le fil du 2 mai 2017

Pour une majorité parlementaire insoumise aux législatives

vidéo mise en ligne avec l’accord de la chaîne. Retrouvez le replay officiel sur : www.tf1.fr/tf1/jt-we/videos/20-heures-30-avril-2017.html

Le 30 avril 2017, France 5 (C Polémique, puis C Politique) a diffusé un reportage sur la France Insoumise à Montreuil avec Alexis Corbière et a invité Raquel Garrido sur le plateau.

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Lu dans Marianne.net : Et si le temps de parole avait été le même pour tous les candidats avant le premier tour de la présidentielle ? Marianne a fait les calculs, rapportant les voix engrangées par chaque candidat à leur temps de parole relevé par le CSA entre le 1er février et le 21 avril. Résultat, Marine Le Pen aurait pu être exclue du second tour…

Il apparaît qu’à temps de parole égal, Jean-Luc Mélenchon aurait pu parvenir au second tour, en compagnie d’Emmanuel Macron. C’est en tout cas ce que disent les statistiques.

Fillon champion du temps de parole

Seulement, le député européen et ses soutiens ont eu beaucoup moins la parole que leurs rivaux. Du 1er février au 21 avril, soit les périodes d’équité puis d’égalité telles que définies par le CSA, ils ont parlé pendant 176 heures et 2 minutes à la télévision et à la radio, contre 245 heures et 13 minutes pour Emmanuel Macron et les siens (+56%), 247 heures et 22 minutes pour Marine Le Pen et le FN (+58%), 274 heures et 45 minutes pour Benoît Hamon et ses partisans (+72%) et même 318 heures et 47 minutes pour François Fillon et ses supporters (+90%), champions du temps de parole !

Article intégral ici : https://www.marianne.net/politique/presidentielle-temps-de-parole-egal-le-second-tour-aurait-pu-opposer-melenchon-macron?utm_medium=Social&utm_campaign=Echobox&utm_source=Facebook#link_time=1493543885

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Souvenir, souvenir…

Par Pascal VIROT17 avril 1997

Sénateur (PS) de l’Essonne et animateur de la Gauche socialiste, Jean-Luc Mélenchon demande l’interdiction du Front national avant qu’il ne soit «trop tard». Entretien. Le gouvernement envisagerait de dissoudre le service d’ordre du Front national.

Vous demandez, comme Henri Emmanuelli, l’interdiction du FN. Pourquoi ?

L’arbre du service d’ordre ne doit pas cacher la forêt Front national. Pour demander sa dissolution, je m’appuie sur la loi. Celle de 1936 contre les ligues factieuses. Cette loi a été enrichie en 1972 et spécifie qu’en application de la Convention de New York de 1966 contre la discrimination raciale : «seront dissoutes toutes les associations qui, soit provoqueraient la discrimination, la haine ou la violence envers une personne ou un groupe de personnes, en raison de leur origine, de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, soit propageraient des idées ou théories tendant à justifier ou à encourager cette discrimination, cette haine ou cette violence». C’est le cas du FN. La loi existe. Il ne s’agit donc pas de faire des lois nouvelles contre Le Pen.

Pourquoi n’est-elle pas appliquée?

C’est la responsabilité du président de la République puisque la décision de dissoudre, relève, selon la loi, de ses prérogatives. La République n’est pas un régime neutre, où toute les opinions se valent, mais au contraire, elle s’appuie sur un corps idéologique ­les droits de l’homme qui n’est pas neutre et sur des préambules constitutionnels qui ne le sont pas moins ! Chaque citoyen est en droit d’exiger que la République soit défendue et la loi appliquée. Ce principe ne doit pas être négociable. Comme l’a écrit Umberto Eco, «pour être tolérant, il faut tracer les limites de l’intolérable». Depuis l’élection de Vitrolles, on sait que le Front National peut avoir la majorité à lui tout seul localement. Accepterions-nous ses lois et ses ordres s’il en allait de même au niveau national ? La réponse est non. Alors cessons d’être hypocrites. (…)

http://www.liberation.fr/france/1997/04/17/jean-luc-melenchon-c-est-le-front-national-qu-il-faut-interdire_202444

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DOSSIER MACRON

Leur dire non. Une réponse au «votez Macron!»

(…)

Une bien vieille « nouveauté » : Macron ou l’ultra-compétition

La responsabilité – énorme, écrasante – est du côté des politiques menées depuis plus de trente années de rigueur, d’austérité, de concurrence acharnée, d’un « marche ou crève » permanent et, plus encore, institutionnalisé. De celles qu’a conduites Macron. Quel triste canular d’ailleurs, cette « nouveauté » qui lui est sans cesse associée. Certain(e)s n’ont pas d’autre mot à la bouche, pas d’autre terme pour le qualifier sinon le grand passe-partout de la « modernité », ce sésame ouvre-toi du grand creux politique, ce circulez-il-n’y-a-rien-à-voir de leur basse besogne – de leur basse politique.

Cette politique fera mal, très mal : aux ouvrières et ouvriers, aux employé(e)s, aux chômeur.euses, aux enseignant(e)s, aux fonctionnaires, aux infirmières, aux personnels hospitaliers… Mais au-delà encore, à tous les salariés, même les cadres supérieurs plutôt bien lotis en termes de revenus, sur qui s’abattra, toujours implacable, toujours impitoyable, la pression inouïe de la compétition. Ce fléau qui passe pour l’évidence : travaillez plus et écrasez le voisin. Les gouvernants ont fait de la lutte contre le terrorisme une cause nationale : une manière de gouverner par la peur, l’état d’urgence, la répression des manifestations et la guerre – qui est une spirale infernale, la pire façon d’alimenter le terrorisme. Mais quand fera-t-on une priorité de la lutte contre les suicides au travail, les burn out, les accidents de travail (500 morts par an) ?

Cette politique nous fera mal. Et elle conduira, inexorablement, à un FN renforcé. Tôt ou tard, il arrivera au pouvoir, peut-être aidé d’une partie de LR, assorti de Dupont-Aignan et consorts. En 2012, une majorité d’élus UMP se disaient prêts aux alliances avec le FN.

(…) Il faut lire la superbe analyse qu’a récemment proposée Christakis Georgiou sur ce que représente Emmanuel Macron, ce présumé novice, celui qu’Aude Lancelin nomme le « chérubin » – l’enfant de la finance et des marchés qui l’ont longuement dorloté pour le modeler comme il fallait : un « putsch du CAC 40 », a-t-elle pu subtilement titrer[2]. Du texte de Chr. Georgiou, il importe de citer un passage un peu long :

« La liste des soutiens de Macron se lit comme un extrait du Who’s who de la classe dirigeante française. Son principal soutien a été Henry Hermand, grand patron avec des intérêts dans la grande distribution, proche de Mendès-France puis de Rocard et du courant chrétien de gauche fondé par Emmanuel Mounier autour de la revue Esprit. Hermand a financé des think tanks proche de la droite du PS (La République des idées, Terranova). Un autre patron proche du PS, le co-propriétaire du Monde, Pierre Bergé, est aussi un soutien déclaré de Macron. Il y a aussi Alain Minc (lui aussi inspecteur des finances), passé chez Macron après avoir soutenu Juppé à la primaire de la droite, Jacques Attali (polytechnicien et membre du corps des Mines), le banquier Serge Weinberg (président de Sanofi par ailleurs), le banquier de gauche Jean Peyrelevade (conseiller économique du premier ministre Pierre Mauroy en 1981-1983 et qui s’est occupé du programme économique de Bayrou en 2007), le financier Henri Moulard, Pascal Lamy et d’autres. Dans l’organigramme de campagne de Macron, le responsable de la collecte des fonds est Christian Dargnat, ancien dirigeant exécutif de la branche gestion d’actifs de la BNP Paribas, et le chargé des relations avec les entreprises et des questions économiques est l’ancien banquier d’affaires (chez Morgan Stanley à Paris) et ex-directeur général d’Altice Media Group (le groupe de Patrick Drahi), Bernard Mourad. Selon un ‘‘habitué des dîners du pouvoir’’ cité dans une enquête du Monde sur Macron, ‘‘il est celui dont le Siècle a toujours rêvé : homme de gauche faisant une politique de droite’’ ».

On comprend à cette aune pourquoi certains médias s’acharnent à nous présenter le fringant jeune Macron comme ça, justement, et rien que ça : un « jeune » fringant, au sourire éclatant ; le petit nouveau ; le petit dernier. L’essentiel est sans doute dans la manière dont il nous est livré en spectacle et, au fond, vendu : dans cette mise en scène de la fraîcheur et de l’originalité, quand son programme est usé comme la corde avec laquelle on n’ira pas se faire pendre.

Article intégral (un peu long. Accès libre) : https://blogs.mediapart.fr/ludivine-bantigny/blog/300417/leur-dire-non-une-reponse-au-votez-macron

Parmi les commentaires sur le même blog :

OK, il faut prendre la parole…

Au Ma©ron ou au brun, oui, je préfère le blanc…

Oui, l’espace de quelques secondes dimanche 23 avril 2017, oui j’y ai cru… Oui j’ai fait un début de haka devant mon poste de TV convaincu que « mon » cheval, revenu du diable Vauvert, allait coiffer les favoris (ou au moins l’un d’entre eux) sur le fil et qu’il serait finaliste au nez  et à la barbe de tous ceux qui préfèrent le familier aux vertiges de l’inconnu…

Oui, j’ai espéré que la France ne rate pas son RV du jour avec son destin… Pour en finir (enfin) avec cette 5ème république « naphtalinée », cette monarchie présidentielle et son système nécrosé tout juste bon à produire du vote FN.

