Grèce_le suivi

par Arrêt sur Image_28 juillet 2015

Après Varoufakis ministre et économiste, Varoufakis hacker ?

Dans un échange avec des membres de fonds d’investissement, l’ancien ministre grec de l’économie Yanis Varoufakis précisait il y a deux semaines les contours de son « plan B » en cas d’échec des négociations avec les créanciers. Des propos, retranscrits par le quotidien grec Ekathimerini (distribué avec l’édition internationale du New York Times), jugés « surprenants », « incroyables » voire « explosifs » par la presse française.

Varouf_la tribuneLors de l’échange téléphonique avec ces membres de fonds d’investissements, qui a eu lieu le 16 juillet – soit une semaine après sa démission -, Varoufakis décrit en effet un plan qui aurait impliqué de « pirater » le système de l’administration fiscale pour mettre en place un « système bancaire parallèle ». « Ce plan aurait consisté à créer un système permettant de transférer des fonds directement des contribuables aux organisations ou entreprises créancières de l’Etat en cas de tarissement des fonds voire de fermeture des banques », explique la Tribune. Un système basé sur une sorte de monnaie provisoire donc, aussi appelée « IOUs ».

Ce système serait revenu à « créer un système bancaire parallèle au moment où les banques étaient fermées à cause de l’action agressive de la Banque centrale européenne visant à nous étrangler (…) C’était particulièrement bien développé et nous aurions pu faire une grosse différence, estime Varoufakis, puisque très vite on aurait pu l’étendre, en utilisant des applis pour smartphones. Bien sûr ce serait formulé en euro mais en un clin d’œil il pourrait être converti en nouvelles drachmes ».

Plus surprenant : pour arriver à ses fins, Varoufakis explique avoir fait appel à un ami d’enfance spécialisé en sécurité informatique à l’université de Columbia, pour pirater les installations de sa propre administration. Ce dernier n’aurait cependant pas réussi à pirater certains logiciels, alors sous contrôle de la Troika.

« Schauble a un plan »

Interrogé par le Telegraph sur ces échanges, Varoufakis a reconnu leur authenticité mais regrette « la récupération » qui en est faite en Grèce. « Ils veulent me faire passer pour un escroc et me faire tomber pour trahison. C’est une tentative d’annuler les cinq premiers mois de ce gouvernement et de les mettre dans la poubelle de l’Histoire », avance-t-il, rappelant qu’il a toujours été opposé à la sortie de son pays de l’euro. L’économiste fait référence à l’opposition, qui demande une enquête du gouvernement, et à certains élus qui l’ont accusé de trahison. Dans le même article, on apprend enfin que c’est le refus de Tsipras de mettre en place le plan Varoufakis le soir du « non » grec au référendum qui a causé la démission du ministre.

En dehors de ce plan B, un autre passage (moins repris) de la retranscription d’Ekathimerini donne une idée de la position allemande et française vue par Varoufakis et évoque un autre plan plus ou moins secret, mais allemand cette fois. « Schaüble [le ministre allemand des finances] a un plan. […] Il pense que l’eurozone n’est pas viable comme elle est. Il pense qu’il faut des transferts fiscaux, et un certain degré d’union politique. Mais il pense que pour cette union fonctionne sans fédéralisme, sans la légitimité d’un parlement fédéral élu, il faut mettre en place une discipline stricte pour y arriver. Et il m’a dit explicitement que le Grexit lui donnerait ce pouvoir de négociation, un pouvoir de la terreur suffisant pour imposer aux Français une idée à laquelle Paris résistait. Laquelle ? Transférer une partie du pouvoir de décision budgétaire de Paris à Bruxelles. »

Capture_decran_Wolfgang SchäubleLa réponse de Bruxelles…

28-07-2015 13:59:27
Pays : BEL

BRUXELLES, 28 juil 2015 (AFP)

« Allégations sans fondement », « théorie du complot »… La Commission européenne a accusé mardi l’ex-ministre grec des Finances Yanis Varoufakis de mentir sur le contrôle exercé par les créanciers sur les comptes du pays, en réagissant aux révélations de ce dernier sur un plan B de sortie de crise.

Le Secrétariat général aux recettes publiques, qui a la main sur les numéros fiscaux des contribuables grecs, « est une entité indépendante, qui fait partie du ministère des Finances », a affirmé mardi Mina Andreeva, une porte-parole de la Commission européenne.

« Les allégations selon lesquelles la troïka contrôlait le Secrétariat général aux recettes publiques sont fausses et sans fondement », a-t-elle déclaré. « Ce n’est tout simplement pas vrai », a-t-elle insisté.

Yanis Varoufakis a dévoilé mi-juillet qu’il avait travaillé durant des semaines, dans le plus grand secret mais avec le feu vert du Premier ministre, à la mise en place d' »un système bancaire parallèle » impliquant un piratage du logiciel de l’administration fiscale grecque.

Il a justifié ce piratage par le fait que selon lui, le Secrétariat général aux recettes publiques était sous contrôle des créanciers du pays, ce qui aurait rendu impossible de tester le système parallèle sans les alerter.

La Commission ne veut pas « s’aventurer » à commenter ces « théories du complot », et préfère se concentrer sur l’avenir plutôt que le passé, a souligné Mme Andreeva.

