Par Dumont et par veaux…

slogansComme elle le fait chaque année, l’ONG Global Footprint Network a annoncé jeudi 13 août que l’humanité vit désormais à crédit pour sa fourniture en énergie. Un crédit « contracté » auprès de la planète en épuisant des ressources fossiles non renouvelables ou en détruisant des zones au potentiel environnemental important. Ce qui confirme que cette date intervient chaque année un peu plus tôt.

marquesMesurons les progrès accomplis…

C’était en 1974, René Dumont était candidat à la présidentielle. Son idée d’une croissance raisonnée n’était pas dans l’air du temps, les temples de la consommation poussaient comme des champignons, voilà ce que voulait le bon peuple, qui accordera finalement 1% des suffrages à cet homme au pull-over rouge sans cravate et sans langue de bois. Mais le pire au fond restait encore à venir : une humanité de plus en plus destructrice de son écosystème, des aveugles fils d’aveugles qui, encore en 2015, répètent comme des perroquets qu’ « On ne va quand même pas revenir à la bougie » chaque fois qu’on leur parle de sortir du nucléaire. À se demander si 1974 appartient vraiment au passé. Et quand on sait qu’on se dirige allègrement vers 1984…

 

Ce que cache le port de Marseille : la vidéo choc de Sea Shepherd

OMN
La nouvelle campagne de Sea Shepherd a été lancée ce début juillet. Elle s’intéresse à la pollution marine en Méditerranée. Entre le plastique, les déchets, la pollution chimique et le trafic maritime, la Méditerranée est devenue l’une des mers les plus polluées au monde, mais également la plus dangereuse pour les mammifères marins. C’est ce que nous explique l’ONG qui nous ramène une première vidéo choc des fonds marins aux abords de Marseille…

Vidéo à voir ici : https://www.youtube.com/watch?v=q4eDWACR3RM

article à lire ici : https://mrmondialisation.org/ce-que-cache-le-port-de-marseille-la-video-choc-de-sea-shepherd/

La mamie et le sac en plastique

Lue sur la Toile, cette histoire que nous aurions pu titrer « Confit de génération », rapport à ces petites haines recuites qu’on entend malheureusement de plus en plus ( le dernier clash était la chanson de JJ Goldman pour les Enfoirés), qui voudraient que les séniors en général soient responsables de l’état du monde qu’ils laisseraient à leurs enfants. Mais dès lors qu’on veut s’arroger le droit de juger et comparer, il faut tout mettre dans la balance. C’est ainsi que…

A la caisse d’un super marché une vieille femme choisit un sac en plastique pour ranger ses achats. La caissière lui reproche alors de ne pas se mettre à « l’écologie » et lui dit :
« Votre génération ne comprend tout simplement pas le mouvement écologique. Seuls les jeunes vont payer pour la vieille génération qui a gaspillé toutes les ressources ! »
La vieille femme s’excusant auprès de la caissière expliqua :
« Je suis désolée, nous n’avions pas de mouvement écologique dans mon temps. »
Alors qu’elle quittait le magasin, la mine déconfite, la caissière en rajouta :
« Ce sont des gens comme vous qui ont ruiné toutes les ressources à notre dépens.
C’est vrai, vous ne considériez absolument pas la protection de l’environnement dans votre temps ! »
La vieille dame en se retournant admit qu’à l’époque on retournait les bouteilles de lait, les bouteilles de limonade et de bière au magasin, qui les renvoyait à l’usine pour être lavées, stérilisées et remplies à nouveau ; on utilisait les mêmes bouteilles à plusieurs reprises.
À cette époque, les bouteilles étaient réellement recyclées,
mais on ne connaissait pas le mouvement écologique.

De mon temps, on montait l’escalier à pied : on n’avait pas d’escaliers roulants dans tous les magasins ou dans les bureaux. On marchait jusqu’à l’épicerie du coin aussi. On ne prenait pas sa voiture à chaque fois qu’il fallait se déplacer de deux rues.
Mais, c’est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologique.

