Corruption et fraudes

Antoine Peillon : « Ne pas savoir, c’est ne pas vouloir savoir »

L’action citoyenne minimale, c’est de s’informer

Antoine Peillon est un journaliste engagé. À travers ses livres, ses enquêtes, ses articles, il traque sans cesse la corruption, la fraude, la triche. Ces maux rongent, mais de manière très peu visible, les fondements de notre démocratie. Son travail montre que la France est touchée en profondeur, et que notre Hexagone n’a rien à envier à la Botte italienne. Mais la corruption n’est pas que l’affaire des autres, elle nous concerne tous, et se développe grâce à notre manque de réaction…

Transparency International vient de publier le classement mondial 2014 de la corruption. On voit que la France est tombée à la 26e place des pays les plus vertueux, derrière des pays comme le Chili, l’Uruguay, les Émirats arabes unis… Est-ce que ça vous surprend ? Ces chiffres sont-ils crédibles ?

Transparency mesure le sentiment qu’ont les personnes du niveau de corruption dans leur propre pays. Ce n’est donc pas une mesure objective, mais le résultat est très intéressant car ces opinions collent bien avec la réalité. Ce classement est donc crédible. La mauvaise position de la France ne m’étonne pas et n’a rien de surprenant pour ceux qui travaillent sur les affaires. Notre situation, même si tout le monde ferme les yeux, est proche de celle de l’Italie.

Qu’est-ce qui différencie la corruption, dont on parle si peu, de la délinquance ordinaire dont on parle tant ?

La corruption est cachée, secrète. La délinquance ordinaire, elle, est visible. Le pacte de corruption est un arrangement, un contrat souvent oral, qui n’a pas de matérialité, entre des personnes. Qu’elle soit cachée la rend plus dangereuse pour la confiance, car elle contourne totalement la loi. Ensuite, il y a une sociologie de la corruption. Elle ne concerne que les élites ou ceux que les sociologues appellent « l’oligarchie ». La délinquance ordinaire couvre l’ensemble du champ social. Un PDG de banque, comme un ouvrier, peut assassiner un jour son épouse…

Pourtant, vous affirmez que la corruption va du gardien d’immeuble au marchand de canons. Leurs situations ne semblent pourtant pas avoir grand-chose à voir !

Les gardiens d’immeuble sont parfois payés par des dealers pour « faire la veille » et les protéger de la police. Il y a bien là achat, par de l’argent illégal, de gens payés pour faire autre chose. Entendons-nous bien, je ne jette pas la pierre aux gardiens d’immeuble ou même aux petits dealers, pions de la chaîne qui aboutit aux patrons de la mafia qui, eux, amassent des dizaines de milliards et achètent des chefs d’État. Gardons le sens des mesures… Ensuite, au risque de vous surprendre, le salaire est parfois un premier pas vers la corruption. Et s’il achetait nos consciences ? Des avocats de lanceurs d’alerte qui travaillaient dans de grandes banques vont attaquer pour tentative de corruption sur la base du salaire. Parce que le deal était le suivant : « Tu fermes les yeux, tu ne dénonces pas les malversations dont tu es témoin, parce que si tu dénonces, tu seras licencié, donc privé de ton salaire. » Ce qui veut dire que le salaire devient le moyen d’un acte de corruption.

Donc nous sommes tous complices, tous responsables ?

Il est rare que dans une vie d’adulte nous ne soyons pas témoins d’une tentative de corruption. Encore plus rare de ne pas être témoins, voire acteurs passifs, d’une organisation sociale et économique qui comprend des actes qui ne sont pas complètement légaux voire illégitimes. Et quand on voit Balkany réélu, les grands électeurs qui nous amènent au Sénat Guérini, ceux qui ont milité pour le retour de Nicolas Sarkozy (qui a quand même une douzaine d’affaires en cour d’instruction et est mis en examen pour corruption active), on peut se poser la question du rôle du citoyen ! En France, nous avons culturellement le goût du chef, des habitudes de clientélisme et une grande paresse civique, sinon une grande complaisance.

Lire la suite ( et on vous le conseille vivement) , c’est sur Siné Mensuel : http://www.sinemensuel.com/grandes-interviews/antoine-peillon-corruption-fraudes-ne-pas-savoir-cest-ne-pas-vouloir-savoir/

Rappel : le livre précédent d’Antoine Peillon était « Ces 600 milliards qui manquent à la France ». Le nouveau s’intitule « Corruption ». Les deux sont publiés au Seuil.

 

Bonus sémaphorien :  La bande-annonce du film « L’Enquête », de Vincent Garenq qui retrace les investigations de Denis Robert au sujet des activités de Clearstream. Avec Gilles Lellouche et Charles Berling

 

 

 

Rentrée littéraire et Mafiascope

Belle rentrée littéraire en vue. Claude Guéant, plutôt sollicité en ce moment, annonce qu’il a en préparation un livre pour la rentrée.