AFP 281359 JUL 15

..Selon la Commission, Varoufakis aurait donc inventé cette histoire…Ce démenti de la Commission apparait moins crédible que le propos de varoufakis : on voit mal quel intérêt ce dernier poursuivrait en inventant une histoire pareille.

*=*=*=*=*=*=*=*

En attendant nous aimons bien cet autre coup de gueule de Jean Ortiz dans l’Huma de mardi 28 Juillet, car il y a malheureusement une réalité criante….

grece_saleGrèce : soldes géantes !
A vendre Prix fracassés !!!

aéroports
autoroutes
ports
compagnie électrique
industries diverses
compagnie de l’eau
agoras
temples
hôpitaux
plasma sanguin
souffrances à la tonne
litres de larmes
souveraineté et indépendance nationales
acropole
drapeau
poèmes de Yannis Ritsos
Zorba le Grec
sirtakis
bouzoukis
rebetikos
œuvre de Theodorakis
cigales
filmographie de Costa Gavras
ciel bleu
îles
cimetières
soleil
philosophie
statues (tout format)
fables
dette
dette
dette
Joindre :
BCE
UE
TROIKA
MERKEL (si absence, appeler François HOLLANDE)
Appels non surtaxés : 00 00 00 00 00
Prix imbattables, donc « non à débattre », sans négociation !

 

Le cercle des poètes retrouvé_n°33

La Grèce aux pieds gonflés de Titos Patrikios

titos_DR

« La poésie vient te trouver en vélo, en mobylette, en voiture/parfois elle arrive comme une amazone le glaive dressé/ parfois elle te suit à la sortie du supermarché comme une mendiante en haillons/elle t’entraîne telle une porno-star dans les abysses imaginaires/elle te rappelle à l’ordre comme un directrice de maison de redressement/elle t’apparaît dans les tréfonds du sommeil telle une vierge immaculée »

« Grèce solitaire, oubliée, toi qui la nuit/erres les cheveux dénoués/vendant des fleurs dans les boîtes de nuit/te faufilant entre voitures et musiques/entre passants indifférents et mouchards/entre les garçons qui changent de service et ces deux-là/qui jettent des tracts dans l’obscurité ».

« Vers qui se dressent soi-disant comme des baïonnettes/vers qui menacent l’ordre établi/et qui dans leurs quelques pieds/font ou défont la révolution/inutiles, mensongers, grandiloquents/parce qu’aucun vers aujourd’hui ne renverse de régime/aucun vers ne mobilise les masses/ C’est pourquoi moi je n’écris plus/pour offrir des fusils en papier/des armes de paroles bavardes et creuses/Mais pour soulever juste un coin de la vérité/jeter un peu de lumière sur notre vie plagiée ».

Pour découvrir Titios Patrikios : http://www.humanite.fr/la-grece-aux-pieds-gonfles-de-titos-patrikios-579995?IdTis=XTC-FT08-AZIGCX-DD-DMCLQ-FHFP

barricade

« Podemos » et la machine à perdre ?

Par Jean Ortiz.

Podemos a commencé à ouvrir une brèche dans laquelle peuvent s’engouffrer d’autres forces alternatives. Son concept de « caste », l’opposition peuple/caste (élites), sa priorité accordée à la lutte contre l’austérité et la corruption, mobilisent ou remobilisent des couches abstentionnistes, une partie de la jeunesse…

Podemos, en partie issu, mais qui diffère beaucoup, du M15 (Mouvement des Indignés, 2011), dans les premiers mois de sa naissance (début 2014), a adopté un positionnement radical, antisystème, afin de faire reculer le consensus bipartite, et parvenir au gouvernement.

pablo-iglesias_DRDepuis le printemps 2015, sous l’impulsion de son leader Pablo Iglesias, Podemos a recentré sa stratégie (Voir article «Podemos : Notre stratégie », Le Monde diplomatique, juillet 2015) pour la « modérer » afin qu’elle soit plus « rassembleuse », qu’elle occupe « la centralité » du champ politique. Podemos a donc mis de l’eau dans son vin, évacué des problèmes centraux, par trop « radicaux », et qui, selon lui, ne sont pas des priorités et divisent les Espagnols :
un processus constituant
la forme de l’État : République (fédérale ? confédérale ?), ou monarchie ?
la renégociation de la dette
les bases militaires nord-américaines en Espagne
la laïcisation
le féminisme, etc. Lire la suite

Grèce_ le suivi

*=*=*=*=*=*

greve géné grèce*=*=*=*=*=*

Pétition européenne pour un GermanExit

La création de l’UE et de la monnaie commune visait un objectif de solidarité entre les peuples, les pays et les économies. Chaque pays de l’Union ou de la zone monétaire a pu profiter de la solidarité des autres pour se développer. Aujourd’hui la chancelière allemande, Angela Merkel, et son ministre des finances, Wolfgang Schäuble, veulent enterrer le projet européen. Ne les laissons pas faire.

