Venezuela : Une guerre économique non déclarée

Attention : enfumage en vue dans la presse aux ordres. Peu de journaux s’y attardent pour l’instant, si ce n’est pour compter les trois morts et la dizaine de blessés qui feraient du Venezuela un pays à feu et à sang, et bien sûr sous la responsabilité de son président Nicolas Maduro.

Oui, c’est vrai, des milliers d’étudiants et de chômeurs ont défilé dans les rues de plusieurs villes du pays pour protester contre l’inflation et l’insécurité. Pour sa part, le président Nicolas Maduro a déclaré qu’ : « Il n’y aura pas de coup d’État au Venezuela, ayez-en la certitude absolue. La démocratie continuera, la révolution continuera ».

En contrepoint, voici quelques éléments dont Pujadas ne vous parlera pas au 20 h :

« Venezuela : Une guerre économique non déclarée »

« Contrairement à 2002, quand le patronat avait annoncé une grève pour bloquer l’économie, aujourd’hui l’attaque du système économique national est faite avec d’autres méthodes », a déclaré l’écrivain et historien vénézuélien, Luis Brito Garcia [1].
« Il s’agit d’une guerre non déclarée », a-t-il dit lors de sa participation dans un programme TV foro [TV forum], diffusée par la Venezolana de Television [2] .
La nouvelle méthode consiste à faire disparaître des produits pendant quelques jours, de les remettre et ensuite d’en faire disparaître d’autres. A cela s’ajoute la spéculation et la thésaurisation.

Un exemple parmi beaucoup d’autres : dans le but de créer la pénurie et de thésauriser, il a été découvert dans un entrepôt situé à Puerto Ordaz, dans l’État de Bolivar, 519 tonnes de sucre raffiné.

Pendant ce temps, les médias prédisent des pénuries de produits tels que le sucre, le lait et même des produits de base de soins personnels.
L’objectif est de « frapper l’esprit » des vénézuéliens et de générer des achats dans un état nerveux, de déséquilibrer l’approvisionnement et de tout rendre problématique afin d’en finir avec le gouvernement bolivarien, a rappelé l’intellectuel vénézuélien.
Il a dit qu’il est important de dicter des mesures et de prendre des sanctions exemplaires. « L’entreprise privée spécule, mais il y a des lois pour éviter cela, une quantité de règles qui doivent s’accompagner de sanctions exemplaires ».

[1] Luis Brito Garcia né à Caracas le 9 octobre 1940 est un écrivain, historien, essayiste et dramaturge Vénézuélien.
[2] Chaîne publique vénézuélienne

Texte original : Brito García : “ Estamos ante una guerra económica no declarada ”.
Traduction : Bernard Tornare

Et voici d’autres infos occultées
Venezuela : l’augmentation du salaire et la baisse du chômage continuent.

Occultés par les médias privés vénézuéliens et leurs relais internationaux (Le Monde, El Pais, Libération, NY Times, etc.), les chiffres révélés en janvier 2014 par l’Institut National de la Statistique indiquent une nouvelle baisse du chômage, tombé à 5,6% en décembre. Ce chiffre est le plus bas enregistré par le gouvernement bolivarien (rappelons que le chômage atteignait 11% lors de l’élection de Hugo Chavez en décembre 1998).

De 1999 à 2013, l’économie vénézuélienne a décollé grâce au rôle moteur de l’État et aux investissements publics, permettant à 4.185.697 personnes de trouver un emploi. L’étude indique également que le travail “informel” qui occupait 55 % de la population active en 1999 a reculé en 2013 à 37,9 %. Dans la même période l’emploi formel a fortement augmenté, passant de 45,0% à 62,1% de la population. Signe des temps, le Venezuela est devenu, après l’Argentine, le deuxième pays latino-américain en nombre d’immigrants (en grande majorité espagnols) qui fuient l’Europe en quête d’un travail.

En janvier 2014, le président Maduro a décrété une nouvelle augmentation de 10 % du salaire minimum, ce qui en fait le plus élevé d’Amérique Latine. De mai 2013 à janvier 2014 celui-ci a augmenté au total de 59% pour s’établir actuellement à 3270 bolivars. Parallèlement les droits des travailleurs vénézuéliens ont été renforcés par une nouvelle loi du travail qui a brisé le carcan néo-libéral.

Suite ici : http://venezuelainfos.wordpress.com/2014/01/22/venezuela-laugmentation-du-salaire-et-la-baisse-du-chomage-continuent/

Pourquoi Hugo Chavez a remporté les élections

Lorsque les despotes de nations comme l’Arabie Saoudite ou le Kazakhstan pillent les richesses de leurs pays, transfèrent les richesses tirées du pétrole sur des comptes privés en Suisse et utilisent le reste pour financer le terrorisme extrémiste (comme c’est le cas des dirigeants saoudiens), les hommes politiques américains (bien trop souvent suivis par leurs homologues français, OTAN oblige) chantent leurs louanges et les présentent comme des amis et des alliés. Mais il est un terrible despote à qui aucune puissance occidentale bien pensante ne veut serrer la main : Hugo Chavez, président du Venezuela, élu pour la 13ème fois en 13 ans !

