La république aquatique de Hollande

mis à jour 28 août

 Nul ne pourra dire que François Hollande est un président qui ne se mouille pas. Ainsi avait-il déjà donné le ton dès le début du quinquennat, n’hésitant même pas à s’attirer la foudre pour aller rendre visite à la voisine Angela. C’est dans cette humide continuité que se déroule la suite des aventures du capitaine tout terrain, qui n’hésite pas à passer du pédalo flottant dans la tempête au Titanic sombrant dans les glaces de l’austérité.

Est-ce d’ailleurs ladite austérité qui fait qu’il n’y a même pas un parapluie pour abriter le président sur un haut lieu de commémoration ? La question s’est largement posée dans la presse internationale, d’autant qu’on imagine mal Angela ou Barak discourir sans protection sous une pluie battante. Mais François est un battant, lui. Ce ne sont pas trois gouttes qui le feront renoncer à… à… à quoi, au fait ? Aux engagements pris devant le peuple cocufié de France ?

Hier, Mediapart chapeautait un article en disant : « Arnaud Montebourg remplacé par Emmanuel Macron: c’est le grand symbole du remaniement ». Sont gentils, à Mediapart, de ne voir qu’un remaniement quand il s’agit de la phase finale du reniement.

 » Mon véritable partenaire a un nom, Macron, un visage, un parti, celui de l’argent. Il ne présentera jamais sa candidature et pourtant il gouverne. Ce partenaire, c’est le monde de la finance  » 

Bref. Pour ceux que ça intéresse voici la liste des remaniés. Fin du pédalo et du Titanic, nous passons au radeau de la Méduse. Comme aurait dit Victor Hugo : « Un aveugle en vigie, un manchot à la barre… » Bon vent, les Français !

Les ministres

Laurent Fabius (affaires étrangères)              Ségolène Royal (écologie)

Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’éducation et de l’enseignement supérieur

Christiane Taubira (garde des sceaux)      Michel Sapin (finances et comptes publics)

Jean-Yves Le Drian (défense)

Marisol Touraine (santé, affaires sociales, elle récupère les droits des femmes)

François Rebsamen (travail)     Bernard Cazeneuve (intérieur)

Stéphane Le Foll (agriculture et porte-parolat)

Emmanuel Macron (économie, industrie et numérique)

Sylvia Pinel (logement)     Marylise Lebranchu (décentralisation et fonction publique)

Fleur Pellerin (culture)     Patrick Kanner (ville, jeunesse et sports)

George-Pau Langevin (outre-mer)

Les secrétaires d’État

Geneviève Fioraso (enseignement supérieur et recherche)

Harlem Désir (affaires européennes)  Annick Girardin (développement et francophonie)

Thierry Mandon (réforme de l’État et simplification)   Axelle Lemaire (numérique)

Kader Arif (anciens combattants et mémoire)   Alain Vidalies (transports)

Thierry Braillard (sports)

Ségolène Neuville (personnes handicapées et lutte contre l’exclusion)

Laurence Rossignol (famille, personnes âgées et autonomie)

Pascale Boistard (droits des femmes)    Myriam el-Khomri (ville)

Christian Eckert (budget)    Thomas Thévenoud (commerce extérieur)

Carole Delga (commerce et artisanat)    André Vallini (réforme territoriale)

Jean-Marie Le Guen (relations avec le Parlement)

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Les insubmersibles: Emmanuel Macron par lepartidegauche

au fil des blogs :

par POL

Les banquiers, les financiers, les entreprises vont continuer à spéculer pour faire des profits au détriment des hommes et de la nature. La croissance ne reviendra pas… Et il pleut avec insistance. Il pleut et cette pluie nous dit simplement que le dérèglement climatique est bien installé. Il va pleuvoir plus, là où il pleuvait déjà, puis ces pluies deviendront plus violentes encore. Plus d’inondation, de glissement de terrain, de catastrophe. Ailleurs la sécheresse. Bientôt des ouragans, des tornades. Cela vient si lentement que nous sommes comme la fameuse grenouille qui ne sent pas que l’eau se réchauffe autour d’elle et qui mourra ébouillantée. Comme il a tort le Président – il a tort sur à peu près tout – de dire « Ce n’est pas l’intempérie que nous redoutons le plus ». Il devrait trembler, trembler pour son image d’homme trempé et déconfit, trembler pour ce qu’il laissera comme trace dans l’histoire. L’empreinte d’un petit politicien qui ne se préoccupe de rien d’important, dont le logiciel remonte à 1983 quand le néolibéralisme triomphait. Mais la modernité maintenant – si ce mot dégoûtant sert à quelque chose – c’est de se rendre compte que le dérèglement climatique va nous coûter très cher, que la mer monte et va engloutir toutes les côtes, que le pergélisol fond et laisse sortir par de grands effondrements le méthane jusqu’ici piégé dans la glace… Il devrait avoir peur, le Président, du ciel qui lui tombe sur la tête et apprendre, comprendre que la sixième extinction a commencé depuis longtemps… Mais aujourd’hui, elle pointe dans l’image. L’image ne ment pas. La pluie tombe Nous avons un besoin urgent d’une politique écologique, c’est vital. Est-ce qu’Emmanuel Macron ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, a appris ce que c’est que le pergélisol ? En tout cas, ils vont faire une politique qui ne fera pas tomber la pluie normalement. François Hollande, un Président normal, il ne fait pas la politique pour lequel il a été élu, normal diront les gens qui pensent que tous les hommes politiques sont pourris. Moi personnellement je ne crois pas cela, c’est le temps qui est pourri… Il serait temps de changer de politique qui nous mène à la catastrophe… Il pleut. Peut-être qu’ils ne feront pas la photo traditionnelle du nouveau gouvernement sur le perron, il risque de pleuvoir.

