Au fil du 13 mai

Danielle Floutier – Lancement de la campagne des législatives 2e circo du Gard

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Artistes, syndicalistes et lanceurs d’alerte : qui sont les Insoumis investis aux législatives

Les candidats de la France insoumise aux élections législatives ont été dévoilés mercredi.

Jean-Luc Mélenchon a publié, ce mercredi, les noms de celles et ceux qui porteront les couleurs de son parti pour les élections législatives de juin. Avocats, militants, artistes ou encore des employés du social, ils sont 63% des candidats à être issus de la société civile.

Parmi eux, Lionel Buriello, ancien salarié d’Arcelor Mittal à Florange et syndicaliste CGT, Rémi Garnier, lanceur d’alerte dans l’affaire Cahuzac mais aussi la championne du monde de kick-boxing, Sarah Soilihi, issue des quartiers nord de Marseille.

Le parti de Jean-Luc Mélenchon a aussi voulu une alliance politique large. Au moins 17 candidats viennent du PCF, six d’EELV, cinq du PS, 36 du mouvement Ensemble et 73 du Parti de Gauche.

Des avocats et des militants écologistes

Côté lutte, le parti de Jean-Luc Mélenchon a choisi des avocats engagés. Dans la 12e circonscription de la Seine-Saint-Denis, à Clichy-sous-Bois, c’est le jeune avocat de WikiLeaks, Juan Branco, 27 ans, qui se présentera sous les couleurs de la France insoumise.

En Haute-Garonne, Claire Dujardin, avocate du collectif contre le barrage de Sivens portera les couleurs de la France Insoumise. Le projet initial de ce barrage a été définitivement abandonné en décembre 2015. Sa construction avait suscité une vive controverse et a été à l’origine de manifestations avec des heurts lors desquels le militant écologiste Rémi Fraisse a été tué en octobre 2014. Un autre projet est aujourd’hui à l’étude.

Autre combat écologiste sur lequel Jean-Luc Mélenchon se positionne, le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. La militante Katell Andromaque sera candidate en Loire-Atlantique pour défendre ses convictions.

Quant à la question du nucléaire, le parti investi Jean-Marie Brom, chercheur en physique nucléaire, et militant ‘Sortir du nucléaire’, en Alsace.

Des syndicalistes et des lanceurs d’alerte

De nombreux syndicalistes de la CGT ont aussi été investis. A l’instar d’Aurélien Motte, ancien métallurgiste, leader de la CGT, à l’usine de Sambre et Meuse, de Karine Monségu et Mehdi Kemoune, syndicalistes CGT à Air France.

D’anciens de Nuit Debout, mouvement citoyen lancé par François Ruffin pendant les manifestations contre la loi Travail ont également été investis. Hélène Bourlard, ancienne syndicaliste de la société Ecce, et membre de l’équipe du film Merci Patron! de François Ruffin également candidat en Picardie sous la bannière Picardie Debout; mais aussi Leila Chaibi, membre du Parti de gauche, ancienne candidate aux municipales à Paris, qui se décrit comme une des initiatrices du mouvement Nuit Debout.

Enfin, au moins deux lanceurs d’alerte porteront les couleurs de la France Insoumise.  Rémi Garnier, lanceur d’alerte dans l’affaire Cahuzac et Céline Boussié. Cette lanceuse d’alerte avait dénoncé des mauvais traitements sur des enfants handicapés dans un établissement du Gers.

Des artistes et des employés du social

Côté culture, l’actrice Sophie de La Rochefoucault sera suppléante de Didier Le Reste, ancien patron de la CGT Cheminots dans le 15e arrondissement de Paris. Aussi annoncé, l’humoriste Gérard Dahan ou le musicien Philippe Virolle.

Enfin des enseignants, des chercheurs mais aussi des employés dans le secteur social ont été présentés. Dans l’Oise, par exemple, Marie-Laure Darrigade, 44 ans, éducatrice spécialisée et Laurent Grenier, 30 ans, employé dans l’aide à la personne seront candidats sous la bannière de la France Insoumise.

Quant à Jean-Luc Mélenchon, il envisage de se présenter dans la seconde ville de France. A Marseille, le leader de la France Insoumise est arrivé premier avec 24,82% des suffrages, devant Marine Le Pen et Emmanuel Macron.

Source : http://www.bfmtv.com/politique/artistes-syndicalistes-et-lanceurs-d-alerte-qui-sont-les-insoumis-investis-aux-legislatives-1161061.html

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Dans ce 27e numéro de la Revue de la semaine, Jean-Luc Mélenchon explique pourquoi les législatives peuvent être l’occasion d’appliquer le programme «L’Avenir en commun» avant de donner les raisons de sa candidature à Marseille. Il apporte son soutien aux salarié.e.s de GM&S, en lutte à La Souterraine dans le département de la Creuse. Jean-Luc Mélenchon revient également sur l’absence de l’écologie dans le débat du second tour de l’élection présidentielle et invite chacun.e à être vigilant.e sur les questions liées au nucléaire ainsi qu’à la propriété des outils de production.