À l’époque, on lavait les couches de bébé avec du savon ; on ne connaissait pas les couches jetables ni les lingettes.
On faisait sécher les vêtements dehors sur une corde à linge ; pas dans un machine avalant 3000 watts à l’heure.
On utilisait l’énergie éolienne et solaire pour vraiment sécher les vêtements.
À l’époque, on recyclait systématiquement les vêtements qui passaient d’un frère ou d’une sœur à l’autre.
C’est vrai ! On ne connaissait pas le mouvement écologique

À l’époque, on n’avait qu’une TV ou une radio dans la maison ; pas une télé dans chaque chambre. Et la télévision avait un petit écran de la taille d’une boîte de pizza, pas un écran de la taille de l’État du Texas.

Dans la cuisine, on s’activait pour fouetter les préparations culinaires et pour préparer les repas ; on ne disposait pas de tous ces gadgets électriques spécialisés pour tout préparer sans efforts et qui bouffent des watts autant qu’EDF en produit.

Quand on emballait des éléments fragiles à envoyer par la poste, on utilisait comme rembourrage du papier journal ou de la ouate, dans des boites ayant déjà servi, pas des bulles en mousse de polystyrène ou en plastique.
À l’époque, on utilisait l’huile de coude pour tondre le gazon ; on n’avait pas de tondeuses à essence autopropulsées ou auto portées.
À l’époque, on travaillait physiquement ; on n’avait pas besoin d’aller dans un club de gym pour courir sur des tapis roulants qui fonctionnent à l’électricité.
Mais, vous avez raison : on ne connaissait pas le mouvement écologique.

À l’époque, on buvait de l’eau à la fontaine quand on avait soif ; on n’utilisait pas de tasses ou de bouteilles en plastique à jeter à chaque fois qu’on voulait prendre de l’eau.
On remplissait les stylos plumes dans une bouteille d’encre au lieu d’acheter un nouveau stylo ; on remplaçait les lames de rasoir au lieu de jeter le rasoir après chaque rasage.
Mais, c’est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologique.

À l’époque, les gens prenaient le bus, le métro et les enfants prenaient leur vélo pour se rendre à l’école au lieu d’utiliser la voiture familiale et maman comme un service de taxi de 24 heures sur 24.
À l’époque, les enfants gardaient le même cartable durant plusieurs années, les cahiers continuaient d’une année sur l’autre, les crayons de couleurs, gommes, taille crayon et autres accessoires duraient tant qu’ils pouvaient, pas un cartable tous les ans et des cahiers à jeter fin juin, de nouveaux crayons et gommes avec un nouveau slogan à chaque rentrée.
Mais, c’est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologique.

On avait une prise de courant par pièce, pas une bande multiprises pour alimenter toute la panoplie des accessoires électriques indispensables aux jeunes d’aujourd’hui.
ALORS NE VIENS PAS ME FAIRE CHIER AVEC TON SAC PLASTIQUE ET TON MOUVEMENT ÉCOLOGIQUE !

La vieille dame avait raison : à son époque, on ne connaissait pas le mouvement écologique, mais on vivait chaque jour de la vie dans le respect de l’environnement.

Pour le devoir de neutralité à l’école (pétition)

Initiée par la revue La Décroissance, c’est une pétition qui tourne et que nous vous invitons à signer, particulièrement à l’heure où se profile une énième refonte du système scolaire.

tetiere-fontenoySous couvert d’écologie, des grandes entreprises (Bolloré, Euro RSCG, Havas, Carrefour, Hase, etc.) financent l’association de Madame Maud Fontenoy, la “Maud Fondenoy Foundation”. Les thèses de Madame Maud Fontenoy trouvent un large écho dans les grands médias : soutien du nucléaire, du gaz de schiste, des OGM ou de la croissance. Ces thèses vont directement à l’encontre de tout ce qui a été depuis toujours défendu par les écologistes. Madame Maud Fontenoy revendique elle-même « un message différent sur l’écologie » (France 2, 3-4-2015). L’un de ses livres, on ne peut plus clairement intitulé Ras-le-bol des écolos, a été qualifié de « manifeste éco-capitaliste » par l’association Action Critique Médias (Acrimed, 3-3-2014). Des personnalités médiatiques de sensibilités diverses telles que Natacha Polony, Aymeric Caron ou encore le journaliste écologiste Hervé Kempf, ont dénoncé publiquement ce qu’ils considèrent comme une imposture (France 2, 12-4-2014, Reporterre, 26-3-2015). En effet, le discours développé par Madame Maud Fontenoy vise à cautionner l’idée selon laquelle l’idéologie productiviste et consumériste et la protection de la nature seraient compatibles. On comprend tout l’intérêt de grandes entreprises à financer une telle vision de l’écologie.

