EPR-Flamanville_un vrai bouyg-bouyghes

Initialement, le nouveau réacteur nucléaire devait être prêt en 2012 et coûter 3,3 milliards. Aux dernières nouvelles, le projet a été reporté à 2016 pour une somme de 8,5 milliards d’euros.

L’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) a découvert de graves dysfonctionnements sur une machine au sein du bâtiment du futur réacteur nucléaire. EDF a fait la sourde oreille jusqu’à ce que, vendredi 13 décembre, le ministère du travail lui ordonne de prendre sans plus attendre « toutes les mesures utiles pour remédier à une situation dangereuse » pour les salariés.

L’ASN a recensé 15 non-conformités sur une machine centrale du chantier, quand la Socotec, de son côté, en relève 43 ! On découvre au passage de petits détails amusants, du genre : « Les instructions figurant sur les commandes des chariots provisoires sont en anglais (…) du fait que les opérateurs chargés de commander cette machine sont de nationalité hollandaise et ne parlent pas français. »

Mais ça nous fait moins rire d’apprendre que sur 377 accidents du travail en un an, 112 accidents n’ont pas été déclarés. Et Pourquoi ? Parce que nous revoilà au cœur du problème des travailleurs détachés. Car il n’y a pas que quelques travailleurs hollandais qui ne parlent pas français, puisque les salariés étrangers sur le chantier de l’EPR sont majoritairement Roumains et Polonais, embauchés par l’intermédiaire de deux entreprises : Elco et Atlanco.

De quoi retrouver Bouygues et ses magouilles habituelles, aujourd’hui suspecté par l’Office central de lutte contre le travail illégal de « dissimulation d’activité et de salariés », « recours sciemment au travail dissimulé », « prêt illicite de main-d’œuvre », « marchandage ».

paraît qu’on appelle ça un imProglio…

Petite cerise sur le ghetto : la société d’intérim Atlanco, de droit irlandais, recrute des employés en Pologne et Roumanie pour les mettre à disposition en France tout en les rattachant à des bureaux situés à Chypre ! Les ouvriers polonais encadrés et dirigés par Bouygues n’avaient ni congés payés ni droit au chômage. Et un salaire inférieur à la convention collective française. Pas sûr qu’on vous explique tout ça sur TF1…

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Et pour continuer un peu sur le nucléaire… pas sûr que TF1 vous propose non plus d’écouter cet autre ex-président d’autorité nucléaire.

Gregory Jaczko a été, de mai 2009 à mai 2012, le président de l’autorité de sûreté nucléaire des États-Unis. Tirant les leçons de Fukushima, ses récentes déclarations sont véritablement fracassantes. Les pronucléaires américains le considèrent désormais comme un ennemi…

un appel d’offres pour 4 000 cocottes-minutes

L’association CEDRA a levé un drôle de lièvre : le centre de recherche nucléaire de Valduc (CEA) a dernièrement passé un curieux appel d’offres pour trouver 4000 cocottes-minutes afin de transporter des « matériaux sensibles ». Une pratique qui serait courante dans l’industrie nucléaire…

Les 4000 cocottes minutes du CEA de Valduc…

Petite histoire récente d’une cuisine nucléaire secrète et mortifère

Le 4 novembre 2010, on découvre, par hasard, qu’un tamis moléculaire, répertorié par erreur comme neuf par le CEA de Valduc (Centre de recherche du Commissariat à l’Énergie Atomique), a contaminé gravement un salarié d’une entreprise civile de Saint Maur des Fossés (Val de Marne) : 2 994 500 becquerels par litre dans les analyses. Le quartier est touché par une contamination irréversible (riverains, commerçants et collège). (1)

Le rapport annuel du CEA pour 2011 annonce des rejets liquides de tritium de 15 milliards de becquerels (évacués vers les sources et les rivières de la région).

En octobre 2012, le CEA de Valduc expédie par erreur 8 colis contenant des détecteurs de fumée radioactifs à l’américium 241 pour un stockage souterrain à au Centre de Stockage de Soulaines (Aube). Ils sont coulés dans le béton dans la plus parfaite illégalité suite à « une mauvaise interprétation de la classification des colis » par le CEA de Valduc. (2)

Aujourd’hui ce sont 4000 cocottes-minutes qui sont destinées au transport ou au stockage (informations contradictoires de la direction de Valduc) de matériaux radioactifs. Ce marché (3) n’est pas soumis au code des marchés publics.
lire l’appel d’offre

Jamais de problème puisque le CEA de Valduc, ses activités, ses erreurs sont protégées par le secret défense.