SOMMAIRE:
01:25 : Les législatives et les chances de la France insoumise
04:17 : Pourquoi être candidat aux législatives ?
05:58 : Pourquoi avoir choisi Marseille ?
08:28 : Ce que les législatives peuvent apporter au pays.
10:16 : Industrie et écologie
13:20 : La lutte des salarié.e.s de GM&S à La Souterraine, dans la Creuse
18:49 : Les stratégies américaines de prise de contrôle des entreprises françaises
22:00 : Technip, nouvelle entreprise menacée
23:26 : Appel à la vigilance sur les questions de propriété des moyens de production
25:25 : L’écologie, grande absente du second tour de l’élection présidentielle
26:16 : Les dangers du nucléaire : l’effondrement de la «poubelle nucléaire» américaine.

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Dossier Macron

 

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En Marche… pour le cannabis !

Several hundred people gathered in Lyon (France) for the 15th edition of the global Cannabis March. They called an end cannabis prohibition and it’s regulation. The protesters marched from the Place Carnot to the place Terreraux. France/Lyon/May, 7, 2016.//KONRADK_170702/Credit:KONRAD K./SIPA/1605071711

Les cannabinophiles français sont à nouveau invités à marcher pour la régulation du marché du chanvre/cannabis thérapeutique et récréatif ce samedi 13 mai. Il s’agit d’un événement de portée internationale visant à poursuivre le mouvement entamé sur le continent américain depuis quelques années.

Le nouveau président de la République française et la nouvelle législature à venir, auront très prochainement et inévitablement à se prononcer sur la délicate question du statut de « la plus populaire des drogues illicites ». L’abandon progressif de la politique du « tout répressif » étant à présent acté jusque dans les plus hautes institutions internationales, la France ne pourra longtemps se cantonner à légitimer un dispositif ayant démontré sa totale inefficacité aussi bien à contenir l’explosion des trafics qu’en matière de réduction des risques et de prévention.

La « contraventionnalisation » prônée par la MILDECA (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives), reprise par M. Emmanuel Macron, reposant sur une nouvelle forme d’injustice et de stigmatisation des populations déjà précarisées (jeunes des quartiers populaires issus des « minorités visibles »), le CIRC invite le nouveau président ainsi que son/sa futur(e) ministre de la Santé, à réfléchir plus avant à une régulation totale de la filière.

Accompagnée d’une amnistie de toutes les personnes impliquées dans ce type d’infraction (en dehors de celles ayant commis des crimes de sang), cette mesure permettrait à la fois de mécaniquement faire chuter la criminalité et ainsi de retirer des prisons des individus n’ayant rien à y faire, mais aussi de créer plusieurs milliers d’emplois dans une filière dors et déjà dynamique malgré une répression acharnée. Cela permettrait aussi sans doute d’offrir de nouveaux débouchés à une agriculture exclusivement biologique et de terroir en pleine expansion.

Les taxes ainsi obtenues sur la production et la vente pourraient servir aux financements de multiples programmes sociaux, éducatifs et sanitaires. La prescription médicale du chanvre/cannabis et de ses extraits permettrait de soulager de nombreux(euses) patient(e)s dont les traitements classiques ne parviennent pas à répondre à leurs pathologies.

Enfin la sortie de la prohibition, outre l’assèchement des profits réalisés par les réseaux criminels, mettrait en partie un terme aux violences policières que son application arbitraire génère et à la défiance d’une certaine jeunesse à l’égard d’une autorité méprisante.

C’est donc au bon sens du futur gouvernement que le CIRC fait appel, dans le cadre d’une consultation de tous les acteurs concernés par la politique des drogues, des associations d’usagers jusqu’aux institutions sanitaires.

#VotezMariJanne2017
Votez Mari(J)anne en 2017

Fédération des CIRCs

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Réflexions sur la notion de Peuple

  Voici un billet valant le détour, livré par notre toujours aussi bon Charles Gave qui revient sur cette notion de peuple.

Vous allez me dire quel est le rapport avec l’économie ? Directement ? Eh bien en fait on s’en fiche, je trouve même remarquable que celles et ceux qui pensent encore librement l’économie aujourd’hui la pensent aussi avec un prisme politique, social, sociétal, et ne la pensent pas du tout comme une technique ou une « science » froide.

Nous la pensons chacun avec nos sensibilités de façon humaniste.

Si l’économie est humaniste, alors elle est au service des peuples, et non les peuples au service de l’économie.

À un moment, si vous voulez penser l’économie, il faut penser le peuple. Macron, lui, préfère nous faire « penser printemps »… Eh oui, cela ne s’invente pas.

