Le Qatar et le foot

Une fois n’est pas coutume… C’est ainsi que nous dérogerons en ce début de semaine à nos habitudes sémaphoriennes de ne pas parler de sport, ni de faire de pub. Nos lecteurs pardonneront sans doute. Et merci le Huffpost.

 

Le foot, les colombes et le silence

Les footeux qui ont vu la cérémonie d’ouverture de la coupe du monde ont pu voir l’image suivante, retransmise en direct sur toute la planète…

Puis la scène où l’on voit ces trois enfants de 13 ans, un Blanc, un Noir, un Indien, qui lâchent chacun une colombe…

Mais qui a vu que lorsqu’ils quittent le terrain, l’Indien brandit une banderole rouge sortie de sa poche avec le mot « demarcaçao » (démarcation) : allusion à la lutte des tribus indiennes pour obtenir du gouvernement brésilien qu’il délimite clairement les limites des terres indiennes qui subissent aux quatre coins du pays la pression des spéculateurs, au mépris de leurs droits. La télévision brésilienne n’a pas inclus cette image dans sa diffusion en direct. Tant pis pour les censeurs, l’image ne cartonne pas moins sur les réseaux sociaux et nous espérons aussi que vous la ferez circuler.

On peut aussi savoir que cette manifestation avait été préparée par la Comissão Guarani Yvyrupa:

« les habitants du village de Krukutu, dans la région de Parelheiros, situé au sud de Sao Paulo, s’étaient réunis au centre culturel de Kruturu, espérant que le geste de Werá Jeguaka Mirim, venu de ce village, serait retransmis dans le monde entier. « Nous avions placé tous nos espoirs dans ce garçon. Il a réussi à faire ce que nous attendions, mais personne n’a vu l’image ni au Brésil, ni dans le reste du monde, nous sommes frustrés » souligne Maros Tupa, le coordinateur du mouvement.

En parallèle, on peut aussi savoir que pendant que l’on fête la coupe et qu’on lâche trois colombes, la police réprime brutalement des manifestants qui protestent contre la vie chère, l’insuffisance et le prix des transports, et le manque de logements.

Un journaliste ajoute que pendant qu’il est au stade, 50 de ses amis ont été blessés par la police, au milieu des gaz lacrymogènes. Il rappelle aussi qu’il y a 7 ans, le gouvernement avait promis que le budget de la coupe ne comprendrait pas un centime d’argent public.En fait, l’État fédéral a finalement payé 85% des dépenses liées à la coupe, tandis que le gouvernement a accordé une exonération fiscale totale à la FIFA.

Brésil : un mondial immonde !

Un document à voir absolument concernant les différents problèmes posés aux Brésiliens par la Coupe du Monde. http://copaparaquem.com/fr/

Brésil 2014 : Nos vies valent plus que le Football !

Depuis plusieurs semaines des familles des bidonvilles de Rio de Janeiro et d’autres grandes villes brésiliennes se mobilisent contre les expulsions massives de leur logement pour les raisons de coupe du monde de football.
Il y a deux semaines, le réseau international « Active Generation » et la plateforme progressiste We Sign It ont lancé une campagne à la demande des familles expulsées pour mettre la pression sur les autorités de la FIFA, pour demander l’arrêt des expulsions et le relogement des familles expulsées.
Cette pétition a mobilisé 45000 personnes en moins d’une semaine.
Nous voulons intensifier cette campagne pour mettre la pression à la mafia du foot et ainsi forcer les media à s’y intéresser. Pour cela :
1)     Signez et faites signer tous vos amis pour ceux qui l’ont pas encore fait,
2)     Diffusez le lien de la pétition dans vos blogs, journaux, radios, tv,
3)     Diffusez le lien de la Pétition via tous les réseaux sociaux..
Nous demandons au maire de Rio Eduardo Paes, le gouverneur de l’Etat de Rio Luiz Fernando de Souza (Pezão) et au président de la FIFA Joseph Sepp Blatter d’arrêter cette honte.

S’il vous plaît signez et partagez.

A savoir : une autre pétition lancée sur la plateforme Avaaz tourne également, plus directement adressée au sieur PLATINI, Director of The UEFA.
Lien :
http://www.avaaz.org/fr/petition/Monsieur_Michel_PLATINI_Directeur_de_la_FIFA_Stopper_le_massacre_humain_et_ecologique_qui_se_deroule_au_Bresil/?tDMdFab

Sélection Sémaphores parmi la flopée d’articles, celui de Schiffer paru le 10 juin dans Agoravox, pour prendre aussi quelques réflexions d’avance sur la prochaine saloperie footbalistique au Qatar.

Brésil : un mondial immonde !

La noble loi du sport serait-elle donc en train de devenir, conformément à cet air vicié du temps présent, l’ignoble loi du marché ? Et ce, comble de cette « horreur économique » que dénonça naguère le poète Arthur Rimbaud, sans que personne ne s’en scandalise, ni même ne s’en émeuve, sinon du bout des lèvres : histoire de se faire, en guise d’insidieux mais efficace d’alibi, bonne conscience ?

On savait depuis longtemps déjà que le sport de haut niveau – celui pour lequel la compétition humaine se confond désormais avec la stratégie financière – ne jouissait guère d’une conscience sociale très développée : que les stars du foot, tels Christiano Ronaldo ou Lionel Messi, gagnent en un an, pour taper dans un ballon, ce que le commun des mortels ne gagne pas en toute une vie, en matière de salaire, ne l’a jamais vraiment dérangé. Pas même en ces temps de crise où notre chère Union Européenne, adepte de la mondialisation tous azimuts, pratique une drastique politique d’austérité, tandis qu’elle ne cesse de renflouer ses banques, à l’encontre de sa population !

Au contraire, cette flagrante injustice économique, particulièrement indécente, a toujours été justifiée, sous prétexte que la carrière d’un sportif était limitée dans le temps, par les athlètes eux-mêmes : il faut faire son business le plus vite possible, quitte à se doper quelque peu pour améliorer ses performances (un certain Lance Armstrong, champion toutes catégories de la dope, en sait quelque chose, lui qui a totalement discrédité, avec un aplomb défiant tout cynisme, une course cycliste telle que le Tour de France), avant que l’âge ne vienne altérer la condition physique.

LE MONDIAL DE LA HONTE

Mais ce que l’on savait moins, en revanche, c’est que ce même monde du sport – du moins celui, encore, de haut niveau – était également dénué, chose plus grave, de toute conscience morale. Lire la suite