Bernard Tapie qui, lui, est en garde à vue depuis lundi matin (garde à vue prolongée en raison de la qualification de « bande organisée » retenue par les juges), nous promet également un livre qui dira toute la vérité que ces incapables de juges et de journalistes d’investigations n’ont pas été capables de déceler. (à noter que Me Lantourne est lui aussi en garde à vue depuis mardi mais qu’il n’a pas annoncé de livre à la rentrée).

ajout Sémaphores le 28 juin. Finalement le bouquin de Nanard est déjà sorti. Il devait même le présenter hier au journal de 20h, mais c’est lui qui n’était pas sorti de sa garde à vue prolongée. C’est chez Plon, 14,90€, 230 pages, mais on ne conseille à personne de l’acheter, c’est truffé de mensonges auto-justificatifs aujourd’hui démantelés par les dernières investigations de la brigade financière.

 

Entendu hier par la Commission d’enquête de l’Assemblée Nationale, Jérôme Cahuzac a refusé de répondre à la plupart des questions et, pour celles auxquelles il a daigné répondre, il a menti par trois fois. Le menteur est donc resté dans son rôle mais ce n’est pas grave, nous saurons tout de l’exacte vérité dans son livre qui sortira à la rentrée.

Brice et Takk sont sur un bateau

Ziad Takkiedine, ayant peut-être la plume moins facile, n’a pas annoncé d’écrits (on dispose pourtant de pas mal de temps en taule…) mais il a commencé à craquer en reconnaissant sa participation au financement occulte de la campagne présidentielle d’Édouard Balladur de 1995, grâce aux rétro-commissions provenant de sommes touchées dans le cadre de la signature de contrats d’armement avec l’Arabie saoudite et le Pakistan. (Pour rappel, l’arrêt de versements des sommes « dûes » a quand même coûté la vie à 11 ingénieurs français).

Dans cette spirale infernale se retrouve aussi François Léotard, qui lui a bien écrit un livre au titre prémonitoire de « Tout ça va mal finir », titre qui reprend une phrase dont il prévenait Nicolas Sarkozy, alors au Budget, ce qui permettait à ce dernier de donner l’accord de création de la société Heine (domiciliée au Luxembourg) qui allait avoir à charge de « gérer » ces magouilles. (Pour rappel, Léotard était ministre de la défense et son collaborateur était Renaud Donnedieu de Vabres).

Mais il ne faudrait pas oublier Nicolas Bazire, alors directeur de cabinet du premier ministre Édouard Balladur et directeur de sa campagne présidentielle, ni Thierry Gaubert, ex-collaborateur de Nicolas Sarkozy à la mairie de Neuilly puis au ministère du budget de 1994 à 1995. (et nous invitons à relire l’article « Nibar, Nichon et les amis du président » que nous avions rapporté dans ces pages le 8 décembre 2011  )

D’où il découle que si Takkiedine ne ment pas, l’argent de la campagne de Balladur ne provenait pas de la vente de pins et de tee-shirts, et donc Balladur a menti. Et si Roland Dumas, président du Conseil Constitutionnel a déclaré exacts les comptes de campagne, il a menti également. Et si les rétro-commissions n’étaient pas « une fable », Nicolas Sarkozy a donc ajouté une couche de mensonges.

Petit bonus pour qui voudrait encore innocenter Sarkozy dans cette affaire Karachi, voici le lien vers le rapport luxembourgeois qui dévoile le montage et accuse le nabot : http://fr.scribd.com/doc/66653147/Rapport-Lux

Ajoutons par ailleurs que Jean-Pierre Bechter, maire UMP de Corbeil-Essonnes et bras droit du sénateur Serge Dassault, a été placé en garde à vue mercredi 26 juin dans le cadre d’une enquête sur une tentative d’homicide volontaire potentiellement liée à des soupçons de fraude électorale.

Takkiedine, Gaubert et Serge Dassault

Que plane sur le même Serge Dassault des accusations d’achat de votes, de corruption, de blanchiment et d’abus de bien sociaux lors des campagnes municipales de 2008, remportée par lui-même, et de 2010, remportée par Jean-Pierre Bechter. À ce jour il est question de la levée d’immunité parlementaire du sénateur, qui serait (source Libération selon AFP) mercredi 3 juillet.

À suivre, mais l’occasion de dire qu’une autre levée d’immunité est discutée au Parlement Européen, celle de Marine Le Pen.

Si force est de constater que la justice se bouge en ce moment, reste à espérer que ses traitements ne se solderont pas par des simulacres comme ce fut le cas pour Chirac, pour Pasqua… pour tant d’autres dont voici un début de liste, extraits du Mafiascope…

Ndlr : aujourd’hui nous résumons la liste à l’UMP. On dira que c’est parce que nous sommes gentils et dans un bon jour. Nous aurions pu citer 49 noms sous étiquette PS, 4 communistes de l’ancien temps, quelques FN de l’ancien temps aussi, une seule Verte… L’objet de cet article n’étant pas d’abonder dans le « tous pourris », et loin de là car nous savons la probité d’un grand nombre d’élus et cautionnons a priori l’honnêteté de toutes celles et ceux qui n’apparaissent pas dans cette liste et dont l’engagement n’a jamais fait aucun doute à nos yeux. Mais nous comprenons de mieux en mieux cette voix qui monte et qui dit : Que se vayan todos !

