Plan B

« Pour un Sommet du Plan B en Europe » – Fête de l’Huma

le débat sera retransmis en direct !

Le samedi 12 septembre 2015 à 16h30  Au stand du Parti de Gauche

https://www.facebook.com/events/859860817467435/

PlanBle texte paru dans Mediapart:

Le 13 juillet, le gouvernement grec démocratiquement élu d’Alexis Tsipras a été mis à genoux par l’Union européenne. « L’accord » du 13 juillet est en réalité un coup d’État. Il a été obtenu par la fermeture des banques grecques par la Banque centrale européenne (BCE) et la menace de ne pas les autoriser à rouvrir tant que le gouvernement grec n’accepterait pas une nouvelle version d’un programme qui a échoué. Pourquoi ? Parce que l’Europe officielle ne pouvait pas supporter l’idée qu’un peuple souffrant de son programme d’austérité autodestructrice ait osé élire un gouvernement déterminé à dire « Non ! ». Lire la suite

Et si on parlait du plan B ?

POUR UN SOMMET INTERNATIONALISTE DU PLAN B

DR Crédit Stéphane Burlot

DR Crédit Stéphane Burlot

L’heure de la résignation n’a pas sonné pour l’autre gauche grecque. On suivra donc attentivement son congrès en septembre. Et il serait étonnant que la magnifique résistance du peuple grec contre la Troïka tout au long de ces six mois se soit évaporée. Difficile d’en dire plus aujourd’hui mais incontestablement la question grecque n’est pas derrière mais devant nous. L’irresponsabilité économique du 3ème mémorandum laisse de toutes façons le problème entier.(…)

C’est pourquoi nous mettons aujourd’hui sur la table un sommet du plan B.

L’heure est venue pourtant de tourner la page. Depuis plusieurs années le PG travaille sur un scénario « plan A/plan B » (à savoir l’action d’un gouvernement mixant désobéissance/négociation avec les traités pour transformer radicalement l’UE, le plan A, avec celui de sortie de l’Euro en cas d’intransigeance en face, le plan B). Depuis les conclusions de notre forum de juin 2010 animé par Jacques Généreux (« gouverner face aux banques) qui en traçaient déjà les perspectives sans le nommer jusqu’à la plateforme de notre congrès d’août dernier précisant encore davantage ce que pourrait être ce scénario en passant par les différentes déclarations de Jean-Luc Mélenchon et les travaux de notre commission économie animée par Guillaume Etiévant, le PG a largement contribué à le populariser. Aujourd’hui des responsables politiques européens l’évoquent clairement (tels Yanis Varoufakis ou Oskar Lafontaine). Il faut donc travailler à le crédibiliser toujours plus. Mais on ne peut le faire chacun dans notre coin. Notre vision du plan B est internationaliste. Il ne s’agit pas de s’en tirer au mieux dans chacun de nos pays en comptant sur les marges de manœuvre plus ou moins fortes que sa puissance économique, son poids démographique lui donnent. Bien sûr, il est plus aisé de concevoir un plan B en France en sachant que le chantage qui a été exercé sur la Grèce serait moins efficace vis-à-vis de la 2ème puissance économique de l’UE. Mais à l’inverse, il sera beaucoup moins facile aux partisans de ce scénario que nous sommes d’accéder au pouvoir pour le réaliser si un à un nos partenaires de l’autre gauche en capacité de gouverner finissent par accepter les diktats de Bruxelles et Berlin. Voilà pourquoi, dès maintenant, en prévision de ce qui peut se passer en Espagne, en Irlande et pourquoi pas de nouveau en Grèce selon l’évolution de la situation politique, il faut travailler concrètement tous ensemble à un plan B tenant compte des caractéristiques de chaque pays.

C’est là notre proposition : un sommet internationaliste du plan B dès le dernier trimestre 2015. Il réunirait toutes les forces de l’autre gauche de l’UE acceptant de travailler et de réfléchir concrètement à ce scénario, des personnalités, des économistes, des syndicalistes, des militant associatifs, altermondialistes… Il pourrait évidemment voir associer des forces de pays non membres de l’UE mais voisins, y compris de l’autre côté de la Méditerranée, intéressés par cette internationalisme concret. Il faut aller vite. Nous allons donc soumettre cette idée dans les jours à venir à des personnalités politiques de premier plan de nos différents pays afin qu’ils la fassent leur et appellent à ce sommet. Ce qui vient de se passer en Grèce ne sera pas vain, et même utile, si nous sommes ainsi capable de réagir. Il est plus que temps de franchir un cap.

Article intégral ici : http://www.eric-coquerel.fr/node/299

 

Gauche interdite

arton31973-df490_PolitisL’édito de Denis Sieffert du 16 juillet, Politis n°1362. (ndlr: le choix des illustrations est de Sémaphores)
La Grèce, ces jours-ci, c’est un peu la chèvre de Monsieur Seguin. Cette pauvrette qui, pour avoir voulu rester libre dans les pâturages, fut attaquée par le loup avec lequel elle batailla toute la nuit, avant de succomber, au petit matin, sous les crocs du carnassier. L’histoire d’Alexis Tsipras rappelle l’héroïsme vain de la chèvre du conte provençal. L’ennemi était féroce et le combat déséquilibré. Ce petit détour littéraire pour nous éviter deux écueils : le déni et le dépit. Il faut d’abord voir les choses en face : le Premier ministre grec a cédé sous les coups. Mais faut-il, de dépit, instruire son procès en trahison ? Évidemment, non. Alexis Tsipras s’est battu courageusement. Sans doute a-t-il commis des erreurs. Peut-être a-t-il sous-estimé la froide détermination de l’armada politico-financière qu’il avait face à lui. Peut-être a-t-il imaginé qu’un vague sentiment humanitaire ou démocratique arrêterait à un moment donné le rouleau compresseur. On sait qu’il n’en a rien été.

welcomeGAu bout de la nuit, il a dû faire un choix : défier l’implacable ministre allemand des Finances, Wolfgang Schaüble, grand ordonnateur du désastre grec, ou plier, en s’efforçant de sauver ce qui pouvait encore l’être, l’appartenance de la Grèce à la zone euro. Dans le premier cas, il faisait prévaloir son ego, mais entraînait son peuple dans une crise sociale et sanitaire dont il était impossible de mesurer les conséquences. Il a choisi la seconde voie, limitant un peu – très peu – la casse à court terme, mais essuyant une défaite qu’on ne manque pas de lui reprocher sur sa gauche. Et ne faisant peut-être que retarder le fameux « Grexit ». L’histoire jugera. Mais le vrai bilan de cet interminable conflit n’est pas pour demain. Surtout que nous avons tous été ballottés par les événements depuis un mois. J’évoquais voici deux semaines ce que j’appelais « la bataille d’interprétation ». Qui a gagné ? Qui a perdu ? Nous y sommes.

Et la presse et les politiques de droite s’en donnent à cœur joie. Ils ne se privent pas d’encaisser les dividendes du succès. L’intention est transparente : il s’agit de décourager les peuples européens de porter à leur tête un autre Tsipras. Ce n’était d’ailleurs pas loin d’être l’enjeu principal de la bataille. Électeurs espagnols, irlandais, français, à bon entendeur… Le message est clair. Si vous ne pliez pas, on vous brisera.
La violence des dirigeants allemands a sans aucun doute marqué les esprits. Mais dans quel sens ? Les futurs électeurs européens vont-ils être terrorisés ? Ou bien, au contraire, vont-ils se dire que tout cela est insupportable, et que l’Union européenne a révélé dans cette affaire son pire visage, et peut-être son vrai visage ?

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En tout cas, les leçons politiques de cette crise vont bien au-delà de la Grèce. C’est un peu comme si on venait de nous dire que, désormais, toute politique de gauche est interdite. Prohibée par un mystérieux décret. Et que nous sommes enfermés dans une prison idéologique qui n’autorise plus aucun choix. Mais, en vérité, tout ça n’est pas si nouveau. Les dirigeants allemands ont agi dans la grande tradition coloniale.

Ce régime, les pays africains l’ont enduré pendant un demi-siècle, et aujourd’hui encore : pillage, plans du FMI, réformes « structurelles »… On connaît la mécanique ! À cette différence près qu’en Afrique les puissances se sont toujours débrouillées pour mettre en place des potentats locaux aussi dociles que corrompus. Alors que le « petit » Tsipras, même vaincu, n’est pas leur homme lige (sa chute serait d’ailleurs leur ultime victoire). Ce retour à un colonialisme primaire au cœur de l’Europe doit nous inspirer quelques réflexions. Par exemple, celle-ci. L’un des arguments qui ont plaidé en faveur de la construction européenne, au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, c’est la lutte contre les nationalismes. C’est l’Europe, facteur de paix.

Or, que voit-on aujourd’hui ? Que livrée au libéralisme, elle est au contraire redevenue le théâtre de tous les nationalismes. Tantôt au nom de l’Europe, tantôt contre elle. L’Allemagne de M. Schaüble et du social-démocrate Sigmar Gabriel n’en est pas exempte. Et que dire de ses alliés finlandais, de droite et d’extrême droite, pour qui les Grecs méritent la même considération que les migrants érythréens ? Bref, la haine de classe, le mépris pour les peuples et le racisme font bon ménage. Où allons-nous de ce pas ?