Et bien non… Place au sourire bien blanc du jeune « Mozart de la finance » et à la « double Pen » prête à jouer son rôle d’épouvantail de pacotille, une composition apprise depuis sa tendre et très chère enfance sur les genoux de son gentil papa J… Et à nous rejouer sa petite pièce de théâtre guignolesque.

Ok, certes il y eut ce petit moment de (re)jouissance de voir rapidement le triste sire Fillon se parer (waouhhh) d’un masque de circonstance sans pour autant avoir l’élégance de ses costumes et disparaître à jamais du paysage politique français qu’il a contribué à polluer avec un bel acharnement. Impossible de ne pas penser à ce moment-là avec un sourire sardonique à la tête de son épouse « Pénélope la galloise », seule dans le manoir familial face à son bol de soupe (bio) maugréant « tout ça pour ça » !

Allez, allez… Vous avez bien pourri la campagne ! A défaut, de rendre les bons costumes, rendez l’argent !

Et puis après, une fois les résultats consolidés, il a fallu assister au spectacle du champion qui se fait attendre et revivre le simulacre médiatique de circonstance (ah les motos et les feux rouges grillés plein pot), comme si c’était déjà la victoire Manu alors que tu as à peine 24% des votants et combien de votes utiles pour déjà faire rempart à l’épouvantail de pacotille. Ah mais ou mais c’est bien sûr Brigitte, la nouvelle Marianne et ses multiples couverture de magazine, notre première dame capable à elle seule de redonner le moral à toute la profession de chirurgiens esthétiques, déjà au téléphone pour reconstituer leur stock de botox (putain 5 ans !)…

Observons l’image de ce couple que certains osent comparer au « chicissime » couple Kennedy. Avec sa gueule de jeune communiant qui aurait déjà vendu pas mal de bagnoles, n’entendez-vous pas l’enfant intérieur de Manu crier à maman Brigitte « J’ai peur que tu ne m’aimes plus si je grandis » !

Et puis sur les plateaux TV, sans la moindre pudeur, déjà le bal des prétendants… L’ineffable et matois Bayrou (spécial dédicace au berger pyrénéen Jean Lassalle et sa belle utopie) qui a acheté de l’action Macron au bon moment et entend bien toucher les dividendes. Et Gérard Collomb, ex-premier signataire et animateur de la motion « L’espoir à gauche, fier(e)s d’être socialistes » au congrès de Reims qu’on ne risque pas de confondre avec Christophe tant son esprit d’aventure se résume à changer de champion au grès du vent des circonstances…

La veille garde est  de sortie… Non, nous ne prendrons pas en marche… ce train-train là… ! Stop au foutage de gueule ! On c’est déjà largement fait… euh… avoir…

Ah oui j’oubliais… Le dîner à La Rotonde… Ah oui, euh… attention symbole ! rive-gauche/rive droite…  clin d’œil appuyé, par cici les caméras…vous saisissez… Tiens amusons nous : comparons le prix de la sole 48 € vs 86 € du Fouquets… Une addition de (seulement) 7 000 €… on avance… c’est cool non ? Les forces progressistes sont en marche… Et le visqueux Jacques Attali, plus bernique que jamais qui cherche son nouveau rocher et se fera répudier ! Oups, loupé ! So sad…

Alors, alors…

Comme il avait fallu un temps être Charlie à tout prix, il faudrait maintenant se précipiter comme un seul homme, au nom du front républicain, pour voter M@cron, cette créature élevée sous la mère Hollande, pôvre benêt malfaisant qui avait désigné la finance comme ennemi et qui n’aurait pas compris ce qu’il enfantait… Il paraîtrait même qu’il n’aurait pas vu la traîtrise arriver. A moins que…

Alors, alors… Il faudrait perpétuer à nouveau l’histoire dominante… euh l’histoire des dominants…

Non, désolé ce sera sans moi… on m’a déjà fait le coup… Chirac qui nous a pris pour des pommes, tout ça… tout ça… vous vous souvenez… 2002 – 2017… Pas tout à fait la même situation non ?… Demandez un peu aux démographes, ils vous expliqueront…

Allez, allez, merci bien, à l’heure intime du choix (en avons-nous un, lequel ?), nous n’avons ni leçon ni consigne à recevoir…

Pour les insoumis, les options sont ouvertes : Macron, blanc, abstention… Une seule est exclue avec force « Pas une voix pour le Pen »… ET JLM a bien raison de ne pas céder à tous ceux qui veulent lui faire jouer le rôle qu’on lui assigne. Avec au premier rang, le « maître des horloges » qui se pense déjà comme le roi soleil. L’ancien banquier qui a déjà fait allégeance à Angela Reine d’Europe et nous prépare un « buiseness plan » d’enfer, comment pourrait-il comprendre que toute notre énergie de citoyen est déjà investie dans la création de nouvelles formes d’actions, hors partis et hors institutions.

Non, je ne voterai pas Ma©ron et son projet de « Start-up nation », cette nouvelle marque employeur dont il sera le manager idéal, capable de parer la servitude de belles et fortes valeurs humanistes.

Oui, j’assume. Mieux, je fais même l’éloge du risque…

Oui, je préfère le blanc…

Le blanc de la page sur laquelle nous pourrons co-écrire une autre histoire, celle où chacun deviendra acteur de sa vie, celle où l’on peut préférer attendre l’improbable plutôt que de se résigner à perpétuer morbidité et exclusion.

« Si tu ne crois pas à l’inespéré, il n’arrivera pas ! » nous dit Edgar Morin

J’ajoute : « L’acceptation de l’impuissance du moment nous ouvrira les portes de la vérité de demain ».

Non, je ne voterai pas Ma©ron

Un insoumis (parmi 7 millions d’autres, faut-il le rappeler)

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On en parle peu, et pourtant…

La nouvelle convention sur l’assurance chômage va s’imposer la semaine prochaine dans l’indifférence générale. Hélène Crouzillat, intermittente du spectacle, et Rose-Marie Pechallat, présidente de l’association de défense des chômeurs Recours radiation, tentent d’alerter sur les dangers de ce texte.

À l’heure où les consignes de vote pour le second tour des présidentielles fleurissent comme des coquelicots, une course de vitesse se joue dans les salons de la République pour l’agrément par la ministre du Travail de la nouvelle convention d’assurance chômage. Vous n’êtes pas au courant ? C’est normal. Personne n’a intérêt à vous informer de ce qui vous attend si, par malchance, le marché du travail ne voulait plus de vous.

Cette nouvelle convention d’assurance chômage fait suite à un protocole d’accord signé le 29 mars dernier, par les « partenaires sociaux » gestionnaires de l’Unédic, l’organisme qui gère et encadre les conditions d’indemnisation des chômeurs. Il prévoit l’économie de 900 millions par an sur les trois prochaines années pour pallier un déficit estimé à 4 milliards d’euros par an.

Article à lire sur Politis : https://www.politis.fr/articles/2017/04/assurance-chomage-la-grande-liquidation-36817/

On en parle encore moins et pourtant…

Jeudi après-midi, des gros bras du parti nationaliste se sont introduits dans le Parlement macédonien. Une centaine de personnes a été blessée, dont dix députés, avant que les unités spéciales de la police n’évacuent le bâtiment. Après des mois de crise politique, la Macédoine va-t-elle sombrer dans la guerre civile, au risque d’entraîner tous les Balkans ?

Le leader de SDSM Zoran Zaev à la sortie du Parlement à Skopje, le 27 avril 2017. © Reuters

(…) Les rares policiers présents sur place n’ont opposé presque aucune résistance, les systèmes de sécurité qui permettent de verrouiller tous les accès au Parlement n’ayant pas été activés, et les unités spéciales n’ont pu reprendre le contrôle du bâtiment qu’au bout de plusieurs heures, en tirant des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes. Les blessés ont été évacués vers les hôpitaux de la capitale, mais aucun assaillant n’a été arrêté.

Tee-shirts noirs et croix orthodoxes brandies à bout de bras, des groupes de « patriotes » manifestent quasi quotidiennement depuis le début du mois de mars, menaçant de faire basculer la Macédoine dans la guerre civile. Toutes ces organisations, récemment apparues, comme le Front national macédonien, sont liées aux conservateurs du VMRO-DPMNE, au pouvoir depuis 2006, et à leur chef, Nikola Gruevski, qui a renoncé à exercer la fonction de premier ministre en 2016 mais demeure l’homme fort du pays. (…)

Article intégral ici : https://www.mediapart.fr/journal/international/290417/qui-veut-la-guerre-en-macedoine

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Petit rappel…

L’éducation des enfants étrangers

 

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Un peu de poésie ne saurait nuire…

ce poète libertaire anormalement peu connu, meurt en 1961 dans des circonstances mal élucidées,
c’était un poète étrange et fort intéressant homme de génie qui parlait une bonne trentaine de langues, il fut un traducteur d’exception.