La liste est bien évidemment non exhaustive et le choix de publier aujourd’hui les seuls UMP tient à ce qu’ils constituent tout de même un triste record en la matière.

Aeschlimann Manuel  (UMP), avocat,  ancien député- maire d’Asnières (Hauts-de-Seine), 1) 2009 , a été condamné à 18 mois de prison avec sursis et 4 ans d’inéligibilité pour « atteinte à la liberté d’accès ou à l’égalité des candidats dans les marchés publics » 2) 2011, confirmation de la 1ere instance de 2009 , condamné, vendredi 21 janvier, pour favoritisme à un an d’inéligibilité par la cour d’appel de Versailles.

Agostini Alain (UMP) 2008, condamné pour proxénétisme aggravé en bande organisée.

Alduy Jean-Paul (UMP) 1) 2008, élection annulée pour fraude.

Aillaud Thérèse (UMP), Maire de Tarascon 1983 à 2002, condamnée pour détournement de fonds publics (454 000 francs de dépenses personnelles) à 18 mois de prison avec sursis et 5 ans d inéligibilité.

Balkany Patrick (UMP) 1) 2003, condamné pour injure publique et pour diffamation. 2)1999, condamné pour avoir rémunéré aux frais du contribuable trois personnes désignées comme des employés municipaux mais qui ne s’occupaient que de son appartement de Levallois-Perret et de sa résidence secondaire près de Giverny.

Barrot Jacques (UMP), membre du Conseil Constitutionnel 1) 2000, condamné à 8 mois de prison avec sursis pour le financement occulte du CDS, immédiatement amnistié et nommé commissaire européen à la Justice (malgré sa condamnation antérieure !)

Bazire Nicolas(UMP) 2011, mis en examen dans le cadre de l’affaire Karachi.

Bédier Pierre (UMP) Pierre Bédier (UMP) député-maire de Mantes-la-Jolie entre 1995 et 2005, président du Conseil général des Yvelines de 2005 à mai 2009. Condamné en 2006 à 18 mois de prison avec sursis, 50 000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité pour corruption passive et recel d’abus de biens sociaux, Pierre Bédier fait appel de cette décision, l’appel ayant un effet suspensif. Il est réélu président du Conseil général des Yvelines en 2008. Le 20 mai 2009, la Cour de cassation de Paris confirme la condamnation de Pierre Bédier ; il est démis de ses fonctions deux jours plus tard.

Blanc Jacques (UMP) 2009, mis en examen pour détournement de fonds publics et prise illégale d’intérêt.

Bozzi Marie-Jeanne (UMP), ex maire de Grosseto Pugna (corse) 1) 2002, condamnée pour proxénétisme aggravé, association de malfaiteurs et dissimulation de travail clandestin.2) 2007, condamnée pour soustraction au paiement de l’impôt, omission de déclaration et fraude fiscale.3) 2009, mise en examen pour association de malfaiteurs en vue de la commission d’un homicide en bande organisée. Avril 2011, a été assassinée par deux tueurs à moto.

Brun Philippe (UMP) 2011, condamné pour fraudes et multiples abus de biens sociaux

Buillard Michel (UMP) 2011, condamné pour détournement de fonds publics et prise illégale d’intérêts

Carignon alain (UMP) ancien ministre, ex maire de Grenoble 1) juillet 1996, condamné par un arrêt définitif de la chambre correctionnelle de la Cour d’appel de Lyon à 5 ans de prison (dont 1 an avec sursis), 5 ans d’inéligibilité, et 400 000 francs d’amende pour corruption, abus de biens sociaux, et subornation de témoins.

Cazenave Richard  (UMP) 1) 1999, condamné pour abus de biens sociaux. 2) 2004, condamné pour recel et complicité d’abus de biens sociaux.

Chabert Henry (UMP) 2002, condamné pour recel d’abus de biens sociaux

Chirac Jacques (UMP) ancien Président de la République, décembre 2011, condamné à deux ans de prison avec sursis dans l’affaire des emplois fictifs de la ville de Paris.

Dassault Serge (UMP) 1) 1998, condamné pour corruption. 2) 2010, condamné pour procédure abusive. 3) 2009, condamné pour avoir acheté des voix lors des municipales.

Deleu Olivier (UMP) 1) 2011, mis en examen pour injures et diffamation

Donnedieu de Vabres Renaud (UMP) 1) 2004, condamné pour blanchiment d’argent 2) 2011, mis en examen dans le cadre de l’affaire Karachi.

Drut Guy (UMP) 2005, condamné pour avoir bénéficié d’un emploi fictif.

