Spécial Grèce_le suivi

Publié le juin 15, 2015 par Vangelis Goulas dans http://syriza-fr.org Traduction : Vassiliki Papadaki

A. Tsipras répond aux créanciers par une déclaration au Journal des Rédacteurs

a-tsipras1« Seul l’opportunisme politique apparaît derrière l’insistance des institutions sur de nouvelles coupes dans les retraites, après cinq ans de pillage par des mémorandums.
Le gouvernement grec arrive aux négociations avec un projet et des contre propositions bien étayées. Nous allons attendre patiemment jusqu’à ce que les institutions se rallient au réalisme.
Mais si certains perçoivent comme une faiblesse notre volonté sincère pour trouver une solution et les pas que nous avons fait pour couvrir les différends, qu’ils méditent:
Nous ne sommes pas seulement chargés d’une longue histoire de luttes. Nous portons aussi sur nos épaules la dignité d’un peuple et l’espoir des peuples d’Europe.
La charge est trop lourde pour être ignorée.
Il ne s’agit pas d’une obsession idéologique. C’est une question de démocratie.
Nous n’avons pas le droit d’enterrer la démocratie européenne au lieu de sa naissance ».

csm_european_solidarity_greece_logo_8a39d2e6f7
MANIFESTATION À PARIS LE 20 JUIN

SEMAINE EUROPÉENNE DE SOUTIEN AU PEUPLE GREC DU 20 AU 27 JUIN

La tourmente grecque

Je lutteLa bande annonce de « Je lutte donc je suis », de Yannis Youlountas

Enfin, manière de lutter contre l’intox des médias dominants, le collectif audit-citoyen.org publie une « Réfutation argumentée des 8 idées reçues relatives à la dette grecque qui circulent dans les médias dominants afin de formater les esprits naïfs pas capables de prendre le recul indispensable et la distance critique. En la matière, Macron, Hollande et Sapin sont de grands spécialistes en matière de mauvaise foi bien que leurs arguments aient toute l’apparence de la vérité mais sont en réalité des mensonges) :
1. Idée reçue n°1 : Annuler la dette grecque: 636 € par Français ?
2. Idée reçue n°2 : Quand on doit, on rembourse ?
3. Idée reçue n°3 : Les Grecs se sont goinfrés, ils doivent payer ?
4. Idée reçue n°4 : On a aidé les Grecs, ils doivent nous remercier?
5. Idée reçue n°5 : La Grèce doit poursuivre les réformes engagées ?
6. Idée reçue n°6 : L’austérité, c’est dur mais ça finit par marcher ?
7. Idée reçue n°7 : Une cure d’austérité, c’est pas la mort ?
8. Idée reçue n°8 : De toutes façons la Grèce a déjà capitulé ?

A lire ici : http://www.audit-citoyen.org/?p=6374

et_si_nous_faisions-ss_pg

Humour noir et parole blanche

Un humour noir : Hollande, Haïti et les réparations
11 mai 2015 | Par Eric Fassin (note : les illustrations sont un choix Sémaphores)

Bamboula
À quoi joue François Hollande ? Pour refuser les réparations, il continue de juger l’esclavage « irréparable ». Pourtant, à Pointe-à-Pitre, il se fait applaudir en déclarant : « quand je viendrai en Haïti, j’acquitterai la dette que nous avons ». Mais son entourage précise aussitôt « qu’il s’agissait d’une « dette morale » ». Le verbe présidentiel, ce n’est pas « pour de vrai ». L’humour noir de François Hollande est une parole blanche.
Le 10 mai 2015, à l’occasion de la journée nationale de commémoration de la traite et de l’abolition de l’esclavage, le Président de la République inaugure le Mémorial ACTe en Guadeloupe. Il n’hésite pourtant pas à évoquer le présent : « de nouveaux négriers monnaient des cargaisons humaines. En Méditerranée, des passeurs criminels remplissent des bateaux d’êtres humains. » Christiane Taubira tente de corriger : l’esclavage qu’on commémore, c’était un système d’État « codifié et régulé ». Et de s’agacer : « on doit combattre l’esclavage aujourd’hui, mais la confusion est mauvaise conseillère, et en plus elle est l’apanage des imbéciles ». Mais n’est-ce pas, pour la Garde des Sceaux comme pour le Président de la République, une manière d’éviter de reconnaître la responsabilité de l’Union européenne, et donc des États actuels ? Car « l’Europe forteresse » est la première responsable des morts en Méditerranée.

emigrants3
Quant à l’héritage de l’histoire, on sait François Hollande opposé aux réparations financières ; il leur préfère les gestes symboliques – moins coûteux. Deux ans plus tôt, le 10 mai 2013, n’a-t-il pas parlé d’« impossible réparation » ? C’était une fin de non recevoir adressée au Conseil représentatif des associations noires (CRAN). Il ajoute aujourd’hui : « Le seul choix possible, le plus digne, le plus grand, c’est la mémoire, la vigilance et la transmission ». Toutefois, l’argument laisse perplexe : à n’en pas douter, la Shoah est irréparable ; pourtant, l’Allemagne pourrait-elle s’exempter de toute réparation ? François Hollande n’en répète pas moins sa formule : « j’ai repris à mon compte il y a déjà longtemps les mots d’Aimé Césaire quant à la nature irréparable du crime. » Pourtant, en 2013, Louis-Georges Tin, président du CRAN, ne mâchait pas ses mots : « François Hollande trahit l’esprit même du texte d’Aimé Césaire car ce texte est favorable aux réparations. Ce n’est pas très honnête. » Lire la suite

Le vrai réalisme

Une vidéo pour le plaisir et pour rappel, parce que ça fait toujours du bien d’entendre ceux qui ne pratiquent pas la langue de bois. C’était à la Maison des Métallos, pour un des premiers 7-9 Neuf de Daniel Mermet sur Internet après son licenciement de la radio.

Ici on goûtera une petite analyse sur les gouvernances Gauche/Droite, Droite/Gauche et sur ce Pouvoir qui nous dégoûte. On notera aussi l’interrogation pertinente sur ce qu’avait été le rassemblement en mémoire de Rémi Fraisse.

Frédéric Lordon est un économiste et philosophe français né le 15 janvier 1962. Il est directeur de recherche au CNRS et chercheur au Centre de sociologie européenne (CSE).

 

Des nouvelles de la colonie grecque…

Il n’est plus tolérable que certains se comportent comme s’ils considéraient la Grèce comme une colonie.

« Il n’est plus tolérable que certains se comportent comme s’ils considéraient la Grèce comme une colonie, et les Grecs comme les parias de l’Europe, » a déclaré le Premier ministre Alexis Tsipras, dans son discours devant le groupe parlementaire de SYRIZA avant d’annoncer la candidature de Pr. Pavlopoulos à la présidence de la République.

