C’était un 21 février…

Il y a 70 ans jour pour jour, le 21 février 1944, les 23 résistants du groupe Manouchian sont exécutés au fort du Mont Valérien.

« Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant. ». Tel était constitué le groupe Manouchian autrement appelé Francs-Tireurs et Partisans de la Main-d’Oeuvre Immigrée (FTP-MOI), fusillés le 21 février 1944 au Mont-Valérien, pour cause de résistance après des mois d’insoutenables tortures puis un jugement expéditif par un tribunal militaire allemand, à l’exception de la Hongroise Olga Bancic, qui sera décapitée à Stuttgart le 10 mai 1944.
Leur exécution donna lieu à l’Affiche Rouge, affiche de propagande nazie ayant pour but de les salir qui expose les portraits de 10 résistants en plus des six photos d’attentats représentant des actions qui leur sont reprochées.

L’Affiche rouge, placardée en 1944 par les occupants, fait des étrangers, des juifs et des communistes un danger pour la France. 
« Il est très utile de se remémorer l’Affiche rouge, alors que sévit une sorte de chasse à l’étranger, avec son cortège d’antisémitisme, de racisme et de haine de l’autre » souligne Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité dans son éditorial.
L’Humanité publie un hors-série pour les 70 ans de l’Affiche Rouge avec un CD inédit de HK et les Saltimbanks interprétant l’Affiche Rouge de Léo Ferré. Inclus, le poster de l’Affiche Rouge et le poème de Louis Aragon.

Ce hors série consacré aux 70 ans de l’Affiche Rouge fait appel à de nombreux documents d’archive, pour la plupart jamais parus encore jusqu’à aujourd’hui et s’appuie sur des témoignages, notamment celui de Léon Landini, fils d’antifasciste italien engagé dans les FTP MOI, résistant et adhérant au Parti Communiste Français en novembre 1942 en même temps que son intégration au groupe Manouchian, et de Roger Trugnan, un des responsables des jeunes communistes de la MOI.
Il comprend également des entretiens historiques, celui avec Julien Lauprêtre, résistant et président du Secours Populaire qui nous fait part de sa résistance et de sa rencontre en cellule avec Missak Manouchian. Celui de l’historien Serge Wolikow, qui a participé à des projets de recherche sur l’histoire de la Résistance et à l’étude des militants du mouvement ouvrier et enfin celui du cinéaste Robert Guédiguian.

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Et en attendant de le recevoir, on peut relire ici l’article que Sémaphores avait consacré à l’Affiche Rouge en mars 2012, revoir ou découvrir l’interview d’Henri Carayan, l’un des derniers témoins de l’affiche rouge, et écouter la version chantée par Léo Ferré. (Ce qui n’empêche pas de découvrir la version de HK et les Saltimbanks, des jeunes qui assurent et nous rassurent : le relais de mémoire est bel est bien passé).

 

Le cercle des poètes retrouvé_13

Un double choix cette semaine avec ces deux rappels poétiques on ne peut plus en phase avec l’actualité. Le premier est dédié à Nicolas Sarkozy qui a ressuscité le très bancal alexandrin « Là où la mer est passée, elle revient » . Le suivant est laissé à la réflexion des parents qui croient à l’inexistante théorie du genre… aux autres parents aussi.

L’école de la poésie

« Les écrivains qui ont recours à leurs doigts pour savoir s’ils ont leur compte de pieds ne sont pas des poètes : ce sont des dactylographes. » (Léo Ferré)


Vos enfants ne sont pas vos enfants. 

Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même.Ils viennent à travers vous mais non de vous. Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.

Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées, car ils ont leurs propres pensées.

Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes, car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves.

Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux, mais ne tentez pas de les faire comme vous. Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s’attarde avec hier.

Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés.

L’Archer voit le but sur le chemin de l’infini, et il vous tend de sa puissance pour que ses flèches puissent voler vite et loin. Que votre tension par la main de l’Archer soit pour la joie, car de même qu’il aime la flèche qui vole, il aime l’arc qui est stable.

Khalil Gibran