Loi renseignement : #Occupy_Dgsi !

La Ligue des droits de l’homme, le Syndicat de la magistrature, le Syndicat des avocats de France, le Syndicat national des journalistes, la Confédération paysanne, Sud Solidaires, le Parti de gauche, la Fédération anarchiste et Alternative libertaire lancent un appel à une mobilisation inédite contre la loi sur le renseignement qui porte atteinte à nos libertés. Ces organisations invitent à une assemblée populaire au pied du siège de la DGSI, le service de renseignement intérieur, dimanche 21 juin, jour de la fête de la musique, à Levallois-Perret.
________________________________________

Pourtant, les rapports de force commencent à changer.
Nous assistons à l’émergence d’une génération post-terreur,
qui rejette une vision du monde définie par une tragédie particulière.

Edward Snowden

Après l’Assemblée nationale, la loi sur le renseignement a donc été validée par le Sénat à une forte majorité. Les lois scélérates sont toujours votées à de « larges majorités ». C’est quelques années plus tard que l’on s’avise de l’erreur commise. Quand il est trop tard. Quand le mal est fait, et entré dans les mœurs.

La loi sur le renseignement, c’est malgré tous les dénis gouvernementaux le coup du Patriot Act, avec quatorze ans de retard. Fort heureusement, nous avons pu voir ce que cela donnait, depuis le temps. Nous sommes déjà plus d’une décennie après la « loi sur le renseignement ».

Donner aux services de renseignement le pouvoir d’intercepter tout ce que bon leur semble, cela donne la NSA et donc Snowden, la NSA et le scandale de la NSA. C’est un fait désormais établi : les milliards d’interceptions du programme PRISM ont permis en tout et pour tout de déjouer « peut-être un » attentat, et en réalité aucun. C’est donc que le but de la surveillance de masse n’est pas de déjouer des « attentats terroristes », mais la surveillance de masse elle-même ; le « terrorisme » sert de prétexte à une tout autre politique.
Lire la suite

Un attentat aux libertés (Big Brother, volet 4)

« Un Président-parvenu qui joue au souverain, un premier ministre sournoisement brutal qui essaye d’adapter à sa lourde main la poignée du glaive de la raison d’État, un Parlement où tout est représenté, sauf la conscience et l’âme de la France. », 1899, Francis de Pressensé, fondateur de la Ligue des droits de l’homme.

18 avril 2015 |  Par Edwy Plenel

Le projet de loi relatif au renseignement, dont le vote final est prévu le 5 mai, instaure une surveillance généralisée de la population, sans contrôles efficaces ni contre-pouvoirs forts. Comme l’ensemble des défenseurs des libertés, des associations et professions concernées, des autorités administratives impliquées, des acteurs de la révolution numérique, Mediapart dit non à cette loi scélérate. Et vous donne rendez-vous en ligne lundi 4 mai pour une journée de mobilisation.

Un attentat à nos libertés fondamentales est en cours. Ses auteurs sont ceux qui nous gouvernent, tous embarqués aux côtés de l’auteur principal, le premier ministre, jusqu’à celle qui devrait protéger nos droits et nos libertés, la garde des Sceaux, dont le profond silence vaut approbation. Leurs complices sont ceux qui nous représentent, droite et gauche confondues, empressés, à quelques rares et courageuses exceptions, d’approuver ce crime officiel, au point de l’aggraver par leur zèle législatif.

Des amendements cosmétiques n’y changeront rien : cette loi instaure une société de surveillance généralisée. Profitant des potentialités techniques de la révolution numérique et des opportunités politiques de l’émotion sécuritaire, elle autorise l’État profond, cette part d’ombre du pouvoir exécutif qui, à l’abri du secret-défense, n’a pas de visage et ne rend jamais de compte, à espionner tout un chacun, n’importe qui, n’importe quand, n’importe où.

L’avènement de cette loi signifiera qu’en France, désormais, de façon légale, l’État de police l’emportera sur l’État de droit. Que le pouvoir en place pourra faire surveiller des citoyens et leurs entourages sans restrictions solides, sans contrôles indépendants, sans autorisations judiciaires. Que le soupçon remplacera la preuve. Que des opinions deviendront des délits. Que des fréquentations s’avéreront coupables. Que des curiosités se révéleront dangereuses. Que des différences ou des dissidences à l’égard des pensées dominantes ou des politiques officielles seront potentiellement criminelles. Lire la suite

Big Brother is déjà watching you_3

C’est confirmé, la France adopte la surveillance de masse

« Pendant que vous dormiez hier soir, discrètement, 30 députés ont décidé pour nous, que ce serait bien que TOUT ce qu’on fait sur le net soit surveillé. (25 ont voté pour / 5 ont voté contre)