Dugoin Xavier  (UMP) maire de Mennecy en 1989, réélu en 1995, ne put se représenter en 2001. Dans le cadre de la disparition de 1200 bouteilles appartenant à la cave du Conseil général de l’Essonne, il est condamné en 2000 pour abus de confiance, détournement de fonds publics, falsification de documents administratifs et prise illégale d’intérêts, à dix-huit mois d’emprisonnement avec sursis, 100 000 francs d’amendes et deux ans d’inéligibilité. Il est aussi impliqué dans d’autres affaires. Il est réélu maire de Mennecy en 2008. Mieux, il serait aujourd’hui candidat pour succéder à Serge Dassault à la mairie de Corbeil-Essonnes… ce dernier venant d’être déclaré inéligible pour un an après l’invalidation des municipales de mars 2008 par le Conseil d’État. Lire la suite

Quand Tapie place notre pognon

« Bernard Tapie en garde à vue » titrait hier la presse, tandis que la brigade financière tentait de reconstituer le parcours des millions empochés par les époux diaboliques.

On y apprend que « Dès le 18 septembre 2008, les époux Tapie virent les 45 millions d’euros correspondant à leur « préjudice moral » sur un compte ouvert à la banque Lazard Frères, à Paris.

Le 12 juin 2009, sur instruction de mandataire judiciaire, c’est une somme de 196 millions d’euros qui est virée sur un compte ouvert à la Société générale au nom du Groupe Bernard Tapie. En juillet et décembre 2009, 15,5 millions puis 21,5 millions atterrissent à la Société générale de Monaco, où le groupe Tapie dispose d’un autre compte.

Les époux Tapie ont déjà placé une partie de cet argent : le 2 décembre 2008, ils ont chacun souscrit une assurance-vie auprès d’Axa et de La Mondiale, pour un montant total de 36 millions d’euros. Entendu comme témoin en juillet 2012, M. Tapie a indiqué que rien qu’« avec l’argent du préjudice moral », son épouse et lui avaient « acheté pour chacun des enfants un petit appartement ou un pavillon ». »  (Le Monde 24.06.2013 11:47 )

 

 

 

Concocté par le blogueur Crossing News, voici un petit inventaire des biens des « précautionneux » :40 millions €
Yacht le « Reborn » Immatriculation sur l’île de Man

47 millions €
La villa à St Trop. Sté : South Real Estate Investment au Luxembourg

50 millions d’€
En vente après financement par l’état de sa restauration
en tant que Monument historique.

23 millions $
Sté : Carré Aviation immatriculée sur l’île de Man.

La société dans laquelle le TAPIE « volant » a pris une participation de 20% en 2010 à Malte s’appelle « Carré Aviation » .
Laquelle société a investi immédiatement avec l’achat d’un magnifique Bombardier Global Express BD700 immatriculé 9H-GBT avec les initiales du Groupe Bernard Tapie.

Tapie connait très bien Malte, son fils Laurent TAPIE y dirigeait une société de paris en ligne qu’il a vendue en 2008 au groupe Partouche.

25 millions €
ancien hôtel particulier de Lindsay Owen-Jones,
ex-patron de L’Oréal, acheté par « Mme TAPIE ».

Une piscine pour inviter Copé and Co ? Celle-là se trouve dans une superbe maison à Combs-la-Ville, en Seine-et-Marne, détenue par Themepark Properties Londres (désolé, on n’a pas de photo de la maison)

51 millions €
La Provence, Nice-Matin et Corse-Matin

Et il y a fort à parier que nous ne sachions pas tout. Sacré Nanar !

Petit bonus à l’attention de ceux qui ne comprennent pas pourquoi, en attendant de remonter jusqu’à Sarkozy, l’affaire Tapie-Lagarde est une affaire d’État.

Les belles lettres_1

Lettre ouverte à Philippe Courroye, comédien et martyr

 Monsieur,

C’est avec beaucoup d’émotion que nous avons pris connaissance du vibrant plaidoyer pro domo que Le Figaro vous a offert de réciter dans ses colonnes le 24 juillet_1. Ainsi, vous seriez la « victime d’une procédure d’exception », d’un « traitement inique » (et unique), point d’orgue d’une véritable « chasse à l’homme » orchestrée par « certaines organisations » dans le but de vous « lyncher ». Bigre ! Mais que font les défenseurs des droits de l’Homme ?

Fort heureusement, votre « indépendance d’esprit », votre « force de caractère » et votre « ténacité », comme vous dites, vous permettent de faire face à cette épreuve atroce avec flegme, car vous n’êtes pas de « ceux qui subissent » ou « qu’on attelle » ou qui mettent « un genou à terre » ou qui cèdent aux « injonctions politiques ou syndicales », etc.

Vous êtes, en effet, l’indépendance incarnée. Il est vrai que nous aurions pu nous en rendre compte plus tôt…

Ainsi, lorsque vous déjeuniez avec Jacques Chirac au domicile de l’homme d’affaires François Pinault quelques mois avant de requérir un non-lieu dans le dossier des emplois fictifs de la Ville de Paris_2, vous militiez en réalité pour une justice indépendante et ouverte sur la société. De même, lorsque vous invitiez à dîner Nicolas Sarkozy, alors chef de l’exécutif_3, il est désormais clair que vous défendiez avec panache l’honneur des procureurs. Et vous poursuiviez ce combat courageux en acceptant de ce même Nicolas Sarkozy, qui vous donnait du « cher Philippe », les insignes d’Officier de l’Ordre National du Mérite_4.