Une partie de ses écrits aurait disparu Ses poèmes survivants donneront lieu à diverses éditions

Le programme en quelques siècles
Armand Robin (1912-1961)

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Humour… ou pas (Choisis ton camp camarade)

Didier Porte : « Et merde, votez Macron ! »

 

Pour Ménard, les prénoms disent les confessions

Robert Ménard a suscité l’indignation et l’émoi en confirmant mardi matin qu’il procédait à un fichage des enfants musulmans dans les écoles de sa ville. Une enquête préliminaire a été ouverte, l’établissement de statistiques ethniques étant interdit par l’article 226-19 du Code pénal. Cet acte est passible de cinq ans d’emprisonnement et de 300 000 euros d’amende.

menard fichage
Extrait de Mediapart
 » Une étoile jaune barrée d’un croissant. C’est le symbole qu’a brandi mardi soir un élu communiste en plein conseil municipal, à Béziers, pour protester contre les déclarations de Robert Ménard. « Dans ma ville, il y a 64,9 % des enfants qui sont musulmans dans les écoles primaires et maternelles », a lancé le maire sur France 2, lors de l’émission « Mots croisés », lundi soir. Devant les élus, Robert Ménard s’est refusé à toute explication. L’opposition UMP a demandé sa démission. Invité chez Bourdin, Jean-Luc Mélenchon a confirmé qu’il demandait aussi au gouvernement de prononcer la démission de Ménard. »
Car il n’est guère d’autre voie : soit l’édile tripatouille illégalement dans les fichiers des écoles de sa ville pour recenser les enfants musulmans, soit il s’agit d’un nouveau coup de communication sur le dos des musulmans.

noté par ailleurs…
Au cours du débat de Mots Croisés consacré à l’affrontement entre les Le Pen, Ménard a voulu illustrer le « problème de l’immigration » en balançant ce chiffre choc : il y a « 64,6% » d’élèves de confession musulmane à Béziers« , a-t-il déclaré. À l’énoncé de ce chiffre, personne n’a bondi sur le plateau. Ce n’est qu’en toute fin d’émission, pendant le débriefing, qu’un tweet de téléspectateur, relayé à l’antenne, s’interroge sur l’origine de ce chiffre. D’où la question incisive d’Anne-Sophie Lapix : « Euh et ces chiffres…? »

Réponse de Ménard : « Ce sont les chiffres de ma mairie. Pardon de vous dire que le maire a les noms, classe par classe, des enfants. Je sais que je n’ai pas le droit, mais on le fait« . Et d’ajouter : « Les prénoms disent les confessions. Dire l’inverse, c’est nier une évidence« .


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Depuis, des perquisitions ont eu lieu à la mairie de Béziers. Selon le Midi libre, elles n’ont donné aucun résultat, une information qui n’a pas été confirmée par le parquet.
Auparavant, le préfet du Languedoc-Roussillon, Pierre de Bousquet, et la rectrice de l’académie de Montpellier, Armande Le Pellec, avaient saisi la justice en application de l’article 40 du code de procédure pénale.
Si l’on veut approfondir un peu (y en a besoin avec tous les excès et raccourcis qu’on connait du Ménard) ces chiffres montrent malgré tout qu’une forte proportion de jeunes issus de l’immigration se situe dans les zones urbaines ghettoïsée et que, carte scolaire aidant, ils se retrouvent de facto dans des écoles ghetto.
Mais Ménard oublie de dire qu’il existe aussi dans sa ville des écoles publiques qui accueillent une population blanche et bourgeoise en très forte proportion. De même, il ne donne pas la proportion des écoles confessionnelles catholiques de sa ville qui fonctionnent sur fonds publics. Ainsi, à Béziers, il y a 39 écoles publiques, soit moins de 20 écoles primaires publiques en tout ( p.49 du répertoire académique), tandis qu’il y a 6 écoles primaires confessionnelles catholiques sous contrats regroupant maternelles et élémentaires (toujours sur fonds publics) (p.103), soit 1/3 d’écoles à curés pour la seule ville de Béziers où les enfants de l’immigration ne se bousculent sûrement pas.
Concernant les collèges de Béziers, la proportion est de la moitié : 6 collèges publics dont on ne connait pas la proportion de centre-ville ou de banlieue et 3 collèges privés de centre-ville.
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Parmi les réactions citoyennes une pétition a été lancée sur Change.org.
Adressée à
Procureur de la République de Béziers Yvon Calvet

petition_menardPour signer la pétition, cliquer sur l’image ci-dessus.

Pour lire le texte c’est après la balise Lire la suite

La dédiabolisation, c’est pas gagné !

« Putain de salope, tuez-la ! » ; « Sale négresse de merde » ; « Nique ta mère sale pute » ; « Qu’ils les violent avec un bout de bois clouté ».

Ces propos entendus le 1er mai pourraient résumer à eux seuls la pensée de la jean-marie_-_Copiefachosphère qui ne rate pas une intervention du clan Le Pen. Et la fifille du borgne a beau exclure et exclure du parti les adhérents qui dérapent, il en reste encore et toujours. Ce qui nous a aussi permis d’entendre : « Sale journalistes de merde ! Pédés de rouges ! ».
C’est à dire qu’il suffit de seulement sept mots à certains pour critiquer en même temps la presse, l’homosexualité et le communisme ! Voilà le langage châtié et toute l’idéologie de ceux qui parlent par ailleurs des « racines chrétiennes » de la France et prétendent représenter « le plus grand parti de France des travailleurs » !
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D’après l’AFP, sept interpellations ont eu lieu, dont trois membres de la sécurité FN.
Deux plaintes ont été annoncées, l’une de la part des Femen pour « violences, violation de domicile et arrestation arbitraire », l’autre de la part de Marine Le Pen pour « violences volontaires » et « atteinte à la liberté de manifester ».
Là, franchement, on ne comprend pas, Marine. Les Femen n’auraient pas droit à la même liberté de manifester que les dégénérés du FN ? Quant aux violences volontaires… Là faut consulter  l’ophtalmo car visiblement la vue baisse jusqu’à l’aveuglement. Qui est violent, déjà ?

Un autre incident a perturbé l’événement frontiste : l’agression de deux équipes de télévision, de Canal Plus et France 5, pendant le discours de Marine Le Pen. Alors que trois journalistes du « Petit Journal » de Canal Plus filmaient aux abords du carré VIP du Front national, l’eurodéputé Bruno Gollnisch a tenté de saisir leur perche et leur a donné des coups avec son parapluie. « Journoputes », « journalopes », ont lancé les militants frontistes. Le langage des partisans de la haine est décidément très créatif.
Les journalopes ont donc été violemment pris à partie, avant d’être évacués par le service d’ordre du parti.
Dans le reste du cortège, on retrouvait bien sûr les slogans « officiels » du FN – « ni droite, ni gauche, Front national », « France Marine, Liberté », « Hollande t’es foutu, la jeunesse est dans la rue » , mais on pouvait aussi voir des militants distribuer le journal d’extrême droite Rivarol, tel autre porter le blouson des néonazis grecs d’Aube dorée et des identitaires défilant sous leurs drapeaux. Le voilà, le Front National enfin révélé dans toute sa splendeur.

On a beaucoup aimé le slogan "Hollande t'es foutu, la jeunesse est dans la rue"...

On a beaucoup aimé le slogan « Hollande t’es foutu, la jeunesse est dans la rue »…

Sur son blog, Alexis Corbière a noté le reste : « Loin d’un prétendu désaccord de fond entre Jean-Marie Le Pen et elle, et devant un public clairsemé, Marine Le Pen a livré aujourd’hui un discours classique d’extrême droite se concentrant contre l’immigration et la « menace islamiste ».
En plus d’une heure, elle n’a jamais évoqué les inégalités sociales qui se creusent dans le pays, les 5,6 millions de chômeurs, les 8 millions de pauvres, les bas salaires, les loyers trop élevés, etc.
Elle n’a pas dit un mot contre la fraude et l’évasion fiscale qui représentent pourtant plus de 80 milliards d’euros. Peut-être craignait-elle que les récentes révélations de la presse sur l’argent caché par son père en Suisse ne lui reviennent au visage ? »
Reste à comprendre comment, dans un pays démocratique, un service d’ordre privé peut se permettre, sous les regards de la police nationale, de pénétrer dans une chambre d’hôtel, y malmener des femmes sous l’œil des caméras, et les séquestrer un certain temps.
De par la loi, même la direction de l’hôtel ne peut s’autoriser ce droit d’entrer une chambre dûment occupée, encore moins l’ouvrir à des intrus. Seule est habilitée une police munie d’une commission rogatoire. Espérons que de valables informations suivront quant à la sanction qu’il convient de donner à ces violences, surtout de la part d’un gouvernement si prompt par ailleurs à s’émouvoir d’un foulard ou d’une jupe un peu longue.
Mais qu’il soit dit que les journaleux, les homos, les cocos, les nègres et les bicots en ont ras-le-pompon et n’espèreront plus très longtemps si justice n’est pas faite. Si le racisme n’est pas une opinion comme une autre mais un délit, qu’attendez-vous messieurs Hollande, Valls et Cazeneuve pour appliquer la loi ?
À suivre donc, car nous ne lâcherons rien !

