Lux Fric

Une fois n’étant pas coutume, les habitué-e-s de Sémaphores voudront bien nous pardonner de céder à un spot de pub. On nous le reprochera d’autant moins que celle-ci est réellement d’intérêt public et devrait plaire à tous ceux qui se demandent…

… Comment bien réussir sa fraude fiscale


Lux Fric: comment bien réussir sa fraude fiscale par EurodeputesEE

Et comme c’est dimanche, un petit bonus ne saurait nuire, c’est pourquoi nous avons sélectionné le fichier PDF suivant à lire et/ou télécharger, véritable guide pour mieux comprendre à bord de quelle galère vous êtes embarqué avec votre banque ou, plus sérieusement, comprendre pourquoi il est temps d’en finir avec le capitalisme. C’est un cadeau Solidaires.

Un fichier clair, net, précis et très pédagogique à faire circuler : PLAQUETTE-BANQUES-SUD-BPCE

 

Remue-méninges en cours…

mis à jour mercredi 27 août

C’est l’heure des universités d’été et autres remue-méninges des partis. L’occasion de donner des nouvelles de ceux qui se bougent pour autre chose que des strapontins et des portefeuilles. (Discours de JL Mélenchon pour le Parti de Gauche, suivi d’une interview d’Eva Joly pour EE-LV, suivi de Pierre Larrouturou pour Nouvelle Donne)

Discours de clôture du Remue-Méninges 2014


« 2017 sera une insurrection ! » – J-L Mélenchon… par lepartidegauche

extrait de l’interview publiée dans le Dauphiné Libéré le jeudi 21 août 2014

Le Dauphiné – Le Front de gauche est-il mort ?

« Le Front de gauche a été un acteur majeur de la dernière présidentielle, donc un tel acquis ne doit pas être dilapidé. Mais le Front de gauche souffre actuellement de n’être qu’un cartel, sans participation populaire. Vous savez, le système actuel n’a pas peur de la gauche, mais il a peur du peuple. Le Front de gauche doit cesser ses palabres entre dirigeants et se tourner vraiment vers le peuple, et le fédérer. Il y arrivera sur des perspectives fortes de rupture avec le système. Il faut trouver les moyens d’en finir avec la monarchie républicaine. Il faut mettre en route la VIe République et la Constituante, cette assemblée dont le travail sera de réorganiser tous les pouvoirs, avec le peuple. »

Le Dauphiné – Un exemple d’action de cette Constituante ?

« Donner aux électeurs la possibilité d’un référendum révocatoire qui leur permettrait de décider si tel ou tel élu peut rester en place. Cela existe au Venezuela ou aux États-Unis. En France, ce serait une vraie bombe contre le système actuel. Et la politique en serait changée du tout au tout.

Le Dauphiné – Il y a quelque temps, vous tendiez la main aux écologistes en citant l’exemple des municipales à Grenoble.

« Ce qui s’est passé à Grenoble est une anticipation qui me fait rêver. L’anticipation d’une gauche sortie des clous de la traditionnelle alliance avec le PS, d’une gauche inventive, d’une gauche fière d’innover et de proposer autre chose. On ne doit pas voir ce qui s’est passé à Grenoble comme une simple péripétie locale. C’est un sentiment qui monte au sein des militants écologistes, je crois. »

La primaire de l’espoir, l’autre primaire de la gauche

Eva JOLY députée européenne Europe Écologie et Julien BAYOU conseiller régional Île-de-France EE-LV 22 août 2014 à 07:42

Et si au lieu d’être obsédés par le socialisme gouvernemental, nous tentions d’ouvrir un autre chemin pour 2017 ? Selon Eva Joly, ancienne candidate à l’élection présidentielle et Julien Bayou, conseiller régional Île-de-France, une alliance politique est nécessaire pour trouver les voies de la confiance populaire.

Mettons les pieds dans le plat. Le progrès écologique et social est en panne. Si la politique conduite par le gouvernement est à ce point éloignée des aspirations de millions d’électeurs écologistes et de gauche, ce n’est pas par hasard. Cette situation est le fruit de la faiblesse et de la division des forces qui réclament une autre politique. Certes, la détermination de François Hollande et de Manuel Valls est grande. Mais elle n’explique pas tout. Le plus déterminant à nos yeux, c’est la responsabilité de celles et ceux qui, réclamant une autre politique, sont incapables de peser politiquement sur le cours des choses. Revenons sur la période écoulée. Deux stratégies étaient possibles : la participation pour faire bouger les choses de l’intérieur (celle que EE-LV a menée en vain), la critique de l’extérieur (celle notamment du Front de gauche). L’une et l’autre ont montré leur limite, échouant à peser réellement sur le quinquennat. Pourtant celles et ceux qui veulent une autre politique ne sont pas condamnés à être minoritaires

En 2017, une candidature pour l’emporter

La vérité, c’est que les forces qui réclament une autre politique sont sidérées par le Parti socialiste. Soient elles s’y rallient, soient elles le fustigent, mais toujours elles en font le centre de leur stratégie politique. Et si au lieu d’être obsédés par le socialisme gouvernemental, nous tentions d’ouvrir un autre chemin pour 2017 ? Lire la suite

Honneur aux Verts

Un texte de la revue Vacarme

On a presque tout entendu depuis que la direction d’Europe-Écologie-Les-Verts a refusé la proposition de Manuel Valls de s’occuper d’un grand Ministère de l’écologie et de la transition énergétique, préférant laisser la place à Ségolène Royal : « immaturité politique », « faute politique grave », « absurdité », « boulette royale »… Ce sont des paroles curieuses tant, à la revue Vacarme, cette décision nous est apparue particulièrement salutaire et politiquement juste.

Du moins depuis notre point de vue de citoyens et d’électeurs occasionnels de sensibilités diverses à gauche, donc depuis un point de vue fort éloigné des querelles d’appareils et des combinaisons politiciennes. Non pas que nous croyions qu’une telle décision soit elle-même dépourvue d’arrière-pensées politiciennes — en démocratie, il n’y a pas de politique non-politicienne —, mais parce qu’elle est un peu plus que cela : un bol d’air effectivement salutaire pour toutes celles et ceux qui étouffent dans le climat politique délétère d’aujourd’hui, entre écœurement après deux ans de gouvernement dit « socialiste » et gueule de bois après le 21 avril municipal que vient de connaître ce qu’on appelle encore, faute de mieux, la « gauche ». Lire la suite

Ce viol permanent de la démocratie

Nous avons déjà parlé (fil précédent) de l’odieux non contrôle du temps de parole des candidats par l’inutile, et donc coûteux, CSA. Voici un petit complément fort instructif, à l’attention des gens honnêtes, ceux qui mettent tout dans la balance avant de se faire une plus juste opinion.

Sur un total de plus de 5 heures de temps d’antenne consacré aux municipales, le Parti de Gauche a disposé de 6 minutes et 57 secondes au total en 5 semaines sur France Inter et France Info. Soit 2% du temps d’antenne ! Des radios publiques ! Le PCF n’a eu que 38 secondes sur France Inter soit 0,35%, pendant que l’UMP, le PS et le FN se partageaient plus de 80% du temps d’antenne.

Les journaux de 13h et 20h de France 2 et France 3 sont édifiants. France 2 et France 3 n’ont jamais, vous avez bien lu : jamais, donné la parole au Parti de Gauche dans ces émissions. France 3 n’a jamais donné la parole au PCF non plus.

Voici un tableau donné par les médias eux-mêmes, Source :http://www.regards.fr/web/temps-de-parole-bfm-la-part-belle,7574

Pas vu à la télé

Voici donc des infos que vous ne trouverez pas ailleurs que sur les blogs du Front de Gauche, et bien sûr avec force détails sur celui de Mélenchon. (Cliquez sur « Pas vu à la télé » et vous y allez droit).

Après 40 ans de présence, le FN a été en mesure (mais on sait avec quelles difficultés) de présenter 594 listes dans tout le pays. Les journaux de révérence comme Le Monde voudraient présenter ça comme un record. Ça tombe mal pour qui a de la mémoire, ce chiffre est à peine meilleur qu’en 1995. Le Front national a présenté une liste dans 450 communes de plus de 10 000 habitants. Et alors ? Qui a remarqué qu’après seulement cinq ans d’existence le FDG y parvient déjà dans plus de 600 ?

De même, il y a un nombre record d’élus lepénistes au premier tour ? Combien ? 473 ! Et au Front de Gauche ? Plus de deux mille. Le Front national gagne une ville au premier tour, Hénin Beaumont ? Le Front de Gauche en gagne 43 au premier tour (L’Huma de lundi en annonce 67). À quoi on pourrait presque ajouter le 68ème, René Revol, dirigeant national du PG, qui a réuni 49,97% des suffrages à Grabels !

Ces chiffres n’ont pas été évoqués une seule fois dans la soirée électorale, ni le lendemain matin, ni midi, ni soir. Il n’empêche que le résultat moyen du FDG est de 11,42 % pour plus de 600 listes. Au total, 308 listes dépassent les 10 %, là où le FN les dépasse dans 316 villes. Huit listes d’écart entre les deux fronts et il faudrait parler de triomphe du FN ? Au bout de 40 ans pour l’un et seulement 5 ans pour l’autre ? C’est ça la vague bleu Marine ? À moins d’avoir la nostalgie du bruit des bottes sous vos fenêtres, ouvrez plutôt les yeux face à l’enfumage médiatique. Que Marine l’ait bien joué, c’est évident, chapeau l’artiste ! Mais grâce à qui ? Honte à ceux-là !

