Le pas très Franc du collier maire d’Aimargues

Tout comme celle de Terre de Camargue (voir article précédent), l’installation de la communauté de communes de Petite Camargue ne s’est pas faite sans surprises ni coup bas. Le choix des Vauverdois n’a pas été respecté. En Camargue aussi les digues sont levées entre la droite et l’extrême droite.

Pour comprendre comment Jean-Paul FRANC, maire d’Aimargues, a réussi à installer le Front National à la CCPC, lire le déroulé de la soirée et les détails du scrutin sur la page de Jean Denat : http://www.jeandenat.fr/articles/faisions-parler-lisoloir-communaute-communes-petite-camargue

Première réaction, celle des Verts (de rage, et on les comprend. D’autres sont rouges, c’est de colère, et on les comprend aussi).

Aigues-Mortes_le problème de la Salle Demessieux

L’élu municipal Didier Caire adresse un courrier aux responsables associatifs d’Aigues-Mortes. A Sémaphores nous pensons que la réflexion engagée par ce courrier ne se limite pas au microcosme aigues-mortais, ne serait-ce que parce que la CC Terre de Camargue se trouve concernée par le projet, sauf abandon de sa part en faveur de la seule municipalité d’Aigues-Mortes. Auquel cas le projet visiblement peu réfléchi et malgré tout coûteux d’une simple restauration de la salle Demessieux laisserait intacte la question : Bonato est-il le bon atout et peut-on être bon à tout ? Nous avons déjà noté dans un précédent article l’omni-présidence du maire des remparts dans les commissions concernant le budget, le tourisme, la culture… Mais lorsqu’en conseil municipal on peut entendre par la bouche d’un adjoint : «Nous, on ne travaille pas pour trois personnes qui lisent des livres…», on peut légitimement douter de ce que la polyvalence réclamée soit fort éloignée d’une poly-compétence. Sans nous étonner vraiment, ce n’est pas d’aujourd’hui que certains sortent leur révolver lorsqu’ils entendent le mot culture.

« Madame, Monsieur,

Je sollicite par la présente les président(e)s et principaux responsables associatifs d’Aigues-Mortes quant à l’affaire qui concerne l’avenir de la salle Jeanne Demessieux (ancienne halle de sports vis-à-vis de l’école Charles Gros).

Cette salle, propriété de la commune, était gérée jusqu’à ce jour par la Communauté de communes Terre de Camargue (CCTC). Elle vient de faire l’objet d’un arrêté préfectoral de fermeture administrative pour raison de sécurité en date du 31 mai 2012.

Son avenir fait l’objet d’un long contentieux entre la commune et la CCTC, la première demandant la remise à l’état initial, la seconde jugeant plus pertinent d’envisager une construction nouvelle.

Quelles sont les positions :

  • pour la commune : cette salle qui n’a plus d’utilité pour la CCTC (les élèves du collège vont à la salle Camargue) doit être rendue à la commune en bon état, elle est utile aux associations locales et c’est une question de principe;
  • pour la CCTC : cette salle est ancienne, elle fait partiellement double-emploi avec la salle Camargue, le coût de remise en état sera élevé. Il est préférable de s’engager dans un projet nouveau.

M. Rosso, président de la CCTC, écrit au maire d’Aigues-Mortes le 16 janvier 2012 pour préciser sa proposition :

«Aujourd’hui la salle Demessieux fait l’objet d’un avis défavorable d’exploitation et donc sa réouverture conditionne la réalisation de travaux qui ont été estimés pour un montant proche des 400 000 euros. Malgré ces travaux, il ne demeurera qu’un bâtiment dépassé architecturalement et dont sa fin de vie ne sera que repoussée. Face à ce constat, cette structure pourrait être démolie et repensée en lieu de vie, avec une bibliothèque, des salles qui pourraient accueillir un certain nombre d’associations locales, une salle d’exposition, de conférence, un kiosque multimédia par exemple, ou revêtir d’autres formes en fonction des motivations et de l’ambition portées par les élus.

En effet vous évoquiez dernièrement aux associations aigues-mortaises, le «déficit rencontré dans l’offre d’utilisation de salles», ce projet pourrait constituer une réponse à vos préoccupations.

De nos jours, les médiathèques/bibliothèques ne sont plus pensées comme des lieux exclusivement réservés aux livres, mais comme des lieux modulables, sociaux, ouverts sur la cité où le brassage des différentes composantes de la population s’exerce, avec des activités multiples et diverses. Cette conception engendre une nouvelle génération d’équipements mutualisés, à la recherche d’une transversalité et traduit une vision rénovée de l’éducation populaire. Lire la suite

Saison des épinglages pour Étienne Mourrut

Il n’y a pas que la Cour des comptes qui prend note des retards de l’équipe Mourrut quant à la mise en conformité de la commune ou de la communauté de communes selon les lois en vigueur. Dans une longue lettre adressée au député-maire, l’élu Didier Caire (conseiller municipal à Aigues Mortes) pointe avec pertinence et forte argumentation quelques traits de laxisme de la part de la CCTC (communauté de communes Terre de Camargue) en matière de gestion de l’eau, qu’il s’agisse de l’eau potable, des eaux pluviales ou des eaux usées.