Un jour après l’échec de l’Eurogroupe, A. Tsipras a réaffirmé les positions du gouvernement grec : «Nous travaillons dur pour aboutir à un accord loyal, mais qui exclut l’austérité, le mémorandum qui a ruiné la Grèce, la présence toxique de la troïka.[…] Toute autre solution équivaudrait à achever notre pays. Nous ne sommes pas les mandataires du passé, nous ne sommes pas des gestionnaires des mémorandums, le salut ne vient pas en persévérant dans l’erreur» a t-il déclaré en soulignant : «Nous recherchons une solution, et non l’affrontement pour l’affrontement. Notre seul objectif est de parvenir à une solution viable».

Faisant suite aux déclarations du ministre allemand des Finances, – qui a exprimé la peine qu’il éprouvait à savoir les grecs aux mains d’un gouvernement “irresponsable” – le Premier Ministre a estimé que les propos de Wolfgang Schäuble, marque d’une regrettable perte de son sang froid, ne sont pas seulement irrespectueux envers le gouvernement grec mais le sont surtout envers le peuple grec. «En toute amitié, ajoute-t-il, je voudrais lui conseiller de garder sa peine pour les peuples qui marchent courbés, et non pas pour ceux qui lèvent dignement la tête.

En dénonçant les manœuvres de certains milieux européens qui préfèrent mettre en danger la construction européenne en torpillant la négociation du gouvernement grec, il a évoqué le «curieux» remplacement du texte préparé par le commissaire aux finances Pierre Moscovici, 15 minutes avant l’ouverture de la réunion…. »

la suite ici : http://syriza-fr.org/2015/02/18/il-nest-plus-tolerable-que-certains-se-comportent-comme-sils-consideraient-la-grece-comme-une-colonie/

 

La dette ? Quelle dette ?

mise à jour 29 janvier 2015 : 2 liens en fin d’article

Après la victoire de Syriza en Grèce, la question de la dette est revenue au premier plan des préoccupations de la Troïka. La Grèce va-t-elle payer ? Renégocier ?

Les puristes disent « une dette est un accord entre deux parties, il faut le respecter » : donc il faut la payer. C’est ce qu’a répété en Grèce Pierre Moscovici, le commissaire européen du PS, ces jours derniers : « Une dette n’est pas faite pour être effacée, elle existe, elle doit être remboursée ».

Sur son blog, Jean-Luc Mélenchon revient sur quelques effacements de dettes qui n’ont pourtant pas fait couler tant d’encre, n’en déplaise à Moscovici ou à Merkel.

Pour rappel, Sémaphores a régulièrement posté des articles relatifs à la dette et ses mécanismes, vous pouvez les retrouver par les liens suivants, et bien d’autres en cliquant sur le mot « dette » dans le nuage de tags.

http://semaphores.info/2012/09/le-casse-du-siecle/

http://semaphores.info/2012/01/comprendre-la-dette_suite-4/

« Il va de soi que la vie en société repose sur le respect des conventions signées. Car annuler unilatéralement un accord c’est s’exposer à ce que les parties adverses en fassent autant sur d’autres accords et il n’est pas certains que le bilan final soit positif pour celui qui prend l’initiative de la chaîne des ruptures. Mais un premier débat porterait évidemment sur la légitimité de l’accord conclu. Un bon accord suppose l’égalité des parties et donc la liberté d’agir de chacune d’entre elles. Exemple : une signature donnée sous la contrainte n’entre pas dans cette catégorie. Ensuite, on distinguera ce qui est dû au titre du capital et ce qui est dû au titre des intérêts. Le capital peut être considéré comme une propriété, même si dans le cas du prêt bancaire sa valeur n’existe pas puisque la banque n’a pas dans ses coffres l’argent qu’elle prête. Au moment de la discussion sur la dette, on pourrait vérifier si la valeur du capital emprunté a été ou non remboursée. La surprise, ce sera de constater que dans la plupart des cas, le capital initial est largement remboursé. Ainsi quand on entend dire « il faut rembourser la dette » la phrase est souvent un mensonge. Il faudrait dire « il faut payer les intérêts ». On comprend pourquoi cela n’est pas dit de cette façon… Car tout le monde serait tenté de s’interroger sur le taux d’intérêt payé et sur sa justification. Ce fait banal touche aussi au cœur de la doctrine financière. Car les taux d’intérêt usuraires sont imposés au nom du « risque de défaut », non ? Bien sûr, ces taux augmentent le risque de défaut, c’est bien pourquoi ce système est absurde. Mais ce n’est pas le plus important ! Le plus important, c’est que si l’on fait payer un risque c’est donc qu’il est prévu aussi qu’il puisse se réaliser. Ceux qui ont saigné la Grèce au nom du risque ne peuvent protester quand il se concrétise ! »

« Une fois posé ceci en général, voyons les cas concrets. Car en sens inverse, il arrive que les prêteurs soient conscients du fait que leurs exigences sont insoutenables et que, s’ils les maintiennent, tout le système qui les contient eux-mêmes pourrait s’effondrer. C’est ce qui s’est produit au lendemain de la seconde guerre mondiale à propos de l’Allemagne vaincue. Sa dette à l’égard des autres pays fut effacée en quasi-totalité. Lire la suite

Voter, c’est extrêmement important !

Dimanche allez voter, mais vérifiez la gestion communale avant !

Les médias disent « craindre » une forte abstention aux municipales. De fait, on pourrait être tenté de se dire « peu importe qui l’emportera, ils sont tous pires les uns que les autres ».

Ce serait une grave erreur ! Allons-nous donner un chèque en blanc aux nouvelles équipes municipales ? Allons-nous les autoriser les yeux fermés à nous taxer sans se pencher sur l’usage fait de nos impôts ?

Pas question !

Chers amis contribuables, chers citoyens, chers Français, prouvons-leur qu’ils ont tort de diffuser ce message trop facile et pessimiste, donnons-leur une bonne leçon de notre civisme, de nos devoirs et de démocratie :

Consultez l’Argus des communes avant de donner votre confiance à un candidat

Si votre maire se représente ou bien un candidat issu de la majorité sortante, l’Argus des communes est un outil incontournable avant de lui redonner votre confiance : quelle a été sa gestion ? Connaissez-vous l’évolution des dépenses communales, celle de la fiscalité, et du niveau d’endettement de la commune ?

Dans tous les cas, consultez l’analyse de votre commune pour connaître l’état des finances.

Pour consulter la note de votre commune sur l’Argus, cliquez sur l’image :

 

Vous pouvez aussi consulter la liste des questions adressées aux candidatsque nous vous proposons à titre d’exemple : elles peuvent vous aider à déterminer si le candidat sera soucieux de bien gérer l’argent public.

Faites passer le mot !

Posez un acte citoyen : en encourageant tous vos contacts d’aller voter et de consulter l’Argus des communes avant !

Votez et faites voter en consultant l’Argus des communes

1) Je vérifie la note de mon maire et je la partage autour de moi

2) Je transfère ce message à tous mes contacts

3) Je vais voter en connaissance de cause !

le fil d’actu sémaphorien_janvier2014_n°3

¤=¤=¤=¤=¤

Affaire Snowden_le suivi, par un hacker qui nous tient à cœur…

Avec le scandale de la NSA, une distinction claire est en train d’apparaître aux yeux de tous entre la technologie qui contrôle et la technologie qui libère », affirme le hacker Jérémie Zimmerman. C’est sa manière de rester optimiste malgré les révélations chaque jour plus effarantes sur la surveillance qui s’est mise en place sur le Net.

