Grèce_le suivi

Suite à la démission d’Alexis Tsipras et à l’annonce d’élections législatives anticipées en Grèce le 20 septembre prochain, la plateforme de gauche de Syriza a publié la réponse suivante.

stop austeritéLa plateforme de gauche répond à Alexis Tsipras

Lors de son discours annonçant des élections anticipées, Alexis Tsipras est apparu avec un autre visage, complètement et radicalement opposé à ce qu’étaient jusqu’alors les engagements et les combats de Syriza.
La première et principale promesse d’Alexis Tsipras a été l’acquiescement au troisième Mémorandum d’austérité et de dure servitude du pays, un Mémorandum qu’il a accepté de signer sans consulter les membres et cadres exécutifs de Syriza.

Les élections décidées par Alexis Tsipras constituent un refus complet du « NON » fier lors du référendum. Elles sont une pierre tombale des luttes contre le mémorandum et les attentes anti-austéritaires du peuple. L’objectif de ces élections anticipées annoncées au milieu de l’été est non seulement de se débarrasser des engagements anti-Mémorandum de Syriza, mais aussi de demander au peuple grec de se mettre une corde autour du cou et d’approuver un nouveau Mémorandum en votant en faveur de Tsipras ou de Nouvelle démocratie ou du PASO ou de To Potami, les partis constituant le nouveau consensus pro-austéritaire.

Fidèle aux engagements de Syriza, en accord avec le « non » du peuple grec, la plateforme de gauche soulève haut la bannière de la lutte pour une alternative à la crise, pour la reconstruction productive et progressiste du pays.

La plateforme de gauche va contribuer immédiatement à la création d’un large front démocratique, progressiste et anti-Mémorandum qui se présentera aux élections afin de se battre pour l’annulation de toutes les Mémorandums et pour l’annulation de la majeure partie de la dette. Pour défendre le « NON » combatif du peuple grec lors du référendum du 5 juillet. Pour en finir avec l’austérité dans les salaires, les retraites et les dépenses sociales. Pour arrêter la liquidation des biens publics et des actifs de la Grèce. Pour orienter le pays dans une nouvelle voie d’indépendance nationale, de souveraineté, de reconstruction et dans une nouvelle trajectoire progressiste.  »
Jeudi 20 août 2015

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Lors d’une conférence organisée le 13 août 2015 à Lasalle par le Collectif cévenol de solidarité avec le peuple grec, Éric Toussaint a présenté son témoignage sur ce qui a amené le gouvernement Tsipras à capituler. 130 personnes étaient présentes.
Voici une vidéo de 37 minutes réalisée par Jean-Claude Carcenac qui reprend des extraits de la conférence qui a duré deux heures. La version complète de la conférence est également visible.

Dans la foulée de cette conférence, le cinéaste Philippe Menut, auteur de la Tourmente grecque, prépare avec Éric Toussaint une vidéo consacrée à l’explication de la capitulation. La conférence présentée à Lassalle constitue en quelque sorte une préparation de cette nouvelle vidéo.
À noter qu’au cours de cette conférence 800 euros ont été récoltés en soutien au dispensaire de santé d’Hellinikon à Athènes.

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Pour mémoire, le mercredi 8 juillet, le premier ministre grec Alexis Tsipras s’exprimait face au Parlement Européen ; on retrouvera la retranscription intégrale de son intervention en suivant le lien : http://blogs.mediapart.fr/blog/manon-t-aubry/080715/discours-dalexis-tsipras-face-au-parlement-europeen

TSIPRASPEI_8 juillet2015*=*=*=*=*=*

Et toujours pour mémoire, un petit panneau récapitulatif de la vraie question que tout citoyen et contribuable devrait se poser : comment peut-on accepter de continuer à discuter avec les têtes ci-après (pour ne citer que celles-là) ?