Accessoirement vous pouvez aussi savoir que les 82 listes FDG avec EELV recueillent en moyenne 15,32 % de suffrages. C’est infiniment plus que la moyenne du Front national ! C’est aussi bien davantage que les 9,69 % recueillis par les 95 listes où EELV s’était présentée seule. Il est clair qu’un autre horizon politique se dessine malgré la chape de plomb des enfumeurs. Ça vaut le coup d’y réfléchir. Et bien sûr, on en reparle très bientôt, car on ne lâche rien.

Bonus : petit jeu. Un mélenchon s’est caché dans le dessin ci-dessous. Saurez-vous le retrouver ?

Notre-Dame-des-Landes_le suivi

Les services de l’État s’apprêtent à publier les arrêtés “loi sur l’eau” et “déplacement d’espèces protégées”, étape préalable au lancement des travaux de transfert de l’aéroport dans la campagne nantaise.

Communiqué EELV, le 20 novembre 2013

La Commission européenne a annoncé aujourd’hui avoir jugée compatible avec le droit européen la décision de l’État français d’attribuer une subvention publique de 150 millions d’euros à la Société Aéroports du Grand Ouest chargée de la conduite du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. La délégation des députés EELV au Parlement européen réagit à cette décision distincte de la procédure d’enquête européenne.

« Nous regrettons vivement ce blanc-seing donnée à la France de gaspiller l’argent des contribuables français dans un projet dont l’inutilité a été maintes fois démontrée, au seul motif qu’il ne porte pas atteinte aux règles de la concurrence européenne. Si cette subvention respecte les règles européennes en matière d’aides d’État, le projet n’en reste pas moins contraire aux droits environnementaux français et européens. La Commission européenne prend soin de préciser que sa décision est sans préjudice pour l’enquête qu’elle mène de concert avec la Commission des Pétitions du Parlement européen.

Au fil des auditions et grâce à l’action des élus, des associations et de citoyens mobilisés, la violation de plusieurs lois de la législation environnementale européenne a été mise en lumière. Sont notamment concernées la directive sur l’évaluation des incidences sur l’environnement, la directive cadre sur l’eau, et les directives dites « Oiseaux » et « Habitats »… La Commission, partageant notre analyse d’une potentielle violation du droit communautaire, conduit une procédure précontentieuse dite ’EU Pilot’.

Les pratiques de désinformation des pro-aéroport ainsi que les freins et pressions qui pèsent sur l’enquête européenne témoignent d’un profond irrespect pour le droit des citoyens français à être protégés par le droit européen. Aux côtés des associations et des citoyens mobilisés, les élus EÉLV sont plus que jamais déterminés à faire admettre aux autorités françaises que ce grand projet inutile pour l’économie, coûteux pour les Français et désastreux pour l’environnement doit être abandonné. »

 

Ajout Sémaphores le 22/11/2013

Dans un entretien au quotidien Ouest France, l’ancien dirigeant de compagnies aériennes Jacques Bankir se déclare opposé au projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, considérant le projet « coûteux » et « illusoire ».

L’ancien dirigeant de Régional Airlines plaide pour l’aménagement de l’actuel aéroport Nantes Atlantique, selon lui moins coûteux et plus cohérent avec la configuration économico-géographique de la région. « Je ne suis pas contre les grands projets. Encore faut-il qu’ils soient justifiés. Ici, on engage de l’argent public, on gèle 1 200 ha de bocage, c’est la surface d’Heathrow, premier aéroport européen, 70 millions de passagers… »

Lire l’entretien sur Ouest-France

Transition ou illusion énergétique ?

paru le 10 juillet 2013 |  Par Les invités de Mediapart

Energie nette, Peak Oil et découplage : trois notions malheureusement absentes du débat sur la transition énergétique, regrette Yves Cochet, député européen EELV et ancien ministre de l’environnement : « De quoi s’agit-il et comment expliquer l’ignorance ou la dissimulation de ces questions très politiques au cours des centaines d’heures de discussion (…) depuis six mois ? »

Le débat national sur la transition énergétique s’achève sans que certaines questions fondamentales aient été résolues ni même évoquées. Je pense à trois paramètres d’apparence technique et aux intitulés énigmatiques : l’énergie nette, le Peak Oil, le découplage. De quoi s’agit-il et comment expliquer l’ignorance ou la dissimulation de ces questions très politiques au cours des centaines d’heures de discussion au sein des groupes de travail et du Conseil national du débat sur la transition énergétique depuis six mois ?

L’énergie nette – ou ce que les anglophones appellent Energy Return on Energy Invested (ERoEI) – d’une filière est la quantité d’énergie finalement utilisable une fois retranchée l’énergie nécessaire à la produire et à la rendre disponible. Par exemple, pour injecter quinze litre de SP95 dans le réservoir d’une automobile, combien faut-il de litre-équivalents en amont, depuis l’extraction du pétrole brut jusqu’à la fourniture d’essence à la station-service, en passant par le transport et le raffinage de l’or noir initial ? Aujourd’hui, en moyenne, un litre. Il y a cinquante ans, vingt centilitres auraient suffi. En effet, à cette époque, les champs pétroliers étaient plus facilement opérables, le brut de meilleure qualité, et la chaîne d’approvisionnement moins dispendieuse. Dans toutes les filières, on observe ainsi une baisse tendancielle de l’énergie nette au cours du temps. Jusqu’au point où certaines d’entre elles n’exhibent plus ou pas d’énergie nette et deviennent alors des “ puits d’énergie ” inutilisables. Telles sont souvent les filières des biocarburants qui, pourtant, sont doublement subventionnées par la France et par l’Union européenne, sous la pression des lobbies céréaliers et betteraviers. Quelle déraison ! Bref, la notion d’énergie nette est un outil des plus pertinents pour comparer les filières énergétiques et considérer leurs évolutions. Alors qu’il apparaît indispensable dans toute panoplie de politique énergétique, cet outil est totalement absent des centaines de pages du débat sur la transition énergétique.

Le Peak Oil – ou pic de production pétrolière mondiale – est très controversé. Certains experts nient même que ce phénomène puisse un jour advenir, arguant que la raréfaction géologique peut être compensée par des investissements supplémentaires ou par substitution au pétrole d’un autre fluide énergétique. D’autres experts, au contraire, estiment que le pic de production de pétrole conventionnel est déjà passé depuis sept ans, et que la légère hausse de la production mondiale est due aux huiles non-conventionnelles (sables bitumineux de l’Alberta, huiles extra-lourdes de l’Orénoque, pétroles off-shore profonds…). S’y ajoutent récemment les “ huiles de schiste ” étasunienness (Dakota du nord, Texas) dont on peut pourtant anticiper la décrue prochaine pour cause de non-rentabilité économique et de dévastation environnementale. En outre, certaines institutions observatrices du monde pétrolier incluent abusivement, dans cette addition, les biocarburants, qui ne sont pas des hydrocarbures. Les plus avisées des estimations concernant le passage du pic de production mondial, tous liquides confondus, évoquent les années 2015-2018, suivies d’un déclin continu de l’ordre de 5% par an. Ainsi, dans un rapport récent financé par le Parlement européen, on peut lire : « La probabilité est très forte de voir l’offre pétrolière se réduire avant 2020 » ; puis « l’Europe est très vulnérable à un choc énergétique ». En mars 2013, l’Energy Watch Group, formé d’universitaires allemands, décrit le Peak Oil et la déplétion consécutive en ces termes : « La production mondiale totale d’énergie fossile est proche de son pic. Le déclin imminent de l’offre pétrolière créera un écart grandissant avec la demande que les autres combustibles fossiles (charbon, gaz) seront incapables de compenser ». L’armée américaine et certaines compagnies de réassurance, qui ne sont pas connues pour leur humour ou leur militantisme décroissantiste, ont récemment publié des études alarmistes sur les conséquences politiques d’un Peak Oil proche.

Enfin, on emploie le terme “ découplage ” pour indiquer la possibilité d’une croissance du PIB sans croissance de la consommation d’énergie. Cependant, en moyenne depuis 1970, chaque augmentation de 1% du PIB mondial a été accompagnée d’une augmentation de 0,6% de la consommation d’énergie primaire. Autrement dit, malgré les progrès techniques et l’amélioration de l’efficacité énergétique, il y a une corrélation positive entre activité économique et énergie depuis quarante-trois ans. Or, dans tous les scénarios examinés lors du débat sur la transition énergétique, le contraire est affirmé pour les trente-sept ans à venir. Il est ainsi écrit que, à l’horizon 2050, la France réussira le tour de force inédit dans l’histoire de diviser par deux sa consommation d’énergie tout en multipliant par deux son activité économique. Consommation d’énergie -50%, PIB +100% ! Je suis disposé à écouter longuement tout économiste, politicien ou autre expert, susceptible de me démontrer la plausibilité de ce scénario. Plus sérieusement, je crains que cette dernière fantaisie, ajoutée aux précédents oublis de l’énergie nette et sous-estimation du pic, ne discrédite complètement la transition énergétique et le prochain projet de loi afférent.