Heil le Pen

Les scores du FN depuis 1984

En complément de l’article précédent sur la fameuse « poussée du FN »

L’internaute Arnaud R. s’est amusé à comparer, depuis 1984, les scores du FN à toutes les élections françaises, en proportion du nombre total d’électeurs inscrits. Cela donne ce tableau :

Eur 1984 : 5.99%
Leg 86 : 7.19 %
Pres 88 : 11.47 %
Leg 88 : 6.21%
Eur 89 : 5.56 %
Leg 93 : 8.08 %
Eur 94 : 5.25 %
Pres 95 : 11.4 %
Leg 97 : 9.65 %
Reg 98 : 8.26 %
Eur 99 : 2.5 %
Pres 2002 1er tour : 11.66 %
Pres 2002 2d tour : 13.41 %
Leg 2002 : 6.98 %
Eur 2004 : 4.05 %
Reg 2004 : 8.51 %
Pres 2007 : 8.62 %
Leg 2007 : 2.54 %
Eur 2009 : 2.47 %
Reg 2010 : 5.09 %
Pres 2012 : 13.95 %
Leg 2012 : 6.65 %
Eur 2014 : 10.5 %
Dép 2015 : 10.19 %

Certains en tirent la conclusion que, sur une période de trente ans, « le postulat de l’irrésistible ascension du FN mérite d’être pour le moins nuancé. Scrutin par scrutin, si l’on compare les législatives avec les législatives, les présidentielles avec les présidentielles, ce qui frappe plutôt est sa stabilité, avec des avancées et des reculs, qu’il faudrait examiner en détail. »

D’autant que ce qui détermine le résultat d’un scrutin est le nombre de voix par rapport aux exprimés et non par rapport aux inscrits. De plus il faudrait tenir compte de ce que le corps électoral a augmenté depuis 1984, et d’une donnée rarement citée dans les analyses : le nombre de non-inscrit sur les listes électorales. S’ajoutant à celui des abstentionnistes, on découvrirait alors combien le FN est dans l’abus en se déclarant premier parti de France. Mais on ne doute pas qu’à ses yeux il ne s’agisse que d’un « point de détail ».

 

« Poussée » du FN : 32 ans déjà !

La chronique de Daniel Schneidermann du 30 mars. « Je constate un effet, et je tente un bilan d’étape. » dit-il.

 Bilan ? Une bonne grosse alternance départementale gauche-droite, en attendant la future alternance droite-gauche, toutes deux typiques des « élections intermédiaires », dans toutes les démocraties du monde. Et le FN, le fameux FN ? Aucun conseil départemental conquis, donc, mais une « poussée », une « consolidation », une « implantation » : le FN a remporté entre 43 et 47 cantons. Après que toute la campagne électorale a tourné autour du FN, le résultat -abstention massive, et « poussée » du FN- est grosso modo identique à celui de la plupart des élections, depuis…depuis combien de temps, au fait ?

Quand ai-je commencé à entendre parler de « poussée » du FN ? En 1983, lors de la Municipale partielle de Dreux. Je m’en souviens : l’événement coïncide avec mon embauche en CDI au Monde. Coup de tonnerre : la mairie est emportée par une liste d’union entre la droite et le FN. Yves Montand, Simone Signoret et Simone de Beauvoir s’indignent. Jacques Chirac, lui, n’est pas spécialement choqué. Depuis, rien n’a changé. 32 ans qu’ils poussent, la fille après le père, en attendant demain la nièce et petite fille. Ils ont conquis des villes, les ont perdues, en ont conquis d’autres. Ils ont dérapé, de point de détail en Durafour crématoire, ont été condamnés, ont redérapé.

La presse écrite a multiplié les scoops sur le passé de tortionnaire du père, les conditions d’acquisition du château de Saint Cloud, les finances du parti, tandis que la télé multiplie depuis 32 ans les invitations, génératrices de bonnes audiences. Mille reportages ont tenté de distinguer au scalpel les électeurs (sauvables) des dirigeants. La « poussée » du FN structure depuis une bonne grosse génération la vie politique et le journalisme politique français. Un électeur de moins de cinquante ans aura passé toute sa vie de citoyen à redouter (ou espérer, pour quelques uns) le grand soir du FN. Et 32 ans plus tard, le FN reste désespérément pauvre en cadres locaux, au point de devoir recruter des candidats nonagénaires à l’insu de leur plein gré, et des débiles qui se lâchent sur Facebook, pour prétendre ensuite que leur compte a été piraté.

Mais il faut bien constater que le FN est utile. 32 ans, que cette « poussée » sert à la gauche classique à disqualifier à la fois la droite classique et, aujourd’hui, la gauche radicale, renvoyée dans l’enfer des « extrêmes ». 32 ans, que cette « poussée » sert aux deux grands partis à entonner le couplet du « vote utile », pour écraser les petits. 32 ans, que cette « poussée » étouffe / hystérise les débats sur la sécurité, la laïcité, ou l’identité nationale. Et s’il n’y avait que ceux-là !  Une bonne dizaine d’années déjà, depuis le référendum de 2005, que cette « poussée » sert aussi à interdire, sur le mode Quatremer, tout débat sur l’UE, ou même sur le libre-échange et la mondialisation (on ne va quand même pas « faire le jeu du FN »).

Je ne dis pas que c’est fait pour, c’est évidemment plus compliqué -même s’il a été établi que Mitterrand, dans les années 80, a fait pression sur la télé pour qu’on y invite Le Pen père plus souvent. Je ne dis pas non plus que le danger n’est pas réel. Ce n’est pas parce qu’on crie au loup depuis 32 ans, que le loup ne finira pas un jour par arriver. Je constate un effet, et je tente un bilan d’étape.

 

 Bonus sémaphorien : une des vidéos contenues dans l’article de Slate (lien dans l’article précédent), mais on conseille plutôt de lire l’article entier à ceux qui n’ont pas connu cette époque.

En mars 1983, pour la première fois, une liste commune RPR-FN est donc constituée.

 Plus une belle photo glanée sur Internet.
Il nous a semblé qu’elle parlait toute seule de ce qu’est la famille Le Pen…

« Kaput le FN ! »

Résultats du premier tour des départementales 2015, les chiffres officiels de la France des binômes. (source : http://elections.interieur.gouv.fr/departementales-2015/FE.html )

Pour les non abonnés à Médiapart, voici une des analyses de la progression du vote FN.

Entretien avec Nonna Mayer, 26 mn   – Nonna Mayer, directrice de recherche émérite au CNRS, rattachée au Centre d’études européennes de Sciences Po, présidente de l’Association française de science politique, spécialiste du Front national.


Nonna Mayer sur l’électorat FN par Mediapart

Mais le FN monte-t-il vraiment ? Ou sait-il simplement mieux mobiliser son électorat ? La réalité est tout autre dès lors qu’on rapporte les pourcentages obtenus au nombre d’inscrits. La progression est loin d’être fulgurante. Petit récapitulatif :

Ainsi le premier parti reste celui de l’abstention, ce qui n’élimine pas tout danger pour des présidentielles à venir si la gauche (la vraie, c’est-à-dire hors PS) ne parvient pas à mieux mobiliser ses troupes. N’empêche que Didier porte, à qui nous empruntons le titre de l’article, a raison de pointer combien il en faut peu pour que le FN demeure à jamais le Poulidor des élections. Il suffit que la droite dite classique vienne chasser sur ses plates-bandes pour lui siphonner des voix. De quoi mieux comprendre le sourire forcé de Marine Le Pen avant de faire sa déclaration face à la gamelle.


Didier Porte : « Kaput le FN ! » par Mediapart

Les nouvelles cartes du FN

Pour celles et ceux qui l’auraient manquée, une des meilleures analyse du moment sur la montée du FN. C’était dans « Les matins de France Culture » – Départementales 2015 : les nouvelles cartes du FN

invités

Hervé Le Bras
Démographe,
Directeur d’études à l’INED, enseignant à l’EHESS
Spécialiste en histoire sociale et démographie
« La question de l’immigration, c’est terminé. Le FN est porté par les inégalités sociales » entretien avec par Eric Fottorino et Laurent Greilsamer va paraître dans le nouveau numéro du journal « Le un »

Nonna Mayer
Politologue
Directrice de recherche au CNRS, professeur à Sciences-Po
Son article « Quand les femmes s’y mettent » va paraître dans le nouveau numéro du journal « Le un ».


les matins – Départementales 2015 : les… par franceculture

Autre article intéressant sur le sujet, dans Politis, suivez le lien :

La mauvaise note de Le Guen , l’édito de Denis Sieffert du 12 mars

Également dans Politis, une lettre ouverte à Manuel Valls qui trouve que les intellectuels ne sont pas assez monté au créneau dans la lutte contre le FN.

http://www.politis.fr/Manuel-Valls-les-intellectuels-et,30345.html

le FN et la liberté de la presse

La Société des journalistes de Mediapart condamne l’agression de deux de ses journalistes par des responsables du micro-parti de Marine Le Pen, alors qu’ils faisaient leur travail d’enquête dans des conditions tout à fait claires et transparentes. Des menaces de mort ont été proférées. C’est inadmissible. Cela s’ajoute à l’exclusion systématique par le Front national de nos journalistes de ses événements politiques et militants. La SDJ de Mediapart, solidaires de ses journalistes, en appelle à la vigilance démocratique face à de telles atteintes aux libertés publiques.

