Ces monstres qui nous gouvernent

par Nolwenn Neveu

4 500 000 000 000 euros. C’est le montant déboursé par les États européens après la crise de 2008 pour éviter l’effondrement du système bancaire (1). Sur la seule année 2008, la France a mobilisé 360 milliards d’euros pour aider ses banques, un montant supérieur à son budget annuel.

Plus visible que d’autres, la crise de 2008 n’est pourtant que l’une des nombreuses crises bancaires et financières qui ont secoué l’économie mondiale depuis 1970. Outre les coûts directs du refinancement des banques dont les montants sont stratosphériques, ces crises à répétition ont des coûts indirects en raison de leurs répercussions sur l’économie réelle. Le FMI évalue les pertes à hauteur de 23% du PIB pour la zone euro depuis 1970, sur la même période les dettes publiques ont augmenté de 20%. Les contribuables d’hier ont payé, ceux d’aujourd’hui payent et, sans réforme, ceux de demain paieront eux aussi pour les banques.

Des aides publiques qui servent la spéculation

Après le cataclysme financier de 2008, le bon sens démocratique aurait exigé que l’on sonne la fin de la récréation pour les banques. D’aucuns se déclaraient d’ailleurs ennemis de la finance, d’autres exigeaient une ferme supervision des activités bancaires. Pourtant, le sauvetage des banques s’est fait sans conditions et les Etats européens n’ont pas saisi l’occasion qui leur était donnée de reprendre le contrôle sur l’oligarchie bancaire. Comble : l’État français via sa société de prise de participation, a englouti des milliards d’euros pour soutenir les banques en souscrivant des actions dites « de préférence », c’est-à-dire… sans droit de vote ! Pour seule contrepartie aux aides colossales apportées, les États ont timidement demandé aux banques de bien vouloir continuer à assurer leur fonction traditionnelle de financement de l’économie en accordant des prêts aux ménages et aux entreprises. Mais dans un contexte de crise économique, les ménages ne consommaient pas et les banques ont préféré durcir les conditions d’accès aux prêts pour les PME. Les milliards concédés aux banques ont alors servi à la spéculation sur les titres de dettes publiques dont on connait les conséquences dramatiques pour les populations.
Les accords de Bâle III, ou la loi bancaire de 2013 en France n’ont en rien modifié les structures, le fonctionnement ou la supervision des banques, toujours libres d’utiliser à leur guise l’argent des déposants pour leurs activités de financement à haut risque et de se débarrasser des créances douteuses via des produits dérivés ou la titrisation.

Dérégulation organisée par les pouvoirs publics Lire la suite

en défense de Jérôme Kerviel

ajout du 19 mai 2014_

Jérôme Kerviel s’est constitué prisonnier et a été interpellé à minuit dès le passage de la frontière entre la France et l’Italie. Le Parquet lui avait fixé cet ultimatum pour se constituer prisonnier afin de purger sa condamnation à trois ans de prison, et menaçait de lancer un mandat international contre lui. Jérôme Kerviel n’a opposé aucune résistance.

A l’attention de ceux qui souhaitent afficher leur soutien, une pétition a été lancée, suivez le lien : http://www.avaaz.org/fr/petition/Le_President_de_la_Republique_francaise_La_Garde_des_Sceaux_La_suspension_immediate_de_la_peine_de_prison_de_Jerome_Kerv/?tcxHAhb

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Christiane Taubira, pouvez-vous voir votre nom associé à cette injustice ? François Hollande, vous qui aviez désigné la finance comme votre ennemie, allez-vous laisser perpétrer ce crime mené contre un seul homme pour sauver la face de cette finance qui a menacé de ruiner le monde ?

C’est par cette double interpellation à madame la ministre de la Justice et au président de la République que Martine Orange (équipe Mediapart) conclut son réquisitoire de soutien à l’ex trader Jérôme Kerviel. « Scandale démocratique d’une justice qui a failli », c’est bien ainsi qu’il faut nommer ce procès « abracadabrantesque ». Car n’en déplaise à monsieur Hollande, le monde de la finance est loin d’être sans visage, et chacun de ses visages porte un nom. Nous ne pouvons plus accepter, s’agissant de justice, que seuls quelques boucs émissaires soient envoyés à l’abattoir pendant que seraient maintenus dans une ombre protectrice les vrais responsables d’une mise à sac de la planète pour quelques dollars de plus.