Derrière un discours présenté comme « non idéologique », « non partisan », Madame Maud Fontenoy professe son idéologie libérale. Elle est une proche de l’UMP dont elle a été candidate aux élections régionales en Île-de-France derrière Jean-François Copé. Elle fut ensuite un ardent soutien de la dernière campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.

Aujourd’hui, avec ses « kits pédagogiques », c’est à l’intérieur même de l’éducation nationale que s’immisce insidieusement la “Maud Fondenoy Foundation”. Ces tentatives d’infiltration des établissement scolaires par des grandes entreprises, par l’intermédiaire de fondations, ne sont pas nouvelles. Des associations de protection de l’enfance ou de lutte contre la publicité les dénoncent depuis longtemps. Nous vous rappelons que dès 1936 l’Assemblée nationale a proclamé l’interdiction absolue de toute publicité à l’école. Ce principe protecteur de l’enfance a été sans cesse réaffirmé, témoignant ainsi de l’existence d’un véritable consensus national sur cette question. Nous vous rappelons le devoir de neutralité de l’école. La “Maud Fontenoy Foundation” et ses sponsors n’y font pas exception. Ils n’ont rien à faire dans les établissements scolaires. Nous vous demandons leur exclusion immédiate des écoles, collèges et lycées.

http://debarquonsmaudfontenoy.fr/

Balade avec Claude Bourguignon

 Sémaphores a déjà présenté Claude Bourguignon et son combat contre les OGM, pesticides et engrais chimiques (http://semaphores.info/2013/08/combattre-les-ogm/). Un combat de longue date pour ce « médecin de la terre », et donc un discours maintenant très rodé. Cette nouvelle balade en sa compagnie est une sacrée leçon d’écologie, pas seulement à l’usage des agriculteurs et exploitants, mais pleine de bons conseils récupérables pour de simples jardiniers.

Interview (écrite) complémentaire ici : http://www.bioalaune.com/fr/actualite-bio/13112/decouvrez-medecins-de-terre-qui-aident-agriculteurs-produits-bio-claude-bourguignon

 

En Quête de Sens

Il s’agit d’un documentaire de 90 mn en cours de montage.

Deux amis d’enfance parcourent le monde à la rencontre de ceux qui pensent et incarnent le monde de demain.
Quand les activistes, les philosophes, les scientifiques ou les chamanes vont dans le même sens, l’avenir apparait tout à coup moins sombre !

Pour que le film sorte en salle et touche un maximum de gens,
Participez à la souscription sur touscoprod.com/enquetedesens
Accompagnez-nous dans l’aventure et recevez le DVD et bien plus !

Un film de Nathanaël Coste et Marc de La Menardière avec : Vandana Shiva, Pierre Rabhi, Frédéric Lenoir, Satish Kumar, Hervé Kempf, Tim Jackson, Marianne Sebastien, Bruce Lipton, Thrin Xuan Thuan, Cassandra Vieten, Arnaud Desjardins, …

Cliquer sur le lien « Watch on Vimeo » pour lancer la bande annonce.

Bande annonce « En Quête de Sens » from Kamea Meah on Vimeo.

Comment ça va, la planète ?

La Terre rencontre une autre planète ; Elles papotent :

« Ça va, toi ? demande l’autre planète.

-Non, je suis pas en forme en ce moment, répond la Terre.

-Ah bon, qu’est-ce que tu as ?