C’est également votre « ténacité » qui vous a conduit, lorsque survint « l’affaire Woerth-Bettencourt », à concentrer vos forces contre un majordome indiscret et une comptable trop bavarde, à faire appel d’un supplément d’information embarrassant, à faire examiner les factures téléphoniques de plusieurs journalistes et de l’une de vos collègues et… à ne pas ouvrir d’information judiciaire, jusqu’à ce qu’il ne vous soit plus possible de faire autrement_5.

Autre illustration de votre remarquable « indépendance d’esprit » : cet enregistrement révélé par Mediapart dont il résulte que Patrick Ouart, alors conseiller pour la justice de Nicolas Sarkozy, était informé de la décision de classement sans suite que vous alliez rendre un mois plus tard concernant la plainte de la fille de Madame Bettencourt…_6 Peut-être votre « force de caractère » avait-elle besoin du renfort de l’Élysée : même les héros ont leurs faiblesses.

A l’évidence, ces faits ont été très mal interprétés et nous devons aujourd’hui confesser notre aveuglement idéologique. De même avons-nous injustement toussé lorsque Le Canard enchaîné a révélé que vous aviez dîné à votre domicile avec trois personnes directement concernées par des dossiers judiciaires parisiens intéressant le groupe Casino : Jean-Charles Naouri, PDG dudit groupe (et accessoirement employeur de votre épouse), Maître Paul Lombard, avocat de Casino, et Patrick Hefner, alors patron de la Brigade financière de Paris_7.

Interrogé sur vos multiples aventures gastronomiques, vous aviez répondu : « Je déjeune et je dîne avec qui je veux ». Ce qui dénote une farouche indépendance – et une sensibilité éthique à fleur de peau.

Certes, vous avez trouvé parfaitement normal d’être nommé procureur de Nanterre sans avoir jamais exercé dans un parquet de première instance et, surtout, contre l’avis du Conseil supérieur de la magistrature. Certes, nul ne vous a entendu protester contre la mutation-sanction par Rachida Dati du procureur général Marc Robert, annulée depuis par le Conseil d’État – celui-là même que vous saisirez (en invoquant le cas Robert ?) si le CSM valide le projet de la Chancellerie vous concernant. Certes, vous n’avez jamais réclamé de changement de statut pour les magistrats du parquet et, en particulier, vous n’avez pas jugé utile de signer la récente résolution de la Conférence nationale des procureurs de la République en ce sens_8. Mais il n’est jamais trop tard pour se révolter et dénoncer « un signal très négatif pour l’indépendance de la justice » ou une décision « politique ».

Il est vrai aussi qu’on vous dit fort peu présent au palais de justice de Nanterre et que la souffrance au travail est chaque jour plus palpable dans votre service.

Mais même un « grand magistrat » – pour reprendre les mots de votre avocat9 – ne peut pas être partout. Quant à vos collègues du parquet de Nanterre, ils peuvent bien demander leur mutation… De fait, ils sont de plus en plus nombreux à la souhaiter.

Vous êtes parfait, surtout ne changez rien. Lorsque vous déclarez « Je ne dis pas que je ne me suis jamais trompé – quel homme ne commet-il pas d’erreurs ? », vous faites bien de ne pas préciser lesquelles et de vous en tenir à cette clause de style, il n’est jamais bon de se remettre trop sérieusement en question. Vous risqueriez, sinon, d’épargner un peu l’institution judiciaire.

Lorsque vous êtes questionné sur le suicide d’un substitut dont vous étiez le supérieur, vous avez raison de vous retrancher derrière l’enquête sommaire du parquet de Créteil, d’accuser les syndicats de magistrats de « récupération abjecte » et d’occulter que, le 7 juin dernier, le Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) des Hauts-de-Seine a demandé, à l’unanimité des fonctionnaires et magistrats présents, qu’une inspection soit ordonnée à la suite de ce drame. La meilleure défense n’est-elle pas l’attaque et l’omission ?

Qu’importe, au fond, que le Syndicat de la magistrature se soit gardé de toute conclusion hâtive, demandant seulement à son tour que toute la lumière soit faite10. On peut préférer l’ombre, après tout. Qu’il nous soit permis, enfin, de vous remercier pour cette phrase magnifique : « Afin de préserver mon indépendance, je n’ai jamais été affilié à un syndicat ou à un parti ». Venant de vous, quel hommage !

