Quelle idée !

par Jean-Paul Jouary 11 Avril 2015

La démocratie en ballottage défavorable

L’idée actuelle de « majorité » politique repose ainsi sur le présupposé que le peuple est « mineur ». On lui concède donc le droit d’aller tous les cinq ans trancher entre deux bergers prétendant à la conduite du troupeau.

Les peuples s’habituent malheureusement à tout et les absurdités les plus nocives finissent parfois par apparaître à la plupart des citoyens comme le seul monde possible. Le seul, donc le meilleur. Un peu comme si les maroquineries devenaient l’idéal pour les crocodiles et l’industrie de la fourrure le rêve des bébés phoques. On voit ainsi des millions de citoyens, sensés en apparence, se passionner entre deux élections présidentielles pour les manœuvres qui visent à construire de futures « majorités présidentielles » susceptibles de « prendre le pouvoir ».

« Prendre » : à qui donc, sinon au peuple qui en sera donc dépossédé ? « Prendre », « avoir », « conserver » le pouvoir : ces expressions courantes, du seul fait d’exister, racontent à leur façon la décadence de l’idée même de démocratie. On appelle ainsi « majorité présidentielle » ceux qui, forts du « suffrage majoritaire », se prétendent investis non pas d’un devoir d’appliquer les décisions populaires, mais d’un pouvoir de décider au nom du peuple, sans lui voire contre lui. On l’ignore le plus souvent, mais le mot « majorité » n’avait nullement ce sens politique jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. « Majorité » signifiait alors n’être plus « mineur », c’est-à-dire inapte à exercer avec raison et responsabilité la conduite de sa vie. Autrement dit, par la magie de la langue et de l’histoire, on parle aujourd’hui de « majorité » pour désigner ceux qui dirigent une nation à la place du peuple, celui-ci étant considéré comme « mineur » donc condamné à être représenté comme un jeune enfant ou un vieillard sénile, par des parents ou des « tuteurs », faute d’avoir les capacités d’exercer ses droits citoyens d’un peuple souverain. Il aurait donc besoin de « tuteurs », comme les plantes tordues incapables de pousser droit.

Lire la suite sur l’Huma : http://www.humanite.fr/blogs/la-democratie-en-ballottage-defavorable-570971

 

Les scores du FN depuis 1984

En complément de l’article précédent sur la fameuse « poussée du FN »

L’internaute Arnaud R. s’est amusé à comparer, depuis 1984, les scores du FN à toutes les élections françaises, en proportion du nombre total d’électeurs inscrits. Cela donne ce tableau :

Eur 1984 : 5.99%
Leg 86 : 7.19 %
Pres 88 : 11.47 %
Leg 88 : 6.21%
Eur 89 : 5.56 %
Leg 93 : 8.08 %
Eur 94 : 5.25 %
Pres 95 : 11.4 %
Leg 97 : 9.65 %
Reg 98 : 8.26 %
Eur 99 : 2.5 %
Pres 2002 1er tour : 11.66 %
Pres 2002 2d tour : 13.41 %
Leg 2002 : 6.98 %
Eur 2004 : 4.05 %
Reg 2004 : 8.51 %
Pres 2007 : 8.62 %
Leg 2007 : 2.54 %
Eur 2009 : 2.47 %
Reg 2010 : 5.09 %
Pres 2012 : 13.95 %
Leg 2012 : 6.65 %
Eur 2014 : 10.5 %
Dép 2015 : 10.19 %

Certains en tirent la conclusion que, sur une période de trente ans, « le postulat de l’irrésistible ascension du FN mérite d’être pour le moins nuancé. Scrutin par scrutin, si l’on compare les législatives avec les législatives, les présidentielles avec les présidentielles, ce qui frappe plutôt est sa stabilité, avec des avancées et des reculs, qu’il faudrait examiner en détail. »

D’autant que ce qui détermine le résultat d’un scrutin est le nombre de voix par rapport aux exprimés et non par rapport aux inscrits. De plus il faudrait tenir compte de ce que le corps électoral a augmenté depuis 1984, et d’une donnée rarement citée dans les analyses : le nombre de non-inscrit sur les listes électorales. S’ajoutant à celui des abstentionnistes, on découvrirait alors combien le FN est dans l’abus en se déclarant premier parti de France. Mais on ne doute pas qu’à ses yeux il ne s’agisse que d’un « point de détail ».

 

Le vrai résultat du Front de gauche

Les élections départementales sont marquées par un profond rejet de la politique gouvernementale. Cela se traduit par une forte abstention qui favorise la progression de la droite et de l’extrême droite.

Pour réduire la portée de ce rejet dans l’électorat populaire et l’exigence d’une alternative à gauche, le ministère de intérieur s’est livré à un véritable tripatouillage des étiquettes pour réduire le score du Front de gauche et effacer les rassemblements opérés notamment avec EELV et/ou des citoyens.

Ainsi sont classés en «divers gauche» des candidatures FDG/EELV et FDG/Citoyens. Loin des chiffres annoncés par le ministère (6%) la totalisation des candidatures soutenus par le Front de gauche s’élève à 9,4 % sur la métropole.

Sur les 448 cantons où le Front de gauche et EELV étaient présents ensemble la moyenne s’élève à 13,6 %.

« Kaput le FN ! »

Résultats du premier tour des départementales 2015, les chiffres officiels de la France des binômes. (source : http://elections.interieur.gouv.fr/departementales-2015/FE.html )

Pour les non abonnés à Médiapart, voici une des analyses de la progression du vote FN.

Entretien avec Nonna Mayer, 26 mn   – Nonna Mayer, directrice de recherche émérite au CNRS, rattachée au Centre d’études européennes de Sciences Po, présidente de l’Association française de science politique, spécialiste du Front national.


Nonna Mayer sur l’électorat FN par Mediapart

Mais le FN monte-t-il vraiment ? Ou sait-il simplement mieux mobiliser son électorat ? La réalité est tout autre dès lors qu’on rapporte les pourcentages obtenus au nombre d’inscrits. La progression est loin d’être fulgurante. Petit récapitulatif :

Ainsi le premier parti reste celui de l’abstention, ce qui n’élimine pas tout danger pour des présidentielles à venir si la gauche (la vraie, c’est-à-dire hors PS) ne parvient pas à mieux mobiliser ses troupes. N’empêche que Didier porte, à qui nous empruntons le titre de l’article, a raison de pointer combien il en faut peu pour que le FN demeure à jamais le Poulidor des élections. Il suffit que la droite dite classique vienne chasser sur ses plates-bandes pour lui siphonner des voix. De quoi mieux comprendre le sourire forcé de Marine Le Pen avant de faire sa déclaration face à la gamelle.