Charles SANNAT

Extrait :

En fait, nous sommes dans un pays où la gauche a trahi le peuple, le reléguant au rôle de plèbe, tandis que la droite a trahi la nation, ce qui laisse une grande partie de ceux qui ont besoin d’être aidés quelque peu désemparés.

Et c’est ce que constate le géographe Christophe Guilly dans tous ses livres.

La France aujourd’hui est géographiquement distribuée en trois zones concentriques :

  • Au centre, ceux qui sont adaptés à l’économie moderne que j’ai appelé l’économie de la connaissance dans mon livre C’est une révolte, non Sire c’est une Révolution.  Ils contrôlent l’économie et les médias. Il est d’usage de les appeler les « bobos » et ils constituent l’électorat de Macron.
  • En périphérie des bobos, on trouve les immigrés qui sont de fait les domestiques des bobos (chauffeurs Uber, taxis, gardes d’enfants, personnel soignant, etc.) et sur lesquels se déversent les subventions étatiques, ce qui permet aux bobos d’avoir des domestiques pas trop chers. Ce deuxième groupe vote Melenchon.
  • Et enfin, à une heure et demi ou deux heures du centre de la grande ville dans laquelle les bobos résident dans des appartements hors de prix, on trouve les perdants de la mondialisation, ceux qui naguère étaient employés dans le secteur industriel. Ils votaient communistes autrefois, ils votent FN aujourd’hui. Et il n’y a plus aucun contact entre les bobos et les habitants de la troisième zone.

Et ce que cela veut dire est assez simple : ce qui fait office d’élites de nos jours n’a que mépris pour ceux qui vivent dans la France de la périphérie. Ce qui implique que « la volonté de vivre ensemble », absolument constitutif d’une nation, n’existe plus. Les élites méprisent la plèbe et plus encore ses représentants encore plus que cela n’était le cas dans la Grèce ou la Rome antique.

Lire l’article intégral : https://www.insolentiae.com/reflexions-sur-la-notion-de-peuple/

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Humour… ou pas (Choisis ton camp camarade)

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premier fil d’actu sémaphorien de l’année

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« Puisque l’argent public est rare, il doit être bien utilisé, et nous pensons aujourd’hui qu’il peut être mieux utilisé que pour faire un nouvel aéroport alors qu’il en existe déjà un »

Parlant du projet à Notre-Dame-des-Landes qu’il trouve inutilement dispendieux, c’est ce qu’a déclaré Pascal Canfin le 2 janvier sur Europe1. Le ministre délégué au Développement rappelle ainsi le soutien « très clair » d’Europe écologie-Les Verts « à tous ceux qui s’opposent aujourd’hui à la construction de cet aéroport ».

Une grande manifestation d’opposants au projet est également prévue à Nantes le 22 février.

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Offrir une paire de couilles à Hollande pour Noël 

Bon, d’accord, c’était moche, sexiste, vulgaire, irrespectueux et même pas drôle, mais Politis a choisi d’en parler, Rue 89 aussi, et Sémaphores s’en voudrait d’avoir raté cette perle !

La dernière campagne des « Jeunes écolos d’Île-de-France » a été retirée une heure après sa mise en ligne (on imagine la pression). Ah, ces jeunes !…

L’objectif n’était pourtant que d’aider le Président à résister aux pressions de la droite et à tenir ses promesses. Une campagne qui ne pouvait que heurter et mettre mal à l’aise les ministres EELV qui se font mener en bateau par François Hollande depuis un an et demi, tout en restant au gouvernement.
Mais comme le relève Politis : À suivre les critères de ces jeunes écolos insolents, leurs ministres « en auraient-t-ils » plus s’ils décidaient de démissionner ?

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Aïe aïe aïe environnement

La loi du 2 janvier 2014   , article 16 en particulier, offre désormais au gouvernement la possibilité de revoir, par ordonnance, le régime juridique auquel tout projet d’aménagement est normalement soumis en matière d’évaluation environnementale.

Cette disposition crée en effet de nouvelles «zones d’intérêt économique et écologique», que la loi décrit comme des «zones présentant un intérêt majeur pour l’implantation d’activités économiques dans lesquelles les enjeux environnementaux font l’objet d’un traitement anticipé».

En résumé, ce dispositif permet au préfet de région de délimiter ces «zones d’intérêt économique majeur» dans lesquelles les enjeux environnementaux feront l’objet d’un nouveau traitement. Au programme : la création d’un diagnostic environnemental réalisé en amont par l’aménageur, comportant un inventaire détaillé des espèces et des habitats protégés, ou encore la réalisation d’un plan d’aménagement, là encore par l’aménageur, et dont les conditions de l’évaluation environnementale et de l’enquête publique pourront être revues par ordonnance.