Nous Européens de toutes générations demandons l’arrêt de cette marche en avant catastrophique. L’avenir de 500 millions d’Européens ne peut pas être pris en otage par les dogmes dangereux d’un gouvernement allemand qui veut absolument humilier le gouvernement grec et punir le peuple grec pour n’avoir pas voté comme les Allemands auraient voulu. Nous devons refuser les menaces comme celles proférées par ministre des finances allemand en marge du sommet européen de samedi : « la Grèce doit sortir ou ce sera nous ». Alors sortez donc ! Aujourd’hui deux solutions s’offrent à la chancelière allemande : soit Wolfgang Schauble démissionne comme l’a si bien fait Yannis Varoufakis pour poursuivre de manière raisonnable les négociations, soit l’Allemagne sort de la monnaie commune. Sans germanophobie, montrons à Angela Merkel que l’Europe est unie !

Signer la pétition : http://germanexit.wesign.it/fr

*=*=*=*=*=*

*=*=*=*=*=*

Dans l’Huma, Jean Ortiz pose la question « Faudra-t-il ressortir le Chant des Partisans ? »
« Nous ne sommes pas loin d’une nouvelle « occupation » : d’une insupportable ingérence. »

L’acharnement, la violence d’Angela Merkel pour mettre à genoux et humilier le magnifique peuple grec, faire capituler Tsipras, relève d’un mépris total de la démocratie et d’une attitude fascisante.

À lire ici : http://www.humanite.fr/blogs/faudra-t-il-ressortir-le-chant-des-partisans-579356

*=*=*=*=*=*

Merkel rausU324VgK

Quelle dette grecque ?

mise à jour 23 juin (ajout vidéo en fin d’article)

« Les milliards de la dette n’ont servi qu’à remplir les coffres des banques »

Dans le centre d'Athènes, en 4 février dernier. Photo : Louisa Gouliamaki/AFP

Dans le centre d’Athènes, en 4 février dernier.
Photo : Louisa Gouliamaki/AFP

La commission d’audit sur la vérité de la dette grecque, mise en place en mars par la présidente du Parlement grec, Zoé Konstantopoulou, a rendu publiques ses conclusions préliminaires à la mi-juin. Ce pré-rapport met en lumière les pernicieux mécanismes qui confirment dès lors l’illégitimité et l’insoutenabilité, de cette dette, affirme l’économiste Éric Toussaint, en charge de la coordination de ces travaux. Entretien.

toussaint_0 HD. Quels sont les points forts du rapport préliminaire qui décortique la généalogie de la dette de la Grèce ?
Éric Toussaint. Pour dresser ce rapport, nous nous sommes penchés sur les prêts consentis par les 14 États membres de la zone euro, qui s’élèvent à 53 milliards d’euros, le prêt débloqué par le Fonds européen de stabilité financière, de l’ordre de 130 milliards, les 27 milliards de titres détenus par la Banque centrale européenne (BCE) et les prêts octroyés par le FMI à hauteur de 27 ou 28 milliards. Nous avons analysé en priorité les dettes réclamées par les institutions que je viens de citer pour voir si l’on peut les considérer comme illégitimes, illégales ou insoutenables. Les résultats de nos investigations nous permettent de répondre clairement que c’est le cas.

HD. En quoi, précisément, ces dettes sont-elles illégitimes ?
E. T. La raison est simple: ces dettes n’ont absolument pas bénéficié à la Grèce. Elles ont été en réalité octroyées pour favoriser les grandes banques privées, notamment françaises et allemandes, lesquelles étaient les principales créancières jusqu’au début de 2010. Nous estimons qu’une dette est illégitime dans la mesure où elle est accumulée sans respecter l’intérêt général, mais pour favoriser une mino rité privilégiée. Les montants qui ont été octroyés par les 14 États membres de la zone euro, dont la France (10 milliards), ne sont pas arrivés dans les caisses de l’État grec, ils n’ont pas servi à payer des retraites ou des salaires de fonctionnaires, à faire fonctionner des hôpitaux ou à maintenir en état des infrastructures, mais à remplir les coffres des banques, lesquelles étaient par ailleurs à l’origine de la crise.
(…)
L’escroquerie dévoilée par une ex-« huile » de Bruxelles. Philippe Legrain a été, de février 2011 à février 2014, conseiller économique de José manuel Barroso alors président de la commission européenne. il a été auditionné le 11 juin dernier par la présidente du parlement grec et la commission pour la vérité sur la dette grecque. il a révélé qu’en 2010 le prêt octroyé à la Grèce était destiné au remboursement immédiat des banques françaises et allemandes qui étaient les principales créancières. Les dirigeants d’institutions, dont Jean-claude trichet (ex-directeur de la Bce), s’étaient alors opposés à toute restructuration de la dette grecque pourtant insoutenable pour défendre les intérêts des banques. De plus, en achetant à l’époque des titres grecs sur le marché secondaire, la Bce a permis aux grandes banques européennes de revendre leurs titres à bon prix. selon philippe Legrain, non seulement les grandes banques n’ont essuyé que peu de pertes mais certaines même ont réussi à dégager de beaux profits de cette opération. Depuis son arrivée au pouvoir, le nouveau gouvernement grec a remboursé 7 milliards d’euros à ses créanciers.