Didier Porte : « Kaput le FN ! » par Mediapart

Troïka basta !

Union européenne, dirigeants européens, FMI, agences de notation : cessez votre chantage, votre ingérence dans la campagne électorale grecque ! Laissez le peuple décider !

Sémaphores a déjà suggéré une pétition de soutien à l’autodétermination du peuple grec (vous pouvez la retrouver ici) mais une autre pétition est née sur la plateforme We Sign it, initiée par plus de 80 personnalités et soutenue par Mediapart et Reporterre. Abondance ne nuisant pas, il n’est pas interdit de signer les deux. Lien en fin de communiqué.

Dans un contexte où les mauvais coups se multiplient en Grèce (corruption de députés, désinformation, restriction des libertés démocratiques…) pour empêcher la victoire possible du mouvement de gauche Syriza aux élections législatives prévues le 25 janvier, voilà que le FMI annonce la suspension de son « aide » et que le commissaire européen à l’économie Pierre Moscovici s’adresse directement aux électeurs grecs pour leur dire dans quel sens voter. Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, déclare quant à lui qu’il « n’aimerait pas que des forces extrêmes arrivent au pouvoir » à Athènes. En Allemagne, le ministre des Finances Wolfgang Schaüble réaffirme au passage qu’il n’y a « aucune alternative » aux réformes conduites en Grèce. Les agences de notation commencent à menacer de dégrader – est-il encore possible ! – la note de l’économie grecque. Dans la presse européenne, on s’emploie à diffuser la peur du changement afin de dissuader les peuples de l’Union de se tourner vers des formations politiques progressistes proposant le même type de rupture économique que Syriza.

Il est vrai qu’une victoire de Syriza en Grèce pourrait remettre en cause pour l’ensemble de l’Union européenne les politiques d’austérité imposées par la Troïka (banque européenne, commission européenne et FMI) aux peuples contre leur volonté. Comme le montrent les manifestations massives au Portugal, en Espagne et plus récemment en Italie, ou la grève générale en Belgique, ne passe plus l’injonction de rembourser aux détenteurs de capitaux des dettes illégitimes au prix de la destruction d’un modèle social qui permettait d’atténuer les maux du capitalisme et de pointer qu’une autre logique est possible. Devant cette menace pour leurs intérêts – l’exemple islandais les inquiète encore – les serviteurs de la finance en Europe sont prêts à tous les chantages pour confisquer la démocratie en Grèce et ailleurs. Eux qui laissent museler les libertés dans la Hongrie de Victor Orban au nom du respect du suffrage universel trouvent cette fois légitime de s’ingérer dans la vie politique intérieure d’un État : la préservation des intérêts des banques et des multinationales leur est plus importante que la défense des libertés !

C’est au peuple grec, père de la démocratie mais aujourd’hui martyr de l’austérité, de décider souverainement de son avenir. Nous, citoyens et citoyennes d’Europe, exigeons des institutions financières internationales, des agences de notations comme des autorités européennes qu’elles cessent immédiatement leurs pressions indignes. Ce n’est pas aux institutions européennes actuelles et à la finance de dicter aux peuples ce qu’ils doivent voter ! L’austérité est un choix politique qu’ils doivent pouvoir rejeter démocratiquement ! Nous faisons chorus avec les dirigeants de Syriza pour dire que le problème de la Grèce est celui de toute l’Europe et que ce qui s’y joue pourrait sonner le début d’une nouvelle aventure européenne.

Nous, citoyens et citoyennes d’Europe disons au peuple grec : n’ayez pas peur, comptez sur nous, nous sommes à vos côtés. Notre Europe n’est pas la leur ; elle est la vôtre.

Pour signer c’est ici : http://troikabasta.wesign.it/fr

La liste des premiers signataires se trouve après la balise Lire la suite

Le peuple grec ne cèdera pas

La commission de Bruxelles tente de bafouer la souveraineté et le libre choix du peuple grec

Le Parlement européen doit se saisir de son droit de contrôle et protester contre cette immixtion de la Commission européenne dans la vie intérieure d’un pays européen quelques jours avant une importante élection.

Alexis Tsipras : Le peuple grec ne cèdera pas au chantage et ne se laissera pas intimider

« Nous savons qu’une victoire de SYRIZA transformera la Grèce.

Ce sera aussi le début du changement en Europe.

Elle fera de notre pays un interlocuteur crédible.

Elle posera comme condition préalable à toute négociation à toute confrontation, à tout accord, la survie du pays et du peuple.

Que les milieux conservateurs de l’Europe, qui ont recommencé à mettre la main sur notre pays et notre démocratie ne se fassent pas d’illusions.

Nous, nous sommes des durs à cuire.
Mais le peuple grec non plus ne cède pas facilement au chantage et ne se laisse pas intimider.
Au contraire. Il s’obstine.

Qu’ils n’essaient plus, donc, de nous faire des chantages ou de nous intimider. Cela aurait l’effet contraire.
Ils pensent qu’ainsi ils vont limiter la victoire de SYRIZA.
C’est prendre leurs rêves pour des réalités.

Si les directoires européens continuent ainsi, loin de briser notre élan, ils vont accroître le mouvement de soutien populaire à notre faveur.
Qu’ils disent encore une fois qu’ils préfèrent les gens qui leur sont dociles et utiles plutôt que SYRIZA et ils déclencheront un véritable raz de marée pour notre parti.

Parce que les gens ne voteront pas simplement pour SYRIZA.
Ils voteront pour la Grèce
Ils voteront pour leur dignité.
Ils voteront pour l’espoir et l’avenir !

Et d’ici, depuis la Crète je veux faire une fois de plus faire passer le message à nos partenaires européens que la Grèce n’est pas un simple locataire dans notre grande maison commune qu’est l’Union européenne.
Non! Ils ne sont pas, eux, les propriétaires et nous les locataires.
Les gouvernements grecs ne joueront plus le rôle de sbires qui collectent pour eux des redevances.
Qu’ils se gardent de provoquer un peuple fier.

[…]

Car nous ne sommes pas seuls et nous ne serons pas seuls non plus quand il s’agira de négocier la dette ni quand il s’agira des démarches pour redresser le pays.

Le vent tourne en Europe. Les peuples redressent la tête, et demain les équilibres seront différents et plus encore après la victoire de SYRIZA. »

Traduction: Vassiliki Papadaki

A voté !

Le sénat repasse à droite ? Ah bon ? Parce qu’il était à gauche ?

Jean-Noël Guérini, qui a quitté le PS en avril dernier avant même que le parti ne prononce son exclusion, réunit trois fois plus de voix que les socialistes. Voilà pourtant un président de conseil général trois fois mis en examen. Ça doit être ce qu’on appelle la corrélation.