En outre, selon le Journal de l’Environnement, cet article 16 n’a curieusement fait l’objet d’aucun débat, ni à l’Assemblée ni au Sénat. Et selon Raphaël Romi, professeur en droit de l’environnement à l’université de Nantes : « Ces dérogations au droit communautaire de protection des espèces et des habitats sont contraires à la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne, qui prévoit des dérogations, lorsqu’il existe un intérêt public majeur, uniquement par espèce, par projet et par zone et non sur un territoire global.»

Article intégral sur Le Journal de l’Environnement : http://www.journaldelenvironnement.net/article/le-gouvernement-detricote-a-nouveau-le-droit-de-l-environnement,41257

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Le cannabis met toujours en pétard

Tiens ? Plus personne ne parle du cannabis. On voit que c’est l’été, les claviers ne supportent pas bien le sable et l’eau… mais c’était sans compter notre infatigable ministre de l’Intérieur, de plus en plus à l’extérieur pour arpenter tous les terrains. Et, à Marseille, il a bien fallu parler un peu du cannabis et du débat sur sa dépénalisation ou pas.

Ce sera PAS. Pas la peine de débattre, selon le ministre, car le débat est « souvent caricatural » et troublerait le message sur ses risques sanitaires encourus. « Oui, le cannabis est destructeur et oui une société a besoin d’interdits et de repères », a-t-il tranché.

Quant à l’efficacité de la politique pénale envers le cannabis, une des plus dures en Europe, les chiffres de l’Observatoire européen des drogues et de la toxicomanie parlent d’eux-mêmes :

« Entre 2007 et 2011, les usages déclarés de cannabis au cours du mois des jeunes Français (chez les filles comme chez les garçons) ont fortement augmenté passant respectivement de 15 % à 24 % ».

La France a donc aujourd’hui « le triste privilège de figurer dans le peloton de tête des pays de l’Union européenne pour ce qui concerne la consommation de cannabis », comme le constate lui-même le ministre. Il ajoute que le pourcentage de mineurs parmi les mis en cause dans des affaires de trafic de stupéfiants est passé de moins de 10 % en 2008 à 14,5 % fin 2012.

À Marseille, selon le ministre, les mineurs représentent même « plus du tiers des trafiquants interpellés ».

Alors on attend quoi lorsqu’on reconnaît soi-même ces chiffres, dont on peut aussi penser par ailleurs qu’ils sont a minima ? Un usage qui augmente de 9 % en moins de quatre ans… Un record d’Europe pas très questionné… Et toujours en quatre ans, un nombre de mineurs impliqués dans les trafics qui augmente de 4,5 % !

Alors, oui, on se pose la question : on attend quoi ? Que ça monte encore ? Ou ouvrir le débat ?

Dire que le cannabis est destructeur sans expliquer de quoi il l’est ou pourrait l’être, c’est de l’enfumage. Et si c’est pour sous-entendre un problème de santé publique, ce vieux débat est clos et dépassé, ne serait-ce qu’en regard du tas d’autres produits mis à la disposition de la jeunesse par la société marchande. C’est plutôt par-là qu’il s’agirait de mettre à jour le logiciel.

Car pour le reste, n’en inquiète monsieur le ministre, ça fait plus de 6 000 ans que certaines personnes, toutes civilisations confondues, n’aiment pas le cannabis comme d’autres n’aiment pas les framboises ou le maquereau. Et curieusement, ça fait aussi 6 000 ans que d’autres en consomment parce qu’ils aiment ça. L’impact sur la santé ? Si c’est aux blouses blanches de le définir, qu’elles veuillent bien accélérer la remise d’un rapport détaillé et circonstancié qui tienne la route. Allez, 6 000 ans de plus pour l’écrire, ça vous va ou c’est trop court comme délai ?

À suivre

L’occasion de relire ou découvrir notre dossier cannabis : http://semaphores.info/2012/10/cannabis-oui-on-doit-ouvrir-le-debat/

http://semaphores.info/2012/11/dossier-cannabis_-complement-dactu/

Et vous dire qu’on a beaucoup aimé que, cette année 2013, le lendemain du 31 mai qui était la journée mondiale anti-tabac soit tombé un premier joint ! Sacré agenda !

dossier cannabis_ complément d’actu

Dans notre article sur le cannabis (que vous pouvez retrouver ici) nous citions les avancées de trois états américains qui ont choisi la dépénalisation voire la légalisation de l’herbe. Dans l’Oregon, par exemple, la mesure 80 du programme s’est accompagnée d’une campagne publicitaire à grande échelle. Voici une des affiches.

Note pour les non anglophones, il est écrit : “Vous avez le choix : les policiers peuvent poursuivre les fumeurs d’herbe. Ou les criminels.”

C’est en effet un choix, et la question se pose de la même façon en France ou ailleurs, celle de l’hypocrisie des politiques aussi.

