Réactions d’ici et là face aux législatives

L’article qui suit est la compilation du « fil législatif » que nous avons tenu en page d’accueil du 12 au 17 juin 2012, infos et réactions diverses axées principalement sur notre 2eme circonscription de Petite Camargue.

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En Grèce et en France : place au peuple par PlaceauPeuple

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Quand on dit que les digues ont sauté…

L’imitateur et humoriste Gérald Dahan, spécialiste des canulars téléphoniques et soutien de François Hollande pendant la campagne présidentielle, a piégé hier Nadine Morano en se faisant passer pour Louis Aliot, n°2 du Front National et compagnon de Marine Le Pen.

Le pitch est simple: Dahan-Aliot appelle Morano sur son portable pour tenter de troquer un retrait de l’UMP Etienne Mourrut dans le Gard contre un soutien du candidat FN dans la circonscription de la proche de Sarkozy où elle est en difficulté. «Monsieur Mourrut s’est maintenu parce que François Fillon lui a demandé de le faire»

écouter l’appel (presque) intégral sur Sud Radio : http://www.sudradio.fr/10/podcasts/

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Jeudi 14 juin

Tout notre soutien à Éline Enriquez-Bouzanquet, suppléante d’Étienne Mourrut, victime hier soir vers 23 heures d’une agression devant son domicile à Saint Dionizy. Le jeune femme a été frappée de deux coups de poing au visage par un homme qui l’attendait.

Selon radio France Bleu Gard Lozère, l’agression aurait été assortie de propos racistes (information non confirmée par la gendarmerie mais néanmoins par le procureur de la République de Nîmes Robert Gelli). Selon LCI, l’agresseur aurait accusé la jeune femme de « faire le jeu des arabes », lui reprochant le maintien au second tour du député sortant UMP qui favoriserait la candidate socialiste et par conséquent l’immigration.

Une enquête est menée par la Brigade de recherches de Vauvert.

La réaction de Katy Guyot

« Je suis scandalisée par cette agression et souhaite à Éline Enriquez-Bouzanquet un bon rétablissement. Le débat démocratique nécessite sérieux et sérénité, il ne saurait sombrer dans la virulence, la violence ou la haine »

La réaction d’Etienne Mourrut

« Ceux qui ont fait ça sont des salopards« . Selon lui, l’agresseur aurait aussi menacé de s’en prendre à lui. Contacté par le préfet, le candidat UMP a refusé de bénéficier d’une protection particulière pour ses derniers jours de campagne.

La réaction de Gilbert Collard

Je condamne sans réserve l’agression dont a été victime la suppléante de M.Mourrut, Éline Enriquez-Bouzanquet. Tout au long de ma campagne, j’ai été suivi par la presse, je n’ai jamais tenu le moindre propos de haine. J’ai demandé à Éline Enriquez-Bouzanquet, si elle accepte, d’aller lui dire tout mon respect et mon soutien. Je suis moi-même l’objet de menaces sérieuses, dans l’ignorance, je ne les attribue à personne. Je souhaite que cette campagne se termine dans le calme et LE RESPECT DE TOUS. Et je me demande à qui profite le crime ? En tout cas, pas à nous !

Hospitalisée, Éline Enriquez-Bouzanquet est sortie après plusieurs examens.

Toujours ce jeudi, en fin d’après-midi, elle confiait à Midi Libre :

« Si je reste choquée psychologiquement et atteinte physiquement par cette agression, j’écarte toute hypothèse selon laquelle nos adversaires politiques sur la circonscription pourraient en être tenus responsables.Je remercie toutes les personnes qui m’ont témoigné leur soutien et leur sympathie suite à l’agression dont j’ai été hier (mercredi) victime. Je reste fidèle à mes idées de droite et déterminée à ce qu’aucun député de gauche ne soit élu »

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Dans tous les cinés de la circo cette semaine :

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mercredi 13 juin

Sous le titre « Mourrut-FN : un accord seulement différé » une réflexion intéressante de Didier Caire (EELV-Les Verts) :

Par de fortes pressions des instances nationales de l’UMP allant jusqu’à la menace d’exclusion, M. Mourrut, qui souhaitait se retirer au bénéfice de Gilbert Collard, a été contraint de se maintenir au 2d tour. Ce qui de fait augmente les chances d’élection de la candidate socialiste.

On pourrait penser qu’il s’agissait là d’une position personnelle incongrue pour une fin de carrière politique un peu piteuse mais ce n’est pas ça : c’était un choix local collectif de l’entourage du candidat UMP. Adhérents et sympathisants rendent les armes devant l’idéologie frontiste croyant sauver l’essentiel alors qu’ils perdent tout.

Étienne Mourrut pense-t-il sauver sa mairie en s’attirant les bonnes grâces du FN alors qu’il fait acte d’allégeance et aveu de soumission? Curieux calcul perdu d’avance? Peut-être – mais on peut penser qu’en politique expérimenté et roué M. Mourrut ne ferait pas une telle erreur.

Il y a donc une autre hypothèse : lire la suite sur http://camargue.europe-ecologie.net/2012/06/13/mourrut-fn-un-accord-seulement-differe/

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Pour Olivier SCHLAMA (Midi Libre 12/06/2012) « Étienne Mourrut, qui espère terminer plusieurs projets, dont une future mairie pharaonique, est au pied du mur. Faire dissidence aura sans doute un prix. Et, en coulisses, il devra faire avec ses meilleurs soutiens locaux, notamment gaullistes, qui grincent à propos de certains pans de sa gestion municipale.
Actuellement, période de fragilité, tout fait critique. Comme l’installation récente d’une barrière interdisant le passage de tout véhicule sur le quai Colbert, les « Champs-Élysées » graulens, qui n’a pas suscité que des applaudissements. Ou le TER à 1 € qui importerait la délinquance des cités de Nîmes. »

« Il n’y a pas assez de CRS ni de policiers municipaux l’été. Une partie des commerçants seront tentés de voter pour le changement« , croit savoir ce patron de bar.

POINTURES : Soutiens au PS

Ce jeudi, Noël Mamère, député-maire de Bègles (EELV) et peut-être le maire de Paris, Bertrand Delanoë, soutiendront à Nîmes les candidats de la majorité présidentielle du Gard.

Vendredi, Manuel Valls, certainement accompagné du président de Région Christian Bourquin, viendra soutenir Katy Guyot. Le nouveau ministre de l’Intérieur était déjà venu sur la 2e circonscription du Gard, à Saint-Gilles, la semaine dernière, pour porter le fer face à Gilbert Collard.

« J’ai une proximité avec Manuel Valls, assure Katy Guyot. Et s’il faut expérimenter en matière de sécurité, c’est bien sur ce territoire qu’il faut le faire. Mon élection pourrait permettre cela… »

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15h 20 sur BFM tv info

Gard : le député sortant UMP Étienne Mourrut se maintient au 2ème tour face à Gilbert Collard (FN) et la candidate PS  Katy Guyot

M. Mourrut a déclaré qu’il se maintenait pour le second tour des législatives pour « porter haut et dignement les valeurs de la droite et du centre ».

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15 h.     Les digues se fissurent

l’UMP Roland Chassain a annoncé son retrait au profit de la candidate du Front national face au socialiste Michel Vauzelle. l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) parle « d’attentat politique ».

Étienne Mourrut a rappelé qu’il avait jusqu’à 18 heures pour annoncer sa position, qu’elle le sera par communiqué mais aucune interview accordée.

Florian Philippot, le porte-parole du « Rassemblement bleu Marine » a confirmé que Marine Le Pen devrait annoncer ce soir un ou deux désistements, ce qui pourrait signifier une forme de « réciprocité » envers des candidats UMP dans un contexte beaucoup plus favorable pour le FN.

SOS Racisme dénonce trois « candidats de la honte », deux de l’UMP, l’ex-ministre Nadine Morano et Roland Chassain, et une du PS, Catherine Arkilovitch, que l’association accuse de faire le jeu du Front national.