Peut-être serait-il temps d’essayer de comprendre ce qui se passe au Venezuela, ne serait-ce que pour éviter de raconter ces conneries comme on n’en entend que trop dans la bouche des politiques français (Cohn-Bendit en tête, par exemple…). Petit portrait signé Pepe Escobar.

Il l’a fait. Encore une fois. Lors de la 14e élection en 13 ans, Hugo Chavez Frias – celui que les réactionnaires atlantistes détestent jusqu’à la haine – a été sans appel possible réélu président, dans des conditions absolument transparentes, contrôlées par le personnel des Nations Unies, de l’Union européenne et de l’Organisation des États Américains (OEA).

Deux élections étaient en jeu ici. Une mettait Chavez face au représentant des compradores [gros propriétaires], néolibéral et réactionnaire reconverti en démocrate, Henrique Capriles Radonski – un avocat représentant les intérêts de Washington au Venezuela. L’autre concernait la sud-Amérique progressiste face au désir de Big Brother de disposer d’un État en position de client et malléable.

Chavez a gagné d’abord parce que le projet bolivarien est populaire. Les années de chavisme – malgré tous leurs défauts et un culte effréné de la personnalité – ont permis de rétablir la souveraineté nationale vénézuélienne, de redistribuer les richesses au profit des services publics et des exclus par l’intermédiaire de missions sociales et d’un salaire minimum décent. On peut l’appeler, comme le fait Chavez, le « socialisme du 21e siècle ». En Amérique latine, selon les termes qui y prédominent, c’est certainement une voie vers une société plus égalitaire.

Dans la période qui a précédé l’élection, Chavez a mis un point d’honneur à rappeler la figure de Guacaipuro – un leader indigène qui commandait les tribus Teque et Caracas contre la colonisation espagnole – comme un symbole-clé de la résistance du Venezuela. « Nous sommes tous des Guacaipuro » était un appel qui sonnait bien, qui mettait l’accent sur les racines autochtones du pays : « la résistance indigène et noire menant la lutte des opprimés ».

Pas d’analphabétisme en échange de pétrole !

Les faits sont parlants. Le Venezuela détient ce qui est maintenant reconnu comme la plus grande réserve de pétrole de la planète – encore plus que l’Arabie Saoudite. Mais jusqu’à récemment, le Venezuela était un « Graal » pétrolier, géré par l’habituelle petite élite arrogante et avide, où les masses n’avaient pas la possibilité d’un enseignement décent, d’un logement décent ou d’un salaire décent.

Le succès du chavisme est d’avoir su mettre progressivement à l’horizontal une société alors verticale. Le chavisme a consacré pas moins de 43 pour cent du budget de l’État à un éventail de politiques sociales.

Le taux de chômage est passé de plus de 20 pour cent à moins de 7 pour cent. Pas moins de 22 universités publiques ont été construites au cours des 10 dernières années. Le nombre d’enseignants est passé de 65 000 à 350 000. L’analphabétisme a été éradiqué. Et une réforme agraire est en cours – encore un rêve dans la plupart des latitudes d’Amérique du Sud.

La classe dirigeante de toute évidence n’était pas à la fête – comme elle ne l’a pas été au Brésil, en Argentine ou en Bolivie (mais elle a tout de même réussi à organiser un « coup d’État constitutionnel » au Paraguay pour renverser un gouvernement démocratique et légitime). Au Venezuela, il y a dix ans, cette même classe avait également réussi à concocter un coup de force – avec le soutien des grands médias – qui a duré trois misérables jours. Les masses ont alors dit « No Pasaran ».

Le candidat battu à la présidentielle, Henrique Capriles Radonski, soit dit en passant une sorte de nouveau né démocrate, puisqu’il avait été directement impliqué dans le coup d’État d’avril 2002 et avait même dû passer un certain temps en prison pour cette raison.

Le Venezuela a le meilleur coefficient de l’index Gini – qui signifie que c’est le pays avec le moins d’inégalités – sur l’ensemble de l’Amérique latine. Dans son rapport de janvier 2012, la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (connu sous son acronyme espagnol, Cepal) atteste que le Venezuela et l’Équateur, entre 1996 et 2010, étaient les champions en matière de réduction de la pauvreté à travers toutes les Amériques.

Pendant ce temps, les Américains vivant aux États-Unis pourraient être surpris de savoir que l’index Gallup a classé le Venezuela, le « 5e plus heureux pays dans le monde ». Et pas seulement à cause de la Salsa…

Pas étonnant alors que les médias aux États-Unis, en Europe occidentale et en Amérique du Sud aient colporté des histoires de Vénézuéliens rêvant d’exil et de siroter des martinis à Miami. Mais le fait est qu’un grand nombre de jeunes Espagnols sans avenir en Europe vont au Venezuela pour trouver un emploi.

La diabolisation de Chavez dans les grands médias occidentaux est pitoyablement caricaturale – comme dans la récente obstination à proclamer sa mort imminente pratiquement sur une base journalière. Il leur a été difficile d’admettre que le cancer dont souffrait Chavez a été traité avec succès par des médecins cubains. Lire la suite