En 1992, le baby-boomer héritier des sixties, Bill Clinton, s’était dégonflé en expliquant qu’il avait bien un jour tiré sur un joint, mais « sans inhaler ». George W. Bush lui, n’avait jamais caché avoir été alcoolique, mais il restait extrêmement discret sur l’usage d’autres drogues (sa consommation de cocaïne durant sa jeunesse est un secret de Polichinelle, mais l’herbe ne faisait pas partie de sa panoplie récréative). Quant à Barack Obama, il a admis dans son autobiographie avoir consommé régulièrement de la marijuana et expérimenté d’autres substances.

Dans le Colorado, c’est l’amendement 64 qui a bénéficié d’une campagne de pub similaire, avec des affiches aussi parlantes. “Dans quel marché a-t-on plus de chance de tomber sur des drogues dures ?»

Cette attitude de plus en plus décomplexée des politiciens américains (Michael Bloomberg, Al Gore, Sarah Palin ou Arnold Schwarzenegger reconnaissent également avoir fumé) ne s’est pas pour autant traduite dans les discours ou la législation. « La question de la drogue est toujours traitée comme le test de la qualité morale d’un candidat », explique l’universitaire et spécialiste des drogues Mark Kleiman. « Le résultat, c’est que le discours au niveau national est terriblement en retard sur l’attitude générale des Américains et ce qui se passe au niveau local. »

Et en France ? C’est quand que le discours national se met au diapason de l’attitude générale des français ? Bien sûr, on va pas compter sur Copé. Mais il est intéressant de mettre ses intox en rapport avec une étude qui avait été demandée par le gouvernement en 98. Et puis vous constaterez sur la photo que s’il ne fume pas le pétard à table, le Jean-François ne fait pas que sucer les glaçons. Mais bon, ce n’est pas nous qui dirons le contraire, chacun ses choix.

À propos de glaçons, ça nous rappelle cette vieille pub Ricard dont l’argument semble prévenir toute tentative de prohibition : Le vrai pastis de Marseille, autorisé sur demande des débitants Marseillais !

S’il suffit de demander …

 

Cannabis : oui, on doit ouvrir le débat !

Pour la deuxième fois depuis le début de l’année, des politiques ont essayé d’ouvrir le débat sur la dépénalisation, voire la légalisation du cannabis. En vain, tant la pression est forte devant toute tentative d’y voir plus clair sur un sujet qui, n’en déplaise à certains, pose un véritable problème de société qu’il convient de traiter autrement que par la politique de l’autruche.

A commencer, on ne voit pas pourquoi Cécile Duflot ou Vincent Peillon devraient se taire (hormis un rappel aux ordres par le patron mais ça les regarde…) se taire devant le baigneur Jean François Copé. Nous avons tous encore en tête (et en archives) une photo témoin de sa macération dans la piscine du sieur Takkiedine, qui comme chacun sait (affaire Karachi entre autres affaires) n’est pas spécialement connu pour vendre de la dentelle ou des fruits et légumes.

Car par delà le premier problème de santé publique que pourrait poser le cannabis, il y a ces autres problèmes bien connus de tous (c’est pour ça qu’on suppose que M.Copé ne doit pas les ignorer non plus), qui sont que le joint est une réalité socialement bien ancrée  ( 1,3 millions de fumeurs-fumeuses en France, estiment certains officiels mais ils sont largement en dessous), une réalité qui a ses réseaux, son chiffre d’affaire, ses frais et dommages collatéraux… Une nébuleuse (pas pour tout le monde) qui passe par d’autres drogues et des trafics d’armes, avec un chouilla de prostitution par-ci et une bonne dose de blanchiments fiscaux par là. Une hydre qui, outre ses propres acteurs de première ligne, implique par force des services de police, de santé, de justice, de prévention, d’éducation… Et l’on voudrait encore une fois empêcher le débat ? Il n’en est plus question, il faut cesser l’hypocrisie !

La première des vigilances est d’ailleurs de ne pas se faire confisquer le débat, ce qui est le cas avec la majeure partie des grands médias. Qui invite-t-on à donner son avis « autorisé » ou « avisé » sur le cannabis ? Soit des politiques de tous bords, de préférence pour faire s’affronter les « pour » et les « contre », soit des médecins et autres chercheurs, en bref des têtes qu’on dit savantes, mais qui vont tous jurer par leurs grands dieux qu’ils n’ont jamais touché au produit, pas plus qu’ils ne toucheraient d’ailleurs à d’autres stupéfiants. On peut dès lors se demander légitimement s’ils savent de quoi ils parlent, d’où ils en parlent et pourquoi ils le font. Pour autant que leur parole soit bien évidemment légitime dans certains cas (s’ils ont un vrai savoir sur le sujet ou s’ils sont en charge de responsabilité politique, par exemple) mais ras-le-bol de ces études faites sur des rats et des souris de labos dont on voudrait souligner la similitude avec l’homme sous prétexte de code ADN quasi identique. La réaction physiologique des uns et des autres au produit n’est qu’une infime partie de l’iceberg représenté par les drogues et il ne nous est pas apparu que 25 % des souriceaux aillent d’eux-mêmes se ravitailler chez des rats dealers, ou profiter de leurs reventes pour acquérir des armes. Le problème est humain et sociétal, sa part « médicale » doit être ramenée à sa juste proportion. Elle le doit d’autant plus que la plupart des recherches (en théorie illégales puisque le produit l’est) se révèlent souvent contradictoires, que leurs analyses sont comme les sondages et qu’il s’agit toujours d’interprétations, quand elles ne sont pas purement et simplement des commandes de lobbies.

