiscale mercredi 12 juin. Il assure qu’il existe « d’autres Cahuzac », « dont des ministres de la précédente et de l’actuelle majorité ».

« Je n’ai pas fourni de noms de fraudeurs aux enquêteurs pour des raisons de sécurité. Mais mes documents et mes notes sont consignés auprès d’une partie tierce et ils seront dévoilés quand mon environnement sera plus sûr. Il y a eu des menaces écrites et orales sur mon intégrité physique ainsi que celle de ma famille ».


temoin-cahuzac par asi

« Il y a des Cahuzac à droite, il y a d’autres Cahuzac à gauche. Il y a des Cahuzac sur l’ensemble de l’échiquier politique. Il y a des Cahuzac qui sont liés non pas simplement à un « simple » enrichissement personnel, mais il y a aussi des Cahuzac qui ont été utilisés par des systèmes, par des partis, par des réseaux. À gauche comme à droite »


temoin-france2 par asi

L’occasion de citer cette brève de Mediapart : une note de la DCRI intrigue les députés

le socialiste Alain Claeys, a officiellement réclamé, mercredi 12 juin, au ministre de l’intérieur Manuel Valls la déclassification d’une note rédigée par la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), mi-décembre, au plus fort de l’affaire Cahuzac. Patron de la DCRI, Patrick Calvar, qui a révélé l’existence de cette note mais a refusé de la transmettre aux membres de la commission d’enquête.

Cette note indiquerait, selon plusieurs députés cités par le quotidien, que le nom de Jérôme Cahuzac n’apparaissait pas dans les fichiers de la DCRI avant la révélation de son compte suisse par Mediapart, le 4 décembre 2012.

Et alors, monsieur Valls ? Trop occupé par la chasse aux Roms ?

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Par ailleurs Mediapart publie depuis hier la saga d’un autre volet de l’affaire Cahuzac et c’est du lourd : « Il n’est en effet plus seulement question de la fraude fiscale d’un ministre du budget qui n’a pas déclaré en France l’ensemble de ses revenus. Mais d’une possible corruption au sein d’un gouvernement, à une époque, de 1988 à 1991, où Jérôme Cahuzac travaillait pour le ministre de la santé, sous la direction de Michel Rocard à Matignon. »

« Des dessous-de-table auraient été versés à l’époque pour obtenir des décisions favorables du ministère dans l’attribution de scanners et d’IRM (appareils d’imagerie par résonance magnétique) à des établissements de santé. »

« De quoi s’agit-il ? À l’époque, les hôpitaux, les cliniques et les cabinets de radiologie qui souhaitent s’équiper d’un scanner (environ 5 millions de francs pièce) ou d’une IRM (10 à 12 millions) doivent obtenir l’autorisation du ministre de la santé. Seulement, une carte sanitaire limite l’installation de ces machines, que tous rêvent d’acquérir. Pas plus de 50 à 100 autorisations sont délivrées chaque année pour bien plus de demandes »

Comment ? En versant des pots-de-vin.

Un ancien dirigeant de la société Elscint raconte que le jeune conseiller Jérôme Cahuzac lui a demandé un jour de lui souffler une liste d’établissements prêts à payer : « Un matin, six ou huit mois après son arrivée, j’arrive dans son bureau. Je pensais qu’on allait éplucher les dossiers. Mais il se lève, prend une feuille blanche, la pose devant moi, met un stylo dessus et me dit : “Mettez-moi les noms des hôpitaux ou cliniques privées qui, selon vous, accepteraient de verser une commission pour avoir leur autorisation.” Je me suis levé et je suis parti, parce que c’était un appel à la délation. C’est autre chose que de demander qu’Elscint paye directement. Il m’a regardé dans les yeux, et il m’a dit : “Écoutez, dans ce cas, vous pouvez annoncer à votre direction en Israël que vous ne vendrez pas de scanners et d’IRM en France.” »

« Les pots-de-vin à verser étaient de l’ordre de 200 000 francs pour un scanner, de 500 000 francs pour une IRM. Que voulez-vous ? Des gens ont eu du pouvoir et ils ont profité du système. Ils ont extorqué, prévariqué. »

On apprend aussi qu’un conseiller de l’époque à la cour d’appel de Rennes avait mené une enquête très précise : il avait établi que pendant la campagne législative de Georgina Dufoix dans le Gard, à l’occasion de l’acquisition d’une IRMN par l’hôpital de Nîmes, un intermédiaire clandestin, René Trager, avait touché et reversé des commissions en provenance d’une société américaine.