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Synthèseman

Quant à François Hollande, il s’en tire bien. Il va glaner ici ou là quelques points dans les sondages. Il a admirablement joué les « go-between » et a su le faire savoir. Mais sur le fond ? Comme il l’a reconnu lors de son entretien du 14-Juillet (« J’ai dit à Alexis Tsipras : “aide-moi à t’aider” »), c’est sur la Grèce qu’il n’a cessé de faire pression afin qu’elle accepte les conditions qui lui étaient imposées. Peut-être a-t-il convaincu Tsipras de ne pas se lancer dans l’aventure de la sortie de l’euro. Mais, peut-être que Tsipras n’avait besoin de personne pour le comprendre… C’est en tout cas très insuffisant pour nous faire croire que la France a résisté à l’Allemagne, et qu’il s’agit là d’une grande victoire. Quoi qu’il en soit, la crise grecque marque un tournant. Toutes les forces de gauche – réellement de gauche – vont devoir d’urgence en tirer les leçons.

parthenoMcDo

 

Grèce_ le suivi

=================mise à jour du 18 juillet

Alexis Tsipras dans l’humanité :
« J’ai cru que cette Europe pouvait être changée, que le droit pouvait primer sur les intérêts des banques. Nous étions seuls, face à tout le système financier mondial. La vérité, c’est que cet accord a été imposé de manière cruelle, a expliqué le premier ministre grec. Mais c’est pour eux une victoire à la Pyrrhus, qui finira par se retourner contre eux. Durant cinq mois, nous avons semé des graines de démocratie et de dignité, elles finiront par fleurir. Les fissures dans le mur de l’austérité sont là, il ne résistera pas. »

 

Varoufakis_log================
Eric Toussaint : « La BCE a déstabilisé l’économie pour soumettre la Grèce aux exigences des créanciers »

toussaint1707Éric Toussaint est universitaire 
et porte-parole du CADTM
Maître de conférences à l’université de Liège, porte-parole du Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde (CADTM), Éric Toussaint est le coordinateur scientifique de la Commission pour la vérité sur la dette grecque.

Athènes, envoyée spéciale.

Avons-nous assisté ces dernières semaines, à Athènes, à un coup d’État financier, comme l’affirment nombreux observateurs, en Grèce et à l’étranger ?

Éric Toussaint Oui et non. Ce qui était décisif ici tenait à des décisions politiques, prises par des instances politiques complices, bien sûr, des intérêts financiers. Ce n’est pas un coup d’État mené directement par la finance, mais par les institutions, la Commission européenne, les chefs d’État et de gouvernement des pays de la zone euro. L’Allemagne n’est pas seule impliquée. Il est clair que l’Espagnol Mariano Rajoy ou le Portugais Pedro Passos Coelho, sans parler des gouvernements finlandais ou letton, dévoués aux politiques néolibérales, tenaient à démontrer à leurs peuples respectifs que l’option présentée aux Grecs et aux peuples d’Europe par Syriza ne pouvait pas fonctionner. Il s’agit donc bien de décisions d’abord politiques. Il est clair que les grandes banques privées, les multinationales voulaient aussi obtenir la démonstration qu’il est impossible de tourner le dos à l’austérité. Mais il faut rappeler que les principaux créanciers de la Grèce sont aujourd’hui des créanciers publics. Les banques ne sont plus aux premières loges, elles l’étaient jusqu’en 2012, avant de se défaire des créances qu’elles détenaient. La restructuration de la dette en 2012 leur a permis de s’en tirer à bon compte. Aujourd’hui, la Commission européenne, la Banque centrale européenne et les États de la zone euro veulent absolument, en dépit de l’échec des politiques économiques imposées à la Grèce, que le pays reste sur les rails du néolibéralisme. Le FMI aussi, bien entendu, qui est aussi une instance politique.

Alexis Tsipras espérait, en contrepartie de sa capitulation sur les politiques d’austérité, obtenir des engagements sur un allégement de la dette. Les créanciers, eux, concèdent tout juste l’ouverture en 2015 d’une discussion sur un éventuel réaménagement de la dette à partir de 2022. Pourquoi cette intransigeance, alors que le FMI lui-même juge désormais la dette insoutenable ?

Éric Toussaint À mon avis, il pourrait y avoir une restructuration de la dette avant 2022. Les créanciers disent « pas avant 2022 » parce qu’ils savent que ce plan ne va pas fonctionner, que le paiement de la dette sera insoutenable. Ils la restructureront, cette dette. Mais en conditionnant cette restructuration à la poursuite de réformes néolibérales. La dette est un moyen de chantage, un instrument de domination. Fondamentalement, dans le cas grec, ce n’est pas tellement la rentabilité qui compte pour les créanciers, même si elle existe. Ce qui les motive, c’est de démontrer à leurs propres peuples et à ceux des autres pays périphériques qu’il n’est pas question de dévier du modèle. 
Pour Hollande, pouvoir dire : « Regardez, même Tsipras, même la gauche radicale ne peut sortir du carcan ! », c’est a posteriori et dans le débat français la justification de sa propre abdication, en 2012, sur la promesse de renégocier le traité européen sur la stabilité budgétaire.

Devant la violence de l’offensive des créanciers, Tsipras avait-il d’autres choix ? L’alternative se résumait-elle à la sortie de l’euro ?

Éric Toussaint Non, je ne le crois pas. Le choix n’est pas entre le Grexit et le maintien dans la zone euro assorti d’un nouveau plan d’austérité, en continuant à payer la dette. Il était possible de rester dans la zone euro en désobéissant aux créanciers par l’invocation du droit. Des violations de droits humains sont en jeu, ici. Il fallait suspendre le paiement de la dette ; prendre le contrôle de la Banque de Grèce dont le gouverneur, nommé par Antonis Samaras, joue contre les intérêts du pays et peut-être, aussi, lancer une monnaie électronique complémentaire qui aurait pu aider à faire face à l’assèchement organisé des liquidités, tout en restant dans la zone euro.

La BCE, instrument du coup d’État, inonde les marchés financiers de liquidités, dopant la machine à spéculer. Peut-on mettre la création monétaire au service de l’économie réelle, des besoins sociaux, du développement humain ?

Éric Toussaint Bien sûr ! Mario Draghi n’est pas « indépendant ». Il est l’interface entre les grandes banques privées et les gouvernements de la zone euro. La BCE a déstabilisé l’économie grecque de façon délibérée, pour soumettre la Grèce à ses exigences et à celle des autres créanciers.
Entretien réalisé par 
Rosa Moussaoui Vendredi, 17 Juillet, 2015
L’Humanité http://www.humanite.fr/

stats-fr

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à la soupe !

Lisbonne2015NÃO SE ILUDAM !
Esta fila não é em Atenas, ontem, para conseguirem levantar 60 euros, no Multibanco.
Esta fila, é no PORTO, ontem, para conseguirem uma tigela de sopa e um prato de comida quente.

Ce qui, traduit en français, veut dire que cette file d’attente n’a pas été photographiée à Athènes pour montrer les Grecs qui se pressent aux distributeurs dans l’espoir de retirer 60 euros.

Ici nous sommes à Porto, au Portugal, le 8 juillet 2015, et ces gens font la queue pour
avoir un bol de soupe et une assiette de nourriture chaude…
Ce qui prouve bien que, à part la Grèce, tout va très bien pour l’Europe, n’est-ce pas monsieur Juncker ?

 

Dossier Grèce_le suivi

Compil de quelques articles que vous auriez pu manquer. (Sauf mention contraire toutes les illustrations sont un choix de Sémaphores)

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L’éditorial de Patrick Apel-Muller dans l’Humanité :

La France doit se mouiller

Ils avaient fini par se croire. Lancés dans une intense et violente propagande pour renverser Tsipras et imposer l’austérité, les dirigeants européens, relayés par les principaux médias, pensaient bien que l’occasion du référendum serait la bonne. Ce lundi matin avait pour eux la lourdeur d’une gueule de bois. Un peuple venait en effet, muni de son seul bulletin de vote, de bousculer les lignes blanches que l’ordre libéral interdit de franchir. La défaite est amère pour la cohorte qui défile derrière Angela Merkel. La politique reprend des droits face au catéchisme financier ; elle peut permettre de s’évader de la camisole de l’austérité qui enserre le continent. (…)

La France ne peut plus se réduire au rôle d’aide de camp de la chancelière. Elle doit peser de tout son poids pour qu’une solution l’emporte, garantissant le caractère soutenable de la dette, des carburants pour la croissance et des conditions de vie allégées pour tout un peuple. François Hollande ne peut croire passer au travers des gouttes. Il doit se mouiller et en répondre devant l’opinion.

http://www.humanite.fr/la-france-doit-se-mouiller-578791

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Un texte un peu long mais édifiant et très documenté pour comprendre les manœuvres économico-politiques qui ont préparé de longue date un Grexit.

