dossier TRANSHUMANISME_volet 3/3

Pour partie, ce troisième volet ne se rattache qu’indirectement au transhumanisme mais il se propose de faire le point sur d’autres aspects de la politique googolienne, vue à travers la presse française récente. Mais auparavant, faisons un petit retour en arrière pour comprendre quelle est précisément la position française vis-à-vis du géant.

Le 29 octobre 2012, le président de Google Éric Schmidt débarque en France pour évaluer la situation. Il est reçu à l’Élysée par François Hollande. L’un des objectifs est d’instaurer un « droit voisin » au droit d’auteur, qui permettrait aux éditeurs de presse de réclamer une rémunération aux moteurs reprenant leurs articles. Cette « lex Google », telle qu’elle est surnommée par ses adversaires, bénéficie du soutien de la ministre de la culture de l’époque, Aurélie Filippetti.


Conférence de presse avec M. Eric SCHMIDT… par elysee

Nous n’allons pas reprendre le long article de Dan Israel (Mediapart, Comment la presse française a fondu face à Google), plus particulièrement axé sur l’immixtion de Google dans la presse (et pas seulement française), mais y relever tout de même quelques éléments qui devraient susciter plus d’inquiétude que de béatitude.

« Lors d’une rencontre spécialisée, le Forum de Tokyo le 2 décembre 2014, la secrétaire d’État au numérique (Axelle Lemaire), a appelé à passer du siècle du dadaïsme à celui du « dataïsme ». A l’image de cette formule plutôt incompréhensible, les pouvoirs publics ne savent pour l’heure pas sur quel pied danser face à cette immixtion du géant numérique dans tous les secteurs de la société. Ce n’est pas l’omniprésence brutale et despotique de Big Brother, non. Mais comme dans la fable prophétique de George Orwell, le triomphe du soft power de Google n’est envisageable que grâce à l’acceptation tacite de ses règles par ceux à qui il s’impose. Voire à leur franche et volontaire soumission à ce si doux règne.

A l’aune de ce cas d’école, il est nécessaire de lire l’ouvrage écrit par Eric Schmidt, le patron de Google, et Jared Cohen, le directeur de Google Ideas, intitulé The New Digital Age. Cet ouvrage, presque intégralement écrit au futur, décrit, dixit les auteurs des États-Unis de Google, « une utopie politique qui se distingue de presque toutes les autres utopies politiques jusqu’alors connues en ce qu’elle est prétendument apolitique. L’État, le gouvernement, le Parlement ? Ils ne jouent, dans cette utopie, qu’un tout petit rôle. Remplacés par quelque chose qui, d’après les deux hommes, est plus puissant, plus fiable, plus rapide – quelque chose de mieux, en somme, que la politique telle qu’on la connaît. Ils sont remplacés par la technique ».

Pourtant, comme l’écrivent les auteurs de United States of Google : « Aujourd’hui déjà, Google est plus puissante que tous les autres groupements industriels de la planète. C’est une puissance mondiale. Une puissance mondiale qui n’est représentée sur aucun atlas. Une puissance mondiale sans frontières. Une puissance mondiale à laquelle nous sommes pourtant déjà liés avec de grandes angoisses et de grands espoirs. Assurément, Google ne possède ni porte-avions, ni police, ni tribunaux, ni prisons. Seuls les États traditionnels ont ce genre de choses. Google n’écrit aucune loi. Et pourtant Google a du pouvoir, beaucoup de pouvoir. Car Google formule d’autres règles, qui régissent nos vies : du code informatique. »

Ajoutons à l’article de Dan Israel que si Google formule en effet d’autres règles, il le fait avec une force de frappe financière capable d’apaiser les voix les plus discordantes.