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Quelle dette grecque ?

mise à jour 23 juin (ajout vidéo en fin d’article)

« Les milliards de la dette n’ont servi qu’à remplir les coffres des banques »

Dans le centre d'Athènes, en 4 février dernier. Photo : Louisa Gouliamaki/AFP

Dans le centre d’Athènes, en 4 février dernier.
Photo : Louisa Gouliamaki/AFP

La commission d’audit sur la vérité de la dette grecque, mise en place en mars par la présidente du Parlement grec, Zoé Konstantopoulou, a rendu publiques ses conclusions préliminaires à la mi-juin. Ce pré-rapport met en lumière les pernicieux mécanismes qui confirment dès lors l’illégitimité et l’insoutenabilité, de cette dette, affirme l’économiste Éric Toussaint, en charge de la coordination de ces travaux. Entretien.

toussaint_0 HD. Quels sont les points forts du rapport préliminaire qui décortique la généalogie de la dette de la Grèce ?
Éric Toussaint. Pour dresser ce rapport, nous nous sommes penchés sur les prêts consentis par les 14 États membres de la zone euro, qui s’élèvent à 53 milliards d’euros, le prêt débloqué par le Fonds européen de stabilité financière, de l’ordre de 130 milliards, les 27 milliards de titres détenus par la Banque centrale européenne (BCE) et les prêts octroyés par le FMI à hauteur de 27 ou 28 milliards. Nous avons analysé en priorité les dettes réclamées par les institutions que je viens de citer pour voir si l’on peut les considérer comme illégitimes, illégales ou insoutenables. Les résultats de nos investigations nous permettent de répondre clairement que c’est le cas.

HD. En quoi, précisément, ces dettes sont-elles illégitimes ?
E. T. La raison est simple: ces dettes n’ont absolument pas bénéficié à la Grèce. Elles ont été en réalité octroyées pour favoriser les grandes banques privées, notamment françaises et allemandes, lesquelles étaient les principales créancières jusqu’au début de 2010. Nous estimons qu’une dette est illégitime dans la mesure où elle est accumulée sans respecter l’intérêt général, mais pour favoriser une mino rité privilégiée. Les montants qui ont été octroyés par les 14 États membres de la zone euro, dont la France (10 milliards), ne sont pas arrivés dans les caisses de l’État grec, ils n’ont pas servi à payer des retraites ou des salaires de fonctionnaires, à faire fonctionner des hôpitaux ou à maintenir en état des infrastructures, mais à remplir les coffres des banques, lesquelles étaient par ailleurs à l’origine de la crise.
(…)
L’escroquerie dévoilée par une ex-« huile » de Bruxelles. Philippe Legrain a été, de février 2011 à février 2014, conseiller économique de José manuel Barroso alors président de la commission européenne. il a été auditionné le 11 juin dernier par la présidente du parlement grec et la commission pour la vérité sur la dette grecque. il a révélé qu’en 2010 le prêt octroyé à la Grèce était destiné au remboursement immédiat des banques françaises et allemandes qui étaient les principales créancières. Les dirigeants d’institutions, dont Jean-claude trichet (ex-directeur de la Bce), s’étaient alors opposés à toute restructuration de la dette grecque pourtant insoutenable pour défendre les intérêts des banques. De plus, en achetant à l’époque des titres grecs sur le marché secondaire, la Bce a permis aux grandes banques européennes de revendre leurs titres à bon prix. selon philippe Legrain, non seulement les grandes banques n’ont essuyé que peu de pertes mais certaines même ont réussi à dégager de beaux profits de cette opération. Depuis son arrivée au pouvoir, le nouveau gouvernement grec a remboursé 7 milliards d’euros à ses créanciers.

Article intégral sur l’Huma : http://www.humanite.fr/les-milliards-de-la-dette-nont-servi-qua-remplir-les-coffres-des-banques-577461

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Intervention d’Éric Toussaint à Athènes le 17 juin 2015

La Commission pour la vérité sur la dette publique grecque présente ses premières conclusions. C’est dans ce cadre qu’Éric Toussaint, qui coordonne les travaux est intervenu aujourd’hui au Parlement hellénique. Le rapport conclut que la dette grecque est en grande partie illégale, illégitime et odieuse.

Ce rapport préliminaire présente une cartographie des problèmes et des questions clés liées à la dette publique grecque, et fait état des violations juridiques associées ; il retrace également les fondements juridiques sur lesquels peut se fonder la suspension unilatérale des paiements de la dette.