Article intégral sur l’Huma : http://www.humanite.fr/les-milliards-de-la-dette-nont-servi-qua-remplir-les-coffres-des-banques-577461

*=*=*=*=*=*

Intervention d’Éric Toussaint à Athènes le 17 juin 2015

La Commission pour la vérité sur la dette publique grecque présente ses premières conclusions. C’est dans ce cadre qu’Éric Toussaint, qui coordonne les travaux est intervenu aujourd’hui au Parlement hellénique. Le rapport conclut que la dette grecque est en grande partie illégale, illégitime et odieuse.

Ce rapport préliminaire présente une cartographie des problèmes et des questions clés liées à la dette publique grecque, et fait état des violations juridiques associées ; il retrace également les fondements juridiques sur lesquels peut se fonder la suspension unilatérale des paiements de la dette.

 

Les géants et l’autre_(suite)

D’abord un retour sur l’éditorial de Patrick Apel-Muller, le 28 Mai dans l’Humanité

Pour qui ce brouillard au Panthéon ?

Allons, c’était digne. L’entrée de quatre héros de la Résistance au Panthéon n’a pas été flétrie par la pompe et, entourée par des jeunes lycéens, elle prolongeait des engagements courageux vers l’avenir.
François Hollande voulait faire de son discours un chef-d’œuvre ; ce fut un exercice convenable qu’on sentait pourtant parcouru d’une fissure.

• Que retrouver en effet de la République sociale et de l’essor de la culture pour lesquels combattait Jean Zay dans la politique docile et libérale des gouvernants d’aujourd’hui ?
• Où trouver l’attention aux pauvres d’une Geneviève de Gaulle-Anthonioz ?
• Quelle trace de la passion intraitable de Germaine Tillion pour la liberté et l’altérité ?
• Quelle place pour leur attachement sourcilleux à l’indépendance nationale dans le grand large de la fraternité ? Le verbe présidentiel était semblable « à ces cratères où les volcans ne viennent plus, où l’herbe jaunit sur sa tige ».

Le chef de l’État a choisi des personnalités à honorer en excluant un pan essentiel de la Résistance, celui des communistes, et tombait donc à plat son envolée sur « l’histoire quand elle devient partagée » : il venait de la diviser. Le Panthéon ne peut être traité comme une salle à places réservées, où ni la classe ouvrière, qui paya le plus lourd tribut à la Résistance, ni les immigrés, dont l’héroïsme est devenu légendaire, ne sont admis. C’est la condition pour que des destins donnent « à la patrie une destinée ». Nicolas Sarkozy l’avait hélas mieux compris qui avait mis en valeur la figure de Guy Môquet pour tenter de la manipuler.

À qui ce brouillard est-il nécessaire ? Pourquoi remodeler l’épopée de l’armée des ombres pour en biffer la trace de ceux qui portèrent le plus haut l’espérance que les sacrifices sous l’Occupation ouvrent une nouvelle ère de progrès pour tous ? Peut-être parce que, comme l’écrivait Hugo, « dans connaître, il y a naître », et que certains craignent toujours l’avènement « des jours heureux » programmés par le Conseil national de la Résistance.

pantheon

Par ailleurs, Jean Ortiz a préféré continuer sa série « Les géants » (article précédent ici) avec ce texte que nous aurions aussi bien pu reproduire dans la nôtre série du Cercle des poètes retrouvé. A lire ou à chanter sur l’air de « L’Affiche rouge », que vous pouvez aussi réviser dans nos pages (c’est ici).
Vous avez récolté le mépris et la honte
Monsieur le président en triant parmi les résistants
Vous avez offensé la mémoire de milliers de martyrs
aveuglé que vous êtes par vos choix politiques

L’histoire ne retiendra de vous que le casque
d’une ridicule épopée un soir motorisée
et des trahisons sans nom toutes à répétition
pour servir le pognon de vos amis patrons

Un beau jour de printemps où la nation panthéonise
vous vous êtes livré à de petits calculs
réécrivant l’histoire en piètre manipulateur
la dignité de Manouchian n’est pas donnée à tous

Vous avez racolé tous les médias de France
pour un discours pourtant bien décevant
et en voulant gommer le sang des communistes
vous avez honoré ceux que vous bannissez

Vous croyiez vous grandir Monsieur de la présidence
en amputant une histoire si grande si forte
vous n’avez fait que sombrer et naufrager sans fin
pour complaire aux nantis que vous aimez si bien

Ils étaient quatre géants deux hommes et deux femmes
à entrer dans la crypte qu’ils méritaient enfin
Mais vous laissiez derrière eux en exclusion inique
la résistance la nôtre ouvrière et populaire

Vous pensiez enterrer le CNR et son programme
pour permettre au Medef d’amasser de l’oseille
mais attention monsieur à vos panthéonnades
votre pantalon est décousu et si ça continue…

Quelle idée !

par Jean-Paul Jouary 11 Avril 2015

La démocratie en ballottage défavorable

L’idée actuelle de « majorité » politique repose ainsi sur le présupposé que le peuple est « mineur ». On lui concède donc le droit d’aller tous les cinq ans trancher entre deux bergers prétendant à la conduite du troupeau.

