Guéant, de l’alibi à la Libye

Mais qui peut croire une fable pareille ? dirait un certain Paul Bismuth…

GUEANT-PERRONLe 7 mars dernier, Claude Guéant a été mis en examen pour « faux et usage de faux et blanchiment de fraude fiscale en bande organisée », pour avoir entre autres « organisé la vente fictive de deux tableaux du peintre van Eertvelt prétendument détenus depuis plus de douze ans ».

500 000 euros pour la vente de deux tableaux dont les experts estiment la côte aux alentours de 35 000 euros seulement sur le marché de l’art… évidemment l’alibi de notre ancien sinistre de l’intérieur n’avait déjà pas convaincu grand monde. Selon l’article de Karl Laske et Fabrice Arfi paru hier dans Mediapart (19 juillet_ Derrière l’alibi des tableaux de Guéant, la piste de l’argent libyen), voilà que les investigations révèlent que le banquier soupçonné d’avoir effectué le virement, Wahib Nacer, était l’un des gestionnaires des comptes de Bachir Saleh, le patron du puissant fonds d’investissement libyen en Afrique.

25 juillet 2007. Claude Guéant (à gauche) et Nicolas Sarkozy retrouvent le colonel Kadhafi à Tripoli. © Reuters

25 juillet 2007. Claude Guéant (à gauche) et Nicolas Sarkozy retrouvent le colonel Kadhafi à Tripoli. © Reuters

L’enquête (qui donne le tournis et fait faire le tour du monde) a permis d’établir que les 500 000 euros reçus par Claude Guéant – virés depuis la Malaisie via le cabinet d’avocat de Me Siva Rajendram – provenaient en réalité d’un compte ouvert à Djeddah au nom d’un richissime Saoudien, Khalid Bugshan, qui n’avait jamais rencontré Claude Guéant, ni acheté ses tableaux !

Laske et Arfi de poursuivre ; « Khalid Bugshan a souligné que s’il avait voulu verser 500 000 euros à Guéant, il lui aurait donné directement la somme. « Une petite somme », pour lui. Propriétaire de plusieurs biens immobiliers à Paris, M. Bugshan a servi d’intermédiaire aux Français lors de la vente des frégates à l’Arabie saoudite et il garde d’importantes « relations d’affaires » avec les groupes d’armement Thalès et EADS. »

Quant au certificat d’authenticité des tableaux, ce fort maigre alibi fourni par l’ancien ministre pour sa défense, on apprend qu’il a été produit par un certain expert, Alain L., « parti en Thaïlande après avoir été impliqué dans une affaire de faux certificats… ».

En résumé la justice va donc juger d’une « vente fictive », ce qui ne devrait pas peser lourd dans le casier judiciaire du sinistre Guéant. Les fusibles fondent les uns après les autres autour de l’agité du bocal mais la question demeure : à quand son tour ? De Karachi à Kadhafi, ça ne fait pas assez de morts ?

304769sarkolisaboksaArticles sémaphoriens précédents sur Claude Guéant :
http://semaphores.info/2012/04/limmigre-prefere-de-claude-gueant/

http://semaphores.info/2012/02/claude-gueant-lhomme-qui-murmurait-a-loreille-des-fachos/

http://semaphores.info/2011/12/l%E2%80%99etrange-memoire-de-claude-gueant-sinistre-de-l%E2%80%99interieur/

Sarko, le feuilleton

C’est pas que Sarkommence, c’est que ça n’en finit plus

photo Reuters

Risque judiciaire sur Nicolas Sarkozy, sur son avocat et ami Thierry Herzog, ainsi que sur le haut magistrat de la Cour de cassation Gilbert Azibert. La retranscription de ces écoutes a donné lieu, le 26 février, à l’ouverture d’une information judiciaire contre X pour « trafic d’influence » et « violation du secret de l’instruction », confiée aux juges d’instruction Patricia Simon et Claire Thépaut.

« Elle a, le 4 mars, provoqué une série de perquisitions aux bureaux et domiciles de l’avocat et du magistrat, menées par l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales, et risque maintenant de déboucher sur des mises en examen. C’est un véritable séisme dans la classe politique mais aussi dans le milieu judiciaire. » (Source Mediapart).

