Le rapport Obin

Laïcité à l’école : enterrement et résurrection du rapport Obin

On nous cache tout ? En 2004, un rapport d’un inspecteur général de l’Éducation nationale pointait de nombreuses atteintes à la laïcité dans les établissements scolaires. Un rapport explosif occulté par le ministère l’Éducation qui ne l’a mis en ligne sur son site qu’un an après, sans autre communication. Mais cette volonté de mettre le voile sur ce rapport a eu l’effet inverse : depuis 10 ans, le fameux rapport refait surface à intervalles réguliers.

Par Sébastien Rochat le 24/01/2015 avec Adèle Bellot (Arrêt sur Image)

Et soudain, son téléphone s’est mis à sonner tous les jours. Jean-Pierre Obin, inspecteur général honoraire de l’Éducation nationale, enchaîne les interviews depuis les attentats contre Charlie Hebdo et le magasin casher de Vincennes. 20 minutes, L’Express, Le Figaro (entre autres) l’ont appelé pour parler d’un rapport sur la laïcité qui date… de 2004. Pourquoi un tel regain d’intérêt pour un rapport vieux de dix ans ? Parce que Jean-Pierre Obin aurait tout vu avant tout le monde et constaté, dès 2004, de graves atteintes à la laïcité dans les établissements scolaires.


« L’enquête de terrain menée en 2004 par l’Inspection générale de l’Éducation nationale révélait un phénomène inquiétant, explique aujourd’hui Jean-Pierre Obin à L’Express. Dans les écoles mais aussi dans les collèges et les lycées visités, nous avions relevé de nombreuses atteintes aux principes de laïcité. Et la plupart du temps, ces mises en cause provenaient d’enfants d’immigrés d’origine musulmane. (…) Cela prenait plusieurs formes : manifestations vestimentaires (voile ou tenue islamique complète), exigences concernant les repas pris à la cantine, absentéisme massif et de plus en plus long lors des fêtes religieuses. Dans certains cas, des élèves allaient jusqu’à introduire des tapis de prières ou revendiquaient le droit d’installer des lieux de cultes dans les établissements. Les périodes de carême, notamment, étaient l’occasion d’un prosélytisme notable de la part de groupes qui souhaitaient imposer une vision particulièrement radicale de l’Islam. Le refus de la mixité lors de certaines activités sportives avait aussi retenu notre attention ».

« occulté, enterré, étouffé » en 2004 Lire la suite