« Cette droite républicaine, qui aujourd’hui n’existe plus, n’a plus de clarté idéologique, n’a plus de principes, n’a plus d’ordre, qui est dans la confusion absolue, et qui est en train de tomber dans le piège que lui tend Marine Le Pen, d’un côté on ne condamne pas le Front national, et de l’autre coté on subit les listes noires« , a dit Pierre Moscovici sur Europe 1.

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12/06/2012 | 12:50 info france télévision
Cette triangulaire, si elle est maintenue, dans la 2ème circonscription du Gard conditionnera la situation dans la 3ème.

Gilles Caïtucoli, le candidat FN , qui avait annoncé son retrait dès le lendemain du premier tour, serait contraint de se maintenir si l’UMP Étienne Mourrut repart à la bataille. Un donnant donnant, confirmé entre les lignes par Alain Jamet et démenti formellement par Gilbert Collard que nous avons joint au téléphone.
Deal confirmé à l’AFP

« Je retire ma candidature si M. Mourrut en fait autant. On m’a demandé de le faire », a déclaré M. Caïtucoli, joint au téléphone par l’AFP.

Interrogé dans la matinée, M. Mourrut a confirmé qu’il annoncerait « en début d’après-midi »sa décision de se maintenir ou non dans la triangulaire qui l’oppose au candidat FN Gilbert Collard (34,57%) et à la PS Katy Guyot (32,87%).
« Ma décision est prise mais je dois encore l’annoncer à quelques personnes », a ajouté l’élu UMP.

aller directement à 6’40 » pour la partie concernant la 2eme circonscription

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Déclaration du Front de Gauche_Gard

 

 

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Mardi 12_ MESSAGE DE KATY GUYOT

Bonjour à tous,
Avec 32,87% des voix, soit 16948 suffrages, les électeurs m’ont placée en seconde position dimanche 10 juin.
C’est un très beau score, le meilleur score de gauche de tout le département (PS, EELV, MRC, PRG).Ce score je vous le dois ainsi qu’à tous ceux que vous avez convaincus, gagnés à nos idées, à notre combat.

Le FN et son illusioniste sont devant nous. Le menteur de Vichy, l’abuseur des pauvres gens.

Le combat sera rude. A l’heure où je vous écris, je ne sais pas encore quelle sera la décision d’Etienne Mourrut. Je doute qu’il se maintienne. C’est dire si le risque est grand de voir l’avocathodique faire des effets de manche à l’assemblée. JE NE PEUX PAS M’Y RÉSOUDRE. JE NE M’Y RÉSOUDRAI JAMAIS.
Il ne s’agit plus aujourd’hui d’un combat pour des idées mais pour des valeurs, celles de la France née de la Révolution française, qui porte aujourd’hui une image à travers le monde.

Plus que jamais il faut se mobiliser, aller chercher les abstentionnistes, toutes les voix des républicains, convaincre, arracher les votes un après l’autre dans le porte à porte, sur les marchés, au travail, au supermarché, etc.
Lancez des appels via facebook, touchez les jeunes, informez tous vos contacts.
Nous avons besoin de solutions pour l’emploi, pour la sécurité, pour la santé, pour le logement, pour l’environnement, pour nos traditions, pour notre agriculture…
Avec François Hollande, nous avons ces solutions. Manuel Valls sera à nouveau parmi nous jeudi ou vendredi.

Faites le savoir et rappelez que :
jeudi 14 juin aura lieu un grand meeting à Vauvert, à 18H30

Je compte sur vous.
J’ai besoin de vous. Notre territoire a besoin de toutes les forces vives !
Amitiés
Katy

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mardi 12_un mot de Danielle FLOUTIER aux militants et à tous les citoyens qui ont défendu le Front de Gauche.

Cher(e)s ami(e),
Je souhaite vous remercier pour tout le travail que nous avons réalisé ensemble pendant près de 10 mois. Même si mes résultats ne sont pas au niveau de nos espérances je veux retenir une chose qui me parait fondamentale : nous avons appris à travailler ensemble, à nous respecter malgré nos différences. Nous avons su créer une dynamique et tisser des liens d’amitié qui, je le souhaite, seront durables. Je pense que beaucoup d’entre nous souhaiteront poursuivre le chemin nouveau que nous avons ouvert pour un monde meilleur. Vous m’avez beaucoup apporté. Je vous remercie.
Affectueusement.
Danielle
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L’UMP a opté ce lundi 11 juin pour le ni-ni (ni Front national, ni Front républicain) en vue du second tour des législatives dans les circonscriptions où un candidat de gauche se retrouve seul en lice face à un candidat FN. Une position opposée à celle du PS.
M. Copé a rappelé que l’UMP « demande à l’ensemble de ses candidats »  qualifiés pour le second tour « de se maintenir », selon des participants. « Si  l’un des nôtres se retirait, il serait désapprouvé par notre famille  politique ».
C’est le cas de Roland Chassain, arrivé 3e dans la 16e circonscription des  Bouches-du-Rhône (Les Saintes Maries), qui a annoncé lundi à l’AFP qu’il se retirait pour tenir sa  « position » qui est « tous contre Michel Vauzelle » (PS). Il pourrait être imité  par Étienne Mourrut dans la 2e du Gard.

Jean-François Copé a « condamné » ce retrait, sans toute fois en dire plus.

l’ancien ministre UMP de l’intérieur, Brice Hortefeux, a lui aussi tenté de décourager toute initiative locale

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Pour l’élu d’opposition aigues-mortais Didier Caire (EELV-Les Verts), les législatives deviennent « un ennuyeux troisième tour de la présidentielle qui montre l’état de dégradation de l’esprit parlementaire et traduit le caractère outrancièrement présidentialiste du régime, une forme de bonapartisme. »  Après avoir pris note de ce que les résultats décevants se suivent pour Europe Écologie Les Verts, Didier Caire met en avant deux principales raisons : « une stratégie politique hasardeuse et peu lisible d’accord avec le PS et une course peu digne aux postes ministériels, et l’inactualité dans l’opinion des questions écologiques, qui ne laisse pas d’inquiéter quand l’urgence écologique n’a jamais été aussi pressante. »

Par ailleurs, si Gilbert Collard arrive en tête en profitant de l’effet « vu a la télé », il semble clair que la candidate PS, Katy Guyot, a bénéficié du vote utile du fait du soutien d’EELV et de ce que les résultats du Front de Gauche n’aient atteint que la moitié de ce qu’avait réalisé JL Mélenchon lors des présidentielles. A quoi il faut ajouter, pour expliquer « l’effet Collard », la chute libre d’Etienne Mourrut qui perd 24 points par rapport à 2007 et pour lequel « il se pourrait aussi que les errements de gestion locale relevés par les magistrats commencent à peser. » (voir nos articles précédents)

Quoi qu’il en soit, pour l’élu écologiste, « la stratégie d’Etienne Mourrut est emblématique de la porosité nouvelle entre UMP et FN. (…) Cette dérive est alarmante et suicidaire, la sanction le prouve. » Quant à l’alliance avec le Front National, sur laquelle M. Mourrut s’interroge depuis hier soir, Didier Caire y voit, comme bon nombre d’électeurs, une tentative désespérée de « sauver son siège de maire du Grau-du-Roi explicitement menacé par Gilbert Collard » et gage que par cette reculade supplémentaire il signe sa perte définitive.

La dynamique est aujourd’hui clairement du côté de Katy Guyot et de ses alliés qui doivent pouvoir l’emporter lors de ce 2ème tour à haut risque. La mobilisation doit être sans faille. Europe Écologie Les Verts appelle à voter et faire voter pour Katy Guyot dimanche 17 juin.

Lire l’article intégral sur le blog de Didier Caire :  http://camargue.europe-ecologie.net/2012/06/10/legislatives-30-02-mourrut-sanctionne-ps-et-verts-unis-pour-lemporter-dimanche-prochain/

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LA QUADRUPLE DEFAITE SELON MEDIAPART (sous la plume de François Bonnet)

La première défaite est celle de la participation
l’abstention n’a cessé de progresser : de 34,3 % en 1988, elle est passée à 35,6 % en 2002, à 39,6 % en 2007 et fait aujourd’hui un bond à environ 42,77 %.

l’argument massue fut assené : voter « en cohérence », donner à François Hollande « les moyens de sa politique ». Cette démarche, portée par le bulldozer institutionnel du scrutin présidentiel, donne une victoire certes nette mais sans enthousiasme ni dynamique.