Dans l’Hérault, l’autre socialiste dissident et ancien partisan de Georges Frêche, Robert Navarro est réélu. Il est mis en examen pour abus de confiance à la suite d’une plainte du PS dans l’affaire des frais de fonctionnement de la fédération PS de l’Hérault. « Cela fait trois semaines qu’il invite des grands électeurs à tous les matchs possibles, en profitant des invitations de la région », soupirait un socialiste héraultais interrogé il y a quelques jours par Mediapart. Le lobbying paie toujours.

Jean-Michel Baylet, dit « le veau sous la mère » (et peut-être prochain patron du groupe Midi Libre) a été battu. Pour sa part, celui qui aurait pu être nommé ministre en 2012 s’il n’avait pas des ennuis judiciaires, est mis en examen dans une affaire concernant des frais de bouche du conseil général. À part ça, il est un bon exemple de cumulard :

  • Conseiller municipal de Montjoi (depuis 2008)
  • Président de la communauté de communes des Deux Rives
  • Conseiller général du canton de Valence
  • président du conseil général de Tarn-et-Garonne (depuis 1985)
  • Sénateur de Tarn-et-Garonne (du 28septembre1986 au 16juin1988 et du 2octobre1995 au 30septembre2014)

Dans les rangs de la droite, c’est le come-back  d’Alain Joyandet, ancien ministre de Nicolas Sarkozy qui avait démissionné en 2010. Mediapart avait alors révélé qu’il avait utilisé un jet privé facturé par l’État (coût 116 500 euros) pour se rendre en Martinique. Le ministre était aussi mis en cause dans une affaire de permis de construire contesté.

Et pour finir, deux rats du FN (le rat-Vier et le rat-Chline), entrent au sénat. Tiens ? On avait cru comprendre que Marine était pour la suppression du sénat. Par ailleurs on notera que David Rachline et Stéphane Ravier sont déjà tous deux conseillers régionaux et maires. Et maintenant sénateurs… Tiens ? Le FN n’est plus contre le cumul des mandats ?   (http://www.europe1.fr/politique/marine-le-pen-veut-supprimer-le-senat-1766635).

Bref, on l’aura compris, qu’il s’agisse de sénatoriales comme de tout autre type d’élections, une des causes de la désaffection des urnes et du désintérêt des citoyens pour la politique est cette inconvenante immunité/impunité des élus de tous poils qui, même mis en examen, peuvent continuer de postuler à des mandats. Par-delà le fait même que la loi les y autorise, on peut noter que tous ces sinistres individus n’ont donc aucune moralité, aucun sens de la probité, aucun respect de leurs concitoyens.

Mais il est un fait que, depuis 1789, l’élection permet aux riches d’acheter le pouvoir et d’établir une ploutocratie. (Gouvernement par les riches pour les riches). Il suffit pour s’en convaincre de jeter un œil sur le total des dépenses par candidat à la présidentielle de 2012, sachant que le gros de ces dépenses est financé par les riches, puis remboursé en grande partie par les pauvres.

  • François Hollande (PS) : 21,8 millions d’euros (28,6 % puis 51,7 % des voix)
  • Nicolas Sarkozy (UMP) : 21,3 millions d’euros (27,2% puis 48,3 % des voix) (Notons que ce total des dépenses s’entend hors affaire Bygmalion)
  • Marine Le Pen (FN) : 9,1 millions d’euros (17,9 % des voix)
  • Jean-Luc Mélenchon (FG) : 9,5 millions d’euros (11,1 % des voix)
  • François Bayrou (MoDem) : 7 millions d’euros (9,13 % des voix)
  • Eva Joly (EELV) : 1,8 million d’euros (2,3 % des voix)
  • Nicolas Dupont-Aignan (DLR) : 1,2 million d’euros (1,8 % des voix)
  • Nathalie Arthaud (LO) : 1 million d’euros (0,6 % des voix)
  • Philippe Poutou (NPA) : 824 000 euros (1,1 % des voix)
  • Jacques Cheminade (SP) : 500 000 euros (0,25 % des voix)

En 2007 Nicolas Sarkozy (21 M€) et Ségolène Royal, (20,7 M€)

D’une manière générale, l’ordre des dépenses reflète peu ou prou l’ordre d’arrivée des candidats  

Par ailleurs on sait que les cadres du secteur public constituent toujours la majorité des maires, alors que les catégories modestes ne représentent plus en 2014 que 12 % des maires contre 33,5 % en 1983. On sait aussi que le recrutement social des maires des grandes villes n’a pas changé. La part des employés et des ouvriers du privé comme celle des instituteurs a grandement poursuivi son déclin. De même, la proportion des femmes reste stable à 12,3 % en 2008 comme en 2014, leur proportion étant la plus importante sous l’étiquette PS (16,9 %) et sous l’étiquette PCF ou Front de gauche (16,7 %) alors qu’elles sont bien moins nombreuses à la tête des listes UMP et alliées (10,9 %) ou des listes de la famille centriste (7,7 %). Autres données intéressantes : l’âge moyen des maires reste le même qu’en 2008 : 56 ans. Seuls 10,8 % des maires élus en 2014 l’ont été à la suite de l’organisation par le maire sortant de sa succession politique.

Sortir de ce système ne pourra passer par aucune autre solution que la remise à plat des règles du jeu et des institutions. Il n’y a rien à attendre d’élus qui ne voudront jamais rien lâcher et le seul vrai changement ne peut venir que du peuple.

Bonus :


Marie-Christine Blandin: conflits d’intérêts au… par Mediapart

J’ai pas voté

Un documentaire de 45 minutes, signé Moise Courilleau et Morgan Zahnd, pour décrypter les causes d’une abstention en constante augmentation. Ce mini-film s’adresse à toute personne intéressée par la politique de manière générale et pas seulement à une minorité « élitiste » ou partisane qui s’interrogerait sur le sens d’une élection. « J’ai pas voté » autopsie la démocratie française afin d’ouvrir une nouvelle ère propice à l’évolution de l’organisation politique.

 

Un président qui rétrécit

Pour préparer cet article, Christian Salmon s’est entretenu avec un certain nombre de conseillers et de ministres du gouvernement. Pour des raisons évidentes, ils ont souhaité rester anonymes. C’était le prix d’une plus grande liberté de parole et l’auteur les en remercie. Manuel Valls et ses conseillers sont les seuls à avoir refusé de répondre à ses questions.