Je vous passe toutes les subtilités, mais en gros, on va avoir le droit aux boites noires. Cazeneuve a utilisé tout ce qu’il connait de la langue de bois pour dire que « non ce n’est pas de la surveillance de masse » mais faut pas être un génie pour comprendre que si on fait passer TOUT le trafic Internet des Français dans des boites noires, c’est de la surveillance de masse. (…) scoop relevé par Numérama, la vie privée n’est pas une liberté. Donc, les Français ne verront pas d’objection à ce qu’on la retire ? N’est-ce pas ? »

« Bref, sur ces 30 gus dans l’Assemblée, seuls 5 courageux ont voté contre. BRAVO ET MERCI à eux !

Pour info : les copains de la Quadrature s’étaient rassemblés devant l’Assemblée Nationale lundi midi et ils ont eu le bonheur de voir que leurs téléphones étaient surveillés par au moins 2 IMSI Catcher, vous savez, ces valises qui permettent de capter tout ce qui entre et sort de votre téléphone portable. J’imagine que ça leur était destiné comme une démonstration de force, un cadeau de bienvenue dans ce nouveau monde Orwellien. À moins que ce soit les députés proches de là qui étaient surveillés… »

Note de Sémaphore : L’article intégral est à lire (et à faire tourner) en suivant le lien ci-après. Mais attention, ce site s’adresse plus particulièrement aux internautes aguerris à l’informatique, bien évidemment pas les derniers à s’inquiéter de la loi renseignement. Le site est bourré de conseils pour se protéger. Et si on n’est pas des plus à l’aise avec certains logiciels, on peut toujours se faire aider par quelqu’un de son entourage qui s’y entend. Ça aussi c’est de la résistance.

http://korben.info/cest-confirme-la-france-adopte-la-surveillance-de-masse.html?utm_content=buffer73ef0&utm_medium=social&utm_source=facebook.com&utm_campaign=buffer

 

À savoir par ailleurs :

Le FDN, French Data Network, dépose une question prioritaire de constitutionnalité sur l’article 20 de la Loi de Programmation Militaire.

Par Benjamin Bayart le mercredi 15 avril 2015, 22:28 – Lien permanent

Pendant les discussions parlementaires sur la loi de programmation militaire (LPM) quelques trop rares députés indiquaient que l’accès aux données de connexion organisé par l’article 20 était trop large, mal construit, mal formulé, et probablement anti-constitutionnel. Mais il ne s’est pas trouvé 60 braves parmi nos parlementaires (députés ou sénateurs) pour poser le texte sur le bureau du Conseil Constitutionnel.

Nous avions annoncé que ça ne nous allait pas. Nous étant FDN, bien sur, mais plus largement les défenseurs des libertés numériques et de la vie privée sur Internet. Nous, FDN, la Quadrature du Net et la Fédération FDN, avons déjà déposé un recours contre le décret d’application de cet article 20 de la LPM. Dans le cadre de cette procédure contre le décret, nous déposons une QPC contre la loi elle-même. C’est le texte de cette QPC que nous publions ici, avec le mémoire complémentaire déposé en même temps devant le Conseil d’État.

Si les parlementaires et le gouvernement refusent de faire le contrôle de constitutionnalité de leur texte, les citoyens le feront.

http://blog.fdn.fr/?post/2015/04/15/Depot-d-une-QPC-sur-l-article-20-de-la-LPM

 

Big Brother is toujours watching you_2

Une rumeur sondagière voudrait que 70 % des français voient d’un bon œil la nouvelle loi sur le renseignement. Des veaux, disait De Gaulle ? Faut croire qu’en vieillissant ils sont devenus des bœufs. Ça aime bien la surveillance, les bœufs. Brouter tranquille sous l’œil bienveillant du berger. Ça protège des loups. Pendant ce temps l’équarrisseur aiguise ses couteaux. Mais, ça, le bœuf ne l’entend pas. Et à force de baisser la tête pour brouter son petit brin, il oublie qu’existe aussi un ciel bleu qui s’appelle Liberté. Paraît même qu’il existe un pays qui a fait de ce mot le premier des trois qui composent sa devise. On se demande vraiment quel peut bien être ce pays. Mais décidément, il fait bien noir au pays des Lumières.