Il appartient désormais au CSM – et à lui seul – de se prononcer sur le projet de mutation dans l’intérêt du service dont vous faites l’objet. Bien sûr, certains observateurs verront dans votre intention affichée de quitter la magistrature un chantage peu glorieux – et dans l’évocation d’une éventuelle « double peine » une ultime indécence, même si ce qui vous arrive n’est objectivement pas agréable ni facile à vivre. D’autres s’étonneront de vous voir dédaigner le poste d’avocat général près la Cour d’appel de Paris et se demanderont de quelle promotion vous rêviez. D’autres enfin trouveront honteux que le grand bénéficiaire d’un système vicié en devienne soudain le pourfendeur et se présente comme un bouc émissaire après avoir tant profité du pouvoir. Laissez-les donc à leurs médisances !

Bien cordialement,

Pour le Syndicat de la magistrature, Matthieu Bonduelle, président

1 http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/07/24/01016-20120724ARTFIG00557 courroye-je-suis-victime-d-une-procedure-d-exception.php

2 Le Monde, 16 mai 2009.

3 L’Express, 12 novembre 2009.

4 L’Express, 12 novembre 2009.

5 Cf. Notre lettre ouverte au Conseil consultatif de juges européens » en date du 6 octobre

2010 : http://www.syndicat-magistrature.org/Atteintes-a-l-independance-de-la,1318.html

6 http://www.mediapart.fr/journal/france/110211/bettencourt-les-juges-perquisitionnent-chez-eric-woerth?page_article=2

7 Le Canard enchaîné, 8 avril 2009.

8 AP, 8 décembre 2011.

9 AFP, 20 juillet 2012.

10 Cf. Notre lettre ouverte à la garde des Sceaux en date du 20 juin 2012 :

http://www.syndicat-magistrature.org/Situation-du-parquet-de-Nanterre.html

Source :

Mail : syndicat.magistrature@wanadoo.fr

site : www.syndicat-magistrature.org

10 lourds silences de Nicolas Sarkozy

Mediapart avait invité Nicolas Sarkozy à une émission exceptionnelle, en direct et en vidéo-streaming sur le site, à la date de son choix avant le premier tour de l’élection. Le président-candidat a refusé. C’est très dommage car parmi les nombreuses questions que les journalistes souhaitaient lui poser, il en est 10 dont nous estimons avec Mediapart qu’elles sont particulièrement importantes pour que les citoyens puissent voter correctement informés.

1. Vous avez déclaré avoir acquis un appartement sur l’île de la Jatte en 1997 (voir notre article précédent) grâce à des prêts contractés auprès de l’Assemblée nationale. Selon votre présentation du montage financier, ils se seraient élevés à 3.530.000 francs. Or l’Assemblée nationale affirme que vous n’avez pris qu’un seul emprunt immobilier à cette époque, de 1.680.000 francs. Avez-vous réellement payés le 1,85 million de francs manquant ? Si oui, comment ?

2. Dans son journal intime, à la date du 26 avril 2007, le photographe François-Marie Banier prête ses propos à Liliane Bettencourt : « De Maistre me dit que Sarkozy demande encore de l’argent ». Le même jour, 400.000 euros sont retirés en espèces des comptes suisses cachés de la milliardaire. Avez-vous demandé de l’argent aux époux Bettencourt dans l’entre-deux tours de l’élection présidentielle de 2007 ?

3. L’enquête judiciaire menée à Bordeaux dans le cadre de l’affaire Bettencourt a permis d’établir que le 18 janvier 2007, le gestionnaire de fortune M. de Maistre a reçu 150.000 euros en liquide, la veille d’une rencontre avec Eric Woerth, le trésorier de votre campagne présidentielle de 2007. Le 5 février de la même année, 400.000 euros ont été débités en liquide de l’un des comptes suisses des époux Bettencourt, deux jours avant une nouvelle rencontre entre MM. Woerth et de Maistre près de votre siège de campagne. M. Woerth, mis en examen dans ce dossier, a-t-il pu financer à votre insu par des fonds en espèces votre campagne présidentielle ?

4. Les enregistrements du majordome de Liliane Bettencourt font apparaître que l’héritière de L’Oréal a signé, le 4 mars 2010, un chèque à votre ordre. Quel est le montant et l’objet de cette contribution, qui ne peut être un financement politique puisque vous êtes à cette date président de la République depuis presque trois ans ?

5. Votre ancien collaborateur Thierry Gaubert, mis en examen pour « recel d’abus de biens sociaux » dans l’affaire Takieddine, a-t-il pris en charge durant les années 1990 vos vacances à Venise et à Miami, comme l’indiquent des témoignages recueillis par la justice ?

6. Votre directeur de cabinet Claude Guéant a noué d’importantes relations à partir de 2003 avec le marchand d’armes Ziad Takieddine, en le mandatant auprès de dirigeants libyens, syriens et saoudiens pour des opérations de diplomatie parallèle et des ventes de matériels de sécurité, alors que vous étiez ministre de l’intérieur. Avez-vous cautionné ces contacts occultes, généralement prohibés par l’administration ?

