La Guerre des Graines

L’histoire révélée dans ce documentaire est celle d’une guerre silencieuse, méconnue et dont l’enjeu est pourtant crucial : notre indépendance alimentaire.

« La Guerre des Graines » est un film de Stenka Quillet et Clément Montfort. Un document de 52 mn à voir absolument et surtout jusqu’au bout.

« Les graines sont-elles une marchandise ou un bien commun de l’humanité au même titre que l’eau ou l’air ? Dans un avenir très proche, les agriculteurs n’auront peut être plus le droit de replanter leurs propres graines. En Europe, une loi émerge pour contrôler l’utilisation des semences agricoles… Derrière cette confiscation, 5 grands semenciers qui possèdent déjà la moitié du marché des graines et cherchent à étendre leur privatisation. »


[DOC] LA GUERRE DES GRAINES (officiel) par latelelibre

 

Simplicité volontaire et campagne Kokopelli

Nouvelles de Kokopelli – Novembre 2014 Campagne de soutien aux petits producteurs Français

L’Association Kokopelli est heureuse d’annoncer le lancement d’une campagne de soutien aux petits producteurs français.

De nombreux producteurs, travaillant avec des valeurs éthiques, écologiques et respectueuses de la Terre et de ses habitants, sont très souvent confrontés à une absence de points de ventes pour les fruits de leur travail – de par la prévalence des produits agro-industriels. Nous avons donc décidé de lancer cette campagne de soutien afin de donner un coup de pouce à des petits producteurs français.

Le principe est simple. Nous proposons, pendant un certain temps, sur notre site internet et sur nos stands, un ou plusieurs produits de producteurs que nous souhaitons soutenir. En échange de cette vitrine, sur chaque produit vendu, 1 euro est reversé à la campagne “Semences sans Frontières” de Kokopelli destinée à aider les populations rurales des pays les plus pauvres. En achetant un de ces produits, vous soutenez à la fois le producteur et la campagne “Semences sans Frontières”.

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Par ailleurs et pour info, cette annonce reçue au courrier. Si même Natacha Polony le dit…

« On suggérera à Xavier Beulin la lecture du magazine La Décroissance, un magazine d’affreux “khmers verts” qui interroge le philosophe Olivier Rey sur la notion de mesure, et sur ce moment où ce qui était un progrès se retourne pour virer au cauchemar… » (sur Europe 1, le30 octobre 2014).

VIVRE LA SIMPLICITÉ VOLONTAIRE, HISTOIRE ET TÉMOIGNAGES, LE LIVRE

La Décroissance, les éditions l’Échappée et Le Pas de côté présentent une somme de cinquante témoignages de « simplicité volontaire » initialement publiés dans le journal La Décroissance.

« Des habitants de zone urbaine ou rurale vivent sans voiture, sans télévision, sans téléphone portable, sans lave-linge, et même parfois sans frigo… tout en étant investis dans la vie locale et en soutenant que l’on est plus heureux en possédant moins. Parmi eux, des jeunes parents intégrés professionnellement refusent l’engrenage des carrières, de l’argent, de la consommation et choisissent plutôt la solidarité et l’épanouissement intellectuel et social. D’autres ont carrément décidé de vivre en autarcie, par exemple dans une maison qu’ils ont construite dans les bois, sans eau ni électricité, “en grève générale quotidienne contre le capitalisme”. D’aucuns refusent un travail aliénant et se tournent vers des métiers artisanaux : cordonniers, ébénistes, brasseurs ou paysans. Certains ont pourtant eu une vie tout ce qu’il y a de plus conformiste, comme cet ancien ingénieur qui gagnait 100 000 euros par an et qui a tout plaqué car sa “vie n’avait aucun sens”. Toutes ces trajectoires, bien que très différentes, tentent d’appliquer les principes de la simplicité volontaire : une philosophie pratique selon laquelle la vie se trouve ailleurs que dans l’accumulation indéfinie et le “tout, tout de suite”. Ce livre présente une cinquantaine de parcours singuliers de déclassés volontaires qui nous expliquent les raisons de leurs choix, la manière dont ils vivent, les liens qu’ils tissent, leurs rapports aux autres, à la nature et aux savoir-faire. Ils nous racontent comment ils s’efforcent, chacun à leur manière, de s’extirper de la société de consommation et des grands réseaux techniques pour savourer une vie riche de sens, de puissance d’agir et de liberté. »

288 pages, 20 euros. Parution officielle le 21 novembre 2014 mais vous pouvez d’ores et déjà le recevoir en le commandant à La Décroissance en imprimant et retournant le feuillet ci-après. Bulletin pour commander : marino . Mais vous pourrez aussi passer par votre libraire habituel à partir du 21 prochain.

