Faux tract et faux culs

Marine Le Pen a été relaxée mardi par la cour d’appel de Douai (Nord) dans l’affaire du « faux tract » de la législative de 2012 qui l’a opposé à Jean-Luc Mélenchon dans le Pas-de-Calais.
Pour la cour d’appel de Douai (Nord), aucun élément ne permet de démontrer que la présidente du Front national est à l’origine de la création ou de la distribution de faux tracts visant Jean-Luc Mélenchon, lors de la campagne des législatives de 2012 les opposant dans le Pas-de-Calais. Mardi 19 mai, Marine Le Pen a en effet été relaxée dans l’affaire du « faux tract ».

Le tract diffusé par le Front national en mai 2012.

Le tract diffusé par le Front national en mai 2012.

Dans de telles conditions, dorénavant, chacun peut éditer de faux tracts sous le sigle de l’UMP du PS et du FN sans craindre d’ennui en utilisant le cas échéant pour sa défense la jurisprudence Le Pen Hénin-Beaumont.

A lire Raquel Garrido, son avocate : « Il faut savoir que dans cette affaire Jean-Luc Mélenchon a dû – seul – établir la preuve de la culpabilité de Marine Le Pen et des autres cadres du FN. En effet, il existe une grande zone d’ombre sur ce qui a été diligenté ou non par les services de police. Pire encore, lorsque le Procureur de la République a pris ses réquisitions à l’audience de première instance, il a affirmé avoir contacté le Ministère de l’Intérieur afin de récupérer le dossier d’enquête, et que celui-ci lui a répondu avoir PERDU le dossier ! »

« Au final, Marine Le Pen est relaxée. Visiblement personne n’avait envie que justice soit faite parce que cela revenait à aider Jean-Luc Mélenchon. Visiblement le système préfère Marine Le Pen et ses méthodes politiques pourries à Jean-Luc Mélenchon. »


Faux-tracts à Hénin-Beaumont – Les aveux de… par lepartidegauche

Pour Politis : La principale jurisprudence instituée par le jugement de la cour d’appel de Douai consiste à ne pas reconnaître pour preuve des aveux télévisés. Dès lors, quel crédit accorder aux propos que pourraient y tenir la présidente du Front national ? Il faudrait suggérer d’urgence aux chaînes de télé d’avertir les téléspectateurs, au moyen d’un bandeau défilant à chacun des passages de Marine Le Pen, que ses propos ne l’engagent pas et ne prouvent rien, bref qu’elle est au sens propre irresponsable.

Exemple de tract à venir …

tract_marine_le_pen_m

No TAV

Ndlr : Aux dernières nouvelles, le procès de Erri de Luca serait reporté au 16 mars 2015, ce qui ne change rien aux deux articles suivants.

Erri De Luca, romancier, poète italien sera jugé mercredi 28 janvier en Italie suite à la plainte déposée par la société française Lyon-Turin Ferroviaire située à Chambéry. Il a SEULEMENT parlé, écrit contre un projet pharaonique suspecté (depuis de nombreuses années par de plus en plus de citoyens français et italiens) d’être inutile, polluant : la liaison Lyon-Turin, « TAV ». Et même s’il se trompait… Comment UNE ENTREPRISE PRIVÉE peut elle DICTER AUX AUTEURS CE QU’ILS PEUVENT ÉCRIRE OU NON ? Ce PROCÈS est une dérive de nos démocraties et nous concerne tous

 

Lu dans Bastamag

Jugé pour avoir prononcé une phrase de trop. L’écrivain italien Erri De Luca comparait ce mercredi 28 janvier au tribunal de Turin pour « incitation au sabotage » du projet de construction de ligne à grande vitesse entre Lyon-Turin (nos précédents articles). Cette action en justice est intentée par la société franco-italienne Lyon Turin Ferroviaire qui lui reproche ses propos accordés au site Huffington Post, le 1er septembre [1]. A la question : « Donc sabotage et vandalisme sont licites ? », Erri de Lucca répond : « Ils sont nécessaires pour faire comprendre que la Tav [ligne à grande vitesse] est une œuvre nocive et inutile ». Quelques mots qui font aujourd’hui encourir à cet écrivain engagé jusqu’à cinq ans de prison.

Suite à cette plainte, Erri de Luca a publié un pamphlet intitulé La parole contraire [2]. « M’incriminer pour des mots que j’ai pu dire, c’est le « sabotage » même de mon droit constitutionnel à la liberté de parole », explique t-il dans un entretien accordé à Télérama. « Saboter, dans le sens de vouloir empêcher, entraver, ne se réduit pas au seul sens de dégradation matérielle ». S’il dit accepter volontiers une condamnation pénale, il refuse « une réduction de vocabulaire ».