Ainsi s’ajoutent, se superposent, se cumulent, s’amoncellent les affaires auxquelles le nom de Sarkozy est irrémédiablement lié. Cette fois on nous promet un séisme !… Comme d’hab, quoi ! Mais c’est le weekend, et on préfère prendre 10 mn dans cette agitation électorale pour revoir ce magistral plaidoyer de Jean Gabin dans « Le Président », un film d’Henri Verneuil sorti en 1961. Du pur Audiard aux dialogues, on ne s’en lasse pas. Il y a des gens qui pensent que « c’est du cinéma ». Faudrait alors qu’ils définissent ce qu’ils appellent le réel. Cinquante ans plus tard, si l’on doit constater que les propos n’ont pas pris une ride, c’est parce que rien n’a changé à l’Assemblée comme aux affaires, et que ça commence à bien faire !

L’article de Mediapart à l’attention de qui veut connaître les détails sur cette nouvelle affaire d’écoutes impliquant Nicolas Sarkozy se trouve après la balise Lire la suite. C’est un vrai feuilleton, et ce n’est que le début.

Pour les autres, place au « cinéma » !

article Mediapart du 7 mars 2014 Lire la suite

le fil sémaphorien_février2014_n°3

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17 millions de français hors GMT

Communiqué du Parti de Gauche- Eric Coquerel

Après la région Ile de France la semaine dernière, le Conseil régional PACA vient d’adopter une motion exigeant l’arrêt des négociations du Grand Marché Transatlantique.

Ainsi les deux plus grandes régions françaises, soit 17 millions d’habitants au total, sont désormais déclarées zone hors GMT.

C’est un énorme point d’appui pour la mobilisation nécessaire contre cet accord de libre échange qui livre les citoyens pieds et points liés aux intérêts des multinationales et place toujours plus l’Europe dans l’orbite des États-Unis.

C’est la preuve que lorsque les élus de la République sont appelés à s’exprimer sur cette négociation anti-démocratique, ils votent contre. Raison sans doute pour laquelle le Président de la République a refusé un vote à notre assemblée nationale sur ce sujet.

C’est la démonstration qu’une majorité alternative, de contenu, est possible. Sur proposition du groupe PG-Alternatifs en Ile de France et du groupe FDG en PACA, à chaque fois on a retrouvé côte à côte les partis du FDG, les groupes EE-LV et, dans le sud, beaucoup de socialistes, à l’instar de Michel Vauzelle (député et Président de la Région), pour voter ensemble contre un projet pourtant défendu par le chef de l’état. A l’inverse, en votant contre cette motion, le FN a, en PACA, révélé sa duplicité : pour la souveraineté populaire et contre le libéralisme sur les plateaux, il se révèle atlantiste et pour le maintien du système dans les assemblées…

Ce vote est la preuve que la mobilisation citoyenne peut arriver à percer le mur du silence médiatico-politique sur cette question. Il nous convainc également toujours plus de faire des élections européennes un référendum sur le GMT. Voter pour nos listes sera voter pour l’arrêt des négociations.

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IRFM et Transparence Argent public_le suivi
Près de 25 000 signatures cette semaine. Vous êtes à présent plus de 143.000 citoyen(ne)s à agir pour la transparence !

Et la mobilisation gagne en visibilité : l’appel du député Charles de Courson a été largement relayé dans les médias, parmi lesquels Le Monde et L’Express. La pétition est également soutenue par les associations de lutte contre la corruption Anticor et Transparency International.

Il y a quelques jours, Charles de Courson a adressé sa pétition par courrier officiel à Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale et Jean-Pierre Bel, président du Sénat. Mais leur réponse tarde à venir. Pourriez-vous donner encore plus d’ampleur au mouvement pour les convaincre de répondre aux attentes des citoyens ? Pour recueillir de nouveaux soutiens et aider à dépasser les 150.000 signatures, vous pouvez :

– partager les articles du Monde et de L’Express sur les réseaux sociaux pour faire connaître la pétition;

– appeler vos proches et amis à signer en continuant de partager la pétition sur Facebook ou par e-mail avec ce lien:

www.change.org/transparenceargentpublic

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Exil fiscal : On se fout de qui ?

La cellule de régularisation des avoirs non déclarés détenus à l’étranger a rapporté à l’État 230 millions d’euros depuis le 1er janvier 2014. Elle devrait rapporter un total de 2 milliards d’euros en 2014, selon les prévisions du ministère du budget.

