Oh my gode !

De l’art ou du cochon ?

Il aura été impossible d’y échapper et la langue française s’est enrichie d’une assertion supplémentaire au mot “plug”, que la plupart des français informatisés ne connaissaient guère que par l’expression “plug and play”. Mais certains n’ont plus eu envie de jouer, il est des érections qui ne font pas bander tout le monde, l’artiste Paul McCarthy vient de le vérifier à ses dépends.

Faut dire que ses défenseurs n’ont guère été à la hauteur en voulant nous présenter ce qui était à l’évidence un plug anal en simple sapin qui devrait même faire plaisir aux enfants de la place Vendôme à l’approche de Noël. C’est vrai qu’il aurait pourtant pu nous évoquer un Sapin…

Ou nous rappeler avec plus d’humour à ceci :

Mais, mise à part la couleur, il s’approchait par trop de ceci pour prendre les gens pour des imbéciles :

Alors, bien sûr, les cultureux défenseurs de l’œuvre ont tenté de nier l’intentionnalité de l’artiste. L’art doit déranger, l’artiste doit être un provocateur… Que n’a-t-on pas entendu, comme à chaque fois qu’une œuvre vient nous bousculer ?

En 2008, l’exposition de l’art aux influences pop, kitsch et avant-gardistes de Jeff Koons a hérissé le poil de plusieurs amoureux de Versailles. « Le château de Versailles est unique. Nous ne voulons pas que Jeff Koons utilise l’environnement et la beauté de l’art classique du château de Versailles pour vendre son non-art », avaient indiqué à l’époque les membres du Collectif de défense du patrimoine de Versailles. Sans succès, puisque l’exposition, qui contenait notamment un homard géant en aluminium suspendu au plafond d’un des salons Louis XIV a été prolongée.

Le JDD y a consacré une page de rappel : http://www.lejdd.fr/Culture/Avant-Tree-de-Paul-McCarthy-six-oeuvres-d-art-contemporain-qui-ont-defraye-la-chronique-694986

Reste que ce sont bien les limites de l’art et la valeur artistique d’une œuvre qui posent le problème. Ne voir dans le plug anal de Mc Carthy qu’une obscénité juste propre à faire hérisser le poil des adhérents de « la manif pour tous » revient toujours à occulter le vrai problème de l’art, celui de ses accointances avec l’idéologie capitaliste. Dans nos sociétés où il est de bon ton de subventionner (pour combien de temps encore ?) la culture sous prétexte qu’elle ne serait pas rentable, qui fait vraiment le compte de ce qu’elle génère comme masse d’argent ? Sans parler des œuvres « classiques » qui atteignent parfois des sommes astronomiques, comment expliquer, par exemple, que l’œuvre ci-après du même Mc Carthy ait pu atteindre 4 562 500 $ en 2011 !?

Dans l’émission de Daniel Mermet Là-bas si j’y suis, enregistrée lors de la FIAC 2013, Frank Lepage en rajoute une couche : « Qu’est-ce qu’il faut pour avoir un marché de l’art? Trois choses : des millionnaires, des œuvres à profusion, et puis une institution. Il faut de l’argent public, une institution qui garantisse la valeur de ces œuvres, qui se porte garant. Ce qui fait que François Pinault, il ne va pas mettre 80 000 euros sur deux bouts de moquette s’il n’est pas certain que l’État est là derrière pour garantir ses bouts de moquette, il n’est pas idiot« .


LePageArtcontemp

Article à signaler : http://laplumedaliocha.wordpress.com/2014/10/20/a-lere-du-rien/

Ainsi que celui d’Olivier Berruyer à qui nous empruntons quelques photos des œuvres de Mc Carthy. Que ceux qui veulent en voir d’autres se rendent ici : http://www.les-crises.fr/godemiche-vendome/

Euh… c’est pas un peu obsessionnel, tout ça ? Mais non, puisqu’on vous dit que c’est de l’art, bande de cochons !