La deuxième défaite est celle des écologistes Europe Ecologie-Les Verts, menacé dans ce cas de devenir le petit supplément d’âme environnemental du géant socialiste.

La troisième défaite est l’élimination de Jean-Luc Mélenchon
le Front de gauche pourrait même maintenant se fracasser sur la question de la participation au gouvernement : ce sera le débat des jours à venir. Au-delà, c’est toute la stratégie du parti de gauche qui sera sans doute interrogée : comment transformer désormais en dynamique politique durable ce qui a été initié durant la campagne présidentielle ?

La quatrième défaite est celle qui menace sérieusement François Bayrou
Faisant au niveau national 1,76 % des voix, le MoDem qui peut espérer dans la meilleure des configurations obtenir trois députés sort fracassé de ces deux élections présidentielles et législatives.

C’est donc ce paysage d’un centre indépendant inexistant et d’une gauche plurielle malade que le parti socialiste va devoir gérer dans les mois à venir.
Le plus probable est que cette situation hégémonique, comme en 1981 et dans une certaine mesure en 1997, laisse le parti socialiste renouer avec ses vieux démons.

Or face à une UMP qui a échappé à la débâcle et continue de peser lourd avec 34,07 % des voix, face surtout à une extrême droite qui confirme ses scores élevés (13,6 % des voix contre 12 % en 2002 et 4 % en 2007) et renforce son implantation territoriale, le PS va devoir prendre le risque d’affronter seul, sans les relais et les dynamiques qu’auraient pu construire les autres forces de gauche, des adversaires déterminés à provoquer son échec. Ce sont là les vraies fragilités d’une victoire monocolore dont ce dimanche vient de démontrer qu’elle ne parvient pas à enthousiasmer les citoyens.

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Sur le blog de Robert Cavaillès, un sentiment largement partagé : Diogène

Après cette seconde pseudo victoire, dans ce flot d’abstention, je me sens un peu comme Diogène une lanterne à la main en plein soleil, il cherchait un homme sur l’agora.

*  moi je ne cherche pas le vainqueur, je le connais, c’est la politique libérale européenne
mandataire du capitalisme libéral financier qui court à son suicide et nous pousse devant lui, ce sont les médias organisatrices du jeu, c’est la monarchie de cette V° République,

* je ne cherche pas le vaincu, je le connais bien que lui-même ne se connaisse pas, c’est le peuple des travailleurs qui continuera de souffrir, c’est la révolution par les urnes qui ne saurait désormais attendre des lendemains plus chantants, c’est l’union de ceux qui voulaient parler VRAI au peuple et porter la cognée sur la racine du mal, ils s’étaient entendus, peu ou prou, ils n’ont pas été entendus, la cognée branle dans le manche, qu’en adviendra-t-il ?

*je ne cherche pas ce qu’il adviendra demain, cohabitation ou non, je sais que très vite sous l’accentuation des pressions du monde beaucoup qui courbaient à peine la tête la relèveront, je sais que dans un tel contexte le fascisme n’est pas loin,

Ce que je cherche avec ma lanterne en plein jour, la gauche, pas celle que l’on étiquette ainsi et qui triomphe, celle qui se bat contre ce qui détruit l’humain, celle qui ne cherche pas à plaire mais qui voudrait entraîner avec elle dans la lutte et la démocratie, non pas celle dont on nous sert à intervalles contre un chèque en blanc mais celle qui veut rendre la souveraineté et donc l’information au peuple, celui qui vote encore et surtout, le plus frappé et le plus découragé, celui qui ne vote plus.

Le changement, c’est au Parlement

Par Mario. Billet d’humeur.

Il s’agit certes d’un parti pris, celui qu’Edwy Plenel publie ce 08 juin 2012, quelques heures avant l’interdiction légale de toute propagande, articles et autres documents qui seraient de nature à influencer le vote de quelque citoyen qui soit. Un parti pris que certains goûteront avec enthousiasme, d’autres peut-être avec plus d’amertume, et pourtant …

Voter est un droit et un devoir, voter aujourd’hui dans ce monde en crise est essentiel, mais voter pour qui, pour quoi, quel programme, quelle démocratie, quelle Europe, quel monde pour demain et qui commencerait dès aujourd’hui ? Chacun répondra à l’aune de ses convictions les plus profondes. C’est néanmoins un appel à la réflexion qu’on peut saisir à travers ce parti pris d’Edwy Plenel. N’étant pas autorisé à en publier l’intégralité, je tenais cependant à partager ces quelques extraits.

« S’il faut une énième preuve des déséquilibres démocratiques du présidentialisme français et des renoncements auxquels ils nous ont habitués, l’actuelle campagne électorale législative nous la fournit. L’enjeu des scrutins des 10 et 17 juin est réduit à la confirmation parlementaire de la victoire du président élu, François Hollande. Or, plutôt qu’une majorité présidentielle dominée par le PS, c’est une majorité du changement, pluraliste et diverse, qui garantira son approfondissement par le rééquilibrage du pouvoir.

(…) Depuis bientôt un demi-siècle – très précisément, le référendum du 28 octobre 1962 instaurant l’élection du président de la République au suffrage universel direct –, nous n’avons cessé de nous habituer à une anormalité croissante : la prépondérance de l’institution présidentielle sur l’institution parlementaire. Pourtant, l’enjeu du changement démocratique qu’ont appelé de leurs vœux une majorité de Français le 6 mai, en mettant fin à l’hyperprésidence sarkozyste pour lui préférer les engagements d’un président « normal », c’est d’inverser ce cours, en rééquilibrant notre démocratie au profit des propositions et des délibérations des assemblées élues, et au détriment de cette dérive qui n’a cessé d’aligner leurs majorités sur la volonté d’un seul, le locataire provisoire de l’Élysée.

(…) C’est donc une démocratie de basse intensité que celle qui dépend des seules limites que se fixent les hommes, au lieu de s’en remettre à des pouvoirs institués qui arrêtent le pouvoir, l’équilibrent ou le contrôlent. Telle est la fragilité foncière du défi politique que s’est lancé le pays en élisant un président qui revendique sa normalité comme ligne de conduite, promesse d’un retour sur la terre ferme d’une démocratie rendue à tout un peuple après l’hystérie de sa confiscation au profit d’un seul et du clan oligarchique dont il défendait les intérêts. Si les premiers pas du nouveau pouvoir attestent plutôt de la sincérité de cet engagement, nous ne saurions, collectivement, nous satisfaire de ces signaux de bon augure. Le changement ne se réduit pas à une délégation de pouvoir à d’autres, mais suppose, pour réussir, une volonté partagée, par tous.

(…) Le garantir et l’approfondir passe par l’élection à l’Assemblée nationale dominée d’une majorité du changement, pluraliste et diverse, plutôt que d’une majorité présidentielle dominée par le seul Parti socialiste. Le paradoxe n’est qu’apparent, mais c’est, sans doute, le meilleur service à rendre à François Hollande pour qu’il soit au rendez-vous non seulement de ses propres engagements de campagne mais des défis immenses qui l’attendent. Une majorité absolue du PS, c’est le risque de ces majorités automatiques, sans délibération véritable ni invention originale, qui n’obligent plus le pouvoir à convaincre, à rassembler, à mobiliser.

(…) L’ensemble des forces politiques qui, peu ou prou, ont apporté leur contribution à la victoire de François Hollande doivent pouvoir peser sur le changement, y apporter leurs contributions, leurs nuances ou leurs exigences.

Aux députés socialistes, inévitablement les plus nombreux à gauche, il nous faut ajouter des députés écologistes d’EELV, mais sans pour autant laisser le PS dans cette union solitaire. Et donc aussi des députés du Front de gauche, dans la diversité de ses composantes. »

J’ajouterai pour ma part, en regard de cette diversité, qu’il ne peut être qu’un seul vote utile, c’est celui des convictions. Celui qui oublie les siennes en entrant dans l’isoloir ne doit pas s’étonner de ne pas les retrouver en sortant.

