Dossier Grèce_le suivi

Compil de quelques articles que vous auriez pu manquer. (Sauf mention contraire toutes les illustrations sont un choix de Sémaphores)

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L’éditorial de Patrick Apel-Muller dans l’Humanité :

La France doit se mouiller

Ils avaient fini par se croire. Lancés dans une intense et violente propagande pour renverser Tsipras et imposer l’austérité, les dirigeants européens, relayés par les principaux médias, pensaient bien que l’occasion du référendum serait la bonne. Ce lundi matin avait pour eux la lourdeur d’une gueule de bois. Un peuple venait en effet, muni de son seul bulletin de vote, de bousculer les lignes blanches que l’ordre libéral interdit de franchir. La défaite est amère pour la cohorte qui défile derrière Angela Merkel. La politique reprend des droits face au catéchisme financier ; elle peut permettre de s’évader de la camisole de l’austérité qui enserre le continent. (…)

La France ne peut plus se réduire au rôle d’aide de camp de la chancelière. Elle doit peser de tout son poids pour qu’une solution l’emporte, garantissant le caractère soutenable de la dette, des carburants pour la croissance et des conditions de vie allégées pour tout un peuple. François Hollande ne peut croire passer au travers des gouttes. Il doit se mouiller et en répondre devant l’opinion.

http://www.humanite.fr/la-france-doit-se-mouiller-578791

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Un texte un peu long mais édifiant et très documenté pour comprendre les manœuvres économico-politiques qui ont préparé de longue date un Grexit.

Le secret des banques derrière la tragédie grecque

02 juillet 2015
Maria Lucia Fatorelli, membre de la Commission Vérité sur la Dette Publique Grecque et coordinatrice de l’audit citoyen de la dette du Brésil, analyse les faits pour révéler la supercherie du bailout grec de 2010.

Paris le 30 septembre 2012. Marionnettes BCE et FMI

Paris le 30 septembre 2012. Marionnettes BCE et FMI

« La Grèce est confrontée à l’énorme problème de la dette et à une crise humanitaire. La situation est maintenant pire que ce qu’elle a connue en 2010, lorsque la troïka – le FMI, la Commission européenne et la BCE – a imposé son « plan de sauvetage », justifié par la nécessité de soutenir la Grèce. En fait, ce plan a été un désastre complet pour la Grèce, qui n’a tiré aucun avantage des conventions d’emprunt douteuses mises en œuvre depuis.
Ce dont personne ne parle est qu’un autre plan de sauvetage réussi a effectivement eu lieu à ce moment-là en 2010, mais pas au bénéfice de la Grèce, mais au profit des banques privées. Derrière la crise grecque, il y a un énorme plan de sauvetage illégal pour les banques privées. Et la façon dont il est mené représente un risque immense pour l’Europe. »

À lire ici : http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/020715/le-secret-des-banques-derriere-la-tragedie-grecque

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grece_auteriteEt sur Mediapart, sous la plume de Christian Salmon…

Un insider raconte: comment l’Europe a étranglé la Grèce

Quelques jours avant le référendum, un conseiller important du gouvernement grec, au cœur des négociations avec Bruxelles, a reçu Mediapart. Il raconte les cinq mois du gouvernement de Syriza, les discussions avec les Européens, la situation catastrophique de la Grèce. Il détaille surtout la stratégie d’étouffement mise en place méthodiquement par l’Eurogroupe et l’asphyxie financière qui a détruit l’économie grecque. Voici le texte de cet entretien au long cours.
Où l’on apprend que… Lire la suite

en attendant le sot « mais… » européen

*=*=*=*=*=*mis à jour le 7 juillet

Couverture médiatique du référendum en Grèce : le meilleur du pire

C’est à lire dans Acrimed sous la plume de Julien Salingue, et ça vaut le détour pour se rendre compte combien la presse française (du moins celle des chiens de garde) aura été visionnaire concernant le référendum grec. On s’y bouscule de Jean Quatremer et Arnaud Leparmentier à Jacques Attali et Alain Minc, prophètes parmi les prophètes, à qui il ne faudrait pas oublier les indéboulonnables Bazar Henri Lévy, Jean-Pierre Elkabbach, Alain Duhamel, Léa Salamé, Ruth Elkrief, Laurence Parisot, Françoise Fressoz, sans oublier le Jean-Michel Aphatie. À défaut d’avoir les noms de grands visionnaires on a au moins ceux d’une sacrée bande de salopards.

« La couverture médiatique du référendum grec s’est transformée, comme on pouvait s’y attendre, en véritable curée anti-Syriza. Dans la presse écrite, sur Twitter, à la télévision, c’est à un déferlement de mépris, voire de haine, que l’on a assisté, avec une virulence qui rappelle inévitablement les grandes heures du référendum français de 2005. (…)
Voici donc une compilation de ces grands moments : le meilleur du pire de l’information sur le référendum grec »

À lire ici : http://www.acrimed.org/article4715.html

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Pour ceux qui ont le temps (ou le prennent).

Yanis Varoufakis a annoncé sa démission pour laisser, dit-il, une chance aux négociations. En souhaitant qu’il saura revenir en temps utile, et pour mieux apprécier ce que la Grèce et la démocratie en Europe lui doit, nous proposons de voir ou revoir ce document Arte sur « la puissance incontrôlée de la Troïka »

ou comment dire à tous ces banquiers : « Vous savez quoi ? Vous êtes hors-jeu ! »

 

Grèce_le suivi

 Quoi ? Un référendum en Grèce ?

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Mais plus sérieusement, voici une petite revue des articles que vous avez peut-être manqués ce lundi 29 juin 2015.

Le spectre de la démocratie dans les couloirs de Bruxelles

Blog de Jacques Sapir dans Marianne

« On ne peut, et on ne doit, préjuger du résultat de ce référendum. Il est même possible que, devenu sans objet, il ne se tienne pas. Mais on doit souligner qu’il représente le retour de la démocratie dans un espace européen dont elle était absente. De ce point de vue, l’initiative prise par Alexis Tsipras représentait la dernière chance d’introduire de la démocratie dans le système européen.

Il est aussi probable que les partis d’opposition, que ce soit Nouvelle Démocratie ainsi que le Parti de centre-gauche La Rivière (To Potami) protestent et cherchent à empêcher par divers recours légaux ce référendum d’avoir lieu. On ne peut plus exclure le fait que ces partis, avec l’aide des nervis fascistes d’Aube Dorée, ne tentent de déstabiliser le gouvernement grec. Ces réactions sont exemplaires des comportements antidémocratiques qui s’épanouissent aujourd’hui en Europe. Ils apportent de l’eau au moulin d’Alexis Tsipras. On sent comment les acteurs européistes de ce drame sont aujourd’hui terrorisés par le spectre de la démocratie.
(…)
Tsipras ne doit ainsi pas s’attendre à un quelconque soutien de la part de François Hollande, renvoyé sans ménagement à sa propre médiocrité et à ses basses compromissions, ni de celle d’Angela Merkel dont la politique est la véritable cause de cette crise. Mais il peut s’attendre au soutien de tous ceux qui, en Europe, se battent pour la démocratie et la souveraineté. »
Lire la suite sur le blog de Jacques Sapir

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Politis a choisi la bonne photo, accompagnée d’une aussi bonne question :

Voulez-vous vraiment être gouverné par ces gens ?

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« Il aura suffi d’une pichenette grecque, d’un simple bon vieux croche-patte à l’ancienne sous forme de référendum, pour que l’Europe laisse tomber ses derniers oripeaux de bienséance démocratique.
En témoigne cette réunion tragi-comique des ministres des Finances réunis en catastrophe le samedi 27 juin à Bruxelles, et qui vit la meute perdre totalement les pédales, désemparée et déchirée, ne sachant plus à quel saint financier se vouer, et allant jusqu’à exclure stupidement et par dépit, en toute illégalité, le mouton noir Varoufakis de sa très glauque cour de récré. »

« Une bande de petits dictateurs amateurs »

La suite sur Politis : http://www.politis.fr/Grece-quand-l-UE-perd-les-pedales,31726.html

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Du côté de Mediapart, c’est le philosophe Étienne Balibar qui a initié un appel de solidarité. Il n’est pas en concurrence avec ceux déjà existants mais vise prioritairement le champ « culturel ».
« Le peuple grec n’a pas un problème avec l’Europe. Lui et nous avons un problème avec ce pouvoir « européen » qui asservit et détruit l’Europe !
Nous ne croyons pas que le peuple grec soit coupable du doublement de sa dette publique en moins de dix ans (1). Ni qu’il doive payer cette dette artificiellement gonflée du saccage de ses droits sociaux, du naufrage de sa démocratie.