À l’attention de ceux qui ne le connaissent pas : Zimmermann se bat depuis des années sur un terrain que très peu d’entre nous pratiquent : celui des droits de l’Homme dans la société numérique. A son palmarès : il a réussi, pratiquement seul, à faire rejeter par le Parlement européen l’accord ACTA, un traité liberticide négocié en secret par 39 pays et de très puissants lobbies.

D’autres renseignements et une autre vidéo ici : http://www.ventscontraires.net/article.cfm/12507_jeremie_zimmermann_:_

¤=¤=¤=¤=¤

Travailleurs, travailleuses, ça va vous faire plaisir…

L’ONG Oxfam vient de livrer un rapport de 34 pages sur les inégalités économiques et la confiscation du pouvoir politique au profit de minorités nationales privilégiées

On y lit entre autres données que la richesse combinée des 85 personnes les plus riches du monde est égale à celle de la moitié la moins riche de l’humanité.

Ou qu’aux États-Unis, par exemple, les 1 % les plus riches ont confisqué 95 % de la croissance financière depuis 2009, tandis que les 90 % les moins riches se sont appauvris.

« Sans une véritable action pour réduire ces inégalités, les privilèges et les désavantages se transmettront de génération en génération, comme sous l’Ancien régime. Nous vivrons alors dans un monde où l’égalité des chances ne sera plus qu’un mirage » conclut l’organisation.

ndlr : si le rapport ci-après s’ouvrait mal dans nos pages, suivez ce lien : http://www.scribd.com/doc/200885137/bp-working-for-few-political-capture-economic-inequality-200114-fr-pdf

bp-working-for-few-political-capture-economic-inequality-200114-fr.pdf

 

¤=¤=¤=¤=¤

Apparemment personne n’a relevé cette petite information, sans doute couverte par le feu de l’affaire Dieudonné. C’est pourtant le journal officiel qui a annoncé la création d’une « association Manuel Valls »destinée à soutenir sa politique.

Nous n’en savons pas plus pour l’instant mais on ne peut empêcher certains d’y voir un de ces micro-partis propres à recevoir des subventions. Un pied à l’étrier en vue des présidentielles 2017 ?

¤=¤=¤=¤=¤

Espérons pour le moins qu’ils soient bien formés…

Selon un rapport de la Cour des comptes sur l’école des commissaires de police, une année de formation y coûte 260.000 euros par élève, soit trois fois plus qu’un élève de l’ENA.

Le Canard Enchaîné en a parlé mercredi dernier. Et pour ceux qui ont le goût des chiffres, le rapport est accessible à partir d’ici : Ecole nationale supérieure de la police (ENSP) – Exercices 2006 à 2011.

¤=¤=¤=¤=¤

TVA sur la presse en ligne : une victoire pour toute la presse.

Le gouvernement a annoncé le prochain alignement du taux de TVA à 2,1 % pour toute la presse en ligne (ce qu’elle était déjà pour la presse papier) au lieu des 20 % envisagés. La mobilisation n’a donc pas été vaine.

En savoir plus : http://www.spiil.org/20140117/tva-presse-ligne-une-victoire-toute-presse

Ce qui n’arrête pas la mobilisation contre l’augmentation globale de la TVA et l’on peut toujours signer la pétition ici : http://www.stop-tva.fr/

¤=¤=¤=¤=¤

Ça peut vous intéresser…

Réouverture de l’enquête sur les attentats du 11 septembre ?

C’est une dépêche Reuters vieille d’un mois, passée quasiment inaperçue sauf chez les « complotistes », bien sûr. Pour faire court, un juge vient de donner raison aux familles de victimes qui voulaient cette réouverture d’enquête. Pourquoi ? Parce que de nouveaux éléments visent clairement l’Arabie saoudite ainsi que le rôle trouble du FBI. Selon Agoravox, on n’est plus dans le complot fumeux ou les élucubrations délirantes mais face à des éléments factuels. Le sénateur démocrate Bob Graham (ancien gouverneur de Floride) avait déjà soulevé le problème l’an passé. En vain. Comme d’habitude, la vérité prend du temps…

L’article du Huffington Post : http://www.huffingtonpost.fr/bob-graham/enquete-attentats-11-septembre_b_1872744.html

L’annonce par Jonathan Stempel pour l’agence Reuters, le 19 décembre 2013

La tribune libre sur Agoravox : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/reouverture-de-l-enquete-sur-les-146570

¤=¤=¤=¤=¤

On n’a pas du tout aimé…

L’état de l’Ohio a exécuté un condamné à mort avec un mélange de deux produits jamais utilisés à ce jour aux USA : il a agonisé pendant 24 minutes.

Un mélange de somnifère et d’antidouleur (midazolam et hydromorpone) injecté par intraveineuse a été utilisé pour la première fois aux USA pour exécuter un condamné à mort. L’expérience a mal tourné puisque le prisonnier a agonisé pendant 24 minutes, dans la Southern Ohio Correctional Facility prison, située aux portes de Lucasville (Ohio).

Ces médicaments ont été utilisés car le produit habituel, le pentobarbital, d’abord destiné à anesthésier les animaux, n’est plus fabriqué aux USA depuis 2011. Et le fabricant refuse son emploi pour les exécutions.

Il y a encore cinq exécutions prévues cette année dans l’Ohio. Lire la suite

Noire finance

Le succès du reportage d’Arte sur la banque Golman Sachs a été tel que la chaîne a décidé de le reprogrammer. (Ceux qui ne l’auraient pas vu peuvent le retrouver ici). Dans ce même souci d’informer sur nos noires finances, Arte propose également un film de Jean-Michel Meurice et Fabrizio Calvi : La grande pompe à « phynances ».

Une seconde partie sera prochainement disponible : Le bal des vautours
Le second volet montre comment, à travers l’éclatement de la bulle immobilière et la crise des subprimes des années 2000, le « piège à pauvres » s’est refermé. Il décortique les rouages de la « machine à dette » et expose avec clarté les logiques boursières qui ont mené à la crise mondiale actuelle. Dénonçant l’impunité des « banksters » et leur emprise sur la classe politique occidentale (aux États-Unis, on parle même d’un « gouvernement Goldman Sachs »), les réalisateurs concluent leur enquête sur un chiffre éloquent : les principaux dirigeants financiers mondiaux totalisent 95 milliards de dollars de salaire alors qu’ils ont accumulé 1 000 milliards de perte…

(France, Finlande, 2012, 52mn) ARTE / YLE

Date de première diffusion : Mar., 2 oct. 2012, 22h06

Date(s) de rediffusion : Mardi, 16 octobre 2012, 11h35
Samedi, 20 octobre 2012, 11h55

http://videos.arte.tv/fr/videos/le-bal-des-vautours–6965924.html

la motion de Stéphane HESSEL

Stéphane HESSEL a déposé sa motion, et nombreux s’accordent déjà à en saluer le mordant. Il faut accélérer, dit-il en substance au gouvernement Hollande. L’histoire est là pour démontrer que toutes les réformes qui ne sont pas appliquées dans les trois premiers mois d’une prise de pouvoir ont peu de chance de l’être ensuite.