Le secret des banques derrière la tragédie grecque

02 juillet 2015
Maria Lucia Fatorelli, membre de la Commission Vérité sur la Dette Publique Grecque et coordinatrice de l’audit citoyen de la dette du Brésil, analyse les faits pour révéler la supercherie du bailout grec de 2010.

Paris le 30 septembre 2012. Marionnettes BCE et FMI

Paris le 30 septembre 2012. Marionnettes BCE et FMI

« La Grèce est confrontée à l’énorme problème de la dette et à une crise humanitaire. La situation est maintenant pire que ce qu’elle a connue en 2010, lorsque la troïka – le FMI, la Commission européenne et la BCE – a imposé son « plan de sauvetage », justifié par la nécessité de soutenir la Grèce. En fait, ce plan a été un désastre complet pour la Grèce, qui n’a tiré aucun avantage des conventions d’emprunt douteuses mises en œuvre depuis.
Ce dont personne ne parle est qu’un autre plan de sauvetage réussi a effectivement eu lieu à ce moment-là en 2010, mais pas au bénéfice de la Grèce, mais au profit des banques privées. Derrière la crise grecque, il y a un énorme plan de sauvetage illégal pour les banques privées. Et la façon dont il est mené représente un risque immense pour l’Europe. »

À lire ici : http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/020715/le-secret-des-banques-derriere-la-tragedie-grecque

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grece_auteriteEt sur Mediapart, sous la plume de Christian Salmon…

Un insider raconte: comment l’Europe a étranglé la Grèce

Quelques jours avant le référendum, un conseiller important du gouvernement grec, au cœur des négociations avec Bruxelles, a reçu Mediapart. Il raconte les cinq mois du gouvernement de Syriza, les discussions avec les Européens, la situation catastrophique de la Grèce. Il détaille surtout la stratégie d’étouffement mise en place méthodiquement par l’Eurogroupe et l’asphyxie financière qui a détruit l’économie grecque. Voici le texte de cet entretien au long cours.
Où l’on apprend que… Lire la suite

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 Quoi ? Un référendum en Grèce ?

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Mais plus sérieusement, voici une petite revue des articles que vous avez peut-être manqués ce lundi 29 juin 2015.

Le spectre de la démocratie dans les couloirs de Bruxelles

Blog de Jacques Sapir dans Marianne

« On ne peut, et on ne doit, préjuger du résultat de ce référendum. Il est même possible que, devenu sans objet, il ne se tienne pas. Mais on doit souligner qu’il représente le retour de la démocratie dans un espace européen dont elle était absente. De ce point de vue, l’initiative prise par Alexis Tsipras représentait la dernière chance d’introduire de la démocratie dans le système européen.

Il est aussi probable que les partis d’opposition, que ce soit Nouvelle Démocratie ainsi que le Parti de centre-gauche La Rivière (To Potami) protestent et cherchent à empêcher par divers recours légaux ce référendum d’avoir lieu. On ne peut plus exclure le fait que ces partis, avec l’aide des nervis fascistes d’Aube Dorée, ne tentent de déstabiliser le gouvernement grec. Ces réactions sont exemplaires des comportements antidémocratiques qui s’épanouissent aujourd’hui en Europe. Ils apportent de l’eau au moulin d’Alexis Tsipras. On sent comment les acteurs européistes de ce drame sont aujourd’hui terrorisés par le spectre de la démocratie.
(…)
Tsipras ne doit ainsi pas s’attendre à un quelconque soutien de la part de François Hollande, renvoyé sans ménagement à sa propre médiocrité et à ses basses compromissions, ni de celle d’Angela Merkel dont la politique est la véritable cause de cette crise. Mais il peut s’attendre au soutien de tous ceux qui, en Europe, se battent pour la démocratie et la souveraineté. »
Lire la suite sur le blog de Jacques Sapir

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Politis a choisi la bonne photo, accompagnée d’une aussi bonne question :

Voulez-vous vraiment être gouverné par ces gens ?

59575894-600x393-97aac_by Politis
« Il aura suffi d’une pichenette grecque, d’un simple bon vieux croche-patte à l’ancienne sous forme de référendum, pour que l’Europe laisse tomber ses derniers oripeaux de bienséance démocratique.
En témoigne cette réunion tragi-comique des ministres des Finances réunis en catastrophe le samedi 27 juin à Bruxelles, et qui vit la meute perdre totalement les pédales, désemparée et déchirée, ne sachant plus à quel saint financier se vouer, et allant jusqu’à exclure stupidement et par dépit, en toute illégalité, le mouton noir Varoufakis de sa très glauque cour de récré. »

« Une bande de petits dictateurs amateurs »

La suite sur Politis : http://www.politis.fr/Grece-quand-l-UE-perd-les-pedales,31726.html

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Du côté de Mediapart, c’est le philosophe Étienne Balibar qui a initié un appel de solidarité. Il n’est pas en concurrence avec ceux déjà existants mais vise prioritairement le champ « culturel ».
« Le peuple grec n’a pas un problème avec l’Europe. Lui et nous avons un problème avec ce pouvoir « européen » qui asservit et détruit l’Europe !
Nous ne croyons pas que le peuple grec soit coupable du doublement de sa dette publique en moins de dix ans (1). Ni qu’il doive payer cette dette artificiellement gonflée du saccage de ses droits sociaux, du naufrage de sa démocratie.

Depuis des années les pouvoirs nationaux et supranationaux qui contrôlent l’Union Européenne lui infligent une austérité assortie de « réformes structurelles » qui ruinent son économie et l’enfoncent dans une misère croissante.
Aujourd’hui, le peuple grec dans un sursaut de dignité et de lucidité a donné une majorité électorale à une gauche radicale étrangère aux corruptions et aux compromissions d’hier, qui a formé un gouvernement dont le mandat est de repousser les diktats de la « Troïka » (FMI, BCE, Commission européenne) et d’appliquer une politique de rupture avec cette austérité criminelle.

L’objectif des classes dirigeantes européennes est, non pas d’obliger à rembourser une dette dont tout le monde sait qu’elle ne peut l’être, qui n’a pour fonction que de drainer les fonds publics vers les banques, mais de contraindre le gouvernement d’Alexis Tsipras et de Syriza à la capitulation. Cela afin de pouvoir continuer à étrangler le peuple grec, condamné à mendier indéfiniment des prêts de plus en plus onéreux, et de faire la démonstration aux yeux de toute l’Europe qu’il est impossible de s’attaquer aux banques, de contester le pouvoir absolu des classes dirigeantes, d’ouvrir une alternative à l’austérité…

Lire ici : http://blogs.mediapart.fr/edition/que-vive-la-grece/article/290615/la-grece-au-coeur-de-l-europe

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Alexis Tsipras

Discours d’Alexis Tsipras

Discours d’Alexis Tsipras devant l’Assemblée nationale grecque (5 juin 2015)

Débat parlementaire tenu à la demande du Premier ministre grec Alexis Tsipras, conformément à l’article 124Α du règlement de l’Assemblée nationale grecque, dans le but d’informer les membres du Parlement sur les négociations en cours.

Le discours intégral (traduit en français) est à lire ici : http://blogs.mediapart.fr/blog/dimitris-alexakis/080615/discours-d-alexis-tsipras-premier-ministre-grec-devant-l-assemblee-nationale-grecque-athenes

La vidéo (en grec, 28 mn) est ici : https://www.youtube.com/watch?v=J2P6r222n2I

 

Le fascisme à visage humain

On ne partage pas toujours les analyses de Quatremer (correspondant de Libé en Belgique), mais celle-ci mérite d’autant plus attention que Libération n’a pas été le dernier à consacrer des unes et de pleines pages au FN ces deux dernières années, à l’instar de nombreux autres titres. Ci-après nous reprenons de larges extraits de l’article de Jean Quatremer. Le lien vers l’article intégral est en bas de page.

photo Reuters

photo Reuters

(…) On oublie un peu vite que les partis fascistes d’avant-guerre ne sont pas arrivés au pouvoir en Italie et en Allemagne (l’Espagne est un cas à part, puisque Franco est le produit d’une sanglante guerre civile) en promettant la suppression des libertés civiles, la déportation de leurs opposants ou des «races inférieures», le génocide et une guerre mondiale ! Ils se sont imposés sur des thèmes souvent empruntés à la gauche à la fois sociaux, étatistes et souverainistes (ce qui englobe le sujet identitaire). Le fascisme italien se voulait avant tout social et populaire, tout comme le nazisme qui signifie, ne l’oublions pas, «national-socialisme». À l’époque, les contemporains des fascismes allemand et italien se sont totalement trompés sur la véritable nature de ces partis. Neville Chamberlain, le Premier ministre britannique, n’affirmait-il pas, au lendemain des accords de Munich qui signaient la capitulation des démocraties occidentales, que «Herr Hitler est un gentleman» et que c’était «un homme à qui on pouvait se fier quand il avait donné sa parole» ?
Le refus de qualifier de fascistes des mouvements qui en présentent pourtant les traits caractéristiques (par exemple le culte du chef, la famille Le Pen en offrant un bon exemple, le pouvoir absolu donné à l’État, la volonté de «purger» la communauté nationale de ses éléments étrangers ou politiquement adverses [ramenés au statut d’ennemis de la nation]) date des années 80. Il trouve son origine dans la diabolisation extrême du nazisme, et par contrecoup du fascisme, qui est l’incarnation du mal absolu, un mal incompréhensible par sa singularité et donc pas susceptible de se répéter. Or, résumer le fascisme à sa dimension impériale, raciste et antisémite, c’est cela qui interdit aujourd’hui de penser la percée de leurs équivalents modernes.