– J’ai l’humanité…

– Bah, t’inquiète pas, ça va pas durer… »

 La planète est malade, et sa guérison semble de plus en plus incertaine. La pression exercée par l’humanité sur les écosystèmes est telle qu’il nous faut chaque année l’équivalent d’une Terre et demie pour satisfaire nos besoins en ressources naturelles, tandis que le déclin de la biodiversité est sans précédent. Ce sont les conclusions alarmantes du Fonds pour la nature (WWF), dans la dixième édition de son rapport Planète vivante, le bilan de santé le plus complet de la Terre.

Résultat : les effectifs de ces espèces sauvages ont décliné de 52 % entre 1970 et 2010. Autrement dit, la taille de ces populations a fondu de moitié en moins de deux générations, ce qui représente un recul beaucoup plus marqué que celui précédemment estimé (– 28 %). Dans le détail, les espèces d’eau douce sont les plus durement touchées avec une chute de 76 % entre 1970 et 2010, contre un déclin de 39 % pour les espèces marines et les espèces terrestres.

Si ce déclin touche l’ensemble du globe, les pertes les plus lourdes sont observées sous les tropiques (– 56 % contre – 36 % dans les zones tempérées). L’Amérique latine est la région la plus affectée (– 83 %), suivie par l’Asie-Pacifique. Au contraire, dans les aires terrestres protégées, l’IPV a diminué de « seulement » 18 %.

Le « dépassement », ou ce jour à partir duquel l’humanité vit à crédit – qui intervient de plus en plus tôt dans l’année – est possible car nous coupons des arbres à un rythme supérieur à celui de leur croissance, nous prélevons plus de poissons dans les océans qu’il n’en naît chaque année, et nous rejetons davantage de carbone dans l’atmosphère que les forêts et les océans ne peuvent en absorber. Conséquence : les stocks de ressources s’appauvrissent et les déchets s’accumulent plus vite qu’ils ne peuvent être absorbés ou recyclés, comme en témoigne l’élévation de la concentration de CO2 dans l’atmosphère.

L’article intégral est ici : http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/09/30/la-terre-a-perdu-la-moitie-de-ses-populations-d-especes-sauvages-en-quarante-ans_4496200_3244.html

Au vu du côté « alarmiste » de ce genre d’article (paru dans Le Monde mais également signalé par Mediapart) nous invitons ceux qui veulent aller plus loin dans la réflexion à aller faire un tour sur le blog suivant : http://www.pensee-unique.fr/news.html

un magasin 100 % sans emballage

Une épicerie de quartier, la Recharge, s’est ouverte dans le centre de Bordeaux. Tous les produits proposés à la vente sont sans emballage. Une initiative prometteuse alors que chaque habitant jette 125 kilos de plastiques et de cartons ménagers chaque année ! Les consignes sont de retour, sans oublier la volonté de maintenir des prix accessibles au plus grand nombre. Un commerce d’avenir.

Cet article a initialement été publié dans le mensuel Campagnes Solidaires.

A 24 et 23 ans, Jules Rivet et Guillaume de Sanderval ont décidé de prendre à bras le corps les problèmes économiques et écologiques auxquels est confrontée leur génération : ils viennent d’ouvrir, ce mois de juillet à Bordeaux, une épicerie locavore et sans emballage. Sans emballage ? C’est ce qui fait l’originalité de leur démarche, bien qu’il s’agisse là d’un simple retour au bon sens. En témoigne l’intérêt manifesté par les anciens du quartier, chagrinés du gaspillage actuel et tout heureux de retrouver les pratiques de leur jeunesse, quand ils allaient à l’épicerie du coin remplir leurs bouteilles consignées d’huile, de lait ou de vin, ou leurs cabas de fruits et légumes.