Depuis des années les pouvoirs nationaux et supranationaux qui contrôlent l’Union Européenne lui infligent une austérité assortie de « réformes structurelles » qui ruinent son économie et l’enfoncent dans une misère croissante.
Aujourd’hui, le peuple grec dans un sursaut de dignité et de lucidité a donné une majorité électorale à une gauche radicale étrangère aux corruptions et aux compromissions d’hier, qui a formé un gouvernement dont le mandat est de repousser les diktats de la « Troïka » (FMI, BCE, Commission européenne) et d’appliquer une politique de rupture avec cette austérité criminelle.

L’objectif des classes dirigeantes européennes est, non pas d’obliger à rembourser une dette dont tout le monde sait qu’elle ne peut l’être, qui n’a pour fonction que de drainer les fonds publics vers les banques, mais de contraindre le gouvernement d’Alexis Tsipras et de Syriza à la capitulation. Cela afin de pouvoir continuer à étrangler le peuple grec, condamné à mendier indéfiniment des prêts de plus en plus onéreux, et de faire la démonstration aux yeux de toute l’Europe qu’il est impossible de s’attaquer aux banques, de contester le pouvoir absolu des classes dirigeantes, d’ouvrir une alternative à l’austérité…

Lire ici : http://blogs.mediapart.fr/edition/que-vive-la-grece/article/290615/la-grece-au-coeur-de-l-europe

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Alexis Tsipras

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C’est confirmé, la France adopte la surveillance de masse

« Pendant que vous dormiez hier soir, discrètement, 30 députés ont décidé pour nous, que ce serait bien que TOUT ce qu’on fait sur le net soit surveillé. (25 ont voté pour / 5 ont voté contre)

Je vous passe toutes les subtilités, mais en gros, on va avoir le droit aux boites noires. Cazeneuve a utilisé tout ce qu’il connait de la langue de bois pour dire que « non ce n’est pas de la surveillance de masse » mais faut pas être un génie pour comprendre que si on fait passer TOUT le trafic Internet des Français dans des boites noires, c’est de la surveillance de masse. (…) scoop relevé par Numérama, la vie privée n’est pas une liberté. Donc, les Français ne verront pas d’objection à ce qu’on la retire ? N’est-ce pas ? »

« Bref, sur ces 30 gus dans l’Assemblée, seuls 5 courageux ont voté contre. BRAVO ET MERCI à eux !

Pour info : les copains de la Quadrature s’étaient rassemblés devant l’Assemblée Nationale lundi midi et ils ont eu le bonheur de voir que leurs téléphones étaient surveillés par au moins 2 IMSI Catcher, vous savez, ces valises qui permettent de capter tout ce qui entre et sort de votre téléphone portable. J’imagine que ça leur était destiné comme une démonstration de force, un cadeau de bienvenue dans ce nouveau monde Orwellien. À moins que ce soit les députés proches de là qui étaient surveillés… »

Note de Sémaphore : L’article intégral est à lire (et à faire tourner) en suivant le lien ci-après. Mais attention, ce site s’adresse plus particulièrement aux internautes aguerris à l’informatique, bien évidemment pas les derniers à s’inquiéter de la loi renseignement. Le site est bourré de conseils pour se protéger. Et si on n’est pas des plus à l’aise avec certains logiciels, on peut toujours se faire aider par quelqu’un de son entourage qui s’y entend. Ça aussi c’est de la résistance.

http://korben.info/cest-confirme-la-france-adopte-la-surveillance-de-masse.html?utm_content=buffer73ef0&utm_medium=social&utm_source=facebook.com&utm_campaign=buffer

 

À savoir par ailleurs :

Le FDN, French Data Network, dépose une question prioritaire de constitutionnalité sur l’article 20 de la Loi de Programmation Militaire.

Par Benjamin Bayart le mercredi 15 avril 2015, 22:28 – Lien permanent

Pendant les discussions parlementaires sur la loi de programmation militaire (LPM) quelques trop rares députés indiquaient que l’accès aux données de connexion organisé par l’article 20 était trop large, mal construit, mal formulé, et probablement anti-constitutionnel. Mais il ne s’est pas trouvé 60 braves parmi nos parlementaires (députés ou sénateurs) pour poser le texte sur le bureau du Conseil Constitutionnel.

Nous avions annoncé que ça ne nous allait pas. Nous étant FDN, bien sur, mais plus largement les défenseurs des libertés numériques et de la vie privée sur Internet. Nous, FDN, la Quadrature du Net et la Fédération FDN, avons déjà déposé un recours contre le décret d’application de cet article 20 de la LPM. Dans le cadre de cette procédure contre le décret, nous déposons une QPC contre la loi elle-même. C’est le texte de cette QPC que nous publions ici, avec le mémoire complémentaire déposé en même temps devant le Conseil d’État.

Si les parlementaires et le gouvernement refusent de faire le contrôle de constitutionnalité de leur texte, les citoyens le feront.

http://blog.fdn.fr/?post/2015/04/15/Depot-d-une-QPC-sur-l-article-20-de-la-LPM

 

Big Brother is toujours watching you_2

Une rumeur sondagière voudrait que 70 % des français voient d’un bon œil la nouvelle loi sur le renseignement. Des veaux, disait De Gaulle ? Faut croire qu’en vieillissant ils sont devenus des bœufs. Ça aime bien la surveillance, les bœufs. Brouter tranquille sous l’œil bienveillant du berger. Ça protège des loups. Pendant ce temps l’équarrisseur aiguise ses couteaux. Mais, ça, le bœuf ne l’entend pas. Et à force de baisser la tête pour brouter son petit brin, il oublie qu’existe aussi un ciel bleu qui s’appelle Liberté. Paraît même qu’il existe un pays qui a fait de ce mot le premier des trois qui composent sa devise. On se demande vraiment quel peut bien être ce pays. Mais décidément, il fait bien noir au pays des Lumières.

L’occasion de retrouver dans les archives de Sémaphores deux précédents articles qui rapportaient des alertes. Le premier lien mène vers une flopée d’infos et de conseils sur la protection des données personnelles, le second va à une interview de Jérémy Zimmermann (Quadrature du Net). Mais là il faut disposer de 45 mn, c’est pour celles et ceux qui souhaitent comprendre pourquoi nul ne peut dire : « Je n’ai rien à cacher ».

Pour les plus pressés, on remet juste la vidéo « Rien à cacher ».


♫ Rien à cacher – Jérémie Zimmermann et la… par Mediapart
Articles précédents : http://semaphores.info/2014/02/big-brother-is-toujours-watching-you/  et  http://semaphores.info/2014/02/de-la-neutralite-du-net/

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« Ils n’étaient qu’une trentaine de députés dans à l’Assemblée nationale, lundi 13 avril, pour écouter Manuel Valls défendre le controversé projet de loi sur le renseignement à l’occasion de l’ouverture des débats. » dit Mediapart. «  Une indifférence qui contraste avec la vivacité du débat que le texte a déclenché dans la société civile. »

Une fois de plus, la preuve est faite que les députés ne comprennent pas l’importance, le changement de civilisation apporté par les réseaux et les technologies numériques. Ils font l’impasse sur un projet de loi qui va séparer définitivement la classe politique du peuple. La 5eme république ne fonctionne plus, le peuple veut participer, donner son avis sans passer par des représentants peu scrupuleux. C’est la liberté qui est menacé et ceux qui sont censé la défendre sont absents. L’heure est grave.

Loi sur le renseignement : un projet liberticide et grave pour la démocratie

14 avril 2015 |  Par Club Droits, Justice et Sécurités

Le club Droit, Justice et Sécurités a pris connaissance avec une grande inquiétude du projet de loi adopté par le Gouvernement sur le renseignement.

L’argument selon lequel il convient d’encadrer des pratiques policières occultes serait acceptable si leur caractère indispensable était démontré, leur contrôle renforcé et des sanctions prévues, ce qui n’est pas le cas. Au contraire, le projet de loi étend massivement le champ d’intervention des atteintes administratives à l’intimité de la vie privée et au domicile des particuliers.