Tout homme a le droit à un procès juste et équitable. Jérôme Kerviel n’a pas eu ce droit. Pendant six ans, il s’est heurté à une justice aveugle et sourde, qui ne voulait surtout rien voir, surtout rien entendre, surtout ne pas constater ses propres manquements et faiblesses. Alors que la Cour de cassation vient de casser le volet civil du procès, indiquant que les responsabilités de la banque n’avaient pas été prises en compte, qu’un homme seul ne pouvait devoir 4,9 milliards d’euros de dommages et intérêts, soulignant en creux tous les vices du dossier, le parquet s’apprête, sans attendre les conclusions d’un autre procès qui pourrait peut-être bousculer des certitudes, à l’incarcérer afin qu’il purge trois ans de prison. Comme s’il fallait le faire taire en urgence, cacher derrière les murs épais d’une prison ce scandale démocratique d’une justice qui a failli.

De toutes les années de tumulte financier que nous venons de connaître, la finance ennemie n’a qu’un nom, qu’un seul visage en France : celui de Jérôme Kerviel. Les banquiers qui ont ruiné leur établissement, coûté des milliards à la collectivité ne manquent pourtant pas. Un des plus emblématiques : Pierre Richard. L’ancien président de Dexia (6,6 milliards d’euros à ce stade pour la collectivité) continue de couler des jours tranquilles, avec une retraite chapeau à la clé, sans avoir eu à répondre une seule seconde de ses actions devant la justice. Mais Jérôme Kerviel, lui, doit payer tout suite et cash. Il est le trader fou et fraudeur, celui qui a manqué de précipiter la Société générale dans l’abîme, coûter des milliers d’emplois. Le costume lui a été taillé dès les premières heures de l’affaire par son employeur. La justice n’a jamais cherché à aller au-delà de cette image bâtie à coups de millions par des experts de la communication.

Car tout dans ce dossier a été mené sous l’emprise de la Société générale, dès le début de l’enquête. Lorsque dans la folie médiatique du moment, organisée par la banque elle-même, les premiers enquêteurs judiciaires prennent le dossier, ils débarquent sur Mars. Ils ne comprennent rien à ce monde de folie, où l’on parle warrants, valo, click options, système Elliot, broker, chambre de compensation. Mais la justice n’aime pas reconnaître son ignorance. Il ne sera pas fait appel à des experts extérieurs. La parole de la Société générale leur suffit.

La banque d’ailleurs pourvoit à tout. Elle prend l’enquête en main, la cadre. Elle indique aux enquêteurs où il faut chercher, ceux qu’il faut interroger. Elle désigne les ordinateurs qui peuvent être saisis, leur sélectionne les mails qui peuvent être pris, leur prépare les documents qu’ils peuvent emporter. Lire la suite

le fil sémaphorien_avril2014_n°2

¤=¤=¤=¤=¤ mise à jour 12 avril

Sondage : 79 % des Français désapprouvent la nomination d’Harlem Désir comme secrétaire d’État aux affaires européennes. Si on ajoute les 5% qui ne se prononcent pas… ne reste effectivement pas grand monde pour apprécier cette nomination.

Dans le détail du sondage (BVA/iTélé) on peut aussi voir que la désapprobation est particulièrement élevée parmi les sympathisants de droite, avec 95 %, contre 3 % qui approuvent et 2 % qui ne se prononcent pas. Le pire est que même chez les sympathisants du PS ils sont 61 % à désapprouver cette entrée au gouvernement du chef du parti. À part ça, Hollande est toujours persuadé de faire les bons choix et d’être à l’écoute des Français…

Par ailleurs, un autre sondage nous semble bien plus inquiétant : 55 % des Français auraient jugé Manuel Valls « convaincant » dans son discours de politique générale. Ben dis donc… voilà plutôt de quoi mesurer le manque de discernement politique des mêmes Français. Mais 55 %, c’est peut-être les mêmes qui rêveraient de voir revenir l’agité du bocal…

Petit rappel pour ceux qui croient en la capacité de gestionnaire de l’hidalgo Manuel :