Christian Salmon brosse ici un large récapitulatif de ce qui était observable de cette présidence de la République depuis deux ans. À l’attention des non abonnés à Mediapart, nous en reproduisons de larges extraits.

copyright Élysée

François Hollande, un président qui rétrécit

|  Par christian salmon

Son allocution au lendemain des européennes en est une nouvelle illustration. La chronique du hollandisme se donne à lire comme une suite incohérente de contre-performances, une succession de couacs, de tête-à-queue idéologiques, de télescopages entre la vie privée et la vie publique, de trahisons et de scandales d’État. Ce n’est pas seulement à la chute de la maison Hollande que nous assistons mais aux derniers jours de la Ve République. (…)

On peut invoquer toutes sortes de raisons pour expliquer cette situation, la principale étant l’orientation politique suivie par le gouvernement contrairement aux engagements pris pendant la campagne, au contrat noué avec les Français au moment de l’élection. De ce point de vue, la déception des électeurs socialistes est à la mesure des réformes ajournées : réforme du traité européen de stabilité budgétaire, taxe à 75 % des hauts revenus, réforme bancaire, réforme fiscale transformée en pause fiscale, droit de vote des étrangers, récépissés pour les contrôles policiers… Des batailles perdues parfois sans combat et parfois sans ennemis déclarés ou face à des ennemis imaginaires, des fantômes d’ennemis, fabriqués et agités par les médias.

Le discrédit qui frappe François Hollande à mi-mandat ne se résume pas à une liste de promesses non tenues, ni même à l’absence de résultats économiques en matière de croissance, de chômage. L’écart entre les discours de la campagne et l’orientation politique n’est devenu explicite qu’au début de l’année 2014, avec l’annonce du pacte de responsabilité. Son discrédit est bien plus ancien ; il date des premiers mois de son mandat. (…)

Dès l’automne 2012, la presse n’a pas eu de mots assez durs pour dénoncer l’amateurisme de l’exécutif, le défaut de communication ou de cap, bref l’absence d’un récit structurant qui serait le péché originel du hollandisme. C’est en effet l’illusion fréquente des communicants, qui appliquent à la vie politique les recettes du marketing. L’identification avec un président de la République n’est pas simple « connexion » avec une marque. C’est un enjeu symbolique complexe, qui dépend du succès ou de l’échec d’une série de performances : la cohérence du récit politique, le système de métaphores utilisé, le contrôle de la réception et de la diffusion de ce récit sur les réseaux sociaux. C’est une bataille qui oppose des forces sociales, des institutions, des narrateurs sur une scène – la médiasphère – où chacun intervient, usant d’un langage de persuasion. (…)

L’épreuve des mots

Le premier plateau que doit traverser l’acteur politique, c’est le champ lexical. Un véritable champ de bataille, qui a pour enjeu le contrôle des mots. Si vous cédez sur les mots, disait Freud, vous cédez sur les choses. Si vous voulez changer les choses, il faut savoir changer les mots. Face au cryptage néolibéral des enjeux de la crise, forger une nouvelle « lingua franca » politique n’est pas chose aisée. Les éléments de langage n’y suffisent pas. (…)

Dès les premiers mois de son mandat, François Hollande s’est fondu dans un univers lexical de droite (« coût du travail », « compétitivité », « charges sociales », attractivité des investissements étrangers), un ralliement que le ministre de l’économie, Pierre Moscovici, qualifia de « révolution copernicienne ». À l’automne 2013, l’introduction dans le débat public de l’expression « pause fiscale » rendit évidente l’influence des thèses néolibérales sur le gouvernement. (…)

La guerre des récits

Un simple examen des discours et des déclarations du gouvernement au cours des six premiers mois du mandat de François Hollande fait apparaître au moins deux lignes narratives, déclinées en plusieurs variantes selon les auditoires et les circonstances. Le premier de ces récits – l’appel au « patriotisme économique » – est un récit de guerre qui s’inscrit dans un champ lexical cohérent : « bataille », « front », « bras armé », « puissance ». Le deuxième de ces récits, c’est « l’épopée des inventeurs », qui évoque un nouvel âge industriel dont les héros seraient les ingénieurs, les techniciens, les créateurs. (…)

Faute de choisir entre ces différentes lignes narratives, le gouvernement a multiplié les lapsus, les couacs et les équivoques. On ne peut être à la fois Achille et Ulysse, a fortiori Reagan et Roosevelt. Or ces deux postures cohabitent dans le discours des ministres, et même chez le seul ministre du redressement productif. Parfois c’est l’une qui prend l’ascendant sur l’autre. Depuis le remaniement, elles ont fusionné, donnant naissance à un hybride affreux, qui parle la novlangue – le Vallsebourg –, amalgame de discours sécuritaire et de patriotisme économique, accouplement républicain de la matraque et de la marinière.

La trahison des images

La télévision par câble et l’explosion d’Internet ont imposé une forme de téléprésence des gouvernants et substitué à l’incarnation de la fonction, la surexposition de la personne des présidents.

Dès sa prise de fonctions, les images à l’Arc de triomphe du nouveau président trempé sous la pluie, les lunettes embuées, le visage ruisselant constituaient l’anti-portrait d’un président en majesté… La photo officielle du président réalisée par Raymond Depardon est venue confirmer la contre-performance de la cérémonie d’investiture. Le photographe de la France rurale et des gens simples réalisa le portrait d’un président non plus simplement normal mais banal, un « monsieur Tout-le-Monde » égaré dans les jardins de l’Élysée, figé, les bras ballants, un sous-préfet aux champs.

Dans les palais de la monarchie républicaine. © (Elysée)

Cette image est en contradiction avec le décorum monarchique lié à l’exercice de l’État. Un conseiller à Matignon observait qu’il est « extrêmement difficile » pour la gauche de gouverner la France dans un « décor de droite : des hôtels particuliers, entourés de gardes républicains, avec des huissiers qui ont des chaînes, dans des escaliers en marbre,  et des bureaux couvert d’or et de miroirs, ces hôtels qui ont appartenu soit à la Pompadour, soit au prince de Monaco, etc. » Lire la suite

Quoi de neuf du côté des fachos ?

La comédie humaine c’est avant tout l’échec du politique. Ce n’est donc pas un signe de bonne santé démocratique que d’être bien adapté à une société profondément malade. Balzac 

Didier Porte a titré l’une de ses chroniques de la semaine : « Les Le Pen, pujadistes de père en fille ». Le lecteur pressé pourrait conclure à la coquille typographique alors qu’il n’en est rien. Il s’agit bien ici du Pujadas, qu’un certain journaliste appelle d’ailleurs Pajudas, comme pour mieux souligner la traîtrise du plus mielleux présentateur du moment en matière de désinformation sur une chaîne publique. Mais qu’on aime ou pas cet autre Foutriquet de l’info, on pouvait croire jusque-là qu’il restait maître dans le choix des invités à son émission Des Paroles et Des Actes, et non que les ordres de mise en scène pouvaient arriver par la famille Le Pen.