Dans un entretien au Soir, l’historien allemand Thomas Weber, auteur de «La première guerre d’Hitler», estime très justement qu’en «réduisant Hitler à cette incarnation du mal absolu, ultra-antisémite et raciste, nous omettons de voir où est le vrai danger. Si nous prenons «l’autre» Hitler, celui qui est farouchement antilibéral et anticapitaliste, alors c’est peut-être encore plus inquiétant pour l’Europe, car ces idées pullulent de nouveau, sous la forme des mouvements de contestation populistes, comme Pegida en Allemagne, le FN en France, le Vlaams Belang en Belgique, le FPÖ en Autriche ou le Fidesz en Hongrie. Les dirigeants de ces partis affichent un pragmatisme comparable, teinté d’antilibéralisme. Nous devrions reconnaître ces similitudes : lors de son ascension initiale, Hitler ne s’est pas imposé avec un discours raciste et xénophobe, mais antiaméricain, anticapitaliste et antilibéral. Ces nouveaux leaders sont plus dangereux, car ils sont plus modérés et usent d’un langage moins antagonisant, à l’instar de Marine Le Pen en France».

pere et fille
(…) Prenons l’exemple du FN. Sur le plan intérieur, les incidents du 1er mai ont donné une idée précise de ses conceptions en matière de libertés publiques : plusieurs journalistes ont été tabassés par un élu et des militants FN et la milice du parti (le DPS –département protection et sécurité-dont la devise est «honneur et fidélité») a pénétré dans un lieu privé (une chambre d’hôtel) pour arrêter violemment des manifestantes (les Femens) pacifistes : atteinte à la liberté de la presse, viol de domicile, coups et blessures, arrestation arbitraire, tout cela en quelques minutes… Un comportement qui est en phase avec le parti «réel» : il suffit de lire la «fachosphère» pour se rendre compte des haines et de la violence qui travaillent ses militants et électeurs.
Le FN ne cache pas sa volonté de remettre en cause les libertés civiles (droits des femmes avec, par exemple, la remise en cause de l’avortement, droits des homosexuels avec l’abrogation du mariage, etc.) et économiques («protectionnisme intelligent», interventionnisme de l’État). Les libertés politiques sont elles aussi menacées, même si pour le coup, ça n’est pas assumé publiquement. Mais il est clair que toute opposition sera perçue comme une atteinte aux intérêts nationaux : ainsi, comme l’a tweeté après les incidents du 1er mai, dans un bel acte manqué, Florian Phillipot, le numéro 2 du FN : «défendre d’une façon ou d’une autre les Femens, c’est de fait avouer sa haine de la France». En clair, on n’appartient plus à la communauté nationale si on n’est pas avec le FN. La liberté de la presse et plus généralement de pensée sera sans aucun doute remise en cause afin d’assurer au parti le contrôle du pays : pas d’argent public pour ceux qui déplaisent, contrôle de l’audiovisuel public (Nicolas Sarkozy a montré l’exemple), intimidations (la liste des journalistes tabassés par le FN commence à être longue)…
(…) Ceux qui en France estiment qu’il faudrait que le FN puisse gouverner pour le normaliser font exactement la même erreur stratégique tragique que les partis démocratiques allemands au début des années 30.
Procès d’intentions que tout cela ? Que nenni : il suffit d’observer ce qui se passe en Hongrie avec le Fidesz pour avoir un avant-goût de ce qui attend la France «bleu marine». Et ce pays appartient, lui, à l’Union, ce qui freine –un peu- l’autoritarisme de Viktor Orban… Ça ne sera pas le cas d’une France FN qui quittera l’euro et l’Union afin de remettre à l’honneur les frontières nationales (pour mieux contrôler) et avoir les mains libres en matière de libertés publiques et d’économie. L’explosion du projet européen sera sans doute la conséquence géopolitique la plus grave pour le vieux continent : 70 ans de paix seraient rayés d’un trait de plume et on en reviendrait aux bons vieux rapports d’État à État qui ont fait leurs preuves dans un passé récent. Quand on voit que la Grèce en est à réclamer des dommages de guerre à l’Allemagne, cela donne un avant-goût du retour des vieilles haines recuites, toujours présentes, qui nous attend. D’autant que l’Allemagne et plus généralement les pays étrangers fourniront un excellent bouc émissaire aux difficultés que ne manquerait pas de rencontrer le FN. Un ennemi extérieur, c’est l’idéal pour se maintenir au pouvoir…
(…) Collectivement, nous sous-estimons le danger qu’incarnent ces partis dits «populistes». On s’habitue, petit à petit, à l’idée qu’ils accéderont un jour au pouvoir. La douceur des mots qu’on emploie pour les désigner cache leur brutalité. Il est temps de faire tomber les masques et de combattre sans état d’âme ces fascismes à visage humain avant qu’il ne soit trop tard.
N.B.: version remaniée d’une chronique pour le site de la Libre.be (écrite avant les incidents du 1er mai…)
Lire l’article intégral : http://bruxelles.blogs.liberation.fr/2015/05/06/le-fascisme-visage-humain/

Suite papale n°2

Le pape François était en visite officielle à Strasbourg ce 25 novembre au siège du Parlement européen.
Il a évoqué les racines chrétiennes de l’Europe et appelé à une « Europe qui soit capable de faire un trésor de ses propres racines religieuses », car ainsi elle resterait plus facilement « exempte de tous les extrémismes qui se répandent dans le monde moderne, à cause, entre autres, du grand vide auquel nous assistons en Occident. (…) C’est l’oubli de Dieu et non sa glorification qui génère la violence. »


Mélenchon : « Un Parlement n’est pas le lieu d… par lepartidegauche

Suite, par Mario, apostat et cependant chrétien :

C’est très bien que le pape François veille à bien nous rappeler les prétendues « racines chrétiennes » de l’Europe, tout comme Marine Le Pen nous rappelle à celles de la France. Reste à savoir de quelle France on parle, de quelle chrétienté, et à quelle Histoire on se réfère.

Avant que de devoir son nom à un certain Clovis qu’on voudrait roi des Francs, il convient de rappeler qu’il était avant toute chose un Mérovingien et que, comme tous les dignes descendants de Mérovée, ses dévotions allaient à un paganisme que l’Église naissante n’avait de cesse de voir disparaître. La trahison fatale viendra avec la fameuse « donation de Constantin » (document qui s’avèrera faux, ou pour le moins antidaté) par lequel l’empereur Constantin 1er donnera l’imperium sur l’Occident au pape Sylvestre.

À partir de là, très loin de toute spiritualité qui eut été véritablement chrétienne, l’Église sera de toutes les magouilles politiques, sans cesse présente à la cour de ceux qu’elle fait et défait à sa guise, à la table de tous les puissants mais pas celle des gueux à qui elle fermera maintes fois ses portes, pour atteindre des sommets d’horreur et de barbarie lors de la « Sainte Inquisition » (fallait oser l’adjectif !). Doit-on oublier que plus de 400 000 femmes, pour la seule Europe, finiront sur le bûcher pour soupçon de sorcellerie ? Doit-on oublier les accords signés entre le Vatican et les régimes mussolinien et hitlérien ?

Quand l’Église aurait-elle cessé de flatter les pires dictateurs, ou dans le moindre des cas de les couvrir par son silence ? On n’a pas entendu s’élever la voix de l’Argentin et futur pape François lorsqu’il était aumônier des brigades qui torturaient les prisonniers dans les geôles de Videla ! Et l’on voudrait venir donner des leçons de conduite en 2014 jusque dans les parlements ? Plus de cent ans après la séparation de l’Église et de l’État ? Ce n’est pas acceptable !

Qu’attendre d’une église qui n’a reconnu qu’en 1995 que la Terre et ronde et qu’elle tourne ? (clôture du procès Galilée). Qu’elle nous considère comme des brebis égarées lorsque nous déclarons que notre corps nous appartient, lorsque notre amour est homosexuel, lorsque nous voulons avorter parce que nous estimons que c’est dans l’intérêt de l’enfant qui naîtrait, lorsque nous voulons éteindre la lumière de notre propre vie plutôt que d’imposer de la souffrance à nos proches ? Dans quel obscurantisme voudrait-on nous maintenir encore plus longtemps ?

Non, le pape n’est pas un chef d’État mais un chef religieux et le Vatican ne saurait être considéré comme un État !