Les peuples s’habituent malheureusement à tout et les absurdités les plus nocives finissent parfois par apparaître à la plupart des citoyens comme le seul monde possible. Le seul, donc le meilleur. Un peu comme si les maroquineries devenaient l’idéal pour les crocodiles et l’industrie de la fourrure le rêve des bébés phoques. On voit ainsi des millions de citoyens, sensés en apparence, se passionner entre deux élections présidentielles pour les manœuvres qui visent à construire de futures « majorités présidentielles » susceptibles de « prendre le pouvoir ».

« Prendre » : à qui donc, sinon au peuple qui en sera donc dépossédé ? « Prendre », « avoir », « conserver » le pouvoir : ces expressions courantes, du seul fait d’exister, racontent à leur façon la décadence de l’idée même de démocratie. On appelle ainsi « majorité présidentielle » ceux qui, forts du « suffrage majoritaire », se prétendent investis non pas d’un devoir d’appliquer les décisions populaires, mais d’un pouvoir de décider au nom du peuple, sans lui voire contre lui. On l’ignore le plus souvent, mais le mot « majorité » n’avait nullement ce sens politique jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. « Majorité » signifiait alors n’être plus « mineur », c’est-à-dire inapte à exercer avec raison et responsabilité la conduite de sa vie. Autrement dit, par la magie de la langue et de l’histoire, on parle aujourd’hui de « majorité » pour désigner ceux qui dirigent une nation à la place du peuple, celui-ci étant considéré comme « mineur » donc condamné à être représenté comme un jeune enfant ou un vieillard sénile, par des parents ou des « tuteurs », faute d’avoir les capacités d’exercer ses droits citoyens d’un peuple souverain. Il aurait donc besoin de « tuteurs », comme les plantes tordues incapables de pousser droit.

Lire la suite sur l’Huma : http://www.humanite.fr/blogs/la-democratie-en-ballottage-defavorable-570971

 

Loi Macron : une loi de classe

Patrick Le Hyaric  Vendredi, 16 Janvier, 2015  Humanité Dimanche

Quelle profession de foi ! « Les jeunes Français doivent avoir envie de devenir milliardaires. » Elle est du ministre de l’Économie Macron, loin d’ici, à Las Vegas, lors d’un grand salon de l’électronique. Quelle profession de foi de la part de l’ancien banquier qui ne sait pas ce que signifie vivre dans la précarité absolue, travailler la nuit pour payer ses études, dormir dans la rue ou dans sa voiture pour certains, tout en ayant un emploi, ne pas pouvoir finir le mois pour un jeune couple.

Non ! Ayez « envie de devenir milliardaires », lui, le même qui veut rétablir pour les pauvres la troisième classe en car, faire travailler tout le monde le dimanche, allonger la semaine de travail et… abaisser le « coût du travail » ! C’est notre nouveau Guizot avec son « enrichissez-vous ». Lui, le super-millionnaire, explique donc aux jeunes, d’un ton culpabilisateur, que s’ils ne deviennent pas « milliardaires », ils ne sont pas dans le coup.

D’ailleurs, le président de la République a expliqué sans rire, lors de ses vœux, que ce projet de loi censé donner « un coup de jeune à la France » était aussi « une loi pour le siècle à venir ». Il faut se pincer pour ne pas s’écrouler de rire devant de telles grossièretés. C’est au contraire une loi de retour au XIXe siècle. C’est la contre-révolution libérale et anti-écologique.

Le ministre de l’Économie est chargé de tenter de faire changer des législations qui relèvent d’autres ministres, comme ceux du Travail, de la Justice, du Commerce ou de l’Artisanat, des Transports, du Logement. Il tente de modifier des pans importants de notre droit du travail : travail du dimanche élargi à la possibilité de douze dimanches travaillés par an, travail de nuit modifié, facilitation des licenciements, allongement du temps de travail, juridictions prud’homales mises en cause, inspection du travail affaiblie, médecine du travail dénaturée. Lire la suite

Vous avez aimé TAFTA ? Vous adorerez TISA !

Des négociations internationales secrètes sur les services, dévoilées par Wikileaks

Après TAFTA, les États-Unis et l’Union Européenne vous présentent TiSA. Vous n’en avez jamais entendu parler ? Pas étonnant : les débats sont confidentiels et aucun grand média ne s’était encore penché sur la question, à laquelle L’Humanité consacre sa Une d’aujourd’hui. Un traité international négocié discrètement entre 50 pays, qui vise à libéraliser le marché des services et empêcher toute régulation du secteur financier.

L’opacité des débats sur le traité transatlantique vous a choqué ? Attendez un peu de voir son petit frère. Derrière cet acronyme se cache le Trade in Services Agreement, ou Accord sur le commerce des services (ACS) : un accord commercial actuellement négocié sur la libéralisation du marché des services à l’échelle mondiale.

En bleu, les 50 pays qui négocient TiSA représentent 70% des échanges mondiaux de service (Source : Département du commerce australien)

Des privatisations irréversibles qui interdisent toute intervention des États dans un large éventail de secteurs indirectement liés au commerce

La semaine dernière, Wikileaks a toutefois permis d’en savoir un peu plus, en publiant une annexe de cet accord. Son principal enseignement est que TiSA engloberait les services financiers, empêchant de fait leur régulation. Surtout, le secret de l’accord est entièrement assumé : l’annexe est classée confidentielle pour une durée de cinq ans et doit être « conservée dans un bâtiment, une pièce ou un contenant verrouillé ou sécurisé« .