 

La violence du FN contre la liberté de la presse

06 février 2015 |  Par Edwy Plenel

Edwy Plenel

« Je vais te tuer » : c’est ainsi qu’un proche de Marine Le Pen s’est adressé, en la menaçant physiquement, à notre consœur Marine Turchi, qui suit l’extrême droite à Mediapart. Loin d’être anecdotiques, ces faits ne sont pas sans rapport avec l’interdit proclamé par le Front national à l’encontre de notre journal en ligne, au mépris du respect du pluralisme de la presse.

Vendredi 30 janvier, vers 16 heures, Marine Turchi et Karl Laske se rendent, dans le seizième arrondissement de Paris, au siège des diverses sociétés d’Axel Loustau, le trésorier de « Jeanne » le micro-parti personnel de la présidente du FN. Ils sonnent, entrent, demandent à parler aux dirigeants et déposent leurs cartes de visite après qu’on leur ait répondu qu’ils étaient absents. Cette démarche s’inscrit dans notre enquête au long cours sur la part d’ombre financière de l’extrême droite et, plus précisément, sur des virements et des sorties d’argent en liquide qui intriguent la justice. Lire la suite

Au fil de Charlie_n°1

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Mise à jour jeudi 15 janvier


Mediaporte : « Tous des charlots ! » par Mediapart

mise à jour mercredi 14 janvier

Sémaphores espérait bien afficher la Une du jour de Charlie mais un sombre individu du nom de Nicolas Sarkozy s’introduit partout et pourrit même nos pages. Nous espérons que vous ne nous en tiendrez pas rigueur, le temps de régler le problème.

D’autres sites subissent les mêmes infiltrations, le Sarkofou frappe partout, suivez le lien pour vous faire une idée : http://www.bfmtv.com/diaporama/jesuisnico-les-internautes-collent-nicolas-sarkozy-partout-1778/sur-la-chapelle-sixtine-20/

Pour ceux qui veulent en voir beaucoup plus c’est ici : http://je-suis-nico.tumblr.com/

Et pour ceux qui ont raté le début de la sarkoinfiltration c’est là :

http://blogs.mediapart.fr/blog/avp/130115/un-detour-propos-de-la-liberte-de-la-presse-et-une-video-positive-franco-allemande

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Parce qu’on entend répéter à l’envi sur les ondes qu’il y aura eu un avant et un après Charlie, comme il y avait eu un avant et un après 11 septembre 2011, Sémaphores ouvre ce fil intitulé « Au fil de Charlie », alimenté de nos glanes et ceux signalés par nos lecteurs-trices habituels. Car l’après attentat est forcément commencé. Le sursaut républicain dont le peuple français a témoigné à la face du monde entier ne signifierait plus grand chose si chacun rentrait maintenant chez soi pour reprendre sa petite routine, ses petites habitudes, son petit entre-soi. La question est :

On fait quoi, maintenant ?

Et si on commençait par ces petits détails qui nous empoisonnent la vie ? Le droit au blasphème, par exemple. Pourquoi ne tiendrait-on pas compte que les athées et les agnostiques représentent plus que les bigots de tous poils. Cela éviterait peut-être que certaines bouches empuanties rabâchent à longueur de micros de prétendues « racines chrétiennes de la France ». Oui, la France est multiconfessionnelle. Et c’est bien l’une de ses multiples richesses. Mais la foi est un outil personnel dont chacun peut user pour sa propre édification. La religion est tout autre chose et nous n’en connaissons aucune qui se serait fait sa place au soleil sans passer par les armes ou devoir les subir. Sur ce sujet, l’Histoire est une corne d’abondance et les exemples sont légions.

C’est pourquoi, si nous voulons avancer, un premier pas consiste peut-être à nous saisir de cette question du blasphème qui entrave la liberté d’expression. Ce droit doit s’inscrire dans la Constitution, rejoindre une fois pour toutes les valeurs de la République et la déclaration universelle des droits de l’homme de 1789. Dans l’immédiat, chapeau à Sophia Aram pour sa chronique du 12 janvier :

 Le blasphème c’est sacré


Le Billet de Sophia Aram : Le blasphème c’est… par franceinter

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Une photo qualifiée d’historique, mais qui doit nous faire réfléchir.

D’un côté les chefs barricadés, de l’autre le peuple républicain sans peur. Les uns sont le problème, les autres la solution.

Dans l’esprit de Charlie…

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L’après Charlie, c’est aussi dans les élections à venir qu’il va falloir le mesurer, les charlots !

Vous toutes et tous qui avez osé vous dresser avec votre ridicule slogan « Je suis Charlie », sachez que vous n’êtes que des « charlots ». Ce n’est bien sur pas Sémaphores qui vous le dit, mais le FN par la voix de son créateur et président d’honneur (?), et nous espérons que les millions de charlots qui n’étaient pas à Beaucaire le 11 janvier sauront s’en souvenir le moment venu.

Pour ceux qui auraient manqué cette étape :

Le président d’honneur du FN a qualifié dimanche de « charlots » les soutiens de « Charlie Hebdo« . Après avoir dit « Je ne suis pas Charlie ». Après avoir appelé à voter pour sa fille pendant les prises d’otages.

Mais où va-t-il s’arrêter ? Après avoir appelé à voter pour sa fille en pleine prises d’otages vendredi. Après avoir avoir lancé fièrement « Je ne suis pas Charlie » samedi. Le président d’honneur du FN Jean-Marie Le Pen a de nouveau créé la polémique dimanche 11 janvier en annonçant, sans vergogne, sa candidature aux élections régionales en Paca en pleine journée d’hommage aux victimes des attentats qui ont frappé la France cette semaine.

Non content de rompre l’unité nationale autour de cet hommage, il a qualifié de « charlots » les personnes qui manifestaient ce dimanche et en particulier les responsables politiques français.

Tous ces gens marchent avec la pancarte ‘Je suis Charlie’ alors qu’en fait ce sont des ‘charlots’ qui sont responsables de la décadence de la France », a-t-il lâché lors d’une conférence de presse à Tarascon dans les Bouches-du-Rhône.

« Depuis longtemps, non seulement l’assimilation et même l’intégration ont été abandonnées par différents gouvernements qui se sont succédé », a par ailleurs lancé l’ancien président du FN.

« Je suis… candidat »

Un peu plus tôt, il avait annoncé à Tarascon qu’il conduirait la liste du Front national aux élections régionales en Paca en décembre, en ce jour d’hommage national.

« J’ai pour ma part accepté selon le voeu unanime de nos élus d’être candidat en tête de liste et d’accepter de prendre cette responsabilité » pour le scrutin prévu fin 2015, a assuré Jean-Marie Le Pen.

Nous sommes ici dans une des régions que les sondages accordent du bout des lèvres au FN avec celles du Nord-Pas- de-Calais et Picardie. »

Évoquant le Nord-Pas-de-Calais et la (…) Lire la suite sur Le Nouvel Observateur

à suivre

 

le FN fait son « unité nationale » à l’extrême droite

10 janvier 2015 |  Par Marine Turchi

Marine Le Pen a trouvé sa parade médiatique. La présidente du Front national a appelé samedi ses partisans à défiler dimanche en province et non dans le cortège parisien, qu’elle juge « récupéré » par les autres partis politiques. Durant cette semaine tragique, le Front national n’a en réalité pas joué longtemps le refrain de l’unité nationale et du refus des amalgames.

Renvoyé à sa marginalisation, le parti a repris sa dénonciation d’un supposé « système UMPS » et n’a eu de cesse de lier, plus ou moins explicitement, terrorisme et immigration. Sur les réseaux sociaux, une partie du Front national et l’extrême droite la plus radicale ont relayé les mêmes amalgames et arguments. Récit.

Jouer les victimes du « système » qu’elle dénonce, sans se marginaliser totalement au point de mettre en danger sa stratégie de « dédiabolisation ». C’est ce qu’a tenté de faire Marine Le Pen samedi, en annonçant les consignes à ses troupes pour ce week-end de manifestations en hommage aux victimes des attentats terroristes. « Le rejet de la barbarie appartient à tous les Français. Alors nous, élus de la nation, nous prendrons part au défilé là où l’esprit de tolérance est le plus fort, là où le sectarisme se fait moins violent. Nous irons aux côtés du peuple français, avec le peuple français, un et indivisible », a déclaré la présidente du FN dans une vidéo diffusée sur le site du parti, samedi après-midi.

Mercredi, après l’attentat à Charlie Hebdo, Marine Le Pen s’était efforcée de parler d’unité, et de rejeter toute confusion entre « nos compatriotes musulmans attachés à notre nation et à ses valeurs » et « ceux qui croient pouvoir tuer au nom de l’islam », tandis que sur Twitter, Florian Philippot, vice-président du FN, défendait l’idée d’une « unité nationale » et d’une « marche d’union entre tous ». Mais cette ligne n’a pas résisté longtemps. L’autre vice-président du parti, Louis Aliot, a remis en cause sur LCI un concept qui « ne veut rien dire ». Jean-Marie Le Pen, le président d’honneur du FN, a lui clairement refusé dans le Figaro « de soutenir l’action gouvernementale impuissante et incohérente », tout en ironisant sur « les limites de cette union nationale ».

