Le pouvoir nous prend pour des couillons

Pierre Larrouturou (Nouvelle Donne) : «Le pouvoir nous prend pour des couillons»

Nouvelle Donne revendique douze mille adhérents. Son créateur, Pierre Larrouturou, aujourd’hui co-président du mouvement, était l’invité d’Objections sur Mediapart.

Il écarte toute alliance avec le PS mais lance une invitation au Front de gauche et à Europe Écologie : «Prenons six mois pour construire un projet.»

 « Avec Stéphane Hessel, explique-t-il d’emblée, on est allés à Europe Écologie, après avoir quitté le PS, parce qu’on pensait qu’Europe Écologie allait avoir un autre rapport à la politique, permettre au citoyen de s’exprimer, et on a été déçus. Si on a créé Nouvelle Donne, c’est qu’on a l’impression qu’il y a besoin de quelque chose de vraiment nouveau. »


Pierre Larrouturou (Nouvelle Donne) : « Le… par Mediapart

« Pour nous, la vie politique ne se réduit pas aux élections. Dans les six mois, on va lancer une grande campagne, une bataille culturelle expliquant comment on peut sortir du chômage et de la précarité. On pense que si les libéraux sont arrivés au pouvoir c’est d’abord qu’ils avaient gagné une bataille culturelle. Et donc nous, puisque l’UMP et le PS ont tout fait pour faire croire que le progrès social est impossible, on va publier cent mille exemplaires d’un petit bouquin que tout le monde pourra lire en un week-end. On va former nos douze mille adhérents. L’essentiel pour nous, c’est de montrer que “pour de vrai” on peut sortir du chômage, de la précarité, que “pour de vrai” on peut changer l’Europe. Mais en même temps, on ne va pas faire une croix sur les départementales, et je crois qu’il y a cinquante endroits où il y a des candidats de Nouvelle Donne, parfois tout seuls, parfois avec des alliances, comme à Grenoble. »

« Avec qui ? demande Mediapart. Vous pourriez envisager d’avoir des alliances locales avec le PS ? »

La réponse est un réquisitoire : « Non, je pense que non. On a des amis au PS, mais la démocratie a besoin de clarté . Aujourd’hui s’allier avec le PS n’a pas de sens (…) Le PS n’apporte plus rien, et il aggrave les problèmes. Tout ce qui est fait depuis deux ans, ou presque tout, est dramatique. Je suis allé quinze fois à l’Élysée, et quinze fois à Matignon, et c’est juste honteux… Ils le savent que ça ne peut pas marcher ! On nous prend pour des couillons ! On a l’impression que ce gouvernement s’écrase devant les lobbies. »

« Dès lors avec qui s’allier ? » interroge Mediapart.

« On n’est pas dans un système d’alliance, objecte Pierre Larrouturou. Il faut d’abord faire connaître nos idées. Jean Jaurès disait que la politique, c’est des idées simples qu’on répète simplement jusqu’à ce que tout le monde comprenne que ça peut marcher. Il faut user le doute comme on fatigue la salade. Si on continue à compter sur le PS et sur l’UMP pour sortir de la crise, on va à la catastrophe. »

 

Remue-méninges en cours…

mis à jour mercredi 27 août

C’est l’heure des universités d’été et autres remue-méninges des partis. L’occasion de donner des nouvelles de ceux qui se bougent pour autre chose que des strapontins et des portefeuilles. (Discours de JL Mélenchon pour le Parti de Gauche, suivi d’une interview d’Eva Joly pour EE-LV, suivi de Pierre Larrouturou pour Nouvelle Donne)

Discours de clôture du Remue-Méninges 2014


« 2017 sera une insurrection ! » – J-L Mélenchon… par lepartidegauche

extrait de l’interview publiée dans le Dauphiné Libéré le jeudi 21 août 2014

Le Dauphiné – Le Front de gauche est-il mort ?

« Le Front de gauche a été un acteur majeur de la dernière présidentielle, donc un tel acquis ne doit pas être dilapidé. Mais le Front de gauche souffre actuellement de n’être qu’un cartel, sans participation populaire. Vous savez, le système actuel n’a pas peur de la gauche, mais il a peur du peuple. Le Front de gauche doit cesser ses palabres entre dirigeants et se tourner vraiment vers le peuple, et le fédérer. Il y arrivera sur des perspectives fortes de rupture avec le système. Il faut trouver les moyens d’en finir avec la monarchie républicaine. Il faut mettre en route la VIe République et la Constituante, cette assemblée dont le travail sera de réorganiser tous les pouvoirs, avec le peuple. »

Le Dauphiné – Un exemple d’action de cette Constituante ?

« Donner aux électeurs la possibilité d’un référendum révocatoire qui leur permettrait de décider si tel ou tel élu peut rester en place. Cela existe au Venezuela ou aux États-Unis. En France, ce serait une vraie bombe contre le système actuel. Et la politique en serait changée du tout au tout.

Le Dauphiné – Il y a quelque temps, vous tendiez la main aux écologistes en citant l’exemple des municipales à Grenoble.

« Ce qui s’est passé à Grenoble est une anticipation qui me fait rêver. L’anticipation d’une gauche sortie des clous de la traditionnelle alliance avec le PS, d’une gauche inventive, d’une gauche fière d’innover et de proposer autre chose. On ne doit pas voir ce qui s’est passé à Grenoble comme une simple péripétie locale. C’est un sentiment qui monte au sein des militants écologistes, je crois. »

La primaire de l’espoir, l’autre primaire de la gauche

Eva JOLY députée européenne Europe Écologie et Julien BAYOU conseiller régional Île-de-France EE-LV 22 août 2014 à 07:42

Et si au lieu d’être obsédés par le socialisme gouvernemental, nous tentions d’ouvrir un autre chemin pour 2017 ? Selon Eva Joly, ancienne candidate à l’élection présidentielle et Julien Bayou, conseiller régional Île-de-France, une alliance politique est nécessaire pour trouver les voies de la confiance populaire.

Mettons les pieds dans le plat. Le progrès écologique et social est en panne. Si la politique conduite par le gouvernement est à ce point éloignée des aspirations de millions d’électeurs écologistes et de gauche, ce n’est pas par hasard. Cette situation est le fruit de la faiblesse et de la division des forces qui réclament une autre politique. Certes, la détermination de François Hollande et de Manuel Valls est grande. Mais elle n’explique pas tout. Le plus déterminant à nos yeux, c’est la responsabilité de celles et ceux qui, réclamant une autre politique, sont incapables de peser politiquement sur le cours des choses. Revenons sur la période écoulée. Deux stratégies étaient possibles : la participation pour faire bouger les choses de l’intérieur (celle que EE-LV a menée en vain), la critique de l’extérieur (celle notamment du Front de gauche). L’une et l’autre ont montré leur limite, échouant à peser réellement sur le quinquennat. Pourtant celles et ceux qui veulent une autre politique ne sont pas condamnés à être minoritaires

En 2017, une candidature pour l’emporter

La vérité, c’est que les forces qui réclament une autre politique sont sidérées par le Parti socialiste. Soient elles s’y rallient, soient elles le fustigent, mais toujours elles en font le centre de leur stratégie politique. Et si au lieu d’être obsédés par le socialisme gouvernemental, nous tentions d’ouvrir un autre chemin pour 2017 ? Lire la suite