La très vive émotion provoquée en janvier dernier par les attentats contre Charlie Hebdo et le commerce Hyper Cacher de Paris ne saurait, par ailleurs, être mise à profit pour porter des atteintes inutiles aux libertés publiques ni perpétuer la pratique détestable héritée du quinquennat précédent, qui consiste à faire voter une loi à chaque nouveau drame qu’offre l’actualité, alors qu’une loi contre le terrorisme vient tout juste d’être promulguée, en novembre 2014.

Au demeurant, l’attentat contre Charlie Hebdo traduisait moins un échec du renseignement, comme il a été inexactement affirmé par le Premier ministre, qu’un échec de son exploitation et un échec de la protection d’une cible désignée publiquement et de longue date par des extrémistes musulmans. Aucune conséquence n’en a été tirée en termes de responsabilité. D’autre part, comme dans le précédent de Mohamed Merah, les frères Kouachi et Amedy Coulibaly avaient été clairement identifiés par des services de renseignement français efficaces, comme ayant basculé dans une dérive intégriste. Lire la suite

Quelle idée !

par Jean-Paul Jouary 11 Avril 2015

La démocratie en ballottage défavorable

L’idée actuelle de « majorité » politique repose ainsi sur le présupposé que le peuple est « mineur ». On lui concède donc le droit d’aller tous les cinq ans trancher entre deux bergers prétendant à la conduite du troupeau.

Les peuples s’habituent malheureusement à tout et les absurdités les plus nocives finissent parfois par apparaître à la plupart des citoyens comme le seul monde possible. Le seul, donc le meilleur. Un peu comme si les maroquineries devenaient l’idéal pour les crocodiles et l’industrie de la fourrure le rêve des bébés phoques. On voit ainsi des millions de citoyens, sensés en apparence, se passionner entre deux élections présidentielles pour les manœuvres qui visent à construire de futures « majorités présidentielles » susceptibles de « prendre le pouvoir ».

« Prendre » : à qui donc, sinon au peuple qui en sera donc dépossédé ? « Prendre », « avoir », « conserver » le pouvoir : ces expressions courantes, du seul fait d’exister, racontent à leur façon la décadence de l’idée même de démocratie. On appelle ainsi « majorité présidentielle » ceux qui, forts du « suffrage majoritaire », se prétendent investis non pas d’un devoir d’appliquer les décisions populaires, mais d’un pouvoir de décider au nom du peuple, sans lui voire contre lui. On l’ignore le plus souvent, mais le mot « majorité » n’avait nullement ce sens politique jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. « Majorité » signifiait alors n’être plus « mineur », c’est-à-dire inapte à exercer avec raison et responsabilité la conduite de sa vie. Autrement dit, par la magie de la langue et de l’histoire, on parle aujourd’hui de « majorité » pour désigner ceux qui dirigent une nation à la place du peuple, celui-ci étant considéré comme « mineur » donc condamné à être représenté comme un jeune enfant ou un vieillard sénile, par des parents ou des « tuteurs », faute d’avoir les capacités d’exercer ses droits citoyens d’un peuple souverain. Il aurait donc besoin de « tuteurs », comme les plantes tordues incapables de pousser droit.

Lire la suite sur l’Huma : http://www.humanite.fr/blogs/la-democratie-en-ballottage-defavorable-570971

 

Pétition de soutien au peuple grec

NON AU CHANTAGE ANTIDÉMOCRATIQUE CONTRE LES GRECS

Le FMI, mécontent du suffrage des grecs contre la politique d’austérité, déciderait de suspendre son aide financière. Que nous soyons plutôt de gauche ou de droite, plutôt libéraux ou plutôt étatistes, nous sommes tout d’abord démocrates. Par leur vote, les grecs ne portent aucune atteinte aux valeurs humaines et politiques fondamentales mais font trembler les tenants du dogme économique, ce qui est leur droit inaliénable. Ne sacrifions pas le droit fondamental des peuples à disposer d’eux-mêmes, soutenons le peuple grec.

http://www.petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=P2014N47201

 

J’ai pas voté

Un documentaire de 45 minutes, signé Moise Courilleau et Morgan Zahnd, pour décrypter les causes d’une abstention en constante augmentation. Ce mini-film s’adresse à toute personne intéressée par la politique de manière générale et pas seulement à une minorité « élitiste » ou partisane qui s’interrogerait sur le sens d’une élection. « J’ai pas voté » autopsie la démocratie française afin d’ouvrir une nouvelle ère propice à l’évolution de l’organisation politique.

 

Spécial Etienne Chouard

Un portrait proposé par Sémaphores, à l’attention de qui ne le connaîtraient pas encore à l’heure où il se parle de plus en plus de démocratie, de remise en cause des institutions et de Constituante…

Il enseignait tranquillement l’économie et le droit lorsque, à l’occasion du Référendum de 2005, Étienne Chouard se plonge dans les textes du projet de Constitution Européenne. Ce qu’il découvre le change à jamais. Depuis, loin des organisations partisanes, il dénonce notre apathie et veut redonner au mot démocratie sa véritable signification. Son credo : une constitution écrite par les citoyens et des représentants tirés au sort.

Sémaphores a proposé une première vidéo en août 2012 (vous pouvez la retrouver ici http://semaphores.info/2012/08/chercher-la-cause-des-causes/), également en juillet 2013 à propos de la Constituante (voir ici : http://semaphores.info/2013/07/pour-avancer-vers-une-constituante/ ).

Autour et à partir d’Hugo Chavez…

Note : cet entretien a eu lieu en 2011. Sarkozy était encore au pouvoir, Chavez n’était pas encore décédé, peu d’hommes politiques parlaient alors de changer la constitution, et encore moins de remettre en cause la création monétaire…

Voici un autre portrait d’Étienne Chouard proposé par Usul2000

Usul est un ancien chroniqueur de jeuxvidéo.com. Il produit toujours des vidéos sur le jeu vidéo, mais il a lancé depuis peu une nouvelle série : un épisode par mois sur une personnalité marquante de notre époque. Il s’agit de vidéos informatives et subjectives dans lesquelles il essaie de saisir l’air du temps (intellectuel, idéologique, politique) en prenant pour prétexte un de ces contemporains qui nourrissent le débat public. C’est lui qui nous propose ici ce Citoyen Étienne Chouard

Étienne Chouard est un homme doux, parfaitement en colère. Poil à gratter de la pensée unique, il agace, perturbe, fait réfléchir. Et en attendant, il bosse. C’est le marathon man des salles des fêtes, l’égérie des résistants, le citoyen d’or d’Agoravox. Calomnié, encensé, il ne laisse pas indifférent. C’est probablement qu’il a quelque chose à dire.

 

V’là que ça recommence !

« Monsieur Barriquand ? C’est bien vous qui travaillez pour L’Express ? Vous ne rentrez pas. Au revoir. » Il est un peu plus de 22h30 ce dimanche 30 mars, second tour de l’élection municipale à Fréjus. La cité varoise vient de porter à sa tête David Rachline, 26 ans, le candidat du Front national« raconte L’Express dont le journaliste a donc été exclu de la conférence de presse du nouveau maire.

L’hebdomadaire attribue cette interdiction d’entrer à la conférence de presse à un article qui rappelait la collaboration du futur maire à un livre d’entretiens de « jeunes nationalistes« , sorti en 2008.

A 20 ans, David Rachline s’y déclarait favorable à la prime de naissance, « condition indispensable d’une politique familiale digne de ce nom« . Cette prime mise en place en 1998 à Vitrolles (Bouches-du-Rhône), « dirigée à l’époque par Catherine et Bruno Mégret (MNR), prévoyait le versement d’une enveloppe de 5000 francs aux familles dont au moins un des parents était français ou ressortissant européen. Application du principe de « préférence nationale », la disposition avait été jugée illégale par le tribunal administratif de Marseille,« 

Autre raison possible de l’énervement du nouveau maire de Fréjus, « la publication d’une vieille photo de lui posant avec un responsable de la Phalange espagnole (mouvement fascisant) ».

Deux jours après l’incident du soir du deuxième tour des élections, Rachline fait amende honorable et explique par téléphone à L’Express : « J’ai eu un mouvement d’humeur le soir de mon élection, glisse-t-il. Jusqu’à présent, j’ai toujours fait entrer tous les journalistes à mes points presse. A l’avenir, je ne ferai plus de tri« .

Eh bien espérons-le ! Et n’abaissons pas notre vigilance.