S’estimant exclue de la manifestation de dimanche, Marine Le Pen s’est elle aussi mise à dénoncer « une manœuvre politicienne minable » et a expliqué ne pas vouloir « être intégrée à l’union nationale » qui n’est « pas un chantage où l’on peut venir à condition de la fermer ». Samedi, elle a fustigé un cortège parisien « récupéré par des partis qui représentent ce que les Français détestent : l’esprit partisan, l’électoralisme et la polémique indécente ».

C’est pourtant le Front national lui-même qui a donné cette semaine l’image d’un parti centré sur ses propres affaires et résultats électoraux, alors que les forces de l’ordre traquaient les terroristes en Seine-et-Marne et à Paris. En pleine prise d’otages vendredi matin, la présidente du FN tweete son intervention à iTélé, dans laquelle elle dénonce son « exclusion » de la marche. Vendredi après-midi, alors qu’une deuxième prise d’otages a lieu dans le supermarché Hyper Cacher et que certains médias évoquent déjà des victimes, Jean-Marie Le Pen appelle à voter pour sa fille sur Twitter, en postant une affiche qui détourne le celèbre « Keep Calm and Carry On » du gouvernement britannique en 1939 :

Cet appel est diffusé par des membres du parti, comme Antoine Mellies, président d’un des collectifs frontistes, mais plus largement aussi à l’extrême droite, notamment par Serge Ayoub, le leader des Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR) dissoutes en 2013. Lire la suite

Ras le Pen !

D’abord un rectificatif : ce ne sont pas 9 millions d’euros (voir info précédente) que le FN emprunterait à une ou plusieurs banques russes mais il souhaiterait pouvoir le faire jusqu’à hauteur de 40 millions. (source Mediapart du 27 novembre)

Ensuite…

Impossible aujourd’hui d’ouvrir Libé sans tomber sur un article de 2 pages sur « le FN qui progresse », de glander sur Facebook sans voir un lien vers une vidéo d’Alain Soral, ou d’allumer sa télé sans se farcir la Marine Le Pen.

Mais au delà des raccourcis historiques faciles, l’extrême droite d’aujourd’hui, c’est quoi ? Tout le monde parle du FN, mais quel journaliste a fait l’effort de lire son programme ou de décrypter ses stratégies ?

Certains l’ont fait et vous en parlent ici : http://desinvox.com/

Et un petit bonus comme on les aime à Sémaphores, rien que pour le plaisir ou le rafraîchissement de la mémoire : après celles de l’UMP et du PS (voir notre Mafiascope) voici la

Liste (non exhaustive) des condamnations et mises en examen du FN

C’est juste après la balise Lire la suite

Il n’y a pas de journalistes à Mediapart

Alors que son congrès se tiendra à Lyon les 29 et 30 novembre, le Front national a refusé lundi d’accréditer Mediapart et « le Petit Journal » de Canal Plus. Les raisons ?

Une source au FN a confirmé à l’AFP que Mediapart n’était pas accrédité, en justifiant : « Il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de monde. »

« Le vice-président du FN, Florian Philippot, a donné une tout autre explication de ce refus d’accréditer les deux médias, lundi soir, sur i-Télé : « Ce n’est pas nouveau… On accepte au congrès du Front national les militants du Front national et les médias, on n’accepte pas les militants des autres partis. Ce sont des militants, il faut l’assumer. En tout cas, ce sont des militants anti-Front national (… ) Ce ne sont pas des médias, ce ne sont pas des journalistes. »

Ben dis-donc, s’il n’y a pas de journalistes à Mediapart, cher Florian, faudra nous dire où. Chez Minute, peut-être ?

Marine, elle, livre encore une autre explication : sur Twitter, lundi soir, elle se défend de vouloir écarter certains médias, tout en évoquant des « médias hostiles », parmi lesquels elle place l’Agence France-Presse (AFP) : « Nous ne refusons pas l’accès du #CongrèsFN aux médias hostiles : la preuve M. Daudin de l’AFP, entre autres, est accrédité. MLP »

Outre Canal Plus et Mediapart, le Front national refuse aussi ponctuellement l’accès à ses événements à d’autres journalistes, notamment dans ses villes : exemples avec France Info et L’Express à Fréjus ; Le Ravi au Pontet, ou encore un photographe de l’AFP, qui n’avait pas reçu l’aval de la direction du FN pour assister à une conférence de presse, en décembre 2012.

Re-ben-dis-donc, qu’est-ce que ça donnerait comme presse libre si le F-Haine accédait au pouvoir !

Au fait, chère Marine, ton ami Franz Shonhuber, il est accrédité ?

Bonus pour les amis Lyonnais (et ceux qui voudront s’y joindre :

Ah, ces gars de la Marine !

Tiens, une nouvelle que les médias nationaux ne vous ont pas donnée : Florian Philippot, vice-président du Front National, vient de démissionner de son siège au comité d’agglomération de Forbach, et il a raté les deux derniers conseils municipaux. C’est France Bleu qui nous l’apprend, mais les JT nationaux ne le diront pas, tout occupés qu’ils sont à célébrer l’élection des deux nouveaux sénateurs FN, et à rechercher dans les campagnes varoises les « grands électeurs » de droite, qui ont voté FN aux sénatoriales.

France 3, dans un documentaire de Frédéric Biamonti, Ravis par Marine, révélait ce que fut vraiment la campagne de Philippot à Forbach : une galère de tous les instants. Les trottoirs de Forbach, ce n’est pas le plateau de BFM. Pas un pas en ville, sans que le médiatique dirigeant soit poursuivi, par des militants antiracistes, des militants de la CGT en gilet rouge et avec sifflets, ou se heurte à un « représentant de la communauté tzigane » qui refuse de lui serrer la main devant un bureau de vote (il s’agissait de Renardo Laurier, secrétaire général de l’office national des affaires tziganes). On se frottait les yeux, devant la résurrection de ces espèces menacées, que l’on croyait éteintes : des militants CGT, capables de venir affronter le FN dans la rue, et de forcer Marine Le Pen à fuir en catimini. Reste une question : pourquoi a-t-il fallu attendre six mois, pour que l’on nous montre cette autre face de la réalité ? (Daniel Schneidermann)


RavisLePen915 par asi

Pour les ravis de la Marine, allons faire un petit tour des mairies FN…

En découvrir encore plus et en détail ? C’est par ici :

http://rue89.nouvelobs.com/2014/09/30/appli-six-mois-mairies-fn-a-ete-fait-defait-255162

 

Mediapart et le FN

Mediapart et le FN : merci aux confrères solidaires

Un communiqué de La SDJ De Mediapart

La Société des Journalistes de Mediapart remercie vivement les confrères de la presse écrite, du web et de certaines radios qui ont boycotté, samedi 6 septembre, l’Université du FNJ, le mouvement jeune du FN, pour protester contre l’expulsion de notre journaliste Marine Turchi, consécutive à la publication de plusieurs enquêtes de notre rédaction sur les finances du Front National et sur les gestions des municipalités FN.

La SDJ rappelle le droit des journalistes d’assister aux conférences et réunions publiques des partis politiques et s’inquiète des entraves régulières aux procédures démocratiques mises en place par le Front National, ce week-end à l’encontre de Mediapart, hier à l’encontre d’autres médias, demain à l’encontre d’on ne sait qui. Le pluralisme de la presse est un principe constitutionnel qu’un parti politique ne peut pas bafouer sauf à s’exclure du jeu républicain.

« Il n’appartient pas au FN, ni au FNJ, de décider quels journalistes peuvent et quels journalistes ne peuvent pas couvrir les évènements qu’ils organisent », comme l’a réaffirmé Reporters sans frontières samedi dans un communiqué.

Il est minuit moins cinq

Les Français ont voté…

Un camembert qui, selon le bon goût français, commence à puer…

Le « vrai » résultat, c’est-à-dire en rapportant le nombre d’exprimés à celui des inscrits.
Abstention : 58%
FN : 10,5%
UMP : 8,7%
PS : 5,9%
UDI-Modem : 4,1%
EELV : 3,8%
FDG : 2,7%
Autres : 6,3%

La chronique de Didier Porte


Didier Porte : « Le FN à 25% : pas de panique ! » par Mediapart

 

Le parti-pris de François Bonnet (Mediapart) sera notre sélection du jour :

Il est minuit moins cinq

C’est donc sous la présidence de François Hollande que le Front national, à l’occasion d’un scrutin à la proportionnelle intégrale, est devenu le premier parti de France. Et c’est sous la présidence de François Hollande que l’ensemble de la gauche se désintègre en réalisant un score historiquement bas : tout juste un tiers des suffrages exprimés. Pire qu’en 1994, pire qu’en 1984, deux élections terribles pour la gauche, mais lors desquelles celle-ci réunissait tout de même 39 % des suffrages. Cette fois, PS, écologistes, Front de gauche et Nouvelle Donne ne totalisent que 33 % des voix. Jamais depuis la Seconde Guerre mondiale, la gauche – les gauches – n’ont été dans un tel état de faiblesse, tandis que l’extrême droite caracole.