 Ignorance ou dissimulation de ces trois paramètres nécessaires à la compréhension du monde énergétique et, au-delà, à l’analyse de la catastrophe multiforme de laquelle s’approche la planète ? Dans les deux cas, hélas, le volontarisme politique féliciste du gouvernement se heurtera à l’inévitable réalité des lois de la thermodynamique.

Gardarem lou Pagnol !_ suivi d’actu

*=*=*=*=*=*=* Aux lecteurs qui prennent en route : nous avons regroupé ici toutes les infos relatives au problème de la gestion et du devenir du cinéma Marcel Pagnol d’Aigues-Mortes. Cet article sera remis en avant à chaque évolution de la situation.*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=

dimmanche 14 juillet 2013

mails reçus à Sémaphores à l’attention de ceux qui luttent à Aigues Mortes

 » 210000 entrées, ils ont peur de rien à la mairie d’Aigues Mortes même pas du ridicule !!! Le « savoir-faire » de Culturespaces-Suez se passe de tout commentaire. Continuez votre combat. »  Jean-Michel R.

« Ne lâchez rien, vous menez le vrai combat pour conserver à Aigues-Mortes une indépendance culturelle, qu’il ne faut jamais laisser entre les mains d’industriels prêts à tout « marchandiser », en se réservant le droit de laisser l’ardoise à la collectivité, si la rentabilité n’est pas suffisante à leur goût. Comment une mairie « socialiste » peut-elle se conduire ainsi, alors qu’elle doit soutenir tous ces bénévoles et responsables associatifs, qui pendant vingt ans ont fait vivre une culture ouverte à tous à Aigues-Mortes. »  Jacques C.

Dimanche 30 juin 2013

Ouvrir et Lire ici le tract informatif diffusé par M ; le maire Cédric BONATO :info du maire

Réponse du Collectif Gardarem lou Pagnol

Les mauvais comptes de la mairie – les dessous d’une convention

La commune diffuse un tract qui accumule les contre-vérités et dissimule les coûts réels et les risques financiers de la privatisation du cinéma Marcel Pagnol.

Le cinéma n’est pas menacé : la fréquentation du cinéma Marcel Pagnol est stable. Le budget de l’association AGEPT est équilibré et bénéficiaire en 2012. « Entre 1999 et 2008, le nombre de cinémas dans les villes de moins de 10 000 habitants en France a augmenté, passant de 504 à 514. » (source : CNC, L’évolution de l’économie des salles de cinéma, octobre 2009).

Le cinéma ne coûte pas cher : la commune avance le chiffre invérifiable de 78 224 euros. C’est 0,7% du budget de fonctionnement de la commune. Les communes comparables à la nôtre consacrent 8 à 10% de leur budget à la culture, soit 1 million d’euros (source : Ministère des Finances).

Les 300 000 euros de travaux ne sont pas justifiés : la loi handicap ne concerne pas le cinéma Marcel Pagnol qui possède déjà un accès pour les personnes à mobilité réduite.

Avec Culturespaces, le coût pour la commune va augmenter :

  • La fréquentation touristique de la salle va multiplier par 10 la part des dépenses d’entretien, ménage, eau, électricité, et la dégradation des fauteuils et moquettes, installations et matériels, à la charge de la commune (art. 7.2).
  • Administration, sélection des films, vente des billets : l’association AGEPT mobilise 15 bénévoles, soit l’équivalent de 50 000 euros de frais de personnel. Demain ce sera à la charge de la commune si le cinéma est repris en régie.

Les termes de la convention sont inacceptables :

  • Une redevance annuelle dérisoire de 5 000 euros pour 100 000 billets vendus (= 500 000 euros de chiffre d’affaire) (article 9).
  • Une durée de 15 ans, soit 2 fois et demi le mandat d’une municipalité, et sa prolongation est déjà envisagée (art.7.2)

Quel est donc le « savoir-faire » de Culturespaces-Suez ?

Parmi les 11 sites qui lui ont été confiés on trouve :

  • Théâtre antique d’Orange : le rapport des magistrats indépendants de la Cour des Comptes (2011) détaille la gestion Culturespaces : promesses et engagements non tenus en investissement, fréquentation, tarifs… Comptes-rendus invérifiables, comptes incomplets, frais non justifiés… des créneaux horaires nouveaux ont été nécessaires empiétant sur la programmation de la commune. En cause : baisse de la fréquentation touristique.
  • Site de la bataille de Waterloo : gestion Culturespaces depuis 2004. Ils se retirent en 2013 en exigeant des indemnités. En cause : baisse de la fréquentation touristique.
  • Château de Valençay (Indre) : après 11 ans de gestion, Culturespaces la rend aux communes en 2008. En cause : fréquentation insuffisante.

Et à Aigues-Mortes demain ?

Si la fréquentation touristique est insuffisante la société peut s’en aller au bout de trois ans et tous les investissements, travaux, équipements ou matériels sont remboursés par la commune (article 14.2). Ainsi Culturespaces promet beaucoup (avec des prévisions fantaisistes, 100 000 ? 200 000 entrées ?…) mais si elle ne remplit pas son contrat, tous les risques d’une mauvaise exploitation sont financièrement assumés par la commune.

L’arrivée de Culturespaces-SUEZ enterre pour 15 ans l’espoir d’un projet de développement de la salle du cinéma au service de la culture, du savoir, de la réflexion et de l’animation de la société locale par la rencontre conviviale et le débat.

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Samedi 29 juin

Anne-Marie M. est projectionniste au cinéma Marcel Pagnol. Comme tous les signataires de la pétition et les membres du Collectif « Gardarem lou Pagnol » elle se pose des questions

« Je viens de prendre connaissance de la convention proposée par le maire à l’AGEPT et je trouve inconcevable la rédaction (ponctuée de fautes d’orthographes) si l’on met en parallèle la convention signée par le maire avec Culturespaces (sans faute d’orthographe) cette dernière offre tout à Culturespaces sans restriction, ni menace, alors que celle concernant l’AGEPT est truffée d’interdictions (notamment concernant la diffusion de la culture).

Cette convention nous met, entre autre, en garde sur nos relations avec le voisinage (qui au cours des 25 ans d’exploitation de l’AGEPT ne s’est plaint que de l’insonorisation insuffisante de la salle municipale) etc….

Cette convention est placée sur nos têtes brandissant la menace permanente d’être mis à la porte si nous n’avons pas le comportement souhaité par Monsieur le Maire. On se croirait devant un règlement scolaire expliquant toutes les sanctions qui seront appliquées aux fortes têtes, pouvant aller jusqu’à l’expulsion de l’établissement.

Les Aigues-Mortais ne méritent-ils pas les mêmes égards et la même politesse que ceux témoignés à une société venant implanter son commerce dans la ville ?

Qu’est ce qui autorise le maire à traiter l’Aigues-Mortais avec aussi peu d’égards en bafouant une association (qui depuis sa création n’a eu aucun problème de quelque ordre que ce soit ni avec lesvoisins ni avec les précédentes municipalités gauche ou droite) en lui imposant de ramper à ses pieds et à venir manger dans sa main pour avoir le droit de continuer à exister.

Je suis personnellement outrée d’être traitée ainsi par celui qui est censé nous représenter et non pas nous diminuer.

Les habitants d’Aigues-Mortes ne sont pas des demeurés auxquels on va projeter pendant 15 ans pour leurs faire plaisir, dixit le maire, un film historique de bonne qualité HD, il est peut-être prévu qu’au bout de quelques années on fredonne dans les rues la musique du film (pour rendre notre ville plus authentique) !

Aigues-Mortaise d’adoption et heureuse de l’être je maintiens et signe que notre culture passe par autre chose qu’un film historique en boucle, Monsieur le Maire devra trouver autre chose pour me convaincre. »

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Cinéma Pagnol : Le Maire d’Aigues-Mortes fait le forcing

Le 20 juin, le Maire a adressé un courrier au Président de l’AGEPT pour lui proposer une nouvelle convention.Il l’invite à venir en Mairie le jeudi 27 juin, à 17 h, pour lui faire part de son acceptation ou des demandes de correction de la nouvelle convention.

Le Maire fait le forcing. Il veut mettre en demeure le président de l’Agept de signer une nouvelle conventionqui n’est pas la convention tripartite voté en octobre par le Conseil Municipal…

… C’est dire que toutes les décisions prises sur cet affaire par le Conseil Municipal deviennent caduques…

Le Maire a un besoin impératif d’arriver rapidement devant le conseil municipal en pouvant dire: “ça y est j’ai trouvé un accord avec l’AGEPT”…

Cultuturespaces 15 ans / AGEPT 3 ans.

Cette nouvelle convention entre la Mairie et l’AGEPT, qui n’est que pour 3 ans, remplacera la convention actuelle qui, elle, était reconduite tacitement.

Tout débat politique ou culturel hors projection de film sera interdit.

Il est à noter que, pour financer le numérique, l’AGEPT a recouru à un prêt de 10 ans…. 

Quant à la convention avec Culturespaces c’est un véritable parcours du combattant pour en prendre connaissance.