Soyons clairs ! Il ne s’agit pas de réclamer une action prioritaire du gouvernement. Dans la situation actuelle, nous partageons qu’il y ait d’autres priorités à traiter que le statut du cannabis. Mais qu’il n’y ait pas le feu au lac au point de devoir légaliser ou dépénaliser en urgence ne doit pas empêcher le débat. Si ce débat ne peut jamais commencer à cause d’un manque de liberté d’expression il reviendra sans cesse sur le tapis, comme il le fait depuis déjà 75 ans selon les pays. Si ce n’est qu’en 75 ans le monde a changé plusieurs fois de visage, ce qu’ignorent les autruches qui, tête enfouie, ne reconnaissent jamais le visage du présent.

Cannabis : le changement c’est maintenant ?


Cannabis: le changement c’est maintenant? par lesinrocks

En vrac, voici quelques éléments de dossier (à la mode sémaphorienne), manière d’aborder le sujet par d’autres biais et en donnant la parole à d’autres interlocuteurs afin que chacun puisse étayer ses propres convictions en connaissance de cause.

75 ans de contrôle racial : joyeux anniversaire à la prohibition de la marijuana

Ce titre d’article trouvé sur le site de Sensiseeds positionne d’emblée la situation. L’herbe à pétards, voilà une plante dont l’usage est attesté par des milliers d’années et de civilisations, soudainement dans la lorgnette du législateur à l’aube du troisième millénaire ! 6 000 ans ! C’est à désespérer de la prétendue intelligence humaine (chercheurs et médecins compris) s’il nous faut six mille années pour comprendre la toxicité ou pas d’une plante, qui plus est parmi tant d’autres plantes possibles. Un point de départ pour comprendre l’impact actuel du cannabis sur le plan politique et social est de savoir que ce sont nos amis amerlocains qui ont les premiers légiféré contre la fumette. C’était il y a 75 ans, mais pour des raisons qu’on ne connait pas toujours. Celle avancée par Harry Anslinger, véritable McCarthy de la drogue dans les années 30 et suivantes, était assez explicite (et le bougre a sévi pendant 32 ans !) :

« Il y a au total 100 000 fumeurs de marijuana aux États-Unis, dont la plupart sont des nègres, des latinos, des Philippins et des saltimbanques. Leur musique satanique, le jazz et le swing, est le fruit de la consommation de marijuana. Cette marijuana qui pousse les femmes blanches à rechercher des relations sexuelles avec des nègres, des saltimbanques et autres. » Harry Anslinger

En fait, les lois sur la marijuana n’ont pas été conçues pour contrôler la marijuana, mais pour contrôler les immigrants mexicains qui avaient introduit avec eux cette plante aux États-Unis. Aujourd’hui dans ces mêmes États-Unis, une personne est arrêtée pour un motif lié à la marijuana toutes les 38 secondes.

Mais on peut savoir que des Amerlocains réfléchissent aussi et cherchent la meilleure solution. L’Oregon, le Colorado et l’état de Washington envisagent une approche plus sensible et humaine de la marijuana. Ces trois états ont inscrit des initiatives de fiscalité et de réglementation à leur bulletin de vote en ce mois de novembre prochain.

Sources : http://fr.sensiseeds.com/75-ans-de-controle-racial-joyeux-anniversaire-a-la-prohibition-de-la-marijuana-2/

Et (en anglais) The Huffington Post, par Amanda Reimann, directrice de la politique pour la Drug Policy Alliance.

Pour savoir qui, du gouvernement français, est pour ou contre la dépénalisation c’est chez les Inrocks qu’il faut aller voir. (Lien et article entier en fin de dossier) mais voici l’expression de trois voix « contre » :

– Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication. La ministre évacue la question d’un revers en expliquant que “ce sujet n’est pas la préoccupation principale des Français“.“La position de François Hollande, de Jean-Marc Ayrault et du gouvernement est très claire : c’est le maintien de l’interdit, nécessaire pour toutes les formes de drogue”, conclut-elle.