«Séisme», «choc», ont reconnu hier les principaux responsables socialistes. «Une information suffocante», a lancé Jean-Luc Mélenchon. C’est une défaite historique, dont il faut bien prendre la mesure et comprendre les dynamiques mortifères qu’elle porte. En 1994, Michel Rocard, chef de file du PS, défait avec 14 % des voix, voyait sa carrière brisée net. Il payait cher l’usure du pouvoir socialiste après treize ans de mitterrandisme, mais d’autres forces à gauche (à l’époque la liste Tapie) venaient amortir ce choc. Rien de tel cette fois-ci. La sanction – un PS sous les 14 % –, qui amplifie encore la défaite des municipales, intervient deux ans seulement après l’installation de François Hollande à l’Élysée.

En deux ans, le président a tout à la fois perdu son électorat, détruit son parti et entraîné au fond du gouffre l’ensemble de la gauche.

photo Reuters

Dès lors, deux questions majeures vont se poser dans les jours à venir. La première est de savoir comment Hollande pourra terminer son mandat présidentiel et, si oui, ce qu’il compte faire des trois longues années qui nous séparent de 2017. La seconde va porter sur les nouvelles stratégies à développer pour empêcher ce qui, aujourd’hui, devient un scénario crédible : celui de l’élection de Marine Le Pen à la présidence de la République en 2017. Lire la suite

Le fil sémaphorien_mai2014_n°2

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La photo qui a le plus buzzé cette semaine :

Yusuf Yerkel – directeur de cabinet et proche conseiller du premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan – donnant un violent coup de pied à un manifestant

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Une manifestation autour du palais d’Egmont dégénère

Communiqué 15 mai 2014

Trois cents militants pacifiques ont été arrêtés ce matin à Bruxelles lors d’une manifestation de protestation contre le European Business Summit organisée par de nombreux réseaux européens, dont l’alliance belge D19-20. Par eux se trouvent Hélène Cabioc’h (Attac/Aitec), Annick Coupé (Solidaires) et Nicolas Galepides (Sud PTT) et Daniel Rallet (FSU) et sans doute d’autres militants français participant au rassemblement.

Nos organisations dénoncent ces arrestations illégitimes, et appellent à la libération immédiate des 300 activistes enfermés.

Nous en appellerons fermement aux autorités françaises présentes à Bruxelles et aux autorités belges dans les heures qui viennent.

Voir la vidéo sur :

http://www.rtbf.be/video/detail_une-manifestation-autour-du-palais-d-egmont-degenere?id=1926781

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« Des cons comme toi, j’en ai tué plein pendant la guerre ! » 

Drôle d’ambiance, ce jeudi 8 mai à Tournan-en-Brie (Seine-et-Marne), à l’occasion des célébrations du 69e anniversaire de la victoire du 8 mai 1945. Comme l’a rapporté Le Pays Briard, l’élu FN Jacques Gérard, membre du conseil municipal, a violemment pris à partie le conseiller municipal à la jeunesse Madani Khaloua. En pleine cérémonie, il s’est approché du conseiller, arguant que ce dernier « n’avait pas le droit de porter l’écharpe tricolore [car] il n’a pas fait la guerre ».

« Au début, j’ai cru qu’il voulait me pousser, a raconté Madani Khaloua au Lab. Il était très agressif. Il montrait à tout le monde sa carte d’ancien combattant. Puis il m’a dit devant témoins : « Des cons comme toi, j’en ai tué plein pendant la guerre ! » » Ce n’est pas le premier incident de ce genre. « Plusieurs fois, il m’a dit « moi, je suis Français ». En 2012, il s’est demandé comment, avec notre passé colonial, on pouvait me laisser tenir un bureau de vote », raconte Khaloua, qui entend porter plainte.

A lire sur Le LabEurope1

Hou ! Hou ! Marine, t’as encore du boulot !

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Affaire Sarkadhafi_le suivi

Pour enrayer le cours d’une justice qui le menace, Nicolas Sarkozy est décidément prêt à tout. Mediapart révèle le contenu de nouvelles écoutes judiciaires qui montrent que Nicolas Sarkozy s’est étonné l’été dernier du peu de coopération de l’actuel patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) dans l’affaire Kadhafi afin de l’informer sur le contenu des investigations en cours, voire d’en empêcher les embarrassants développements. « Mais il nous est fidèle, lui ? », s’est-il ainsi inquiété auprès de son directeur de cabinet, en juin 2013.

Sarko se croit encore le patron, y compris de la DCRI.  Ce faisant, il ne se rend même pas compte que ses magouilles apportent de l’eau au moulin de la justice qui, preuve en est, a bien eu raison de qualifier une « bande organisée ». Et elle est gentille, la justice ; les gens simples préfèrent parler de mafia. Parce qu’un chat est un chat.

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Le sondage qui va faire de la peine à Marine Le Pen

En tête des intentions de vote pour les prochaines élections européennes, Marine Le Pen cultive un paradoxe de taille car elle reste l’une des personnalités politiques les moins appréciées des Français, selon un sondage BVA publié dimanche par Le Parisien.

Marine Le Pen reste en effet très majoritairement impopulaire aux yeux des Français : 68 % disent avoir une mauvaise opinion d’elle. Pis, ils sont 78 % à ne pas lui faire confiance pour gouverner le pays ! Son image personnelle est, de plus, très mauvaise. Les sondés sont une large majorité à la trouver « d’extrême droite » (77%) -un terme qu’elle récuse-, « agressive » (71%), « démagogique » (67%) et « raciste » (60%). Une minorité la trouve « visionnaire » (27%), « sympathique » (31%), « ayant la stature d’une femme d’état » (37%), « compétente » (38%). Ils sont, en revanche, une majorité à la juger « courageuse » (63%) et « convaincante » (52%).

Autre problème pour Marine Le Pen, sa proposition phare, qu’elle défend depuis la présidentielle 2012, ne trouve pas grâce aux yeux des Français. Selon ce sondage, ils sont 79% à ne pas souhaiter que son plan de sortie de l’euro soit appliqué et 81% à juger cette proposition non crédible.

Lire sur LeParisien.fr

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SARAH CONNOR – L’ONU va débattre du problème des « robots tueurs »

Terminator va-t-il devoir se conformer aux règles de l’ONU ? Loin de Hollywood et de ses scénaristes un peu rêveurs, l’organisation internationale va très sérieusement débattre du rôle futur des robots dans les conflits. Le débat aura lieu entre le 13 et le 16 mai et il aura pour thème officiel les « armes létales autonomes ». Un rapport de cette réunion d’experts sera rendu public en novembre.

Les drones, déjà largement utilisés sur les conflits, ne sont pas au programme de cette réunion d’experts.

En savoir plus ici : http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2014/05/12/sarah-connor-lonu-va-debattre-du-probleme-des-robots-tueurs/#xtor=RSS-3208

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Boko Haram a diffusé, lundi 12 mai, une nouvelle vidéo de 17 minutes dans laquelle il exige la libération de prisonniers du groupe islamiste en échange de celle des quelque 200 lycéennes nigérianes enlevées à la mi-avril (voir fil précédent).

Le chef de Boko Haram, Aboubakar Shekau, affirme que ses otages ont été converties à l’islam. On peut voir une centaine d’adolescentes portant un voile couvrant tout leur corps en train de prier. Le 14 avril dernier, le groupe islamiste avait enlevé 276 lycéennes à Chibok, dans l’État de Borno, qui abrite une communauté chrétienne importante. 223 d’entre elles sont toujours portées disparues

Un sommet réunissant plusieurs pays africains est prévu samedi à Paris pour évoquer la sécurité au Nigeria et dans sa région.

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Bouygues Telecom prépare un vaste plan de d’économies qui pourrait entrainer la suppression d’entre 1 500 et 2 000 postes, soit 23 % des effectifs, rapporte lundi 12 mail Le Figaro.

L’opérateur téléphonique est confronté à une forte baisse de ses ventes, notamment en raison de l’arrivée sur le marché des offres « low cost » comme celle de Free. En deux ans, Bouygues Telecom a ainsi perdu 200 000 clients et vu son revenu par abonné chuter de 18 %.

« La question qui se pose est celle du modèle économique et des emplois nécessaires à celui-ci », estime le représentant Force ouvrière Alain Bernard. « Le chiffre d’affaires de Bouygues Telecom a chuté de 26 % en deux ans, avec des coûts qui ont augmenté de 10 %. ». Ce vaste plan de suppression de postes devrait être annoncé « avant l’été », précise le représentant syndical. « Pour le moment, le calendrier est plus politique qu’économique. Rien ne devrait être annoncé avant les élections européennes, le 25 mai. »

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Le retour du poignard du grand blond

Cette semaine, pour sa chronique, Didier Porte enjoint le PS de faire au moins « le minimum syndical » pour contrer l’ascension du FN.

Bien d’accord avec toi, Didier. Mais ne rêvons pas trop, l’ascension du FN n’est pas pour déplaire aux socialauds, z’en ont trop besoin pour avoir une petite chance à l’échéance présidentielle de 2017.