Et faudrait applaudir ? Pour rappel, les avoirs français dans les paradis fiscaux sont estimés à 600 milliards et l’évasion annuelle ces dernières années était estimée à 50 milliards d’euros.

Voir plus bas dans ce même fil d’actu les noms des spécialistes de l’évasion.

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La photo du jour, pour ceux qui ne croient pas à la ressemblance entre François Hollande et Nicolas Sarkozy

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affaireS Guéant_le suivi

Pierre-René Lemas, le secrétaire général de l’Élysée auprès de François Hollande, est formel dans une lettre de trois pages qu’il  a adressée le 22 mai 2013 au juge Roger Le Loire :

« Le fonds d’archives papier de M. Claude Guéant n’a pas été reversé aux Archives nationales, et il n’en a pas été trouvé trace dans les locaux de la présidence de la République. »

En d’autres termes, les écrits et notes de travail de celui qui fut, pendant près de quatre ans, le plus proche collaborateur de Nicolas Sarkozy à l’Élysée sont, à ce jour, introuvables.

La disparition de ces documents est pour le moins fâcheuse. Ces archives auraient pu être une mine d’informations pour tout citoyen qui aurait voulu relire les épisodes de la Ve République sous M. Sarkozy.

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Grand Marché Transatlantique

A l’initiative des élus Parti de Gauche et Alternatifs, le Conseil régional d’Île-de-France a voté une délibération demandant l’arrêt des négociations sur le Traité de libre échange entre l’Europe et les États-Unis. Cette délibération déclare placer la région capitale hors de cet accord de libre échange.

Ce vote montre une opposition de gauche majoritaire contre ce projet dangereux que le président de la République a souhaité accélérer lors de son voyage aux États-Unis sans en avoir jamais parlé auparavant.

On peut noter que Benoit Hamon, Anne Hidalgo ou Pierre Larrouturou n’ont pas pris part à ce vote.

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Paradis fiscaux_ le suivi

Selon une enquête publiée par la revue Projet, les groupes du CAC 40 disposent de 1 548 filiales dans les paradis fiscaux. Mais ne nous y trompons pas… 23 de ces sociétés ne dressent, dans leur rapport annuel, qu’une liste des « filiales principales ». Où sont passées les autres ? La question reste entière.

France Télécom annonce 400 entités, mais n’en liste que 32. Danone publie les noms de 99 filiales sur 252 annoncées, Capgemini : 124 sur 136, Legrand : 34 sur 157, Veolia Environnement : 106 sur 2728 et Vivendi : 57 sur 690. Quant à Total, la société annonce 883 entités mais ne donne les noms que de 179 d’entre elles

La participation de l’État au capital n’est en rien gage de transparence. Si Safran, Renault et EDF fournissent une liste exhaustive, en revanche EADS (Airbus Group depuis le 1er janvier 2014), GDF Suez et France Télécom ne révèlent pas publiquement toutes leurs filiales. Pour cette liste incomplète, on découvre 3 filiales paradisiaques pour France Télécom, 18 pour GDF Suez, 43 pour EADS. EDF compte 11 filiales offshores, Safran 17 et Renault 19…

Gros dossier à découvrir : http://www.revue-projet.com/articles/2014-02-cac40-paradis-fiscaux/

L’immigré préféré de Claude Guéant

La France protège l’homme des petits et grands secrets de Kadhafi

Le Libyen Bachir Saleh a droit à une protection policière française quand il se balade avec sa petite famille sur les Champs-Élysées. Il s’agit pourtant d’ « un personnage qu’on imaginerait plutôt témoignant aux Pays-Bas devant la Cour pénale internationale », écrit Le Canard enchaîné en révélant la présence en France de l’ex-directeur de cabinet de Mouammar Kadhafi.

Pendant quinze ans, Saleh a été l’homme de confiance du « Guide » libyen.  A ce titre, il connaît tous ses petits secrets, et notamment à qui il a fait bénéficier de sa générosité. Bachir Saleh pourrait-il confirmer (ou infirmer) le financement par Kadhafi de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy, que ce dernier dément ?