En décembre dernier, le magazine Capital assurait que les habitants d’Évry « paient encore la gestion bien peu rigoureuse de Manuel Valls », qui a été maire de la ville pendant onze ans. Ils pointaient notamment « des frais de communication [qui] ont bondi de 852,6% entre 2001 et 2003 », une avalanche de chargés de mission au cabinet du maire (jusqu’à 49), une explosion des dépenses de personnel, de multiples gaspillages… Extrait :

« Les caisses d’Évry sont vides. “J’ai rarement vu ça, ils n’ont même pas de quoi payer leur dette”, s’étonne Claude Jaillet, expert en finances locales. “Du coup, ils sont obligés d’emprunter pour rembourser les échéances.”

Ce n’est pourtant pas faute d’avoir fait… valser les impôts. Entre 2001 et 2012, la pression fiscale sur les ménages de la commune a explosé de 45,7%. Grâce à quoi la facture moyenne des foyers imposables, qui frôle aujourd’hui les 2 100 euros annuels, est l’une des plus élevées de France pour une ville de cette importance.»

Gestion rigoureuse ? On verra ce que diront ces 55% de français aveugles lorsque les comptes de la Sécu commenceront à valser.
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Venezuela_le suivi

Le président socialiste Nicolas Maduro, dauphin du charismatique Hugo Chavez, a reçu avec sa garde rapprochée au palais présidentiel de Miraflores les principaux dirigeants modérés de la coalition d’opposition de la Table de l’unité démocratique (MUD), dont sa principale figure, le gouverneur et deux fois candidat à la présidentielle Henrique Capriles.

En présence d’une délégation de trois ministres des affaires étrangères de l’Unasur (Brésil, Colombie, Equateur) et du nonce apostolique au Venezuela, la réunion a commencé avec plusieurs heures de retard, peu avant 2 heures du matin (heure de Paris). Les échanges, d’abord sous forme de prises de parole, sont retransmis en direct sur toutes les radios et télévisions du pays.

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Le 1er avril marquait la fin de la trêve hivernale pour des milliers de familles poursuivies pour impayés de loyers. Au cours de la trêve hivernale, le gouvernement a ouvert 16 000 places d’urgence pour les SDF, tout en promettant de mettre fin à une gestion saisonnière de l’hébergement des sans-abri. Promesse, on le sait, qui ne sera pas respectée, alors même que les impayés ne concernent que 2,5 % des loyers.

L’ONG Caritas, pourtant peu habituée à investir le champ politique, accuse cette fois ouvertement les politiques d’austérité imposées par l’Europe. Elle demande aux gouvernements d’accepter d’en reconnaître l’échec et de trouver des alternatives.

« La grande pauvreté atteint désormais plus de 10 % de la population. Les salariés, quand ils travaillent, gagnent parfois si peu qu’ils ne peuvent subvenir à leurs besoins. Près de 500 000 salariés en Europe, selon ses estimations, ne peuvent plus se payer un logement. »

Ce rapport de 116 pages (en anglais seulement pour l’instant) s’est intéressé en priorité aux sept pays européens les plus touchés par la crise – Grèce, Espagne, Portugal, Irlande, Italie, Chypre et Roumanie.

http://www.scribd.com/doc/215468984/Caritascrisisreport-2014-En

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affaireS Sarkozy_le suivi

Parmi les casseroles judiciaires encore attachées aux pattes de l’agité du bocal, l’une des plus graves est l’affaire Karachi, qui s’est soldée par la mort de 14 personnes dont 11 ingénieurs français. Le site le Monde s’est fendu d’une petite vidéo de 3 minutes, assez clairement récapitulative, une sorte d’Affaire Karachi pour les Nuls.