Et comme c’est le weekend, je me permets de vous emmener au cinéma pour 11 minutes d’un film qu’on peut voir ou revoir, qui parle d’un type de gouvernement qu’on aimerait bien ne plus voir. Il s’agit de l’interprétation du « Président » par Jean Gabin, un film tourné en 1960 par Henri Verneuil. Plus de 50 ans nous séparent de cette vision de l’Assemblée et de l’Europe… autant dire que l’actualité a la peau dure, même si on peut se dire que, là au moins, c’est du cinéma.

communiqué d’Attac

Après la défaite de Sarkozy : vers un juin 1936 européen

Attac se réjouit de la défaite de Nicolas Sarkozy, qui pourrait représenter la première défaite politique en Europe pour les tenants de l’hyperaustérité.  Elle sanctionne l’arrogance d’un président au service d’une oligarchie insatiable. Elle exprime la résistance populaire aux politiques d’austérité, qui s’est manifestée en France par le grand mouvement de 2010 contre la réforme des retraites. Elle suscite l’espoir des peuples d’Europe du Sud, confrontés aux terribles ravages des politiques de la « Troïka », Commission européenne, BCE et FMI. Surtout qu’au même moment se dessine une percée historique de la gauche de résistance aux élections législatives en Grèce, avec une chute des deux partis de gouvernement qui ont mené aux plans d’austérité et à la débâcle du pays.

Mais si le soulagement est grand, l’espoir est fragile. La pression des marchés financiers va monter dans les semaines qui viennent pour contraindre François Hollande à ratifier le Pacte budgétaire imposé par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, avec en guise de « renégociation » quelques vagues déclarations et mesurettes européennes sur la croissance. Ce nouveau traité qui interdit les déficits publics et impose une austérité sans limite, doublée d’un productivisme aveugle qui met à mal la nature, le travail et le travailleur, va pourtant enfoncer l’Europe dans la dépression.

La social-démocratie française et européenne n’a pas encore pris la mesure des ruptures nécessaires pour inverser la tendance. Pourtant les forces progressistes n’ont aucun droit à l’erreur. En cas d’échec en France, la droite et l’extrême droite, dont les convergences xénophobes et autoritaires s’affirment aujourd’hui sans ambigüité, ramasseront la mise de la déception et du désespoir.

Il y a un moyen, et un seul, pour les citoyens d’empêcher cela : la mobilisation sociale, l’intervention directe dans les affaires de la cité. A l’image de juin 1936, mais dans une dynamique d’emblée européenne, nous pouvons imposer nos exigences pour répondre aux urgences sociales, écologiques et démocratiques mises à mal par les politiques actuelles. Renforçons nos syndicats, nos associations, nos partis progressistes ; occupons les places, les espaces publics ; imposons un débat démocratique sur les politiques économiques et sociales, en particulier au plan européen, avec un référendum sur le Pacte budgétaire. Les 18 et 19 mai nous serons des dizaines de milliers à Francfort, à l’appel des mouvements sociaux allemands, pour dire à la Banque centrale européenne : stop à l’austérité, oui à la solidarité !

Attac France, le 6 mai 2012

 

Sarkadhafi_suite

Vendredi 4 mai, de 20h30 à 23 h, Mediapart a diffusé son sixième épisode de Mediapart 2012. Pendant deux heures et demie, les invités ont discuté avec la rédaction du secret libyen de Sarkozy.

Il y a de fortes chances que le document ci-après ne passe sur aucune chaîne de télévision, c’est pourquoi nous le reproduisons à l’attention de ceux qui souhaitent se faire une idée plus précise de ce qui constitue une véritable affaire d’Etat : le financement de la campagne 2007 du clan Nicolas Sarkozy par le clan Kadhafi.


Mediapart 2012 : Sarkozy et le grand soupçon… par Mediapart

 

Aux urnes, citoyens !

Nous ne doutons pas que parmi les lectrices et lecteurs de Sémaphores, un certain nombre a soutenu le Front de Gauche et la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Dès lors que les résultats ont pu susciter quelques déceptions légitimes, il nous semble nécessaire d’apporter quelques précisions en regard de ce que la presse et les médias officiels ne diffusent pas toujours de manière claire. Il semblerait qu’un certain nombre d’électeurs aient en tête de manifester leur déception par une abstention ou un vote blanc. Nous disons : Attention Danger !

Ne pas être représenté au deuxième tour de l’élection ne doit pas altérer les convictions profondes de chacun. L’objectif premier était de chasser du pouvoir Nicolas Sarkozy et il doit le rester. Pas une voix ne doit manquer pour atteindre cet objectif.

A l’attention particulière de celles et ceux qui se sont retrouvés dans les propositions du Front de Gauche, voici ce que Jean-Luc Mélenchon écrit sur son blog (extraits).

« Je souhaite qu’on fasse connaître ma position dans les termes exacts que je lui donne. Je suis déterminé à militer pour convaincre le plus de monde possible de voter pour rejeter Nicolas Sarkozy en utilisant le bulletin de vote François Hollande. Ceci posé sans ambiguïté je désapprouve toute utilisation de mon nom pour m’associer à je ne sais quel rassemblement autour du candidat et du programme des socialistes. Ceux qui croient bien faire en agissant de la sorte font en réalité une terrible erreur. Il faut convaincre et non contraindre. Pour moi, il ne s’agit pas de convaincre du programme de François Hollande, ce n’est pas le nôtre. Je veux convaincre de voter pour battre Sarkozy. Cela suffit. Au deuxième tour on élimine.

Toutes celles qui ont en commun de proposer des débats de substitution à la question du partage des richesses, ou bien qui réservent à Le Pen l’exclusivité de l’expression de la colère populaire sont destinées à aveugler plutôt qu’à éclairer.

Une question qui risque de se perdre en route, si on accepte les bavardages sans fin à propos du Front National, c’est évidemment celle de la méthode pour parvenir à battre Nicolas Sarkozy. Car contrairement à ce qui pourrait se croire trop facilement, voilà qui n’est pas joué d’avance.

Pour être plus clair, je sais qu’un nombre non négligeable de nos électeurs ne sont pas prêts à voter pour François Hollande.

On nous dit que ce serait le cas de 15 à 20 % de nos votants de ce premier tour. Ce pourrait être décisif. Les gesticulations de « Libération » et des autres organes socialistes hostiles au Front de Gauche sont donc totalement contre-performantes. Je connais les raisons qu’ont tant des nôtres de refuser de donner leur voix. Ils n’ont pas l’habitude de la donner sans donner aussi leur confiance. Il n’y a rien à dire contre leur honnête sincérité. Mais je voudrais les convaincre que leur résistance prend toute sa dimension s’ils ne vivent pas le vote Hollande comme une allégeance mais comme le moyen d’une action autonome et conquérante de plus longue haleine. La nôtre. La marche vers la révolution citoyenne.

Le renversement de Sarkozy est le préalable de tout changement. »

Jean-Luc Mélenchon

Lire le texte intégral sur le blog, ainsi que l’analyse des résultats dans certaines villes : http://www.jean-luc-melenchon.fr


Jean-Luc Mélenchon – BFM TV – 24.04.12 par lepartidegauche

 

Par ailleurs c’est l’occasion de faire connaître le journal Cerise, à travers ce numéro spécial consacré au compte-rendu des élections en ce qui concerne le Front de Gauche et aux actions à venir. Vous pouvez l’ouvrir ou le télécharger en cliquant sur le lien : CerisesNumeroSpecialok

Alarme, citoyens !

Très bel édito d’Edwy Plenel en ligne depuis mardi 24 et dommage pour ceux qui ne sont pas encore abonnés à Mediapart, l’un des très rares organes d’une presse encore libre et indépendante. Ne pouvant reproduire l’intégralité de l’article, en voici néanmoins les lignes de force.