05 avril 2014_On apprend aussi :

La présidente du Front national, Marine Le Pen, a assuré vendredi 4 avril au micro de RTL que les nouveaux maires issus de son parti « n’accepteront aucune exigence religieuse dans les menus des écoles ». « Il n’y a aucune raison pour que le religieux entre dans la sphère publique, c’est la loi », a-t-elle insisté.

Pour Marine Le Pen, « bien souvent la laïcité n’est pas appliquée, fermer les yeux sur les violations de la laïcité, c’est dans l’esprit de beaucoup de maires UMP et PS s’associer la bienveillance de communautés ».

Ce viol permanent de la démocratie

Nous avons déjà parlé (fil précédent) de l’odieux non contrôle du temps de parole des candidats par l’inutile, et donc coûteux, CSA. Voici un petit complément fort instructif, à l’attention des gens honnêtes, ceux qui mettent tout dans la balance avant de se faire une plus juste opinion.

Sur un total de plus de 5 heures de temps d’antenne consacré aux municipales, le Parti de Gauche a disposé de 6 minutes et 57 secondes au total en 5 semaines sur France Inter et France Info. Soit 2% du temps d’antenne ! Des radios publiques ! Le PCF n’a eu que 38 secondes sur France Inter soit 0,35%, pendant que l’UMP, le PS et le FN se partageaient plus de 80% du temps d’antenne.

Les journaux de 13h et 20h de France 2 et France 3 sont édifiants. France 2 et France 3 n’ont jamais, vous avez bien lu : jamais, donné la parole au Parti de Gauche dans ces émissions. France 3 n’a jamais donné la parole au PCF non plus.

Voici un tableau donné par les médias eux-mêmes, Source :http://www.regards.fr/web/temps-de-parole-bfm-la-part-belle,7574

Pas vu à la télé

Voici donc des infos que vous ne trouverez pas ailleurs que sur les blogs du Front de Gauche, et bien sûr avec force détails sur celui de Mélenchon. (Cliquez sur « Pas vu à la télé » et vous y allez droit).

Après 40 ans de présence, le FN a été en mesure (mais on sait avec quelles difficultés) de présenter 594 listes dans tout le pays. Les journaux de révérence comme Le Monde voudraient présenter ça comme un record. Ça tombe mal pour qui a de la mémoire, ce chiffre est à peine meilleur qu’en 1995. Le Front national a présenté une liste dans 450 communes de plus de 10 000 habitants. Et alors ? Qui a remarqué qu’après seulement cinq ans d’existence le FDG y parvient déjà dans plus de 600 ?

De même, il y a un nombre record d’élus lepénistes au premier tour ? Combien ? 473 ! Et au Front de Gauche ? Plus de deux mille. Le Front national gagne une ville au premier tour, Hénin Beaumont ? Le Front de Gauche en gagne 43 au premier tour (L’Huma de lundi en annonce 67). À quoi on pourrait presque ajouter le 68ème, René Revol, dirigeant national du PG, qui a réuni 49,97% des suffrages à Grabels !

Ces chiffres n’ont pas été évoqués une seule fois dans la soirée électorale, ni le lendemain matin, ni midi, ni soir. Il n’empêche que le résultat moyen du FDG est de 11,42 % pour plus de 600 listes. Au total, 308 listes dépassent les 10 %, là où le FN les dépasse dans 316 villes. Huit listes d’écart entre les deux fronts et il faudrait parler de triomphe du FN ? Au bout de 40 ans pour l’un et seulement 5 ans pour l’autre ? C’est ça la vague bleu Marine ? À moins d’avoir la nostalgie du bruit des bottes sous vos fenêtres, ouvrez plutôt les yeux face à l’enfumage médiatique. Que Marine l’ait bien joué, c’est évident, chapeau l’artiste ! Mais grâce à qui ? Honte à ceux-là !

Accessoirement vous pouvez aussi savoir que les 82 listes FDG avec EELV recueillent en moyenne 15,32 % de suffrages. C’est infiniment plus que la moyenne du Front national ! C’est aussi bien davantage que les 9,69 % recueillis par les 95 listes où EELV s’était présentée seule. Il est clair qu’un autre horizon politique se dessine malgré la chape de plomb des enfumeurs. Ça vaut le coup d’y réfléchir. Et bien sûr, on en reparle très bientôt, car on ne lâche rien.

Bonus : petit jeu. Un mélenchon s’est caché dans le dessin ci-dessous. Saurez-vous le retrouver ?

Les lecteurs informent

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50 jours d’action : des idées simples pour participer à votre niveau !

Même s’il n’y a pas un groupe antinucléaire ou une action organisée près de chez vous, vous pouvez participer à la mobilisation et faire connaître notre message ! Alors n’hésitez plus, rejoignez la mobilisation : vous avez encore plus d’un mois pour agir à votre niveau et faire passer le message !

Par exemple…

  • Organisez une flashmob

Une fashmob est une mobilisation éclair qui rassemble un groupe de personnes dans un lieu public pour y effectuer des actions convenues d’avance, avant de se disperser rapidement.

Vous pouvez par exemple utiliser l’anagramme CENTRALE NUCLÉAIRE – LE CANCER ET LA RUINE.

Prévoyez un panneau pour chaque lettre, répartissez vous en ligne en mettant les lettres dans l’ordre pour constituer le mot CENTRALE NUCLÉAIRE, au signal, les participants changent de place pour constituer LE CANCER ET LA RUINE.

Autres idées d’actions à découvrir ici : http://www.sortirdunucleaire.org/Idees-d-actions,31862?origine_sujet=LI201403

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Démocratie en danger !

Les temps de parole relevés par le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel entre le 10 février et le 7 mars (période ou l’équité entre les candidats n’est pas imposée) montrent que le pluralisme est violé ; que la démocratie est en danger ; que le Front National est favorisé ; que le Front de Gauche est censuré.

Jugez-en par vous-mêmes !

Télévisions:

TF1: UMP 100%
France 2: FN 26,12%; PS 25,30%; UMP 23,75%; LO 14,37%; Debout la République 5,72%; Parti Radical 3,14%; EELV 1,60%; Front de Gauche 0%
France 3: FN 48,71%; UMP 23,23%; LO 12,74%; EELV 7,90%; PS 7,42%; Front de Gauche 0%.
France 5: FN 65,15%; UMP 34,85%; Front de Gauche 0%
Canal+ (infos): FN 100%; Front de gauche 0%
Canal+ (programmes): UMP 61,35%; EELV 19%; FN 16,38%; PS 3,28%; Front de Gauche 0%
RMC Découverte : FN 69,62%; PS 18,99%; UMP 11,39%; Front de gauche 0%
BFM TV: FN: 42,98% du temps ; PS 17,64%; UMP 15,86%; Parti de Gauche 9,26%; MODEM 4,85%; PCF 3,37%.
I-Télé: UMP 41,15%; PS 20,79%; FN 15,05%; LO 7,74%; EELV 5,96%; UDI 3,56%; PG 2,80%; PCF 2,33%.
LCI : PS 38,86%; UMP 27%; FN 19,04%; MODEM 6,64%; PG 5,47; EELV 2,90%; Debout la république 0,08%; PCF 0%.

Radios:

France Inter (info): UMP 34,8% ; PS 30,92%; FN 15,03%; EELV 8,38%; MODEM 7,03%; PG 2,45%; Divers Droite 0,60%; PCF 0,42%
France Inter (programmes): UMP 86,60%; PS 13,40%
France Info: UMP 35,7%; PS 32,34%; FN 7,88%; Cap 21 6,14%; MODEM 5,02%; PG 4,7%; FG 3,36%; UDI 3,93%; PCF 0,5%.
France Culture (info): PS 36,48%; FN 27,45%; UMP 15,96%; Divers 14,25; PG 5,86%; PCF 0%
France Culture (programmes): FG 100%
France Musique: UDI 58,33%; PS 41,67%
Radio Classique: FN 42,81%; PS 34,42%; UMP 22,77%; FG 0%
BFM Business: Nous citoyens 76,70%; UDI 16,60%; UMP 6,70%; FG 0%
RMC: FN 36,95%; UMP 35,96%; PS 17,24%; PCF 9,85%
RTL: UMP 39,10%; PS 39,10%; FN 21,80%; FG 0%
Europe 1: PS 47,82%; UMP 21,72%; FN 17,62%; Divers Droite 7,22%; EELV 4,21%; Parti Chrétien Démocrate 1,40%; FG 0%
Sud Radio: PS 36,12%; UMP 24,98%; FN 12,44%; EELV 5,76%; Divers droite 4,82%; Debout la République 3,82%; NPA 3,43%; UDI 1,78%; Divers Gauche 1,75%; Nous citoyens 1,43%; Parti Chrétien Démocrate 1,28%; PRG 1,18%; Front de Gauche 1,14%; LO 0,07%

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Après les municipales viendront les élections européennes, qui seront de très loin les élections les plus importantes pour l’avenir de l’Europe et donc de la France. La presse, les médias ne sont pas pressés de communiquer sur le sujet, et pourtant c’est un vrai séisme qui se prépare si les citoyens ne se sentent pas plus concernés que cela. Tous nos droits et acquis actuels vont dérouiller gravement si nous laissons la moindre chance au Grand Marché Transatlantique (GMT) de s’installer entre l’Europe et les États-Unis.