C’est dire l’importance de la réunion de ce

mercredi 26 juin à 18 h, au cinéma Marcel Pagnol.

Le collectif “Gardarem lou Pagnol” y invite tous les Aigues-Mortais.

Et Sémaphores invite les Graulens et les Saint-Laurentais à se sentir plus concernés et solidaires.

ndlr: tout le reste du dossier se trouve après la balise  Lire la suite

l’AyrautPort et Notre Drame d’holLandes

Répression en cours à Notre Dame des Landes… Silence radio ou presque des grands médias censés nous informer…

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Aéroport Notre-Dame des Landes : la violence doit cesser

Communiqué EELV du 30 octobre 2012

Alors que l’État poursuit avec violence ce qu’il appelle une opération de « nettoyage » sur le site de Notre-Dame-des-Landes, Europe Écologie Les Verts exige l’arrêt immédiat des opérations de destructions en cours et appelle au retour à la raison. L’avis de la commission d’enquête paru vendredi dernier est en fait un véritable coup d’arrêt au projet.

EELV condamne l’évacuation de personnes, la destruction de maisons, la dégradation de cultures et les atteintes à l’environnement. L’entêtement irraisonné du gouvernement à poursuivre cette démonstration de force ne pouvait que produire l’escalade de violence à laquelle nous assistons et qui a ce matin encore provoqué des blessés.

La Commission d’enquête interdit le démarrage des travaux

Pour qui sait le lire, l’« avis favorable » de la Commission d’enquête en charge de l’examen des dossiers d’autorisation relatifs à la Loi sur l’Eau porte en fait un véritable coup d’arrêt au projet de nouvel aéroport. La Commission a en effet émis deux réserves de taille à la poursuite des procédures, et demande expressément que les travaux ne commencent pas avant que celles-ci n’aient été levées.

La première réserve concerne la méthodologie proposée pour compenser les préjudices écologiques générés par la construction du nouvel aéroport. La Commission d’enquête souligne son caractère « très expérimental » et demande qu’un comité scientifique puisse étudier de près ce qui est proposé par le maître d’ouvrage.

La seconde réserve met le doigt sur l’absence de maîtrise foncière des porteurs de projet : sans un accord clair avec la profession agricole, elle souligne qu’aucune garantie n’est apportée à la mise en œuvre des mesures compensatoires annoncées.

Et la Commission d’enquête insiste sur l’urgence de lever ces deux réserves avant le début des travaux, qui entraineraient des dommages irréversibles.

Un passage en force

Pour Europe Écologie Les Verts, l’avis de la Commission d’enquête doit ouvrir les yeux aux porteurs du projet. L’État doit cesser immédiatement les destructions en cours, qui créent la situation irréversible que craint la Commission d’enquête, dans un processus de passage en force mis au service d’un projet inacceptable.

Assuré que les réserves émises par la Commission d’enquête ne pourront être levées dans la situation actuelle, Europe Écologie Les Verts lance un appel à la raison et à la réflexion collective sur un projet alternatif et sensé !
Appel à une grande mobilisation de terrain

D’ores et déjà, Europe Écologie Les Verts appelle à la poursuite de la mobilisation contre ce projet inutile sur le terrain et invite toutes les organisations associatives, syndicales et partis politiques à s’unir pour une action de plus grande ampleur.

Elise LOWY, Jean-Philippe MAGNEN, Porte-parole EELV

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Notre Dame des Landes : c’est « l’Ayraultport » qu’il faut expulser !

Publié le 30 octobre 2012 – 17:43 communiqué d’ ATTAC France

Ce matin, depuis 8 h, des centaines de gardes mobiles tentent d’expulser les habitants du lieu-dit La Saulce à Notre Dame des Landes et continuent de détruire des maisons occupées. Ils rencontrent une résistance déterminée de la part des habitants et des citoyens venus les soutenir. Attac France condamne la répression employée face à cette résistance légitime. Elle soutient la lutte des opposants face aux appétits dévastateurs de la multinationale Vinci et exige l’arrêt immédiat des expulsions et des destructions.

Les forces de l’ordre mobilisées sont disproportionnées et n’hésitent pas à utiliser la violence, en témoigne ce qui est arrivé à Geneviève Coiffard-Grosdoy militante d’Attac, dangereuse « anarchiste » de 65 ans pour 1m50 ! Le 24 octobre dernier elle tentait de filmer la destruction du toit de la maison de la Gaîté. Elle s’est fait « maîtriser », puis violemment arracher son caméscope au prix d’une fracture du doigt et de 21 jours d’ITT (interruption totale de travail).

Malgré cette violence, les opposants à l’aéroport sont de plus en plus nombreux à se mobiliser. La solidarité s’organise : depuis plusieurs jours, des centaines de personnes apportent nourriture, vêtements, et matériel, pour participer à cette lutte. Des gens du coin, mais également des gens venus de loin, car la mobilisation face à ce projet d’aéroport, écologiquement désastreux, budgétairement stupide et socialement injuste prend une dimension nationale.

Cette lutte exemplaire, vieille de plusieurs dizaines d’années, devient jour après jour un symbole de la résistance à un modèle de développement destructeur de la nature et des liens sociaux. Un modèle au service de la rentabilité des capitaux, puisque c’est pour installer « l’Ayraultport de Vinci » que des centaines de personnes vont être expulsées, des paysans mis sur la paille et des milliers d’hectares de bocage massacrés.

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Voici le témoignage de Geneviève, militante d’Attac citée dans leur communiqué :

Chers amis
vers 16h sur la zone, un couple de paysans chez qui j’envoyais des mails a reçu un appel d’un voisin : il a été témoin du fait que les gendarmes avaient cisaillé des barbelés et barrières, et dispersé des génisses (ils font volontairement des dégâts pour en accuser ensuite les ’squatters’) J’y suis allée avec les copains pour regrouper les bêtes et prendre des images.

Je fais court sur les circonstances, mais je me suis fait arracher mon caméscope, et fracturé la main gauche (je ne voulais pas lâcher l’appareil). Nous avons, non sans mal, récupéré le caméscope. Je suis ensuite allée voir le toubib pour constatations (il était alors presque 19h), avec des radios à faire ensuite.

Étonnant tout de même que ces gros ‘poulets’ aux hormones, soi-disant formés au maintien de l’ordre et à assurer notre ’sécurité’, soient incapables de maîtriser sans dégâts une nana de 65 ans, 1,53 m de haut et parfaitement non-violente…

En attendant, je ne suis plus sur la zone, et je tape avec la main droite et un doigt de la gauche.
Je vais bien… dans ma tête et mes pompes… ni héroïne…, ni martyre… juste (très légère) victime conjoncturelle de la répression policière.

La solidarité continue.

PS. j’ai une fracture, et 21 jours d’interruption temporaire de travail, et bien sur je vais porter plainte, à 21 jours, ils auront du mal à classer sans suite ; la nouvelle peut circuler.

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Pour rappel : Une vidéo du 7 septembre 2012, à NDDL, avec la participation de Pascal Durand.


Pascal Durand NDDL 7 septembre 2012 V2 par JeanMichelBraud

Quelques éléments économiques, par Jean Gadrey, professeur émérite d’économie à l’Université Lille :

L’AyrautPort de NDDL ou la destructrice folie des grandeurs des barons locaux

Tout est à jeter dans ce projet démesuré et destructeur, qui a débuté en… 1963, à l’époque du Concorde. Un projet auquel Jean-Marc Ayrault entend, depuis les années 1990, voir son nom attaché. Veut-il entrer dans l’histoire à reculons en imposant par une occupation policière un projet largement rejeté, sauf par le « business as usual » ? Il existe d’autres façons de marquer son temps.

1) L’avenir du transport aérien dans un contexte de pic du pétrole et de montée inéluctable de politiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre est sombre, ce que veulent ignorer les avocats du projet, qui croient à l’avenir radieux du low cost (des champions du travail low quality) en fermant les yeux sur ces arguments.

Pour être à la hauteur des données du GIEC, ce qui n’éviterait pas un réchauffement déjà très marqué, mais pourrait permettre de ne pas franchir des seuils catastrophiques pour l’humanité, la France et l’Europe devraient diminuer leurs émissions de GES de 40 % d’ici 2020 et de 90 % d’ici 2050. Il faudra donc planifier une décroissance nette du transport aérien, énorme émetteur par kilomètre et par passager : en gros, un kilomètre en avion émet, par passager, autant qu’un kilomètre en voiture si vous êtes seul à bord.

2) Les aéroports surdimensionnés qui fonctionnent avec un trafic insuffisant sont légion en Espagne et dans les pays du Maghreb. Mais il en existe en France aussi, par exemple celui d’Angers, qui fonctionne à 15 % de sa capacité, à 36 minutes de Nantes en TGV. Quant à l’aéroport actuel, il n’est pas saturé. Oui, il engendre des nuisances sonores. Mais les opposants au projet proposent une très raisonnable réorientation de la piste de l’aéroport actuel, supprimant le survol de Nantes. Et puis il y aura de moins en moins de vols aériens dans les décennies qui viennent… si on mène une vraie politique de transition écologique et sociale, réductrice d’innombrables autres nuisances.