Signalons aussi, pour rester sur le sujet, cet autre texte (accès gratuit) d’Adrienne Charmet-Alix : Google, le rêve de vivre sans État
« l’entreprise met en cause les mécanismes politiques traditionnels – et se différencie aussitôt de la plupart des autres entreprises en ce qu’elle ne veut pas simplement voir grimper son chiffre d’affaire, accroître la valeur de ses actions, maximiser ses profits. Google veut bien plus que cela. Google veut diffuser une idéologie. »
« Google et de manière plus générale les grands services de l’Internet (le plus souvent californiens) sont en train de prendre, sans qu’on s’en rende compte, la place de l’État, des États, dans la gestion quotidienne de nos droits et libertés. Cette évolution quasiment invisible s’est faite avec l’assentiment tacite (parce que l’enjeu est incompris) des citoyens-internautes-clients, et avec la complicité aveugle des gouvernements qui, par manque de vision politique, ont cédé chaque jour davantage de terrain en croyant y trouver leur intérêt. Si, en moins de vingt ans, une entreprise comme Google a pu prendre une place aussi gigantesque dans le cœur même des usages et des infrastructures numériques, c’est qu’elle a su maîtriser son développement sur tous les fronts.

À lire ici : http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/300715/google-le-reve-de-vivre-sans etat?utm_campaign=2868127&utm_medium=email&utm_source=Emailvision

google deleteEnfin ce volet ne serait pas complet sans rendre compte du litige actuel qui oppose la CNIL à Google sur le sujet du droit à l’oubli. En effet, le moteur de recherche refuse l’injonction de la Commission nationale de l’informatique et des libertés d’étendre le «droit à l’oubli» à l’extension .com.

Google dit non à la Cnil. Le moteur de recherche a annoncé qu’il refusait de se mettre totalement en conformité, arguant que l’instance française n’était pas compétente «pour contrôler» les informations accessibles à travers le monde.
«Nous respectons la position de la CNIL mais nous contestons par principe l’idée qu’une agence nationale de protection des données personnelles revendique une autorité à l’échelle mondiale pour contrôler les informations auxquelles ont accès les internautes à travers le monde», indique Google dans son billet. Article AFP à lire dans Libé : http://www.liberation.fr/societe/2015/07/30/google-refuse-le-droit-a-l-oubli-impose-par-la-cnil_1356543

Rappel pour qui aurait manqué le début : depuis le mois de mai 2014, et la publication d’un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), les internautes européens peuvent faire jouer leur « droit à l’oubli », ou plutôt droit au déréférencement.
En juin 2015, la Cnil avait mis en demeure Google de déréférencer les contenus sur toutes les versions du site, et pas uniquement sur les versions européennes, sous peine d’une amende pouvant aller jusqu’à 1,5 millions d’euros, rappelle Next Inpact. Pour la Cnil, les différentes extensions ne représentent que des « chemins d’accès » différents à un seul et même « traitement » des données. Le fait que des informations supprimées de certaines versions du moteur de recherche soient toujours accessibles sur d’autres est donc un manquement à la jurisprudence européenne, selon la commission.

La CNIL menace aujourd’hui d’une amende de 150 000 euros. On est sérieux, là ?

google341M

Mais on peut savoir par ailleurs que le droit à l’oubli ne fait pas l’unanimité même en France, l’occasion de glaner l’avis du même Laurent Alexandre présenté dans les volets précédents et de revenir à ce transhumanisme qui n’est pas la branche la plus glorieuse soutenue par la firme de Mountain View.

Comment l’innovation numérique va contrôler l’humanité

Interview par Stéphane SOUMIER, journaliste BFM

Bonus sémaphorien. Pour la petite histoire, ce dossier consacré à Google et au transhumanisme est né de la vision d’un documentaire coproduit par Arte et Cinétévé en 2012, réalisé par Philippe Borrel sur une idée originale de Noël Mamère. Ce film de 52 mn, « Un monde sans humains », n’est plus rediffusé et Arte ne propose qu’un lien pour se procurer le DVD (http://www.arte.tv/fr/un-monde-sans-humains/6968786,CmC=6968904.html ). Nous ne pouvons le diffuser dans ces pages pour des questions de droits mais nous ne doutons pas qu’il soit régulièrement visible sur Youtube sous le même titre « Un monde sans humains ».

Pour notre part, nous préférons conclure avec cette vidéo de notre ami et écrivain Alain Damasio, lors de son passage à Ted-X Paris, c’était le 6 octobre 2014. Avec un titre tel que« Très humain plutôt que transhumain », pas de doute, ça nous ressemble plus.