Du côté de la vraie gauche, même si on peut se réjouir de retrouver dans cette motion de nombreuses propositions portées depuis longtemps par le Front de Gauche et EELV, on peut noter à l’instar de Roger Cavaillès que :  » on y retrouve certes « la plupart » des propositions du FDG sauf les dispositions de base sans lesquelles rien n’est possible durablement, à savoir l’analyse de la dette et son traitement en conséquence, la rupture du circuit mortifère banque vers État, la dénonciation claire des produits dérivés illégaux qui empêchent l’investissement utile. On n’empêche pas une inondation en resserrant un peu les robinets, il est indispensable de les fermer. »

Cette motion d’Hessel constitue néanmoins un grand pas par rapport à la ligne actuelle et mérite d’être saluée. Un rapport d’une cinquantaine de pages, riche en données qu’il est toujours bon de voir synthétisées. A lire absolument. Après le « Indignons-nous ! » voici venu le temps du « Secouons-nous ! »

lien pour télécharger au cas où le doc s’ouvrirait mal dans nos pages : http://www.scribd.com/doc/105643016/La-motion-de-Stephane-Hessel

La motion de Stéphane Hessel

Le casse du siècle !

C’est Bakchich qui balance cette info que nous aurions dû avoir depuis un an : les institutions financières ont bénéficié de 16 trillions de dollars pour se sauver. Parmi elles la Société Générale, Dexia et BNP ont touché près de 500 milliards…
Pire que le casse de Goldman Sachs, c’est le casse du siècle ! Un casse à 16 000 milliards de dollars, soit 16 trillions de dollars pour les banques au lieu des 700 milliards votés.

On doit à Bernie Sanders, sénateur américain « indépendant » du Vermont, d’avoir décidé le 1er septembre de mettre à disposition de ses concitoyens sur son site ce document (un audit) passé totalement inaperçu. Et pour cause !
« Il est vrai que les américains, ivres de colère, auraient pu être tentés d’aller décrocher leurs Winchester s’ils avaient découvert les conclusions de l’enquête du GAO (Government Accountability Office) une sorte de Cour des Comptes en forme d’Inspection Générale des Finances, qui a rendu ses décoiffantes conclusions en juillet 2011. »
Par exemple on peut lire en page 131 du rapport d’audit que, entre le 1er décembre 2007 et le 21 juillet 2012, BNP Paribas a fait le plein en dollars à la FED à hauteur de 175 milliards ( !) et sa meilleure ennemie la Société Générale a quant à elle, rempli ses soutes de 124 milliards ( !) de dollars aimablement prêtés par le contribuable yankee.
Et, à titre anecdotique… 168 milliards de dollars versés dans le puits sans fond de DEXIA…

Lire l’article sur : http://www.bakchich.info/international/2012/09/06/cest-bernie-sanders-qui-a-vendu-la-meche-61653
et les anglophones peuvent se rendre sur le site perso du sénateur : http://www.sanders.senate.gov/

16 trillions, on se doute à Sémaphores qu’il doit être malaisé de se les représenter, surtout dans la tête de ceux qui ont du mal à boucler les fins de mois. C’est pourquoi, avec le souci d’éducation populaire qui nous caractérise 😉 nous proposons l’imagerie suivante à l’attention de qui ne l’aurait pas déjà reçue dans sa boite mail.
Commençons par ce simple billet de 100 dollars, même si bon nombre d’amerlocains ne l’ont pas tous les jours dans la poche.

Et passons à la liasse de 10 000 dollars, facile à se représenter, même si elle commence à s’éloigner singulièrement du salaire médian

100 de ces liasses vont donc faire 1 million de dollars, ce que tout amerlocain peut avoir s’il a bien bossé pour son patron à Wall Street, ou gagné le gros lot au Sweepstake, ou fait un casse dans sa banque favorite, ou s’il est vraiment pote avec un patron du Cac40 qui lui reverse la moitié de son salaire mensuel. Quoi qu’il en soit, ça tient toujours dans une valise qu’on peut faire suivre si on part en week-end aux Caraïbes, au Luxembourg ou en Suisse, chacun ses tropiques…

A partir de 100 millions, ben non, ça tient plus dans une valise et faut commencer à réfléchir en palettes.

D’autant que pour embarquer 1 milliard de dollars, ce sont 10 palettes qu’il faudra réunir, autrement dit se procurer un bon gros poids lourd avec plein de roues car le papier ça pèse vite son poids.

Évidemment, pour transporter ce trillion qui représente mille milliards, faudra aussi de l’essence à cause des allers-retours, ou disposer d’un bon parc de camions.

Pour mieux comparer, un trillion de dollars sur un seul rang de palettes c’est grand comme un stade ou un parking à Boing.

Alors 15 trillions (oui, d’accord, on avait dit 16 mais on va pas chipoter pour si peu…) ça peut sembler beaucoup mais c’est presque décevant si on les met à côté de la statue de la Liberté. (mais ne garez pas là votre camion, c’est interdit à côté de la statue)

Et pour se représenter la dette (du moins déclarée) des Zétazunis, dont on dit qu’elle serait de 114,5 trillions, ça donnerait la tour de papier à droite sur cette image finale. Les quinze trillions seraient ce modeste immeuble entre la statue et la tour.

Mais qui sait ? Peut-être que les 16 trillions dénoncés par le sénateur Sanders vont se retrouver dans l’économie active et la production redressée. N’empêche qu’en attendant ça nous fait un peu rigoler (jaune, on l’avoue) que les amerlocains de la phynance se réjouissent à l’idée que les zeuropéens soient prêts à règledoriser leur dette à 3 % de leur PIB. Eux, on voit vraiment pas comment ils pourraient faire, à moins de retourner aux années 50. Mais c’est toujours bien de donner des leçons aux autres.

Document ARTE sur la banque Goldman Sachs

Ils n’ont qu’un Dieu, l’argent. Qu’une religion, les profits. Autrefois respectés et admirés, les banquiers de Goldman Sachs sont devenus les plus grands voyous de la planète.

Goldman Sachs – La banque qui dirige le monde

Arte diffuse depuis le 4 septembre ce documentaire édifiant sur la banque la plus puissante du monde. De quoi donner des sueurs froides. Et comprendre un peu mieux les raisons de la crise actuelle.

Sémaphores laissera ce billet en page d’accueil aussi longtemps que ce document exceptionnel sera laissé en ligne par la chaîne. Il nous semble important qu’un maximum de citoyens voient ce film à l’heure où, précisément, ils vont devoir prendre position (référendum ou pas) sur le Traité Européen. En regard de la morgue avec laquelle ces hauts financiers bafouent les états de droits et les privent de leur souveraineté pour mieux écraser leurs peuples, on ne saurait se contenter encore longtemps de parler simplement de crise. C’est d’une guerre qu’il s’agit, et dire qu’elle est économique ne serait en voir que le masque. Il est grand temps de réagir, et rappeler à tous les gouvernements qui ont établi leur constitution sur la base des droits de l’homme et du citoyen qu’il n’est qu’une seule souveraineté : celle du peuple.