3) La population régionale n’en veut pas. Avec toutes les limites des sondages en ligne, Presse Océan a obtenu récemment 60 % de contre et 37 % de pour, sur 4000 votants, chiffres arrêtés au 17 octobre 2012. D’autres sondages d’années précédentes indiquent une semblable opposition. Par ailleurs, au niveau national, un sondage BVA du début 2010 montrait qu’une large majorité de Français (71%) estimait en général « inopportun » de construire de nouveaux aéroports en France. Quant au défunt Grenelle de l’environnement, ses conclusions prévoyaient de ne pas augmenter les capacités aéroportuaires en France.

4) Le coût du projet est notoirement sous-estimé. Si l’on y met vraiment tout, les dessertes et autres infrastructures (ferroviaires, etc.), c’est peut-être à l’arrivée un projet coûtant entre 2 et 3 milliards d’euros (4 milliards selon le Canard enchaîné), dans un contexte d’endettement à risque des collectivités. N’ont-elles pas mieux à faire de que financer de grands projets largement nuisibles ?

5) Ce sera, dit-on un aéroport écologique ! Cela me fait penser à Rama Yade, alors Secrétaire d’État aux sports, qui voulait promouvoir un circuit de Formule 1 « vert »…

Les Amis de la Terre ont décerné les 4ème Prix Pinocchio du développement durable le 17 novembre 2011. Près de 13 000 internautes se sont exprimés. Vinci a obtenu 43 % des votes pour ses efforts de « verdissement » du projet d’aéroport de NDDL. Afin de compenser la destruction massive de terres agricoles, Vinci se contente de créer un observatoire agricole, une ferme de démonstration en face des parkings et une AMAP afin d’« encourager l’agriculture durable » …

6) En fait, plus de 2000 ha de terrains agricoles seraient sacrifiés, au moment où il faudrait rapprocher les zones de production maraîchère des grands centres urbains.

7) Un collectif d’élu-e-s opposé-e-s au projet a été créé en juin 2009. Il réunit actuellement près de 1000 élu-e-s de familles politiques diverses. Ce collectif a financé une étude économique réalisée par un cabinet d’étude indépendant dont la conclusion est sans appel : le projet ne se justifie pas non plus économiquement.

Voici juste quelques extraits (vous pouvez télécharger le fichier pdf via ce lien etudenddl.pdf, il fait 50 pages) :

« Tous les scénarios sur lesquels les projections sont fondées supposent que les coûts de l’aviation vont continuer à décroître dans les prochaines décennies. »

« Une analyse des données de trafic des aéroports européens montre que le nombre de passagers par vol à Nantes Atlantique est plutôt faible pour un aéroport de cette taille. »

« En corrigeant la valeur extrêmement élevée donnée au temps et en tenant compte des projections sur le prix du pétrole et de l’introduction de l’aviation dans le marché européen des quotas d’émissions (ETS), LES COUTS D’UN NOUVEL AEROPORT A NOTRE DAME DES LANDES SONT SUPERIEURS AUX BENEFICES… Si, en outre, les coûts de construction sont 40 % plus élevés que prévu, ce qui est la moyenne des dépassements de coûts pour ces travaux d’infrastructures importantes, les coûts excèdent très largement les bénéfices. »

« En résumé, sur la base de cette étude, l’optimisation de Nantes Atlantique apparaît plus génératrice de richesses pour la France que la construction d’un nouvel aéroport à Notre Dame des Landes. »

8) Preuve de plus du déni de démocratie, il y a quelques jours, plus de 1 000 gendarmes et CRS ont été déployés pour expulser violemment quelques dizaines de personnes, détruire quelques maisons occupées, saccageant bocage et zones humides.

9) Et pourtant, sur place, ce ne sont pas les « petits projets utiles » qui manquent, ni les bras et les têtes pour les faire vivre : agroécologie, AMAP, circuits courts, relocalisation d’activités économiques et sociales, monnaies locales, expérimentations et transitions énergétiques, habitats groupés et écologiques, préservation des semences paysannes…

Source : http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/ayrautport-de-nddl-ou-la-destructrice-folie-des-grandeurs-des-barons-locaux/

Autre blog intéressant et documenté : http://www.superno.com/blog/2012/10/assourdissant-silence-mediatique-sur-la-guerre-civile-contre-lecologie-a-layraultport-de-notre-dame-des-landes/

Comment ça va, l’Europe ?

 Espagne

 Malgré de fortes réticences, bon nombre de médias ont dû se résoudre à parler de la manif du 25 septembre en Espagne. C’est que l’analyse de l’événement oblige à réaliser qu’il ne s’agit plus de simples manifestations mais que les mouvements des peuples européens prennent l’allure d’une insurrection. Sur les banderoles dressées à Madrid les revendications témoignent de l’exaspération et de la colère. « Ras-le-bol », « Assez », « Gouvernement, démission ! », « Non au 4e Reich !».

Certains observateurs considèrent que ce 25-S marque une radicalisation du mouvement, même si pour l’instant c’est plutôt la répression policière qui vient de franchir une nouvelle étape, voir la vidéo ci-après. Qui plus est, on apprend que les débordements ont été provoqués par des policiers infiltrés, habillés en simples civils manifestants et faisant mine d’arborer des drapeaux rouges, les vidéos accablantes circulent sur le net (liens plus bas). On peut parier que s’il n’y avait pas eu tant de blessés, nos télés nationales n’auraient pas concédé la moindre image, comme ce fut le cas pour la manifestation au Portugal où plus d’un million de personnes sont descendues dans la rue le 15 septembre, bel exemple pour un pays qui compte 10 millions d’habitants, soit 10 % de la population.

Une très belle photo qui prouve qu’il y a force et force ! Avis aux robocops !

Un site où retrouver la journée du 25 en détails : http://actualutte.com/25s-le-direct/

Et pour les hispanisants : http://www.tercerainformacion.es/spip.php?article41808

Grèce

Alexis Tsipras, leader du parti grec anti-austérité Syriza, a plaidé jeudi au Parlement européen, à Bruxelles, pour la tenue d’une « conférence européenne sur la dette (…) en vue de déprécier une grande partie de la dette, comme cela a été fait pour l’Allemagne en 1953 ».

En amont d’une rencontre avec le président du Parlement, l’Allemand Martin Schulz, Tsipras a insisté : « Nous avons un problème commun, nous devons trouver des solutions communes ».

Interrogé sur les manifestations en Grèce il a remis les pendules à l’heure : « Les télévisions ont retenu ces incidents isolés. (…) La population grecque est restée contenue dans son comportement, en dépit des attaques qu’elle subit. Les images que vous avez vues, on les a vues aussi en Espagne aux portes du Parlement, on les verra peut-être à Paris dimanche (lors de manifestation contre le nouveau traité européen – ndlr), ou dans d’autres pays. »

source Mediapart

Allemagne

Blockupy 2012, Ce n’était qu’un début, nous revoilà !

« Les journées d’action de Blockupy de Mai 2012 ont représenté un tournant en Allemagne. Lors de ces manifestations qui dénonçaient la gestion de la crise en Europe, Blockupy a lancé des actions massives et internationales de désobéissance au cœur même du monde de la finance, à Francfort sur le Main.

Un des mots d’ordre : « Résistance contre l’austérité de la Troïka et du gouvernement – pour une solidarité internationale et une démocratisation de tout domaine de la vie ».

 Le défi que représente ce mouvement pour les responsables du gouvernement du land de la Hesse – et pour la police – fut tel qu’ils ont interdit pratiquement toute manifestation et ont instauré un état d’urgence préventif à Francfort afin d’imposer ces interdictions absurdes. Or voilà qu’aujourd’hui la ville de Frankfort bloque à nouveau Blockupy. Le service du maintien de l’ordre de Francfort interdit l’érection d’une tente d’information dans le centre ville.

Nouvel avis d’action est lancé : le 20 octobre 2012 à partir de 12 heures, prenons la ville !

En savoir plus :  http://blockupy-frankfurt.org

France

Le grand rendez-vous de solidarité avec les autres peuples européens aura lieu le 30 septembre, essentiellement à Paris mais aussi partout ailleurs où ce sera possible. Nous avons déjà fait mention des appels en provenance des partis composant le Front de Gauche, en voici d’autres qui témoignent de l’ampleur de la mobilisation.

D’abord quelques mots du président d’ATTAC-France à l’attention de ceux qui se demanderaient encore pourquoi manifester.


Pourquoi manifester le 30 septembre, 2012 par BTrenaissance

Communiqué des organisations CGT, FSU, Solidaires, UNEF

Les organisations CGT, FSU, Solidaires et UNEF réaffirment ensemble leur opposition à la ratification du Traité européen sur la stabilité, la coordination et la gouvernance qu’elles jugent économiquement inefficace et socialement injuste.

Si ce Traité devait être ratifié, il institutionnaliserait de fait l’austérité et enfoncerait les États dans une crise durable. Ce Traité pèserait de manière négative sur leurs politiques et leurs programmations budgétaires. Il aurait des conséquences lourdes sur l’emploi, le pouvoir d’achat, les services publics… pour l’ensemble des salariés, des jeunes, des retraités et privés d’emploi, et particulièrement pour les femmes.