Didier Porte : « Les Le Pen pujadistes de père… par Mediapart

Par ailleurs, et pour rester encore un peu en cette charmante compagnie des Le Pen, il est bon de savoir que pour la 17e chambre correctionnelle du tribunal correctionnel de Paris, le terme « fasciste » est « dépourvu de caractère injurieux lorsqu’il est employé entre adversaires politiques sur un sujet politique ».

Poursuivi par Marine Le Pen pour injure, pour avoir employé le terme « fasciste » à son égard, Jean-Luc Mélenchon a été relaxé par cette 17e chambre. À l’audience du 6 mars, les débats avaient porté sur le fait de savoir si le terme « fasciste » devait être considéré comme une injure ou une caractérisation politique

Cité comme témoin, Michel Soudais avait rappelé que Politis avait inscrit à sa Une, le 23 mai 1990, « Le Pen est un fasciste » et qu’aucune poursuite n’avait alors été intentée contre notre journal. Il avait poursuivi en expliquant que le changement de présidence à la tête du FN n’en avait pas changé la nature profonde, comme il avait eu l’occasion de l’écrire sur ce site.

On se souviendra aussi que dans l’affaire des « faux tracts » jugée par le tribunal correctionnel de Béthune où Marine Le Pen était citée à comparaître, elle a été jugée coupable de « manœuvre frauduleuse » et publication d’un montage sans le consentement de l’intéressé, Jean-Luc Mélenchon. Et condamnée à une peine de 10 000 euros d’amende. Comme il fallait s’y attendre elle a fait appel de ce jugement, ce qui lui permet de prétendre que cette condamnation n’est pas définitive, ce qui est faux, ainsi que l’a démontré Maître Eolas. Déjà condamnée pour procédure abusive, mi-janvier, Marine Le Pen est en outre sous le coup d’une enquête pour « incitation à la haine raciale » suffisamment sérieuse pour que le Parlement européen accepte de lever son immunité parlementaire.

On est comme ça chez les Le Pen, on adore les procès, ça fait partie du plan médiatique de dédiabolisation. N’empêche qu’à pouvoir, selon la loi, « caractériser » de fascisme ce qui l’est à l’évidence, on ne va donc pas s’en priver ici. On s’en privera d’autant moins qu’il s’agit de dissiper l’enfumage par lequel on voudrait faire croire aux Français que les fachos gagneraient du terrain.

photo Reuters

Dans un récent parti-pris qui était aussi un état des lieux, Pascal Riché cherchait vainement quel progrès le FN avait bien pu faire depuis 1995.

« Nous sommes en 2014. En vingt ans, la crise s’est approfondie, le gouvernement a abandonné tous ses pouvoirs aux forces du marché et aux eurocrates anonymes de Bruxelles : dans ce contexte aussi délétère, le FN aurait dû croître comme d’autres partis nationalistes en Europe. Mais non : comparé aux élections municipale de 1995, le FN fait du surplace :

  • En 1995, la plus grande ville ravie par le FN était Toulon, 170 000 habitants ;
  • en 2014, c’est Fréjus, avec seulement 52 000 habitants.

Ensuite, après avoir noté que les ténors Aliot, Collard et Phillippot ont été désavoués lors de ces municipales, restait à dire un mot sur ce qui nous a été présenté comme « un gros morceau », à savoir le septième secteur de Marseille, c’est-à-dire les XIIIe et XIVe arrondissements, soit 150 000 habitants. Les électeurs y ont promu le FN Stéphane Ravier, mais ils l’ont promu à quoi exactement ? Slate a étudié la question :

« Le maire FN aura la haute main sur les centres aérés et les terrains de boules, et pourra s’opposer pour le principe aux projets de Gaudin… ». En effet, les choses sérieuses, l’impôt et le budget, sont de la compétence du conseil municipal, ce que La Provence résume ainsi : « En tout et pour tout, Ravier n’aura compétence que sur les centres culturels de quartier et les centres aérés, les espaces verts de moins d’un hectare, les terrains de boules et certains stades. Et aussi, tiens, l’animation des comités de quartiers. Pour l’ensemble de ces équipements, la mairie des XIIIe-XIVe dispose d’un budget de… 2 euros par habitant. »

Il vaut donc la peine de regarder de plus près qui sont les 11 nouveaux maires FN qui ne se veulent pas fachos.

Stéphane Ravier, qui a remporté le 7ème secteur de Marseille, vieil admirateur de Jean Marie Le Pen, est pour la peine de mort. lien

Robert Ménard, vainqueur à Béziers, a pris dans son équipe André-Yves Beck, issu d’un groupe d’extrême droite. lien

David Rachline, élu à Fréjus, propose un discours lisse et prudent, évitant le moindre dérapage, choisissant « l’égalité contre la préférence étrangère ». lien

Steeve Briois, manie la contradiction, révélant son homosexualité, mais refusant le mariage gay, son couplet favori étant : « les politiques ne font rien contre l’immigration et l’insécurité », (lien).

Joris Hebrard (Le Pontet) donne dans le consensuel : baisse des impôts et défense de la laïcité face au communautarisme.

Fabien Engelmann, nouveau maire de Hayange, fan absolu de BB, est passé du NPA au FN…(lien).

Julien Sanchez, élu à Beaucaire a fait de la lutte contre les kebabs et le commerce halal son cheval de bataille, (lien).

Marc-Etienne Lansade regrettant que sa ville de Cogolin attire les islamistes, veut revoir l’organisation de la police, (lien).

Franck Briffaut, vainqueur à Villers-Cotterêts s’oppose entre autres dans son programme à la gratuité totale de l’IVG (lien).

Et Philippe de la Grange ferme la marche au Luc, et ce diplômé en marketing est peut-être à l’origine de la stratégie du « pied dans la porte ». lien

Pourtant la présidente du FN avait assuré ne pas vouloir faire d’idéologie dans les villes gagnées. lien. Ni droite ni gauche, qu’elle a dit, la dame. Ben… c’est assez mal barré et on ne nous lèvera pas du nez que ça empeste encore et toujours le moisi d’extrême droite, procès à répétition ou pas.

 

le fil sémaphorien_avril2014_n°1

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Le gouvernement turc a décidé jeudi 3 avril de lever le blocage du réseau Twitter. La Cour constitutionnelle turque avait jugé mercredi que la mesure constituait une violation de la liberté d’expression et ordonné sa levée immédiate. L’accès au réseau Twitter avait été bloqué sur instruction du premier ministre Recep Tayyip Erdogan, menacé par la diffusion quotidienne de bandes audio dans lesquelles le premier ministre turc demande à son fils de dissimuler plusieurs millions de dollars, alors que la police procède à un vaste coup de filet anticorruption.