 

des nouvelles de Kokopelli

Campagne “Semences sans Frontières”

Elle a pour mission de répondre à l’appel des communautés rurales des pays les plus pauvres, par l’envoi de semences biologiques de variétés potagères libres de droits et reproductibles. Elle à permis depuis son lancement en 2000 la création de centaines de projets de banques de semences, de jardins de productions de semences, de jardins ouvriers autonomes, d’exploitations vivrières communautaires, etc.

La création d’un site internet dédié à la campagne :

Vous y trouverez des témoignages, les actualités de “Semences sans Frontières”, des galeries photos, etc. La grande nouveauté est la suivante : vous avez désormais la possibilité de déposer une demande de soutien directement en ligne.

La ferme de la campagne « Semences sans Frontières » de Kokopelli

Vers l’autonomie semencière des populations

Cher(e)s ami(e)s de Kokopelli,

La collecte de fonds, pour le financement de l’installation de la ferme de production de semences pour la campagne “Semences sans Frontières”, est déjà une réussite, et ce n’est pas terminé !

Tout cela, c’est grâce à vous !

L’enthousiasme de tous, les encouragements, les dons de matériel, les participations financières, etc. nous rappellent que nous ne sommes pas seuls dans ce combat pour la vie ! En 40 jours, nous avons atteint sur kisskissbankbank plus de 200% du premier objectif (12 000€ afin d’installer un tunnel de stockage pour le matériel agricole). Le budget global du projet est de 77 000€, il reste encore 3 jours pour soutenir le projet et nous aider à nous approcher le plus possible de cet objectif. Parlez-en autour de vous, soutenez le projet si vous ne l’avez pas déjà fait, faites circuler l’info dans vos réseaux, etc. Nous avons besoin de votre mobilisation.

Quelques avancées du projet :

– Nous avons profité de cette saison extrêmement humide pour faire de nombreuses rotations d’engrais verts sur les premières buttes destinées à la production de semences. Trèfle, luzerne, phacélie, lupin, sarrazin, vesce, mélilot, moutarde, pois, bourrache, etc. La terre étant très argileuse, et assez pauvre, nous devons, dans un premier temps, nous concentrer sur l’amélioration du sol. Nous récolterons, malgré tout, les semences de quelques espèces cette année.

– Nous avons commencé, cette semaine, la pose de la clôture anti-sangliers !

– Nous accueillerons bientôt des brebis ; celles-ci auront quelques hectares de prairie bien verte à pâturer – nous évitant ainsi un important travail d’entretien.

– Nous posterons prochainement, sur le site de « Semences sans Frontières », les photos de la charbonnière « à l’ancienne » que nous allons bientôt allumer. Nous prévoyons, en effet, l’utilisation d’une importante quantité de charbon dans les buttes de culture afin d’aérer les sols, technique inspirée de la « Terra Preta ».

Agissez à nos côtés afin d’envoyer des Semences de Vie gratuitement partout sur la planète :

– Envoyez-nous le surplus de vos récoltes de semences

– Soutenez la campagne en faisant un don

– Amenez avec vous des semences lors de vos voyages dans les pays les plus pauvres

Nous vous remercions pour votre confiance.

L’équipe de Kokopelli.

Info Kokopelli

Nouvelle spéciale de Kokopelli : Avaaz, bas les masques !

ATTENTION : Kokopelli dénonce la campagne frauduleuse d’AVAAZ concernant une prétendue « bourse aux graines » mondiale

L’organisation américaine AVAAZ a lancé il y a quelques jours une nouvelle campagne de levée de fonds, intitulée « La meilleure manière d’arrêter Monsanto », et diffusée largement sur Internet et par mail, visant supposément à créer le « tout premier eBay pour semences à but non lucratif ».