Sémaphores.info tiendra son rôle de colibri pour vous informer au maximum dès le lendemain des municipales, mais il serait dommage que celles et ceux qui en ont la possibilité manquent l’occasion d’en savoir d’en savoir plus sur le GMT alors que Raoul-Marc Jennar, que nous avons déjà présenté, sera dans notre Midi aux dates ci-après.

24 MARS

Conférence sur le Grand Marché Transatlantique avec Raoul-Marc Jennar, Alès 30

25 MARS

Conférence sur le Grand Marché Transatlantique avec Raoul-Marc Jennar, Montpellier 34

26 MARS

Conférence sur le Grand Marché Transatlantique avec Raoul-Marc Jennar, Clermont l’Herault 34

27 MARS

Conférence sur le Grand Marché Transatlantique avec Raoul-Marc Jennar, Nuces 12

28 MARS

Conférence sur le Grand Marché Transatlantique avec Raoul-Marc Jennar, Mosset 66

12 AVRIL

Grande Marche du
Ras-le-bol de Gauche

25 MAI

Élections européennes

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Au courrier des lecteurs de Sémaphores…

envoi n°1 sous le titre « Calimerosso existe, je l’ai rencontré ! », pour sa citation dans le Midi Libre du 18 mars 2014.

envoi n°2

Au fil de cette campagne pour les municipales 2014, plusieurs cas de candidats « malgré eux » ont été signalés sur les listes du Rassemblement Bleu Marine ou Front National. Plusieurs communes de Seine-Maritime, plusieurs autres cas recensés dans le Var, le Loiret, le Loir-et-Cher et la Saône-et-Loire…

Au Grau du Roi, ne soyez pas un(e) candidat(e) malgré vous. Il reste des cases à remplir sur le trombinoscope de la liste RBM. Mettez votre photo en bonne place, n’hésitez pas à jouer les bouche-trous !

L’Appel pour des élections honnêtes

Ce jeudi 6 février 2014 a lieu le procès fait à Marine Le Pen pour l’usage de faux tracts. En effet, en mai 2012, pour sa campagne législative à Hénin-Beaumont, ses militants du Front national avaient distribué un faux tract appelant, en arabe, à voter pour Jean-Luc Mélenchon.

Si le FN a d’abord nié être à l’origine de ce faux tract, Marine Le Pen l’a ensuite assumé publiquement à la télévision. Elle a reconnu être à l’origine de la manœuvre et avoir fait diffuser ce faux tract.

Ce travail de faussaire est un défi lancé contre la démocratie. Si chaque candidat peut, en toute impunité, se faire passer pour un autre candidat, comment les citoyens pourront-ils s’y retrouver ? Comment savoir qui dit quoi réellement et qui manipule ? Comment le peuple peut-il exercer sa souveraineté ?

Si Marine Le Pen obtient du tribunal la relaxe qu’elle demande, chacun aura le droit à l’avenir d’éditer des tracts au nom de ses adversaires politiques. A quelques semaines des élections municipales et européennes, les faux tracts se compteraient alors sûrement par milliers dans le pays.

Si Marine Le Pen n’est pas condamnée, il n’y aura plus d’élections honnêtes possibles.

En signant cet appel, nous, citoyens français,

– dénonçons ces manœuvres frauduleuses

– demandons que Marine Le Pen soit condamnée de manière exemplaire, le code pénal prévoyant la possibilité de la rendre inéligible.

– réclamons le droit d’exercer notre souveraineté par le biais de campagnes électorales honnêtes et loyales. Sans faux tracts.

Ont déjà signé :

  • Pierre Tartakowsky, président de la Ligue des Droits de l’Homme ;
  • Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d’EELV ;
  • Annick Coupé, porte-parole nationale de l’Union syndicale Solidaires ;
  • Eva Joly, députée européenne et candidate à l’élection présidentielle en 2012 ;
  • Julien Bayou, porte-parole d’EELV ;
  • Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF ;
  • Clémentine Autain, porte-parole de la FASE.

• Signez l’appel pour des élections honnêtes sur le blog de Jean-Luc Mélenchon

 

Sémaphores rappelle que le NPA a émis un communiqué pour témoigner de sa solidarité. « Contre de telles pratiques, le NPA est solidaire de la démarche engagée par le Parti de gauche. D’autant plus que, dans le contexte actuel, avec la « manif pour tous », le « jour de colère » et la « journée du retrait », le mouvement social doit être uni contre l’extrême droite ».

Ne reste plus qu’à attendre l’annonce de la position du PS, mais aussi de tous les partis se reconnaissant dans le respect des lois démocratiques et républicaines.

À lire aussi sur l’Huma : http://www.humanite.fr/politique/affaire-des-faux-tracts-raquel-garrido-attend-une-558491?IdTis=XTC-FT08-F1UWV9-DD-DMCLQ-PCI

Et pour rappel :


Faux-tracts à Hénin-Beaumont – Les aveux de… par lepartidegauche

 

Faux tracts : Le Pen contre la démocratie ! par lepartidegauche

Amerikkka

Sous le titre « États-Unis état policier : En Amérike, il n’y aura jamais de véritable débat », cet article a été publié par le 25 octobre 2012 sur le site Global Research, et sa version française sur Mondialisation.ca. (lien en fin d’article)

Note : Dans ses écrits Paul Craig Roberts parle de l’ « AMERIKA » avec un K majuscule pour faire référence au sinistre KKK, le KU KLUX KLAN. Nous avons maintenu (et légèrement accentué) cette orthographe dans le titre.

 Il faudrait une aide divine à Obama et Romney s’ils devaient jamais participer à un véritable débat sur un véritable problème à l’Oxford Union. Ils se feraient massacrer.

Les “débats” pré-présidentielles ont révélé que non seulement les candidats, mais aussi le pays entier, sont complètement déconnectés de tout véritable problème et de la tournure dangereuse que tout cela prend. Par exemple, vous ne sauriez jamais que maintenant tout citoyen américain peut-être emprisonné et exécuté sans procédure judiciaire légale. Il suffit que la décision soit prise quelque part en haut de la pyramide de l’exécutif pour que la liberté voire la vie d’un citoyen américain soit terminée.

Aucun ne doute de ce que les Américains pensent, s’ils pensent que cela existe déjà, que cela ne pourra arriver qu’à des terroristes qui méritent leur sort. Mais comme absolument aucune preuve ou procédure légale n’est requise, comment saurons-nous jamais que cela n’arrive qu’à des terroristes ? Peut-on vraiment faire confiance à un gouvernement qui a déclenché des guerres dans 7 pays différents sur la seule base de mensonges et de fabrications ? Si le gouvernement américain a menti à propos des armes de destruction massives irakiennes afin d’envahir ce pays, pourquoi ne mentirait-il pas à propos des terroristes ?

L’Amérique a besoin d’un débat public sur le comment peut-on être plus en sécurité après avoir éliminé la protection constitutionnelle de la procédure judiciaire ? Si le pouvoir du gouvernement n’est pas limité par la constitution, alors sommes-nous gouvernés par des Césars ? Les pères fondateurs ne pensaient pas que nous devrions faire confiance à un César en ce qui concerne notre sécurité. Pourquoi le devrions-nous maintenant, qu’est-ce qui a changé ?

Si nous sommes placés devant tant de menaces terroristes que la constitution se doit d’être suspendue pour être remplacée par des actions issues de décrets venant d’un exécutif incontrôlable, comment se fait-il alors que toutes les actions terroristes sont des arnaques organisées par le FBI ? En 11 ans, il n’y a pas eu un seul cas dans lequel le “terroriste” a eu l’initiative !