Le Traité continuerait et accentuerait la logique des indicateurs absurdes hérités du Pacte de stabilité et de croissance de 1997 (limitation à 3% du déficit et 60% de la dette) sans tenir compte des cycles économiques et de la crise actuelle.

L’austérité n’est pas la solution face à la crise. Il faut sortir de la logique de réduction des dépenses publiques et trouver de nouvelles recettes pour des investissements productifs et socialement utiles. L’alternative à ce TSCG repose donc notamment sur la redistribution des richesses et une réforme fiscale d’ampleur.

A l’opposé de ce Traité, l’Europe a besoin d’une nouvelle politique économique et sociale, créatrice d’emplois de qualité et favorisant le pouvoir d’achat. Une Europe fondée sur la démocratie, les solidarités, la justice sociale et le souci de la transition écologique.

Aucun débat démocratique n’a eu lieu avec les citoyens.

Les organisations CGT, FSU, Solidaires, UNEF demandent aux parlementaires de ne pas voter ce Traité. Elles poursuivront la campagne, et notamment celle initiée par le Collectif audit citoyen de la dette, pour alerter et mobiliser sur les dangers de ce Traité et porter d’autres alternatives.

L’Appel des 100 écologistes contre le traité austéritaire

Des militants écologistes proches du Front de gauche et d’EELV s’associent pour prendre position contre la ratification du traité de stabilité budgétaire européen et appeler à la manifestation nationale du 30 septembre. Selon eux, le texte rendra impossibles toutes propositions et investissements publics en faveur d’une politique d’écologie sociale.

Pour nous, militant(es) écologistes, la transition écologique et sociale ne peut en aucun cas passer par l’austérité et la réduction des acquis sociaux, pas plus que la répartition des richesses ne peut attendre une improbable et destructrice croissance du PIB. Il y a urgence !

Comment mener la transition écologique et parvenir à 60% de réduction des gaz à effet de serre en 2040 en se contentant de « réguler » le marché européen des quotas carbone, en poursuivant les grands projets inutiles et imposés, ou en laissant les choix d’intérêt général aux mains des multinationales de l’agro-business, de l’eau et de l’énergie ?

Une véritable politique d’écologie sociale a, au contraire, besoin d’une intervention publique déterminée et d’investissements forts, de services publics de l’eau, du rail et de l’énergie renforcés ! Or ces propositions deviendraient impossibles à mettre en œuvre dans le cadre du TSCG qui impose la limitation des dépenses publiques.

Or, ces dépenses, dès lors qu’elles sont réalisées au nom de l’intérêt général, devraient être considérées comme des investissements : parce que nous n’avons pas de planète de rechange, la « solidarité » avec les générations futures réside en réalité dans des investissements publics forts au service de la bifurcation écologique de la société.

La relocalisation de l’activité, la reconversion industrielle, le maintien des emplois et la création de nouveaux, le plus grand gisement de « redressement productif » enfin, passe aujourd’hui par la transition énergétique et la révolution écologique de notre société. Elle est incompatible avec l’austérité qu’implique le TSCG.

Pour toutes ces raisons, nous, militant(es) écologistes, 
Appelons toutes celles et ceux qui comprennent l’extrême urgence de la transition écologique et sociale, à rejoindre la grande manifestation nationale du 30 septembre contre le TSCG à Paris
 et appelons l’ensemble des parlementaires français à voter contre cette ratification.

Voir la liste des signataires après la balise Lire la suite

Retour sur un racisme « ordinaire »

Ouf ! Ils ont fini par en parler. Il aura quand même fallu dix jours pour que nous puissions commencer cette revue de presse tant les vacances sont démobilisatrices pour les élus de tous crins, dans un pays où 42 % des citoyens n’ont pas les moyens de s’en offrir et où, parmi ceux qui le peuvent, bon nombre avoue ne pouvoir le faire que tous les deux ou trois ans. Puisse ce petit préambule nous inciter, et les politiques en particulier, à organiser pour l’avenir des tours de vigie.

Car la bêtise et la pensée crasse, elles, ne désarment jamais ni ne s’offrent de vacances. Mais elles savent s’entendre pour pourrir la tranquillité de ceux qui n’aspirent qu’à un « mieux vivre ensemble », pour reprendre ces mots de Damien Alary, vice président de notre région Languedoc-Roussillon, édition Midi Libre du 15 août.

Le 15 août, c’est précisément dix jours après les tristes événements qui ont fini par alerter la presse nationale et s’avèrent être le reflet de ce qui divise la population bien au-delà d’Aigues Mortes et du Cailar : un racisme de plus en plus banalisé, au point que cette banalité fait titre pour le journal Le Monde.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/08/16/le-racisme-anti-arabes-se-banalise-dans-le-gard_1746745_3224.html

Nous n’allons pas reprendre ici le détail des faits, l’article sus-cité les livre à sa manière, ainsi que celui paru dans Libération :

http://www.liberation.fr/societe/2012/08/16/c-est-pas-les-arabes-qui-vont-nous_840188.

Rendons grâce cependant à ceux qui furent les premiers à s’insurger, Jean-Paul Boré, conseiller régional PCF, et Danielle Floutier, candidate FDG aux législative pour notre 2ème circonscription. Pour JP Boré, il est temps que le monde politique prenne conscience de la situation.

« L’imbécillité ou l’enivrement de quelques individus est une explication bien courte. Tout simplement parce l’imbécillité ou l’enivrement expriment toujours ce qui sommeille et se libère dès qu’il y a un sentiment d’impunité. Nous ne pouvons laisser souiller l’image de notre département par une petite minorité provocatrice quelles qu’en soient les motivations. Le rôle des élus n’est pas d’utiliser les oppositions entre communautés et encore moins de faire le dos rond devant de tels événements mais de tout faire pour que la cohésion sociale respectueuse des intérêts de chacun soit recherchée. »

Tout autant « effarée et inquiète » des incidents qui se sont produits à Aigues Mortes et au Cailar, Danielle Floutier va plus loin en pointant qu’ « il est difficile de ne pas faire le lien entre ces deux événements et les propos xénophobes et racistes développés durant la campagne des élections législatives ». Elle poursuit : « Banaliser ces incidents, c’est laisser se développer dans nos villages un climat délétère de tension lié à l’intolérance, au rejet de l’autre. »

Midi Libre ayant choisi de réduire ce communiqué de presse à ces seules deux phrases, nous invitons le lecteur à lire l’intégralité du communiqué de Danielle Floutier, en fin d’article après la balise lire plus.

Bien sûr, il ne fallait pas attendre de Midi Libre la moindre phrase qui fasse le lien avec les dernières élections et le rôle de Gilbert Collard dans tout cela. C’est néanmoins un lien qu’établit aussi l’élu écologiste Didier Caire et conseiller municipal d’Aigues Mortes, ne serait-ce que dans un simple souci d’établir une chronologie des faits qui se produisent depuis un certain temps dans notre région, et qu’on ne saurait tenir pour isolés les uns des autres.

Après avoir noté que le FN se maintient depuis 25 ans à un niveau très élevé en Camargue gardoise et qu’il est devenu une force dominante en 2012, Didier Caire analyse que « cette position légitime soudain tous les discours déjà présents mais intériorisés comme minoritaires ou opprimés. Depuis l’élection de G. Collard la «République», pour une part, est aussi devenue «anti-arabe». La position de rejet, déjà peut-être majoritaire dans les têtes, le devient dans le droit sanctionné par la légitimité du suffrage démocratique : l’inhibition n’est plus de mise, le passage à l’acte est permis. D’autres forces politiques se sont désormais compromises et le cordon sanitaire – déjà bien fragile – qui entourait le FN a été rompu. En hésitant à se retirer entre les deux tours des législatives Etienne Mourrut (UMP) a clairement affiché sa préférence pour G. Collard. Et le silence assourdissant depuis 15 jours de C. Bonato (PS), maire d’Aigues-Mortes, ne peut se comprendre que comme une concession à la puissance électorale du FN et donc à l’idéologie extrémiste. »

A la liste des faits (et méfaits) proposée par l’élu EELV (lien ci-après vers son blog), nous pourrions ajouter également l’agression dont a été victime la suppléante d’Etienne Mourrut (ex-député mais toujours maire du Grau du Roi) en pleine campagne électorale. Et puis cet autre silence assourdissant du député Collard que nous invitons à mesurer sa propre responsabilité vis-à-vis de ce fascisme décomplexé.

http://camargue.europe-ecologie.net/2012/08/20/comprendre-et-reagir-aux-evenements-du-sud-gardois/

Additif Sémaphores : Pour notre part, désolé, nous ne reportons pas les propos lénifiants (ou tout simplement langue de bois) de notre ministre Valls, récemment en visite privée à la fête de Vauvert. Certes nous défendrons comme lui les « valeurs de la République », mais sans oublier que nous n’aspirons qu’à en changer le caractère institutionnel bonapartiste (et par trop libéral) qu’on ne peut plus croire innocent pour ce qui est de l’effondrement des valeurs.

Car reporter cette dégradation sur les dix années de sarkosysme en matière de sécurité n’expliquera pas le comportement du PS au long des deux campagnes présidentielle et législatives envers le Front de Gauche et EELV qui, à travers Jean-Luc Mélenchon et Eva Joly, se sont retrouvés bien seuls pour affronter les thèses racialistes du FN. Et qu’en est-il encore à ce jour ? Si, comme le dit M. Valls « le racisme est une forme de délinquance » alors qu’attend-on pour le sanctionner au même titre que les autres formes de déviances ?