Pour les eurodéputés écologistes Michèle Rivasi, Karima Delli et José Bové, « ce lanceur d’alerte est poursuivi pour délit d’opinion, pour museler sa liberté de s’indigner. Aujourd’hui, le condamner en justice reviendrait à saboter notre droit d’expression à toutes et à tous. Nous aussi, en tant que parlementaires européens, nous utilisons nos moyens, politiques, législatifs, pour « saboter » dans le cadre institutionnel, un projet qui va contre l’intérêt économique, social et environnemental des européens. » Le Parti de Gauche affiche également son soutien à l’écrivain en rappelant que « la liberté d’expression n’est pas à géométrie variable, qu’elle soit tissée de mots ou de banderoles ». En Italie, des groupes s’organisent pour faire des lectures publiques du livre La parole contraire. « C’est inouï et unique, observe Erri de Luca, car jamais on n’a vu un écrivain passant en justice, défendu directement par ses lecteurs. »

Une pétition de soutien est en ligne
Lire aussi sur Bastamag : En Italie, des opposants au Lyon-Turin deviennent l’ennemi public n°1

ouverture du procès de Erri de Luca

 

Autres infos au courrier

 pour aller plus loin dans la compréhension des forces en jeu:

. Par ailleurs, le site no-tav info communique le résultat du procès intenté à 53 no-Tav pour leur présence à des affrontements lors de l’évacuation de la libre république de la Maddalena le 27 juin 2011 et lors d’une manifestation en réaction le 3 juillet. Le bilan est lourd.  :

> La vengeance de l’État aux dépens du mouvement No-Tav s’est accomplie aujourd’hui dans la salle-bunker de la prison des Valette (à Turin, ndt).
> Le tribunal de Turin, par la voix du juge Bosio, a condamné 47 des 53 No-Tav à plus de 140 ans de prison, en tout, et à des dommages et intérêts qui dépassent la centaine de milliers d’euros, pour les événements des 27 juin et du 3 juillet 2011. En tout, six personnes ont été relaxées.
> Cette condamnation confirme pour beaucoup les peines demandées par l’accusation et pour certains va même au-delà
> Confirmées dont les accusations pour les délits de coups et blessures, destructions et violence avec menace contre des officiers publics et les circonstances aggravantes sont reconnues par l’utilisation d’armes, lancement de corps contondants, lancer de pierres, pétards et feux de signalisation. Les peines sont plus élevées pour les événements du 3 juillet que pour ceux du 27 juin.
> Lourdes condamnations qui confirment le théorème accusatoire d’un parquet qui a dicté les règles et les modes du procès au tribunal, lequel, absolument passif et asservi aux pouvoirs en jeu, a permis toute une série de pressions et d’intimidations aux dépens des témoins, sans battre un cil. Le juge Bosio avait envie de partir à la retraite et de conclure sa carrière en soutenant les personnages connus habituels (puissants amis des puissants et amis à lui) et c’est ce qu’il a fait.


> Un cadeau qui est clairement fait à Caselli, l’ex-procureur en chef de Turin désormais à la retraite, et idéologue de cette persécution contre le mouvement No-Tav. Toute sa cour, et celle qui lui sert depuis toujours, sera prête à dire qu’ils avaient raison et que justice a été faite (après toutes les baffes qu’ils ont pris cette année [– allusion au refus de l’inculpation pour terrorisme dans d’autres procès – ndt]). Ils voulaient une lourde condamnation pour pouvoir encore une fois brandir le fétiche de l’Ennemi Public No-Tav mais on le sait, la crédibilité aux yeux du plus grand nombre, ils l’ont perdue depuis longtemps et nous n’avons jamais cessé de suivre notre route, en démontrant que nous avions des raisons à revendre et eux tout à fait tort.
> (…) 
> Cette condamnation aujourd’hui est donné à tout le mouvement No-Tav, parce que après des décennies, nous ne baissons toujours pas la tête et continuons à lutter, forts de la raison et de la volonté (jamais négociable) de défendre nos terres et nos vies.
> C’est la vengeance de l’État contre notre résistance et l’entêtement que nous continuons à montrer, en remettant en question un système injuste et corrompu.
> Nous repartons de là, sans aucun remord !
> Solidarité à tous les condamnés !
> (traduit par mes soins, SQ)
> Signalons que celui qui a remplacé le lamentable Caselli à la tête du parquet de Turin, c’est l’immonde Spataro, le principal procureur acharné contre Cesare Battisti, toujours prêt à vendre la vérité officielle sur les « années de plomb » à ces ignorants de Français. Dans le Nouvel Observateur, il repart à l’attaque contre Erri. Son texte vaut d’être lu pour ce tour de force : à peu près un mensonge par phrase.
> Il faut dire que, faire dire aux mots ce que les puissants veulent qu’ils disent, les juges italiens connaissent :
> « Les procureurs exigent que le verbe « saboter » ait un seul sens. Au nom de la langue italienne et de la raison, je refuse la limitation du sens »
> Erri de Luca, La parole contraire, Gallimard