Comprendre l’affaire Karachi en 3 minutes par lemondefr

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08 avril

Ça vient de tomber… (et ça va continuer à pleuvoir)

Steeve Briois, le nouveau maire FN d’Hénin-Beaumont, a décidé de fermer le local municipal mis à disposition de la Ligue des droits de l’homme depuis de nombreuses années.

il a annoncé sur France Info : « Les électeurs nous ont aussi élus pour ce type de décisions. La Ligue des droits de l’homme est une association politisée. Elle n’a eu de cesse pendant la campagne électorale de dire tout le mal qu’elle pensait de nous. Alors on coupe les liens. Point final. A partir du moment où ces militants s’immiscent dans la vie de la municipalité avec des a priori hostiles, on ne va pas les laisser profiter d’un local municipal. On serait maso ! Fini l’hébergement et fini la subvention. Ils iront ailleurs. »

Libé entre dans plus de détails. Enfumage néanmoins.

http://www.liberation.fr/politiques/2014/04/08/la-mairie-fn-d-henin-beaumont-supprime-subvention-et-local-de-la-ldhmun62110_994003

Par ailleurs nous apprenons qu’à Toulouse avec Moudenc, le changement, c’est maintenant ! Un changement qui consiste à permettre à des mouvements fascistes interdits de manifester Place du Capitole. L’évolution, on adore…

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c’est aujourd’hui 8 avril que le journal l’Huma ressuscite.

Le sens profond d’une nouvelle Humanité 

110 ans après sa fondation, le 18 avril 1904, l’Humanité se renouvelle, se transforme, se réinvente.

Elle le fait à ce moment particulier de notre histoire où les coups de boutoir conjugués des rapaces de la finance, d’une Europe ultralibérale, d’une mondialisation capitaliste et de gouvernements qui s’y soumettent, augmentent chaque jour les souffrances sociales, le chômage, la précarité du travail et l’insécurité de vie.

Elle le fait à un moment où les idées de droite, de plus en plus mêlées à celles de l’extrême-droite sont sans cesse banalisées et promues par le grand bazar du média-business. De ce fait, elles progressent sur le terreau des crises et des souffrances, contaminant de larges secteurs de populations inquiètes, désorientées, maltraitées, ignorées, méprisées par celles et ceux qui tiennent le haut du pavé.

L’Humanité, fondée par l’ardent défenseur du socialisme, change aujourd’hui,  à ce moment où ce que l’on pouvait appeler jadis « la social-démocratie européenne » est entrée dans une crise très profonde, révélée, élections après élections partout en Europe.

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Nous avions pensé que toute autre décision que la relaxe serait inacceptable, mais non.

Coupable ! Le tribunal correctionnel de Dijon a rendu aujourd’hui son verdict dans l’affaire du viticulteur bio, Emmanuel Giboulot, qui avait refusé de traiter ses vignes conformément à l’arrêté préfectoral pris l’été dernier afin de lutter contre la flavescence dorée, maladie contagieuse véhiculée par une petite bête inoffensive, la cicadelle.

Jugé coupable donc, le viticulteur se voit condamner à 1 000 euros d’amende dont 500 avec sursis. Cette peine avait été requise par le parquet lors du procès tenu le 24 févier, une peine perçue comme plutôt clémente par l’entourage de Giboulot. Ce dernier risquait en effet jusqu’à 30 000 euros d’amende et 6 mois d’emprisonnement. Il a cependant décidé de faire appel du jugement.

Vous avez été nombreux à soutenir Emmanuel Giboulot en signant la pétition de soutien, c’est toujours possible de le faire : (accessible ici)

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le dessin du jour

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L’ex-premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, candidat du centre droit à la présidence de la Commission européenne, s’est dit samedi opposé au fait que la France bénéficie d’un nouveau délai pour réduire son déficit public. La France, qui a déjà obtenu un report jusqu’en 2015 pour être dans les limites des règles budgétaires européennes, « ne peut pas encore une fois avoir un passe-droit », elle doit « suivre les règles du jeu comme tous les autres », a-t-il déclaré lors d’un point de presse à Berlin. Quant au président de la Banque centrale allemande, la Bundesbank, Jens Weidmann, il a demandé à la Commission européenne de faire « respecter les règles de manière stricte ».

Euh… Le doigt sur la couture du pantalon, le béret sur la tête et la baguette à la main, ce n’est plus ainsi que les Français ont envie de se présenter devant le parlement européen. Ils ont commencé de le dire haut et fort lors des dernières municipales, ils le diront encore plus haut et plus fort lors des prochaines européennes. Messieurs les androïdes allemands, il va falloir vous habituer à la voix grandissante des autres peuples européens, la France en particulier parce qu’elle est la 2eme puissance du continent et la 5eme du monde. Elle ne suivra plus très longtemps les règles d’un jeu qui ne lui convient pas. Si quelque chose est inéluctable, c’est bien qu’approche le jour où il va falloir vous soumettre ou vous démettre.