Bien entendu ce secret ne concerne que le grand public : les lobbys de l’industrie des services ont activement participé au round de négociation d’avril 2014, comme ils l’indiquent dans un communiqué.

Lire l’article d’Agnès ROUSSEAUX sur Bastamag : http://www.bastamag.net/Tisa-ces-negociations-commerciales

le fil sémaphorien_avril2014_n°2

¤=¤=¤=¤=¤ mise à jour 12 avril

Sondage : 79 % des Français désapprouvent la nomination d’Harlem Désir comme secrétaire d’État aux affaires européennes. Si on ajoute les 5% qui ne se prononcent pas… ne reste effectivement pas grand monde pour apprécier cette nomination.

Dans le détail du sondage (BVA/iTélé) on peut aussi voir que la désapprobation est particulièrement élevée parmi les sympathisants de droite, avec 95 %, contre 3 % qui approuvent et 2 % qui ne se prononcent pas. Le pire est que même chez les sympathisants du PS ils sont 61 % à désapprouver cette entrée au gouvernement du chef du parti. À part ça, Hollande est toujours persuadé de faire les bons choix et d’être à l’écoute des Français…

Par ailleurs, un autre sondage nous semble bien plus inquiétant : 55 % des Français auraient jugé Manuel Valls « convaincant » dans son discours de politique générale. Ben dis donc… voilà plutôt de quoi mesurer le manque de discernement politique des mêmes Français. Mais 55 %, c’est peut-être les mêmes qui rêveraient de voir revenir l’agité du bocal…

Petit rappel pour ceux qui croient en la capacité de gestionnaire de l’hidalgo Manuel :

En décembre dernier, le magazine Capital assurait que les habitants d’Évry « paient encore la gestion bien peu rigoureuse de Manuel Valls », qui a été maire de la ville pendant onze ans. Ils pointaient notamment « des frais de communication [qui] ont bondi de 852,6% entre 2001 et 2003 », une avalanche de chargés de mission au cabinet du maire (jusqu’à 49), une explosion des dépenses de personnel, de multiples gaspillages… Extrait :

« Les caisses d’Évry sont vides. “J’ai rarement vu ça, ils n’ont même pas de quoi payer leur dette”, s’étonne Claude Jaillet, expert en finances locales. “Du coup, ils sont obligés d’emprunter pour rembourser les échéances.”

Ce n’est pourtant pas faute d’avoir fait… valser les impôts. Entre 2001 et 2012, la pression fiscale sur les ménages de la commune a explosé de 45,7%. Grâce à quoi la facture moyenne des foyers imposables, qui frôle aujourd’hui les 2 100 euros annuels, est l’une des plus élevées de France pour une ville de cette importance.»

Gestion rigoureuse ? On verra ce que diront ces 55% de français aveugles lorsque les comptes de la Sécu commenceront à valser.
¤=¤=¤=¤=¤

Venezuela_le suivi

Le président socialiste Nicolas Maduro, dauphin du charismatique Hugo Chavez, a reçu avec sa garde rapprochée au palais présidentiel de Miraflores les principaux dirigeants modérés de la coalition d’opposition de la Table de l’unité démocratique (MUD), dont sa principale figure, le gouverneur et deux fois candidat à la présidentielle Henrique Capriles.

En présence d’une délégation de trois ministres des affaires étrangères de l’Unasur (Brésil, Colombie, Equateur) et du nonce apostolique au Venezuela, la réunion a commencé avec plusieurs heures de retard, peu avant 2 heures du matin (heure de Paris). Les échanges, d’abord sous forme de prises de parole, sont retransmis en direct sur toutes les radios et télévisions du pays.

¤=¤=¤=¤=¤

Le 1er avril marquait la fin de la trêve hivernale pour des milliers de familles poursuivies pour impayés de loyers. Au cours de la trêve hivernale, le gouvernement a ouvert 16 000 places d’urgence pour les SDF, tout en promettant de mettre fin à une gestion saisonnière de l’hébergement des sans-abri. Promesse, on le sait, qui ne sera pas respectée, alors même que les impayés ne concernent que 2,5 % des loyers.

L’ONG Caritas, pourtant peu habituée à investir le champ politique, accuse cette fois ouvertement les politiques d’austérité imposées par l’Europe. Elle demande aux gouvernements d’accepter d’en reconnaître l’échec et de trouver des alternatives.

« La grande pauvreté atteint désormais plus de 10 % de la population. Les salariés, quand ils travaillent, gagnent parfois si peu qu’ils ne peuvent subvenir à leurs besoins. Près de 500 000 salariés en Europe, selon ses estimations, ne peuvent plus se payer un logement. »

Ce rapport de 116 pages (en anglais seulement pour l’instant) s’est intéressé en priorité aux sept pays européens les plus touchés par la crise – Grèce, Espagne, Portugal, Irlande, Italie, Chypre et Roumanie.

http://www.scribd.com/doc/215468984/Caritascrisisreport-2014-En

¤=¤=¤=¤=¤

affaireS Sarkozy_le suivi

Parmi les casseroles judiciaires encore attachées aux pattes de l’agité du bocal, l’une des plus graves est l’affaire Karachi, qui s’est soldée par la mort de 14 personnes dont 11 ingénieurs français. Le site le Monde s’est fendu d’une petite vidéo de 3 minutes, assez clairement récapitulative, une sorte d’Affaire Karachi pour les Nuls.