 

en défense de Jérôme Kerviel

ajout du 19 mai 2014_

Jérôme Kerviel s’est constitué prisonnier et a été interpellé à minuit dès le passage de la frontière entre la France et l’Italie. Le Parquet lui avait fixé cet ultimatum pour se constituer prisonnier afin de purger sa condamnation à trois ans de prison, et menaçait de lancer un mandat international contre lui. Jérôme Kerviel n’a opposé aucune résistance.

A l’attention de ceux qui souhaitent afficher leur soutien, une pétition a été lancée, suivez le lien : http://www.avaaz.org/fr/petition/Le_President_de_la_Republique_francaise_La_Garde_des_Sceaux_La_suspension_immediate_de_la_peine_de_prison_de_Jerome_Kerv/?tcxHAhb

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Christiane Taubira, pouvez-vous voir votre nom associé à cette injustice ? François Hollande, vous qui aviez désigné la finance comme votre ennemie, allez-vous laisser perpétrer ce crime mené contre un seul homme pour sauver la face de cette finance qui a menacé de ruiner le monde ?

C’est par cette double interpellation à madame la ministre de la Justice et au président de la République que Martine Orange (équipe Mediapart) conclut son réquisitoire de soutien à l’ex trader Jérôme Kerviel. « Scandale démocratique d’une justice qui a failli », c’est bien ainsi qu’il faut nommer ce procès « abracadabrantesque ». Car n’en déplaise à monsieur Hollande, le monde de la finance est loin d’être sans visage, et chacun de ses visages porte un nom. Nous ne pouvons plus accepter, s’agissant de justice, que seuls quelques boucs émissaires soient envoyés à l’abattoir pendant que seraient maintenus dans une ombre protectrice les vrais responsables d’une mise à sac de la planète pour quelques dollars de plus.

Tout homme a le droit à un procès juste et équitable. Jérôme Kerviel n’a pas eu ce droit. Pendant six ans, il s’est heurté à une justice aveugle et sourde, qui ne voulait surtout rien voir, surtout rien entendre, surtout ne pas constater ses propres manquements et faiblesses. Alors que la Cour de cassation vient de casser le volet civil du procès, indiquant que les responsabilités de la banque n’avaient pas été prises en compte, qu’un homme seul ne pouvait devoir 4,9 milliards d’euros de dommages et intérêts, soulignant en creux tous les vices du dossier, le parquet s’apprête, sans attendre les conclusions d’un autre procès qui pourrait peut-être bousculer des certitudes, à l’incarcérer afin qu’il purge trois ans de prison. Comme s’il fallait le faire taire en urgence, cacher derrière les murs épais d’une prison ce scandale démocratique d’une justice qui a failli.

De toutes les années de tumulte financier que nous venons de connaître, la finance ennemie n’a qu’un nom, qu’un seul visage en France : celui de Jérôme Kerviel. Les banquiers qui ont ruiné leur établissement, coûté des milliards à la collectivité ne manquent pourtant pas. Un des plus emblématiques : Pierre Richard. L’ancien président de Dexia (6,6 milliards d’euros à ce stade pour la collectivité) continue de couler des jours tranquilles, avec une retraite chapeau à la clé, sans avoir eu à répondre une seule seconde de ses actions devant la justice. Mais Jérôme Kerviel, lui, doit payer tout suite et cash. Il est le trader fou et fraudeur, celui qui a manqué de précipiter la Société générale dans l’abîme, coûter des milliers d’emplois. Le costume lui a été taillé dès les premières heures de l’affaire par son employeur. La justice n’a jamais cherché à aller au-delà de cette image bâtie à coups de millions par des experts de la communication.

Car tout dans ce dossier a été mené sous l’emprise de la Société générale, dès le début de l’enquête. Lorsque dans la folie médiatique du moment, organisée par la banque elle-même, les premiers enquêteurs judiciaires prennent le dossier, ils débarquent sur Mars. Ils ne comprennent rien à ce monde de folie, où l’on parle warrants, valo, click options, système Elliot, broker, chambre de compensation. Mais la justice n’aime pas reconnaître son ignorance. Il ne sera pas fait appel à des experts extérieurs. La parole de la Société générale leur suffit.