L’association KOKOPELLI n’est absolument pas à l’origine de cette campagne et ne connaît aucune organisation française ou européenne qui y participerait.

De plus, le courriel faisant la promotion de cette campagne prétend que « une coalition de 20 groupes et personnalités de l’agriculture durable tels que le Center for Food Safety et l’activiste Vandana Shiva sont prêts à lancer le projet. » Nous ne connaissons pas ces groupes, qui ne sont pas nommés, mais nous avons contacté Vandana Shiva à ce sujet et elle nous a répondu ceci : “I am not involved in this initiative, have never been contacted or consulted about it.” (je ne suis pas engagée dans cette initiative, et n’ai jamais été contactée ou consultée à son sujet) !!! Elle a également manifesté son indignation face à la récupération de ses nom et notoriété sur son blog SeedFreedom.

Si, sur ce blog, l’organisation américaine Center for Food Safety endosse ces manœuvres grotesques et parle « d’erreur » et de « malentendu », nous n’y croyons pas du tout. De quel type d’erreur peut-il s’agir lorsqu’il est question de lancer une campagne mondiale, dans 17 langues, pour récolter plusieurs centaines de milliers de dollars, voire des millions – car les sommes globales récoltées sont soigneusement occultées, mais ce sont déjà plus de 55.000 personnes qui ont donné – ?

Nous remarquons, de plus, que le texte de présentation de la campagne est très mal rédigé ; que ses termes sont particulièrement évasifs ; qu’il n’existe aucun site Internet relatif au projet évoqué ; que les “fermiers” et “organisations” partenaires ne sont pas nommés ; que les éventuels fournisseurs et bénéficiaires des semences ne sont pas identifiés ; que les actions projetées ne tiennent aucun compte des contraintes réglementaires qui nous obèrent depuis 60 ans, etc.

Tout cela n’est pas sérieux, et il semble donc que cette campagne soit une nouvelle imposture de l’organisation AVAAZ – dont nous-même, et d’autres, avons déjà dénoncé le caractère plus que douteux par le passé – destinée seulement à récolter des fonds auprès d’internautes généreux mais bien trop crédules.

Nous demandons donc le retrait immédiat de cette campagne – ou bien le détail exact et complet du projet évoqué dans celle-ci, s’il existe – et la transparence la plus totale sur l’utilisation des sommes récoltées, ou leur restitution aux donateurs trompés !

Nous vous recommandons donc la plus grande prudence vis-à-vis de cette campagne, et, de manière générale, vis-à-vis de l’organisation AVAAZ, et vous invitons à faire circuler ce message au plus grand nombre de destinataires possible.

L’équipe de Kokopelli – le 16 juillet 2014.

des nouvelles de Kokopelli

Une nouvelle étude sur la concentration des entreprises sur le marché européen des semences

Une nouvelle étude, commandée par les Verts au Parlement Européen, vient de mettre en lumière le fait que 5 entreprises contrôlent 95% du secteur européen des semences de légumes. La compagnie agro-chimique américaine Monsanto, a elle seule, détient 24% du marché européen.

Concernant les espèces de grande culture, le tableau n’est pas plus réjouissant : dans le cas du maïs, 5 entreprises contrôlent 75% du marché européen, pour celui de la betterave sucrière, 4 entreprises seulement contrôlent 86% du marché et 8 entreprises contrôlent 99% du marché !

C’est le discours trompeur du lobbying semencier basé à Bruxelles, l’ESA (European Seed Association) – qui prétend que le marché européen serait composé de 7000 petites et moyennes entreprises – qui, avec cette étude, part en fumée… Lire la suite

Les tambours de Gaïa se sont réveillés

par Dominique Guillet_ président de l’association Kokopelli

Une nuit de pleine lune embrasée de feux de forêts d’eucalyptus australiens naufragés dans la vallée de l’Urubamba, près de Cuzco dans les Andes,  Xochipelli le Rêveur rencontra Kokopelli le Porteur de Semences. Il lui asséna une question fatidique : il y a 14 000 années de cela, l’agriculture n’aurait-elle pas été le début du chaos social ? Et il déclina coléreusement les dommages collatéraux de cette invention « tombée du ciel » après des millions d’années de chasse et de cueillette : surpopulation, monocultures, esclavage des animaux domestiques, établissement des villes avec leurs polices, leurs armées et leurs tribunaux afférents… et surtout, la destruction intégrale de la biosphère. Il lui asséna une seconde question fatidique : Monsanto, Syngenta, Bayer – et tous les criminels de l’agrochimie – ne constitueraient-ils pas l’aboutissement inéluctable de cette invention de l’agriculture? (…)