René Trager a reconnu les faits. « Pendant toutes ces années, les attributions de scanners et d’IRM se faisaient en fonction de critères de copinage »

Voyez un peu de quoi peut dépendre notre santé ! De ripoux encore en liberté, et qui plus est perçoivent encore leurs indemnités de ministres ou de députés ! Ne lâchons rien, c’est loin d’être fini !

Article entier sur Mediapart (pour les abonnés sans doute. Mais si vous ne l’êtes pas qu’attendez-vous ? Qu’on ferme les chaînes publiques comme en Grèce ?)

http://www.mediapart.fr/journal/france/110613/affaire-cahuzac-la-piste-de-la-corruption

Pour ne surtout pas en finir avec l’affaire Cahuzac

Par Mario, billet de mauvaise humeur

On entend souvent cette expression : « On ne tire pas sur l’ambulance ». Eh bien, dut-il ne rester qu’un seul franc-tireur, je serai celui-là. Par économie de balles, je respecte toujours le corbillard, mais l’ambulance… ça dépend qui se trouve à l’intérieur ! En l’occurrence, il ne faudrait plus toucher à Jérôme Cahuzac. Ben voyons, on va se gêner alors que le gugusse songeait encore il y a quelques jours à se présenter aux législatives partielles sur sa ville ! Et l’on apprend qu’il ne le fera pas, uniquement parce qu’un sondage commandé par le PS annonce qu’il ne récolterait que 11 % des voix ! Et l’on apprend aussi (interviewé hier sur RTL par le triste sire Jean-Michel Aphatie) qu’il prépare actuellement un livre sur son affaire qui devrait sortir avant l’été. Ce qui est sûr, c’est qu’il ne pourra pas l’appeler « Mémoires d’un tricheur », c’est déjà pris par Sacha Guitry. Je préfère signaler un autre bouquin qui, lui, est déjà sorti : celui signé par Fabrice Arfi « L’affaire Cahuzac, en bloc et en détail », disponible en librairie et sur Mediapart, pour moins de 10 euros en version électronique.

Mais soyons clairs. Si je pense qu’il ne faut pas cesser de tirer sur l’ambulance, ce n’est pas pour cribler un homme déjà à terre. Il ne s’agit pas d’une affaire de « personne », quand bien même les responsabilités de Cahuzac n’étaient et ne sont toujours pas celle d’un quidam. Il est parfaitement légitime de se demander qui il continue de couvrir, et je ne suis pas sûr que son bouquin annoncé contiendra les déflagrantes révélations dont nous avons besoin. L’affaire Cahuzac n’est pas celle d’un homme mais d’un système complètement défaillant à ses plus hauts niveaux, sur le triple plan de la démocratie, des institutions et de la Constitution.

Hier mardi 21 mai s’est tenue la première séance de la commission d’enquête relative à ce que l’affaire Cahuzac a mis à jour, à savoir les « éventuels dysfonctionnements dans l’action du gouvernement et des services de l’État, notamment ceux des ministères de l’économie et des finances, de l’intérieur et de la justice, dans la gestion d’une affaire qui a conduit à la démission d’un membre du gouvernement ».

Étaient entendus tout au long de la matinée Edwy Plenel et Fabrice Arfi, qui ont clairement devancé tout le monde en sortant l’affaire, tandis qu’un grande part de l’après-midi était consacrée à l’audition de Michel Gonelle (avocat, ex député-maire de Villeneuve-sur-Lot), détenteur de l’enregistrement qui a mis le feu aux poudres. Le compte-rendu minutes par minutes de cette journée est disponible ici : http://www.mediapart.fr/journal/france/210513/affaire-cahuzac-les-auditions-de-la-commission-denquete

Les auditions sont disponibles sur le site LCP de l’Assemblée Nationale et sans doute sur Dailymotion. Chacun pourra se faire son idée.