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La présidente du Front national, Marine Le Pen, a été condamnée, jeudi 3 avril, à 10 000 euros d’amende par le tribunal correctionnel de Béthune (Pas-de-Calais) pour avoir diffusé de « faux tract » visant Jean-Luc Mélenchon.

Marine Le Pen était citée à comparaître pour « manœuvre frauduleuse » et publication d’un montage sans le consentement de l’intéressé, délits passibles d’un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende, ainsi que d’une peine complémentaire de privation des droits civiques, autrement dit d’inéligibilité.

« C’est une condamnation sans faille (…) qui démontre que Marine Le Pen a eu des agissements délinquants, répréhensibles, contraires aux valeurs fondamentales de la République, et c’est un grand jour pour la démocratie », a réagi Me Raquel Garrido, avocate de Jean-Luc Mélenchon. Mme Le Pen n’est pas condamnée à l’inéligibilité.

Source Le Monde

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le dessin du jour (2 avril)

Ségo_le retour_3

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Quand Edwy Plenel se trompe : « Il n’y aura pas de Manuel Valls Premier ministre, c’est impossible. La ligne Manuel Valls a été sanctionnée dimanche ».


plenel-bfmtv par asi
C’était un pronostic de l’entre deux tours. Edwy a dû reconnaître son erreur de jugement dans un tweet.

Et là, on serait prêt à parier qu’il voit juste : Plus dure sera la chute.

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Élections : des lendemains qui déchantent. Petite revue de presse…

« Liliane, fais tes valises ! » doit répéter Georges Marchais du fond de sa tombe…

Le PC perd 19 villes de plus de 10 000 habitants sur 81, et 7 villes de plus de 30 000 habitants sur 28, provoquant un recul communiste inédit depuis les élections de 1983 et 1989.

Lire en détail sur : http://www.regards.fr/web/municipales-pc-l-autre-berezina,7615

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Autre débâcle : celle des socialistes qui ont perdu plus de 150 villes de plus de 10 000 habitants, dont certains bastions historiques.

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Plusieurs journaux et sites ont mis en ligne une carte interactive où l’on peut trouver le résultat de sa commune, de sa région. Cliquer sur la carte pour accéder à mise en ligne par Sud-Ouest.

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Ayrault_l’étrange silence

ce ne sont que 8 secondes, mais elles semblent une éternité.

Il paraît qu’il a failli dire : « Les citoyens ont légitimement le sentiment que ce gouvernement a renoncé à transformer la société. Qu’une oligarchie politique et économique dirige le pays et que le gouvernement n’y a pas mis fin ». Mais non, on déconne. Le 1er avril tout est permis en info. En réalité c’est l’eurodéputé EELV Yannick Jadot qui a dit ça. Même qu’il a ajouté : « Dire que les Français n’ont pas compris est insupportable. Ils ont compris que jusqu’à maintenant, le gouvernement s’était plus inquiété de convaincre le Medef de sa crédibilité que de combattre le chômage hors du logiciel libéral européen. Et le symbole Valls, ce n’est pas celui de plus de social et de plus d’écologie. » « Si c’est Valls, Hollande nous fait Guy Mollet »

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Allocution du président François Hollande

« Ce sont les entreprises qui créent les emplois.» Vous avez entendu ? La politique de l’offre est maintenue et il ne faut donc espérer aucun changement.

Car non, monsieur Hollande, ce ne sont que très accessoirement les entreprises qui créent l’emploi. Ce qui crée l’emploi, c’est d’abord un chiffre d’affaire, et pour cela il faut des acheteurs, donc des citoyens disposant d’un pouvoir d’achat. C’est ce qui alimente une boucle d’activité économique où chacun est le fournisseur et le client de quelqu’un. C’est ce que nous appelons un cercle vertueux. Hors d’une hausse spectaculaire des bas salaires et des minima sociaux, aucune relance n’est possible pour vaincre l’austérité. Et on vous met au défi de trouver un seul économiste qui aurait le courage de venir expliquer le contraire à la face de tous les Français. Vous continuez donc dans le mensonge.

Ensuite, pourquoi faudrait-il accepter la logique de l’Union Européenne, de l’Organisation Mondiale du Commerce, des milieux financiers, des grandes multinationales… ? Absolument aucun de leurs dirigeants n’ont été élus ! Allons-nous rester encore longtemps dans le déni de la démocratie et la perte des souverainetés ?

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Mélenchon appelle à manifester le 12 avril par FranceInfo

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Et pour finir sur Valls, on peut se souvenir que sous la plume d’Alain Gresh, Le monde Diplo avait déjà prévenu en mai 2012 : Vous avez aimé Claude Guéant ? Vous adorerez Manuel Valls. à lire ou relire:  http://blog.mondediplo.net/2012-05-16-Vous-avez-aime-Claude-Gueant-Vous-adorerez-Manuel

Dark Vador, candidat à la présidence de l’Ukraine

(Ce post reprend une dépêche AFP, également reprise par Le Monde.)

Un personnage inattendu s’est déclaré samedi 29 mars candidat à la présidentielle en Ukraine afin de redorer le blason de son pays : Dark Vador (Darth Vader en anglais). Le seigneur maléfique de la Guerre des Etoiles est le candidat officiel du parti ukrainien de l’Internet (UIP). Enregistré officiellement en 2010, le parti ukrainien de l’Internet vise, entre autre, à créer un gouvernement électronique en Ukraine, une transition vers les médias numériques et à offrir des cours d’informatiques gratuits à tous les citoyens.

« Après avoir remporté les primaires haut la main, le camarade Vador sera le candidat de notre parti », a déclaré le chef du parti Dmitri Goloubov samedi lors de la cérémonie officialisant la candidature. L’UIP a indiqué avoir déboursé les 2,5 millions de hryvnia (165 000 euros) requis pour enregistrer son candidat, et n’a pas dévoilé le nom de la personne sous le costume.

Dark Vador avait également fait irruption au ministère de la justice à Kiev, pour tenter de rétablir le statut légal et officiel du parti ukrainien de l’Internet. Le ministère avait en effet décidé de retirer ce statut à l’UIP, car il ne disposait pas de bureaux régionaux.

Article complet sur Le Monde : http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2014/03/30/imperial-dark-vador-candidat-a-la-presidence-de-lukraine/

L’hidalgo Valls passe aux manettes

Selon Jean-Luc Mélenchon : « à un désastre électoral, le chef de l’État répond par un suicide politique. ». Pour Mediapart, « Valls à Matignon : un triple contre sens ». L’Humanité titre : La double peine.