7. Selon les notes de Ziad Takieddine saisies par la justice, une réunion s’est tenue le 16 mai 2009 à l’Elysée en présence de Claude Guéant et de votre avocat personnel, Thierry Herzog, afin de « mettre de côté » le mandat d’arrêt visant M. Abdallah Senoussi, l’un des patrons des services de renseignement libyens, condamné en France à une peine de perpétuité par contumace, dans l’attentat terroriste du DC10 UTA, en 1989. Vous êtes-vous engagé auprès du colonel Kadhafi à blanchir judiciairement M. Senoussi, aujourd’hui réclamé par la Cour pénale internationale ?

8. Selon des documents saisis en France et au Luxembourg, vous avez autorisé, alors que vous étiez ministre du budget, la création de la société Heine, par où ont transité, le 7 février 1995, 20,3 millions d’euros. Cette société basée au Luxembourg était chargée de distribuer, pour le compte de l’entreprise d’État DCN, des commissions occultes à deux hommes d’affaires (MM. Ziad Takieddine et Abdul Rahman El Assir) actuellement mis en examen dans l’affaire des ventes d’armes du gouvernement français au Pakistan et à l’Arabie saoudite. Vous avez également validé, au sein de l’organisme de garantie d’Etat Coface, le montant de ces commissions accordées, tant par la DCN que la Sofresa, à ces intermédiaires. Pouvez-vous soutenir n’être pas impliqué personnellement dans cette affaire ?

9. Au lendemain de la sentence arbitrale, le 7 juillet 2008, qui a octroyé 403 millions d’euros d’argent public à Bernard Tapie, l’État aurait pu faire annuler cette décision prise par cette justice privée. En novembre 2008, la ministre des finances, Christine Lagarde a été informée que l’un des trois arbitres n’avait pas respecté l’obligation de « révélations étendues » à laquelle il était astreint, et n’avait pas déclaré qu’il avait déjà participé par trois fois à des arbitrages auxquels était partie Me Maurice Lantourne, l’avocat de Bernard Tapie. Christine Lagarde pouvait donc suspendre le versement de cette somme. Pourquoi ne lui avez-vous pas donné des instructions en ce sens ? Pourquoi, au contraire, ce fait a-t-il été caché au Parlement ?

10. Selon des documents et témoignages réunis par Mediapart, des sommes importantes – jusqu’à 50 millions d’euros – auraient été versées en 2007 à votre entourage par le régime de Mouammar Kadhafi, ce que l’ancien dirigeant de la Libye, son fils Saïf al-Islam et Abdallah Senoussi, l’ancien chef des services secrets libyens, avaient affirmé publiquement. Seriez-vous favorable à l’ouverture d’enquêtes judiciaires sur ces soupçons ?

En parallèle à ces dix questions médiapartiennes pour lesquelles Nicolas Sarkozy n’a pas cru bon d’apporter des réponses, s’ajoute une liste d’au moins 60 AFFAIRES QUE LES FRANÇAIS ET LA JUSTICE N’OUBLIERONT JAMAIS (source Imhotep sur le site AGORAVOX), Lire la suite

L’immigré préféré de Claude Guéant

La France protège l’homme des petits et grands secrets de Kadhafi

Le Libyen Bachir Saleh a droit à une protection policière française quand il se balade avec sa petite famille sur les Champs-Élysées. Il s’agit pourtant d’ « un personnage qu’on imaginerait plutôt témoignant aux Pays-Bas devant la Cour pénale internationale », écrit Le Canard enchaîné en révélant la présence en France de l’ex-directeur de cabinet de Mouammar Kadhafi.

Pendant quinze ans, Saleh a été l’homme de confiance du « Guide » libyen.  A ce titre, il connaît tous ses petits secrets, et notamment à qui il a fait bénéficier de sa générosité. Bachir Saleh pourrait-il confirmer (ou infirmer) le financement par Kadhafi de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy, que ce dernier dément ?

« Une sorte d’intendant général »

Cité par Le Canard, un diplomate « longtemps en poste à Tripoli » explique le rôle central que tenait le secrétaire particulier dans le régime libyen :

« C’était une sorte d’intendant général, il en savait plus que le patron de la Banque centrale libyenne sur les cadeaux faits aux amis étrangers. Si Kadhafi disait “il faut donner deux millions à Untel”, c’est lui qui s’en occupait. »

L’hedbo précise aussi les raisons et les conditions de son arrivée en France :

« Au fil des ans, à partir de 2007, Saleh était surtout devenu l’interlocuteur privilégié de Claude Guéant, très assidu chez le Colonel. Et c’est bien d’une visite en ce palais que l’intermédiaire en armement Ziad Takieddine rentrait quand il s’est fait pincer au Bourget en 2011 avec sa valise pleine de billets [1,5 million d’euros, ndlr]. De son côté, Saleh multipliait les visites à Paris, tentant même une médiation au début de la guerre entre la France et son patron.

Jusqu’à la guerre, il ne faisait que passer. La fin tragique de son mentor l’a incité à demander de l’aide à ses amis. Ceux-ci ont d’abord fait un peu la sourde oreille mais sans doute a-t-il su se montrer persuasif car Guéant s’est mis au boulot. »

Guéant argue du regroupement familial !