Rappelons-nous que c’est ce même androïde Juncker qui avouait en 1999 : «Nous prenons une décision, puis nous la mettons sur la table, et nous attendons un peu pour voir ce qui se passe. Si elle ne provoque ni tollé, ni émeutes, parce que la plupart des gens ne comprennent rien à ce qui a été décidé, nous poursuivons, pas à pas, jusqu’au point de non-retour».

L’occasion de relire notre article d’août 2012 sur la fameuse autant que fumeuse « règle d’or » des 3%.

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Microsoft a annoncé qu’à partir de ce 8 avril il n’y aurait plus de mises à jour de sécurité pour les ordinateurs fonctionnant toujours sous XP. Autrement dit, ce sera aux inconditionnels de ce système d’exploitation Windows de se démerder contre les cybercriminels.

Certes XP a déjà 13 ans d’âge, mais il semblerait que 20 à 30% des ordinateurs l’utilisent encore, dont des services de police, des banques (notamment des distributeurs de billets) en passant par des entreprises, des bureaux juridiques, des restaurants, des écoles… Dans beaucoup de cas, ces utilisateurs ont estimé que Windows XP était suffisamment bien pour eux, sans avoir à dépenser sans cesse pour une nouveauté qui ne leur sert à rien.

En bref, ces ordinateurs vont contribuer à rendre la sphère internet plus dangereuse pour tout le monde dans la mesure où les pirates informatiques vont être capables de lancer des cyberattaques depuis des appareils infectés.

Mais Microsoft s’en fout. Maintenant que Bill Gates fait dans l’humanitaire…

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Nous en avions parlé ici. Finalement Dark Vador ne sera pas en lice pour la présidentielle du 25 mai prochain en Ukraine, la Commission électorale ayant rejeté sa candidature. Ah mais… où sont les forces de l’Empire ?

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Élections municipales : votre maire est-il dépensier ?

Pour le savoir, rendez-vous sur le site « contribuables.org/argus-des-communes » (lien en fin d’article).

C’est ce que nous avons fait au Grau du Roi pour apprendre par exemple qu’en 2012 le niveau des dépenses par habitant était de 3833 €, sachant que la moyenne des communes de taille comparable est de 1530 €.

En fonction de quoi, le tableau comparatif de Contribuables.org se voit obligé d’attribuer la note de 0 sur 20 à la gestion d’Étienne Mourrut, gestion néanmoins estimée excellente par le repreneur annoncé Léopold Rosso.

Notre curiosité nous a mené à comparer ce score minable avec celui de notre plus proche voisin : Aigues Mortes. Et découvrir que si le score de la gestion Cédric Bonato est nettement meilleur, le commentaire le mieux adapté serait « Peut mieux faire », mais nous doutons qu’il dispose d’assez de temps pour y parvenir, les prochaines élections n’étant plus qu’à quelques encablures.

TOP 3 des communes les moins dépensières

01 MILHAUD 20/20
01 SAINT-CHRISTOL-LES-ALES 20/20
01 ROQUEMAURE 18/20
Flop 3 des communes les plus dépensières

01 GRAU-DU-ROI (LE ) 0/20
01 LAUDUN 1/20
01 VERGEZE 0/20

Vous voulez savoir où vous en êtes dans votre commune ? Suivez le lien sans crainte car vous y trouverez plein d’autres détails qui ont permis d’établir ces classements, et si vous êtes maire, une boite spéciale vous permet même d’y déposer vos remarques et commentaires.

http://www.contribuables.org/argus-des-communes/

 

Priorité aux financiers, quoiqu’il en coûte

47 entreprises étudiées par Basta ! et l’Observatoire des multinationales ont versé l’équivalent de 60 % de leurs bénéfices aux actionnaires en 2012. Cela représente 32 milliards d’euros environ sur les 54 milliards de bénéfices. Encore plus surprenant, des entreprises comme Arcelor-Mittal, Orange, Areva ou GDF ont choisi de verser à leurs actionnaires des dividendes supérieurs à leurs bénéfices ! Oui, vous avez bien lu : Même s’ils perdent de l’argent !