Et non, monsieur le Pape, les religions ne sont pas le remède à la guerre et à la violence, elles en sont la cause profonde, ce siècle comme les précédents en est une preuve éclatante.

« Les religions sont le soupir de la créature affligée, l’esprit d’un monde sans esprit, le cœur d’un monde sans cœur ; elles sont l’opium des peuples. » Karl Marx

 

La Commission européenne de malheur !

par JLM

Élire ou pas la nouvelle commission européenne présidée par Jean Claude Junker, c’était le sujet essentiel de cette session. (…) Juncker est passé en force : tout le monde ou rien ! Les lâches qui la veille tortillaient la bouche pleine de leur prétendu « pouvoir du Parlement » se mirent à genoux au premier coup de fouet.

Le Britannique Jonathan Hill, commissaire désigné à la stabilité financière, aux services financiers et à l’union des marchés de capitaux a refusé de s’engager sur un calendrier précis en vue de mettre en place l’union bancaire, le système unique de garantie des dépôts. Il n’a pas essayé non plus de calmer les inquiétudes sur le fait que c’était un candidat d’un pays non membre de la zone euro qui était en charge de la mise en œuvre de l’union bancaire. En effet, même si le projet est ouvert à tous les États membres, seuls les pays de la zone euro participent au projet jusqu’à ce jour. Comment un tel homme avec de telles idées peut-il être là ? Son parcours professionnel répond. Il a été lobbyiste et a fondé sa propre agence de conseils. Bingo ! Ses anciens collègues vont adorer ! Il a répondu qu’il s’était séparé des parts qu’il détenait au sein de son ancienne entreprise, et ce, « moins d’une journée après » sa nomination. Rassurant, non ?

Mieux connu est le cas déplorable de l’espagnol Miguel Arias Canete au poste de commissaire à l’énergie et à l’action climatique. Il est surtout connu pour avoir réduit les subventions aux énergies renouvelables dans son pays et pour être un ancien dirigeant de compagnies pétrolières, aux Canaries, aujourd’hui dirigées par ses fils et dont il est toujours actionnaire. Il a même osé un changement de dernière minute dans ses déclarations d’intérêt financier. Amnistié ! Les mêmes qui le critiquaient vertement ont voté pour lui.

Le Hongrois Tibor Navracsics, candidat pour le poste de commissaire à l’Éducation, à la culture, à la jeunesse et à la citoyenneté, semblait également mal parti. Rappelons que c’est un proche de Viktor Orban, dont le gouvernement promeut ouvertement des politiques discriminatoires envers les Roms et laisse prospérer un antisémitisme de type nazi. Tout est pardonné. Élu en même temps que Moscovici, son nouveau collègue. Lequel s’est vu adjuger le portefeuille des affaires économiques et financières. Ouf, car tous nos « amis » européen s’étaient déchainés contre lui et contre la France dans des termes souvent inadmissibles ! Il fut tout bonnement accusé d’être un cheval de Troie envoyé par Paris, dont la mission serait de permettre à son pays de laisser filer son déficit sans avoir à subir de sanctions. Vive l’amitié entre les peuples européens ! Triste camouflet pour la France : Pierre Moscovici devra en référer à deux vice-présidents.

D’abord le Finlandais Jyrki Katainen, en charge de la croissance et de la compétitivité. Bien connu pour être le chantre de l’orthodoxie budgétaire. Pour ses exploits en la matière, il a été nommé en 2008 « meilleur ministre des Finances d’Europe » par le Financial Times.

 

Autre surveillant du Français, le Letton Valdis Dombrovskis, en charge de la gestion de l’euro et du dialogue social. Une mauvaise farce. Ce dogmatique féroce a imposé à son pays une cure d’austérité pire que celle infligée à la Grèce. Il a laissé son pays dans une profonde récession dont il n’est pas sorti. Désastre assuré. La Commission « de la dernière chance » comme a dit Junker est vouée à faire le malheur du continent.

«Il faut violer les traités européens !»

Jacques Généreux (Parti de gauche): «Il faut violer les traités européens!»

Le dernier « Objections » sur Mediapart était consacré à recueillir les propos de Jacques Généreux sur la politique économique actuelle de la France. 24 octobre 2014 | Interview par Hubert Huertas et Martine Orange

 « Il faut ouvrir une crise. Il n’y a pas d’autre moyen pour que ça bouge. L’Union européenne ne sera réformée que lorsqu’elle s’effondrera dans sa forme actuelle. Il faut qu’un grand pays, la France par exemple, décide de désobéir radicalement. Il faut violer les traités européens. Si nous ne provoquons pas un choc de ce type, nous aurons un choc d’un autre type, une grande catastrophe financière, ou une grande catastrophe politique avec la montée des fascismes… »


Jacques Généreux (Parti de gauche) : « Il faut… par Mediapart

Bonus pour ceux qui veulent découvrir davantage Jacques Généreux.

Propos recueillis par Raphaël Berland. En marge de la Conférence organisée le 15 octobre par l’IRIS, « Le système financier international et les nouveaux modèles de développement économique ». C’est après la balise et ça dure 42 mn. Lire la suite

Le généreux marin et la froide Europe

Suivi de notre info précédente concernant l’opération « Mos Maiorum » : http://semaphores.info/2014/10/operation-mos-maiorum/

 

Le contraste est saisissant, violent, douloureux !

D’un côté, le valeureux capitaine d’un remorqueur de haute mer, Philippe Martinez, qui l’été dernier sauva la vie de mille huit cent vingt-huit migrants en perdition sous le soleil de plomb de la méditerranée. De l’autre, presque au même moment, une opération coordonnée des polices européennes en lien avec les agences Frontex et Europol décidée dans l’opacité et le secret total par la présidence Italienne du conseil Européen vise à ouvrir une chasse à « l’immigré ».

L’objectif de démantèlement de réseaux de passeurs va servir  de prétexte à de grandes opérations d’interpellations  de migrants ou de « sans papiers » et à  la collecte de multiples informations les concernant. Lors d’opérations précédentes du même type, quasiment aucun passeur n’a été arrêté. Par contre, les rafles de « sans papiers » les ont conduits dans les centres de rétention et vers l’expulsion manu-militari, sans tenir compte du degré de danger auquel ils doivent faire face à leur retour. Aucun élément n’est donné sur le sort qui sera réservé aux personnes interpellées, ni sur l’utilisation qui sera faite des données personnelles. Cette vaste opération, ouverte cette fin de semaine jusque la fin du mois et qui répond du nom « Mos Maiorum » va mobiliser pas moins de dix huit mille policiers et militaires. Elle a été décidée le 10 juillet dernier et les documents « très confidentiels » qui en attestent ne nous sont parvenus que le 6 octobre. Le Parlement européen n’en a pas été informé. J’ai questionné le Conseil européen sur ces documents et cette décision. J’attends la réponse. C’est au moment même ou est lancée cette nouvelle opération qu’est stoppée l’initiative dite « Mare Nostrum » qui a pourtant permis de sauver cent mille personnes .

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Question écrite au Conseil européen

Document adopté le 10.07.14 par la présidence du Conseil de l’UE (anglais et français)

 

Demain est à nous !

Discours prononcé par Pablo Iglesias Turrion, candidat de la GUE à la présidence du Parlement européen le 1er juillet 2014

C’est un honneur pour moi que de m’adresser à vous pour présenter ma candidature à la présidence de cette chambre. Ce Parlement est appelé à représenter la souveraineté de l’Europe et nous nous devons d’être à la hauteur de ce que cela signifie aujourd’hui.

Le rêve de l’Europe a été enseveli plusieurs fois mais a toujours su renaître. C’est ainsi qu’il y a presque 70 ans, l’Europe s’éveilla à nouveau à travers la résistance de ses peuples contre le fascisme, par les survivants des camps d’extermination où ils donnèrent leur vie pour la justice et la liberté. Des milliers de mes compatriotes, qui s’étaient battus en défense de la démocratie en Espagne, ont participé à cette lutte et à ce rêve de justice. Vous ne pouvez pas imaginer la fierté que je ressens en tant qu’Espagnol du fait que les premiers tanks qui entrèrent pour libérer Paris aient été conduits par des combattants espagnols. Aujourd’hui, alors que l’intolérance et la xénophobie nous menacent à nouveau, je veux revendiquer la mémoire européenne de l’antifascisme et celle de tous les peuples amoureux de liberté et de démocratie.

Mesdames et Messieurs, ce que notre continent et notre Histoire ont de meilleur s’est forgé dans les révolutions qui ont rendu le peuple sujet de droits, au-dessus des rois, des dieux, des nobles et des grands propriétaires. Le meilleur patrimoine que possède l’Europe est la volonté de ses citoyens d’être libres et de ne servir personne. N’être le serviteur de personne, c’est cela la démocratie. Lire la suite

Libéral Thermidor

Olivier Tonneau est blogueur dans la partie Club de Mediapart et ses « Lettres » sont, pardon du jeu de mots mais il s’impose, souvent du meilleur tonneau. En complément au précédent billet de Christian Salmon, voici la lettre publiée le 29 mai. (ndlr : le choix des photos illustrant l’article n’est pas de l’auteur mais de Sémaphores)

Dix-neuvième lettre : libéral Thermidor

Par Olivier Tonneau

Chers amis,

S’il est vrai, comme le suggère le beau documentaire de Jean-Robert Viallet, que la crise est la cause première de la montée du Front National, les chiffres annoncés au lendemain des élections européennes ne sont pas faits pour nous rassurer : le chômage continue d’augmenter et les impôts ont rapporté deux fois moins que prévu à l’État. Espériez-vous autre chose ? Non : ces tristes nouvelles ne suscitent plus aujourd’hui qu’une morne résignation.