Le Réseau Sortir du Nucléaire dénonce le mépris le plus absolu adopté systématiquement par l’industrie nucléaire militaire et civile vis-à-vis de l’environnement et de la santé des riverains de ses installations.

1- http://groupes.sortirdunucleaire.org/Saint-Maur-des-Fosses

2- http://groupes.sortirdunucleaire.org/France-CSA-colis

3- http://ted.europa.eu/udl?uri=TED:NOTICE:214244-2013:TEXT:FR:HTML&src=0

par ailleurs mais dans le même registre :

Des niveaux de radioactivité très élevés, jusqu’à 1 800 millisieverts par heure (mSv/h), ont été détectés sur le site nucléaire de Fukushima Daiichi, au cours d’une série de contrôles effectués le 31 août sur les réservoirs de stockage par Tepco, l’exploitant de la centrale. Une personne exposée sans protection à 1 800 mSv/h pendant quatre heures risque une irradiation mortelle.

des nouvelles de Fukushima

Du césium dans l’eau souterraine à Fukushima

Tepco, l’exploitant de la centrale de Fukushima, a découvert du césium radioactif dans l’eau souterraine sur le site de l’installation. L’opérateur avait initialement annoncé que cette eau était très peu contaminée, et exempte de césium. Tepco projetait de pomper l’eau pour la rejeter dans l’océan. De nouvelles mesures plus précises ont montré la présence d’un faible niveau de césium (0,61 becquerel par litre). Bien que cette contamination reste modérée, la nouvelle erreur de Tepco a provoqué la fureur des pêcheurs, qui s’opposent au projet de rejet de l’eau dans l’océan. L’eau du sous-sol continue de s’infiltrer dans les bâtiments de la centrale, déjà submergés d’eau contaminée. Le pompage à l’extérieur reste pour l’instant la seule solution connue pour contrôler cette quantité d’eau de plus en plus ingérable.

La piscine de Fukushima fait trembler le monde

« Si le bassin du réacteur numéro quatre devait s’effondrer, les émissions de matière radioactive seraient énormes : une estimation prudente donne une radioactivité équivalente à 5000 fois la bombe nucléaire de Hiroshima. »

Ces propos d’un spécialiste japonais font froid dans le dos. Rapportés par Le Nouvel Observateur, ils font écho à plusieurs articles parus ces derniers jours après le cri d’alarme lancé par des scientifiques.

Cette piscine couverte d’une simple bâche plastique contient 1500 barres de combustible nucléaire. Soit 264 tonnes. Le « pire legs de la catastrophe du 11 mars 2011 », assure Le Figaro, citant des experts.

Le bassin en question fait onze mètres de profondeur. Juché à trente mètre du sol sur le bâtiment très abîmé du réacteur 4, il sert à refroidir le combustible issu de la fission nucléaire avant son retraitement. Tepco, l’opérateur de la centrale, assure avoir renforcé le bâtiment qui le supporte. Et ne prévoit pas de commencer à retirer les barres avant l’an prochain.

Tchernobyl fois dix

A ce stade, la piscine reste pleine d’eau. Environ un million de litres. Mais un nouveau séisme, un second tsunami, une violente tornade changeraient la donne.

A l’air libre, les barres chaufferaient sans pouvoir être freinées. Elles dégageraient dans l’atmosphère au moins dix fois plus de radioactivité qu’après Tchernobyl, selon les scientifiques.

D’autant plus inquiétant que cet été, les choses ont failli mal tourner. Le système de refroidissement tombé en panne, l’eau a commencé à chauffer, indique La Libre Belgique. Elle aurait pu bouillir et disparaître. Heureusement, la situation a pu être rétablie.

source principale : http://www.agoravox.tv/tribune-libre/article/fukushima-la-catastrophe-en-cours-38226

Par ailleurs, le réseau Sortir du Nucléaire conseille de faire tourner la vidéo suivante. Elle concerne le retraitement des déchets nucléaires, un sujet important et cependant pas assez débattu dans l’opinion publique. Par manque d’info ?