Commençons par bien noter ce titre de l’auteur « Alarme, citoyens ! », car le défi qui attend la Gauche est immense : relever la France d’une déchéance politique annoncée, en refondant une République authentiquement démocratique et sociale. Pour le patron de Mediapart, il est clair que « ce premier tour de l’élection présidentielle résonne donc comme un avertissement pour François Hollande : une victoire à la Pyrrhus le guette s’il ne prend pas suffisamment la mesure du sursaut politique qu’appelle la crise française. »

Force est de remonter à quelques trente ans en arrière, d’abord en septembre 1983 lors de la première percée municipale du Front national à Dreux, puis du premier succès aux élections européennes de 1984 où la liste de Jean-Marie Le Pen avait obtenu plus de 2 millions de voix (10,95 % des suffrages). Déjà à l’époque, des élections locales témoignaient de la renaissance de l’extrême droite française et la classe politique se rassurait à bon compte, sans doute confortée par le très petit nombre de journalistes et d’intellectuels qui osaient pointer cette logique du bouc émissaire qui, tout en prenant ses marques, marquait déjà des points.  Aujourd’hui, relève Edwy Plenel, elle a droit de cité officiel sous un pouvoir de droite – « identité nationale », « civilisation supérieure », « musulman d’apparence », « étrangers trop nombreux », etc.

Et de souligner cette exception française, ce « bonapartisme césariste qui inspire notre présidentialisme (et qui) est d’une dangerosité foncière que la gauche oublie trop souvent à force de s’être résignée à le subir dans l’espoir d’en être parfois bénéficiaire. »

« Dangereuses avant moi, elles le seront toujours après » disait François Mitterrand à propos de nos institutions comme une mise en garde à l’adresse de ses successeurs de gauche.

Par ailleurs, note encore Edwy, alors que « les engagements du Conseil national de la Résistance sont piétinés et que la Constitution républicaine elle-même est bafouée, on aurait pu s’attendre à ce que quelques voix fortes s’élèvent dans cette droite dont le bonapartisme foncier a toujours flatté l’esprit grognard. En prétendant attendre, pour se déterminer d’ici le second tour, les réponses de Nicolas Sarkozy et de François Hollande à ses interpellations, le chef du Modem est à mille lieues de la posture principielle qu’il avait affichée dans sa critique constante de la présidence sortante, et plus près du marchandage politicien. »

Quand à Jean-François Kahn, qui fit pourtant campagne pour François Bayrou, nous ne pouvons que rapporter également son appel : « Pour la première fois depuis des lustres, on entend un discours ouvertement pétainiste sortir de la bouche d’un président de la République encore en place. Quoi qu’on pense de son challenger social-démocrate, l’hésitation n’est plus possible, plus tolérable : tous les républicains, tous les démocrates qui refusent, par patriotisme, le discours de guerre civile et de lacération de notre nation commune, qu’ils se réclament de Jaurès, de Clemenceau, de De Gaulle, de Mendes France ou de Robert Schuman, doivent voter de façon à barrer la route à l’apprenti sorcier et à permettre qu’on tourne cette page ».

Car la politique ne se réduit pas à l’expertise ou à la compétence, comme l’ont trop longtemps imposé les vulgates économiques et financières afin de l’éloigner du contrôle populaire.

L’élection présidentielle est un moyen, et non pas une fin. Aucun chèque en blanc, aucun état de grâce n’attend François Hollande s’il l’emporte. Voter pour lui, utiliser massivement le bulletin de vote à son nom, est le moyen aujourd’hui à notre portée pour rendre possible l’avènement des fins démocratiques et sociales qu’exige la crise française. Et ces fins-là dépendront de nous autant que de lui : de nos exigences, de nos vigilances, de nos mobilisations.

Et Edwy Plenel de clore son édito en rappelant qu’en 1944 Albert Camus écrivait dans le journal Combat : « Élever ce pays en élevant son langage. » L’exact opposé du « Casse toi, pauv’ con », cette insulte qui résume la présidence sortante, son style et son projet.

Chiens de garde jusqu’au bout

Par Mario

Jusqu’au bout les chiens de garde auront triché. L’équité entre les candidats à l’élection présidentielle n’aura guère concerné que leur temps de parole, certes pas leur visibilité ou leur publicité par les médias.

Aux infos du matin (France Inter, au hasard) les blablas condescendants sur les derniers meetings de Bayrou et d’Hollande. Puis, vers 9 heures, revue des derniers sondages : les mêmes, plus Sarkozy, et Marine, et Poutou… tous sauf Mélenchon. Normal, en ces derniers jours de Sainte Pétoche.

Et ils ont raison d’avoir peur. Mais s’ils croient pouvoir occulter plus longtemps ce qui se passe autour de Mélenchon et du Front de Gauche c’est qu’ils n’ont pas bien saisi (ou ne veulent pas entendre) ce qui est en mouvement dans une grande partie du peuple, et pas seulement en France. C’est comme un iceberg qui se détache de la banquise Austérité. S’il est un Titanic de la finance qui veut réécrire l’histoire… qu’il s’y essaie. Ou que d’autres affrètent leurs pédalos.

En attendant, ils étaient 60 000 au meeting de fin de campagne du Front de gauche à Porte de Versailles.  22 000 internautes étaient en ligne  » en live », et deux heures plus tard près de 160 000 personnes avaient déjà visionné sur dailymotion la vidéo du meeting.

Alors, comme il n’a été retransmis sur aucune chaîne de télé (BFM a retransmis à la même heure un ancien meeting de Bayrou et LCP un vieux meeting de Hollande) et vu que les journaux télé ont tout passé sous silence, il m’a paru d’intérêt public de le proposer sur ces pages, ne serait-ce qu’au titre du combat contre la censure, « cette chienne au front bas qui suit tous les pouvoirs » disait Hugo.


Jean-Luc Mélenchon – Discours de Paris Porte de… par lepartidegauche

 

Le plan de bataille des financi€rs

Le lancement par la société allemande Eurex d’un nouvel outil de spéculation sur la dette française sonne comme un avertissement des marchés financiers en direction des prétendants à la présidence de la République Française. Une sorte d’intimidation qui dit « vous n’avez pas le choix, nous sommes les plus forts, vous devrez vous soumettre à la loi des marchés ». Ces affameurs sans morale ont juste oublié que derrière certains candidats à l’élection se trouve une force qui s’appelle Le Peuple. A ces messieurs-dames qui n’auraient pour toute culture que celle des chiffres et du papier-monnaie, nous les invitons fraternellement à réfléchir à cette phrase de Victor Hugo :

« Rien n’arrête un mouvement dont le temps est venu ! »

Les deux vidéos ci-après ont été réalisées par Les mutins de Pangée

Grèce : « On ne doit rien ! On ne vend rien ! On ne paie rien ! »

Ce reportage d’Olivier Azam a été tourné les 28 et 29 Février 2012.

C’est au cours de la visite de la délégation solidaire de syndicalistes et militants associatifs européens en Grèce, qu’un Mutin de Pangée est allé recueillir quelques témoignages avec sa caméra, notamment sur le piquet de grève de l’aciérie Halivourgia.

« Les Mutins de Pangée » est une coopérative audiovisuelle et cinématographique de production, de distribution et d’édition. Les membres de la coopérative – réalisateurs, producteurs, reporters, techniciens, programmateurs – s’appuient sur leurs expériences communes acquises au sein de la « télévision libre » Zalea TV (1999-2007)

Découvrir et soutenir Les Mutins de Pangée : http://www.lesmutins.org/

10 lourds silences de Nicolas Sarkozy

Mediapart avait invité Nicolas Sarkozy à une émission exceptionnelle, en direct et en vidéo-streaming sur le site, à la date de son choix avant le premier tour de l’élection. Le président-candidat a refusé. C’est très dommage car parmi les nombreuses questions que les journalistes souhaitaient lui poser, il en est 10 dont nous estimons avec Mediapart qu’elles sont particulièrement importantes pour que les citoyens puissent voter correctement informés.

