JE HAIS LES INDIFFÉRENTS

par Antonio Gramsci. 11 février 1917

Je hais les indifférents. Je crois comme Friedrich Hebbel que « vivre signifie être partisans ». Il ne peut exister seulement des hommes, des étrangers à la cité. Celui qui vit vraiment ne peut qu’être citoyen, et prendre parti. L’indifférence c’est l’aboulie, le parasitisme, la lâcheté, ce n’est pas la vie. C’est pourquoi je hais les indifférents.

L’indifférence est le poids mort de l’histoire.  C’est le boulet de plomb pour le novateur, c’est la matière inerte où se noient souvent les enthousiasmes les plus resplendissants, c’est l’étang qui entoure la vieille ville et la défend mieux que les murs les plus solides, mieux que les poitrines de ses guerriers, parce qu’elle engloutit dans ses remous limoneux les assaillants, les décime et les décourage et quelquefois les fait renoncer à l’entreprise héroïque. Lire la suite

L’exemple de Grenoble

Saisissant l’opportunité de la fin de son contrat avec la société JC Decaux, la commune de Grenoble a décidé de bannir la publicité de ses rues.

L’info a fait le tour de la presse, aussi n’allons-nous pas sur Sémaphores répercuter les cris d’orfraie qu’elle suscite par ci par là. N’empêche que le débat doit avoir lieu dans toutes les communes où des citoyens se sentent de le porter. Premiers éléments.

extrait trouvé sur le Net.

« Au-delà de la critique de la publicité s’étalant dans nos rues et des messages qu’elle véhicule, la décision de Grenoble questionne le rôle de l’élu local et la portée politique de ses décisions sur l’organisation de la vie collective. On peut comprendre qu’il soit surprenant pour certains que des élus respectent leurs promesses électorales. Mais il ne faut pas s’y tromper, si la réaction des publicitaires est si violente dans la presse, c’est bien parce que l’émancipation des élus leur est insupportable et qu’elle remet en cause les fondements même de leur modèle économique. Oui, remplacer des panneaux de publicité par des arbres et des panneaux d’expression libre est un acte politique fort. Par la simple application du bon sens politique, nous sommes face à une initiative profondément subversive. Grenoble ouvre ainsi la voie à une réappropriation de l’espace public par les concitoyens. Cette décision a une portée nationale. Elle doit provoquer le débat dans toutes les municipalités. A qui le tour ? »

Et un petit site à visiter pour qui ne connaîtrait pas, celui de celles et ceux qui se battent depuis des années pour une saine et citoyenne règlementation de la publicité :

http://www.deboulonneurs.org/