Dominique Guillet

Au fil de ces deux derniers milliers d’années, les tambours qui rythmaient la vie quotidienne des Peuples Premiers, des Peuples Indigènes, se sont tus, à jamais, de la Sibérie au Congo, de la Chine au Pérou … et sur toute la planète. Ces peuples qui n’avaient pas inventé le concept d’écologie – puisqu’il ne leur était pas venu à l’imagination de détruire les écrins de vie qui les nourrissaient – furent annihilés inexorablement par un syndrome connu sous le nom de détergent blanc plus blanc que blanc.

Nous sommes au cœur du génocide. (…)

L’opposition contrôlée gangrène une grande partie des mouvements de la société civile.

En Amérique latine, par exemple, les fondations Ashoka et Avina qui financent la lutte contre les chimères génétiques sont elles-mêmes financées par Monsanto ou par les fondations de Bill Gates et de Rockefeller…

En Europe et en Amérique du nord, la plus grande partie des distributeurs d’aliments « biologiques » ont été rachetés par les grands cartels de l’agro-alimentaire : Nestlé, Cargill, Coca-Cola, etc.

En France, par exemple, Lima et Danival ont été rachetés par Hain Celestial, derrière lequel se cache l’argent de Monsanto, Walmart, Philipp Moris, City Group et Martin Lockeed. En France encore, acheter les produits bios de Bonneterre, de Bjorg, d’Evernat, d’Allos, de Tartex, d’Alter Eco… c’est participer à la prospérité du Hollandais Royal Wessanen, l’un des grands groupes Européens de l’agro-alimentaire. En France encore, 95 % des légumes bios commercialisés sont produits à partir de semences de variétés hybrides F1; ce qui signifie que le consommateur bio, par exemple, a une « chance » sur deux d’acheter un melon bio « Monsanto/Bayer/Syngenta » puisque ces trois groupes de la chimie possèdent la moitié des 250 variétés de melons inscrites dans le catalogue national du GNIS; ce qui signifie que de très nombreux maraîchers bios sont complices de la destruction de la biodiversité alimentaire. En France encore, l’association Kokopelli est « certifiée » bio par Qualité France, qui a été racheté par Bureau Veritas, l’un des leaders mondiaux du contrôle industriel. Lire la suite

Kokopelli et la guerre des graines

Quand le dernier arbre aura été abattu

Quand la dernière rivière aura été empoisonnée

Quand le dernier poisson aura été pêché …

Alors on saura que l’argent ne se mange pas !

                                                              Géronimo (1885)

 En complément à l’article précédent sur la manifestation contre Monsanto, nous revenons à cette « guerre des graines » menée par les lobbies semenciers. La présentation de l’Association Kokopelli qui suit était parue il y a un peu plus d’un an sous la plume de Jean-Marcel Bouguereau dans Le Nouvel Observateur. Les vidéos sont ajoutées par Sémaphores, ainsi que les dernières nouvelles du procès qui oppose depuis 2005 Kokopelli au semencier Graines Baumaux. (Kokopelli est implantée à Alès, dans le Gard)

Depuis 20 ans Kokopelli distribue gratuitement des semences potagères anciennes ou rares pour faire vivre la biodiversité agricole. Tout cela grâce à un réseau militant de producteurs, d’adhérents, de parrains et marraines qui permettent de maintenir une collection planétaire unique de plus de 2200 variétés. En 2007, elle distribuait 550 variétés de tomates, 300 variétés de piments, 130 variétés de laitues, 150 variétés de courges et 50 d’aubergines ! Chaque année Kokopelli distribue gratuitement près de 200 colis de semences aux communautés rurales, associations ou ONG.