1. Vous avez déclaré avoir acquis un appartement sur l’île de la Jatte en 1997 (voir notre article précédent) grâce à des prêts contractés auprès de l’Assemblée nationale. Selon votre présentation du montage financier, ils se seraient élevés à 3.530.000 francs. Or l’Assemblée nationale affirme que vous n’avez pris qu’un seul emprunt immobilier à cette époque, de 1.680.000 francs. Avez-vous réellement payés le 1,85 million de francs manquant ? Si oui, comment ?

2. Dans son journal intime, à la date du 26 avril 2007, le photographe François-Marie Banier prête ses propos à Liliane Bettencourt : « De Maistre me dit que Sarkozy demande encore de l’argent ». Le même jour, 400.000 euros sont retirés en espèces des comptes suisses cachés de la milliardaire. Avez-vous demandé de l’argent aux époux Bettencourt dans l’entre-deux tours de l’élection présidentielle de 2007 ?

3. L’enquête judiciaire menée à Bordeaux dans le cadre de l’affaire Bettencourt a permis d’établir que le 18 janvier 2007, le gestionnaire de fortune M. de Maistre a reçu 150.000 euros en liquide, la veille d’une rencontre avec Eric Woerth, le trésorier de votre campagne présidentielle de 2007. Le 5 février de la même année, 400.000 euros ont été débités en liquide de l’un des comptes suisses des époux Bettencourt, deux jours avant une nouvelle rencontre entre MM. Woerth et de Maistre près de votre siège de campagne. M. Woerth, mis en examen dans ce dossier, a-t-il pu financer à votre insu par des fonds en espèces votre campagne présidentielle ?

4. Les enregistrements du majordome de Liliane Bettencourt font apparaître que l’héritière de L’Oréal a signé, le 4 mars 2010, un chèque à votre ordre. Quel est le montant et l’objet de cette contribution, qui ne peut être un financement politique puisque vous êtes à cette date président de la République depuis presque trois ans ?

5. Votre ancien collaborateur Thierry Gaubert, mis en examen pour « recel d’abus de biens sociaux » dans l’affaire Takieddine, a-t-il pris en charge durant les années 1990 vos vacances à Venise et à Miami, comme l’indiquent des témoignages recueillis par la justice ?

6. Votre directeur de cabinet Claude Guéant a noué d’importantes relations à partir de 2003 avec le marchand d’armes Ziad Takieddine, en le mandatant auprès de dirigeants libyens, syriens et saoudiens pour des opérations de diplomatie parallèle et des ventes de matériels de sécurité, alors que vous étiez ministre de l’intérieur. Avez-vous cautionné ces contacts occultes, généralement prohibés par l’administration ?

7. Selon les notes de Ziad Takieddine saisies par la justice, une réunion s’est tenue le 16 mai 2009 à l’Elysée en présence de Claude Guéant et de votre avocat personnel, Thierry Herzog, afin de « mettre de côté » le mandat d’arrêt visant M. Abdallah Senoussi, l’un des patrons des services de renseignement libyens, condamné en France à une peine de perpétuité par contumace, dans l’attentat terroriste du DC10 UTA, en 1989. Vous êtes-vous engagé auprès du colonel Kadhafi à blanchir judiciairement M. Senoussi, aujourd’hui réclamé par la Cour pénale internationale ?

8. Selon des documents saisis en France et au Luxembourg, vous avez autorisé, alors que vous étiez ministre du budget, la création de la société Heine, par où ont transité, le 7 février 1995, 20,3 millions d’euros. Cette société basée au Luxembourg était chargée de distribuer, pour le compte de l’entreprise d’État DCN, des commissions occultes à deux hommes d’affaires (MM. Ziad Takieddine et Abdul Rahman El Assir) actuellement mis en examen dans l’affaire des ventes d’armes du gouvernement français au Pakistan et à l’Arabie saoudite. Vous avez également validé, au sein de l’organisme de garantie d’Etat Coface, le montant de ces commissions accordées, tant par la DCN que la Sofresa, à ces intermédiaires. Pouvez-vous soutenir n’être pas impliqué personnellement dans cette affaire ?

9. Au lendemain de la sentence arbitrale, le 7 juillet 2008, qui a octroyé 403 millions d’euros d’argent public à Bernard Tapie, l’État aurait pu faire annuler cette décision prise par cette justice privée. En novembre 2008, la ministre des finances, Christine Lagarde a été informée que l’un des trois arbitres n’avait pas respecté l’obligation de « révélations étendues » à laquelle il était astreint, et n’avait pas déclaré qu’il avait déjà participé par trois fois à des arbitrages auxquels était partie Me Maurice Lantourne, l’avocat de Bernard Tapie. Christine Lagarde pouvait donc suspendre le versement de cette somme. Pourquoi ne lui avez-vous pas donné des instructions en ce sens ? Pourquoi, au contraire, ce fait a-t-il été caché au Parlement ?

10. Selon des documents et témoignages réunis par Mediapart, des sommes importantes – jusqu’à 50 millions d’euros – auraient été versées en 2007 à votre entourage par le régime de Mouammar Kadhafi, ce que l’ancien dirigeant de la Libye, son fils Saïf al-Islam et Abdallah Senoussi, l’ancien chef des services secrets libyens, avaient affirmé publiquement. Seriez-vous favorable à l’ouverture d’enquêtes judiciaires sur ces soupçons ?

En parallèle à ces dix questions médiapartiennes pour lesquelles Nicolas Sarkozy n’a pas cru bon d’apporter des réponses, s’ajoute une liste d’au moins 60 AFFAIRES QUE LES FRANÇAIS ET LA JUSTICE N’OUBLIERONT JAMAIS (source Imhotep sur le site AGORAVOX), Lire la suite

ça coûte quoi les immigrés ?

Plutôt que répéter bêtement l’essentiel des arguments du FN concernant
l’immigration, voici trois petites vidéos réalisées par EELV les Verts qui inscrivent
la question dans un contexte plus large. Voici ce que ça donne lorsqu’on remplace
l’intox par de l’info.


Les pays riches… et toute la misère du monde

1/3par obem01


‘Europe et la France… terres d’asile ? 2/3

par obem01


Les migrants… et les caisses

de l’Etatpar obem01

Pour Eva

Nous reproduisons ici la tribune de Didier Caire, élu Europe Ecologie Les Verts d’Aigues-Mortes qui souhaite rappeler, au-delà des vicissitudes d’une campagne difficile, ce que représente la candidate des écologistes.

 

L’élection présidentielle «à la française» est une institution d’une grande perversité. C’est d’abord un anachronisme, héritage viscéralement anti-démocratique, nostalgie pré-révolutionnaire. Il est d’usage de dire que cette fonction entretient «un lien direct entre un homme et le peuple», comme une double régression : au sens psychanalytique, le désir d’un chef, d’un leader, et au sens politique puisque la modernité démocratique réside au contraire dans l’émergence de formes de médiation, de délégation et de contre-pouvoirs.

Mais l’élection présidentielle (l’érection pestilentielle disait quelqu’un) exerce sur le pays une véritable fascination, tétanise toute pensée. Elle serait, dit-on, l’étalon de mesure de l’importance d’un parti ou d’un mouvement. A l’expérience on sait bien que c’est faux : le mouvement politique de F. Bayrou ne pesait pas ses 18,5% de voix. Mais l’excitation présidentielle, avec son désir d’incarnation et ses passions grégaires avait encore joué, comme pour d’autres avant lui et pour d’autres demain.

La pensée écologiste s’enracine dans la mouvance libertaire anti-autoritaire, dans la critique de tout pouvoir institué. Le mouvement Vert, génétiquement, s’est difficilement structuré pour se garder de l’émergence de meneurs d’opinion, de «leader charismatique». Ainsi les écologistes n’aiment pas la présidentielle qui le leur rend bien : les résultats ne sont jamais fameux.

Pourquoi se présenter alors? Parce que dans le système actuel le parti qui ne présente pas de candidat n’existe pas; parce que pour faire entendre cette critique même du système, et pouvoir le changer un jour, il faut en accepter les règles provisoirement.