Le plus affolant dans la situation actuelle n’est pas que les raisons de l’échec soient très faciles à comprendre ; c’est que les solutions sont bien connues. La première partie de cette lettre les récapitule en quelques mots. Mais si les solutions sont connues, comment le gouvernement peut-il ne pas les mettre en œuvre ? Je ne ferai pas l’injure à François Hollande et ses sbires de les prendre pour des imbéciles et j’explorerai dans la seconde partie de cette lettre l’autre explication possible : la malhonnêteté.

         Nous avons donc appris hier que malgré les augmentations d’impôts directs et indirects, les rentrées n’augmentent pas. Malgré la flexibilisation du marché du travail et le Crédit Impôt-Compétitivité, les entreprises n’embauchent pas. Comment ne pas voir que les deux échecs sont liés ? Se pourrait-il que les augmentations de TVA aient contraint les ménages appauvris à diminuer leur consommation, contribuant ainsi aux banqueroutes de TPE/PME privées de clients et diminuant d’autant les rentrées de l’État au titre de l’impôt sur les sociétés ?

Mais les TPE/PME n’ont pas fini de souffrir. C’est en leur nom que le gouvernement entend procéder à des exonérations de charges, qu’il veut financer en faisant des « économies », c’est-à-dire principalement en diminuant les dotations de l’État aux collectivités locales. Mais là où le bât blesse, c’est que les premiers clients des PME sont – vous avez deviné – les collectivités locales elles-mêmes. La vague de faillites n’est donc pas près de refluer. Le nombre de chômeurs augmentera donc, et l’État s’appauvrira d’autant. Mais comment un État toujours plus pauvre pourra-t-il indemniser un nombre de chômeurs toujours plus grand, sinon en creusant les sacrosaints déficits ?

A moins, bien sûr, qu’il ne rabote sur d’autres dépenses – peut-être les services publics ? Moins de subventions aux associations, moins de culture, moins de soutien aux plus fragiles, moins de lien social : plus d’isolement, de précarité, de solitude, d’ennui, d’angoisse, de sentiment de déclassement. Dans ces conditions, vous êtes sans doute comme moi sur des charbons ardents : le Front National baissera-t-il aux prochaines élections ? Les Français se seront-ils miraculeusement « rassemblés » ?

Trêve de balivernes. Il y a maintenant trois ans que les Économistes Atterrés publiaient un petit manifeste dans lequel ils prévenaient que l’austérité ne pouvait qu’étouffer l’activité, donc augmenter le chômage et diminuer les recettes, donc creuser les déficits, ce qui entraînerait davantage d’austérité en une spirale récessive sans fin.

Pauvres atterrés ! De quel adjectif les qualifier aujourd’hui ? Cela fait deux ans que leurs pronostics se vérifient ponctuellement – on rêve de voir leurs préconisations mises en œuvre. Elles sont nombreuses et je vous laisse les découvrir. Je n’en retiendrai ici qu’une seule: il faut relancer l’activité via des investissements massifs dans la fameuse « transition énergétique » porteuse de millions d’emplois (isolation thermique, géothermie, hydroliennes, recherche scientifique) mais également dans les services publics. Plus d’assistants sociaux, plus d’hôpitaux, d’instituteurs font un accroissement de bien-être, renouent le lien social, secourent les plus faibles, permettant un assainissement de la société – peut-être la décrue du Front National ? Oh les belles perspectives !

Tout cela serait possible si la Banque Centrale Européenne (BCE) pouvait prêter aux États à taux zéro, voire créer ex nihilo la monnaie qu’il leur faut (création monétaire qui aurait le petit inconvénient de provoquer un peu d’inflation mais aussi l’avantage de dévaluer un euro dont chacun s’accorde à dire qu’il est trop fort). Mais comme vous savez, les traités européens l’interdisent et privent au contraire les États de toute marge de manœuvre budgétaire. Tout revient donc à ce fameux Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance (TSCG) que François Hollande avait promis de renégocier, ce dont il n’a rien fait.

                 Mais peut-être a-t-il du moins essayé ? Nous avons une preuve irréfutable du contraire : souvenez-vous. En 2012, la Grèce est engagée sur la pente d’une austérité qui va la dévaster, imposant la baisse des salaires et des retraites, le démantèlement des services sociaux et par conséquent le retour de la malaria, une épidémie de SIDA, l’explosion de la mortalité infantile, des suicides et de la prostitution. Les élections présidentielles approchent et déjà Syriza est très haut dans les sondages.

A l’aube de son martyr, la Grèce tient le sort de l’Europe dans sa main. Vous connaissez l’adage : si vous devez 500 euros à votre banquier, c’est un problème pour vous, mais si vous lui devez cinq milliards, c’est un problème pour lui. Si la Grèce avait refusé, à ce moment-là, d’obéir aux injonctions de la Troïka, l’Europe n’aurait eu d’autre choix que de mettre en place une autre politique : laisser la Grèce sortir de l’Euro, c’était condamner à la faillite instantanée la Société Générale, la BNP, la Deutsche Bank et donc plonger la zone euro dans une crise mortelle.

La victoire de Syriza eût été pain béni pour un président souhaitant réorienter l’Europe. Imaginez ce qui se serait passé si François Hollande avait annoncé que la France de gauche était prête à soutenir la Grèce dans son combat contre la Troïka ! Alors, la face de l’Europe aurait changé. Diplomatiquement impossible ? Mais il pouvait au moins espérer silencieusement en une victoire de Syriza. Il aurait alors eu beau jeu de dire à Angela Merkel : « Ni vous, ni moi n’y pouvons rien ; les Grecs ne céderont pas ; il faut renoncer à leur imposer l’austérité. La Banque Centrale doit donc leur prêter directement de l’argent pour engager un plan de relance de l’activité qui leur permette, à terme, de rembourser leur dette ». Lire la suite

de quelques normes européennes…

Billet d’humeur et d’humour

On ne saluera jamais assez le travail remarquable des fonctionnaires européens qui ont à charge de coucher noir sur blanc les normes communautaires. Et tant pis si la récente directive de limiter la contenance des chasses d’eau à 6 litres et la demi-chasse à 3 litres fait râler la perfide Albion, elle qui aurait préféré que ce fût 4 litres pour n’avoir pas à changer tous ses blocs sanitaires. Il y aura toujours des râleurs, mais faut pourtant que certains se collent à définir les normes de notre espace communautaire.

On se souviendra, par exemple, du feuilleton des essuie-glaces de tracteurs agricoles.

Déjà en 1997, un rapport du Sénat avait cité quelques perles se référant à la directive relative aux essuie-glaces des tracteurs agricoles ou forestiers à roues selon laquelle : « si le tracteur est muni d’un pare-brise, il doit également être équipé d’un ou plusieurs essuie-glaces actionnés par un moteur. Leur champ d’action doit assurer une vision nette vers l’avant correspondant à une corde de l’hémicycle d’au moins 8 mètres à l’intérieur du secteur de vision ».

C’est ben vrai, ça ! Tout bon agriculteur, même s’il n’est pas au niveau Bac+3, devrait comprendre que lorsqu’il est assis sur son tracteur à roues (et non pas sur son bœuf ou son cheval, qui sont des tracteurs à pattes) ledit agriculteur doit avoir une vision vers l’avant au moins égale à une corde d’hémicycle de 8 mètres dans son secteur de vision. Très important, la vision ! Quand on veut bien cultiver son champ, il faut d’abord être au point avec le champ de vision. Et donc, autre exemple, être sûr d’avoir bien calé son rétroviseur. C’est pourquoi il existe une autre directive européenne relative aux rétroviseurs des tracteurs agricoles ou forestiers à roues (ça ne s’applique donc pas aux tracteurs à chenilles), selon laquelle

« le rétroviseur extérieur doit être placé de manière à permettre au conducteur, assis sur son siège dans la position normale de conduite, de surveiller la portion de route définie au point 2.5 », ledit point disposant que « le champ de vision du rétroviseur extérieur gauche doit être tel que le conducteur puisse voir vers l’arrière au moins une portion de route plane jusqu’à l’horizon, située à gauche du plan parallèle au plan vertical longitudinal médian tangent à l’extrémité gauche de la largeur hors tout du tracteur isolé ou de l’ensemble tracteur-remorque » !