« Une sorte d’intendant général »

Cité par Le Canard, un diplomate « longtemps en poste à Tripoli » explique le rôle central que tenait le secrétaire particulier dans le régime libyen :

« C’était une sorte d’intendant général, il en savait plus que le patron de la Banque centrale libyenne sur les cadeaux faits aux amis étrangers. Si Kadhafi disait “il faut donner deux millions à Untel”, c’est lui qui s’en occupait. »

L’hedbo précise aussi les raisons et les conditions de son arrivée en France :

« Au fil des ans, à partir de 2007, Saleh était surtout devenu l’interlocuteur privilégié de Claude Guéant, très assidu chez le Colonel. Et c’est bien d’une visite en ce palais que l’intermédiaire en armement Ziad Takieddine rentrait quand il s’est fait pincer au Bourget en 2011 avec sa valise pleine de billets [1,5 million d’euros, ndlr]. De son côté, Saleh multipliait les visites à Paris, tentant même une médiation au début de la guerre entre la France et son patron.

Jusqu’à la guerre, il ne faisait que passer. La fin tragique de son mentor l’a incité à demander de l’aide à ses amis. Ceux-ci ont d’abord fait un peu la sourde oreille mais sans doute a-t-il su se montrer persuasif car Guéant s’est mis au boulot. »

Guéant argue du regroupement familial !

Interpellé par le Conseil national de transition (CNT), Bachir Saleh a été vite libéré, puis transféré à Djerba (Tunisie) accompagné personnellement par le sarko-boy Boris Boillon, où l’attendait un jet privé propriété du très serviable homme d’affaire Alexandre Djouri.

Selon Le Canard enchaîné, l’obtention par Saleh d’un passeport diplomatique nigérien, révélée dans la presse africaine ces dernières semaines, serait due à la contribution des « réseaux de la Françafrique » et lui ont permis de passer entre toutes les gouttes. Intouchable désormais.

Le ministre de l’Intérieur Claude Guéant a reconnu la présence de l’homme sur le sol français, bien que recherché par Interpol, indiquant qu’il bénéficiait « d’une autorisation provisoire de séjour pour trois mois puisque sa famille réside en France ».

Quand il fait le bien en apportant son aide à un étranger pourchassé, Guéant n’aime pas que ça se sache ?

sources : Canard Enchaîné et Rue 89

Claude Guéant, l’homme qui murmurait à l’oreille des fachos

Quand bien même ce serait un piège à des fins électoralistes : il faut en parler. Il le faut d’autant plus lorsque des journaux tels que Libération ne trouve d’autre mot que « dérapage » pour qualifier des propos franchement odieux et lourds de conséquences. On savait déjà Claude Guéant sinistre de l’intérieur et voilà qu’il s’affirme en ministre de l’Inférieur. C’est le grand retour au choc des civilisations, et les français sont invités à désigner celles qui leur seraient inférieures. La méthode est vieille comme le monde qui consiste à diviser pour mieux régner mais qu’on ne s’y trompe pas : Il n’y a pas plus de dérapage de la part de Guéant qu’il n’y en a dans les propos d’un Le Pen repris aujourd’hui par la fifille à son papa. La provocation est tout ce qui reste au clan Sarkozy pour chasser sur les plates-bandes du F’haine.

Serge Letchimy

Non seulement le groupe majoritaire a préféré quitter l’Assemblée plutôt que d’entendre des arguments des citoyens blessés, mais voilà qu’il serait maintenant question de sanctionner Serge Letchimy, député et président du Conseil régional de la Martinique, pour ses propos tenus dans l’hémicycle. C’est pourquoi, oui, il faut sauver le soldat Letchimy en le soutenant, ne serait-ce que par quelques mots d’appui et de réconfort (vous pouvez le faire directement sur son mail à l’Assemblée Nationale). Par ailleurs nous espérons que des voix plus fortes s’élèveront du côté du PS pour défendre un de leurs proches sur un sujet autrement plus grave qu’une campagne présidentielle. Le rassemblement de la gauche est certes essentiel pour empêcher les idées nauséabondes de progresser dans la société, mais il est tout autant important que ce type de dérive réactionnaire ne trouve pas l’indifférence comme réponse. Il est déplorable que le seul soutien franc et clair à l’égard de Serge Letchimy soit venu de Jean-Luc Mélenchon. Serge Letchimy est certes un député PPM, mais il est apparenté socialiste et un compagnon de route des socialistes comme l’était son mentor depuis des dizaines d’années. Le Parti Socialiste et tous ses membres se grandiraient à apporter un véritable soutien à notre camarade martiniquais.