Concernant la première, il est regrettable de constater la lenteur de mise en place des normes pourtant en vigueur en matière de santé. « Des pesticides, écrit l’élu, – notamment l’atrazine – sont présents dans la nappe de la Vistrenque : la prise en compte de cette pollution a été très tardive par la CCTC malgré l’alerte constante des analyses. Ce n’est qu’après des dépassements répétés des normes admises que des décisions sont intervenues. Il a fallu solliciter une période dérogatoire de trois ans pour mettre en place en 2008 les premiers dispositifs de filtration à charbons actifs que nous venons de renouveler en 2011 pour un montant de 300 000 € sans solution pérenne. Le coût de ces traitements impacte le prix de l’eau. »

Est abordée également la question de la suppression des branchements en plomb : « Depuis des années cette action figure dans les rapports annuels SDEI / Lyonnaise des eaux comme projet, sans cesse remis, pour l’année suivante. Pourquoi ce retard à agir de la CCTC, pourquoi toujours attendre la contrainte ultime des échéances légales ? »

Concernant la gestion des eaux usées, Didier Caire rappelle que « le lagunage de St Laurent d’Aigouze était dimensionné pour 1500 équivalent/habitant, c’est-à-dire qu’il est saturé depuis plus de 15 ans. L’ignorance là-dessus était telle que l’ancien maire lui-même de la commune pensait que ses eaux usées étaient acheminées au Grau-du-Roi ! Encore une fois la CCTC agit le dos au mur avec un retard inquiétant. » Et d’ajouter : « Les problèmes de refoulement d’eaux usées dans l’étang de la Marette dont vous me dites qu’ils sont « faciles à résoudre » « dans les meilleurs délais » sont récurrents depuis le premier jour du raccordement des eaux d’Aigues-Mortes à la STEP il y a 11 ans. »

Le Vistre, comme le Vidourle, sont des cours d’eau parmi les plus pollué du sud de la France, à tel point que monsieur Mourrut a lui-même, ainsi que les maires de toutes les communes depuis Sommières, signé en 2011 un arrêté d’interdiction de toute pêche ou baignade sur ce cours d’eau suite à une pollution encore inexpliquée qui a causé la mort de plusieurs tonnes de poissons. Il en découle, mentionne l’élu Aigues-Mortais, que « la qualité des étangs littoraux, ressource halieutique, écologique et touristique, se dégrade également : les phénomènes de dysfonctionnement et d’eutrophisation se généralisent (Marette, Médard, Ponant, Rhône de St Roman). »

Enfin, concernant les eaux usées et la capacité épuratoire de la STEP du Grau-du-Roi, Didier Caire propose à juste titre de « passer au crible de l’esprit de précaution et d’anticipation » les rapports des techniciens qui soutiennent qu’une station prévue pour 100 000 équivalent/habitant peut en réalité traiter les effluents de 150 000 habitants. « Les élus ont-ils en main les éléments leur permettant de décider en connaissance de cause ? »

C’est effectivement une question qu’on peut se poser lorsque, venant sur la gestion de la Lyonnaise des Eaux (Véolia), l’élu se dit très inquiet lorsqu’au cours des débats « censés accompagner le vote sur le Rapport annuel sur le prix et la qualité du service il apparaît évident que la très grande majorité des élus n’ont pas lu le rapport. »

Outre le pointage de ces dysfonctionnements, cette lettre à monsieur Mourrut contient des propositions et des pistes de réflexion que la CCTC ferait bien de porter rapidement au débat. Nous ne pouvons que vous inciter vivement à la lire dans son intégralité : http://camargue.europe-ecologie.net/2012/02/24/reponse-a-e-mourrut-sur-la-communaute-de-communes/

 

Le problème des eaux usées de St Laurent d’Aigouze

La gestion de l’eau et de l’assainissement est une compétence de la Communauté de communes Terre de Camargue (CCTC). Le conseil communautaire a voté – à l’unanimité – un projet de 3 M d’euros pour acheminer les eaux usées de St Laurent à la station d’épuration (STEP) du Grau-du-Roi. Cette décision contestable va rapidement poser des problèmes techniques et écologiques majeurs.
Dans une lettre adressée au Préfet, l’élu Didier Caire (Aigues Mortes) argumente sur ces problèmes majeurs qui ne manqueront pas de se produire si tous les éléments ne sont pas mieux pris en compte: « Ce projet de transfert aurait eu l’aval de vos services. Je crains qu’ils aient négligé certains aspects du problème et notamment celui-ci : la STEP du Grau-du-Roi est conçue pour recevoir et traiter les effluents de 100 000 équivalent-habitants. Or ce niveau de population est d’ores et déjà dépassé en été. Des documents émanant de l’Office de Tourisme du Grau-du-Roi annonce «pour la période estivale une population touristique moyenne de 122 124 habitants» qui s’ajoute à la population permanente de 8 000 habitants (Dossier de presse Les Graulinades 2011). Avec la population permanente et estivale d’Aigues-Mortes la STEP du Grau-du-Roi pourrait recevoir les effluents de plus de 150 000 personnes en été. »

Lire l’article entier et la lettre à M.le Préfet : http://camargue.europe-ecologie.net/2012/01/09/les-eaux-usees-effluents-de-st-laurent-daigouze/