En nommant Manuel Valls premier ministre, François Hollande fait un choix contraire aux leçons des municipales. Là où une demande de gauche et de justice sociale s’est exprimée, le président brandit le discours d’ordre, de sécurité et de libéralisme : celui-là même qui a organisé la descente aux enfers de la gauche.


« La politique de F. Hollande a rencontré son… par lepartidegauche

Bonus sémaphorien :

Léo Ferré disait déjà de la gauche qu’elle était la salle d’attente pour le fascisme. Parole d’anar ? Peut-être. Mais ça vaut le coup d’y réfléchir pour mieux cerner le désastre électoral de la gauche de 2014.

les lecteurs informent

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Contre l’enfumage, rien ne vaut une image

Et pour ceux qui penseraient à une intox du Front de Gauche, voici un des rares articles, sur le site d’Europe 1 :

http://www.europe1.fr/Municipales/Il-y-a-la-gauche-qui-pleure-et-celle-qui-rit-1926009/

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Texte collectif. Syndicalistes en grand nombre, animateurs de mouvements associatifs, acteurs très divers du monde de la culture, universitaires, responsable et élus de formations politiques de gauche, ce sont 200 personnalités qui, ensemble, ont signé cet appel et organisent une marche nationale le 12 avril prochain à Paris, de République à Nation. Une marche qui portera la colère contre l’austérité et exigera l’abandon du pacte de responsabilité, et qui portera aussi l’espoir d’un rassemblement nouveau pour des alternatives.

Nous n’en pouvons plus de voir la droite et l’extrême droite battre le pavé avec leurs cortèges de haine de l’autre, d’intolérance, de racisme, de sexisme, d’homophobie et d’intégrisme.

En France, comme dans toute l’Europe, la rigueur budgétaire et l’austérité imposées par la Commission européenne, François Hollande et le gouvernement pour satisfaire les marchés financiers nourrissent ce climat malsain. Les conséquences sont là : services publics démantelés, acquis sociaux mis à mal… Le chômage monte, la précarité s’étend, les jeunes galèrent, les salaires et les retraites sont en berne. Les inégalités se creusent tandis que les grandes entreprises versent aux actionnaires des dividendes insolents. Partout ces politiques provoquent indignation, colère et désespoir. Elles nous révoltent.

Suite de l’article et liste des signataires : http://www.humanite.fr/node/562120?IdTis=XTC-FT08-FBY9TK-DD-DMCLQ-CJH

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BANGLADESH : LES MARQUES DOIVENT INDEMNISER LES VICTIMES DU RANA PLAZA 

Bientôt un an d’attente pour les victimes du drame du Rana Plaza. L’effondrement de cet immeuble au Bangladesh a causé la mort de 1 138 personnes et a fait plus de 2000 blessé-e-s, essentiellement des ouvrières fabriquant des vêtements pour des grandes marques européennes et américaines. Les victimes et leur famille n’ont à ce jour aucune garantie qu’elles toucheront une indemnisation complète, juste et transparente, qui leur permette de reprendre une vie digne. 

Plus d’excuses : les marques doivent payer ! 

Après plusieurs mois de négociation, un fonds d’indemnisation des victimes du Rana Plaza a été mis en place. A ce jour, seules 10 des 28 marques identifiées au moment des faits ont confirmé publiquement leur participation au fonds d’indemnisation.

A l’approche de ce sinistre anniversaire, Peuples Solidaires et le Collectif Ethique sur l’étiquette appellent BENETTON, CARREFOUR et AUCHAN à contribuer de manière significative et dans les plus brefs délais à l’indemnisation des victimes et de leur famille !

Écrivez à Benetton, Carrefour et Auchan pour qu’elles participent au fonds d’indemnisation

 

Signez cet Appel Urgent et diffusez-le à vos contacts !

 

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Élections municipales. La gauche Nîmoise. Analyse et point de vue, celui de Claude Mazauric.

                                     La colère du mardi

Je le dirai sans phrases supplémentaires : pour le second tour des élections municipales à Nîmes, le 30 mars, je me soumettrai sans état d’âme à la décision qui sera prise par les animateurs de la liste conduite par Sylvette Fayet « Vivons Nîmes ensemble » : ils ont montré que nous devons et pouvons leur faire confiance. Dans le court délai qui nous sépare de la décision à prendre, je m’en remets à elles et eux du choix politique qui s’imposera.

Mais tout ne se résumera pas à cela.

D’abord, il faut bien mesurer le succès réel qu’a représenté pour notre liste le fait d’atteindre 12% au premier tour et d’ainsi talonner la liste conduite par la candidate hollandiste du premier tour, car ce n’est pas un résultat anodin.  Dumas et ses acolytes hollandisés subissent une vraie déroute au regard de leurs ambitions et du (faux) sondage qu’ils avaient commandé pour tenter de nous décourager : moins de la moitié du résultat attendu ! Atteindre 12 % des exprimés pour notre liste de rassemblement, alors que trois notables successifs et félons (Cavard, Boré, Bernié-Boissard), qui devaient tout de leur notoriété publique au fait d’avoir porté naguère la livrée de l’élu dit « communiste », connaissent la disqualification, c’est plus qu’une leçon de morale : une éloquente démonstration de la justesse du choix politique et stratégique que nous avons réussi à mettre en œuvre depuis 2009. Le fait que, dans ce contexte, la droite ne fasse pas mieux qu’en 2008, inspire une joie modeste.  Que l’abstention massive, ou encore le (re)gonflement du vote protestataire dont profite le parti mariniste, soient des données certes absolument préoccupantes pour l’avenir, n’invalident en rien la portée des constats précédents dont les résultats nationaux corroborent d’ailleurs la validité et montrent la pertinence. Lire la suite

Ce viol permanent de la démocratie

Nous avons déjà parlé (fil précédent) de l’odieux non contrôle du temps de parole des candidats par l’inutile, et donc coûteux, CSA. Voici un petit complément fort instructif, à l’attention des gens honnêtes, ceux qui mettent tout dans la balance avant de se faire une plus juste opinion.

Sur un total de plus de 5 heures de temps d’antenne consacré aux municipales, le Parti de Gauche a disposé de 6 minutes et 57 secondes au total en 5 semaines sur France Inter et France Info. Soit 2% du temps d’antenne ! Des radios publiques ! Le PCF n’a eu que 38 secondes sur France Inter soit 0,35%, pendant que l’UMP, le PS et le FN se partageaient plus de 80% du temps d’antenne.

Les journaux de 13h et 20h de France 2 et France 3 sont édifiants. France 2 et France 3 n’ont jamais, vous avez bien lu : jamais, donné la parole au Parti de Gauche dans ces émissions. France 3 n’a jamais donné la parole au PCF non plus.