Les propos de Guéant ne déshonore pas seulement la France terre d’accueil et pays des droits de l’homme mais sont une atteinte à l’humanité, ils doivent être entendus et traités comme tels. Veillons à ne pas en faire de simples arguments électoraux, ni ne cherchons à les évacuer sous prétexte de campagne en cours, car notre silence ferait de nous des complices. A ceux qui ne comprendraient pas que la prochaine étape sera de parler de race aryenne, nous ne pouvons que dire : à bon entendeur, salut.

Ainsi que le pointait Edwy Plenel dans son dernier article : « L’oligarchie au pouvoir veut des pauvres (c’est-à-dire tout ce qui est moins riche qu’elle) qui la laissent tranquille en se faisant bataille les uns les autres, plutôt qu’en retrouvant ce qui les rassemble – leur condition sociale, leur situation salariale, leur habitat commun, leurs conditions de vie, etc. (…)

Ce ne sont pas que des mots : une immense violence, qui n’est pas seulement symbolique, est ainsi libérée. Toutes celles et ceux qu’elle vise et désigne, à raison de leur origine, de leur apparence ou de leur religion, la vivent et la supportent déjà, dans leur chair et dans leur âme. Allons-nous les laisser seuls, comme si c’était affaire de sensibilité individuelle et non pas de principes collectifs ? Allons-nous rester indifférents à la remontée, non plus à la périphérie du débat public mais en son centre, des idéologies meurtrières d’hier, cette barbarie nichée dans le délire pathologique de civilisations égarées ? Allons-nous rester silencieux ?

Notre empathie a trop longtemps fait défaut. Aux Juifs, aux Noirs, aux Arabes, aux musulmans, aux Roms et aux Tziganes, etc. : à tous ceux qui, successivement ou en même temps, sont les victimes de cette barbarie dont Claude Guéant est le pédagogue officiel. Il est bien temps de lui opposer le langage de la civilisation. »

Ci après nous proposons dans leur intégralité la lettre ouverte adressée au ministre de l’Intérieur par Serge Letchimy, ainsi que celle de MM. Victorin Lurel et Jacques Gillot, présidents du Conseil régional et du Conseil général de la Guadeloupe. Lire la suite

L’étrange mémoire de Claude Guéant, sinistre de l’intérieur

Le 30 octobre 1979, le corps de Robert Boulin est retrouvé dans un étang, près de la forêt de Rambouillet. On conclut immédiatement à un suicide. Le ministre n’aurait pas supporté d’être mis en cause dans une sombre affaire immobilière. Pourtant, dès le début, nombre de journalistes et d’hommes politiques vont évoquer l’hypothèse d’un assassinat. Un ministre en exercice du gouvernement français a été liquidé, à l’issue d’un règlement de comptes dans son propre camp politique. Près de trente ans plus tard, l’affaire Boulin demeure une énigme irrésolue. Pour rappel, en 1979, Valéry Giscard d’Estaing est président de la République, Raymond Barre Premier ministre et Jacques Chirac, maire de Paris, préside le premier parti de la majorité de droite, le RPR.

Certes du temps a passé depuis, mais de nouveaux éléments ayant permis récemment de rouvrir l’enquête, Yvon Mézou, directeur de rédaction du quotidien 20minutes, a pris sur lui de poser une (pas) très innocente question à notre actuel ministre de l’Intérieur, Claude Guéant. C’était le 1er novembre dernier sur Radio France International et la question était :

« Monsieur Guéant, je vais faire appel à votre mémoire : le 30 octobre 1979, au petit matin, un ministre, Robert Boulin, a été trouvé mort au bord d’un étang (…) le ministre de l’intérieur de l’époque, Christian Bonnet -dont vous étiez le collaborateur- a expliqué qu’il avait été prévenu dans la nuit, c’est à dire quelques heures avant la découverte du corps, en expliquant que le conseiller de permanence l’avait informé de ce décès. Il semble que ce conseiller, c’était Claude Guéant. Vous vous en rappelez ? Avez-vous des informations à nous communiquer sur l’enchaînement des faits ? »

Réponse de Claude Guéant : « Très franchement je ne me souviens pas avoir été le conseiller de permanence ce jour-là et je n’ai pas tout à fait le même souvenir. Je me souviens que nous avons appris la mort de Robert Boulin alors que nous étions réunis, c’était un matin, assez tôt. Mais je suis incapable de me souvenir de cela« . Lire la suite