Ah oui, pour le rétro c’est plus complexe que pour les essuie-glaces, et il aurait fallu pouvoir continuer jusqu’à Bac+5. D’ailleurs ça permettrait de se lancer dans la culture des bananes, ce qui est très technique comme chacun sait, car on ne transige pas sur la qualité de la banane. Le règlement de la Commission du 16 septembre 1994 définit les qualités que doivent présenter les bananes vertes non mûries après conditionnement et emballage.

Les bananes doivent être vertes, entières, fermes, saines, propres, pratiquement exemptes de parasites et d’attaques de parasites, à pédoncule intact sans pliure ni attaque fongique et sans dessication, épistillées, exemptes de malformations et de courbure anormale des doigts, pratiquement exemptes de meurtrissures et de dommages dus à de basses températures, exemptes d’humidité extérieure anormale, d’odeurs et/ou de saveurs étrangères, les mains et les bouquets devant comporter une portion suffisante de coussinet de coloration normale, saine, sans contamination fongique, et une coupe de coussinet nette, non biseautée, sans trace d’arrachement et sans fragment de hampe.

Remarquez que si vous ne vous sentez pas d’épistiller vos bananes (désolé pour l’explication, mais on n’a pas trouvé le mot dans le Robert ni le Larousse), vous pouvez vous reporter sur le calibrage. Très important le calibrage de la banane !  Figurez-vous qu’il se trouve déterminé par

« la longueur du fruit, exprimée en centimètres et mesurée le long de la face convexe, depuis le point d’insertion du pédoncule sur le coussinet jusqu’à l’apex, le grade, c’est-à-dire la mesure, exprimée en millimètres, de l’épaisseur d’une section transversale du fruit pratiquée entre ses faces latérales et son milieu, perpendiculairement à l’axe longitudinal. Le fruit de référence servant à la mesure de la longueur et du grade est le doigt médian situé sur la rangée extérieure de la main, le doigt situé à côté de la coupe, qui a servi à sectionner la main, sur la rangée extérieure du bouquet. La longueur et le grade minimaux sont respectivement fixés à 14 cm et 27 mm ».

C’est technique, on vous avait prévenu. Cependant, si vous en avez assez de vous faire mettre la banane là où l’on pense, essayez le concombre. C’est plus facile le concombre :

Le poids minimal des concombres cultivés en plein air est fixé à 180 grammes et celui des concombres cultivés sous abri à 250 grammes. La longueur minimale de certains concombres (excluons ici les concombres de mer qui entrent dans une autre catégorie) doit être égale à 25 ou 30 cm suivant leur poids. Mais attention…

« La différence de poids entre la pièce la plus lourde et la pièce la plus légère contenues dans un même colis ne doit pas excéder 100 grammes lorsque la pièce la plus légère pèse entre 180 et 400 grammes, et 150 grammes lorsque la pièce la plus légère pèse au moins 400 grammes » !

Puisque vous avez été gentils de lire cet article jusque-là, on va vous épargner pour aujourd’hui la directive concernant le rapprochement des législations des États membres relatives au matériel électrique utilisable en atmosphère explosible des mines grisouteuses. Sachez cependant qu’elle existe parmi des centaines d’autres et que nul n’est censé ignorer la règlementation. C’est bien pourquoi nous proposons qu’une prochaine directive de la commission vienne règlementer l’utilisation des neurones des parlementaires normatifs. Ne serait-ce que pour cela, ça vaut le coup d’aller bousculer la fourmilière dimanche 25 mai 2014.

Cessons de veauter, votons !

Et que notre foi résiste à scie rose  et à la peste brune !

Cohn-Bendit tire sa révérence

On commença par l’appeler Dany le Rouge parce qu’il fut un soixanthui-tôt. Puis le soixanthui-tard passa au vert, en apprit toutes les nuances et étudia beaucoup le caméléon, et voilà que c’est en Dany le Jaune qu’il annonce aujourd’hui son retrait de la politique, du moins des tribunes du Parlement européen. Pas question de lui retirer tout mérite, le trublion nous aura amusé par quelques coups de gueule parfois bien placés ; mais à bien consulter les réactions de la presse, on ne peut pas dire qu’il va manquer à grand monde.

Que peut en effet représenter Daniel Cohn-Bendit pour une jeune génération qui n’a pas connu 68 ? A l’analyse de ses positions au fil du temps, c’est bien un caméléon qui s’impose au regard, avec sur le final une assez nette préférence pour le jaune de la traîtrise néo-libérale. Plutôt que son très consensuel discours d’adieu au Parlement, Sémaphores préfère partager le portrait qu’en a fait le journal La Décroissance.

LE VRAI VISAGE DE COHN-BENDIT © La Décroissance journal


Le vrai visage de Daniel Cohn-Bendit par mattlouf

On continue comme ça ?

On continue comme ça ?

info liée : Un rapport publié mercredi 09 avril aligne les chiffres démontrant le poids du secteur financier dans les institutions et les centres de décision de l’Union européenne.

L’industrie financière dépense plus de 120 millions d’euros par an dans ses activités de lobbying à Bruxelles. Elle emploie 1 700 lobbyistes, soit quatre fois plus que les fonctionnaires européens travaillant sur les questions financières. En tout, 700 entreprises et associations travaillent ensemble pour mener à bien ce lobbying. C’est sept fois plus que toutes les ONG et syndicats présents à Bruxelles…

info à relier : le poids de ces lobbies sur les négociations en faveur du GMT (ou TTIP, ou TAFTA…).  Pour Bruno Poncelet (FGBT), le GMT est une manière d’éviter de répondre à la Crise.

Contrer le GMT: Menaces sur l’emploi et… par lepartidegauche

« Le grand marché transatlantique est à la démocratie ce que McDonald est à la gastronomie »

le fil sémaphorien_avril2014_n°2

¤=¤=¤=¤=¤ mise à jour 12 avril

Sondage : 79 % des Français désapprouvent la nomination d’Harlem Désir comme secrétaire d’État aux affaires européennes. Si on ajoute les 5% qui ne se prononcent pas… ne reste effectivement pas grand monde pour apprécier cette nomination.

Dans le détail du sondage (BVA/iTélé) on peut aussi voir que la désapprobation est particulièrement élevée parmi les sympathisants de droite, avec 95 %, contre 3 % qui approuvent et 2 % qui ne se prononcent pas. Le pire est que même chez les sympathisants du PS ils sont 61 % à désapprouver cette entrée au gouvernement du chef du parti. À part ça, Hollande est toujours persuadé de faire les bons choix et d’être à l’écoute des Français…

Par ailleurs, un autre sondage nous semble bien plus inquiétant : 55 % des Français auraient jugé Manuel Valls « convaincant » dans son discours de politique générale. Ben dis donc… voilà plutôt de quoi mesurer le manque de discernement politique des mêmes Français. Mais 55 %, c’est peut-être les mêmes qui rêveraient de voir revenir l’agité du bocal…

Petit rappel pour ceux qui croient en la capacité de gestionnaire de l’hidalgo Manuel :

En décembre dernier, le magazine Capital assurait que les habitants d’Évry « paient encore la gestion bien peu rigoureuse de Manuel Valls », qui a été maire de la ville pendant onze ans. Ils pointaient notamment « des frais de communication [qui] ont bondi de 852,6% entre 2001 et 2003 », une avalanche de chargés de mission au cabinet du maire (jusqu’à 49), une explosion des dépenses de personnel, de multiples gaspillages… Extrait :

« Les caisses d’Évry sont vides. “J’ai rarement vu ça, ils n’ont même pas de quoi payer leur dette”, s’étonne Claude Jaillet, expert en finances locales. “Du coup, ils sont obligés d’emprunter pour rembourser les échéances.”

Ce n’est pourtant pas faute d’avoir fait… valser les impôts. Entre 2001 et 2012, la pression fiscale sur les ménages de la commune a explosé de 45,7%. Grâce à quoi la facture moyenne des foyers imposables, qui frôle aujourd’hui les 2 100 euros annuels, est l’une des plus élevées de France pour une ville de cette importance.»

Gestion rigoureuse ? On verra ce que diront ces 55% de français aveugles lorsque les comptes de la Sécu commenceront à valser.
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Venezuela_le suivi

Le président socialiste Nicolas Maduro, dauphin du charismatique Hugo Chavez, a reçu avec sa garde rapprochée au palais présidentiel de Miraflores les principaux dirigeants modérés de la coalition d’opposition de la Table de l’unité démocratique (MUD), dont sa principale figure, le gouverneur et deux fois candidat à la présidentielle Henrique Capriles.

En présence d’une délégation de trois ministres des affaires étrangères de l’Unasur (Brésil, Colombie, Equateur) et du nonce apostolique au Venezuela, la réunion a commencé avec plusieurs heures de retard, peu avant 2 heures du matin (heure de Paris). Les échanges, d’abord sous forme de prises de parole, sont retransmis en direct sur toutes les radios et télévisions du pays.

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Le 1er avril marquait la fin de la trêve hivernale pour des milliers de familles poursuivies pour impayés de loyers. Au cours de la trêve hivernale, le gouvernement a ouvert 16 000 places d’urgence pour les SDF, tout en promettant de mettre fin à une gestion saisonnière de l’hébergement des sans-abri. Promesse, on le sait, qui ne sera pas respectée, alors même que les impayés ne concernent que 2,5 % des loyers.