L’occasion de retrouver dans les archives de Sémaphores deux précédents articles qui rapportaient des alertes. Le premier lien mène vers une flopée d’infos et de conseils sur la protection des données personnelles, le second va à une interview de Jérémy Zimmermann (Quadrature du Net). Mais là il faut disposer de 45 mn, c’est pour celles et ceux qui souhaitent comprendre pourquoi nul ne peut dire : « Je n’ai rien à cacher ».

Pour les plus pressés, on remet juste la vidéo « Rien à cacher ».


♫ Rien à cacher – Jérémie Zimmermann et la… par Mediapart
Articles précédents : http://semaphores.info/2014/02/big-brother-is-toujours-watching-you/  et  http://semaphores.info/2014/02/de-la-neutralite-du-net/

*=*=*=*=*=*=*

« Ils n’étaient qu’une trentaine de députés dans à l’Assemblée nationale, lundi 13 avril, pour écouter Manuel Valls défendre le controversé projet de loi sur le renseignement à l’occasion de l’ouverture des débats. » dit Mediapart. «  Une indifférence qui contraste avec la vivacité du débat que le texte a déclenché dans la société civile. »

Une fois de plus, la preuve est faite que les députés ne comprennent pas l’importance, le changement de civilisation apporté par les réseaux et les technologies numériques. Ils font l’impasse sur un projet de loi qui va séparer définitivement la classe politique du peuple. La 5eme république ne fonctionne plus, le peuple veut participer, donner son avis sans passer par des représentants peu scrupuleux. C’est la liberté qui est menacé et ceux qui sont censé la défendre sont absents. L’heure est grave.

Loi sur le renseignement : un projet liberticide et grave pour la démocratie

14 avril 2015 |  Par Club Droits, Justice et Sécurités

Le club Droit, Justice et Sécurités a pris connaissance avec une grande inquiétude du projet de loi adopté par le Gouvernement sur le renseignement.

L’argument selon lequel il convient d’encadrer des pratiques policières occultes serait acceptable si leur caractère indispensable était démontré, leur contrôle renforcé et des sanctions prévues, ce qui n’est pas le cas. Au contraire, le projet de loi étend massivement le champ d’intervention des atteintes administratives à l’intimité de la vie privée et au domicile des particuliers.

La très vive émotion provoquée en janvier dernier par les attentats contre Charlie Hebdo et le commerce Hyper Cacher de Paris ne saurait, par ailleurs, être mise à profit pour porter des atteintes inutiles aux libertés publiques ni perpétuer la pratique détestable héritée du quinquennat précédent, qui consiste à faire voter une loi à chaque nouveau drame qu’offre l’actualité, alors qu’une loi contre le terrorisme vient tout juste d’être promulguée, en novembre 2014.

Au demeurant, l’attentat contre Charlie Hebdo traduisait moins un échec du renseignement, comme il a été inexactement affirmé par le Premier ministre, qu’un échec de son exploitation et un échec de la protection d’une cible désignée publiquement et de longue date par des extrémistes musulmans. Aucune conséquence n’en a été tirée en termes de responsabilité. D’autre part, comme dans le précédent de Mohamed Merah, les frères Kouachi et Amedy Coulibaly avaient été clairement identifiés par des services de renseignement français efficaces, comme ayant basculé dans une dérive intégriste. Lire la suite

Lettre ouverte aux traîtres à la République

par Laurent Chemla

C’est à vous, députés et sénateurs qui allez bientôt voter d’une seule voix le projet de loi sur le renseignement présenté par le gouvernement, c’est à vous que ce message s’adresse.
Nous le savons déjà : vous allez le voter. Sans aléa, après un débat cosmétique qui ne servira qu’à corriger quelque coquille ici ou là, vous allez le voter.

Contre l’avis de deux juges antiterroristes, contre les avis du Syndicat de la Magistrature, de la CNCDH, de l’ordre des Avocats de Paris, de la CNIL, de l’Unions Syndicale des Magistrats, vous allez le voter.
Contre l’avis d’Amnesty, de RSF, de la LDH et de la Quadrature du Net, vous allez le voter.

Alors que, de partout, les mises en garde affluent, que le New York Times fait sa Une sur « La France, État de surveillance« , que le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe s’inquiète de la dérive sécuritaire liberticide que cette loi implique, et que même le président de l’actuelle commission de contrôle des interceptions de sécurité dénonce la faiblesse des garanties qu’apporte ce texte, vous allez le voter.

Mesdames, messieurs, vous qui, en théorie, représentez la voix du peuple, c’est ce même peuple que vous vous apprêtez à trahir.

Lire l’article intégral ici : http://blogs.mediapart.fr/blog/laurent-chemla/030415/lettre-ouverte-aux-traitres-la-republique