Occasion de rappeler la marche qui aura lieu le 30 septembre prochain pour appeler au référendum sur le Traité (nous aurons l’occasion d’en reparler). En démontant le mécanisme de la banque Goldman Sachs, le film proposé par Arte met en avant la place de ces financiers de l’enfer qui prétendent aujourd’hui diriger l’Europe, les Monti, les Draghi et tant d’autres affameurs.

Un film de Jérôme Fritel et Marc Roche (ARTE France, 2012, 75mn)
Date de première diffusion : Mar., 4 sept. 2012, 20h53

Date(s) de rediffusion : Mercredi, 19 septembre 2012, 10h25
Jeudi, 27 septembre 2012, 02h50

à voir sur votre télé aux horaires indiqués, ou à partir du lien ci-après si jamais la vidéo ne fonctionnait pas dans nos pages
http://videos.arte.tv/fr/videos#/tv/coverflow///1/120/

Le plan de bataille des financi€rs

Nous avions déjà passé ce document relatif au TSCG mais il nous semble utile de le reproduire au vu de la rentrée parlementaire qui approche et du flou encore entretenu par le gouvernement. Sans contrainte majeure, il ne faut pas attendre des financiers qu’ils changent leur plan de bataille. Il n’y a que deux issues si l’on veut échapper à la catastrophe austéritaire que nous promet le TSCG : ou le président Hollande honore vraiment son engagement électoral et obtient une renégociation substantielle – ce qui est peu probable -, ou bien un mouvement de protestation d’ampleur contraint le président au référendum. Dans les deux cas les citoyens n’ont que le choix d’une mobilisation massive. Dans tous les cas le TSCG ne pourra être adopté que lorsque 12 membres au moins sur 25 l’auront ratifié. 6 pays l’ont déjà adopté. Ça laisse encore le temps d’organiser une mobilisation et des manifestations au niveau européen. Mais en France les citoyens doivent se mobiliser dès maintenant pour avoir une chance d’empêcher la ratification en l’état par le parlement. Autrement dit, les partis de gauche, aile gauche du PS comprise, syndicats, associations, indignés etc vont devoir se mobiliser sous toutes les formes possibles pour faire entendre leurs voix.

CATASTROIKA

Les créateurs de Debtocracy, reviennent avec une nouvelle production: CATASTROIKA qui analyse les conséquences de la liquidation totale de la Grèce.
Révisant des exemples de privatisations dans des pays développées, CATASTROIKA essaie de prévoir ce qui va se passer si le même modèle s’applique à un pays sous surveillance économique.

Ce reportage dure presque une heure et demie, et nous avons la chance depuis peu d’avoir les sous-titres en français. Outre que ce reportage est remarquable, il est indispensable pour comprendre en quoi le problème de la Grèce n’est pas que celui des Grecs mais de tous les pays où l’oligarchie n’a plus qu’un objectif : remplacer tous les services publics par des boites privées. Autrement dit : ce qui nous pend au nez à tous.

Site officiel http://www.catastroika.com/indexfr.php

Exigeons un référendum !

Sous la plume de Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité et député au parlement européen, une pétition a été lancée depuis le 20 juillet pour dire « Non à l’austérité dans le droit européen, exigeons un référendum!« .
Mais c’est l’été, les vacances, et sa collatérale démobilisation. Or ceux qui dirigent le monde de la finance et de ses crises ne débrayent jamais. C’est toujours pendant qu’on bronze qu’ils avancent leurs pions (Ne vous inquiétez pas pour eux, ils sont bronzés toute l’année). Mais il faut se défendre parce ce que ce qui se prépare est non seulement très grave mais inacceptable. Signer une pétition ne prend que cinq minutes, ça ne bousille pas des vacances et ça prépare la rentrée. Et pour toutes celles et ceux qui n’ont pas la chance d’être bronzés toute l’année, ça peut être important de savoir à quelle sauce on va être mangés à la rentrée. Un petit rien peut parfois sauver tant de choses…
extraits :
« Pourquoi le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’Union économique et monétaire – le TSCG – est-il caché aux citoyens de l’Europe ? Pourquoi ce silence autour d’un texte si important que ses rédacteurs principaux, M. Sarkozy et Mme Merkel, déclaraient qu’il allait permettre de sortir de la crise et de… sauver l’Europe ?
François Hollande avait fait de l’objectif de la renégociation de ce traité l’un des axes essentiels de sa campagne. Parmi ses soixante engagements, la proposition numéro 11 est la « réorientation de la construction européenne », qui stipule : « Je renégocierai le traité européen issu de l’accord du 9 décembre 2011 en privilégiant la croissance et l’emploi et en réorientant le rôle de la Banque centrale européenne dans cette direction.» Le candidat socialiste l’a fortement réaffirmé le 22 janvier 2012, lors de son discours du Bourget, et le 15 avril au meeting de Vincennes. Ce thème a été l’objet d’un engagement net de François Hollande dans le face-à-face qui l’a opposé à M. Sarkozy à la télévision le 2 mai dernier. «Ce que j’ai demandé, c’est qu’il y ait une renégociation du traité», puis, quelques minutes plus tard, « je prends l’engagement de venir au lendemain de l’élection présidentielle porter ce plan de renégociation ». Ce moment fut particulièrement intense dans le débat, où curieusement M. Sarkozy a très peu défendu le texte qu’il avait approuvé quelques semaines plus tôt.
Le nouveau traité est pire que ceux de Maastricht et de Lisbonne. Sous couvert de «discipline budgétaire», les critères de déficit public comparé aux richesses produites sont modifiés, imposant le niveau de 0,5 % contre 3 %. Si cet objectif n’est pas atteint, un « mécanisme de correction » se déclenche automatiquement.
Un État ne se conformant pas à ces injonctions sera traduit devant la Cour de justice de l’Union européenne.

Souvenons-nous qu’on nous a déjà confisqué ça en 2005 :
L’urgence et la gravité de ce qui se joue imposent de réagir au cœur de l’été avec une étape retentissante lors de la Fête de l’Humanité les 14, 15 et 16?septembre.

Le texte de la pétition.

Pétition pour un référendum sur le nouveau traité européen. François Hollande s’était engagé à renégocier le traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), appelé aussi pacte budgétaire, signé par N. Sarkozy et A. Merkel. Il n’en est rien. Or ce texte durcit encore les traités de Maastricht et de Lisbonne et prône à la fois l’austérité à perpétuité, et le contrôle des budgets par la Commission de Bruxelles. Pourtant l’expérience montre que cette orientation n’a fait qu’enfoncer les pays européens dans la crise et les peuples dans la souffrance. N. Sarkozy battu, son traité ne doit pas être appliqué. Il faut aujourd’hui un débat public sur les orientations européennes et un référendum sur le nouveau traité. Seul le peuple souverain peut décider de son avenir. C’est une question de démocratie. Je demande au président de la République de convoquer la tenue d’un référendum sur l’approbation ou non de ce traité (TSCG).