L’ONG Caritas, pourtant peu habituée à investir le champ politique, accuse cette fois ouvertement les politiques d’austérité imposées par l’Europe. Elle demande aux gouvernements d’accepter d’en reconnaître l’échec et de trouver des alternatives.

« La grande pauvreté atteint désormais plus de 10 % de la population. Les salariés, quand ils travaillent, gagnent parfois si peu qu’ils ne peuvent subvenir à leurs besoins. Près de 500 000 salariés en Europe, selon ses estimations, ne peuvent plus se payer un logement. »

Ce rapport de 116 pages (en anglais seulement pour l’instant) s’est intéressé en priorité aux sept pays européens les plus touchés par la crise – Grèce, Espagne, Portugal, Irlande, Italie, Chypre et Roumanie.

http://www.scribd.com/doc/215468984/Caritascrisisreport-2014-En

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affaireS Sarkozy_le suivi

Parmi les casseroles judiciaires encore attachées aux pattes de l’agité du bocal, l’une des plus graves est l’affaire Karachi, qui s’est soldée par la mort de 14 personnes dont 11 ingénieurs français. Le site le Monde s’est fendu d’une petite vidéo de 3 minutes, assez clairement récapitulative, une sorte d’Affaire Karachi pour les Nuls.


Comprendre l’affaire Karachi en 3 minutes par lemondefr

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08 avril

Ça vient de tomber… (et ça va continuer à pleuvoir)

Steeve Briois, le nouveau maire FN d’Hénin-Beaumont, a décidé de fermer le local municipal mis à disposition de la Ligue des droits de l’homme depuis de nombreuses années.

il a annoncé sur France Info : « Les électeurs nous ont aussi élus pour ce type de décisions. La Ligue des droits de l’homme est une association politisée. Elle n’a eu de cesse pendant la campagne électorale de dire tout le mal qu’elle pensait de nous. Alors on coupe les liens. Point final. A partir du moment où ces militants s’immiscent dans la vie de la municipalité avec des a priori hostiles, on ne va pas les laisser profiter d’un local municipal. On serait maso ! Fini l’hébergement et fini la subvention. Ils iront ailleurs. »

Libé entre dans plus de détails. Enfumage néanmoins.

http://www.liberation.fr/politiques/2014/04/08/la-mairie-fn-d-henin-beaumont-supprime-subvention-et-local-de-la-ldhmun62110_994003

Par ailleurs nous apprenons qu’à Toulouse avec Moudenc, le changement, c’est maintenant ! Un changement qui consiste à permettre à des mouvements fascistes interdits de manifester Place du Capitole. L’évolution, on adore…

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c’est aujourd’hui 8 avril que le journal l’Huma ressuscite.

Le sens profond d’une nouvelle Humanité 

110 ans après sa fondation, le 18 avril 1904, l’Humanité se renouvelle, se transforme, se réinvente.

Elle le fait à ce moment particulier de notre histoire où les coups de boutoir conjugués des rapaces de la finance, d’une Europe ultralibérale, d’une mondialisation capitaliste et de gouvernements qui s’y soumettent, augmentent chaque jour les souffrances sociales, le chômage, la précarité du travail et l’insécurité de vie.

Elle le fait à un moment où les idées de droite, de plus en plus mêlées à celles de l’extrême-droite sont sans cesse banalisées et promues par le grand bazar du média-business. De ce fait, elles progressent sur le terreau des crises et des souffrances, contaminant de larges secteurs de populations inquiètes, désorientées, maltraitées, ignorées, méprisées par celles et ceux qui tiennent le haut du pavé.

L’Humanité, fondée par l’ardent défenseur du socialisme, change aujourd’hui,  à ce moment où ce que l’on pouvait appeler jadis « la social-démocratie européenne » est entrée dans une crise très profonde, révélée, élections après élections partout en Europe.

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Nous avions pensé que toute autre décision que la relaxe serait inacceptable, mais non.

Coupable ! Le tribunal correctionnel de Dijon a rendu aujourd’hui son verdict dans l’affaire du viticulteur bio, Emmanuel Giboulot, qui avait refusé de traiter ses vignes conformément à l’arrêté préfectoral pris l’été dernier afin de lutter contre la flavescence dorée, maladie contagieuse véhiculée par une petite bête inoffensive, la cicadelle.

Jugé coupable donc, le viticulteur se voit condamner à 1 000 euros d’amende dont 500 avec sursis. Cette peine avait été requise par le parquet lors du procès tenu le 24 févier, une peine perçue comme plutôt clémente par l’entourage de Giboulot. Ce dernier risquait en effet jusqu’à 30 000 euros d’amende et 6 mois d’emprisonnement. Il a cependant décidé de faire appel du jugement.

Vous avez été nombreux à soutenir Emmanuel Giboulot en signant la pétition de soutien, c’est toujours possible de le faire : (accessible ici)

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le dessin du jour

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L’ex-premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, candidat du centre droit à la présidence de la Commission européenne, s’est dit samedi opposé au fait que la France bénéficie d’un nouveau délai pour réduire son déficit public. La France, qui a déjà obtenu un report jusqu’en 2015 pour être dans les limites des règles budgétaires européennes, « ne peut pas encore une fois avoir un passe-droit », elle doit « suivre les règles du jeu comme tous les autres », a-t-il déclaré lors d’un point de presse à Berlin. Quant au président de la Banque centrale allemande, la Bundesbank, Jens Weidmann, il a demandé à la Commission européenne de faire « respecter les règles de manière stricte ».

Euh… Le doigt sur la couture du pantalon, le béret sur la tête et la baguette à la main, ce n’est plus ainsi que les Français ont envie de se présenter devant le parlement européen. Ils ont commencé de le dire haut et fort lors des dernières municipales, ils le diront encore plus haut et plus fort lors des prochaines européennes. Messieurs les androïdes allemands, il va falloir vous habituer à la voix grandissante des autres peuples européens, la France en particulier parce qu’elle est la 2eme puissance du continent et la 5eme du monde. Elle ne suivra plus très longtemps les règles d’un jeu qui ne lui convient pas. Si quelque chose est inéluctable, c’est bien qu’approche le jour où il va falloir vous soumettre ou vous démettre.

Rappelons-nous que c’est ce même androïde Juncker qui avouait en 1999 : «Nous prenons une décision, puis nous la mettons sur la table, et nous attendons un peu pour voir ce qui se passe. Si elle ne provoque ni tollé, ni émeutes, parce que la plupart des gens ne comprennent rien à ce qui a été décidé, nous poursuivons, pas à pas, jusqu’au point de non-retour».

L’occasion de relire notre article d’août 2012 sur la fameuse autant que fumeuse « règle d’or » des 3%.

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Microsoft a annoncé qu’à partir de ce 8 avril il n’y aurait plus de mises à jour de sécurité pour les ordinateurs fonctionnant toujours sous XP. Autrement dit, ce sera aux inconditionnels de ce système d’exploitation Windows de se démerder contre les cybercriminels.

Certes XP a déjà 13 ans d’âge, mais il semblerait que 20 à 30% des ordinateurs l’utilisent encore, dont des services de police, des banques (notamment des distributeurs de billets) en passant par des entreprises, des bureaux juridiques, des restaurants, des écoles… Dans beaucoup de cas, ces utilisateurs ont estimé que Windows XP était suffisamment bien pour eux, sans avoir à dépenser sans cesse pour une nouveauté qui ne leur sert à rien.

En bref, ces ordinateurs vont contribuer à rendre la sphère internet plus dangereuse pour tout le monde dans la mesure où les pirates informatiques vont être capables de lancer des cyberattaques depuis des appareils infectés.

Mais Microsoft s’en fout. Maintenant que Bill Gates fait dans l’humanitaire…

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Nous en avions parlé ici. Finalement Dark Vador ne sera pas en lice pour la présidentielle du 25 mai prochain en Ukraine, la Commission électorale ayant rejeté sa candidature. Ah mais… où sont les forces de l’Empire ?

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des nouvelles de Kokopelli

Une nouvelle étude sur la concentration des entreprises sur le marché européen des semences

Une nouvelle étude, commandée par les Verts au Parlement Européen, vient de mettre en lumière le fait que 5 entreprises contrôlent 95% du secteur européen des semences de légumes. La compagnie agro-chimique américaine Monsanto, a elle seule, détient 24% du marché européen.

Concernant les espèces de grande culture, le tableau n’est pas plus réjouissant : dans le cas du maïs, 5 entreprises contrôlent 75% du marché européen, pour celui de la betterave sucrière, 4 entreprises seulement contrôlent 86% du marché et 8 entreprises contrôlent 99% du marché !

C’est le discours trompeur du lobbying semencier basé à Bruxelles, l’ESA (European Seed Association) – qui prétend que le marché européen serait composé de 7000 petites et moyennes entreprises – qui, avec cette étude, part en fumée… Lire la suite