Le choix de la primaire interne à EELV illustre parfaitement cette contradiction : tout le monde attendait l’homme jeune, dynamique, médiatique, et c’est la femme presque âgée à l’accent étranger qui a été choisie. Toute l’écologie est là, dans ce choix courageux des valeurs. Dans ce contrepied à la pensée dominante, dans cette proposition sans concession.

Mais pourquoi dans le fond voter Eva Joly? Parce que c’est la candidate de l’écologie et que l’écologie est la seule chose nouvelle qui soit arrivé dans le champ de la pensée politique depuis les années 70. « L’écologie politique est le nouveau paradigme organisateur de la gauche » dit Alain Lipietz.

Et qu’a donc apporté l’écologie en politique?

  • l’exigence de prendre en compte la planète et tous ses habitants comme un tout interdépendant, sous le coup d’une destinée commune et d’une responsabilité partagée;
  • une critique radicale du monde occidental : critique de la «modernité» et du mythe du «progrès», ce veau d’or, pour lesquels une rationalité achevée nous conduirait vers la maîtrise parfaite de la nature et du destin humain; critique de la société sur ses piliers production / consommation / croissance, corollaires de prédation / pollution
  • la reconquête de l’action personnelle, contre les idéologies généralisantes, la capacité pour chacun de se ressaisir du pouvoir de changer le monde, ici et maintenant, par sa seule volonté, par l’expérimentation, la créativité, l’invention de nouvelles relations.

L’écologie a donc découvert, véritablement, et développé les concepts et les idées qui nous permettrons peut-être de résoudre les grandes crises du monde actuel qu’elle seule analyse comme une crise systémique : la misère de tous les déclassés, le creusement des inégalités, la corruption généralisée, les délires de la finance, Fukushima, les désordres climatiques, sont les formes diverses d’une seule et même crise.

Eva Joly est une présence capitale : son visage marqué, son accent étranger, et sa détermination d’acier sont, pour quelques semaines au moins, le visage même de l’écologie.

Sa voix aujourd’hui est faiblement audible : tant pis, ainsi va le carrousel médiatique et son absurde hystérie. Il y a deux ans, le sort du monde se jouait à Copenhague… Pour l’anniversaire de Fukushima, malgré la chaîne humaine, la télé faisait sa une sur le meeting de Villepinte! Nos propositions ne sont pas entendues : ça viendra, plus vite peut-être qu’on le croit.

D’autres candidats sont porteurs d’espoirs que nous partageons en partie. Mais ce qui s’absente quand la voix d’Eva est couverte, et que personne ne remplace, c’est la clef qui permet de comprendre le monde, l’angle d’analyse critique et de décryptage de la société qu’apporte l’écologie politique.

Il y a quelque chose d’un peu grave, comme une responsabilité particulière dans le contexte de cette élection. Chaque voix compte dit-on, c’est une banalité, mais ce que certains ressentent aujourd’hui comme jamais : voter Eva Joly c’est faire acte de lucidité et prendre date pour l’avenir, on se reconnaîtra bientôt. En dépit des aléas des échéances électorales, on s’en souviendra, on aura été de ceux qui en 2012 auront voté Eva Joly.

Didier Caire 

Feuille de route de François Hollande en cas d’élection

Voici la « feuille de route » de François Hollande pour la première année de son quinquennat s’il était élu. 35 mesures réparties en trois périodes jusqu’en juin 2013.

ENTRE LE 6 MAI ET LE 29 JUIN 2012 :

  • réduction de 30% de la rémunération du chef de l’État et des membres du gouvernement
  • « charte de déontologie et publication des déclarations d’intérêts par les membres du gouvernement » et des cabinets
  • augmentation de 25% de l’allocation de rentrée scolaire (décret)
  • blocage pour 3 mois des prix des carburants (décret)
  • caution solidaire pour permettre aux jeunes d’accéder à la location (décret)
  • garantie pour l’épargne défiscalisée (livret A et livret d’épargne industrie, successeur du Livret de développement durable) d’une rémunération supérieure à l’inflation et doublement de leur plafond, pour mieux financer le logement social, développer PME et innovation
  • mémorandum « proposant un Pacte de responsabilité, de croissance et de gouvernance pour modifier et compléter le Traité de stabilité et réorienter la construction européenne vers la croissance – dès fin mai, en vue du Conseil européen des 28 et 29 juin »
  • annonce aux partenaires de l’OTAN du retrait des troupes d’Afghanistan d’ici fin 2012 (G8 à Camp David 18-19 mai, Sommet de l’OTAN à Chicago, 20-21 mai)
  • abrogation de la circulaire Guéant sur les étudiants étrangers
  • droit de partir en retraite à 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler à 18 ans et cotisé 41 annuités (décret)
  • fixation d’un éventail de 1 à 20 des rémunérations dans les entreprises publiques (décret)
  • circulaire sur la lutte contre les « délits de faciès » lors des contrôles
  • « gel conservatoire d’une partie des dépenses » dans l’attente du rapport de la Cour des comptes sur les finances publiques (publié fin juin)
  • arrêt de la RGPP et lancement du « Projet de refondation et de modernisation de l’action publique » Lire la suite

Appel international en soutien au Front de Gauche

Ils sont dirigeants de mouvements politiques ou sociaux, universitaires, écrivains, artistes. Ils sont Européens, citoyens du monde arabe, Américains du Sud et du Nord et même de Corée du Sud. Ce sont pour l’instant 165 personnalités venues de 36 pays qui, en lutte contre «les ravages sociaux et écologiques du capitalisme mondialisé», s’engagent avec cet appel international pour le succès du mouvement du Front de Gauche. Voici le texte qu’ils ont fait parvenir à Mediapart :


Nous, universitaires, intellectuels, écrivains, artistes, dirigeants de forces politiques, de syndicats, de mouvements sociaux et citoyens, sommes engagés dans la construction de fronts politiques et sociaux, démocratiques et populaires, pour combattre les ravages sociaux et écologiques du capitalisme mondialisé et ses oligarchies. Et ce, aussi bien dans nos pays respectifs qu’à l’échelle internationale.

Nous constatons que, partout, les résistances et les luttes se multiplient et s’organisent. Elles contribuent à l’émergence d’un vaste mouvement planétaire des idées ; celui qui inspire déjà, en Amérique latine, des formes de construction régionale fondées sur la solidarité et la souveraineté populaire, ainsi que des mesures gouvernementales de rupture avec le néolibéralisme.

Depuis la crise financière de 2008, l’Europe, pilier du capitalisme mondialisé et de son ordre globalitaire, est devenue l’épicentre de la crise mondiale. Ses peuples subissent de brutales politiques d’ajustement structurel en tous points semblables à celles que les pays du Sud, entre autres, ont connues dans les années 1990 et au début des années 2000.

Les acteurs sont en partie les mêmes : gouvernements conservateurs ou sociaux-démocrates et Fonds monétaire international (FMI). Se sont adjoints à ce dernier, la Commission européenne et la Banque centrale européenne pour former la sinistre et toute-puissante « troïka » qui administre désormais ses remèdes cruels aux populations.

L’histoire nous enseigne que lorsque l’Europe est prise de convulsions, c’est le monde entier qui peut vaciller. Pour l’empêcher de sombrer dans l’austérité à perpétuité, la récession généralisée et dans un projet politique autoritaire et réactionnaire, la montée en puissance, en France, du Front de gauche, aux côtés des autres forces progressistes européennes, est une bonne nouvelle, en même temps qu’une nécessité. Car la voix de la France compte dans le monde, lorsqu’elle s’inscrit dans la tradition des Lumières, de la Révolution de 1789, de la Commune, du Front populaire, de la Résistance.

Le Front de gauche incarne tout le potentiel renouvelé de cette grande tradition du socialisme historique, de l’émancipation sociale, du progrès et de la construction d’un intérêt général humain. Il prend aussi en compte l’enjeu du XXIe siècle que constitue la compréhension de l’unicité de notre écosystème et l’urgence de le préserver par une reconversion écologique à l’échelle mondiale qui tienne compte de la dette écologique que les pays industrialisés ont à l’égard des autres pays.