Qu’au moins à gauche il soit temps d’en finir avec ces nauséabondes stratégies électorales qui ont amené le FN à la place qu’il occupe aujourd’hui. Et, oui, la responsabilité des socialistes y est très grande, de la même manière qu’elle le restera tant que ne sera pas acquise cette vérité populaire qui veut que même les chevaux se battent lorsqu’il n’y a plus de picotin. L’argent ne résout pas tout mais il ne faut pas s’étonner que son absence génère des mouvements imprévisibles. Et de l’argent, tout le monde sait maintenant qu’il n’y en a jamais eu autant qu’aujourd’hui, des sommes fabuleuses qui attendent d’être réparties autrement que par une toute aussi fabuleuse augmentation du SMIC de 0,46 % ! Pour que le peuple ne se trompe pas de colère, encore faudrait-il que ses élus ne se trompent pas de combat. Ce monde est ce que nous en avons fait ou avons laissé faire. Mais il serait vain d’attendre de la dignité de la part de peuples dont les conditions de vie ne leur permettent plus de vivre dignement de leur travail, de se nourrir et de se soigner correctement, de pouvoir développer leur conscience et leur esprit critique autrement qu’à travers un gavage d’oie mesuré en temps de cerveau disponible.

La plus haute délinquance n’est pas celle qu’on désigne à la vindicte publique mais celle pratiquée en toute légalité par les véritables assistés, pontes, banksters et autres patrons-voyous. Dire que la finance n’a pas de visage est une tromperie éhontée. Elle a des visages et nous connaissons les noms. Alors c’est quand, le changement ?

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On va où, comme ça ?

Un bilan déjà catastrophique pour le gouvernement

 Depuis son élection et l’annonce de la composition de son gouvernement, François Hollande n’a fait que renforcer toutes les craintes qui s’étaient levées durant la campagne : chacun de ses choix montre qu’il n’a ni vision ni même un quelconque souci de l’écologie.

  • Sur les permis de forage en Guyane : malgré les risques démesurés qui devront être supportés au cœur d’un site d’une incroyable richesse écologique, François Hollande a fait le choix des multinationales et des lobbys. Pire encore, il a démis de ses fonctions Madame Bricq, éphémère ministre de l’écologie, qui avait osé suspendre ces permis d’exploration.

    Aujourd’hui, Madame Duflot, préférant son portefeuille de ministre au programme de son parti, juge elle-même qu’il ne faut pas s’opposer à l’exploitation.

  • Sur le nucléaire, Monsieur Hollande a indiqué ne pas se sentir concerné par l’accord signé avec EE-LV. Après avoir confirmé la politique impérialiste d’Aréva au Niger, si cela n’était pas assez clair, il a lui même décidé de l’avènement rapide des réacteurs de 4è génération, dont le projet « ASTRID » (en coopération CEA/Bouygues). Il s’est par ailleurs empressé de confirmer solennellement son adhésion au maintien de l’arme nucléaire. Enfin Monsieur Fabius, a fait preuve d’indécence en éludant le risque que le MOX français a fait peser sur le monde entier lors de la catastrophe de Fukushima. Il propose maintenant de renforcer la collaboration nucléaire avec le Japon. Cette attitude nie au peuple japonais, qui souhaite sortir du nucléaire, son droit de déterminer sa propre politique énergétique.
  • Sur la question des gaz de schistes : on apprend qu’Arnaud Montebourg, Ministre du redressement productif, s’alignant sur les récents propos du candidat Hollande, souhaite rouvrir le dossier des permis d’exploration/exploitation, en vertu de la « sacro-sainte » croissance. Et cela, sans même tenir compte du vote unanime des députés socialistes sur la question de la limitation des explorations et des exploitations.
  • Les grands projets inutiles continuent leurs cheminements – à commencer par l’aéroport de Notre Dame des Landes, petit joujou du premier ministre Ayrault.
  • Il refuse enfin de désobéir aux directives libérales européennes au sujet des prix de l’électricité et du gaz, alors mêmes que ces orientations bafouent le droit à l’énergie pour toutes et tous. Ainsi, une simple tentative de régulation des prix du gaz est immédiatement cassée par le Conseil d’État qui agit à rebours de l’intérêt général.
  • Incapable d’agir en État actionnaire, le gouvernement se retrouve confronté aux logiques de profits dans l’industrie automobile. Partout où la situation sociale s’annonce catastrophique, Monsieur Arnaud Montebourg préfère s’accorder avec les investisseurs ou les repreneurs pour à nouveau, injecter l’argent public dans la poche des actionnaires. L’État a pourtant le pouvoir de reconvertir les travailleurs pour, par exemple, développer les transports en commun, le rail et le ferroutage. Ce serait, au final, autant d’emplois durables créés.
  • Dans le cadre de la réforme de la PAC, Le Ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a mené une bataille inattendue et scandaleuse auprès de ses collègues européens, non seulement pour revenir sur les obligations en matière d’agriculture biologique, mais également en luttant contre toute conditionnalité écologique des aides agricoles.

 Monsieur Hollande ne montre aucune réserve dans sa recherche aveugle de la croissance.
Pourtant, il est clair aujourd’hui que ce modèle a vécu : aucune activité n’est durable quand on néglige son impact social et environnemental, et sans tenir compte de la consommation de ressources naturelles qu’elle implique.
Même au sein du PS, des voix s’élèvent pour montrer l’absurdité à long terme de ces choix. Bien plus important, dans le contexte actuel de pénurie prochaine de ressources naturelles (pic pétrolier, pic du cuivre, etc.), la recherche de croissance à tout prix est la politique du pire.

Il nous faut non seulement lancer la réflexion sur les indicateurs de développement, mais il est essentiel que l’État, les travailleurs et les citoyens reprennent toute leur place face aux actionnaires.

Remettre l’humain au centre des décisions, c’est planifier la transition énergétique et la reconversion vers des activités utiles socialement.

Alors que le gouvernement égrène des décisions contraires à tous les déterminants de l’écologie, on n’entend pas beaucoup les oppositions et les contestations parmi les responsables d’EE-LV.

Le Parti de Gauche, partenaire des Verts sur de nombreuses luttes, s’inquiète de voir ce parti ami aux abonnés absents. Loin de la scène politique, et s’abstenant de toute dénonciation claire, alors que la présence de deux ministres dans le gouvernement Ayrault lui en donnerait la possibilité, EE-LV fait le choix de la discrétion. Serait-ce le prix à payer en contrepartie de l’accord électoral des dernières élections ?

Mercredi 18 Juillet 2012

Loic Petit-Guillaume et Mathieu Agostini

 

Aigues-Mortes_le problème de la Salle Demessieux

L’élu municipal Didier Caire adresse un courrier aux responsables associatifs d’Aigues-Mortes. A Sémaphores nous pensons que la réflexion engagée par ce courrier ne se limite pas au microcosme aigues-mortais, ne serait-ce que parce que la CC Terre de Camargue se trouve concernée par le projet, sauf abandon de sa part en faveur de la seule municipalité d’Aigues-Mortes. Auquel cas le projet visiblement peu réfléchi et malgré tout coûteux d’une simple restauration de la salle Demessieux laisserait intacte la question : Bonato est-il le bon atout et peut-on être bon à tout ? Nous avons déjà noté dans un précédent article l’omni-présidence du maire des remparts dans les commissions concernant le budget, le tourisme, la culture… Mais lorsqu’en conseil municipal on peut entendre par la bouche d’un adjoint : «Nous, on ne travaille pas pour trois personnes qui lisent des livres…», on peut légitimement douter de ce que la polyvalence réclamée soit fort éloignée d’une poly-compétence. Sans nous étonner vraiment, ce n’est pas d’aujourd’hui que certains sortent leur révolver lorsqu’ils entendent le mot culture.

« Madame, Monsieur,

Je sollicite par la présente les président(e)s et principaux responsables associatifs d’Aigues-Mortes quant à l’affaire qui concerne l’avenir de la salle Jeanne Demessieux (ancienne halle de sports vis-à-vis de l’école Charles Gros).

Cette salle, propriété de la commune, était gérée jusqu’à ce jour par la Communauté de communes Terre de Camargue (CCTC). Elle vient de faire l’objet d’un arrêté préfectoral de fermeture administrative pour raison de sécurité en date du 31 mai 2012.

Son avenir fait l’objet d’un long contentieux entre la commune et la CCTC, la première demandant la remise à l’état initial, la seconde jugeant plus pertinent d’envisager une construction nouvelle.

Quelles sont les positions :

  • pour la commune : cette salle qui n’a plus d’utilité pour la CCTC (les élèves du collège vont à la salle Camargue) doit être rendue à la commune en bon état, elle est utile aux associations locales et c’est une question de principe;
  • pour la CCTC : cette salle est ancienne, elle fait partiellement double-emploi avec la salle Camargue, le coût de remise en état sera élevé. Il est préférable de s’engager dans un projet nouveau.