« Si nous avons pu monter cette épicerie sans emballage, c’est parce que les producteurs sont des locaux, qu’ils peuvent venir nous livrer ou que nous pouvons aller chez eux et rapporter les cageots, bouteilles, sacs ou bidons vides pour les remplir à nouveau », précise Jules. Ainsi les 300 références disponibles actuellement au magasin proviennent d’une quarantaine de producteurs, paysans ou petits transformateurs d’Aquitaine ou de Charente pour la quasi totalité. Local’Halle bio, par exemple, est une structure coopérative qui réunit des producteurs de fruits et légumes situés à moins de 150 kilomètres de Bordeaux. Tous les deux jours, la petite coop livre le magasin et récupère les cageots vides à chaque passage.

De la canette consignée au papier toilette vendu au rouleau…  Lire la suite ici : http://www.bastamag.net/La-Recharge-un-commerce-sans

Depuis hier, l’humanité vit à crédit

Depuis hier, mardi 19 août, la population mondiale a consommé l’intégralité des ressources à sa disposition pour toute l’année 2014. L’humanité a dépassé son quota en ressources naturelles pour l’année un jour plus tôt qu’en 2013. Nous sommes donc entrés « dans le rouge » du déficit écologique. Depuis 2000, ce dépassement ne cesse d’avancer.

D’après les données recensées par le Global Footprint Network, une organisation internationale de recherche environnementale, l’empreinte écologique mesure la quantité de surface terrestre bioproductive nécessaire pour produire les biens et services que nous consommons et absorber les déchets que nous produisons.

Tous les ans, l’ONG Global Footprint Network calcule « le jour du dépassement » : la date à laquelle l’empreinte écologique de l’humanité dépasse la biocapacité de la planète à savoir sa capacité à reconstituer les ressources de la planète et à absorber les déchets, y compris le CO2. Cette date symbolise ainsi un budget disponible épuisé pour l’année.

Aujourd’hui, 86 % de la population mondiale vit dans des pays qui demandent plus à la nature que ce que leurs propres écosystèmes peuvent renouveler, à tel point, nous dit-on, qu’il faudrait une planète et demie pour produire les ressources écologiques renouvelables nécessaires pour soutenir l’empreinte actuelle de l’humanité. Et cinq planètes si le niveau de vie de toute la population mondiale atteignait celui des américains !
Lire ou télécharger l’annonce officielle éditée par le GFN : EOD14french

Honneur aux Verts

Un texte de la revue Vacarme

On a presque tout entendu depuis que la direction d’Europe-Écologie-Les-Verts a refusé la proposition de Manuel Valls de s’occuper d’un grand Ministère de l’écologie et de la transition énergétique, préférant laisser la place à Ségolène Royal : « immaturité politique », « faute politique grave », « absurdité », « boulette royale »… Ce sont des paroles curieuses tant, à la revue Vacarme, cette décision nous est apparue particulièrement salutaire et politiquement juste.

Du moins depuis notre point de vue de citoyens et d’électeurs occasionnels de sensibilités diverses à gauche, donc depuis un point de vue fort éloigné des querelles d’appareils et des combinaisons politiciennes. Non pas que nous croyions qu’une telle décision soit elle-même dépourvue d’arrière-pensées politiciennes — en démocratie, il n’y a pas de politique non-politicienne —, mais parce qu’elle est un peu plus que cela : un bol d’air effectivement salutaire pour toutes celles et ceux qui étouffent dans le climat politique délétère d’aujourd’hui, entre écœurement après deux ans de gouvernement dit « socialiste » et gueule de bois après le 21 avril municipal que vient de connaître ce qu’on appelle encore, faute de mieux, la « gauche ». Lire la suite

Des cultures et des villes

En complément des articles précédents sur les Colibris et autres citoyens partisans de relancer des cultures citadines, voici d’autres angles de vue autour desquels les prétendants à de futurs postes municipaux feraient bien de réfléchir. C’est en tout cas l’invite de Sémaphores : prendre le temps de ces 50 mn qui peuvent faire gagner bien du temps dans l’inéluctable transformation à venir de nos villes et de leur rapport avec la nature. Une nature dont on oublie trop souvent à quel point elle est vitale pour notre santé et notre bien-être.