En onze ans après le 11 Septembre, les actes de terrorisme domestique ont été insignifiants pour tant qu’ils aient existés. Qu’est-ce qui justifie les dépenses de l’énorme Département de la Sécurité de la Patrie ? (NdT: Department of Homeland Security ou DHS, la Stasi, securitate de l’empire du goulag levant…) Pourquoi ce département possède-t-il des équipes spéciales ultrasophistiquées avec des véhicules blindés ? Qui sont les cibles de ces unités militarisées ? Si 11 années de meurtres, assassinats, estropiages et déplacement de millions de musulmans de par le monde par le gouvernement américain n’ont pas provoqué d’énormes actes de terrorisme aux États-Unis, pourquoi le département de la sécurité de la patrie crée-t-il une force armée pour lui-même ? Pourquoi n’y a t’il pas de débat parlementaire à ce sujet ? Pourquoi n’y a t’il pas de débat public ? Comment un gouvernement qui est déjà largement dans le rouge concernant son budget, peut-il se permettre une seconde force militaire intramuros n’ayant aucun but défini légalement et constitutionnellement ?

Quelle est la motivation de la Sécurité de la Patrie pour créer une “Jeunesse de la Patrie” (NdT: un équivalent américain de la Hitler Jugend) Le corps constitué de la FEMA (Federal Emergency Management Administration) est-il un déguisement pour de plus sinistres actions à venir, une jeunesse hitlérienne comme certains sites internet le suggèrent ? Est-ce que l’achat massif de munitions par le département de la sécurité de la patrie est lié à la montée nationale du corps des 18-24 ans ? Comment tant de choses incroyables peuvent-elles se dérouler sous nos yeux et ne pas être questionnées ?

Pourquoi Romney n’a t’il pas demandé à Obama pourquoi il travaille à renverser le délibéré d’une cour fédérale de justice ayant établi que les citoyens américains ne peuvent pas être sujets à la détention indéfinie en violation totale de la constitution des États-Unis ? Est-ce que parce que Romney et ses conseillers néoconservateurs sont d’accord avec Obama et ses conseillers ? Si cela est le cas, alors pourquoi un tyran serait-il meilleur qu’un autre ?

Pourquoi les États-Unis ont-ils construit tout un réseau de camps de détention pour lesquels ils sont en train de recruter des “spécialistes en internement” ? Pourquoi l’armée américaine a maintenant comme politique “d’établir un programme de travail pour les prisonniers civils ainsi que des prisons civiles sur des camps militaires” ? Lire la suite

Cannabis : oui, on doit ouvrir le débat !

Pour la deuxième fois depuis le début de l’année, des politiques ont essayé d’ouvrir le débat sur la dépénalisation, voire la légalisation du cannabis. En vain, tant la pression est forte devant toute tentative d’y voir plus clair sur un sujet qui, n’en déplaise à certains, pose un véritable problème de société qu’il convient de traiter autrement que par la politique de l’autruche.

A commencer, on ne voit pas pourquoi Cécile Duflot ou Vincent Peillon devraient se taire (hormis un rappel aux ordres par le patron mais ça les regarde…) se taire devant le baigneur Jean François Copé. Nous avons tous encore en tête (et en archives) une photo témoin de sa macération dans la piscine du sieur Takkiedine, qui comme chacun sait (affaire Karachi entre autres affaires) n’est pas spécialement connu pour vendre de la dentelle ou des fruits et légumes.

Car par delà le premier problème de santé publique que pourrait poser le cannabis, il y a ces autres problèmes bien connus de tous (c’est pour ça qu’on suppose que M.Copé ne doit pas les ignorer non plus), qui sont que le joint est une réalité socialement bien ancrée  ( 1,3 millions de fumeurs-fumeuses en France, estiment certains officiels mais ils sont largement en dessous), une réalité qui a ses réseaux, son chiffre d’affaire, ses frais et dommages collatéraux… Une nébuleuse (pas pour tout le monde) qui passe par d’autres drogues et des trafics d’armes, avec un chouilla de prostitution par-ci et une bonne dose de blanchiments fiscaux par là. Une hydre qui, outre ses propres acteurs de première ligne, implique par force des services de police, de santé, de justice, de prévention, d’éducation… Et l’on voudrait encore une fois empêcher le débat ? Il n’en est plus question, il faut cesser l’hypocrisie !

La première des vigilances est d’ailleurs de ne pas se faire confisquer le débat, ce qui est le cas avec la majeure partie des grands médias. Qui invite-t-on à donner son avis « autorisé » ou « avisé » sur le cannabis ? Soit des politiques de tous bords, de préférence pour faire s’affronter les « pour » et les « contre », soit des médecins et autres chercheurs, en bref des têtes qu’on dit savantes, mais qui vont tous jurer par leurs grands dieux qu’ils n’ont jamais touché au produit, pas plus qu’ils ne toucheraient d’ailleurs à d’autres stupéfiants. On peut dès lors se demander légitimement s’ils savent de quoi ils parlent, d’où ils en parlent et pourquoi ils le font. Pour autant que leur parole soit bien évidemment légitime dans certains cas (s’ils ont un vrai savoir sur le sujet ou s’ils sont en charge de responsabilité politique, par exemple) mais ras-le-bol de ces études faites sur des rats et des souris de labos dont on voudrait souligner la similitude avec l’homme sous prétexte de code ADN quasi identique. La réaction physiologique des uns et des autres au produit n’est qu’une infime partie de l’iceberg représenté par les drogues et il ne nous est pas apparu que 25 % des souriceaux aillent d’eux-mêmes se ravitailler chez des rats dealers, ou profiter de leurs reventes pour acquérir des armes. Le problème est humain et sociétal, sa part « médicale » doit être ramenée à sa juste proportion. Elle le doit d’autant plus que la plupart des recherches (en théorie illégales puisque le produit l’est) se révèlent souvent contradictoires, que leurs analyses sont comme les sondages et qu’il s’agit toujours d’interprétations, quand elles ne sont pas purement et simplement des commandes de lobbies.

Soyons clairs ! Il ne s’agit pas de réclamer une action prioritaire du gouvernement. Dans la situation actuelle, nous partageons qu’il y ait d’autres priorités à traiter que le statut du cannabis. Mais qu’il n’y ait pas le feu au lac au point de devoir légaliser ou dépénaliser en urgence ne doit pas empêcher le débat. Si ce débat ne peut jamais commencer à cause d’un manque de liberté d’expression il reviendra sans cesse sur le tapis, comme il le fait depuis déjà 75 ans selon les pays. Si ce n’est qu’en 75 ans le monde a changé plusieurs fois de visage, ce qu’ignorent les autruches qui, tête enfouie, ne reconnaissent jamais le visage du présent.

Cannabis : le changement c’est maintenant ?


Cannabis: le changement c’est maintenant? par lesinrocks

En vrac, voici quelques éléments de dossier (à la mode sémaphorienne), manière d’aborder le sujet par d’autres biais et en donnant la parole à d’autres interlocuteurs afin que chacun puisse étayer ses propres convictions en connaissance de cause.

75 ans de contrôle racial : joyeux anniversaire à la prohibition de la marijuana

Ce titre d’article trouvé sur le site de Sensiseeds positionne d’emblée la situation. L’herbe à pétards, voilà une plante dont l’usage est attesté par des milliers d’années et de civilisations, soudainement dans la lorgnette du législateur à l’aube du troisième millénaire ! 6 000 ans ! C’est à désespérer de la prétendue intelligence humaine (chercheurs et médecins compris) s’il nous faut six mille années pour comprendre la toxicité ou pas d’une plante, qui plus est parmi tant d’autres plantes possibles. Un point de départ pour comprendre l’impact actuel du cannabis sur le plan politique et social est de savoir que ce sont nos amis amerlocains qui ont les premiers légiféré contre la fumette. C’était il y a 75 ans, mais pour des raisons qu’on ne connait pas toujours. Celle avancée par Harry Anslinger, véritable McCarthy de la drogue dans les années 30 et suivantes, était assez explicite (et le bougre a sévi pendant 32 ans !) :

« Il y a au total 100 000 fumeurs de marijuana aux États-Unis, dont la plupart sont des nègres, des latinos, des Philippins et des saltimbanques. Leur musique satanique, le jazz et le swing, est le fruit de la consommation de marijuana. Cette marijuana qui pousse les femmes blanches à rechercher des relations sexuelles avec des nègres, des saltimbanques et autres. » Harry Anslinger

En fait, les lois sur la marijuana n’ont pas été conçues pour contrôler la marijuana, mais pour contrôler les immigrants mexicains qui avaient introduit avec eux cette plante aux États-Unis. Aujourd’hui dans ces mêmes États-Unis, une personne est arrêtée pour un motif lié à la marijuana toutes les 38 secondes.

