L’apôtre qui fait peur

Une enquête du 27/01/2015 par Robin Andraca (Arrêt sur Image) sur un film que vous ne verrez peut-être pas

Après Charlie, « L’apôtre » fait peur à la police

Crainte de réactions musulmanes : deux projections annulées

C’est l’histoire d’un film, sorti en salles en octobre, dans lequel un musulman se convertit au catholicisme. Après une sortie en France dans une certaine indifférence en octobre 2014, deux cinémas, à Neuilly puis à Nantes, l’ont déprogrammé en janvier, sur recommandation de la police. Comme si après Charlie, tous les films n’étaient plus visibles de la même manière.

Et en janvier, deux projections furent annulées. Le 9 janvier, Cheyenne Carron, réalisatrice du film « L’Apôtre » reçoit un premier mail, signé par l’association « Bible à Neuilly », qui organisait la séance ciné-débat du 12 janvier : « Chers amis. Vu les circonstances actuelles, le commissariat de Police de Neuilly nous a demandé de reporter la séance du ciné-débat organisée lundi prochain« . Le 15 janvier, second mail, signé cette fois par la Fédération des Associations Familiales Catholiques de Loire-Atlantique : « Bonsoir madame. La DGSI nous a vivement conseillé d’annuler notre soirée débat du 23/01 autour de la projection du film L’Apôtre devant les risques d’attentats, cette projection pouvant être perçue comme une provocation par la communauté musulmane. Devant ce cas de force majeure, nous sommes contraints d’annuler cette soirée. Nous ne savons pas pour l’instant à quelle date il nous sera possible de reprogrammer cette soirée« .


LApotre par asi

Jusque là, pourtant, tout allait pourtant bien pour « L’Apôtre. Aussi bien que possible. Ayant essuyé des refus des filières traditionnelles de financement et de distribution du cinéma, la réalisatrice avait trouvé un mode de financement original, comme elle le raconte au site Boulevard Voltaire (créé par Robert Ménard) : « Après cinq longs métrages, le CNC refuse toujours de m’aider. Mais, ce film, je voulais absolument le faire. Alors un jour, voyant le magazine Challenges qui recensait les 100 plus grandes fortunes de France, j’ai pris les 10 premiers de la liste, je leur ai adressé une courte lettre, ainsi que le DVD de mon précédent film. Je leur ai expliqué que je cherchais un petit budget pour faire un film important. Trois mois plus tard, l’un d’eux m’a envoyé cet argent, et j’ai fait mon film« .

Le film ? L’histoire d’un jeune musulman d’aujourd’hui qui, touché par la grâce, décide de se convertir au catholicisme. Lire la suite