 

dossier TRANSHUMANISME_volet 2/3

L’homme modifié

Ray Kurzweil

Ray Kurzweil

Une espèce « nouvelle » arrive dans le monde ! Moitié homme, moitié robot ! Ray Kurzweil (qui prévoit de « ressusciter son père ») est un ingénieur informaticien et futurologue embauché par Google. Il annonce que l’homme qui arrive « sur le marché » sera de moins en moins biologique car « bourré » de composants électroniques. D’autres annoncent déjà que « nous serons comme des Dieux » puisque nous serons capables de connaître les pensées de n’importe quelle personne située dans n’importe quel endroit du monde.

cit diamandis Ces déclarations sont dans la droite ligne du mouvement « transhumaniste », un mouvement qui souhaite « améliorer » l’homme grâce à la technologie et pourquoi pas, le rendre immortel…

 

 

Le transhumanisme, une question qui divise

Reportage de l’AlterJT du 28/05/2015

cit warwickCertains ont d’ores et déjà choisi de ne pas devenir ces chimpanzés du futur, et de le faire savoir haut et fort, de préférence au bon endroit. La vidéo qui suit présente le double avantage de nous faire connaître quelques-uns des principaux acteurs français impliqués dans ce secteur de la recherche en génétique, et celui de témoigner des résistances qui se mettent en place.
Ne nous cachons pas que ces dernières peuvent sembler bien faibles en regard du mastodonte à affronter, mais l’objectif est d’abord de susciter un débat trop largement absent alors que les questions politiques, philosophiques et sociétales qui se posent sont essentielles. Peut-être est-il encore temps de se poser la question « Dans quel monde voulons-nous vivre ? », mais pour gagner du temps il vaudrait mieux commencer par « Les robots prendront-ils au sérieux la lutte des classes ? ». Autrement dit, pour autant qu’il soit nécessaire de prioriser certains combats, la vitesse de progression de l’intelligence artificielle alliée à d’autres avancées technologiques risque de prendre de court bien des combattants contre ceci ou pour cela.

La révolte des chimpanzés du futur

 

La révolte des chimpanzés du futur from camille.ludd on Vimeo.

L’Appel des Chimpanzés du futur et bien d’autres infos se trouvent sur le site de Pièces et main d’œuvre : http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=543

Bonus pour celle et ceux qui ont plus de temps à consacrer au sujet…
L’occasion de revenir vers Laurent Alexandre à travers une autre de ses conférences. Loin de défendre l’abomination transhumaniste, il n’est pas moins grand défenseur des nouvelles technologies, ici sous l’angle (libéral oblige et il ne s’en cache pas) de l’économie française et/ou européenne.
« Qu’attendons-nous pour grimper dans ce train pendant qu’il est encore temps ? ». La France en a-t-elle les moyens, la volonté politique ? Y a-t-elle seulement réfléchi ? D’après Laurent Alexandre, dans un pays où le président de la République n’a pas d’ordinateur sur son bureau… la réponse est non.
Pour nous, il n’est pas interdit de penser « Tant mieux ! »

L’économie face aux révolutions technologiques
Laurent Alexandre – Nicolas Bouzou – Laurent David – Serge Héripel – Bernard Ravenne
France Gestion & France Gestion Professions Libérales

À suivre…
Prochain volet : Et les politiques et les philosophes dans tout ça ?

Unknown-37

dossier TRANSHUMANISME_volet 1/3

Sémaphores va aussi réduire ses mises à jour durant cette période vacancière d’août, mais il est certains fers qu’il faut battre tandis qu’ils sont encore chauds, et voici donc le premier volet de notre dossier consacré à cette idéologie transhumaniste que certains nous annoncent inévitable.

Kézaco ?

Julian Huxley

Julian Huxley

Pour la petite histoire, on doit le terme «transhumanisme» à Julian Huxley, frère d’Aldous Huxley (L’auteur en 1932 du roman de science-fiction Le meilleur des mondes). Julian était biologiste et théoricien de l’eugénisme dans les années 1930.