Lire l’article entier : http://www.humanite.fr/politique/non-l%E2%80%99austerite-dans-le-droit-europeen-exigeons-un-referendum%E2%80%89-501172

signer la pétition :
https://docs.google.com/spreadsheet/viewform?formkey=dHUzNk8tQmNKb0tqdzdYZEpoNlBIVFE6MQ#gid=0

commentaire sur PIB

Reçu en commentaire à notre billet sur la règle d’or et le PIB, nous avons pensé que cela pouvait faire un article en soi dans le sens de poursuivre la réflexion qui est de savoir pourquoi le PIB est devenu une référence en matière d’économie politique.

En 1968, le gauchiste Robert Kennedy (le frère de l’autre) écrivait (juste avant d’être assassiné) :

« Notre PIB prend en compte la publicité pour le tabac et les courses des ambulanciers qui ramassent les blessés sur nos routes. Il comptabilise les systèmes de sécurité que nous installons pour protéger nos habitations et le coût des prisons où nous enfermons ceux qui réussissent à les forcer. Il intègre la destruction de nos forêts de séquoias ainsi que leur remplacement par un urbanisme tentaculaire et chaotique. Il comprend la production du napalm, des armes nucléaires et des voitures blindées de la police destinées à réprimer les émeutes dans nos villes. Il comptabilise la fabrication du fusil Whitman et du couteau Speck, ainsi que les programmes de télévision qui glorifient la violence dans le but de vendre les jouets correspondants à nos enfants…

En revanche, le PIB ne tient pas compte de la santé de nos enfants, de la qualité de leur instruction, ni de la gaieté de leurs jeux. Il ne mesure pas la beauté de notre poésie ou la solidité de nos mariages. Il ne songe pas à évaluer la qualité de nos débats politiques, ou l’intégrité de nos représentants. Il ne prend pas en considération notre courage, notre sagesse ou notre culture. Il ne dit rien de notre sens de la compassion, ou du dévouement envers notre pays. En un mot, le PIB mesure tout, sauf ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue. »

La fabuleuse histoire de la règle d’or

La fabuleuse histoire de la règle d’or ou comment est né le sacro-saint ratio de 3% du PIB pour les déficits publics.

A l’origine, il s’agissait d’imposer la rigueur aux ministres socialistes. Puis, bien qu’elle fut dépourvue du moindre sens économique (c’est ce que l’on va voir), cette référence a fait école au point d’être retenue par le traité de Maastricht et qu’existe à présent un débat pour savoir s’il faut ou non inscrire ce ratio (devenu « règle d’or » !) dans la Constitution.

Outre que cela serait une violation de l’article 28 de la déclaration des droits de l’homme (Article 28. – Un peuple a toujours le droit de revoir, de réformer et de changer sa Constitution. Une génération ne peut assujettir à ses lois les générations futures.), voici quelques éléments de la fabuleuse histoire de la règle d’or. Nous les devons à Guy Abeille, qui fut chargé de mission au ministère des Finances d’abord sous Giscard puis sous Mitterrand (d’octobre 1977 à juin 1982) et s’en expliqua en octobre 2010 pour le journal La Tribune.

L’entrée en déficits et le seuil magique (presque chamanique) de 3% du PIB.

Le premier choc pétrolier se produit à l’automne 1973. La guerre du Kippour frappe l’économie mondiale, les prix quadruplent, c’est la fin des Trente Glorieuses, plane alors le spectre du déséquilibre extérieur et de l’inflation.

Giscard d’Estaing, qui est tout nouveau Président, y répond par le «refroidissement», c’est le plan Fourcade, qui se traduit par un excédent budgétaire. Le plan de relance Chirac qui le suit en prend le contrepied. Nous sommes en 1975, les finances publiques viennent d’entrer lourdement dans le rouge.

En 1976 c’est Raymond Barre qui passe aux manettes de l’économie. Il aimerait bien revenir à l’équilibre en bon père de famille mais Giscard ne veut voir que la nécessité électorale (la gauche passe à un cheveu de la victoire en 1978) et lui en impose autrement. Il faut dire que Giscard a le nez au vent et sait qu’il souffle de l’ouest, un vent très libéral qui ne va pas tarder à mettre en scène Thatcher et Reagan.

Ainsi, après le refroidissement Fourcade, l’austérité Barre (et montée du chômage), la relance Chirac, puis la libéralisation Barre, le déficit qui était tenu en 1976-77 en lisière des 25 milliards (nous sommes en francs), bondit en 1978 à 41 milliards de francs.

Et voilà que fin 1979 débute le second choc pétrolier.

Notons déjà que tous les budgets de Giscard (sauf le premier mais il n’y est pour rien) et de Barre auront été en déficit, pour des montants légèrement supérieurs à 1% du PIB. Si ce n’est que personne n’use de cette référence à cette époque-là, ce ratio est absent des esprits et n’a aucune existence. Jusque là on regarde le chiffre de la dette, pas son pourcentage par rapport au prix du kilo de pommes ou à l’âge du capitaine. Malgré ce, Giscard d’Estaing a une fixette : ne plus laisser le déficit franchir la ligne des 30 milliards de francs ; cela aurait à ses yeux une portée politique à laquelle il ne tient pas. D’ailleurs les deux budgets d’avant la gauche s’y tiennent, on reste à moins 31 milliards de francs en 1979 et en 1980.

Arrive 1981

Le budget est présenté comme ayant un déficit de 29 milliards de francs (manière de ne pas annoncer 30 –loi du commerce pour les gogos, un prix à 9,9 ce n’est quand même pas 10 !). Mais les élections approchent, ainsi que les contingences financières collatérales, et une saison de compétition électorale n’est guère propice à une gestion retenue des finances publiques.

Lorsque la gauche tient enfin sa victoire, la droite ne peut plus lui cacher que les 29 milliards proclamés sont en fait devenus 50 sous le libéralisme giscardo-barriste des chaleurs pré-électorales. Deux mois plus tard, la première loi de finances rectificative socialiste en prend acte, actualise le déficit à 55 milliards et Laurent Fabius (pourquoi lui ?) rend ce chiffre public.

Fin juin, reste à préparer le budget de l’année 1982, qui sera pour la gauche au pouvoir la première année de plein exercice. Et il apparaît assez vite qu’on se dirige bon train vers un déficit du budget initial 1982 qui franchira le seuil des 100 milliards de francs !

Ce qu’il faut réaliser à ce stade est que ce chiffre de 100 milliards était jusque là hors de portée mentale.