– Manuel Valls, ministre de l’Intérieur. Est-il besoin de le préciser, Valls s’affiche comme un farouche opposant à la dépénalisation. Interrogé sur le cannabis lors du premier débat des primaires socialistes organisé par France 2 en septembre 2011, Valls s’était dit “fermement opposé, au nom même des valeurs de gauche (…), à toute concession dans ce domaine“.

(ndlr : au passage nous prions monsieur le ministre de bien vouloir ne pas s’approprier l’ensemble des « valeurs de gauche » tant qu’il n’a pas fait montre de savoir de quoi il parle. Merci)

– François Hollande. Le 6 juin 2011, lors d’un débat organisé par le “Collectif du 21 avril”, François Hollande, candidat aux primaires du PS s’était dit prêt à ouvrir le débat sur la dépénalisation du cannabis à l’échelle européenne : “Il va falloir réunir une commission à l’échelle de l’Europe, comme celle qui vient d’avoir lieu aux États-Unis. Le Portugal est dans la dépénalisation, mais pas tout à fait dans la légalisation. Ça mérite qu’on regarde ce qui se passe au Portugal. Ça mérite qu’on fasse une proposition pour l’Europe entière.

En attendant d’agir, selon la loi de 1970 qui condamne « la présentation sous un jour favorable » des stupéfiants à 5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende, il est impossible de dire du bien du cannabis dans les médias. Autrement dit, si telle était l’envie ou la conviction d’un journaliste, il est gentiment invité à fermer sa gueule.

La France, qui possède l’une des législations les plus répressives d’Europe, figure au cinquième rang européen au niveau de la consommation de cannabis. Cinquième rang européen en ce qui concerne sa population globale mais première pour l’addiction de sa jeunesse. Les jeunes français sont les plus en pétards de toute l’Europe et même du monde ! Ici, comme pour sa consommation de médocs et anti-dépresseurs, la France affiche de tristes records.

Petite histoire : L’appel du 18 joint.

L’appel du 18 joint est initialement un manifeste publié le 18 juin 1976 dans Libération.

En 1993, le CIRC, Collectif d’information et de recherche cannabique, ressort ce texte de l’appel pour en faire une pétition, régulièrement réitérée depuis. En porte-parole du MLC, Mouvement pour la Légalisation Contrôlée, l’avocat Francis Caballero démontre avec maestria l’évidence sociale, économique et éthique de la « Légalisation contrôlée » ! Le document suivant a été réalisé le 15 juin 1993. Depuis, si tous les chiffres cités dans la conférence ont explosés, qu’il s’agisse des saisies, des condamnations comme des violences, la justesse de cette analyse s’impose encore. Et voilà pour le moins quelqu’un qui connaît son sujet.


Mouvement pour la Légalisation Contrôlée par Giorgiocham

652 CANNABIS_FAITES TOURNER LE BOUQUIN

A LaTéléLibre on aime bien Bruno Blum, un des journalistes symbole de la culture rock des années 70-80. Cet ancien gros fumeur de chanvre, qui a arrêté d’en consommer depuis vingt ans, sort un nouveau livre « Culture Cannabis ». Il y raconte son expérience (franchement désastreuse sur la fin : son livre n’est donc pas prosélyte) de façon très vivante, puis fait le tour de la question avec une enquête approfondie : aspects botaniques, culturels, musicaux, légaux, historiques, politiques (il a contacté tous les candidats aux présidentielles), géopolitiques, rituels, spirituels, ludiques, agricoles, financiers mais aussi applications thérapeutiques, surpopulation carcérale, désintoxication, chiffres, guide des DVD… comme il le dit lui-même, « pas besoin d’être pour ou contre pour apprécier ce livre ».

John Paul Lepers, Caroline Lançon. Réalisation: Antoine Heidler


652 CANNABIS: FAITES TOURNER LE BOUQUIN par latelelibre

pour des articles sur les aspects médicaux et les liens vers les études sur le cannabis, c’est par ici : http://www.cannabis-med.org/french/bulletin/ww_fr_db_cannabis_artikel.php?id=116

Les “cannabis social clubs” arrivent en France

Article paru le 19 juin 2012 dans Les Inrocks.

 Des militants antiprohibitionnistes ont annoncé leur intention de se déclarer en préfecture comme producteurs de cannabis dans le cadre de ces associations dont le modèle est venu d’Espagne.

Si PS et UMP pensaient avoir enterré le débat sur le cannabis avec la fin de la campagne des législatives, ils se sont trompés. Des militants viennent en effet d’afficher leur détermination à faire évoluer la législation en annonçant, lors d’un Appel du 18 Joint anticipé à Tours, la création de nombreux “Cannabis social club” un peu partout en France.

Un “cannabis social club” (CSC), c’est une coopérative de consommateurs réguliers de marijuana qui cultivent la plante pour satisfaire leurs propres besoins. Le but est de leur permettre de se fournir sans alimenter le trafic. Pour cela, les plantes poussent dans les jardins, les balcons et les placards des membres. A but non lucratif, ces associations prônent une “autoproduction contrôlée”. Elles visent également à couvrir les besoins “thérapeutiques”.