La banque d’ailleurs pourvoit à tout. Elle prend l’enquête en main, la cadre. Elle indique aux enquêteurs où il faut chercher, ceux qu’il faut interroger. Elle désigne les ordinateurs qui peuvent être saisis, leur sélectionne les mails qui peuvent être pris, leur prépare les documents qu’ils peuvent emporter. Lire la suite

Une histoire à la con

” Le bonheur d’un con fait toujours peine à voir ”

« Traiter son prochain de con n’est pas un outrage mais un diagnostic. »
Frédéric Dard_ Les pensées de San-Antonio_1996.

C’est dimanche, on se relaxe, c’est pour rire… même si, faut pas déconner, la connerie c’est quand même du sérieux.

Françoise Martres, présidente du Syndicat de la magistrature, a été mise en examen pour « injure publique » dans l’affaire du célèbre “Mur des cons”, ce panneau syndical qui avait suscité une vive polémique en avril 2013.

Il se trouve qu’il existe une jurisprudence constante et bien établie sur la liberté d’expression. Mais la justice peut-elle répondre à la question de fait : Qu’est-ce qu’un con ? Qui est le con de l’autre ?

Le con dira-t-on.

La procédure qui s’annonce fera date. La juge d’instruction vérifiera que les parties civiles ont un intérêt à agir. Elles doivent amener la preuve qu’elles ne sont pas connes. La juge d’instruction s’inquiètera ensuite de savoir comment le droit appréhende la notion de con. Le vocabulaire juridique l’ignore.

Il s’agit d’être précis, comme l’exige le droit pénal, d‘interprétation stricte. La juge ne peut pas procéder par extension, analogie ou induction. Un con n’est pas un imbécile. La juge n’adoptera donc pas une interprétation large (« En matière pénale, tout est de droit étroit« ), ce qui lui évitera de s’épuiser sur le dossier, tant la notion de con est vaste, voire poreuse.

Elle est hiérarchisée (du roi des cons au dernier des cons), elle connaît une approche morphopsychologique (jeune, vieux, gros, grand, pti’con), elle peut-être universaliste (espèce de cons), corporatiste (une bande de cons) ou seulement organique (tête de con, con comme une b…)… La notion de con peut être apologétique (voir poésie), idéaliste (idem) ou réaliste (quel con !). Elle peut être aussi fonctionnelle (un métier de con, un service à la con, un directeur à la con), géographique (un pays à la con ou de cons), historique (quelle époque à la con, une histoire à la con), objective (un vrai con), honorifique (une médaille à la con)… La notion con est très étendue. Un président a initié une approche sociologique (le pauv’con, le riche con) et les mathématiques ont effleuré la notion (le con intégral). Enfin, des auteurs ont trouvé de la poésie ou du charme au mot con, permis d’en parler sans le dire, et d’autres en le disant sans fard.

Médecin : Désolé. Je ne peux pas le prendre.
Directeur de la prison : Oh non ! Ne me dites pas ça !
Médecin : Je l’ai bien examiné. Il n’est pas fou. C’est un petit mental, qui a l’incapacité totale à s’extraire du présent.
Directeur de la prison : Parlez clairement docteur !
Médecin : D’accord ! En clair, il est incroyablement con.
Le directeur de la prison : Docteur, il faut me débarrasser de lui. Je suis sûr qu’il serait mieux à l’asile.
Médecin : C’est un asile de fous, pas un asile de cons. Faudrait construire des asiles de cons, mais vous imaginez un peu la taille des bâtiments !

Article intégral (avec détails (plus sérieux) sur les jurisprudences) à retrouver ici : http://blogs.mediapart.fr/blog/patrick-cahez/140314/le-mur-des-cons

Mais on l’a dit, c’est dimanche, et on préfère vous quitter en chanson. Trois minutes de con, celui d’Alice, selon un bon poète du vielh terroir françois.

Si je me réfère
A mon dictionnaire
Il est temps de faire
La définition
De ce mot espiègle
Qui échappe à la règle
Plus noble qu’un aigle
Dans sa condition
Ce mot vous le dites
Censeurs hypocrites
Établissez vite
Son vrai sens profond
Car si on l’ausculte
Au lieu d’une insulte
On peut faire un culte
Du joli mot con

 

Jihad au féminin

A écouter avec attention et à diffuser.
> Le concours international de plaidoiries, dimanche dernier à Caen, a été remporté par une avocate tunisienne sur le thème du « Jihad au féminin ».

Un plaidoyer édifiant contre l’industrie de la prostitution orchestrée au nom d’Allah.

La plaidoirie de Yasmine Attia : Jihad au féminin