Mais on peut savoir que des Amerlocains réfléchissent aussi et cherchent la meilleure solution. L’Oregon, le Colorado et l’état de Washington envisagent une approche plus sensible et humaine de la marijuana. Ces trois états ont inscrit des initiatives de fiscalité et de réglementation à leur bulletin de vote en ce mois de novembre prochain.

Sources : http://fr.sensiseeds.com/75-ans-de-controle-racial-joyeux-anniversaire-a-la-prohibition-de-la-marijuana-2/

Et (en anglais) The Huffington Post, par Amanda Reimann, directrice de la politique pour la Drug Policy Alliance.

Pour savoir qui, du gouvernement français, est pour ou contre la dépénalisation c’est chez les Inrocks qu’il faut aller voir. (Lien et article entier en fin de dossier) mais voici l’expression de trois voix « contre » :

– Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication. La ministre évacue la question d’un revers en expliquant que “ce sujet n’est pas la préoccupation principale des Français“.“La position de François Hollande, de Jean-Marc Ayrault et du gouvernement est très claire : c’est le maintien de l’interdit, nécessaire pour toutes les formes de drogue”, conclut-elle.

– Manuel Valls, ministre de l’Intérieur. Est-il besoin de le préciser, Valls s’affiche comme un farouche opposant à la dépénalisation. Interrogé sur le cannabis lors du premier débat des primaires socialistes organisé par France 2 en septembre 2011, Valls s’était dit “fermement opposé, au nom même des valeurs de gauche (…), à toute concession dans ce domaine“.

(ndlr : au passage nous prions monsieur le ministre de bien vouloir ne pas s’approprier l’ensemble des « valeurs de gauche » tant qu’il n’a pas fait montre de savoir de quoi il parle. Merci)

– François Hollande. Le 6 juin 2011, lors d’un débat organisé par le “Collectif du 21 avril”, François Hollande, candidat aux primaires du PS s’était dit prêt à ouvrir le débat sur la dépénalisation du cannabis à l’échelle européenne : “Il va falloir réunir une commission à l’échelle de l’Europe, comme celle qui vient d’avoir lieu aux États-Unis. Le Portugal est dans la dépénalisation, mais pas tout à fait dans la légalisation. Ça mérite qu’on regarde ce qui se passe au Portugal. Ça mérite qu’on fasse une proposition pour l’Europe entière.

En attendant d’agir, selon la loi de 1970 qui condamne « la présentation sous un jour favorable » des stupéfiants à 5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende, il est impossible de dire du bien du cannabis dans les médias. Autrement dit, si telle était l’envie ou la conviction d’un journaliste, il est gentiment invité à fermer sa gueule.

La France, qui possède l’une des législations les plus répressives d’Europe, figure au cinquième rang européen au niveau de la consommation de cannabis. Cinquième rang européen en ce qui concerne sa population globale mais première pour l’addiction de sa jeunesse. Les jeunes français sont les plus en pétards de toute l’Europe et même du monde ! Ici, comme pour sa consommation de médocs et anti-dépresseurs, la France affiche de tristes records.

Petite histoire : L’appel du 18 joint.

L’appel du 18 joint est initialement un manifeste publié le 18 juin 1976 dans Libération.

En 1993, le CIRC, Collectif d’information et de recherche cannabique, ressort ce texte de l’appel pour en faire une pétition, régulièrement réitérée depuis. En porte-parole du MLC, Mouvement pour la Légalisation Contrôlée, l’avocat Francis Caballero démontre avec maestria l’évidence sociale, économique et éthique de la « Légalisation contrôlée » ! Le document suivant a été réalisé le 15 juin 1993. Depuis, si tous les chiffres cités dans la conférence ont explosés, qu’il s’agisse des saisies, des condamnations comme des violences, la justesse de cette analyse s’impose encore. Et voilà pour le moins quelqu’un qui connaît son sujet.


Mouvement pour la Légalisation Contrôlée par Giorgiocham

652 CANNABIS_FAITES TOURNER LE BOUQUIN

A LaTéléLibre on aime bien Bruno Blum, un des journalistes symbole de la culture rock des années 70-80. Cet ancien gros fumeur de chanvre, qui a arrêté d’en consommer depuis vingt ans, sort un nouveau livre « Culture Cannabis ». Il y raconte son expérience (franchement désastreuse sur la fin : son livre n’est donc pas prosélyte) de façon très vivante, puis fait le tour de la question avec une enquête approfondie : aspects botaniques, culturels, musicaux, légaux, historiques, politiques (il a contacté tous les candidats aux présidentielles), géopolitiques, rituels, spirituels, ludiques, agricoles, financiers mais aussi applications thérapeutiques, surpopulation carcérale, désintoxication, chiffres, guide des DVD… comme il le dit lui-même, « pas besoin d’être pour ou contre pour apprécier ce livre ».

John Paul Lepers, Caroline Lançon. Réalisation: Antoine Heidler


652 CANNABIS: FAITES TOURNER LE BOUQUIN par latelelibre

pour des articles sur les aspects médicaux et les liens vers les études sur le cannabis, c’est par ici : http://www.cannabis-med.org/french/bulletin/ww_fr_db_cannabis_artikel.php?id=116

Les “cannabis social clubs” arrivent en France

Article paru le 19 juin 2012 dans Les Inrocks.

 Des militants antiprohibitionnistes ont annoncé leur intention de se déclarer en préfecture comme producteurs de cannabis dans le cadre de ces associations dont le modèle est venu d’Espagne.

Si PS et UMP pensaient avoir enterré le débat sur le cannabis avec la fin de la campagne des législatives, ils se sont trompés. Des militants viennent en effet d’afficher leur détermination à faire évoluer la législation en annonçant, lors d’un Appel du 18 Joint anticipé à Tours, la création de nombreux “Cannabis social club” un peu partout en France.

Un “cannabis social club” (CSC), c’est une coopérative de consommateurs réguliers de marijuana qui cultivent la plante pour satisfaire leurs propres besoins. Le but est de leur permettre de se fournir sans alimenter le trafic. Pour cela, les plantes poussent dans les jardins, les balcons et les placards des membres. A but non lucratif, ces associations prônent une “autoproduction contrôlée”. Elles visent également à couvrir les besoins “thérapeutiques”.

A lire: l’Espagne invente le coffee-shop solidaire

Ces structures ont vu le jour de manière formelle en Espagne et commencent à apparaître en Belgique, des pays où la détention, la consommation et la production de cannabis à usage personnel ne constituent pas un délit pénal. Interrogée par des élus espagnols en 2005, la Commission de Bruxelles avait estimé que ces clubs, assimilés à de l’autoproduction, étaient hors des compétences de l’Union et dépendaient donc uniquement du bon vouloir des autorités nationales.

Peu importe, en France, la situation est différente. La loi y interdit “toute présentation sous un jour favorable” de la substance, ainsi que sa production, sa détention et sa simple consommation sous peine de longs séjours en prison.

Illégaux dans l’Hexagone, ces “clubs” n’en resteront donc, pour l’instant, qu’au stade de groupes informels d’amateurs d’herbe ne réunissant chacun pas plus d’une dizaine de membres, selon les initiateurs du projet.

Comme dans les clubs espagnols, l’herbe sera répartie gratuitement entre tous, à condition de s’acquitter d’une adhésion d’environ 25€ à l’année et de participer aux frais de production (éclairage, engrais, entretien des plants). Ces structures s’appuieront sur le réseau existant de ceux qui font déjà pousser la plante chez eux. Des cannabiculteurs qui seraient déjà près de 200 000, selon une enquête de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies datant de 2007.

“Ceux qui prennent ce risque à titre personnel ne seront désormais plus tout seuls face à la Justice”, clame Dominique Broc, l’un des représentants du Collectif d’information et de recherche cannabique (mouvement réclamant la fin de la prohibition du cannabis), et porteur du projet de ces clubs sociaux du cannabis à la française.

Ce militant de longue date, passé par la case prison après avoir tenté de ramener de l’herbe des Pays-Bas pour sa consommation personnelle, en a eu assez de la “pression” exercée sur lui et les autres fumeurs. “C’est aberrant de savoir qu’on peut se faire envoyer en prison pour ça”, renchérit Farid Ghehiouech, candidat aux législatives en 2012 en Essonne sous l’étiquette “Cannabis santé libertés justice”.