Comprendre l’affaire Karachi en 3 minutes par lemondefr

¤=¤=¤=¤=¤

08 avril

Ça vient de tomber… (et ça va continuer à pleuvoir)

Steeve Briois, le nouveau maire FN d’Hénin-Beaumont, a décidé de fermer le local municipal mis à disposition de la Ligue des droits de l’homme depuis de nombreuses années.

il a annoncé sur France Info : « Les électeurs nous ont aussi élus pour ce type de décisions. La Ligue des droits de l’homme est une association politisée. Elle n’a eu de cesse pendant la campagne électorale de dire tout le mal qu’elle pensait de nous. Alors on coupe les liens. Point final. A partir du moment où ces militants s’immiscent dans la vie de la municipalité avec des a priori hostiles, on ne va pas les laisser profiter d’un local municipal. On serait maso ! Fini l’hébergement et fini la subvention. Ils iront ailleurs. »

Libé entre dans plus de détails. Enfumage néanmoins.

http://www.liberation.fr/politiques/2014/04/08/la-mairie-fn-d-henin-beaumont-supprime-subvention-et-local-de-la-ldhmun62110_994003

Par ailleurs nous apprenons qu’à Toulouse avec Moudenc, le changement, c’est maintenant ! Un changement qui consiste à permettre à des mouvements fascistes interdits de manifester Place du Capitole. L’évolution, on adore…

¤=¤=¤=¤=¤

c’est aujourd’hui 8 avril que le journal l’Huma ressuscite.

Le sens profond d’une nouvelle Humanité 

110 ans après sa fondation, le 18 avril 1904, l’Humanité se renouvelle, se transforme, se réinvente.

Elle le fait à ce moment particulier de notre histoire où les coups de boutoir conjugués des rapaces de la finance, d’une Europe ultralibérale, d’une mondialisation capitaliste et de gouvernements qui s’y soumettent, augmentent chaque jour les souffrances sociales, le chômage, la précarité du travail et l’insécurité de vie.

Elle le fait à un moment où les idées de droite, de plus en plus mêlées à celles de l’extrême-droite sont sans cesse banalisées et promues par le grand bazar du média-business. De ce fait, elles progressent sur le terreau des crises et des souffrances, contaminant de larges secteurs de populations inquiètes, désorientées, maltraitées, ignorées, méprisées par celles et ceux qui tiennent le haut du pavé.

L’Humanité, fondée par l’ardent défenseur du socialisme, change aujourd’hui,  à ce moment où ce que l’on pouvait appeler jadis « la social-démocratie européenne » est entrée dans une crise très profonde, révélée, élections après élections partout en Europe.

Lire la suite

¤=¤=¤=¤=¤

Nous avions pensé que toute autre décision que la relaxe serait inacceptable, mais non.

Coupable ! Le tribunal correctionnel de Dijon a rendu aujourd’hui son verdict dans l’affaire du viticulteur bio, Emmanuel Giboulot, qui avait refusé de traiter ses vignes conformément à l’arrêté préfectoral pris l’été dernier afin de lutter contre la flavescence dorée, maladie contagieuse véhiculée par une petite bête inoffensive, la cicadelle.

Jugé coupable donc, le viticulteur se voit condamner à 1 000 euros d’amende dont 500 avec sursis. Cette peine avait été requise par le parquet lors du procès tenu le 24 févier, une peine perçue comme plutôt clémente par l’entourage de Giboulot. Ce dernier risquait en effet jusqu’à 30 000 euros d’amende et 6 mois d’emprisonnement. Il a cependant décidé de faire appel du jugement.

Vous avez été nombreux à soutenir Emmanuel Giboulot en signant la pétition de soutien, c’est toujours possible de le faire : (accessible ici)

¤=¤=¤=¤=¤

le dessin du jour

¤=¤=¤=¤=¤

L’ex-premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, candidat du centre droit à la présidence de la Commission européenne, s’est dit samedi opposé au fait que la France bénéficie d’un nouveau délai pour réduire son déficit public. La France, qui a déjà obtenu un report jusqu’en 2015 pour être dans les limites des règles budgétaires européennes, « ne peut pas encore une fois avoir un passe-droit », elle doit « suivre les règles du jeu comme tous les autres », a-t-il déclaré lors d’un point de presse à Berlin. Quant au président de la Banque centrale allemande, la Bundesbank, Jens Weidmann, il a demandé à la Commission européenne de faire « respecter les règles de manière stricte ».