“Produire, offrir, échanger des semences, c’est un acte de résistance qui permet de favoriser la biodiversité cultivée, de préserver notre patrimoine génétique. C’est retrouver notre autonomie alimentaire en récoltant nos propres graines et en cessant d’acheter des graines chaque année. C’est entrer dans une dynamique d’échanges et de solidarité.“

Le bras de fer de la concurrence

En 2005 Kokopelli avait été attaquée par la société Graines Baumaux pour concurrence déloyale. Le verdict est tombé. Énorme événement largement passé inaperçu : le 12 Juillet, la Cour de Justice Européenne, désavouant Kokopelli, a estimé que l’Europe avait raison d’imposer l’obligation de ne commercialiser que des semences de légumes recensées dans des catalogues officiels. La Cour a estimé que l’objectif premier des lois européennes en vigueur « consiste à améliorer la productivité des cultures de légumes « . Comme si la Justice avait à se préoccuper des rendements !

Pourtant l’avocat général, Juliane Kokott, n’avait pas manqué d’affirmer que les règles relatives à l’admission des semences au Catalogue Officiel, qui en recense toutes les catégories qui veulent être commercialisées, n’ont “aucun rapport avec la santé des plantes“ et qu’il “appartient aux agriculteurs de décider des variétés qu’ils cultivent“. Mais surtout il estimait : « le fait que les agriculteurs soient cantonnés à des variétés admises réduit enfin la diversité génétique dans les champs Européens ».

Car c’est l’enjeu ! Non seulement la biodiversité est en cause mais la privatisation des semences de plus en plus aux mains des grands groupes industriels du type Monsanto. Un enjeu mondial : Marie-Christine Robin, auteur de l’excellent “Le monde selon Monsanto“ (éditions La Découverte), décrit le calvaire des paysans indiens qui se suicident en masse depuis l’introduction des semences OGM, ruinés d’être tenus obligés de racheter les semences à Monsanto après chaque récolte. Les variétés traditionnelles ont été interdites pour laisser la place aux seules compagnies semencières.

Parmi tant d’autres (mais pas encore assez nombreux) Alain Baraton, Jardinier en Chef des Jardins de Versailles, soutient l’association Kokopelli.

La vie en dictature

Vandana Shiva, féministe et adepte de Gandhi, parfois décrite comme le “José Bové en Sari“ dénonce sans relâche ce système qui en commençant par “breveter le vivant“ aboutit à privatiser tout un secteur et, dans le cas de l’Inde, à affamer des populations entières. A l’instar des brevets industriels, les entreprises réussissent à breveter un gène, c’est-à-dire une séquence de l’ADN d’une plante, qu’elles ont isolé ! Savez-vous qu’aux USA, dans les années 90, on a breveté des gènes humains ! Pour les végétaux, en Inde, cela a commencé par le Seed act qui, en 2004, risquait d’aboutir, selon Vandana Shiva, à une véritable dictature semencière.

En France depuis plusieurs décennies, la pratique des semences de ferme permettant aux agriculteurs de replanter leurs graines n’allait déjà plus de soi : ces semences étaient protégées par un Certificat d’obtention végétale (COV) – à savoir le droit de propriété des « obtenteurs » de l’espèce. Ressemer ces graines était théoriquement interdit. Mais cet usage demeurait, dans les faits, largement toléré en France.

Puis vint une proposition de loi UMP qui légalise les semences de ferme …à condition de verser une “rémunération“ aux titulaires des COV c’est à dire des entreprises de semenciers. Et enfin cette dernière décision de la cour de Justice européenne qui est un nouveau pas dans la marchandisation : après l’école, le corps et le trafic d’ovocytes et la vente d’organes, c’est la marchandisation de la nature qui est en jeu.

On comprend que Kokopelli se sente menacé et appelle à ce qu’on les soutienne, “car il n’est pas admissible que les variétés anciennes, héritage de nos grands-parents, soient interdites de cité“.

Nous en appelons également à notre gouvernement. La gauche, sous les précédents gouvernements de droite, nous a dit pouvoir compter sur son soutien à de nombreuses reprises. Il est temps maintenant qu’elle transforme ses promesses en actes.