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Ces structures ont vu le jour de manière formelle en Espagne et commencent à apparaître en Belgique, des pays où la détention, la consommation et la production de cannabis à usage personnel ne constituent pas un délit pénal. Interrogée par des élus espagnols en 2005, la Commission de Bruxelles avait estimé que ces clubs, assimilés à de l’autoproduction, étaient hors des compétences de l’Union et dépendaient donc uniquement du bon vouloir des autorités nationales.

Peu importe, en France, la situation est différente. La loi y interdit “toute présentation sous un jour favorable” de la substance, ainsi que sa production, sa détention et sa simple consommation sous peine de longs séjours en prison.

Illégaux dans l’Hexagone, ces “clubs” n’en resteront donc, pour l’instant, qu’au stade de groupes informels d’amateurs d’herbe ne réunissant chacun pas plus d’une dizaine de membres, selon les initiateurs du projet.

Comme dans les clubs espagnols, l’herbe sera répartie gratuitement entre tous, à condition de s’acquitter d’une adhésion d’environ 25€ à l’année et de participer aux frais de production (éclairage, engrais, entretien des plants). Ces structures s’appuieront sur le réseau existant de ceux qui font déjà pousser la plante chez eux. Des cannabiculteurs qui seraient déjà près de 200 000, selon une enquête de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies datant de 2007.

“Ceux qui prennent ce risque à titre personnel ne seront désormais plus tout seuls face à la Justice”, clame Dominique Broc, l’un des représentants du Collectif d’information et de recherche cannabique (mouvement réclamant la fin de la prohibition du cannabis), et porteur du projet de ces clubs sociaux du cannabis à la française.

Ce militant de longue date, passé par la case prison après avoir tenté de ramener de l’herbe des Pays-Bas pour sa consommation personnelle, en a eu assez de la “pression” exercée sur lui et les autres fumeurs. “C’est aberrant de savoir qu’on peut se faire envoyer en prison pour ça”, renchérit Farid Ghehiouech, candidat aux législatives en 2012 en Essonne sous l’étiquette “Cannabis santé libertés justice”.

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Si ces clubs apparaissent en France, ce n’est pas “pour avoir plus à fumer” selon Dominique Broc, mais dans une “volonté de collaborer avec les autorités en toute transparence” :

“Nous voulons être crédibles et irréprochables, confie-t-il aux Inrocks. Nous ferons de la prévention, en incitant par exemple les gens à utiliser des filtres en fumant leurs joints. On ne cherche pas à se cacher de la police. La semaine prochaine, j’irai signaler à la préfecture que je fais pousser de la Ganja dans mon jardin.

Ce qui risque bien de ne pas se passer aussi simplement qu’en Espagne. Sur la page Facebook du Cannabis social club français, les militants affirment ne pas craindre les procès à venir :

Aussi, avons-nous décidé, consommateurs et jardiniers en herbe, de nous engager collectivement et solidairement afin d’imposer par un acte de désobéissance civile les changements nécessaires à la mise en place du Cannabis Social Club à la française.

Si par hasard on décidait de nous poursuivre, nous exigerions de l’être collectivement et demanderions à être jugés, en tant que producteurs de stupéfiants en bande organisée par la Cour d’assise spéciale prévue à cet effet.

Cette transparence a pourtant un prix. L’article 222-35 du Code pénal stipule que la production ou la fabrication illicites sont punies de vingt ans de prison et de 750 000 € d’amende. Mais lorsque les faits sont commis en bande organisée, la peine grimpe à trente ans de réclusion criminelle et à 7,5 millions d’euros d’amende.

On est prêt pour un éventuel procès. Mieux : on ne demande qu’à être jugés, affirme Dominique Broc. Avec les autres militants actifs, il compte se baser sur deux arguments “chocs” pour éviter des poursuites judiciaires : l’urgence thérapeutique pour les personnes gravement malades, et le rejet du trafic alimentant les organisations criminelles. Ce n’est pas que de la provoc’, l’ambition est d’être solidaires, précise Farid Ghehiouech.

150 clubs en France

Les deux hommes espèrent que le mouvement prendra de l’ampleur partout en France, jusqu’à arriver, pour Dominique Broc, à “un représentant dans chaque département”. 150 structures seraient selon lui déjà en place ou sur le point de démarrer la production. Elles s’inspirent d’une expérience menée à Tours depuis deux ans, où soixante consommateurs répartis dans une dizaine de “social clubs” font déjà pousser illégalement des pieds de cannabis. Un “mouvement citoyen qui vise à se légaliser”, selon les mots de Farid Ghehioueche, qui devait annoncer hier la création d’un Cannabis social club francilien.

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