Chez ArcelorMittal, Accor, Areva ou ST Micro, les actionnaires gagnent à tous les coups. Malgré une perte de 2,8 milliards, le n°1 de l’acier a ponctionné 910 millions d’euros au profit de ses actionnaires ! La fortune de la famille Mittal passe avant tout, en tout cas avant les métallos qui sont les grands perdants. En 2013, le groupe supprime 1 600 emplois en Belgique après avoir fermé, l’année précédente, l’aciérie de Florange en Moselle.

Même ambiance chez l’hôtelier Accor. Malgré une perte de 600 millions d’euros l’année dernière, le groupe (Sofitel, Novotel, Ibis, Mercure…) a versé 269 millions d’euros de dividendes… Ce qui ne l’a pas empêché de lancer un plan d’économie en Europe et de supprimer 172 postes en France en 2013.

Autres exemples

Le groupe Arnault possède 15,6% de Carrefour et 46,2% de LVMH, qui a reversé 1,4 milliard d’euros de dividendes à ses actionnaires.

La société Wendel, dans laquelle officie l’ancien président du Medef Ernest-Antoine Seillières, possède 19,4% du groupe industriel Legrand et 17,4% de Saint-Gobain. Ils se sont vu accorder des dividendes équivalent à 91% des bénéfices, soit 700 millions d’euros.

Bouygues, Bettencourt, Pinault… La liste des autres gros propriétaires de capitaux est loin d’être exhaustive. Article très complet et très intéressant sur Bastamag : http://www.bastamag.net/article3591.html

Histoire de carambars et de petits suisses

Le cabinet privé Poxinvest a publié des chiffres sur la rémunération des présidents des 120 plus grandes entreprises cotées à la bourse de Paris. Résultat : les revenus de leurs patrons ont augmenté de 6% en 2012. Quelqu’un pourrait-il nous rappeler quelle a été l’augmentation du SMIC sur la même période ? Facile ! Sachant qu’il a été indexé sur la valeur du carambar, on arrive à 0,6%, soit dix fois moins que les salaires des grands patrons !

Mais il y a patrons et patrons, et la solidarité devrait nous inciter à sortir les mouchoirs pour certains. En effet, sur les 120 boites citées, il faut d’abord défalquer les 40 patrons du CAC40 qui, eux, ont vu leur revenus baisser de 6,3% sur la même période, cependant que les 80 patrons des plus grosses entreprises suivantes voyaient les leurs progresser de 9,3%.

Un pauvre patron du CAC 40 a ainsi gagné en moyenne 3,96 millions d’euros en 2012. Finalement vous êtes autorisés à ranger les mouchoirs, d’autant que les 80 suivants ont gagné en moyenne 2,2 millions d’euros au cours de l’année.

Pour un patron du CAC 40, cela représente un gain de 10 849 euros par jour ! Eh oui, par jour ! Ce qui représente un gros manque à gagner en carambars pour les 80 patrons suivant qui n’auront gagné que 6 027 euros par jour !

Mais ne chipotons pas et faisons la moyenne de ces 120 premiers patrons de France : ils se sont donc adjugé chacun 2,79 millions d’euros pour la seule année 2012, ce qui ne représente en fin de compte que 7 634 euros par jour !

Sachant qu’un smicard à temps complet gagne environ 17 000 euros bruts par an, chacun des 120 premiers patrons du pays a touché en 2012 l’équivalent de 164 années de SMIC !

Sachant par ailleurs que la finance n’a pas de visage mais qu’elle a néanmoins des noms, on peut citer par exemple Bernard Charlès, directeur général de Dassault Systèmes. Ce Charlès qui n’est pas un charlot a empoché 14,9 millions d’euros en 2012, soit une hausse de 36%. Nous n’avons pas fait le calcul en carambars mais, traduit en SMIC, cela représente 876 années ! Osera-t-on citer le Poulidor de ce classement en la personne de Carlos Ghosn, fossoyeur de l’entreprise Renault ? Oui, mais alors du bout du clavier car le pauvre n’a atteint que 13,4 millions d’euros, soit seulement 788 années de SMIC. Devrait pouvoir faire mieux en 2013.