Euh… Le doigt sur la couture du pantalon, le béret sur la tête et la baguette à la main, ce n’est plus ainsi que les Français ont envie de se présenter devant le parlement européen. Ils ont commencé de le dire haut et fort lors des dernières municipales, ils le diront encore plus haut et plus fort lors des prochaines européennes. Messieurs les androïdes allemands, il va falloir vous habituer à la voix grandissante des autres peuples européens, la France en particulier parce qu’elle est la 2eme puissance du continent et la 5eme du monde. Elle ne suivra plus très longtemps les règles d’un jeu qui ne lui convient pas. Si quelque chose est inéluctable, c’est bien qu’approche le jour où il va falloir vous soumettre ou vous démettre.

Rappelons-nous que c’est ce même androïde Juncker qui avouait en 1999 : «Nous prenons une décision, puis nous la mettons sur la table, et nous attendons un peu pour voir ce qui se passe. Si elle ne provoque ni tollé, ni émeutes, parce que la plupart des gens ne comprennent rien à ce qui a été décidé, nous poursuivons, pas à pas, jusqu’au point de non-retour».

L’occasion de relire notre article d’août 2012 sur la fameuse autant que fumeuse « règle d’or » des 3%.

¤=¤=¤=¤=¤

Microsoft a annoncé qu’à partir de ce 8 avril il n’y aurait plus de mises à jour de sécurité pour les ordinateurs fonctionnant toujours sous XP. Autrement dit, ce sera aux inconditionnels de ce système d’exploitation Windows de se démerder contre les cybercriminels.

Certes XP a déjà 13 ans d’âge, mais il semblerait que 20 à 30% des ordinateurs l’utilisent encore, dont des services de police, des banques (notamment des distributeurs de billets) en passant par des entreprises, des bureaux juridiques, des restaurants, des écoles… Dans beaucoup de cas, ces utilisateurs ont estimé que Windows XP était suffisamment bien pour eux, sans avoir à dépenser sans cesse pour une nouveauté qui ne leur sert à rien.

En bref, ces ordinateurs vont contribuer à rendre la sphère internet plus dangereuse pour tout le monde dans la mesure où les pirates informatiques vont être capables de lancer des cyberattaques depuis des appareils infectés.

Mais Microsoft s’en fout. Maintenant que Bill Gates fait dans l’humanitaire…

¤=¤=¤=¤=¤
Nous en avions parlé ici. Finalement Dark Vador ne sera pas en lice pour la présidentielle du 25 mai prochain en Ukraine, la Commission électorale ayant rejeté sa candidature. Ah mais… où sont les forces de l’Empire ?

¤=¤=¤=¤=¤

C’était un 21 février…

Il y a 70 ans jour pour jour, le 21 février 1944, les 23 résistants du groupe Manouchian sont exécutés au fort du Mont Valérien.

« Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant. ». Tel était constitué le groupe Manouchian autrement appelé Francs-Tireurs et Partisans de la Main-d’Oeuvre Immigrée (FTP-MOI), fusillés le 21 février 1944 au Mont-Valérien, pour cause de résistance après des mois d’insoutenables tortures puis un jugement expéditif par un tribunal militaire allemand, à l’exception de la Hongroise Olga Bancic, qui sera décapitée à Stuttgart le 10 mai 1944.
Leur exécution donna lieu à l’Affiche Rouge, affiche de propagande nazie ayant pour but de les salir qui expose les portraits de 10 résistants en plus des six photos d’attentats représentant des actions qui leur sont reprochées.

L’Affiche rouge, placardée en 1944 par les occupants, fait des étrangers, des juifs et des communistes un danger pour la France. 
« Il est très utile de se remémorer l’Affiche rouge, alors que sévit une sorte de chasse à l’étranger, avec son cortège d’antisémitisme, de racisme et de haine de l’autre » souligne Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité dans son éditorial.
L’Humanité publie un hors-série pour les 70 ans de l’Affiche Rouge avec un CD inédit de HK et les Saltimbanks interprétant l’Affiche Rouge de Léo Ferré. Inclus, le poster de l’Affiche Rouge et le poème de Louis Aragon.

Ce hors série consacré aux 70 ans de l’Affiche Rouge fait appel à de nombreux documents d’archive, pour la plupart jamais parus encore jusqu’à aujourd’hui et s’appuie sur des témoignages, notamment celui de Léon Landini, fils d’antifasciste italien engagé dans les FTP MOI, résistant et adhérant au Parti Communiste Français en novembre 1942 en même temps que son intégration au groupe Manouchian, et de Roger Trugnan, un des responsables des jeunes communistes de la MOI.
Il comprend également des entretiens historiques, celui avec Julien Lauprêtre, résistant et président du Secours Populaire qui nous fait part de sa résistance et de sa rencontre en cellule avec Missak Manouchian. Celui de l’historien Serge Wolikow, qui a participé à des projets de recherche sur l’histoire de la Résistance et à l’étude des militants du mouvement ouvrier et enfin celui du cinéaste Robert Guédiguian.

Commander

Et en attendant de le recevoir, on peut relire ici l’article que Sémaphores avait consacré à l’Affiche Rouge en mars 2012, revoir ou découvrir l’interview d’Henri Carayan, l’un des derniers témoins de l’affiche rouge, et écouter la version chantée par Léo Ferré. (Ce qui n’empêche pas de découvrir la version de HK et les Saltimbanks, des jeunes qui assurent et nous rassurent : le relais de mémoire est bel est bien passé).