A lire: les ados français sont les plus gros fumeurs de pétards d’Europe

Si ces clubs apparaissent en France, ce n’est pas “pour avoir plus à fumer” selon Dominique Broc, mais dans une “volonté de collaborer avec les autorités en toute transparence” :

“Nous voulons être crédibles et irréprochables, confie-t-il aux Inrocks. Nous ferons de la prévention, en incitant par exemple les gens à utiliser des filtres en fumant leurs joints. On ne cherche pas à se cacher de la police. La semaine prochaine, j’irai signaler à la préfecture que je fais pousser de la Ganja dans mon jardin.

Ce qui risque bien de ne pas se passer aussi simplement qu’en Espagne. Sur la page Facebook du Cannabis social club français, les militants affirment ne pas craindre les procès à venir :

Aussi, avons-nous décidé, consommateurs et jardiniers en herbe, de nous engager collectivement et solidairement afin d’imposer par un acte de désobéissance civile les changements nécessaires à la mise en place du Cannabis Social Club à la française.

Si par hasard on décidait de nous poursuivre, nous exigerions de l’être collectivement et demanderions à être jugés, en tant que producteurs de stupéfiants en bande organisée par la Cour d’assise spéciale prévue à cet effet.

Cette transparence a pourtant un prix. L’article 222-35 du Code pénal stipule que la production ou la fabrication illicites sont punies de vingt ans de prison et de 750 000 € d’amende. Mais lorsque les faits sont commis en bande organisée, la peine grimpe à trente ans de réclusion criminelle et à 7,5 millions d’euros d’amende.

On est prêt pour un éventuel procès. Mieux : on ne demande qu’à être jugés, affirme Dominique Broc. Avec les autres militants actifs, il compte se baser sur deux arguments “chocs” pour éviter des poursuites judiciaires : l’urgence thérapeutique pour les personnes gravement malades, et le rejet du trafic alimentant les organisations criminelles. Ce n’est pas que de la provoc’, l’ambition est d’être solidaires, précise Farid Ghehiouech.

150 clubs en France

Les deux hommes espèrent que le mouvement prendra de l’ampleur partout en France, jusqu’à arriver, pour Dominique Broc, à “un représentant dans chaque département”. 150 structures seraient selon lui déjà en place ou sur le point de démarrer la production. Elles s’inspirent d’une expérience menée à Tours depuis deux ans, où soixante consommateurs répartis dans une dizaine de “social clubs” font déjà pousser illégalement des pieds de cannabis. Un “mouvement citoyen qui vise à se légaliser”, selon les mots de Farid Ghehioueche, qui devait annoncer hier la création d’un Cannabis social club francilien.

“La meilleure chose à faire avec le cannabis c’est de ne pas le consommer, mais la pire, c’est de le prohiber” Lire la suite

des nouvelles du casse-couilles

Maître Collard sur son arbre perché, le même qui avait annoncé dès son élection qu’il serait le casse-couilles de l’Assemblée, a donné une interview à Nice-Matin qu’on vous laissera lire en intégralité en cliquant sur le lien.

Après avoir annoncé qu’il souhaitait « une révolution constitutionnelle complète » et « modifier la relation au travail, à l’impôt, à l’économie » (Vaste programme, mais au moins on ne peut pas dire que le casse-couilles n’en ait pas…), il a répondu à une question sur les salles de shoot en proposant de « légaliser le vol ». Toujours aussi provocateur, le Gilbert ! N’empêche qu’on en apprend à l’écouter, du moins entend-on se confirmer ce qu’on avait deviné lors des législatives : sans Etienne Mourrut, dépité maire du Grau du Roi, maître Collard n’aurait pas pu percher sur l’arbre.

A la question : 52% des sympathisants UMP souhaitent un rapprochement avec le FN. Vous-même, le souhaitez-vous ? la réponse est édifiante !

« Ça s’est fait pour moi. Sans les voix de l’UMP, je n’aurais pas été élu. On l’occulte parce que ça dérange mais je suis le premier à avoir été élu grâce à un rapprochement entre le Rassemblement Bleu Marine et l’UMP. C’est un tel facteur de dédiabolisation qu’on se refuse à le voir. La France est à droite et elle a un pouvoir de gauche. C’est une aberration. Je dirais même que c’est un viol démocratique. »

Vous avez bien lu : «  France à droite + pouvoir de gauche = viol démocratique « . C’est l’équation Collard. On comprend mieux qu’il souhaite une révolution constitutionnelle, il n’est pas le seul, mais rien n’est moins sûr que nous marchions dans le même sens.

ndlr : retrouvez ces petits dessins et découvrez-en d’autres sur Facebook à la page Leptitgraulen

Chercher la cause des causes

Après Michel Collon, et pour poursuivre l’idée de laisser la parole à ces « voix alternatives », c’est Étienne Chouard que nous présentons aujourd’hui pour qui ne le connaîtrait pas encore malgré le nombre copieux de vidéos présentes sur la Toile. Celle-ci a été filmée dans le cadre de TED-x dont nous avons déjà parlé, mini conférences dont l’objectif est de porter à la connaissance d’un plus grand nombre des idées ou des avancées dans les domaines de la recherche ou l’enseignement, la politique ou l’économie, la création artistique, etc. Le principe TED-X est le même pour tous : 18 minutes pour exposer une idée ou un travail. Etienne Chouard aborde ici le problème de la démocratie sous l’angle de la constitution et des élections.

note de Sémaphores : il nous semble bon de préciser que si nous proposons de tendre une oreille à ces idées, cela ne signifie pas que nous y adhérons dans leur totalité. Simplement elles nous semblent être des éléments importants à mettre dans la balance du débat qui ne fait que commencer autour des institutions (quelles soient françaises, européennes ou internationales) et de leur responsabilité dans la gestion de la crise. Par ailleurs, le fait de ces paroles laissées à des individus qui ne prétendent à aucun pouvoir politique (ni d’aucune autre sorte), ni ne se présentent comme « spécialistes » de ceci ou de cela, nous semble tout aussi important.    Notre prochain « invité » sera le Pr Hillard.

Si la vidéo ne fonctionnait pas sur nos pages essayez le lien suivant : http://www.docusdunet.net/etienne-chouard-chercher-la-cause-des-causes.html

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur le mouvement organisé autour du travail d’Étienne Chouard, un long entretien est publié par Arrêt sur Images depuis le 10 août 2012: http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=5121

sinon un maximum de vidéos se trouve sur le site : http://www.le-message.org/?p=29

Guerres et mediamensonges

Michel Collon est un journaliste belge dont les analyses, notamment en géopolitique, ne lui valent guère d’accès aux tévés aseptisées. Restent le Net et les conférences, telle cette dernière  au Centre de recherche sur la mondialisation. C’était le 4 juillet 2012, sur le thème : « Les enjeux de la crise mondiale : austérité, guerres, brutalité policière et mensonge médiatique« .

Une vidéo de 43 minutes, donc un peu longue mais qu’il suffit de regarder en deux où trois fois plutôt que de se dire « J’ai pas le temps » ou « Ras-la-crise ». Ce n’est pas que Michel Collon y développe des arguments extraordinaires, à l’inverse ce sont de simples infos que nous avons tous plus ou moins reçues, pour peu que l’on intéresse à la politique au sens large. Nous savons tout ce que raconte Collon, tout ce qui fait notre quotidien sur une planète en plein délire, où la loi de la jungle est la règle de prétendues démocraties. Alors d’où vient notre impuissance citoyenne à bâtir une civilisation au moins apaisée à défaut d’être heureuse ? Peut-être faut-il commencer par ne pas se tromper de combat. Tout homme/femme politique dira qu’il ne se trompe pas en choisissant le sien. Mais qui choisit vraiment et que choisit-on en absence de démocratie ? A l’heure de demander des referendums et de corriger ou rédiger des constitutions, sans doute faut-il commencer par la bonne question : qu’est-ce que la démocratie ? Sémaphores a déjà abordé ce thème en renvoyant sur Castoriadis. D’autres voix se font de plus en plus entendre et trouvent oreilles, Michel Collon n’en est qu’un exemple, notre prochain épisode sera consacré à Etienne Choard.

« Guerres et médiamensonges » par Michel Collon -… par Super_Resistence