Trêve de plaisanterie, il va bien falloir songer plus sérieusement à limiter l’écart entre le salaire du patron et le salaire du salarié du bas de l’échelle à un niveau moralement acceptable. On se souvient que le Front de Gauche proposait (et propose toujours dans son programme) que cet écart soit de 1 à 20. Cela signifie que dans une entreprise où le salarié le moins payé l’est au SMIC, le patron conserve la possibilité de se payer 28 600 euros bruts par mois !

Ce n’est pas assez ? Certains pourtant trouvent que ça fait encore trop, et l’on ne saurait taxer de gauchistes les Jeunes Socialistes qui, en Suisse, ont rassemblé assez de signatures pour qu’un référendum d’initiative populaire soit organisé le 24 novembre prochain. Eux proposent de limiter les écarts de salaires dans les entreprises de 1 à 12, ce qui reviendrait à ce que personne ne gagne en un mois plus que ce que gagne le salarié le moins bien payé en un an.

Certes, rien n’est encore acquis et l’on ne sait si du côté de Genève l’indice de référence sera le carambar ou le petit Suisse, mais au vu de la proposition en cours, c’est Méluche qui va finir par passer pour un libéral…

Récapitulons…

Reconstitution : pour une nouvelle ère politique

Parmi les thèmes abordés : l’histoire de la prise totale de pouvoir du grand capitalisme financier ; les crises, guerres et coups d’État orchestrés pour imposer un marché sauvage, exonéré de toute régulation étatique ; la privatisation de la nature ou la mise sous tutelle de toute l’agriculture mondiale ; le contrôle de la monnaie ; la situation en Grèce…

Intervenants :
– Etienne Chouard
– Frédéric Lordon
– Franck Lepage
– Bernard Stiegler
– Henri Guillemin
– Naomi Klein
– Olivier Delamarche
– Michel Collon
– Xavier Mathieu
– Jean-Paul Jouary
– Claude Bourguignon
– Dominique Guillet
– Pierre Rahbi

Document ARTE sur la banque Goldman Sachs

Ils n’ont qu’un Dieu, l’argent. Qu’une religion, les profits. Autrefois respectés et admirés, les banquiers de Goldman Sachs sont devenus les plus grands voyous de la planète.

Goldman Sachs – La banque qui dirige le monde

Arte diffuse depuis le 4 septembre ce documentaire édifiant sur la banque la plus puissante du monde. De quoi donner des sueurs froides. Et comprendre un peu mieux les raisons de la crise actuelle.

Sémaphores laissera ce billet en page d’accueil aussi longtemps que ce document exceptionnel sera laissé en ligne par la chaîne. Il nous semble important qu’un maximum de citoyens voient ce film à l’heure où, précisément, ils vont devoir prendre position (référendum ou pas) sur le Traité Européen. En regard de la morgue avec laquelle ces hauts financiers bafouent les états de droits et les privent de leur souveraineté pour mieux écraser leurs peuples, on ne saurait se contenter encore longtemps de parler simplement de crise. C’est d’une guerre qu’il s’agit, et dire qu’elle est économique ne serait en voir que le masque. Il est grand temps de réagir, et rappeler à tous les gouvernements qui ont établi leur constitution sur la base des droits de l’homme et du citoyen qu’il n’est qu’une seule souveraineté : celle du peuple.

Occasion de rappeler la marche qui aura lieu le 30 septembre prochain pour appeler au référendum sur le Traité (nous aurons l’occasion d’en reparler). En démontant le mécanisme de la banque Goldman Sachs, le film proposé par Arte met en avant la place de ces financiers de l’enfer qui prétendent aujourd’hui diriger l’Europe, les Monti, les Draghi et tant d’autres affameurs.

Un film de Jérôme Fritel et Marc Roche (ARTE France, 2012, 75mn)
Date de première diffusion : Mar., 4 sept. 2012, 20h53

Date(s) de rediffusion : Mercredi, 19 septembre 2012, 10h25
Jeudi, 27 septembre 2012, 02h50

à voir sur votre télé aux horaires indiqués, ou à partir du lien ci-après si jamais la vidéo ne fonctionnait pas dans nos pages
http://videos.arte.tv/fr/videos#/tv/coverflow///1/120/