Grâce au Front de gauche, la France peut contribuer de manière significative à la construction d’une autre Europe et d’une autre mondialisation. C’est pourquoi l’enjeu d’y construire une autre gauche ayant tiré le bilan de l’échec et de l’écroulement du communisme d’État, en même temps que celui de la conversion de la social-démocratie à un social-libéralisme d’accompagnement et de rafistolage du système capitaliste globalisé, est crucial. Crucial pour la France et l’Europe, mais aussi pour le reste du monde.

Nous pensons que la réussite du Front de gauche et de son candidat à l’élection présidentielle des 22 avril et 6 mai 2012, Jean-Luc Mélenchon, peut concourir au renouveau et au renforcement d’un internationalisme de combat contre la finance mondialisée. C’est pourquoi nous souhaitons un plein succès au Front de gauche et exprimons notre solidarité avec son candidat.

Voir la liste complète des 165 premières signatures : Lire la suite

Virez-moi donc ce bleu que je ne saurais voir…

Oui au bleu de l’azur, au bleu turquoise ou au bleu outremer. Au bleu de Bresse ou bleu d’Auvergne s’il le faut, et même au bleu de travail, mais virez-nous ces bleus à l’âme qui auront tant fait souffrir notre démocratie.

Euh… c’est juste une carte en couleur pour rappeler où nous en sommes. Allez, les Gardois, l’effort n’est pas si grand !

Sarkadhafi

Tout d’abord carton rouge à Midi Libre (13/03/2012) pour sa désinformation au sujet du passage du président sortant à l’émission « Parole de candidat » sur TF1. Il paraît que le locataire actuel de l’Élysée « n’a esquivé aucune question ». Eh ben dis donc ! Outre qu’il faudrait revenir sur chaque réponse de Sarkozy pour mettre en évidence autant de mensonges et d’enfumage, commençons par celle concernant le pouvoir d’achat des français. Selon le président « De tous les pays européens, le France est le seul où il a augmenté en moyenne de 1,4% pendant les 4 ans de crise ». Ce n’est pas parce cette intox est aussi publiée sur le site de l’UMP qu’elle ne méritait pas une vérification. Le petit graphique ci-dessous est en provenance de la commission européenne et montre à l’évidence que pas moins de dix pays européens ont fait mieux que la France dans ce domaine du pouvoir d’achat.

source Commission Européenne

Mais la plus grosse esquive du président Sarkozy a bien évidemment été celle de l’éventuel financement de sa campagne 2007 par le clan Kadhafi. « Grotesque » a-t-il dit, usant du même mot dont il avait cherché à se défendre de toute implication dans l’affaire Karachi, presque à nous faire larmoyer sur « la douleur des familles ». Et d’ajouter que, ni là ni dans l’affaire Bettencourt, il n’a « été mis en examen ». Il oublie juste que l’immunité dont il bénéficie en étant président de la république le protège comme elle avait protégé Jacques Chirac. Mais pour ceux qui douteraient encore de la participation de Nicolas Sarkozy dans ces affaires, nous rappelons que la partie publique de ces dossiers (Karachi/Takkiedine, Bettencourt, Tapie/Lagarde, et celle encore inconnue mais à venir comme Wildenstein…) est entièrement consultable et en accès gratuit sur le site http://www.frenchleaks.fr/

Concernant le financement de la campagne de 2007, Laurence Ferrari a quelque peu manqué de ténacité journalistique en se contentant pour toute réponse de ce que cette allégation ne serait pas fiable sous prétexte qu’elle a été proférée par le fils Kadhafi. En l’occurrence nous n’en sommes plus seulement là et la véritable info reste que ce n’est pas le fiston du tyran qui remet sur la table ce financement occulte mais le journal Mediapart.  S’il n’est pas étonnant que la presse aux ordres ne relaie pas davantage cette info, il est très surprenant que l’Élysée (du moins son locataire) n’aie pas immédiatement porté plainte pour diffamation ainsi qu’il en a l’habitude pour bien moins que ça.

En attendant voici quelques éléments fournis par Mediapart.

« Le 18 octobre 2011, les policiers ont versé au dossier d’instruction une note de synthèse sur laquelle figure une référence à un document baptisé « GEN/ NS V. MEMO DG », qui contient sans les expliciter les initiales du président de la République.

Cette note de synthèse a été rédigée et remise aux enquêteurs par un témoin du dossier, Jean-Charles Brisard, ancien membre de l’équipe de campagne d’Édouard Balladur, en 1995, aujourd’hui dirigeant d’une société de renseignements privée. Le document contient aussi les références du compte suisse de la sœur de Jean-François Copé, le patron de l’UMP, dont M. Brisard est un proche. Lire la suite

Oui, la lumière est allumée !

Le 18 mars, avec l’appel du Front de Gauche à une marche sur la Bastille, c’est un événement d’un genre nouveau qui va avoir lieu. Si c’est la première fois qu’une campagne électorale se donne un tel moyen d’expression c’est parce qu’elle ne ressemble à aucune autre, car jamais une campagne électorale n’a eu lieu dans un tel contexte. L’ampleur de la crise économique et financière en fait une crise politique.

L’objectif de la marche correspond à une volonté de tourner la page des institutions actuelles et de passer à une nouvelle République. En ce sens il s’agit d’une insurrection citoyenne, pacifique, organisée, dirigée vers un objectif respectueux du suffrage universel, une insurrection dont le rendez-vous est le vote à l’élection présidentielle. Mais une insurrection civique qui ne concerne pas seulement le cadre national. Elle vise le pouvoir autoritaire qui s’impose aux peuples d’Europe depuis les institutions de l’Union Européenne et contre lesquelles nous sommes rendus impuissants. La gravité particulière de la situation résulte de la signature du nouveau traité européen le premier mars dernier. Le gouvernement du pays consent un renoncement à la souveraineté budgétaire du pays sans même l’excuse de la transférer à une autre instance démocratique. Or la constitution de 1793 l’exprime bien en ces termes :

« Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ».

C’est sous le titre « Insurrection : acte I » que Jean-Emmanuel Ducoin a signé l’éditorial de L’Humanité du jeudi 8 mars dernier. Et de reprendre cette phrase de Jean-Luc Mélenchon : « Nous avons allumé la lumière » pour expliquer en quoi, loin d’être présomptueuse, elle témoigne plutôt d’un retour à « quelque chose » d’assez sacré : l’Idée. Mais aussi celui du début « d’autre chose » : une gauche à la main ferme.

« On ne s’indigne plus seulement, on propose, on politise. (…) Pour la première fois depuis des lustres, une grande partie du peuple de gauche, jadis déçu, parfois désespéré parce que trahi par la mise en œuvre systématique d’une véritable pédagogie du renoncement, se sent de nouveau concernée. Ce n’était pas « la » politique qui les avait quittés, mais la confiance dans sa capacité à changer leurs vies. (…) Il y a du bonheur à réinventer l’à-venir. « Le Front de Gauche, c’est quelque chose de plus grand que nous », clame Mélenchon. Ce quelque chose porte un nom : la révolution citoyenne. Et une méthode : l’insurrection civique. Nous en vivons l’acte I. Tôt ou tard, par la Raison et le Combat, cette insurrection bousculera puis renversera l’hégémonie de la gauche gestionnaire. Oui, la lumière est allumée ! »

Lire l’édito en entier c’est sur : http://www.humanite.fr/politique/insurrection-acte-i-491761

Tout, tout, tout sur Sarkozy

Vous n’y croyez pas ? Vous auriez tort. Depuis son entrée en politique vers ses 19 ans jusqu’à hier voire aujourd’hui, ce sont des dizaines et des dizaines de rappels en photos et vidéos pour illustrer tous les moments clés de la carrière du président sortant. C’est en tout cas l’objectif que se sont fixé les auteurs de ce nouveau site, que nous ne saurions que trop conseiller à toutes celles et ceux qui souhaitent se rafraîchir la mémoire.

Ça se passe sur : http://lavraietimeline.fr/#1955