Pour ce qui est de notre époque, force est de constater que, seulement dix ans en arrière, le sujet était quasiment tabou et les premiers alerteurs traités de «complotistes» ou «catastrophistes». En 2015, un journal comme Les Échos peut annoncer que «L’ère de l’homme augmenté a débuté» sans heurter personne.
De son côté, Le Monde offre à cette idéologie une chronique hebdomadaire signée Laurent Alexandre –sans que cela émeuve quiconque (enfin presque). Le transhumanisme ne semble plus aujourd’hui qu’une option à discuter parmi d’autres. Quant à la population… que chacun interroge son entourage pour savoir ce qu’il pense du transhumanisme, c’est la meilleure façon de mesurer le vide sidéral sur le sujet, à un moment où il est plus qu’urgent de s’y intéresser si l’on souhaite arrêter les ennemis de l’humain.

Or, cette dernière semaine de juillet, voilà que de gros titres pleuvent comme autant de sonnettes d’alarme, depuis l’Humanité qui nous invite à voir de plus près « Le futur que Google nous prépare », jusqu’à Mediapart qui se fend d’un long article (nous y reviendrons) où l’on découvre à quel point la presse française ne doit plus qu’à son financement par Google d’être encore debout. Peut-être faut-il dire merci au géant américain (plutôt géant planétaire), mais sans doute faut-il y réfléchir par deux fois avant d’applaudir.

Bienvenue à Gattaca

schmidt google À lire dans l’article de l’Huma, découvrons d’abord que « Éric Schmidt, le PDG de Google, ne se présente pas comme dirigeant d’entreprise. Il ne parle pas business, mais révolution et vision du monde. Son avant-dernier livre, The New Digital Age, se conclut ainsi : « Notre ambition est de créer le meilleur des mondes. » Et Google ne se contente pas de paraphraser Aldous Huxley. Il se donne aussi les moyens de sa puissance. Avec, tout d’abord, une assise économique phénoménale. Un trésor de guerre de près de 60 milliards de dollars, placés bien au chaud aux Bermudes, et des ressources abyssales issues de son quasi-monopole de la publicité sur Internet avec ses régies Adword et Adsense. Mais ce n’est là qu’une partie de son activité. L’entreprise est perpétuellement dans une logique de création et de conquête. Grossir toujours. Alors Google crée et détruit à coups d’innovation technologique. Ces dernières années, l’entreprise a investi massivement dans la santé, la robotique, l’intelligence artificielle, la culture et même l’automobile… »

Chez Mediapart, on conclura pareillement que « Google ne cherche pas à dominer le monde, il veut en créer un nouveau ». « Aux yeux de Google, les États sont dépassés et incapables d’affronter les défis du XXIe siècle, que ce soit le réchauffement climatique ou l’accès à la santé. Les algorithmes de Google en seraient, eux, capables. Et le géant américain a déjà commencé à organiser son propre approvisionnement en énergie renouvelable, à tirer ses propres câbles de communication sous les océans ou à tester une voiture sans conducteur qui nous débarrasserait des fléaux des accidents de la route et des insuffisantes régulations étatiques en matière de sécurité routière. »

En effet, chez les libertariens et chez Google en particulier, domine la croyance que l’humain est fondamentalement imparfait. Trop déterminés par les impulsions et les passions, les hommes ne sont pas objectifs. Il faut ainsi compter sur la science et la technologie pour les améliorer. Par le transhumanisme d’un côté et la volonté de combattre la mort, mais aussi en faisant mieux que l’humain, grâce à la technologie. « Quel que soit le problème rencontré, que ce soit un grand challenge pour l’humanité ou un problème très personnel, il y a une idée, une technologie qui attend d’être découverte pour le résoudre », assurait au Time Magazine Ray Kurzweil, l’ingénieur en chef de Google. Le principe de la Google Car, voiture automatisée qui circule déjà aux États-Unis, est, par exemple, de remplacer le principal facteur de risque d’accidents de voiture – le conducteur – par une machine, supposée bien plus fiable. Éric Schmidt le confirme : « Votre voiture doit se conduire toute seule, il est impensable de laisser des humains conduire. C’est un “bug” que les voitures aient été inventées avant les ordinateurs.»