M. Rosso, président de la CCTC, écrit au maire d’Aigues-Mortes le 16 janvier 2012 pour préciser sa proposition :

«Aujourd’hui la salle Demessieux fait l’objet d’un avis défavorable d’exploitation et donc sa réouverture conditionne la réalisation de travaux qui ont été estimés pour un montant proche des 400 000 euros. Malgré ces travaux, il ne demeurera qu’un bâtiment dépassé architecturalement et dont sa fin de vie ne sera que repoussée. Face à ce constat, cette structure pourrait être démolie et repensée en lieu de vie, avec une bibliothèque, des salles qui pourraient accueillir un certain nombre d’associations locales, une salle d’exposition, de conférence, un kiosque multimédia par exemple, ou revêtir d’autres formes en fonction des motivations et de l’ambition portées par les élus.

En effet vous évoquiez dernièrement aux associations aigues-mortaises, le «déficit rencontré dans l’offre d’utilisation de salles», ce projet pourrait constituer une réponse à vos préoccupations.

De nos jours, les médiathèques/bibliothèques ne sont plus pensées comme des lieux exclusivement réservés aux livres, mais comme des lieux modulables, sociaux, ouverts sur la cité où le brassage des différentes composantes de la population s’exerce, avec des activités multiples et diverses. Cette conception engendre une nouvelle génération d’équipements mutualisés, à la recherche d’une transversalité et traduit une vision rénovée de l’éducation populaire. Lire la suite

ça coûte quoi les immigrés ?

Plutôt que répéter bêtement l’essentiel des arguments du FN concernant
l’immigration, voici trois petites vidéos réalisées par EELV les Verts qui inscrivent
la question dans un contexte plus large. Voici ce que ça donne lorsqu’on remplace
l’intox par de l’info.


Les pays riches… et toute la misère du monde

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‘Europe et la France… terres d’asile ? 2/3

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Les migrants… et les caisses

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Pour Eva

Nous reproduisons ici la tribune de Didier Caire, élu Europe Ecologie Les Verts d’Aigues-Mortes qui souhaite rappeler, au-delà des vicissitudes d’une campagne difficile, ce que représente la candidate des écologistes.

 

L’élection présidentielle «à la française» est une institution d’une grande perversité. C’est d’abord un anachronisme, héritage viscéralement anti-démocratique, nostalgie pré-révolutionnaire. Il est d’usage de dire que cette fonction entretient «un lien direct entre un homme et le peuple», comme une double régression : au sens psychanalytique, le désir d’un chef, d’un leader, et au sens politique puisque la modernité démocratique réside au contraire dans l’émergence de formes de médiation, de délégation et de contre-pouvoirs.

Mais l’élection présidentielle (l’érection pestilentielle disait quelqu’un) exerce sur le pays une véritable fascination, tétanise toute pensée. Elle serait, dit-on, l’étalon de mesure de l’importance d’un parti ou d’un mouvement. A l’expérience on sait bien que c’est faux : le mouvement politique de F. Bayrou ne pesait pas ses 18,5% de voix. Mais l’excitation présidentielle, avec son désir d’incarnation et ses passions grégaires avait encore joué, comme pour d’autres avant lui et pour d’autres demain.

La pensée écologiste s’enracine dans la mouvance libertaire anti-autoritaire, dans la critique de tout pouvoir institué. Le mouvement Vert, génétiquement, s’est difficilement structuré pour se garder de l’émergence de meneurs d’opinion, de «leader charismatique». Ainsi les écologistes n’aiment pas la présidentielle qui le leur rend bien : les résultats ne sont jamais fameux.

Pourquoi se présenter alors? Parce que dans le système actuel le parti qui ne présente pas de candidat n’existe pas; parce que pour faire entendre cette critique même du système, et pouvoir le changer un jour, il faut en accepter les règles provisoirement.

Le choix de la primaire interne à EELV illustre parfaitement cette contradiction : tout le monde attendait l’homme jeune, dynamique, médiatique, et c’est la femme presque âgée à l’accent étranger qui a été choisie. Toute l’écologie est là, dans ce choix courageux des valeurs. Dans ce contrepied à la pensée dominante, dans cette proposition sans concession.

Mais pourquoi dans le fond voter Eva Joly? Parce que c’est la candidate de l’écologie et que l’écologie est la seule chose nouvelle qui soit arrivé dans le champ de la pensée politique depuis les années 70. « L’écologie politique est le nouveau paradigme organisateur de la gauche » dit Alain Lipietz.

Et qu’a donc apporté l’écologie en politique?

  • l’exigence de prendre en compte la planète et tous ses habitants comme un tout interdépendant, sous le coup d’une destinée commune et d’une responsabilité partagée;
  • une critique radicale du monde occidental : critique de la «modernité» et du mythe du «progrès», ce veau d’or, pour lesquels une rationalité achevée nous conduirait vers la maîtrise parfaite de la nature et du destin humain; critique de la société sur ses piliers production / consommation / croissance, corollaires de prédation / pollution
  • la reconquête de l’action personnelle, contre les idéologies généralisantes, la capacité pour chacun de se ressaisir du pouvoir de changer le monde, ici et maintenant, par sa seule volonté, par l’expérimentation, la créativité, l’invention de nouvelles relations.

L’écologie a donc découvert, véritablement, et développé les concepts et les idées qui nous permettrons peut-être de résoudre les grandes crises du monde actuel qu’elle seule analyse comme une crise systémique : la misère de tous les déclassés, le creusement des inégalités, la corruption généralisée, les délires de la finance, Fukushima, les désordres climatiques, sont les formes diverses d’une seule et même crise.

Eva Joly est une présence capitale : son visage marqué, son accent étranger, et sa détermination d’acier sont, pour quelques semaines au moins, le visage même de l’écologie.

Sa voix aujourd’hui est faiblement audible : tant pis, ainsi va le carrousel médiatique et son absurde hystérie. Il y a deux ans, le sort du monde se jouait à Copenhague… Pour l’anniversaire de Fukushima, malgré la chaîne humaine, la télé faisait sa une sur le meeting de Villepinte! Nos propositions ne sont pas entendues : ça viendra, plus vite peut-être qu’on le croit.

D’autres candidats sont porteurs d’espoirs que nous partageons en partie. Mais ce qui s’absente quand la voix d’Eva est couverte, et que personne ne remplace, c’est la clef qui permet de comprendre le monde, l’angle d’analyse critique et de décryptage de la société qu’apporte l’écologie politique.

Il y a quelque chose d’un peu grave, comme une responsabilité particulière dans le contexte de cette élection. Chaque voix compte dit-on, c’est une banalité, mais ce que certains ressentent aujourd’hui comme jamais : voter Eva Joly c’est faire acte de lucidité et prendre date pour l’avenir, on se reconnaîtra bientôt. En dépit des aléas des échéances électorales, on s’en souviendra, on aura été de ceux qui en 2012 auront voté Eva Joly.

Didier Caire 

Aigues Mortes, procédure irrégulière au vote du budget

 Groupe Local Camargue Gardoise

Communiqué de presse du 26 mars 2012

 

Le budget 2011 de la commune d’Aigues-Mortes annulé : les écologistes toujours vigilants sur les enjeux de la démocratie locale

Suite à une requête déposée par Didier Caire, élu EELV d’Aigues-Mortes, le Tribunal administratif de Nîmes vient d’annuler par un jugement du 22 mars 2012 le Budget Primitif de la commune d’Aigues-Mortes pour l’année écoulée.

C’est une décision rare qui sanctionne un manquement répété aux règles légales d’information et de participation des élus notamment minoritaires.

Il est prévu par la loi que dans les deux mois qui précèdent le vote du budget les élus sont convoqués pour un «débat sur les orientations budgétaires». L’élu écologiste estimait qu’une information insuffisante avait été fournie, sans aucune valeur ni chiffre ni élément d’analyse qui permette de débattre utilement. Il a été suivi par le juge qui estime «qu’ainsi, l’adoption du budget primitif de l’exercice 2011 est intervenue à l’issue d’une procédure irrégulière».

Le maire se voit donc contraint de proposer au conseil municipal de revoter un budget déjà exécuté. C’est une sanction qui affecte l’acte politique essentiel du conseil municipal, celui qui organise et planifie l’ensemble des dépenses et recettes pour toutes les actions et projets de l’année en cours. C’est au cœur de la gestion municipale actuelle qu’apparaissent des problèmes démocratiques majeurs.

Le plus inquiétant est que le maire a répondu à cette condamnation lors du conseil municipal du 15 mars dernier par un déni de réalité : il persiste dans son erreur, parle d’un jugement de « pure forme », pense qu’on lui fait un faux procès, et «que l’on perd du temps à ce petit jeu». Bref, il ne comprend pas.

Or il ne s’agit pas que d’une histoire de chiffres, mais des enjeux qui sont au cœur de la démocratie locale. Le débat d’orientation budgétaire est, en principe, un moment-clef dans la vie du conseil, celui où tous les élus, minoritaires et majoritaires, échangent et argumentent sur les grands axes du projet communal dans un esprit animé par l’intérêt général. Ce n’est clairement pas l’esprit qui prévaut dans la majorité actuelle.

Europe Ecologie Les Verts – Camargue gardoise

Pour plus d’informations, le site de l’élu : http://camargue.europe-ecologie.net/accueil/