Voici un tableau donné par les médias eux-mêmes, Source :http://www.regards.fr/web/temps-de-parole-bfm-la-part-belle,7574

Pas vu à la télé

Voici donc des infos que vous ne trouverez pas ailleurs que sur les blogs du Front de Gauche, et bien sûr avec force détails sur celui de Mélenchon. (Cliquez sur « Pas vu à la télé » et vous y allez droit).

Après 40 ans de présence, le FN a été en mesure (mais on sait avec quelles difficultés) de présenter 594 listes dans tout le pays. Les journaux de révérence comme Le Monde voudraient présenter ça comme un record. Ça tombe mal pour qui a de la mémoire, ce chiffre est à peine meilleur qu’en 1995. Le Front national a présenté une liste dans 450 communes de plus de 10 000 habitants. Et alors ? Qui a remarqué qu’après seulement cinq ans d’existence le FDG y parvient déjà dans plus de 600 ?

De même, il y a un nombre record d’élus lepénistes au premier tour ? Combien ? 473 ! Et au Front de Gauche ? Plus de deux mille. Le Front national gagne une ville au premier tour, Hénin Beaumont ? Le Front de Gauche en gagne 43 au premier tour (L’Huma de lundi en annonce 67). À quoi on pourrait presque ajouter le 68ème, René Revol, dirigeant national du PG, qui a réuni 49,97% des suffrages à Grabels !

Ces chiffres n’ont pas été évoqués une seule fois dans la soirée électorale, ni le lendemain matin, ni midi, ni soir. Il n’empêche que le résultat moyen du FDG est de 11,42 % pour plus de 600 listes. Au total, 308 listes dépassent les 10 %, là où le FN les dépasse dans 316 villes. Huit listes d’écart entre les deux fronts et il faudrait parler de triomphe du FN ? Au bout de 40 ans pour l’un et seulement 5 ans pour l’autre ? C’est ça la vague bleu Marine ? À moins d’avoir la nostalgie du bruit des bottes sous vos fenêtres, ouvrez plutôt les yeux face à l’enfumage médiatique. Que Marine l’ait bien joué, c’est évident, chapeau l’artiste ! Mais grâce à qui ? Honte à ceux-là !

Accessoirement vous pouvez aussi savoir que les 82 listes FDG avec EELV recueillent en moyenne 15,32 % de suffrages. C’est infiniment plus que la moyenne du Front national ! C’est aussi bien davantage que les 9,69 % recueillis par les 95 listes où EELV s’était présentée seule. Il est clair qu’un autre horizon politique se dessine malgré la chape de plomb des enfumeurs. Ça vaut le coup d’y réfléchir. Et bien sûr, on en reparle très bientôt, car on ne lâche rien.

Bonus : petit jeu. Un mélenchon s’est caché dans le dessin ci-dessous. Saurez-vous le retrouver ?

De Copé à Hubert Dubedout

Extrait du 9h15 de Daniel Schneidermann lundi 24/03/2014

Et Copé intervint en duplex. France 2 venait de livrer une volée de résultats de municipales impossibles à interpréter, quand arriva Copé, en direct de Meaux. Ah tiens oui, à propos, Copé était candidat à Meaux. Et réélu. Dès le premier tour. Avec 64% des voix. Réélu au premier tour, comme Woerth à Chantilly, ou Balkany à Levallois. Copé, Woerth, Balkany. Éclatante démonstration de la résignation de l’électorat aux tripatouillages, aux arrangements, aux villas de rêve aux Antilles, au personnel municipal larbinant au domicile du maire, aux bureaux d’études copains. Il ne s’est pas trouvé, à Meaux, Levallois et Chantilly, assez d’abstentionnistes de gauche pour trouver l’énergie d’aller jusqu’au bureau de vote, barrer la route à ces maires impliqués dans les « zaffaires ». Si Buisson avait été candidat, qui peut jurer qu’il n’aurait pas été élu ? (…)

Allez, une note d’optimisme. Vous avez entendu parler de Marseille, deHénin-Beaumont, de Paris 14e, de Béziers, de Beaucaire, d’Avignon. Avez-vous, dans les soirées télé électorales, entendu parler de Grenoble, où une alliance EELV-Parti de Gauche, menée par un certain Eric Piolle dont la biographie n’est pas sans rappeler un certain Hubert Dubedout, est arrivée en tête (29%), devant le candidat PS-PC (25%) ? Comme je sais que la réponse est non, et je crois deviner que le sort de Grenoble pourrait bien vous intéresser dans la semaine qui vient. On en reparlera.

Et comme on parie que vous serez peu nombreux à savoir qui fut Hubert Dubedout, ça vaut le coup de consulter sa page Wikipédia. Des hommes politiques comme ça, oui, on en redemande.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Hubert_Dubedout

Voter, c’est extrêmement important !

Dimanche allez voter, mais vérifiez la gestion communale avant !

Les médias disent « craindre » une forte abstention aux municipales. De fait, on pourrait être tenté de se dire « peu importe qui l’emportera, ils sont tous pires les uns que les autres ».

Ce serait une grave erreur ! Allons-nous donner un chèque en blanc aux nouvelles équipes municipales ? Allons-nous les autoriser les yeux fermés à nous taxer sans se pencher sur l’usage fait de nos impôts ?

Pas question !

Chers amis contribuables, chers citoyens, chers Français, prouvons-leur qu’ils ont tort de diffuser ce message trop facile et pessimiste, donnons-leur une bonne leçon de notre civisme, de nos devoirs et de démocratie :

Consultez l’Argus des communes avant de donner votre confiance à un candidat

Si votre maire se représente ou bien un candidat issu de la majorité sortante, l’Argus des communes est un outil incontournable avant de lui redonner votre confiance : quelle a été sa gestion ? Connaissez-vous l’évolution des dépenses communales, celle de la fiscalité, et du niveau d’endettement de la commune ?

Dans tous les cas, consultez l’analyse de votre commune pour connaître l’état des finances.

Pour consulter la note de votre commune sur l’Argus, cliquez sur l’image :

 

Vous pouvez aussi consulter la liste des questions adressées aux candidatsque nous vous proposons à titre d’exemple : elles peuvent vous aider à déterminer si le candidat sera soucieux de bien gérer l’argent public.

Faites passer le mot !

Posez un acte citoyen : en encourageant tous vos contacts d’aller voter et de consulter l’Argus des communes avant !

Votez et faites voter en consultant l’Argus des communes

1) Je vérifie la note de mon maire et je la partage autour de moi

2) Je transfère ce message à tous mes contacts

3) Je vais voter en connaissance de cause !