Mais il faut bien voir que le champ d’application de Google ne s’arrête pas, et tant s’en faut, à de bons sentiments en matière de circulation routière et d’aide à la presse pour maintenir sa pluralité. Il est donc l’heure de parler des NBIC, en tout cas, pour commencer dans ce vaste sujet, d’écouter Laurent Alexandre. C’était en 2012, lors de sa présentation à Ted-X-Paris, le sujet était « Le recul de la mort – l’immortalité à brève échéance ? »

L’année dernière (2014) sur Europe 1, dans les grands débats d’Europe Soir, le même Laurent Alexandre était reçu par Nicolas Poincaré, ainsi qu’Ariel Kyrou et Jean-François Lemoine, pour apporter ou pas la contradiction.

 

À suivre…
Prochain épisode : La révolte des chimpanzés du futur.

Quand l’ordinateur commence à rêver…

De Rue89 au Monde, en passant par Arrêt sur Image, bon nombre de sites français en ont parlé depuis une quinzaine de jours, et ce sera un coup-de-cœur visuel comme on les aime bien à Sémaphores.
Il s’agit des recherches de Google à propos de la reconnaissance de formes dans les images. C’est ainsi que les machines apprennent à reconnaître des objets… qui n’existent pas !

Le moteur de recherche d’images inversé de Google est capable de reconnaître des formes simples telles que la Tour Eiffel ou des visages de célébrités. Mais les ingénieurs de Google ne s’arrêtent pas là, ils entraînent leurs machines à repérer des formes beaucoup plus complexes et pour l’instant, cela donne lieu à des résultats pour le moins étranges.
Prenons le cas d’une photo de nuages, soumise à une intelligence artificielle spécialisée dans la reconnaissance d’animaux. Voici l’image de départ, de simples nuages :

nuagesEt voici une des interprétations que peut en faire la machine :

nuages2Si l’on zoome sur les détails… commence tout un monde étrangement fantastique…

poissonloupescargotSur des images de départ différentes, le résultat peut aboutir à de bien surprenants effets… à tel point qu’on pourrait les croire issus de l’imagination débridée d’illustrateurs… humains.

vehiculechiengoogle_5Pour en voir plus et comprendre comment ça fonctionne, rendez-vous sur Rue89
http://rue89.nouvelobs.com/rue89-culture/2015/06/22/voit-ordinateur-quand-reve-259888

 

Big Brother is toujours watching you !

Pourquoi est-ce si important d’assurer la protection de nos données personnelles ? deuxième volet.

Les internautes qui se sont récemment connectés sur le site « 20 minutes », ce n’est qu’un exemple, ont pu tomber sur le message suivant avant d’accéder à leurs infos : « 20minutes.fr souhaite avoir accès à la position géographique de votre ordinateur.» Bien sûr on peut, pour l’instant encore, décliner la demande, mais il serait mieux de se demander pourquoi de plus en plus d’annonceurs veulent absolument nous géo-localiser. Pour mieux cibler les publicités que vous recevrez ensuite ? C’est la réponse la plus courante pour l’instant. C’est en tout cas à ces fins que certaines boites établissent déjà les trajets habituels de ceux qui ont un Smartphone, à leur insu, et savent devant quelle vitrine ils s’arrêtent souvent…

Mais dans cette vaste toile d’araignée qu’est devenu l’Internet, dans cet univers de clouds où toutes les données sont stockées,croisées et analysées, qui peut dire que la pub restera longtemps le seul critère d’en savoir un maximum sur vous. Faisons une petite expérience.

Imaginez que Sémaphores soit en fait un repaire de hackers qui profite de vos connections pour récupérer vos contacts, localiser votre adresse IP (votre connexion) et donc savoir au passage qui est votre fournisseur d’accès et le serveur dont vous dépendez, voire vous géo-localiser pour savoir où vous habitez, etc. Tout peut servir dans un monde où tout se monnaye désormais. D’ailleurs, votre adresse IP n’a déjà plus de secret pour personne. La preuve ? Lire la suite