Ce qui motive ce billet de mauvaise humeur est l’attitude affichée par la plupart des parlementaires PS qui composent ladite commission d’enquête. Sous couvert de vouloir comprendre tel ou tel détail de l’affaire, ils n’ont eu de cesse de vouloir transformer la commission en tribunal où les accusés seraient précisément Plenel, Arfi et Gonelle. Les deux premiers pour n’avoir en quelque sorte pas assez enquêté, le dernier pour avoir conservé trop longtemps par-devers lui un enregistrement d’intérêt public et tardé à se saisir de la justice. J’ai cru rêver, mais non !  A de très rares exceptions près, ces  députés n’ont pas compris l’objet même de la commission à laquelle ils participent. Plutôt que réfléchir aux « éventuels » (c’est quand même un sacré cadeau qu’on leur fait en ne les considérant que comme « éventuels ») dysfonctionnements dans l’action du gouvernement et des services de l’État, ils ont préféré chercher les dysfonctionnements possibles chez Mediapart ou chez Gonelle.  Lamentables ! Les pauvres ! Ils sont tellement préoccupés à vouloir sauver le soldat Hollande, et la tête de Pierre Moscovici, voire celle de Manuel Vals, qu’ils n’hésitent pas à se faire accusateurs des seuls qui ont bien fait leur boulot !

Ce qui est lamentable, c’est que la police ait été mise en branle pour surveiller les rapports téléphoniques entre Edwy Plenel et l’un des protagonistes de l’affaire. Ce qui est lamentable c’est la manœuvre de Bercy pour tenter de blanchir Jérôme Cahuzac. Ce qui est lamentable (oui, moi aussi je sais faire des anaphores…), c’est que Bercy obtienne une réponse négative de la Suisse, tandis que le parquet de Paris obtient une réponse positive. Ce qui est lamentable __et il a fallu que Michel Gonelle demande à la commission le droit d’être « impertinent » pour pouvoir le rappeler__ c’est que la quasi totalité de la classe politique et des médias a pris la défense de Jérôme Cahuzac jusqu’à ce qu’il y aille de ses aveux.

Et même si Fabrice Arfi souligne que Mediapart a fait l’objet de moins de pressions sous la présidence de François Hollande qu’au moment des révélations sur l’affaire Bettencourt, sous Nicolas Sarkozy, cela ne m’apparaît pas suffisant au vu des erreurs commises et de tout ce qui est encore maintenu dans l’ombre. Messieurs les députés PS, on espère que vous ferez montre du même acharnement lors de la prochaine séance où vous entendrez cet autre triste sire qu’est le juge Bruguière

(note : Jean-Louis Bruguière a été en possession d’un double de l’enregistrement, qui lui a été remis en 2006 par M.Gonelle en personne. Il dit avoir détruit ce mini CD. Destruction de preuve ? Par un magistrat de renom ? L’affaire Cahuzac est loin d’être finie car nous ne lâcherons rien !).

addendum jeudi 23 mai

Rectificatif et mea culpa relatif à l’intervention supposée des services de police pour « traquer » les sources de Mediapart. Sur ce point, on peut dire qu’Edwy Plenel et Fabrice Arfi y sont un peu allés de leur parano. (Faut dire qu’ils avaient été échaudés sous la Sarkozie). Comment la connaissance du coup de fil entre Plenel et Gonelle est-elle remontée jusqu’au ministère ? Il suffit d’écouter Gonelle raconter ce qui s’est passé. Ça commence avec une simple panne de batterie de téléphone, puis tout s’enchaîne et c’est finalement assez rigolo, tout en en disant long sur le « principe de précaution ».

Gonelle demande à un policier qu’il connait de lui prêter son portable pour rappeler le patron de Mediapart. N’arrivant pas à le joindre, Gonelle a ensuite rendu son portable au policier, lequel a reçu un peu plus tard un appel de Plenel… croyant joindre Michel Gonelle.

« à ce moment là, le policier a pris peur (…) il s’est dit : « ouh là là, je vais avoir des ennuis, il faut que je fasse trois lignes de rapport à mon chef de service. Il a donc fait trois lignes de rapport à son chef de service, lequel a dit, semble-t-il : « ouh là là, ouh là là, ouh là là, il faut que j’avise monsieur le préfet. Lequel a dit « ouh là là, ouh là là, ouh là là, il faut que j’avise le cabinet du ministre ».


gonelle-flics par asi