Interpellé par le Conseil national de transition (CNT), Bachir Saleh a été vite libéré, puis transféré à Djerba (Tunisie) accompagné personnellement par le sarko-boy Boris Boillon, où l’attendait un jet privé propriété du très serviable homme d’affaire Alexandre Djouri.

Selon Le Canard enchaîné, l’obtention par Saleh d’un passeport diplomatique nigérien, révélée dans la presse africaine ces dernières semaines, serait due à la contribution des « réseaux de la Françafrique » et lui ont permis de passer entre toutes les gouttes. Intouchable désormais.

Le ministre de l’Intérieur Claude Guéant a reconnu la présence de l’homme sur le sol français, bien que recherché par Interpol, indiquant qu’il bénéficiait « d’une autorisation provisoire de séjour pour trois mois puisque sa famille réside en France ».

Quand il fait le bien en apportant son aide à un étranger pourchassé, Guéant n’aime pas que ça se sache ?

sources : Canard Enchaîné et Rue 89

réponse à la devinette

Pour ceux qui n’auraient pas trouvé à qui appartient le fameux yacht de 70,50 mètres cité dans notre devinette précédente, voici la solution en même temps que l’explication de notre billet. En fait, l’affaire de ce yacht mérite surtout d’être connue des contribuables qui ont financé à leur insu les 403 millions d’euros alloués par arbitrage à Bernard Tapie, dont 304 millions net pour sa poche. Ça ne vous fait pas plaisir de savoir où passe votre argent ? Ça ne vous fait pas plaisir de savoir que Nanar le philanthrope s’occupe de promener ces malheureux milliardaires qui peuvent dépenser en une journée ce que le commun des salariés ne pourra pas accumuler en une vie entière de travail ? Faut quand même bien que quelqu’un s’y colle !

C’est en 2009 que Bernard Tapie est redevenu un homme riche, grâce à ce qui vaut depuis à Christine Lagarde de faire l’objet d’une enquête de la Cour de justice de la République pour complicité de détournement de fonds public. Mais Nanar le mafioso n’a pas eu besoin d’attendre les 304 millions pour lancer le chantier de réfection de son Reborn qui bat pavillon de l’île de Man (tchao le fisc français). A quoi bon attendre le reste du pactole lorsque les arbitres vous accordent déjà une enveloppe de 45 millions d’euros au titre du préjudice moral ? Si l’on se souviendra longtemps de l’indignité de nos gouvernants actuels, c’est parce que cette somme est sans précédent dans l’histoire judiciaire française. Victime d’une terrible erreur judiciaire, le jeune apprenti pâtissier Patrick Dils avait dû faire 15 années de taule avant de recevoir un million d’euros de dédommagement. Justice, vous avez dit justice ? Et si Nanar a pu investir aussitôt cette somme de 45 millions d’euros, c’est bien grâce à cette singularité du système fiscal à la Sarko: elle n’est pas imposable. L’est pas belle la vie ? Allez, ne râlez pas. Pour une fois que votre argent flotte au lieu de couler…

 

Abus de biens sociaux et campagnes électorales

C’était la trêve des confiseurs, fêtes de fin d’année obligent, et l’info n’a guère circulé dans les médias liés au pouvoir. C’est pourtant une accusation très grave que les juges Van Ruymbeke et Le Loire viennent de porter à la connaissance publique en qualifiant d’abus de biens sociaux les malversations liées à l’affaire Takieddine qui, rappelons-le, concernait des ventes d’armes au Pakistan et à l’Arabie Saoudite. En ligne de mire se trouve principalement l’ex-ministre de la défense François Léotard, mais il est clair désormais que se retrouve au cœur de l’affaire cet autre ex-ministre du budget sans qui les contrats n’auraient pu être signés : un certain Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa.

Selon un document inédit saisi dans les archives de l’ancien ministre Jacques Douffiagues, un feu vert a bien été donné en 1995 par le ministre du budget d’alors, en pleine campagne présidentielle, afin d’apporter la garantie de l’État à l’office d’armement Sofresa dans la vente des frégates saoudiennes. Ce contrat promettait le paiement de 213 millions d’euros aux intermédiaires Ziad Takieddine et Abdul Rahman El Assir. Des commissions jugées illégitimes et aujourd’hui qualifiées d’abus de bien sociaux par la justice.

source : Mediapart

Rappelons aussi que tous articles concernant l’affaire Karachi/Takieddine se trouvent en accès libre sur http://www.frenchleaks.fr

Offrons-nous un petit retour en arrière, avec cette réponse apportée par notre cher président au premier journaliste qui osa poser la question au sujet de l’affaire Karachi…


Karachi : Sarkozy parle de « fable » (19/06/09) par Nouvelobs

La douleur des familles, ose-t-il faire croire qu’il la prend au sérieux et ne plaisante pas avec ça ! Que chacun en juge en son âme et conscience. Lire la suite