Didier Porte : FN : « Ça commence à sentir très… par Mediapart

Et pour qui aurait zappé et voudrait en savoir plus sur Mohamed Moulay et l’histoire du poignard de JM Le Pen, Sémaphores en avait parlé en mars et en mai 2012, billets à retrouver ci-après.

http://semaphores.info/2012/03/le-grand-blond-au-poignard/

http://semaphores.info/2012/05/un-temoin-du-poignard-de-le-pen-nous-a-quitte/

Note : la vidéo qui était contenue dans ce dernier billet a été retirée. Nous en profitons pour la remplacer par cette autre, au nom du devoir de mémoire.


Jean-Marie Le Pen et La Torture [3/3] Excellent ! par CatusJack

V’là que ça recommence !

« Monsieur Barriquand ? C’est bien vous qui travaillez pour L’Express ? Vous ne rentrez pas. Au revoir. » Il est un peu plus de 22h30 ce dimanche 30 mars, second tour de l’élection municipale à Fréjus. La cité varoise vient de porter à sa tête David Rachline, 26 ans, le candidat du Front national« raconte L’Express dont le journaliste a donc été exclu de la conférence de presse du nouveau maire.

L’hebdomadaire attribue cette interdiction d’entrer à la conférence de presse à un article qui rappelait la collaboration du futur maire à un livre d’entretiens de « jeunes nationalistes« , sorti en 2008.

A 20 ans, David Rachline s’y déclarait favorable à la prime de naissance, « condition indispensable d’une politique familiale digne de ce nom« . Cette prime mise en place en 1998 à Vitrolles (Bouches-du-Rhône), « dirigée à l’époque par Catherine et Bruno Mégret (MNR), prévoyait le versement d’une enveloppe de 5000 francs aux familles dont au moins un des parents était français ou ressortissant européen. Application du principe de « préférence nationale », la disposition avait été jugée illégale par le tribunal administratif de Marseille,« 

Autre raison possible de l’énervement du nouveau maire de Fréjus, « la publication d’une vieille photo de lui posant avec un responsable de la Phalange espagnole (mouvement fascisant) ».

Deux jours après l’incident du soir du deuxième tour des élections, Rachline fait amende honorable et explique par téléphone à L’Express : « J’ai eu un mouvement d’humeur le soir de mon élection, glisse-t-il. Jusqu’à présent, j’ai toujours fait entrer tous les journalistes à mes points presse. A l’avenir, je ne ferai plus de tri« .

Eh bien espérons-le ! Et n’abaissons pas notre vigilance.

05 avril 2014_On apprend aussi :

La présidente du Front national, Marine Le Pen, a assuré vendredi 4 avril au micro de RTL que les nouveaux maires issus de son parti « n’accepteront aucune exigence religieuse dans les menus des écoles ». « Il n’y a aucune raison pour que le religieux entre dans la sphère publique, c’est la loi », a-t-elle insisté.

Pour Marine Le Pen, « bien souvent la laïcité n’est pas appliquée, fermer les yeux sur les violations de la laïcité, c’est dans l’esprit de beaucoup de maires UMP et PS s’associer la bienveillance de communautés ».

les lecteurs informent

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Contre l’enfumage, rien ne vaut une image

Et pour ceux qui penseraient à une intox du Front de Gauche, voici un des rares articles, sur le site d’Europe 1 :

http://www.europe1.fr/Municipales/Il-y-a-la-gauche-qui-pleure-et-celle-qui-rit-1926009/

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Texte collectif. Syndicalistes en grand nombre, animateurs de mouvements associatifs, acteurs très divers du monde de la culture, universitaires, responsable et élus de formations politiques de gauche, ce sont 200 personnalités qui, ensemble, ont signé cet appel et organisent une marche nationale le 12 avril prochain à Paris, de République à Nation. Une marche qui portera la colère contre l’austérité et exigera l’abandon du pacte de responsabilité, et qui portera aussi l’espoir d’un rassemblement nouveau pour des alternatives.

Nous n’en pouvons plus de voir la droite et l’extrême droite battre le pavé avec leurs cortèges de haine de l’autre, d’intolérance, de racisme, de sexisme, d’homophobie et d’intégrisme.

En France, comme dans toute l’Europe, la rigueur budgétaire et l’austérité imposées par la Commission européenne, François Hollande et le gouvernement pour satisfaire les marchés financiers nourrissent ce climat malsain. Les conséquences sont là : services publics démantelés, acquis sociaux mis à mal… Le chômage monte, la précarité s’étend, les jeunes galèrent, les salaires et les retraites sont en berne. Les inégalités se creusent tandis que les grandes entreprises versent aux actionnaires des dividendes insolents. Partout ces politiques provoquent indignation, colère et désespoir. Elles nous révoltent.

Suite de l’article et liste des signataires : http://www.humanite.fr/node/562120?IdTis=XTC-FT08-FBY9TK-DD-DMCLQ-CJH

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BANGLADESH : LES MARQUES DOIVENT INDEMNISER LES VICTIMES DU RANA PLAZA 

Bientôt un an d’attente pour les victimes du drame du Rana Plaza. L’effondrement de cet immeuble au Bangladesh a causé la mort de 1 138 personnes et a fait plus de 2000 blessé-e-s, essentiellement des ouvrières fabriquant des vêtements pour des grandes marques européennes et américaines. Les victimes et leur famille n’ont à ce jour aucune garantie qu’elles toucheront une indemnisation complète, juste et transparente, qui leur permette de reprendre une vie digne. 

Plus d’excuses : les marques doivent payer ! 

Après plusieurs mois de négociation, un fonds d’indemnisation des victimes du Rana Plaza a été mis en place. A ce jour, seules 10 des 28 marques identifiées au moment des faits ont confirmé publiquement leur participation au fonds d’indemnisation.

A l’approche de ce sinistre anniversaire, Peuples Solidaires et le Collectif Ethique sur l’étiquette appellent BENETTON, CARREFOUR et AUCHAN à contribuer de manière significative et dans les plus brefs délais à l’indemnisation des victimes et de leur famille !

Écrivez à Benetton, Carrefour et Auchan pour qu’elles participent au fonds d’indemnisation

 

Signez cet Appel Urgent et diffusez-le à vos contacts !

 

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Élections municipales. La gauche Nîmoise. Analyse et point de vue, celui de Claude Mazauric.

                                     La colère du mardi

Je le dirai sans phrases supplémentaires : pour le second tour des élections municipales à Nîmes, le 30 mars, je me soumettrai sans état d’âme à la décision qui sera prise par les animateurs de la liste conduite par Sylvette Fayet « Vivons Nîmes ensemble » : ils ont montré que nous devons et pouvons leur faire confiance. Dans le court délai qui nous sépare de la décision à prendre, je m’en remets à elles et eux du choix politique qui s’imposera.

Mais tout ne se résumera pas à cela.

D’abord, il faut bien mesurer le succès réel qu’a représenté pour notre liste le fait d’atteindre 12% au premier tour et d’ainsi talonner la liste conduite par la candidate hollandiste du premier tour, car ce n’est pas un résultat anodin.  Dumas et ses acolytes hollandisés subissent une vraie déroute au regard de leurs ambitions et du (faux) sondage qu’ils avaient commandé pour tenter de nous décourager : moins de la moitié du résultat attendu ! Atteindre 12 % des exprimés pour notre liste de rassemblement, alors que trois notables successifs et félons (Cavard, Boré, Bernié-Boissard), qui devaient tout de leur notoriété publique au fait d’avoir porté naguère la livrée de l’élu dit « communiste », connaissent la disqualification, c’est plus qu’une leçon de morale : une éloquente démonstration de la justesse du choix politique et stratégique que nous avons réussi à mettre en œuvre depuis 2009. Le fait que, dans ce contexte, la droite ne fasse pas mieux qu’en 2008, inspire une joie modeste.  Que l’abstention massive, ou encore le (re)gonflement du vote protestataire dont profite le parti mariniste, soient des données certes absolument préoccupantes pour l’avenir, n’invalident en rien la portée des constats précédents dont les résultats nationaux corroborent d’ailleurs la validité et montrent la pertinence. Lire la suite

La farce du non-sens

Dimanche 9 mars, alors que Le Grau du Roi affichait une affluence record pour la saison, trois pelés et une tondue essayaient de remplir le quart du tiers de la moitié de la salle Carrefour 2000 pour la présentation de la liste FN-RBM. En vain.

Tout au plus une quarantaine de personnes, dont il faut décompter la quinzaine de colistiers adverses venus pour le fun ou la curiosité.  Car l’affiche était pourtant alléchante : Gilbert Collard présentait Yvette Flaugère… ou le contraire, avec comme slogan de campagne « La force du bon sens », qui nous a d’ailleurs inspiré le titre de cet article.

Hélas, rien, pas même un tract n’avait annoncé la venue du cabotin de Gallician, qui aurait sans doute préféré se garder d’une pareille publicité s’il avait su ce qu’allait être la suite du meeting. Déjà, lors de l’annonce officielle de candidature d’Yvette Flaugère aux municipales, Gilbert Collard était arrivé avec deux heures de retard, accompagné du comique recyclé Jean Roucas. C’est dire le respect de l’orchidoclaste envers les citoyens électeurs ! Lire la suite