Une commande, un soir

C’est dans ces circonstances qu’un soir, tard, raconte Guy Abeille, le téléphone sonne. C’est Pierre Bilger (celui-là même qui fera carrière chez Alcatel), devenu n°2 de la Direction du Budget après avoir été directeur de cabinet de Maurice Papon. Abeille est convoqué ainsi que Roland de Villepin (cousin de Dominique), et Bilger les informe que le Président Mitterrand « a urgemment et personnellement demandé à disposer d’une règle, simple, utilitaire, mais marquée du chrême de l’expert, et par là sans appel, vitrifiante, qu’il aura beau jeu de brandir à la face des plus coriaces de ses visiteurs budgétivores. »

Urgemment et personnellement, ça veut dire qu’il faut faire vite. Personne n’a guère d’idée, et à vrai dire nulle théorie économique n’est là pour orienter la réflexion. Mais si Tonton a commandé, pas question de se défausser, et nos économistes posent donc, « d’un neurone perplexe, l’animal budgétaire sur la table de dissection ».

Ils évaluent les dépenses, leur volume, leur structure, avec dette ou sans dette, tentent des regroupements puis d’autres, mais rien ne semble pouvoir marquer l’arrêt des dépenses. Ils retournent l’animal côté recettes : impôts d’État, mais les impôts fluctuent avec la conjoncture, plusieurs sont décalés d’un an… Surtout ils ne peuvent échapper à l’attraction des prélèvements obligatoires, bref, la route des recettes est coupée et il ne reste qu’une voie : le déficit.

Un déficit, au moins, ça parle à tout le monde, du citoyen lambda jusqu’au Président normal. Être en déficit c’est être à court d’argent, tirer aujourd’hui un chèque qu’on remboursera demain. Et puis, en politique, au moins depuis Keynes, un déficit ne fait plus peur à personne, il est devenu une variable économique. That is the solution, un bon déficit ! Mais, c’est the hic et voilà qu’est l’os, à quelle contrainte le plier pour en extraire une norme ?

Le plus simple semble être cette bouée de sauvetage déjà bien connue : le PIB ! En économie, tout commence et s’achève avec le PIB. Dès qu’il y a de gros chiffres, il n’y a guère qu’à lui qu’on semble pouvoir raisonnablement se rapporter. Et donc on décide que ce sera le ratio « déficit sur PIB ».

Un critère douteux

Arrivé à ce point, une réflexion s’impose.

Il faut d’abord comprendre que le déficit est un solde, c’est à dire non pas une grandeur économique première, mais le résultat d’une opération entre deux grandeurs.

Tout le monde le savait ?

Alors tout le monde comprendra qu’un même déficit peut être obtenu par différence entre des masses dont l’ampleur est sans comparaison. 20 milliards sont aussi bien la différence entre 50 et 70 milliards qu’entre 700 et 720.

On comprendra donc que l’économie doive tenir compte de ce que la masse des dépenses et recettes publiques soit d’une ampleur des plus variables d’un pays à l’autre (35% du PIB des USA ou du Burkina-Faso ne sauraient représenter la même chose). De même faut-il considérer le contenu de chacune des masses : ce n’est pas la même chose de percevoir un volume de recettes avec une TVA à 10% et un impôt sur le revenu montant jusqu’à 75%, qu’avec une TVA à 20% et un impôt sur le revenu de 30%, par exemple. Sans compter que doivent se prendre en compte d’autres critères économiques selon que les dépenses peuvent inclure, toujours par exemple, 5% de subventions d’investissement dans un cas ou 20% dans un autre. On voit donc que considérer le seul montant d’un déficit en soi n’a qu’un sens très relatif.

Par ailleurs, tout le monde devrait avoir appris depuis l’école primaire qu’on ne peut diviser des choux par des carottes (sauf si on veut obtenir des charottes ou des cachoux). Et comme le déficit n’est rien d’autre qu’une dette, il est le chiffre exact de ce que la cigale doit emprunter tout de suite auprès de la fourmi prêteuse (si, si, monsieur de La Fontaine, certaines fourmis le sont, à usure), et qu’elle remboursera au fil des années suivantes.

Autrement dit, afficher un pourcentage de déficit par rapport au PIB d’une année donnée, c’est mettre en rapport des échéances à honorer dans les années futures avec la seule richesse produite en l’année origine. En cours de français on prendrait un zéro pointé pour non respect de la concordance des temps, mais là il s’agit d’économie et circulez, y a rien à voir. Lire la suite

Audit citoyen de la dette publique

Le collectif pour l’audit citoyen de la dette publique

 Le Collectif pour un audit citoyen de la dette publique a été constitué en octobre 2011 par des milliers de citoyens, de nombreuses associations et organisations du mouvement social1 qui ont soutenu son appel constitutif, lequel compte aujourd’hui plus de 60 000 signataires. L’objectif du collectif est de déconstruire avec les citoyens le discours dominant et mensonger qui attribue la dette à des dépenses publiques et sociales inconsidérées et prône l’austérité comme seul remède. Il est également de progresser dans la réflexion sur les alternatives indispensables pour faire face à la crise sociale et écologique.

Plus d’une centaine de collectifs locaux se sont formés dans toute la France. Ils regroupent des militants associatifs, syndicalistes et citoyens qui produisent et diffusent des documents, et participent au nécessaire débat sur l’évolution des finances et de la dette publiques. Le matériel et l’expertise citoyenne construits depuis plusieurs mois sont visibles sur le site du collectif, auditcitoyen.org.

Des communes, des collectivités territoriales, asphyxiées par les emprunts toxiques et des restrictions budgétaires insupportables (réforme régressive de la fiscalité locale, gel des dotations budgétaires, faillite de Dexia…), se sont également mobilisées pour réclamer un tel audit.

Au lendemain de l’élection de François Hollande, nous avons écrit à MM. Moscovici et Migaud pour demander que des représentants du mouvement social, d’organisations syndicales, d’associations d’élus locaux, ainsi que du Collectif pour un audit citoyen de la dette publique, soient associés à un audit public de la dette et des finances publiques. Les autorités n’ont pas répondu à cette demande, mais nous la maintenons : un vrai débat démocratique doit avoir lieu autour des origines de la dette et des alternatives à l’austérité qui, comme le montre chaque jour davantage l’aggravation de la crise de la zone euro, est porteuse de lourdes régressions sociales et démocratiques.

L’audit remis par la Cour des Comptes va servir à renforcer le discours gouvernemental sur la nécessaire « rigueur de gauche » et la ratification annoncée du Pacte budgétaire. Cet audit ne cherche donc en rien à éclairer l’origine structurelle de la crise des finances publiques, car un tel examen pourrait amener à remettre en cause la légitimité des politiques d’austérité. C’est pourquoi le Collectif pour un audit citoyen de la dette publique (CAC) publie en même temps un rapport alternatif à l’audit officiel.

Intitulé « Que savons-nous aujourd’hui sur la dette publique en France ? », ce rapport retrace de façon synthétique la genèse de la dette publique dont le poids sert aujourd’hui à justifier les politiques d’austérité. Il détaille le rôle des politiques fiscales de réduction des recettes publiques, menées au nom d’arguments mensongers sur la compétitivité. Il montre comment la dette publique a été engendrée par les contradictions-mêmes de l’ordre économique néolibéral, que les politiques d’austérité ne font qu’aggraver. Il présente une liste des 50 principaux détenteurs de la dette française.