Dernier point sur le nucléaire

Si les rejets des installations nucléaires ne sont pas sans nous préoccuper, qu’en est-il des 2053 explosions nucléaires qui ont eu lieu dans le monde depuis 1945 et dont les retombées sont toujours présentes dans l’atmosphère.
Afin que chacun puisse s’en faire une idée, le réseau Sortir du Nucléaire nous propose une petite animation de 14 minutes réalisée par l’artiste japonais Isao Hashimoto.
Ouvrez le son et visionnez jusqu’au bout, c’est aussi hallucinant qu’édifiant ! Et faites circulez cette vidéo auprès des irréductibles qui n’ont pas encore compris absurdité de la course à la bombe.

Et puis ce titre, déjà signalé par quelques médias :

Mutations chez les papillons de Fukushima : quelles conclusions en tirer ?

Il faut absolument lire cet entretien avec Michel Fernex, professeur émérite de médecine et spécialiste des impacts sanitaires des radiations

« Il est temps de cesser de mentir. Il faut reconnaître le danger que représentent les problèmes génétiques qui vont s’amplifier ».

http://groupes.sortirdunucleaire.org/Entretien-Michel-Fernex

Et un dernier point en provenance de Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France. Source Mediapart le 24 août 2012.

François Hollande veut ramener la part du nucléaire à 50 % dans la production nucléaire en 2025, contre 75 % aujourd’hui. Or comme le note Yves Marignac, en 2027, 80 % des réacteurs français auront dépassé 40 ans et devront donc faire l’objet soit de lourds investissements d’entretien, soit d’une décision d’arrêt pour cause de vieillesse. Comment comprenez-vous la position du chef de l’Etat ?

On ne la comprend pas. On lui a dit à plusieurs reprises que l’équation qu’il annonce ne tient pas. Nous avons rencontré les équipes de Matignon et de l’Élysée : personne au sein du gouvernement ne sait dire comment concrètement va se passer cette réduction à 50 %. Quelles centrales vont être fermées ? Poursuivies ? Combien de temps ? Il n’y a pas de scénario prévu. Sur la fermeture de Fessenheim, il n’y a pas non plus de visibilité. Or il faut trois ans pour fermer une centrale, ça va aller vite.

Le scénario sur la table, c’est la fermeture de deux réacteurs d’ici à 2017, et ensuite de tous les autres concernés par la réduction à 50 %. Ce calendrier est-il réaliste ?

Non. Ou alors il faut s’y mettre tout de suite et prendre des mesures drastiques. Il faut évaluer les besoins et les consommations sinon ce n’est pas crédible. Sans compter le démarrage de l’EPR de Flamanville qui va intervenir on ne sait quand et qui va bousculer cette équation…Cette centrale est totalement absurde. Il n’y a aucune justification à la construction de ces nouveaux réacteurs. Il est complètement paradoxal d’avoir un chef d’Etat qui annonce vouloir lancer un vrai mouvement vers une réduction de nucléaire, et qui construit une nouvelle centrale dont on n’a pas besoin. Cela ne rime à rien.

Il n’y a pas de message clair. Aujourd’hui, face à cela, on est à la fois dans l’expectative et l’insatisfaction. Si François Hollande continue dans cette direction, il va réussir à se mettre à dos en quelques mois les organisations de défense de l’environnement mais aussi les industriels, et les populations locales.

info du réseau Sortir du Nucléaire

Nouveau : tout savoir sur les accidents nucléaires dans le monde !

Les médias ne parlent quasiment jamais des incidents et accidents nucléaires qui surviennent régulièrement sur tous les continents. Le réseau « Sortir du Nucléaire » met désormais à notre disposition une carte interactive pour nous informer sur ces événements, dans le monde entier. Cette nouvelle section du site ne couvre pour l’instant que la période postérieure à Fukushima ; elle sera bien sûr complétée au fil du temps !

Savez vous que seulement depuis la catastrophe de Fukushima on répertorie déjà 84 incidents survenus dans les centrales ? Ceux qui prônent toujours la « sûreté » nucléaire devraient s’informer mieux. Un simple clic sur le lien suivant vous montrera que la France n’est pas plus à l’abri des erreurs humaines et des faiblesses techniques, même si on ne vous en parle pas au journal télévisé.

> Quels sont les 84 événements survenus depuis Fukushima ?