Du moins avons-nous pensé cela depuis des millénaires, mais des voix s’élèvent en ce début de XXIème siècle pour dire qu’il pourrait s’agir de croyance(s) plutôt que de savoir(s). Il est vrai que le niveau actuel de la science et des technologies qui en découlent pourrait permettre de se passer complètement de terre pour cultiver tous les fruits et légumes de la planète en hors-sol. Si l’on ajoute que les lois de la génétique nous permettent même de créer de nouvelles espèces et variétés, il ne faut pas s’étonner que ceux qui s’intéressent surtout aux espèces sonnantes et trébuchantes développent aussi leur volonté de développer à leur goût ces villes de demain.

Des bâtiments expérimentaux existent déjà par-ci par-là et, depuis les initiatives citoyennes et collectives jusqu’aux multinationales, les idées et les projets fleurissent tous azimuts. Le débat qui s’ensuit est trop important pour être évité. Il est temps de réfléchir à ces nouveaux défis et savoir quel monde on veut vraiment.

Qu’est ce que l’agriculture urbaine ? Une mode ? Un peu de vert pour articles de magazines ?
Est-ce une utopie qui revient nous hanter à espace régulier, ou une expérience pleine d’avenir ? Comment de grandes métropoles comme Paris, New York ou Berlin s’accommodent-elles de la pollution, du manque d’espace et de terre cultivables ?
Dans ce documentaire, on suit plusieurs expériences concrètes. Depuis les adeptes du pâturage des moutons en ville jusqu’aux projets futuristes de fermes verticales, on verra que cette agriculture urbaine accueille toutes les diversités – et des visions parfois difficiles à concilier.

Un documentaire de 53′ produit par AgroParisTech à visionner aussi sur dailymotion

Des cultures et des villes par AgroParisTech

José, reviens !

Nous aurons l’occasion d’en reparler en juillet prochain mais vous pouvez déjà savoir qu’un cortège d’irréductibles objecteurs de croissance partira à bicyclette du McDo démonté de Millau, le jeudi 5 juillet 2012. L’objectif est d’aller chercher José Bové au Parlement européen à Strasbourg. À l’arrivée, prévue autour du 20 juillet, ils remettront ensemble les signatures d’une pétition à l’eurodéputé :
http://www.josereviens.org

Préparez les vélos !

Les oiseaux plastiqués

On connaissait déjà les oiseaux mazoutés, reste à prendre connaissance des oiseaux plastiqués. Dues à Chris Jordan, ce sont des images à la fois très belles et très alarmantes que nous proposons ci-après. C’est aussi une invitation, pour ceux qui ont des enfants, à les regarder en famille et ne pas se retenir de les commenter, les laisser nous entraîner vers un peu plus de comportement éco-citoyen.

MIDWAY : trailer : a film by Chris Jordan from Midway on Vimeo.

La deuxième vidéo est un bon complément pour réfléchir à notre civilisation du plastique. Que les non anglophiles ne s’inquiètent pas de l’absence de sous-titres, les images et la situation parlent d’elles-mêmes.

MIDWAY – Plastic Beach from Midway on Vimeo.

Pour en savoir plus sur Chris Jordan : www.ChrisJordan.com

Pour Eva

Nous reproduisons ici la tribune de Didier Caire, élu Europe Ecologie Les Verts d’Aigues-Mortes qui souhaite rappeler, au-delà des vicissitudes d’une campagne difficile, ce que représente la candidate des écologistes.

 

L’élection présidentielle «à la française» est une institution d’une grande perversité. C’est d’abord un anachronisme, héritage viscéralement anti-démocratique, nostalgie pré-révolutionnaire. Il est d’usage de dire que cette fonction entretient «un lien direct entre un homme et le peuple», comme une double régression : au sens psychanalytique, le désir d’un chef, d’un leader, et au sens politique puisque la modernité démocratique réside au contraire dans l’émergence de formes de médiation, de délégation et de contre-pouvoirs.

Mais l’élection présidentielle (l’érection pestilentielle disait quelqu’un) exerce sur le pays une véritable fascination, tétanise toute pensée. Elle serait, dit-on, l’étalon de mesure de l’importance d’un parti ou d’un mouvement. A l’expérience on sait bien que c’est faux : le mouvement politique de F. Bayrou ne pesait pas ses 18,5% de voix. Mais l’excitation présidentielle, avec son désir d’incarnation et ses passions grégaires avait encore joué, comme pour d’autres avant lui et pour d’autres demain.