Lire ou télécharger le rapport (format PDF) : Que-savons-nous-sur-la-dette_def-2

Le Collectif Roosevelt 2012

« Chacun de nous peut changer le monde. Même s’il n’a aucun pouvoir, même s’il n’a pas la moindre importance, chacun de nous peut changer le monde » écrivait Václav Havel quelques semaines après la chute du Mur de Berlin.

En 1989, ce sont des femmes et des hommes « sans la moindre importance » qui ont changé le cours de l’Histoire. Vingt ans plus tard, le système néolibéral s’effondre à son tour. C’est à nous, les citoyens, de dire dans quelle société nous voulons vivre. Société d’injustice et de chaos ou société d’équilibre et de convivialité ? A nous de choisir. A nous d’agir.

Dans un article du Nouvel Observateur, Pierre Larrouturou reprend l’appel sous le titre « Crise : l’appel pour un new deal à la française ». Extrait ci-dessous, article entier ici.

Fatalité ou opportunité ? La gauche gagne les pleins pouvoirs alors que notre pays replonge dans la crise et que l’Unedic annonce que « le nombre de chômeurs va augmenter de 400.000 d’ici la fin 2013 » si la croissance tient bon… Or le plus probable est que la croissance ne tiendra pas : aux États-Unis, la dette totale dépasse 360% du PIB et, en Chine, la bulle immobilière explose : les ventes de logement ont baissé de 25% au premier trimestre. « La prochaine crise risque d’être plus grave que celle de 1930 », affirme le gouverneur de la Banque d’Angleterre.

Sans un changement radical de nos politiques, le chômage et la précarité vont exploser. En 2014, une droite dure gagnera les municipales et prétendra incarner l’alternative. Comment éviter ce sinistre scénario ? Comment vaincre la crise ? En s’inspirant de ce qu’a fait Franklin Roosevelt en 1933.

Quand Roosevelt est élu, les États-Unis sont sinistrés mais il change la donne avec une rapidité étonnante. L’activité législative est prodigieuse : en trois mois, Roosevelt fait adopter plus de réformes que Herbert Hoover en quatre ans. Son objectif n’est absolument pas de « rassurer les marchés financiers » mais de les dompter. Et il y parvient.

Pour pousser nos dirigeants à l’audace, nous avons créé le collectif Roosevelt 2012 : avec Stéphane Hessel, Edgar Morin, Susan George, Michel Rocard, Dominique Méda, Lilian Thuram, Bruno Gaccio, Roland Gori, la Fondation Abbé Pierre, Gaël Giraud, la Fondation Danielle Mitterrand, Génération précaire et bien d’autres. Notre objectif est simple : dire la gravité de la crise et avancer 15 solutions que le nouveau président doit mettre en œuvre sans tarder comme Roosevelt en 1933. Si vous partagez notre envie de provoquer un sursaut, rejoignez-nous vous aussi en signant les 15 propositions de réformes sur roosevelt2012.fr.

Pierre Larrouturou 

Télécharger ici le Manifeste Roosevelt 2012 pour en savoir plus : NousAvonsDecideDAgir_collectif-Roosevelt2012

Aller sur le site pour en découvrir beaucoup plus : http://www.roosevelt2012.fr/

 Autour du groupe Roosevelt 2012, ils et elles s’engagent :

Curtis Roosevelt (petit-fils de Franlin D.Roosevelt), Stéphane Hessel, Edgar Morin, Pierre Larrouturou, Claude Alphandery, Bruno Gaccio, Michel Rocard, Lilian Thuram, Cyril Dion, Olivier Berruyer, Caroline Fourest, Robert Castel, Aurélie Trouvé, Arnaud Montebourg (a signé étant député), Jean Launay, Jean-Marc Ayrault (a signé étant député), Etc.

Déjà 74 504 citoyens engagés. Des groupes Roosevelt 2012 se créent à Bruxelles, en Italie et en Espagne.

Le plan de bataille des financi€rs

Le lancement par la société allemande Eurex d’un nouvel outil de spéculation sur la dette française sonne comme un avertissement des marchés financiers en direction des prétendants à la présidence de la République Française. Une sorte d’intimidation qui dit « vous n’avez pas le choix, nous sommes les plus forts, vous devrez vous soumettre à la loi des marchés ». Ces affameurs sans morale ont juste oublié que derrière certains candidats à l’élection se trouve une force qui s’appelle Le Peuple. A ces messieurs-dames qui n’auraient pour toute culture que celle des chiffres et du papier-monnaie, nous les invitons fraternellement à réfléchir à cette phrase de Victor Hugo :

« Rien n’arrête un mouvement dont le temps est venu ! »

Les deux vidéos ci-après ont été réalisées par Les mutins de Pangée

Grèce : « On ne doit rien ! On ne vend rien ! On ne paie rien ! »

Ce reportage d’Olivier Azam a été tourné les 28 et 29 Février 2012.

C’est au cours de la visite de la délégation solidaire de syndicalistes et militants associatifs européens en Grèce, qu’un Mutin de Pangée est allé recueillir quelques témoignages avec sa caméra, notamment sur le piquet de grève de l’aciérie Halivourgia.

« Les Mutins de Pangée » est une coopérative audiovisuelle et cinématographique de production, de distribution et d’édition. Les membres de la coopérative – réalisateurs, producteurs, reporters, techniciens, programmateurs – s’appuient sur leurs expériences communes acquises au sein de la « télévision libre » Zalea TV (1999-2007)

Découvrir et soutenir Les Mutins de Pangée : http://www.lesmutins.org/

De BRICS mais pas de brocs…

Ce n’est pas la France qui a des problèmes : ce sont les marchés ! Petite Info à l’attention de ceux qui se demandent si continuer de s’arrimer au bateau qui coule est la bonne solution. Les pays émergents, eux, n’ont pas l’intention de monter à bord du bateau Austérité.

Le BRICS est une commission qui réunit le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud (South Africa) et elle envisage de ne plus utiliser le dollar dans leurs échanges. La présidente du Brésil Dilma Rousseff, le Russe Dmitri Medvedev, le Chinois Hu Jintao, le Sud-Africain Jacob Zuma et le Premier ministre indien, Manmohan Singh, se sont mis d’accord pour utiliser leurs monnaies pour les échanges commerciaux, les investissements bilatéraux et les activités de financement. Les banques centrales des BRICS ont signé à New Delhi, un accord-cadre en ce sens, sur les facilités de crédit entre les monnaies des cinq pays et une convention multilatérale de confirmation des facilités de crédits. Cela pourrait à terme leur permettre de réduire leur dépendance par rapport au dollar américain, d’éviter les risques liés à la fluctuation des devises internationales et de réduire leurs frais commerciaux. Dans la Déclaration de Delhi adoptée par ce sommet, les cinq pays membres ont exprimé, en outre, leur volonté d’étudier la faisabilité d’une banque de développement commune.

Il faut savoir que les pays du BRICS représentent près de 20% du produit intérieur brut mondial, plus de 15% du volume des échanges mondiaux et environ 75% des devises étrangères. Leur contribution à la croissance économique mondiale dépasse les 50%. A bons entendeurs…