http://blogs.mediapart.fr/blog/pol/270814/un-temps-pourri

par Patrick Rodel

Le hasard me met sous les yeux un texte de Guillemin qui vient de La capitulation de Paris. C’est un texte qui date de 1960. Guillemin y parle du gouvernement des Jules, ce fameux gouvernement de défense nationale, gouvernement républicain. « Ces “ hommes de gauche ”, depuis qu’ils sont au pouvoir, passent leur temps à donner des gages à la droite. On les voit affamés d’obtenir la considération des milieux où ils se sentaient, jusqu’ici méprisés. A se renier comme ils le font pour séduire la société élégante, ils ne gagnent rien du reste. On les emploie, mais avec un sourire où la condescendance se mêle au dégoût. »

A quoi j’ajoute un passage de Mauriac, dans un Bloc-notes de 1956 : « Qu’est-ce qu’un ministère socialiste ? Nous le savons aujourd’hui : c’est un ministère qui exécute les besognes que le pays ne souffrirait pas d’un gouvernement de droite. »

Avec quelques retouches de vocabulaire, on croirait que l’un et l’autre parlent de la situation dans laquelle nous sommes. Quelle misère que nous soyons à ce point oublieux de notre histoire que nous retombions, chaque fois, dans les mêmes pièges !

Jean Jaurès_la compil sémaphorienne

Jean Jaurès est mort assassiné par l’ultra-nationaliste Villain le 31 août 1914 au Café du Croissant à Paris. Ce mort que chanta Jacques Brel fut le premier de la boucherie de la Première guerre mondiale dont on célèbre le centenaire.

Si d’une certaine manière ce centenaire est aussi le sien, n’en déplaise aux nombreux politiques qui se l’approprient un peu hâtivement, sa trajectoire est tout à fait rétive à l’embaumement, eût-il été canonisé au Panthéon. Car cet homme, pragmatique et intellectuel, aimait ardemment la vie et avait la passion du présent chevillée au corps, c’est-à-dire celle de l’histoire en train de se faire, avec la justice et l’égalité sociale comme credo.

Article intéressant du journal César ici : http://blogs.mediapart.fr/blog/journal-cesar/290714/jean-jaures-penseur-de-lemancipation

 

Henri Guillemin, auteur de “L’arrière-pensée de Jaurès” (1966), évoque le penseur socialiste pour la télévision suisse romande en 1972.
Montage d’Antoine Perraud pour Mediapart.


Henri Guillemin : l’idéalisme jaurésien par Mediapart

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Lorsqu’il y a 110 ans Jean Jaurès fonde l’Humanité, il a pour ambition de « donner à toutes les intelligences libres le moyen de comprendre et de juger elles-mêmes les événements du monde »(1). Pour cela, il fait de l’indépendance de son journal une nécessité. « Faire vivre un grand journal sans qu’il soit à la merci d’autre groupe d’affaires, est un problème difficile mais non pas insoluble »(2). En effet, à l’époque comme aujourd’hui, l’ingérence politique et financière dans la presse est considérable. A de nombreuses reprises, à travers discours et articles, Jaurès va s’efforcer de la dénoncer et de promouvoir une information libre de toute pression.

Extrait de l’article de Mathieu Lépine publié le13 Juillet 2014, à retrouver ici : (http://www.lepartidegauche.fr/)

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France. 2009 Vidéo clip du groupe ZEBDA. Produit par la Conseil Régional de Midi Pyrénées. 9 mn 50.


ZEBDA. POURQUOI ONT-ILS TUE JAURES ? 9mn. par sergelesbre

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De Napoléon à Hollande en passant par De Gaulle…

De Napoléon à Hollande en passant par De Gaulle : une petite histoire de la Banque de France

Chauvinisme ou parti-pris, les français qui aiment qu’on leur raconte les histoires de l’Histoire connaissent bien plus Alain Decaux qu’Henri Guillemin. S’il n’est guère possible de nier l’immense talent du premier, il serait dommage de bouder l’érudition et le franc-parler du second, d’autant qu’Internet permet aujourd’hui de retrouver toutes ses contributions, qu’il s’agisse de traiter de Jeanne d’Arc, de Robespierre ou de Napoléon.

C’est précisément un extrait issu de la période napoléonienne que nous sélectionnons ici. Il concerne la création de la Banque de France, cette odieuse supercherie largement méconnue des Français. De quoi découvrir que ce n’est pas d’aujourd’hui qu’on privatise les gains et qu’on socialise les pertes, vraiment pas d’aujourd’hui que les moutons sont tondus. On ne sait pas si la finance est toujours l’ennemi de quelqu’un ni si elle a un visage, mais en tout cas elle a toujours eu des noms. Des noms qui, de Napoléon à Hollande en passant par De Gaulle, sont soigneusement gardés à l’abri.

Dans cet extrait, Henri Guillemin nous rapporte entre autres cette citation écrite par Mauriac dans son carnet de note le 23 septembre1966, qui concernait De Gaulle :

« Ce que le Général n’a pas fait, et ce qui ne dépendait pas de lui de faire, c’est d’obliger à lâcher prise de ces mains, ces quelques mains, oui ce petit nombre de mains, qui tiennent les commandes secrètes de l’État, qui assurent les immenses profits de quelques uns et qui font, de chacun d’entre nous, les têtes d’un troupeau exploitable, exploité. »