La pensée écologiste s’enracine dans la mouvance libertaire anti-autoritaire, dans la critique de tout pouvoir institué. Le mouvement Vert, génétiquement, s’est difficilement structuré pour se garder de l’émergence de meneurs d’opinion, de «leader charismatique». Ainsi les écologistes n’aiment pas la présidentielle qui le leur rend bien : les résultats ne sont jamais fameux.

Pourquoi se présenter alors? Parce que dans le système actuel le parti qui ne présente pas de candidat n’existe pas; parce que pour faire entendre cette critique même du système, et pouvoir le changer un jour, il faut en accepter les règles provisoirement.

Le choix de la primaire interne à EELV illustre parfaitement cette contradiction : tout le monde attendait l’homme jeune, dynamique, médiatique, et c’est la femme presque âgée à l’accent étranger qui a été choisie. Toute l’écologie est là, dans ce choix courageux des valeurs. Dans ce contrepied à la pensée dominante, dans cette proposition sans concession.

Mais pourquoi dans le fond voter Eva Joly? Parce que c’est la candidate de l’écologie et que l’écologie est la seule chose nouvelle qui soit arrivé dans le champ de la pensée politique depuis les années 70. « L’écologie politique est le nouveau paradigme organisateur de la gauche » dit Alain Lipietz.

Et qu’a donc apporté l’écologie en politique?

  • l’exigence de prendre en compte la planète et tous ses habitants comme un tout interdépendant, sous le coup d’une destinée commune et d’une responsabilité partagée;
  • une critique radicale du monde occidental : critique de la «modernité» et du mythe du «progrès», ce veau d’or, pour lesquels une rationalité achevée nous conduirait vers la maîtrise parfaite de la nature et du destin humain; critique de la société sur ses piliers production / consommation / croissance, corollaires de prédation / pollution
  • la reconquête de l’action personnelle, contre les idéologies généralisantes, la capacité pour chacun de se ressaisir du pouvoir de changer le monde, ici et maintenant, par sa seule volonté, par l’expérimentation, la créativité, l’invention de nouvelles relations.

L’écologie a donc découvert, véritablement, et développé les concepts et les idées qui nous permettrons peut-être de résoudre les grandes crises du monde actuel qu’elle seule analyse comme une crise systémique : la misère de tous les déclassés, le creusement des inégalités, la corruption généralisée, les délires de la finance, Fukushima, les désordres climatiques, sont les formes diverses d’une seule et même crise.

Eva Joly est une présence capitale : son visage marqué, son accent étranger, et sa détermination d’acier sont, pour quelques semaines au moins, le visage même de l’écologie.

Sa voix aujourd’hui est faiblement audible : tant pis, ainsi va le carrousel médiatique et son absurde hystérie. Il y a deux ans, le sort du monde se jouait à Copenhague… Pour l’anniversaire de Fukushima, malgré la chaîne humaine, la télé faisait sa une sur le meeting de Villepinte! Nos propositions ne sont pas entendues : ça viendra, plus vite peut-être qu’on le croit.

D’autres candidats sont porteurs d’espoirs que nous partageons en partie. Mais ce qui s’absente quand la voix d’Eva est couverte, et que personne ne remplace, c’est la clef qui permet de comprendre le monde, l’angle d’analyse critique et de décryptage de la société qu’apporte l’écologie politique.

Il y a quelque chose d’un peu grave, comme une responsabilité particulière dans le contexte de cette élection. Chaque voix compte dit-on, c’est une banalité, mais ce que certains ressentent aujourd’hui comme jamais : voter Eva Joly c’est faire acte de lucidité et prendre date pour l’avenir, on se reconnaîtra bientôt. En dépit des aléas des échéances électorales, on s’en souviendra, on aura été de ceux qui en 2012 auront voté Eva Joly.

Didier Caire