 

 

Nouvelles du procès KOKOPELLI c/ GRAINES BAUMAUX

De nombreuses fausses rumeurs circulent sur Internet concernant le procès qui nous oppose à la société GRAINES BAUMAUX. Nous souhaitons ici rétablir la vérité, par un bref rappel de l’historique de la procédure et la présentation de quelques éléments du débat judiciaire ainsi que des échéances à venir.

Historique du procès

C’est en décembre 2005 que la société GRAINES BAUMAUX a fait assigner l’association KOKOPELLI devant le Tribunal de Grande Instance de Nancy.

Par un jugement en date du 14 janvier 2008, celui-ci a condamné KOKOPELLI au paiement de 10.000 €uros de dommages-intérêts à la société GRAINES BAUMAUX, sur le fondement de la concurrence déloyale, caractérisée selon le tribunal par une « désorganisation du marché des graines de semences potagères anciennes et/ou de collection ».

L’association KOKOPELLI a fait appel de ce jugement.

Devant la Cour d’Appel de NANCY, KOKOPELLI a demandé à ce que la Cour de Justice de l’Union Européenne soit saisie d’une « question préjudicielle » relative à la validité de la législation européenne sur le commerce des semences. Par une Ordonnance du 4 février 2011, la Cour a fait droit à cette demande.

Le 19 janvier 2012, l’Avocat Général de la Cour de Justice de l’Union Européenne nous a donné entièrement raison et a conseillé à la Cour d’invalider certaines dispositions clé de la législation européenne sur le commerce des semences, celles visant en particulier à rendre obligatoire l’inscription de toutes les semences au Catalogue Officiel.

Malgré cela, le 12 juillet 2012, la Cour de Justice de l’Union Européenne a jugé que la législation européenne sur le commerce des semences ne présentait aucun élément de nature à affecter sa validité.

Depuis cette date, la procédure opposant l’association KOKOPELLI à la société GRAINES BAUMAUX a repris devant la Cour d’Appel de NANCY. Nous avons échangé de nouvelles conclusions écrites et en échangerons encore, dans le cadre du calendrier de procédure fixé par la Cour. L’audience de plaidoirie se tiendra le 21 octobre 2013.

Éléments du débat judiciaire

Sans considération des accusations de toutes sortes, extrêmement diffuses, qui sont portées par la société GRAINES BAUMAUX contre l’association KOKOPELLI, notre adversaire nous reproche deux choses essentiellement :

– des agissements de concurrence déloyale, tirés, d’une part, de l’irrégularité alléguée des actes de vente réalisés par l’association au regard de ses statuts, et, d’autre part, de l’absence d’inscription des variétés commercialisées par l’association au Catalogue Officiel ;

– des actes de dénigrement et “ d’appel au boycott ”, en raison des lettres d’indignation reçues par M. BAUMAUX de la part de certains sympathisants de l’association KOKOPELLI.

La société GRAINES BAUMAUX réclame ainsi, sur ces deux fondements, la condamnation de l’association à lui payer une somme globale de 100.000 €uros à titre de dommages-intérêts, la cessation des activités de l’association, ainsi que divers frais de justice.

L’association KOKOPELLI, pour se défendre, présente divers arguments.

En premier lieu, nous justifions de la régularité de nos activités au regard de nos statuts et des règles générales régissant le fonctionnement des associations. Nous sommes, à ce titre, parfaitement en règle.

Deuxièmement, nous faisons un important rappel du champs d’application de la législation sur le commerce des semences, qui ne s’applique pas, à notre sens, à la vente de semences à des jardiniers amateurs, car ceux-ci ne font pas une “ exploitation commerciale ” de ces semences, ainsi que cela est prévu par les textes.

Enfin, nous demandons à la Cour de tenir compte des pratiques commerciales réelles des opérateurs sur le marché des semences. En effet, après un examen détaillé des catalogues commerciaux professionnels de la plupart des semenciers français (DUCRETTET, VOLTZ, AGROSEMENS, CLAUSE, VILMORIN), nous nous sommes aperçus que ceux-ci commercialisaient un grand nombre de variétés non inscrites ou bien interdites d’accès aux agriculteurs professionnels. Quant à la société GRAINES BAUMAUX elle-même, si en début de procédure son catalogue commercial comptait à peine plus d’une dizaine de variétés non inscrites, notre décompte actuel n’en dénombre pas moins de 58 ! Lire la suite